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  • il y a 2 jours

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00:00Et ambassadrice de la France pour le numérique et l'intelligence artificielle, bonjour Clara Chappaz.
00:05Bonjour.
00:05Le rapport de force international passe désormais aussi par la souveraineté numérique et sur ce terrain la France a bien
00:11l'intention de ne pas se faire effacer.
00:14Quelle est cette troisième voie revendiquée par la France entre les Etats-Unis et la Chine ?
00:18Oui, le Premier ministre hier ici aux rencontres d'Aix disait qu'il y a une sorte de décalage aujourd
00:24'hui entre le contexte national et le contexte international où tout s'accélère.
00:30Et l'intelligence artificielle, bien sûr, est au milieu de cette accélération.
00:34On est face à une technologie qui transforme tout.
00:37Notre rapport à l'information, l'éducation, la santé, l'accélération de la recherche.
00:43Et dans cette course effrénée à l'intelligence artificielle, en fait c'est une course pour la puissance, un enjeu
00:48de puissance dans lequel la France dit quelque chose de très simple.
00:53Nous refusons d'être pris en tenaille entre des modèles venus des Etats-Unis ou venus de Chine et nous
00:59construisons pour nous nos propres outils avec nos partenaires.
01:03C'est cette idée de troisième voie numérique qu'on porte d'un point de vue diplomatique.
01:06Est-ce que la prise de conscience en matière de souveraineté est en train de faire accélérer les choses selon
01:11vous ?
01:11Bien sûr parce que, en fait, qu'est-ce qu'on dit depuis 2017 au fond, quand le président de
01:16la République porte ce discours sur l'autonomie stratégique européenne,
01:20le fameux discours de la Sorbonne, on dit il faut être autonome, il faut être indépendant et le numérique est
01:27au cœur de ça.
01:27Et le moment de bascule géopolitique auquel on assiste aujourd'hui quand un pays allié décide de façon unilatérale de
01:36couper l'accès à certains modèles les plus avancés.
01:40Et qu'on imagine que ces modèles peut-être sont ceux qui tournent derrière nos hôpitaux, ceux qui aident nos
01:45professeurs à faire de l'apprentissage personnalisé,
01:47ceux qui aident nos scientifiques à aller chercher des médicaments contre le cancer.
01:50Alors bien sûr on comprend cette notion d'autonomie stratégique, cette notion de vulnérabilité, de dépendre d'une technologie venue
01:58d'ailleurs.
01:58Et donc ça ne fait que renforcer cette nécessité de faire pour nous-mêmes.
02:03Pas de faire de façon isolée en se disant on va faire que du franco-français, mais d'aller comme
02:07on le porte au Japon où on voit nos entreprises comme Mistral faire des partenariats avec NTT Data,
02:13nos entreprises du spatial avec Astrolabs, en Corée où on voit nos écosystèmes du quantique travailler ensemble,
02:19au Kenya encore il y a quelques semaines, dire faisons ensemble, refusons ensemble ces dépendances et construisons non pas seulement
02:27des outils techniques,
02:29un peu comme des enjeux de tuyauterie technologique, mais bien des outils de puissance pour pouvoir peser dans le monde
02:36actuel.
02:36Vous êtes ambassadrice de la France pour le numérique et l'intelligence artificielle. Quel regard est-ce que les Américains,
02:42les Chinois portent sur nous ?
02:43Vous savez, je pense que le Premier ministre le disait aussi d'ailleurs hier, on a tendance parfois à être
02:48presque plus négatif sur nous-mêmes que ne le sont le reste du monde.
02:53Aujourd'hui, qu'est-ce que je vois ? Je vois qu'avec tous les efforts qu'a mis la
02:56France sur la question de l'intelligence artificielle,
02:59depuis la toute première stratégie nationale pour l'IA en 2018, depuis le sommet mondial pour l'IA qu'on
03:04a accueilli il y a à peu près un an et demi de cela,
03:06on a un des talents reconnus dans le monde entier. On voit des grands chercheurs comme Yann Lequin lancer AmiLabs,
03:14Arthur Mensch, Mistral.
03:16Et puis partout dans les laboratoires du monde entier, on voit des Français, des Européens.
03:22Donc on a cet outil de puissance que sont nos talents grâce aux meilleures formations qui sont les nôtres aujourd
03:26'hui.
03:27Et on a aussi cet atout exceptionnel dans la course à l'intelligence artificielle qui est notre énergie nucléaire, bas
03:34carbone, abondante.
03:35On a, l'année dernière, exporté l'équivalent de la consommation de la Belgique tout entière, quand le monde entier
03:41cherche cette électricité
03:43pour entraîner ces modèles qui consomment énormément de données et donc de puissance de calcul.
03:48Et c'est ça notre avantage compétitif, c'est de dire talent, électricité, énergie, capacité de calcul et écosystème dynamique,
03:55ça nous donne en fait un moyen de rayonner, d'accélérer.
03:58Il n'y a pas que l'intelligence artificielle, la France a réussi à faire adopter un texte sur la
04:03protection de l'enfance en ligne lors du G7 d'Evian.
04:06Quel est l'objectif de ce texte ?
04:08En fait, c'est aussi finalement une question de souveraineté.
04:11C'est de se dire, dans un monde où tout accélère, où la technologie change notre rapport au monde,
04:16les jeunes passent 4 heures par jour sur les écrans avec les réseaux sociaux, avec l'intelligence artificielle aussi,
04:22notre capacité à peser pour mettre nos propres règles et la question de protéger les enfants face à des technologies
04:30qui aujourd'hui changent leur rapport aux autres, changent leur accès à l'information avec toutes les dérives sur la
04:36santé mentale,
04:38sur les développements cognitifs que l'on connaît, notamment sur les réseaux sociaux.
04:41Alors, notre effort diplomatique, c'est pas seulement de dire construisons nos outils,
04:45mais c'est aussi construisons le cadre qui fait qu'on pourra porter nos valeurs de protection.
04:50Et donc, c'est vraiment inédit le fait que les chefs d'État du G7, mais aussi des pays comme
04:56l'Inde, la Corée, le Brésil,
04:58puissent ensemble avoir signé cette déclaration qui dit, le numérique, c'est formidable,
05:03c'est un outil d'émancipation exceptionnel, notamment l'intelligence artificielle,
05:07mais pas au défaut de la santé mentale de nos enfants.
05:10Ça nous permet de montrer que, dans ce monde fragmenté, on arrive, grâce à l'effort diplomatique qui est le
05:16nôtre,
05:16grâce au leadership du président de la République sur cette question,
05:19a créé du consensus aujourd'hui.
05:20Clara Chappas, derrière cette déclaration, concrètement, comment est-ce que ce sera possible d'interdire les réseaux sociaux au moins
05:25de 15 ans ?
05:27Concrètement, donc, cette déclaration, c'est quoi ?
05:29C'est de dire, voilà, les grands principes, le numérique, l'IA, ne doit pas faire peser sur la santé
05:34mentale de nos enfants
05:35un certain nombre d'externalités négatives.
05:38Et puis, en effet, vous l'avez dit, au niveau national, ce que porte la ministre Le Hénanf, avec le
05:44Parlement,
05:45qui a beaucoup travaillé sur cette question, c'est de dire, pour être crédible, pour aller jusqu'au bout de
05:51la protection de nos enfants,
05:52pas de réseaux sociaux avant 15 ans.
05:54Mais comment est-ce qu'on va interdire concrètement l'accès aux réseaux sociaux ?
05:56En fait, concrètement, techniquement, nous l'avons déjà fait.
05:59Donc, le texte est en ce moment encore à l'étude, le Parlement doit se réunir avec le Sénat prochainement
06:06pour aboutir.
06:07Mais techniquement, nous l'avons déjà fait, puisque nous l'avons fait avec les sites pornographiques,
06:11avec des processus de vérification d'âge, qui permettent de changer quelque chose de très bête, au fond.
06:18De dire, non, on ne clique pas sur un bouton pour dire qu'on a plus de 18 ans,
06:22ce qui fait que près de deux tiers de nos jeunes, dès 10 ans, accèdent aux sites pornographiques.
06:25On leur demande de vérifier l'âge.
06:27Et grâce à ça, on voit que près de 40% des jeunes, aujourd'hui, qui allaient régulièrement sur les
06:32sites pornographiques, n'y vont plus.
06:34Donc, ça sera la même chose avec les réseaux sociaux, de la vérification d'âge, pour garantir qu'on protège
06:39les enfants.
06:40Merci beaucoup, Clara Chappaz, ambassadrice de la France pour le numérique et l'intelligence artificielle.
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