00:00Bonjour Boilem Sansal.
00:01Bonjour.
00:02Merci d'être avec nous en direct sur Radio Classique,
00:05de venir parler à nos auditeurs,
00:06qui attendaient ce moment depuis assez longtemps, je dois dire.
00:09Boilem Sansal, votre livre est en tête des ventes.
00:13Est-ce que vous êtes surpris par ce succès et par cet intérêt des lecteurs ?
00:18Moi, je vais de surprise en surprise, depuis ma libération.
00:23Vraiment, je ne m'attendais pas à un tel accueil, d'abord des Français.
00:27Alors, ça, c'est formidable.
00:28Les Français m'ont pris en sympathie depuis mon arrivée,
00:34je le constate chaque jour, ça, c'est formidable.
00:36Ils vous arrêtent dans la rue ?
00:37Ils m'arrêtent dans la rue, ils m'embrassent, on fait des selfies, c'est formidable.
00:41Et puis, ils ont l'air d'attendre quelque chose de moi, je ne sais pas trop quoi,
00:46peut-être ce que j'ai raconté dans mon livre, légende,
00:51ou peut-être quelque chose d'autre, je ne sais pas trop.
00:56Ça dénote quoi ?
00:57On vient d'en parler à propos de l'affaire de Rihanna.
01:00Il y a une immense inquiétude en France, il y a un besoin de quelque chose.
01:04Alors, c'est peut-être des actions immédiates, comme on vient de le dire,
01:07ou des actions plus globales, c'est les deux, évidemment.
01:10Vous évoquez l'affaire Rihanna, qui met la justice française au cœur des critiques,
01:18des préoccupations, de la colère.
01:21Quel jugement, justement, portez-vous sur ce pays qui est en train de remettre en cause sa justice ?
01:26Vous qui décrivez dans votre livre, au début, une justice expéditive, politique et kafkaïenne.
01:33Je crois que, je ne sais pas, j'ai l'impression que la justice rame un contresens par rapport aux
01:40attentes de la société.
01:41La société française, depuis de nombreuses années, a besoin qu'on lui donne des grilles de lecture du monde.
01:51On attend de cela de la clarté dans l'action politique, de la continuité.
01:58Or, le système part un peu dans tous les sens.
02:02C'est très désordonné, et ça inquiète énormément la population.
02:06Et un peuple inquiet peut aller dans des directions toujours très, très surprenantes.
02:12Il faut faire très attention.
02:14Il est possible, une fascisation de la société est toujours possible,
02:18quand l'inquiétude touche les fondamentaux.
02:22Or, là, les fondamentaux sont touchés.
02:24Cette fascisation vous inquiète ?
02:26Oui, elle m'inquiète beaucoup.
02:27Vous, qui êtes, auquel un certain nombre d'intellectuels et d'observateurs politiques,
02:31ou de commentateurs, reprochent, disons les choses,
02:34d'être une idole d'une certaine droite, voire extrême droite.
02:39Oui, mais peu importe.
02:40Ça vous choque ?
02:42Non, ça ne me choque pas.
02:44Je comprends très bien.
02:47Quand les gens sont dans le désarroi, ils ont besoin de définitions rapides.
02:52Les premiers qui ont parlé, c'est peut-être cette gauche,
02:55qui me talonne depuis ma libération,
02:59et qui m'a immédiatement présentée comme étant représentant de l'extrême droite.
03:04Non.
03:05Moi, je suis...
03:08Quand on me pose la question,
03:09êtes-vous de droit, tout de coup,
03:10j'ai dit, moi, je suis bollum sensual.
03:12Voilà.
03:13Je peux être, à un moment, sur tel sujet,
03:16plutôt favorable au Rassemblement National.
03:20Sur tel sujet, je suis plutôt, disons, presque même LFI.
03:23Pourquoi pas ?
03:23Vous parlez d'LFI, tiens.
03:25Quand LFI parle de Nouvelle-France,
03:27vous qui êtes attaché à la France,
03:29notamment à sa langue,
03:30est-ce que cette Nouvelle-France,
03:32ou le concept de créolisation,
03:33est quelque chose qui vous parle ?
03:38Oui, ça me parle.
03:39Ça me parle dans le sens où
03:42la LFI s'exprime comme un nouveau prophète.
03:45C'est-à-dire que, voilà, la vérité, c'est moi.
03:48Que maintenant la société se pose des questions de fond,
03:51et puis qu'elle travaille et qu'elle cherche,
03:52c'est normal, ça.
03:54C'est normal, c'est l'histoire de l'humanité.
03:56C'est comme ça, on cherche du sens,
03:58et le sens varie,
03:59de l'un à l'autre, d'un jour à l'autre.
04:01Mais que, dans ces situations,
04:03des gens se posent comme
04:04le prophète, c'est moi.
04:07Alors, c'est un retour du religieux
04:09par l'idéologie.
04:11Ce qu'on a déjà vu depuis une trentaine d'années,
04:14c'est par l'islam.
04:15L'islam arrive, il s'installe en France,
04:18et il commence à dicter.
04:19C'est lui qui dicte le sens.
04:21Ça, ça vous inquiète ?
04:22Ça me terrifie.
04:23Ça me terrifie,
04:24parce qu'on a vécu ça en Algérie,
04:26on l'a vécu un peu partout.
04:27On le vit aujourd'hui en Iran.
04:29Et voilà, des entes urbanières,
04:30arrivent et décident
04:32qu'il faut croire de cette manière,
04:34il faut vivre de cette manière,
04:35et mourir de cette manière.
04:36Non, absolument.
04:39Et la France est sur ce chemin-là,
04:42depuis quelques années,
04:43de concession en concession.
04:47La doctrine, l'idéologie islamiste
04:51avance,
04:52et elle devient pourvoyeure,
04:54pourvoyeuse de sens.
04:56Qui fournit du sens aujourd'hui
04:58à la société ?
04:59Ce sont les religions,
05:00notamment l'islam,
05:01l'islamisme.
05:02Et vous dites dans le livre
05:03que la littérature,
05:06c'est une façon
05:08d'éviter la religion
05:10et les questions
05:11qui nous dépassent
05:12et qu'elle soulève.
05:12Vous dites ça.
05:13Vous dites,
05:14moi je suis entré en littérature
05:15parce que la religion,
05:16ça me dépasse.
05:17Et vous citez d'ailleurs,
05:19vous citez la Bible.
05:20C'est tout homme,
05:22c'est-à-dire qu'on cherche
05:23à comprendre
05:25et on utilise
05:26les attributs qu'on a.
05:27Au départ,
05:28je suis un scientifique,
05:29j'ai utilisé les mathématiques.
05:31Est-ce que les mathématiques
05:32peuvent expliquer le monde ?
05:33Oui,
05:33dans beaucoup de domaines,
05:34oui,
05:34tout à fait.
05:36C'est un sens prouvé,
05:38expérimenté,
05:39indiscutable.
05:40Et puis on dit,
05:41c'est peut-être pas
05:42la licence dure,
05:44mais peut-être l'économie.
05:45Et quand l'économie
05:45se dérègle,
05:46elle crée des divisions
05:50au sein de la société,
05:51chômeurs,
05:51travailleurs,
05:52capitalistes,
05:53pauvres.
05:54Et donc,
05:55mais les acteurs
05:56ont une contradiction,
05:57en lutte,
05:58c'est la lutte des classes.
06:00Oui,
06:00ça explique.
06:02Et puis,
06:03quand on avance,
06:04tout à l'heure,
06:04on a parlé de la justice,
06:05l'économie n'explique pas
06:06la justice,
06:07ni les mathématiques.
06:08Donc,
06:08il y a autre chose.
06:09C'est l'idéologie.
06:11Il n'y a rien de plus idéologique
06:12que la justice.
06:13La littérature,
06:14vous en venez là,
06:15à la littérature,
06:15qu'est-ce qu'elle explique ?
06:16Est-ce qu'elle explique
06:17l'injustice ?
06:18Est-ce que la littérature
06:19est là pour expliquer
06:20ou dénoncer l'injustice ?
06:22Surtout pas expliquer.
06:23Parce qu'en ce moment,
06:24c'est dénoncer
06:25ceux qui,
06:27les soi-disant
06:27pourvoyeurs de sang,
06:28c'est vouloir prendre
06:29leur place.
06:30Non,
06:30la littérature n'a pas
06:31à faire cela.
06:32C'est de mettre
06:34courageusement
06:34et clairement
06:35le débat.
06:37La société
06:38ne peut fonctionner
06:39que sur des débats,
06:40on va dire,
06:41bien lissés.
06:42Parce qu'il faut veiller
06:43à la stabilité
06:44de la société,
06:45de la sécurité,
06:45tout ça.
06:46Il faut des francs-tireurs
06:47pour aller au-delà
06:50de...
06:51Voilà,
06:52aller au-delà.
06:53C'est qui ?
06:53C'est les philosophes,
06:55probablement.
06:56Et c'est vous !
06:57Vous êtes un franc-tireur,
06:58vous tirez où vous voulez,
06:59quand vous voulez.
07:00Et c'est les écrivains aussi.
07:01Moi, je mets ça sur la table.
07:03Si j'ai tort,
07:03dites-moi que j'ai tort.
07:04Si vous pensez que...
07:06Discutons-en.
07:08C'est ça que je...
07:09Je vous lis.
07:10Je vous lis,
07:11Boilem Sansa.
07:11Je me suis obligé
07:12à penser à la littérature.
07:14Ça, c'est quand vous êtes emprisonné.
07:15C'est mon bâton d'aveugle
07:17quand ça grogne dans ma tête.
07:18Mon talon d'Achille.
07:19On m'achèterait
07:20avec un bon livre.
07:21Je pensais à sa fragilité,
07:22à sa puissance,
07:23à son malentendu historique
07:24avec le pouvoir.
07:26La littérature me manquait.
07:27J'avais besoin d'elle
07:28pour comprendre
07:29et me comprendre
07:30et comprendre
07:31les personnages du roman
07:32qui s'écrivaient contre moi.
07:34Vous avez dit en sortant de prison
07:37que vous n'aviez pas écrit en prison
07:39et en fait,
07:40vous avez écrit
07:40avec d'autres prisonniers.
07:42Non, pas écrire.
07:44Composer des poèmes.
07:45Oui, c'est ça.
07:45On inventait des poèmes.
07:47On se mettait comme ça en cercle
07:48comme dans les tribus
07:50autour du feu
07:51au bivouac
07:52et on discute.
07:53On se raconte des histoires.
07:55On fait beaucoup de politique
07:56parce qu'on est des prisonniers.
07:58Et notre première idée,
07:59c'est la liberté.
08:00Donc, on parle de ça.
08:02Est-ce que le système
08:03va tomber ?
08:04On fait des hypothèses
08:05sur la sabite de ce régime
08:09et puis on se pose des questions
08:12et ainsi de suite.
08:14Mais aussi,
08:15on fait des poèmes.
08:16On joue.
08:16On joue aussi.
08:17On rigole.
08:18On est en prison.
08:19On est là.
08:19Est-ce que vous avez parlé
08:20de Téboune
08:21et des relations franco-algériennes
08:22avec vos co-détenus ?
08:23Tous les jours.
08:24On a le droit de parler
08:25de Téboune,
08:26du régime algérien ?
08:27Entre nous.
08:27En faisant attention
08:28parce que parmi les prisonniers,
08:29il y a des gens,
08:30ce qu'on appelle des moutons
08:31qui sont là pour écouter,
08:34pour rapporter à la direction.
08:36La direction, évidemment,
08:37veille à la...
08:39Bon.
08:41Et...
08:42En fait,
08:43on fait de la littérature.
08:45Faire de la littérature,
08:47c'est quoi ?
08:47C'est se mettre en cercle,
08:49ensemble,
08:49et discuter
08:50de ce qui nous concerne.
08:52Boilem sans salle,
08:54les relations franco-algériennes
08:55semblent se réchauffer.
08:57Est-ce que vous faites ce constat aussi
08:59ou vous pensez
09:00que c'est un jeu de dupe
09:01et que la France doit être ferme,
09:03intraitable,
09:04ou au contraire,
09:04que la méthode douce
09:05peut fonctionner ?
09:07Moi, je suis un État...
09:10Un État est très fragile.
09:12Donc, il n'y a pas de concessions
09:14sur les fondamentaux.
09:15On peut faire des concessions
09:16sur les détails.
09:17Il n'y a pas de souci.
09:18Est-ce qu'il faut accueillir
09:19Téboune à Paris ?
09:20Pour moi, non.
09:22Pour moi, Téboune
09:23n'a aucune légitimité.
09:24D'abord,
09:24qu'il se fasse légitimer
09:27dans son pays
09:28pour venir
09:30dans un pays démocratique.
09:33Qu'est-ce qu'il peut apporter
09:34à la France,
09:37M. Téboune ?
09:37Rien.
09:38Ça fait deux ans
09:39qu'il fait la guerre à la France.
09:40Des insultes matin et soir.
09:42Est-ce que c'est crédible
09:43de le recevoir,
09:45de discuter avec lui ?
09:46Est-ce qu'on peut oublier
09:48deux années d'insultes,
09:49de crachats,
09:49de...
09:50Ce n'est pas possible.
09:52Non.
09:53M. Téboune,
09:54moi, si j'étais Macron,
09:56franchement,
09:56je leur enverrais
09:58à ces problèmes internes
10:01qu'ils doivent régler.
10:04Boilem Sansal,
10:05certains disent
10:06que ce livre
10:07aurait dû être
10:08mieux relu,
10:09mieux édité.
10:10On en revient
10:11au débat
10:12qui a conduit
10:13au départ
10:14d'Olivier Nora
10:17de chez Grasset
10:18pour aller ailleurs
10:20et à toute cette polémique.
10:22Est-ce que
10:23le livre correspond
10:25à ce que vous vouliez
10:26exactement,
10:27malgré une ou deux coquilles
10:28ou un anachronisme
10:30qui vous fait...
10:32J'ai écrit ça
10:34en moins de 40 jours.
10:36Il fallait que ce soit
10:36en moins de 40 jours
10:37pour vous ?
10:38Non, non, non.
10:38C'est tout simplement...
10:41Quand j'ai commencé
10:42à écrire,
10:42j'étais pris dans le...
10:43Voilà,
10:43il y a une certaine urgence.
10:45J'avais besoin
10:46de me raconter...
10:48J'ai toujours besoin
10:50peut-être que je ferais
10:51une suite à...
10:53Oui, pourquoi pas.
10:55On ne guérit pas
10:56de ces choses-là
10:56comme ça,
10:57parce qu'on est sortis,
10:58ça y est.
10:59Non.
10:59Il faut se reconstituer,
11:00il faut se reconstruire,
11:01il faut digérer
11:04une année d'humiliation.
11:05C'est très humiliant
11:06à la prison.
11:07On vous traite
11:08comme un chien.
11:09Le juge vous traite
11:10comme un chien,
11:10le gardien,
11:12l'administration.
11:13Et on a besoin
11:14de se reconstruire,
11:15on a besoin de parler,
11:16on a besoin de...
11:17Vous avez conservé
11:21votre humour
11:22et il y a un passage
11:23sur votre gardien Abdallah
11:25que j'essaye de retrouver
11:27où vous décrivez
11:29ce gardien
11:29qui est évidemment cruel,
11:32qui vous tape dessus,
11:34il ne sait pas lire
11:36ni écrire
11:36et vous écrivez
11:40le régime algérien
11:41et les dictatures
11:42en général
11:42se méfient
11:44des écrivains
11:45parce que les écrivains
11:46sont plusieurs.
11:47Et derrière l'écrivain,
11:48on voit des réseaux,
11:50on voit des complots.
11:51Mais je sens
11:51qu'il est vraiment...
11:52Alors que l'écrivain
11:54est vraiment
11:55dans la solitude,
11:56il est avec lui-même.
11:58Vous l'avez retrouvé ?
11:59Je l'ai retrouvé.
12:00Deux fois,
12:01il m'a brisé le dos
12:02mais il finit toujours
12:03par se calmer
12:04et rentrer dans sa tanière,
12:05cuver sa rancœur
12:06contre la hiérarchie
12:07qui refuse
12:07de le promouvoir
12:08officier de premier rang.
12:10Vous parlez d'Abdallah,
12:11votre sous-gardien.
12:12Il est fabuleusement têtu.
12:14Il m'écoute parfois
12:15mais je ne suis pas arrivé
12:16à le convaincre
12:16que la méchanceté
12:17ne suffit pas
12:18pour être promu.
12:19Il faut savoir lire,
12:20écrire, compter
12:21et tout bien comprendre.
12:21La prison est aussi
12:22une école de redressement.
12:24On n'y fait pas
12:24qu'abrutir,
12:26malmener, tuer.
12:27Pour un régime inquiet,
12:28le régime algérien,
12:29un écrivain
12:30n'est jamais un homme seul.
12:31Il est infailliblement
12:32soupçonné
12:33d'être plusieurs.
12:34Derrière lui,
12:35on imagine
12:35des réseaux,
12:36des influences,
12:36des plans.
12:37Le mot devient
12:38un code de validation,
12:39la phrase un complot,
12:40le livre, une arme,
12:42l'écrivain, une armée.
12:44Vous êtes une armée,
12:45Molenne Sansal.
12:46À vous tout seul,
12:46vous êtes une armée.
12:47J'ai l'impression
12:47quand je vois
12:48tout ce qu'ils ont mobilisé
12:50pour me terrasser,
12:51pour m'affirter,
12:52il faut croire
12:52que je suis une immense armée.
12:54Toute l'administration algérienne
12:56en ce moment
12:56enquête sur moi.
12:57Ça continue ?
12:58Oui, ça continue.
12:59Comment vous le savez
13:00que ça continue ?
13:01Je le lis dans les réseaux sociaux.
13:04Je suis en contact
13:05avec des amis
13:05qui sont là-bas
13:06qui me font
13:09la température.
13:11Voilà.
13:11Et donc,
13:12oui, oui,
13:12c'est...
13:14Ils voient...
13:14Mais c'est comme ici,
13:15en France,
13:16il y a des gens
13:16qui voient
13:17toute l'extrême droite
13:18derrière moi
13:19et qui, voilà,
13:21on me sort
13:21le matin et le soir
13:22et Bolloré par-ci
13:23et Bolloré par-l'ailleurs.
13:24Mais qui sait Bolloré ?
13:26Allez le dire à Bolloré
13:28pour avoir
13:28le dit à moi.
13:29Moi, je suis en relation
13:31avec une maison d'édition.
13:33Je ne suis pas en lien
13:34avec les actionnaires
13:35qui, peut-être...
13:37Il n'y a pas que Bolloré.
13:38Il y a probablement
13:38des banques derrière.
13:39Est-ce que vous avez eu
13:40le sentiment
13:40d'être une prise de guerre
13:41une fois rentrée en France
13:43après avoir été otage
13:44du régime algérien ?
13:45Est-ce que vous avez eu
13:45le sentiment
13:45d'être une prise de guerre
13:46en France ?
13:47Mais ça, c'est normal.
13:49La politique,
13:50c'est l'art
13:52d'utiliser
13:53ce qu'on a sous la main.
13:55Probablement
13:55qu'il y a des gens
13:56qui disent ça
13:56et c'est peut-être intéressant
13:57d'essayer
13:58de récupérer ce bonhomme
14:00mais c'est toujours
14:01à votre insu.
14:02Peut-être que...
14:03On ne s'en aperçoit pas.
14:05La manipulation
14:06n'est pas quelque chose
14:07de très évident.
14:08Quand on a affaire
14:09à des manipulateurs
14:11intelligents,
14:11il y en a qui sont grossis
14:12et viennent carrément
14:14avec leur gros sabot,
14:15on voit bien
14:15la récupération.
14:17Mais d'autres
14:17sont très intelligents.
14:20Est-ce qu'on les...
14:21Je ne sais pas
14:22si je suis vraiment
14:24vigilant au point de...
14:25Mais moi,
14:26je fais attention quand même.
14:28Mais mon franc-parler,
14:30mon caractère
14:31un peu emporté
14:32fait que quelquefois
14:34je me trouve
14:35dans des situations
14:36un peu gênées
14:37ou aux entournures.
14:38Bon, moi,
14:39j'essaie de me dépatouiller
14:40comme je peux.
14:42Boilem Sansal
14:43au micro de Radio Classique.
14:44Légende
14:44vient de paraître
14:45aux éditions.
14:46Grâce et merci,
14:47monsieur l'académicien.
14:48Merci à vous.
14:48C'est pour quand la réception ?
14:50L'année prochaine.
14:51L'année prochaine.
14:51Vous êtes heureux ?
14:53Oui.
14:54On fait aller, quoi.
14:55avec des roues et des bas.
14:57Merci, Boilem Sansal.
14:58A bientôt.