00:017h12 sur BFM Business et aujourd'hui depuis les rencontres économiques d'Aix-en-Provence avec un Emmanuel Lechip très
00:06en forme.
00:06Votre cravate est bien ajustée Emmanuel, on est parti.
00:08Écoutez, je le pense.
00:09Eh bien écoutez, moi aussi, je vous trouve très beau Emmanuel.
00:13Vous êtes superbe.
00:14Je n'oublierai pas celle-là.
00:15Ne bougez pas.
00:16En face de vous ce matin, Ludovic Dussauté, bonjour.
00:19Bonjour, désolé, je n'ai pas de cravate.
00:20Ce n'est pas grave, on vous accueille quand même, vous avez une chemise, c'est déjà très bien.
00:247h12 donc sur BFM Business, on va parler héritage.
00:27Avec ses déclarations, Emmanuel de Sébastien Lecornu hier qui trouve que finalement, la proposition faite de Philippe Aguillon sur le
00:33mécénat forcé, c'est une bonne idée.
00:35Il est favorable à un fléchage des grands héritages vers l'investissement.
00:38Il dit même que ça pourrait être une alternative à la taxe Zuckmann.
00:41Vous dites, vous aussi, chiche.
00:43Non mais, attendez les amis, il fallait bien un prix Nobel d'économie pour en une seule proposition apporter la
00:51réponse à trois gros problèmes.
00:53Et ça, c'est quand même très fort.
00:55À quel problème, il répond Philippe Aguillon ?
00:57Il répond d'abord à la question de l'injustice.
01:02Il l'a dit, le Premier ministre, il a dit, oui, il faut traiter le problème en France de l
01:07'injustice sociale, du sentiment d'inégalité.
01:10Et il faut apporter une réponse à ça.
01:12Si apporter la réponse à ça, c'est taxer toujours bêtement les riches, franchement, ce n'est pas une mauvaise
01:18idée.
01:18Là, vous donnez l'impression que finalement, les riches font un effort dans un pays où on considère que, de
01:24toute façon,
01:24il faudrait à peu près que les riches aient cent fois la fortune qu'ils ont pour satisfaire chaque fois
01:29toutes les revendications de « il faut taxer les riches ».
01:33Deux, il répond à un problème important qui est la transmission en France.
01:38Et effectivement, la transmission, elle n'est pas optimale.
01:40On a déjà eu ce débat.
01:41Comment faire pour que, finalement, cet argent ruisselle beaucoup plus tôt dans l'économie, soit transmis beaucoup plus tôt dans
01:48l'économie ?
01:49Et effectivement, la transmission dans la famille, ce n'est pas toujours la meilleure solution.
01:54Vous pouvez très bien avoir une énorme fortune et des enfants crétins qui vont dilapider cette fortune.
02:00On a entendu certains chefs d'entreprise nous dire ça sur le plateau.
02:04Mais regardez, les grands patrons américains, ils ne sont pas partis.
02:08Se sortir de la part réservataire.
02:10Et puis, il y a quand même un troisième problème qui est la question de la souveraineté.
02:14Parce que si vous allez flécher cette épargne volontaire forcée sur des fonds qui vont financer des entreprises,
02:25des projets qui servent, la souveraineté, c'est quand même le sujet majeur de toutes les années qui viennent.
02:31Et que vous preniez le sujet technologique, le sujet écologique, le sujet santé, la souveraineté, le sujet agroalimentaire, bien évidemment.
02:37La souveraineté, c'est la clé de tout.
02:39Donc, bravo Philippe Aguillon.
02:40Il fallait bien être un prix Nobel génial pour inventer cette proposition.
02:45Philippe Aguillon qui sera avec nous à partir de 8h40 tout à l'heure.
02:48Ludovic, vous dites quoi ? Vous dites que c'est notre taxe ? C'est une nouvelle taxe ?
02:51Contrairement à Emmanuel, ce n'est pas parce que dans une équation, on met trois arguments que le résultat est
02:55valable, honnêtement.
02:56Donc, première grosse erreur, Emmanuel. Énorme, énorme.
02:59Mais ceci dit, sur le fond, ça y est, c'est le retour.
03:02Alors, celle-là, on va l'appeler Eritax.
03:04Voilà, moi, je trouve que...
03:05Eritax, oui.
03:05Eritax, ça y est, c'est parti.
03:07Il y avait la Zucman, maintenant il y a la Eritax.
03:09Le concours l'épine est déjà parti sur la fiscalité avant même que le budget commence à exister.
03:15Et à nous, on part dans le petit délire technique.
03:18Il y a... Je vais reprendre trois arguments pour contrer Emmanuel.
03:22Le premier, d'abord, c'est fondamentalement une atteinte à la liberté, honnêtement.
03:27Sous quel prétexte et sous quelles conditions, aujourd'hui...
03:29Mais parce que Zucman, ce n'est pas une atteinte à la liberté.
03:32Je ne dis pas que Zucman est mieux, puisque Zucman a lancé le concours l'épine.
03:36Là, on a une réponse intermédiaire hautement technique.
03:39Et puis alors, le deuxième argument, aujourd'hui, franchement, est-ce qu'on est dans un pays où le problème,
03:44c'est l'épargne ?
03:44Non. De l'épargne, on en a partout, jusqu'en haut, dans le vaissellier.
03:48C'est l'investissement.
03:49C'est l'investissement. Donc il y a un problème d'attractivité.
03:51Oui, mais donc ça ne répond pas à ça, puisque ça va forcer à flécher.
03:53Oui, mais en quoi, en créant du mécénat, géré par l'État, forcé, avec des fléchages qui...
04:01J'attends comment à Bercy, on va piloter ces nouvelles fondations avec des calculettes des années 80.
04:07Eh bien, je me demande en quoi on résout le problème.
04:09Il n'y a pas de problème aujourd'hui.
04:11Le problème numéro un, c'est comment on déverrouille l'épargne et comment on met en place un système fiscal
04:17attrayant pour que l'investissement réussisse.
04:19L'argent est là.
04:20Oui, mais tu vois, Ludovic, c'est ça le problème. C'est qu'entre les solutions idéales et toi, tu
04:26balayes toutes les solutions intermédiaires qui seraient mieux que les solutions actuelles.
04:29Moi, je pense qu'il faut être pragmatique.
04:31Et la proposition de Philippe Aguillon, elle permet soit d'éviter les catastrophes type taxes Zuckman,
04:36elle permet d'améliorer une situation de fonds qui est qu'il n'y a pas un pays au monde.
04:41Il n'y a pas un pays au monde dans lequel il y a une aussi mauvaise allocation de l
04:46'épargne,
04:46c'est-à-dire une épargne abondante et une épargne aussi peu productive.
04:51Et puis, allons-y, fantasmons, disons-nous que, par exemple, les héritages,
04:55qui, en plus, on ne va pas aller chercher sur des sommes considérables chaque année.
05:00Et en plus, ces héritages, ça peut être la pompe qui va amorcer des fonds vers lesquels...
05:05Mais vous pourriez le faire de votre vivant, Emmanuel.
05:07Vous pouvez investir ces sommes-là de votre vivant.
05:08Vous n'avez pas besoin de le mettre dans l'héritage.
05:11Ça peut être une incitation à le faire avant aussi.
05:16Et donc, ça n'a que des avantages.
05:18Emmanuel, tu le dis toi-même, c'est une mesure pragmatique.
05:21Traduire politique, ce n'est pas une mesure économique.
05:24Non, pragmatique, c'est antipolitique.
05:25Non, non, non.
05:26Là, aujourd'hui, on est sur une mesure politique.
05:28Il s'agit d'Emine Zuckman.
05:29Sur le fond, c'est un moteur économique qui ne fonctionnera pas.
05:33J'attends de voir.
05:34Honnêtement, si on monte cette usine à gaz,
05:36c'est pire que la tuyauterie de Beaubourg.
05:37On va voir le fléchage.
05:39On mélange déjà la défense, l'intelligence artificielle, la réindustrialisation.
05:43J'attends ces fondations qui vont relancer la souveraineté européenne et française.
05:48Et sur le fait de répondre à une attente sociale, sociétale, d'apaisement,
05:52ça peut servir à ça ?
05:53Il y a des mesures symboliques qui ne servent à rien sur le plan économique,
05:56mais qui permettent de faire passer à autre chose.
05:57Arrêtons de prendre les Français.
05:59Pour des gens qui ne comprennent pas l'économie, c'est faux.
06:02Ils comprennent très bien qu'on a un problème aujourd'hui de mettre de l'huile dans le moteur,
06:06de faire que ce pays est en vie et la niaque.
06:09Là, c'est une réponse avec un logiciel qui a 30 ans de retard.
06:13Prenons les Français pour ce qu'ils sont aussi lucidement.
06:16Ce sont des gens qui sont éperdument passionnés d'égalité.
06:19Et donc là, encore une fois, apporter cette idée de prendre ses patrimoines,
06:24moi je pense que ça peut apaiser aussi cette idée.
06:27Vous dites prendre ses patrimoines quand même.
06:29Le terme en lui-même est...
06:31De taxer, d'allouer ses patrimoines différemment.
06:35Et là, l'idée, c'est que vous pouvez instaurer aussi parmi les gens qui ont,
06:40pour des raisons pas forcément toujours bonnes,
06:43des rancœurs vis-à-vis des riches, qui s'en mettent plein les poches, etc.
06:46Il y a quand même ce sentiment que l'argent des riches va servir quelque part l'intérêt général.
06:53Et ça, ça peut être aussi un message.
06:54Donc encore une fois, moi je ne dis pas que c'est la mesure du siècle,
06:56mais je dis que c'est la mesure, aujourd'hui, qui est...
06:59C'est une mesure qui est extrêmement pragmatique.
07:00Oui, apaisement social.
07:01Qui nous évite des catastrophes sur beaucoup de sujets.
07:04Oui, enfin l'apaisement social, ça va commencer par un gros acronyme.
07:07Ça va s'appeler la DGIM, la Direction Générale de l'Investissement par le Mécénat.
07:11Ça va commencer comme ça.
07:12Soyons lucides, Emmanuel.
07:13Et Ludovic, si quelques fonctionnaires, qui aujourd'hui ne servent vraiment à rien,
07:18sont utilisés demain pour cette allocation un peu plus optimale du capital.
07:23Là encore, c'est mieux que la situation d'avant.
07:26Ce n'est pas le paradis, mais c'est...
07:28C'est bien, c'est que vous avez large, quoi.
07:29Des grandes fortunes jusqu'aux fonctionnaires.
07:31Merci, ce n'est pas le paradis.
07:31Non, ce n'est pas le paradis, mais encore une fois, c'est une mission d'intérêt général.
07:33Vous êtes d'accord avec le MEDEF sur le sang et les larmes prévues pour les retraités et les fonctionnaires
07:38?
07:39Vous avez vu le plan du MEDEF ?
07:40Il y a toute une partie, justement, sur le fait qu'il ne faut arrêter les avantages des fonctionnaires.
07:43Quel est le rapport avec cette idée de Philippe Aillon ?
07:46C'est ce que vous venez de dire.
07:47Il faut que les fonctionnaires participent à l'effort public et les retraités.
07:50Je dis qu'aujourd'hui, on ne peut pas nier que quelques milliers, voire quelques dizaines de milliers de fonctionnaires
07:57ne soient pas utilisés à la hauteur de ce que leur capital humain pourrait produire.
08:02Donc, confions-leur des missions d'intérêt général, des missions qui vont avoir un impact,
08:07des missions à impact positif sur la croissance et l'investissement.
08:11Voilà, encore une fois, on évite la taxe Zuckman, on favorise la souveraineté,
08:16on apaise un petit peu la soif d'égalité des Français et on emploie un peu mieux la fonction publique.
08:21Et on a tout réglé.
08:22Mais que demander de mieux ?
08:24On va parler de Donald Trump et de Taïwan.
08:27Merci beaucoup à tous les deux d'être venus vous écharper sur le plateau de BFM Business depuis Aix-en
08:33-Provence.
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