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  • il y a 16 minutes
Philippe Aghion, prix Nobel d'économie et professeur au Collège de France, et Éric Maumy, président d'April et initiateur du mouvement "Trop c'est trop", étaient les invités de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 3 juillet. Ils sont revenus sur les rôles de la France dans le relèvement technologique de l'Europe, les objectifs du mouvement "Trop c'est trop", et les héritages contraints, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:028h35 sur BFM Business depuis les rencontres économiques d'Aix. On a déjà beaucoup de choses à se dire avec
00:06Philippe Aguillon et avec Eric Momy.
00:08Merci à tous les deux d'être sur le plateau de BFM Business. Philippe Aguillon, évidemment, prix Nobel d'économie,
00:13professeur au Collège de France.
00:14Eric Momy et à l'INSEAD et à la School of Economics, si on dit tout, évidemment. Mais tout est
00:20bien écrit, Philippe, sur l'image, on a tous les titres.
00:23Eric Momy, vous êtes le président d'April. Vous êtes l'initiateur du mouvement C'est Trop. On était en
00:28train de débriefer l'allocution de Sébastien Lecornu, le Premier ministre, hier, que vous avez fait ensemble, tous les trois.
00:34Vous avez pris la parole à chacun votre tour. Et puis, il y a une sorte de montée après avec
00:38Sébastien Lecornu. Philippe Aguillon, vous dites qu'il y a un avant et un après, cette prise de parole de
00:43Sébastien Lecornu.
00:44Il y a un avant et un après. Parce qu'enfin, alors d'abord, je voulais remercier Eric Momy a
00:49été formidable et d'une clarté, vraiment, c'était un bonheur.
00:56Si vous voulez, il y a un avant et un après parce que ça fait plusieurs semaines qu'il y
01:00a plusieurs personnes qui se déclarent candidates et ça ne donne pas envie.
01:03Voilà. Et hier, si vous voulez, j'ai vu un souffle et voilà, c'est les grandes valeurs. C'est
01:11le patriotisme. C'est le patriotisme où on embarque tout le monde.
01:16C'est évidemment la France qui va jouer pleinement son rôle dans le relèvement de l'Europe, dans le relèvement
01:24technologique de l'Europe.
01:27Et également, si vous voulez, il y a eu des annonces très importantes sur le dialogue social, l'importance, la
01:34primauté du dialogue social et également cette idée de dire, voilà, eh bien, il y a effectivement des gens qui
01:41vont devenir très riches.
01:42Et il n'y a rien de mal à ce qu'ils soient très riches. Mais il y aura des
01:46moyens de faire en sorte que tout le monde se sente partie prenante quand même, voyez, avec l'idée des
01:52fondations.
01:53– Mais vous l'avez vu, président de la République ? – Moi, j'avais un sentiment devant moi d
02:00'avoir un président de la République.
02:01– Vous trouvez qu'on manque de candidats à la droite, au centre ?
02:04– Voilà, j'ai vu, voilà, avec un souffle, tout d'un coup, il y a, je ne sais pas
02:09comment on dit, la France, c'est un pays où très facilement, ça part dans tous les sens.
02:13Et puis, il y a des moments gaulliens. Et il y a des moments où on réunit tout le monde
02:17et on dit, voilà, vous d'abord, la France, la République, elle est là pour vous tous,
02:21l'éducation, la santé, elle est pour vous tous. Et tous ensemble, on va faire de la France le fer
02:27de lance du relèvement, non seulement de l'Europe,
02:30mais il y a des pays comme le Canada qui veulent nous rejoindre, tu vois, qui veulent être partie prenante,
02:34voilà.
02:34– Voilà, et de la révolution de l'intelligence artificielle, du nouveau monde. Mais on va y aller dans le
02:41dialogue social, dans la justice, tous ensemble.
02:45C'est vraiment le moment gaullien, quoi, voilà. Et j'ai senti qu'il avait ce souffle en lui, voilà.
02:51Et je ne l'avais pas senti avant. Et d'autres que moi l'ont senti également.
02:54– Éric Momy, je ne sais pas si vous avez senti le moment gaullien, vous aussi. En tout cas, sur
03:00la question du diagnostic des difficultés de l'économie française,
03:04de ce qu'on peut mettre en place, il disait, j'espère, Éric, que vous êtes moins fâché qu'à
03:07l'automne, notamment sur la question de la taxe du Kman,
03:11qui a fait assez mal, quand même, au débat et au milieu économique. Est-ce que là, vous allez mieux,
03:16vous, qu'à l'automne ? Vous êtes moins fâché ?
03:17– Alors, je pense que c'est une question de saison. Être fâché quand il fait extrêmement chaud, ce n
03:22'est pas une très bonne idée.
03:23En fait, la réalité, c'est que, et objectivement, moi, je rejoins ce qu'a dit Philippe Aguillon, j'ai
03:30senti du souffle.
03:31Il est pris dans le quotidien, dans une espèce de folie. C'est une lessiveuse. Et pour autant, il arrive
03:38à prendre un pas de recul.
03:39Et vraiment, moi, j'ai apprécié, effectivement, cette capacité à se mettre à un horizon un peu plus lointain.
03:46Pour autant, on ne va pas se cacher à l'un de petits doigts, les problèmes de la France, ils
03:51sont extrêmement présents.
03:52Les problèmes de compétitivité fiscale, les problèmes d'instabilité fiscale, les problèmes de réglementaire.
04:00On a un excès de réglementation, on est dans la surtransposition. Ils sont là.
04:04Et ce que l'on peut dire, c'est qu'on a un Premier ministre qui, compte tenu de la
04:08configuration qu'on connaît à l'Assemblée nationale,
04:10est extrêmement contraint. Il a, je pense, et je le dis quand même, pendant cette folie des discussions budgétaires,
04:18il a quand même réussi à garder un cap. Et il n'avait pas de majorité. Il avait une pression
04:23extrêmement forte des socialistes.
04:25Il a réussi à faire atterrir un budget qui, objectivement, ne nous satisfaisait pas pleinement.
04:30Parce qu'il est quand même revenu sur la réforme des retraites.
04:33Exactement, il est revenu sur la réforme des retraites. C'est ce en quoi ça ne nous satisfait pas.
04:37Pour autant, on a évité le pire. Vous parlez de l'attaque Zuckman. On ne va pas se raconter d
04:42'histoire.
04:43Ce surjet-là, c'est un serpent de mer qui va revenir dans les débats.
04:46Au niveau du mouvement Trossé-Tro dont vous parliez, on vient de publier une étude sur l'attaque Zuckman,
04:52où on essaie modestement, à notre niveau, de permettre que le débat se fasse sur des bases non pas erronées,
04:59biaisées, militantes.
05:00Parce que ce n'est pas, je me permets de le dire, ce n'est pas ce que j'ai
05:05entendu autour de l'attaque Zuckman.
05:06Ce n'est pas sérieux de la part d'économistes. Et je suis désolé d'attaquer un de vos compères,
05:12Philippe.
05:12Philippe, il s'est déjà beaucoup battu contre l'attaque Zuckman.
05:15Bon, Philippe, voilà, je disais simplement...
05:16Il a fait le jeu, Philippe.
05:18Gabriel ne peut pas débattre avec moi parce qu'il sait qu'il perd.
05:21Bon, voilà. Donc, en tout cas, ce que l'on essaie de faire au niveau de Trossé-Tro, c'est
05:24d'éviter de caricaturer les caricaturistes.
05:27On veut absolument que le débat se fasse sur des bases sérieuses.
05:30On a publié cette première étude. Elle a été faite avec des économistes, notamment Antoine Lévy de Berkeley.
05:37Et on va en publier 600 corps d'ici la présidentielle.
05:40L'objectif pour nous, c'est véritablement d'alimenter les candidats.
05:45Je ne sais pas si le Premier ministre sera candidat. Je ne me place pas sur un terrain politique.
05:50Et nous, en tout cas, on va dialoguer avec tout le monde, y compris les socialistes qui, pendant très longtemps,
05:56ont été, on va dire, des sociodémocrates.
05:59La politique de l'offre, elle a commencé sous François Hollande, avec des gens qui ont été absolument exceptionnels.
06:04Et donc, moi, le mouvement Trossé-Tro est un mouvement apartisan.
06:09Et on va essayer d'alimenter ce débat pour avoir des discussions de fond.
06:13Vous ne bougez pas, Philippe. Vous gardez tout ce que vous avez à dire.
06:15Il faut que je passe sur une toute petite page de pub.
06:17On revient. A tout de suite.
06:19On est reparti les 8h43 sur BFM Business depuis les rencontres économiques d'Aix.
06:23On est avec Éric Momy et avec Philippe Aguillon.
06:25Philippe, on ne parle que d'une chose, quand même, ce matin, dans les couloirs d'Aix-en-Provence.
06:30C'est cette histoire de redistribution au moment de l'héritage.
06:36Et cette idée achetée hier par le Premier ministre, il a dit pas la cinglinglin, mais dans les prochains mois,
06:41qu'il pourrait mettre en place quoi ? Une sorte d'héritage contraint ? Expliquez-nous votre idée.
06:46Voilà. Alors d'abord, je voulais vous dire sur la taxe Zuckman, qu'est-ce qui ne va pas dans
06:50la taxe Zuckman ?
06:50Beaucoup de choses. Mais c'est sa taxe de la richesse non réalisée.
06:53Vous êtes une licorne en formation. Vous êtes, comme Arthur Manch, valorisé à 12 milliards et vous ne faites pas
06:59de profit.
07:00Eh bien, Zuckman taxe sur les 12 milliards, donc vous devez emprunter ou mettre l'État comme actionnaire
07:05pour payer vos impôts, alors que vos concurrents, eux, ils empruntent pour se développer.
07:10Donc ça veut dire qu'il n'y aura pas d'IA en France.
07:12Tu fais la taxe Zuckman, l'IA part ailleurs. Ça, c'est clair.
07:14L'IA et le high-tech part ailleurs.
07:16Donc ça, c'est... Tandis que là, il s'agit d'autre chose.
07:20Il y a quand même autour du débat Zuckman l'idée qu'il peut y avoir des grosses concentrations de
07:25richesses.
07:25Moi, je le sais, j'étais dans la Cyclone Valley il y a 9 semaines et j'ai vu des
07:29capitales risqueurs.
07:30Et ils disent eux-mêmes, on va être milliardaires.
07:31Certains de nous, nous sommes déjà milliardaires.
07:33Est-ce qu'on veut que nos enfants soient immédiatement milliardaires ?
07:35Voilà. Et nous, on veut pouvoir contribuer.
07:38Et là, il y a cette idée très jolie.
07:40Et c'est de dire, voilà, d'abord, il a montré qu'il se préoccupe du fait qu'il puisse
07:45y avoir concentration de pouvoir
07:46et concentration de richesses excessives.
07:48Trop rapide.
07:49Et à ce moment-là, il dit ce qui serait intéressant, parce que, voilà, l'idée,
07:52ça serait de créer des fondations d'intérêts publics,
07:55gérées, co-gérées par l'État et d'autres acteurs.
07:59Ça serait dans la défense, dans la souveraineté.
08:03On investit dans la souveraineté.
08:04Et ils abonderaient ces fonds ?
08:06Et ils devraient abonder ces fonds.
08:09Voilà.
08:10Ils devraient, parce que ce qui n'est pas abondé...
08:11Et quand vous dites « devraient », c'est que s'ils ne le font pas, ils sont taxés.
08:14Voilà.
08:15Donc l'idée, alors, l'idée que tu peux dire, déjà, il y a des gens qui peuvent dire,
08:17moi, j'abonde tout de suite, tu comprends ?
08:18Mais l'idée, c'est de dire qu'ils devraient contribuer substantiellement à ces fonds
08:23et le reste, évidemment, taxés, tu vois, auraient un taux réduit.
08:28Mais si tu veux, c'est l'idée qu'une partie de leur richesse,
08:31et ils auront leur nom, c'est-à-dire que les gens qui ont...
08:34Parce que, tu vois, il y a les bâtisseurs d'empire, tes bâtisseurs d'empire,
08:37tu crées une entreprise.
08:38D'abord, tu ne veux pas te dire « j'ai contribué à l'innovation de mon pays
08:40et je veux que mon nom soit associé à la souveraineté de mon pays ».
08:44J'ai un exemple à vous donner.
08:45Nobel.
08:45Vous savez le Nobel ?
08:47Nobel était un artilleur.
08:48Il faisait des armes.
08:51Son frère décède.
08:52Par erreur, la presse fait une orbituaire de Nobel lui-même
08:57en disant « oui, vraiment, il ne va pas nous manquer,
08:59il n'a fait que fabriquer des armes ».
09:01Il est effrayé par son orbituaire.
09:02Il dit « mais non, je ne veux pas laisser ce nom,
09:04je vais créer la fondation Nobel ».
09:06Voilà.
09:06C'est cette idée-là.
09:07Mais il y a du mécénat aujourd'hui, Philippe Agnion.
09:09Mais pas assez.
09:10Chez nous, il n'en a pas assez, c'est pas assez.
09:11Non, non, là, l'idée, c'est que c'est des choses d'intérêt public,
09:14co-gérées par l'État, dans des domaines bien particuliers.
09:17Ça peut être la recherche, c'est la défense,
09:19c'est peut-être la flexi-sécurité, comment gérer l'IA.
09:23On parlait tout à l'heure de l'IA.
09:24Bon, donc comment ?
09:26Eh bien, et là, l'idée, c'est de dire,
09:29eh bien, je contribue à la souveraineté,
09:32mon nom sera là, on saura que je l'ai fait,
09:34avec des incertations fiscales très très fortes.
09:36C'est-à-dire qu'une partie de votre richesse devra aller dans...
09:40Au-delà d'un certain seuil.
09:41Je parle de milliardaire, je ne parle pas de millionnaire,
09:44je parle de milliardaire, là.
09:45Donc c'est le bon terme, quand même.
09:47Pardon ?
09:47Mais c'est n'afforcé, c'est le bon terme.
09:49C'est-à-dire que c'est...
09:50C'est fortement...
09:51Oui, c'est...
09:52Fortement incitatif.
09:53Voilà.
09:53Vous pourrez jusqu'à un certain point choisir où,
09:55mais tout le monde ne pourra pas aller dans le même,
09:57mais c'est l'idée que c'est fortement incité, je dirais.
10:01Et que Momy, vous en pensez quoi ?
10:02J'ai des textos, moi, ce matin, d'entrepreneurs
10:04qui me disent très bien,
10:05on n'a pas fini d'aller à Milan pour s'installer.
10:08Vous en pensez quoi, vous ?
10:09Alors, moi, je pense plusieurs choses.
10:11La première chose, je pense que l'essentiel
10:13sur lequel on doit tous se retrouver,
10:15ce qui, aujourd'hui, n'est pas le cas,
10:16donc on a un travail d'éducation à faire,
10:18c'est que la folie,
10:19ça serait de vouloir taxer le capital productif.
10:22C'est exactement ce que veut faire la taxe Zuckmann.
10:24C'est la première fois dans l'histoire
10:26d'un pays, en gros, de l'OCDE,
10:28qu'on imagine qu'on va taxer le capital productif.
10:31La deuxième chose,
10:32c'est qu'on a un pacte d'Utreil
10:33qui a été, lui aussi, bousculé.
10:36On sait qu'on va essayer de le remettre
10:37en cause qui, lui, protègent le capital productif.
10:40Si on touche au capital productif,
10:42sincèrement, ça va, malheureusement,
10:44mal se terminer dans ce pays.
10:46Et je parle pour l'économie française.
10:49Après, il y a des pistes extrêmement intéressantes.
10:51Celle de Philippe Aguillon en est une.
10:53Il y en a d'autres qui sont de regarder,
10:54en France, on a 6 000 milliards d'euros d'épargne.
10:57Il y a probablement moyen de flécher cette épargne,
11:01comme le disait Philippe Aguillon,
11:03vers des choses qui sont tournées vers l'innovation.
11:06Donc, comment on crée des incitations autour de ça ?
11:08Mais là, vous ne parlez pas des millionnaires.
11:09Attendez, je parle de tout le monde.
11:12Je parle de tout le monde.
11:13Je vais venir sur les millionnaires et les milliardaires.
11:15On a quelque chose qui pourrait être un fonds souverain.
11:19Ça peut s'alimenter, bien sûr,
11:20avec la retraite par capitalisation.
11:22On ne tournera pas autour de ça.
11:24Moi, je ne veux pas rentrer dans le débat sur les retraites.
11:26Mais il faut arrêter d'imaginer
11:27que ce pays peut vivre sans retraite par capitalisation.
11:30Ça ne fonctionnera pas.
11:31Et ça a plein de vertus à côté,
11:33évidemment, pour ceux qui épargnent,
11:35mais aussi dans la capacité d'investir
11:37dans l'innovation et dans plein de choses comme ça.
11:39Et vous pouvez imaginer que ce fonds souverain,
11:41il soit, quelque part,
11:43on ait une mitigation du risque par l'État
11:45qui viendrait amortir,
11:47on va dire, sur une part extrêmement limitée,
11:49une partie de ces investissements.
11:51On a plein de leviers
11:53pour, effectivement, flécher la richesse, l'épargne.
11:57Et je vais le dire très simplement,
11:58tout le combat qu'on mène au niveau trop, c'est trop,
12:00ce n'est pas sur la fiscalité des chefs d'entreprise,
12:03la fiscalité des riches.
12:04Les gens qui gagnent de l'argent,
12:06il est absolument normal qu'ils contribuent
12:09proportionnellement à, on va dire,
12:11au financement du pays.
12:12On démontre ici, quand même,
12:13que tous les faux-semblants
12:15selon lesquels les grandes familles françaises
12:17ne paieraient pas leurs cotes
12:19sont absolument erronées.
12:20Et nous, on parle d'économie,
12:23on parle de dynamique,
12:24on parle d'épargne dynamique.
12:25C'est ça, l'enjeu.
12:25Est-ce que vous y voyez, Philippe, aussi,
12:27quelque chose de symbolique ?
12:28Le fait de contribuer pour les riches
12:31plus à la souveraineté ou l'industrie,
12:34le fait de pouvoir faire passer
12:35un peu de capitalisation sur les retraites,
12:37de travailler plus ?
12:38On est sur la même ligne.
12:39C'est-à-dire, il y a, par-delà,
12:41l'idée des fondations.
12:43Il y a l'idée où il y aurait un choix, quand même.
12:46C'est-à-dire, les gens peuvent choisir
12:47les fondations et leur nom.
12:48Et tout le monde saurait que c'est eux.
12:50Donc c'est important.
12:51La contribution que j'ai faite, moi,
12:52à la souveraineté.
12:53Mais par ailleurs, effectivement,
12:54un des gros problèmes qu'on a,
12:56c'est que trop l'épargne européenne
12:58et française en particulier
12:59va trop aux Etats-Unis
13:00et ne finance pas suffisamment
13:01l'innovation en France.
13:03Par exemple, les assurances-vie.
13:04Je pense, effectivement,
13:05que si ton assurances-vie est investie
13:07dans des projets innovants
13:09en France et en Europe,
13:10elle devrait bénéficier d'avantages fiscaux
13:12par rapport à une assurance-vie
13:14qui est investie aux Etats-Unis.
13:15Je pense que là, il faudra,
13:16ou d'autres dispositifs,
13:18des dispositifs qu'Éric a mentionnés,
13:19ou des dispositifs de ce genre,
13:21complèteraient l'idée
13:22des fondations.
13:23Mais ce qui était intéressant,
13:24c'était que tout ça était ouvert.
13:26Et on allait bien au-dessus de Zuckman.
13:28Tout d'un coup,
13:29on ne dit pas juste
13:29qu'on ne veut pas de Zuckman
13:31et circuler, il n'y a rien à voir.
13:32C'est tout d'un coup,
13:33il venait avec...
13:34Et c'était avec le souffle
13:35de la souveraineté
13:36et de la souveraineté
13:37avec tout le monde embarqué.
13:39Voilà.
13:39Et c'est ça qui est intéressant.
13:40Et tout d'un coup, on est là
13:41et Eric, on a des idées,
13:43on a envie d'inventer.
13:45Et à la fin,
13:46on n'est pas dans un mode
13:47d'inquiétude seulement,
13:49on est dans un mode de dire
13:50oui, il y a des défis,
13:50mais on va venir avec
13:52les idées d'Eric,
13:53d'autres idées,
13:54et on va...
13:55Et tout d'un coup,
13:56je vois une France
13:56qui se réveille.
13:57Parce que les Français,
13:58quand vous leur donnez un rêve,
13:59quand vous leur donnez un but,
14:00c'est un grand pays.
14:02Et c'est le pays
14:02que regarde le Canada,
14:03c'est le pays
14:04que regardent les pays asiatiques,
14:05parce qu'ils ont nos valeurs.
14:07Et ils nous regardent, nous,
14:08ils attendent que nous arrivions.
14:10Et je vois...
14:11Et on a des talents formidables.
14:13Eric en éteint.
14:14Les chercheurs que nous avons,
14:15les mathématiciens,
14:17l'IA,
14:18mais l'IA,
14:18c'est des Français
14:19qui ont inventé l'IA.
14:20Donc je veux dire,
14:21c'est ça qui est...
14:22C'est ce moment qui a été hier.
14:23Mais Philippe...
14:23C'est tout d'un coup
14:24un moment d'excitation
14:25et d'invention.
14:26On va inventer.
14:27Je suis tout cœur avec vous,
14:28mais il a dit quelque chose
14:28de très important,
14:29Sébastien Lecornu, hier.
14:30Il a dit,
14:30le progrès, ça ne se décrète pas.
14:32Quand vous dites aux gens,
14:33enrichissez-vous,
14:34quand vous leur dites,
14:35allez, passez à l'IA,
14:41et c'est là où la bataille culturelle
14:42est en partie perdue.
14:43Non, elle n'est pas perdue
14:44parce qu'on va vous conduire.
14:45Si vous perdez votre travail,
14:47vous aurez droit à un revenu.
14:48Si vous vous formez,
14:49vous travaillez,
14:50vous serez soutenus.
14:51On sera avec vous.
14:52L'éducation, l'école,
14:53on va refaire l'école
14:54à l'ascenseur social
14:55qu'elle n'est plus
14:56et qu'elle était avant.
14:58Vous êtes malade,
14:59vous vous ferez soigner.
15:01On vous accompagne.
15:04Mais en même temps,
15:05voilà,
15:05et tout individu
15:07de n'importe où
15:07qui vient de quelques milieux sociaux
15:09qui veut travailler
15:11qui veut arriver,
15:13qui a des talents,
15:14eh bien, on est là.
15:15Et on va vous pousser.
15:16Ensemble, on va y arriver.
15:17Et moi, je sais que les Français,
15:21c'est ça qu'ils attendent.
15:22Eric ?
15:22En complément de Philippe,
15:24je pense que ce qui est très intéressant
15:25quand j'entends Philippe,
15:27c'est qu'on a un État
15:28qui est un État très protecteur.
15:30Certains diraient même
15:31trop protecteur.
15:32Je ne veux pas rentrer dans ce débat.
15:33Et le sujet,
15:34pour faire écho
15:34à ce que vous venez de dire, Laure,
15:36c'est de faire de la France,
15:37de l'État français,
15:38un État facilitateur.
15:40et facilitateur,
15:41on a une opportunité,
15:42je vais quand même le dire,
15:44historique, économique,
15:45d'arriver à déployer l'IA.
15:47Peut-être qu'on ne va pas créer
15:48les modèles fondamentaux,
15:50je ne sais pas.
15:51En revanche,
15:52on a une capacité
15:53au niveau des entreprises
15:54de déployer l'IA,
15:56de le faire extrêmement rapidement,
15:57ce qui imposera
15:58qu'on forme nos collaborateurs,
16:00qu'on transforme les métiers.
16:01Donc là,
16:02il y a un nouveau contrat social
16:03qui est en train d'émerger.
16:04Et je vais quand même le dire,
16:05les entreprises,
16:06elles sont prêtes,
16:06elles n'ont même pas attendu.
16:07Ça fait trois ans
16:08que je transforme mon entreprise
16:10avec l'IA,
16:10je reviens des États-Unis
16:12et je vois le champ
16:13absolument extraordinaire
16:14des possibles.
16:15Et l'État,
16:16c'est à lui de créer les conditions.
16:18Et ça veut dire quoi ?
16:19Ça veut dire simplifier,
16:20ça veut dire moins réglementer,
16:22ça veut dire effectivement
16:23créer un cadre,
16:24comme le disait Philippe,
16:25dans lequel on va mettre
16:26de la flexi-sécurité.
16:28Et ça veut dire
16:28travailler énormément,
16:30le volet épargne.
16:31Les États-Unis,
16:32ok,
16:32mais là vous avez Trump
16:33qui se dit
16:33je vais prendre 5%
16:34du capital d'Open&A
16:35et je vais réglementer l'IA,
16:37c'est pas non plus
16:38un champ où on fait tout
16:39et n'importe quoi.
16:40Oui, mais il y a Yann Lequin,
16:41d'abord il y a tout ce que dit Eric,
16:43on a l'IA et la santé,
16:45l'IA et l'éducation,
16:46l'IA qui porte nos valeurs,
16:48cette IA c'est chez nous
16:49qu'elle va se faire.
16:49On a des données,
16:50l'IA c'est des données
16:51de la puissance de calcul,
16:52des données on en a plein.
16:53Maintenant il faut
16:54une politique industrielle
16:55pour mettre de la puissance
16:56de calcul
16:56et des centres de données
16:57et des centres de calcul.
16:58Et là on n'a pas perdu
16:59la bataille là.
17:00Absolument pas.
17:01Et Yann Lequin
17:02a quitté Meta
17:03pour revenir en France
17:04pour AmiLab.
17:05Faire une nouvelle révolution
17:06de l'IA
17:07à l'intérieur de la révolution
17:08de l'IA.
17:08C'est-à-dire une IA
17:09qui dépasse les modèles
17:10de langage
17:10et il va le faire chez nous.
17:12Voilà.
17:12Et il faut encourager
17:13Yann Lequin
17:14et il y en a d'autres
17:15qui vont venir.
17:16Donc voilà.
17:16Et il y a tout ce qu'a dit Eric
17:17et c'est tout.
17:18Maintenant on va inventer
17:19et ça va être excitant.
17:21L'avenir est excitant.
17:23En tout cas vous y croyez
17:24Philippe au fait
17:24que la France
17:25a envie de progrès.
17:26On y croit tous les deux.
17:27Moi j'y crois autant que Philippe
17:29et l'enthousiasme de Philippe
17:30je partage.
17:31Les chefs d'entreprise
17:32sont des gens
17:33profondément enthousiastes
17:34et positifs.
17:35On y croit.
17:36Merci beaucoup à tous les deux
17:37d'être venus ce matin
17:38dans la matinale de l'économie.
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