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  • il y a 5 semaines
Ce lundi 20 juillet, François-Xavier Huard, PDG de la Fédération nationale de l'industrie laitière (FNIL), était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good Morning Business, Parole de Patron.
00:02Parole de Patron ce matin avec François-Xavier Huard,
00:05PDG de la Fédération Nationale de l'Industrie laitière.
00:07Lafnil, bonjour.
00:08Bonjour.
00:08Merci d'être avec nous.
00:09Lafnil, on rappelle, 100 adhérents, 36 000 personnes employées, 300 sites.
00:16On parle aujourd'hui de trois épisodes de canicule en moins de deux mois.
00:21J'aimerais savoir très rapidement l'impact immédiat sur la filière lait en ce moment de cet été.
00:26L'impact, il est immédiat puisqu'on l'a constaté, nous, dans la production laitière.
00:30On a en moyenne 10 % de pertes de production laitière au mois de juin.
00:34Parfois, c'est même monté jusqu'à 15 % dans certaines zones, notamment la Bretagne,
00:38qui est une terre laitière d'excellence et qui a été particulièrement touchée par la canicule.
00:43Donc, on est aux premières loges dans la filière laitière pour constater les effets du réchauffement climatique.
00:50Et on est très inquiets aussi, notamment, du niveau des nappes phréatiques, du niveau des sécheresses.
00:56On a quasiment tous les départements aujourd'hui, même si je pense que tous sont concernés par des alertes vigilance
01:01sécheresse.
01:02Et on est très inquiets pour le mois d'août, à la fois pour les fourrages pour les éleveurs,
01:05parce qu'ils ont déjà attaqué les stocks de fourrages qui sont prévus pour l'hiver,
01:08et également pour le maintien de l'activité dans les laiteries et les fromagers.
01:11C'est dans la loi d'urgence agricole dont on parle depuis plusieurs jours.
01:15Le traitement de l'eau, que faut-il en faire ? Faut-il faire des réserves ? Faut-il privilégier
01:20les agriculteurs ?
01:20Votre position par rapport à ces réserves d'eau, c'est quoi aujourd'hui ?
01:26La première position, c'est de se dire que l'eau est la ressource prioritaire demain.
01:31C'est-à-dire que sans eau, on ne peut pas faire d'élevage, sans eau, on ne peut pas
01:34faire non plus de produits laitiers.
01:36Donc c'est une ressource rare, qui devient chère aussi, et donc il faut la préserver.
01:40Donc tout ce qui est possible de faire au niveau des élevages, pour pouvoir effectivement,
01:45et la loi d'urgence agricole permet des avancées là-dessus, est bonne à prendre.
01:50Mais ce qu'il faut surtout, c'est s'assurer qu'on continue à avoir de la ressource en eau
01:55demain.
01:56C'est-à-dire faire de la rétention, c'est une chose, mais il faut surtout pouvoir continuer à préserver
02:00cette ressource-là.
02:02Et donc nous, on a engagé, notamment dans la filière de la terre, un certain nombre d'efforts,
02:06notamment dans la réutilisation de l'eau, puisque le lait, c'est 88% d'eau.
02:09Et donc la réglementation nous permet maintenant de réutiliser une partie de cette eau-delà
02:13dans nos process industriels, et c'est une bonne chose, et on va continuer à faire des efforts là-dessus.
02:18Dans cette loi d'urgence agricole, le Sénat a réhabilité la mise en place d'un tunnel de prix.
02:23Alors un tunnel de prix, c'est un prix qui doit rester dans une certaine fourchette.
02:27Vous, la fenil, vous y êtes opposé, alors que les producteurs de lait sont plutôt pour.
02:31Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui se joue ici, en réalité ?
02:34Alors en fait, ce qui se joue, c'est la question de la rémunération et du revenu,
02:37à la fois des producteurs, mais de l'ensemble des maillons de la chaîne.
02:40Et bien entendu qu'on est totalement favorable à une rémunération juste, équitable,
02:44de tous les maillons, en particulier des éleveurs.
02:47Mais ce qui est proposé aujourd'hui dans le tunnel de prix,
02:50tel que la version du Sénat a été retenue,
02:53est pour nous un contresens économique dans la mesure où il y a deux éléments qui nous inquiètent.
02:57Le premier, c'est qu'on oblige, en fait, à avoir une borne basse,
03:01c'est-à-dire dans cette espèce de tunnel où on a plutôt un plancher qu'un plafond.
03:07On ne peut pas avoir de prix qui soit inférieur au coût de production des éleveurs,
03:11ce qui paraît plutôt une chose plutôt intelligente et de bon sens.
03:14Sauf qu'on a à peu près 30 à 40 % de notre production laitière
03:17qui part sur des marchés à l'export et qui dépendent d'autres niveaux de cotation.
03:21C'est-à-dire que c'est des prix qui sont faits sur des cotations mondiales,
03:24que ce soit du beurre, de la poudre, des produits d'ingrédients,
03:26et qui ne dépendent pas uniquement d'un prix fixé par une loi en France.
03:31Et donc, si aujourd'hui, on applique ce texte-là
03:33et qu'on nous impose un tunnel de prix,
03:36ce qui est une autre difficulté mise en place par la loi d'urgence agricole,
03:39ça veut dire que demain, on a potentiellement 7 milliards de litres de lait
03:42qu'on ne peut plus collecter et valoriser à des niveaux qu'on valorise aujourd'hui.
03:46Donc, ça représente quand même la production de 14 000 exploitations laitières.
03:50Donc, si c'est ça la solution proposée à la souveraineté alimentaire,
03:54la seule chose à laquelle on va arriver, c'est qu'on va avoir plus d'importations
03:57et on aura moins d'élevage.
03:59Je ne suis pas sûr que ce soit l'objectif politique.
04:00On le dit dans le titre, c'est dit dans le titre, la loi d'urgence agricole.
04:04On est constamment à agir dans l'urgence, c'est ça le problème.
04:07Si on avait un peu de temps devant nous pour la filière lait,
04:11qu'est-ce qu'il faudrait mettre en place pour justement qu'elle puisse prospérer ?
04:15Ce qui est important, en fait, c'est qu'on puisse dégager des marges
04:19et des capacités d'investissement, à la fois dans les élevages laitiers,
04:22mais également dans nos laiteries et nos fromageries.
04:24On l'a bien vu, on a besoin, face au réchauffement climatique,
04:28face à la nécessité d'être concurrentiel par rapport à nos voisins allemands,
04:33néerlandais, danois, qui produisent actuellement ce que les Français,
04:37notamment, consomment dans les fromages à ingrédients,
04:39ce qui est beaucoup plus consommé aujourd'hui en France
04:42que certains fromages à OP qui existent sur le marché,
04:45sur lesquels on est très bon.
04:46Sur toute cette entrée de gamme et ce cœur de gamme,
04:48on a besoin d'un investissement.
04:50Et donc, ce qu'il faudrait, c'est déjà s'assurer que ce qui est prévu
04:53dans les lois, les fameuses lois qui organisent la contractualisation
04:56entre les acteurs, il faut qu'on puisse s'assurer que ce qui est prévu
05:00dans la sanctuarisation du prix d'achat de la matière première agricole
05:04soit bien respecté.
05:06Et je regrette que, notamment dans la loi d'urgence agricole,
05:08on n'ait pas eu de mesures qui permettent d'être beaucoup plus actifs
05:12sur les sujets, notamment, des centrales d'achat,
05:14qui contournent, en fait, une partie des règles nationales
05:17et qui ont été mises en place par un certain nombre d'acteurs
05:19de la distribution.
05:21Donc, on y reviendra certainement,
05:22parce que je pense que les rapportrices au Sénat,
05:26notamment Anne-Catherine Loisier et Antoine Hedgul,
05:29envisagent un nouveau texte à la rentrée.
05:31C'est un sujet sur lequel on revient également souvent sur BFM Business.
05:34Merci beaucoup François-Xavier Huard, PDG de la Fédération Nationale de l'Industrie.
05:39Il est fier d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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