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  • il y a 19 heures
Ce vendredi 3 juillet, les déclarations favorables de Sébastien Lecornu concernant la proposition de Philippe Aghion sur le mécénat forcé ont a été abordées par Ludovic Desautez et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:017h12 sur BFM Business et aujourd'hui depuis les rencontres économiques d'Aix-en-Provence avec un Emmanuel Lechip très
00:06en forme.
00:06Votre cravate est bien ajustée Emmanuel, on est parti.
00:08Écoutez, je le pense.
00:09Eh bien écoutez, moi aussi, je vous trouve très beau Emmanuel.
00:13Vous êtes superbe.
00:14Je n'oublierai pas celle-là.
00:15Ne bougez pas.
00:16En face de vous ce matin, Ludovic Dussauté, bonjour.
00:19Bonjour, désolé, je n'ai pas de cravate.
00:20Ce n'est pas grave, on vous accueille quand même, vous avez une chemise, c'est déjà très bien.
00:247h12 donc sur BFM Business, on va parler héritage.
00:27Avec ses déclarations, Emmanuel de Sébastien Lecornu hier qui trouve que finalement, la proposition faite de Philippe Aguillon sur le
00:33mécénat forcé, c'est une bonne idée.
00:35Il est favorable à un fléchage des grands héritages vers l'investissement.
00:38Il dit même que ça pourrait être une alternative à la taxe Zuckmann.
00:41Vous dites, vous aussi, chiche.
00:43Non mais, attendez les amis, il fallait bien un prix Nobel d'économie pour en une seule proposition apporter la
00:51réponse à trois gros problèmes.
00:53Et ça, c'est quand même très fort.
00:55À quel problème, il répond Philippe Aguillon ?
00:57Il répond d'abord à la question de l'injustice.
01:02Il l'a dit, le Premier ministre, il a dit, oui, il faut traiter le problème en France de l
01:07'injustice sociale, du sentiment d'inégalité.
01:10Et il faut apporter une réponse à ça.
01:12Si apporter la réponse à ça, c'est taxer toujours bêtement les riches, franchement, ce n'est pas une mauvaise
01:18idée.
01:18Là, vous donnez l'impression que finalement, les riches font un effort dans un pays où on considère que, de
01:24toute façon,
01:24il faudrait à peu près que les riches aient cent fois la fortune qu'ils ont pour satisfaire chaque fois
01:29toutes les revendications de « il faut taxer les riches ».
01:33Deux, il répond à un problème important qui est la transmission en France.
01:38Et effectivement, la transmission, elle n'est pas optimale.
01:40On a déjà eu ce débat.
01:41Comment faire pour que, finalement, cet argent ruisselle beaucoup plus tôt dans l'économie, soit transmis beaucoup plus tôt dans
01:48l'économie ?
01:49Et effectivement, la transmission dans la famille, ce n'est pas toujours la meilleure solution.
01:54Vous pouvez très bien avoir une énorme fortune et des enfants crétins qui vont dilapider cette fortune.
02:00On a entendu certains chefs d'entreprise nous dire ça sur le plateau.
02:04Mais regardez, les grands patrons américains, ils ne sont pas partis.
02:08Se sortir de la part réservataire.
02:10Et puis, il y a quand même un troisième problème qui est la question de la souveraineté.
02:14Parce que si vous allez flécher cette épargne volontaire forcée sur des fonds qui vont financer des entreprises,
02:25des projets qui servent, la souveraineté, c'est quand même le sujet majeur de toutes les années qui viennent.
02:31Et que vous preniez le sujet technologique, le sujet écologique, le sujet santé, la souveraineté, le sujet agroalimentaire, bien évidemment.
02:37La souveraineté, c'est la clé de tout.
02:39Donc, bravo Philippe Aguillon.
02:40Il fallait bien être un prix Nobel génial pour inventer cette proposition.
02:45Philippe Aguillon qui sera avec nous à partir de 8h40 tout à l'heure.
02:48Ludovic, vous dites quoi ? Vous dites que c'est notre taxe ? C'est une nouvelle taxe ?
02:51Contrairement à Emmanuel, ce n'est pas parce que dans une équation, on met trois arguments que le résultat est
02:55valable, honnêtement.
02:56Donc, première grosse erreur, Emmanuel. Énorme, énorme.
02:59Mais ceci dit, sur le fond, ça y est, c'est le retour.
03:02Alors, celle-là, on va l'appeler Eritax.
03:04Voilà, moi, je trouve que...
03:05Eritax, oui.
03:05Eritax, ça y est, c'est parti.
03:07Il y avait la Zucman, maintenant il y a la Eritax.
03:09Le concours l'épine est déjà parti sur la fiscalité avant même que le budget commence à exister.
03:15Et à nous, on part dans le petit délire technique.
03:18Il y a... Je vais reprendre trois arguments pour contrer Emmanuel.
03:22Le premier, d'abord, c'est fondamentalement une atteinte à la liberté, honnêtement.
03:27Sous quel prétexte et sous quelles conditions, aujourd'hui...
03:29Mais parce que Zucman, ce n'est pas une atteinte à la liberté.
03:32Je ne dis pas que Zucman est mieux, puisque Zucman a lancé le concours l'épine.
03:36Là, on a une réponse intermédiaire hautement technique.
03:39Et puis alors, le deuxième argument, aujourd'hui, franchement, est-ce qu'on est dans un pays où le problème,
03:44c'est l'épargne ?
03:44Non. De l'épargne, on en a partout, jusqu'en haut, dans le vaissellier.
03:48C'est l'investissement.
03:49C'est l'investissement. Donc il y a un problème d'attractivité.
03:51Oui, mais donc ça ne répond pas à ça, puisque ça va forcer à flécher.
03:53Oui, mais en quoi, en créant du mécénat, géré par l'État, forcé, avec des fléchages qui...
04:01J'attends comment à Bercy, on va piloter ces nouvelles fondations avec des calculettes des années 80.
04:07Eh bien, je me demande en quoi on résout le problème.
04:09Il n'y a pas de problème aujourd'hui.
04:11Le problème numéro un, c'est comment on déverrouille l'épargne et comment on met en place un système fiscal
04:17attrayant pour que l'investissement réussisse.
04:19L'argent est là.
04:20Oui, mais tu vois, Ludovic, c'est ça le problème. C'est qu'entre les solutions idéales et toi, tu
04:26balayes toutes les solutions intermédiaires qui seraient mieux que les solutions actuelles.
04:29Moi, je pense qu'il faut être pragmatique.
04:31Et la proposition de Philippe Aguillon, elle permet soit d'éviter les catastrophes type taxes Zuckman,
04:36elle permet d'améliorer une situation de fonds qui est qu'il n'y a pas un pays au monde.
04:41Il n'y a pas un pays au monde dans lequel il y a une aussi mauvaise allocation de l
04:46'épargne,
04:46c'est-à-dire une épargne abondante et une épargne aussi peu productive.
04:51Et puis, allons-y, fantasmons, disons-nous que, par exemple, les héritages,
04:55qui, en plus, on ne va pas aller chercher sur des sommes considérables chaque année.
05:00Et en plus, ces héritages, ça peut être la pompe qui va amorcer des fonds vers lesquels...
05:05Mais vous pourriez le faire de votre vivant, Emmanuel.
05:07Vous pouvez investir ces sommes-là de votre vivant.
05:08Vous n'avez pas besoin de le mettre dans l'héritage.
05:11Ça peut être une incitation à le faire avant aussi.
05:16Et donc, ça n'a que des avantages.
05:18Emmanuel, tu le dis toi-même, c'est une mesure pragmatique.
05:21Traduire politique, ce n'est pas une mesure économique.
05:24Non, pragmatique, c'est antipolitique.
05:25Non, non, non.
05:26Là, aujourd'hui, on est sur une mesure politique.
05:28Il s'agit d'Emine Zuckman.
05:29Sur le fond, c'est un moteur économique qui ne fonctionnera pas.
05:33J'attends de voir.
05:34Honnêtement, si on monte cette usine à gaz,
05:36c'est pire que la tuyauterie de Beaubourg.
05:37On va voir le fléchage.
05:39On mélange déjà la défense, l'intelligence artificielle, la réindustrialisation.
05:43J'attends ces fondations qui vont relancer la souveraineté européenne et française.
05:48Et sur le fait de répondre à une attente sociale, sociétale, d'apaisement,
05:52ça peut servir à ça ?
05:53Il y a des mesures symboliques qui ne servent à rien sur le plan économique,
05:56mais qui permettent de faire passer à autre chose.
05:57Arrêtons de prendre les Français.
05:59Pour des gens qui ne comprennent pas l'économie, c'est faux.
06:02Ils comprennent très bien qu'on a un problème aujourd'hui de mettre de l'huile dans le moteur,
06:06de faire que ce pays est en vie et la niaque.
06:09Là, c'est une réponse avec un logiciel qui a 30 ans de retard.
06:13Prenons les Français pour ce qu'ils sont aussi lucidement.
06:16Ce sont des gens qui sont éperdument passionnés d'égalité.
06:19Et donc là, encore une fois, apporter cette idée de prendre ses patrimoines,
06:24moi je pense que ça peut apaiser aussi cette idée.
06:27Vous dites prendre ses patrimoines quand même.
06:29Le terme en lui-même est...
06:31De taxer, d'allouer ses patrimoines différemment.
06:35Et là, l'idée, c'est que vous pouvez instaurer aussi parmi les gens qui ont,
06:40pour des raisons pas forcément toujours bonnes,
06:43des rancœurs vis-à-vis des riches, qui s'en mettent plein les poches, etc.
06:46Il y a quand même ce sentiment que l'argent des riches va servir quelque part l'intérêt général.
06:53Et ça, ça peut être aussi un message.
06:54Donc encore une fois, moi je ne dis pas que c'est la mesure du siècle,
06:56mais je dis que c'est la mesure, aujourd'hui, qui est...
06:59C'est une mesure qui est extrêmement pragmatique.
07:00Oui, apaisement social.
07:01Qui nous évite des catastrophes sur beaucoup de sujets.
07:04Oui, enfin l'apaisement social, ça va commencer par un gros acronyme.
07:07Ça va s'appeler la DGIM, la Direction Générale de l'Investissement par le Mécénat.
07:11Ça va commencer comme ça.
07:12Soyons lucides, Emmanuel.
07:13Et Ludovic, si quelques fonctionnaires, qui aujourd'hui ne servent vraiment à rien,
07:18sont utilisés demain pour cette allocation un peu plus optimale du capital.
07:23Là encore, c'est mieux que la situation d'avant.
07:26Ce n'est pas le paradis, mais c'est...
07:28C'est bien, c'est que vous avez large, quoi.
07:29Des grandes fortunes jusqu'aux fonctionnaires.
07:31Merci, ce n'est pas le paradis.
07:31Non, ce n'est pas le paradis, mais encore une fois, c'est une mission d'intérêt général.
07:33Vous êtes d'accord avec le MEDEF sur le sang et les larmes prévues pour les retraités et les fonctionnaires
07:38?
07:39Vous avez vu le plan du MEDEF ?
07:40Il y a toute une partie, justement, sur le fait qu'il ne faut arrêter les avantages des fonctionnaires.
07:43Quel est le rapport avec cette idée de Philippe Aillon ?
07:46C'est ce que vous venez de dire.
07:47Il faut que les fonctionnaires participent à l'effort public et les retraités.
07:50Je dis qu'aujourd'hui, on ne peut pas nier que quelques milliers, voire quelques dizaines de milliers de fonctionnaires
07:57ne soient pas utilisés à la hauteur de ce que leur capital humain pourrait produire.
08:02Donc, confions-leur des missions d'intérêt général, des missions qui vont avoir un impact,
08:07des missions à impact positif sur la croissance et l'investissement.
08:11Voilà, encore une fois, on évite la taxe Zuckman, on favorise la souveraineté,
08:16on apaise un petit peu la soif d'égalité des Français et on emploie un peu mieux la fonction publique.
08:21Et on a tout réglé.
08:22Mais que demander de mieux ?
08:24On va parler de Donald Trump et de Taïwan.
08:27Merci beaucoup à tous les deux d'être venus vous écharper sur le plateau de BFM Business depuis Aix-en
08:33-Provence.
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