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  • il y a 19 minutes
Ce vendredi 3 juillet, Laure Pallez, directrice associée chez Mascaret, était l'invitée dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils sont revenus sur le soutien des États-Unis à l'OTAN et sur la pression commerciale et diplomatique que subit Taïwan. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Laure Palais va nous rejoindre en plateau, directrice associée chez Mascare.
00:03Installez-vous.
00:05Laure, on a eu ces déclarations, on va parler de Taïwan parce que c'est votre spécialité dans un instant.
00:09Je sais que vous suivez le dossier de très près.
00:10Mais juste avant, ces déclarations dans la nuit de Donald Trump depuis les 250 ans des Etats-Unis,
00:16l'indépendance des Etats-Unis, il a redit hier, vous allez me dire, il le dit souvent,
00:20mais il ne comprend pas pourquoi les Etats-Unis continuent de soutenir l'OTAN.
00:24Il faut prendre ça comme du flux ou il faut se dire que c'est encore une inquiétude supérieure ?
00:30Alors on a une semaine de la rencontre à Ankara, du sommet de l'OTAN à Ankara.
00:36Et donc Donald Trump met une pression supplémentaire évidemment sur les Européens
00:39pour qu'ils prennent leur part du gâteau, comme il dit.
00:42Vous l'avez dit, on est au 250 ans effectivement de l'université des Etats-Unis d'Amérique.
00:47Et c'est aussi un message politique que chacun, chaque zone finalement géographique,
00:51et on pourra y revenir, doit prendre sa part de la sécurité nationale.
00:54Toujours cette doctrine américaine et noir sur blanc.
00:57Oui, tout à fait. Et on a une sécurité nationale et des enjeux économiques
01:01qui sont extrêmement liés, que ce soit sur le front iranien,
01:06taïwanais on va y revenir, mais également européens,
01:09puisque Donald Trump finalement recompose un petit peu le monde en zone sécuritaire, si je puis dire.
01:16Alors justement sur Taïwan, c'est quand même un dossier qu'on a très peu suivi ces derniers temps,
01:20mis de côté avec la guerre en Iran, alors que la pression n'est pas redescendue sur le dossier taïwanais.
01:26Non, elle n'est pas redescendue.
01:28Les deux présidents chinois-américains se sont rencontrés il y a un mois.
01:32L'un venait pour discuter de la réouverture du détroit d'Hormuz,
01:35et l'autre, le président chinois, pour réaffirmer que les Etats-Unis doivent rester neutres sur le dossier taïwanais.
01:43Cette semaine, c'est le 105e anniversaire du parti communiste chinois,
01:47et Xi Jinping a répété que résoudre la question de Taïwan demeure la responsabilité historique inébranlable du parti,
01:54et qu'un pays fort doit avoir une armée forte.
01:56Voilà ce qu'il a déclaré mercredi.
01:58On a vu aussi qu'il a exercé des sanctions contre des entreprises japonaises,
02:03suite aux déclarations de la présidente de la première ministre japonaise,
02:08pour lesquelles la sécurité de Taïwan relève de l'intégrité et de la sécurité nationale.
02:14En termes de tensions, on reviendra aux Américains,
02:17mais comme vous parlez du Japon, c'est vrai qu'il y avait eu ces sanctions,
02:20notamment sur des entreprises de la pêche, mais dans différents secteurs.
02:24Là, on en est où entre la Chine et le Japon ?
02:26Parce qu'il y avait clairement une montée de fièvre importante.
02:28Oui, il y a eu une mise, je crois, très récente de sanctions sur 10 entreprises japonaises,
02:35ainsi qu'une forme d'embargo sur les minerais critiques.
02:42Donc ce sont deux techniques qui sont utilisées par Pékin, comme par les Américains,
02:48pour mettre la pression sur des dossiers diplomatiques par le commerce.
02:53Qu'est-ce que vous vous dites, vous, sans...
02:55Vous n'êtes pas Madame Irma, vous n'êtes pas une boule de cristal,
02:57mais vous vous dites, c'est une question de temps,
03:00et en fait, la Chine laisse un peu les Etats-Unis le temps
03:02de se constituer une industrie de semi-conducteurs,
03:05de ne plus être totalement dépendante de Taïwan,
03:07et Taïwan finira par être chinoise.
03:09Ou vous vous dites, il y a une autre possibilité, une autre voie ?
03:13Il y a plusieurs scénarios.
03:15Il est vrai que la Chine veut aller vers une réunification,
03:18c'est le terme de Pékin.
03:20Et c'est un dossier extrêmement fédérateur pour les Chinois.
03:23Côté taïwanais, vous avez parlé de TSMC,
03:25c'est effectivement le grand champion,
03:27qui consomme 130 000 litres d'eau par jour,
03:30je voudrais quand même le rappeler,
03:31parce que c'est un enjeu environnemental majeur,
03:33et c'est aussi pour ça qu'il y a des délocalisations,
03:35ce n'est pas uniquement qu'un sujet économique.
03:38Et tout ça pour dire que Taïwan,
03:40c'est effectivement extrêmement important,
03:43et pour les Chinois, et pour nous, Européens,
03:44et que la politique d'une Chine unique promenue par les Américains
03:52et les Chinois voudraient voir la réunification.
03:56Donc c'est très clair quand même, c'est écrit sur blanc.
03:58Alors il y a plusieurs dates qui circulent,
04:01la date de 2027, on entend beaucoup quand on est en Chine.
04:05Mais en tout cas, il est vrai que c'est...
04:07Pourquoi 2027 ?
04:07Pourquoi 2027 ? C'est une bonne question.
04:10Je ne sais pas, on entend plusieurs dates en réalité,
04:12et c'est vrai que plusieurs scénarios sont à envisager.
04:18En tout cas, c'est le prochain gros dossier
04:21sur lequel on discutera beaucoup après l'Iran.
04:25Et donc il faut s'y intéresser de très près
04:27pour tout ce qu'on a dit sur les semis.
04:30Sur la dépendance aux semis conducteurs ?
04:32Il est vrai aussi, je rajouterais quand même,
04:33qu'on est sous une forme de guerre hybride.
04:36Alors on n'est pas dans une guerre militaire encore,
04:37mais en revanche, il y a vraiment des pressions de Pékin,
04:41évidemment, sur Taïwan,
04:42et également sur l'opinion taïwanaise,
04:46qui représente 23 millions d'habitants
04:47contre 1,4 milliard en Chine.
04:49Et cette population, elle est quand même soumise
04:51à une pression, on va dire, cognitive
04:53sur le fait d'être affaibli par rapport aux Américains.
05:00Et donc, quelque part...
05:01On essaie de lui vendre l'intérêt de se rapprocher clairement de la Chine.
05:04Exactement, et il est vrai que tout de même,
05:08le retrait ressenti, ou en tout cas la distance prise par Washington sur ce dossier,
05:14crée évidemment un malaise chez les Taïwanais.
05:17C'est-à-dire qu'il y a des Taïwanais qui se demandent vraiment...
05:19À quelle sauce on va être mangé ?
05:20Oui, certain, oui, forcément.
05:22On a même le Kuomintang, le parti d'opposition,
05:25qui se rend régulièrement, enfin, qui s'est rendu deux fois à Pékin,
05:28qui discute avec Xi Jinping.
05:30C'est assez inédit.
05:31Merci beaucoup d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie de Péx en Provence,
05:36leur palace directrice associée chez Mascared.
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