- il y a 2 minutes
Jeudi 2 juillet, Hedwige Chevrillon a reçu Christophe Fanichet, président directeur général de SNCF Voyageurs, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:02Bonjour Christophe Fennichet, merci d'être avec nous. Je rappelle que vous êtes directeur général de SNCF Voyageurs.
00:10Jean-Hervé Lorenzi à l'instant il disait moi j'aime la SNCF, votre président est là, Jean Castex.
00:18Moi j'ai quand même des questions, tous les français vont partir en vacances, pour ceux qui partent en vacances.
00:23Il fait chaud, il fait même de plus en plus chaud, on va connaître une deuxième phase de canicule.
00:27On sait que tout ne s'est pas bien passé, même votre président a dit il y a quelques jours,
00:33je ne peux pas garantir à 100% que tout va bien se passer.
00:36Est-ce que là, ce soir ou demain, vous pouvez quand même nous rassurer ?
00:40Alors peut-être d'abord sur la canicule de la semaine dernière, d'abord c'est une canicule exceptionnelle qu
00:45'on a vécue pour plusieurs raisons.
00:48Jamais aussi tôt dans l'année, jamais aussi chaude et puis jamais aussi longue.
00:53Mais ce que je souhaiterais dire, c'est que c'est vrai, nous avons eu quelques situations compliquées.
00:59D'ailleurs je remercie tous les voyageurs pour leur compréhension.
01:02Je remercie aussi tous les cheminots et cheminottes parce qu'elles ont été elles aussi sur le terrain.
01:07Mais je tiens à dire quand même qu'on avait préparé cet été, on a préparé des épisodes comme celui
01:14-là.
01:15On a anticipé et ça nous a permis tout simplement, par l'adaptation qui a été la nôtre, de permettre
01:21de faire circuler 9 trains sur 10 sont circulés pendant les 12 jours de très fortes canicules.
01:26Oui, circuler mais reconnaissez qu'il y en a beaucoup qui se sont arrêtés pendant très longtemps.
01:30On a vu des images partout de gens qui étaient coincés pendant des heures sans bouteille d'eau.
01:38Non, je reconnais qu'il y a eu des situations difficiles, mais il faut qu'on reconnaisse tous que ça
01:43a été une canicule exceptionnelle.
01:44Et si on sort un tout petit peu du train, si vous me l'autorisez, ça a été exceptionnel pour
01:48tout le monde.
01:49Ça a été exceptionnel dans l'école, ça a été exceptionnel dans les hôpitaux.
01:52Donc oui, ça a été exceptionnel. C'est vrai, il y a eu quelques difficultés.
01:55Oui, mais ce n'est pas rassurant pour autant. Je sais bien que tout ça, c'est la sphère étatique,
01:59parce qu'après tout, vous êtes un service public, une entreprise publique.
02:03Et que les hôpitaux, les écoles, c'est là où on voit le manque d'investissement en France, le sous
02:07-investissement. Est-ce que c'est le cas chez vous ?
02:09Moi, ce que je voudrais vous dire surtout, c'est que l'anticipation qui a été la nôtre nous a
02:13permis de tenir dans la durée.
02:14On a fait, Edmige Chevrillon, rouler 9 trains sur 10. C'est tous les jours, la semaine dernière, 5 millions
02:20de Français qui ont pu prendre le train.
02:21Oui, il y a eu des aléas. On a essayé de les gérer le mieux possible. C'est des centaines
02:25de milliers de bouteilles d'eau qui ont été distribuées.
02:28Moi, j'aimerais aussi qu'on retienne que l'entreprise a tenu dans la durée.
02:32Oui, mais on a envie de comprendre, bien sûr. Vous avez tenu, on a fini par arriver.
02:37Ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas l'anticiper. Donc ça peut recommencer la semaine
02:42prochaine. C'est ça que vous nous dites ?
02:44Non, ce que je peux vous dire, c'est que l'anticipation qui a été la nôtre a permis de
02:48faire circuler ces 9 TG sur 10.
02:50Mais surtout, c'est quoi l'étape d'après ? C'est ça qui est intéressant.
02:53Oui, c'est quoi la semaine prochaine ? Même ce week-end, on prend un grand départ des juillettistes.
02:58Ce week-end, d'abord, l'été, comment il va se passer ? D'abord, c'est un été très
03:01positif.
03:02On a préparé cet été et c'est un été qui va être meilleur que celui de l'an dernier,
03:07qui était déjà un été record.
03:09Les Français aiment le train et prennent le train.
03:11C'est déjà 12 millions de billets qui ont été achetés.
03:14Donc c'est un élément extrêmement important.
03:17Et on sera prêts pour que tous les Français puissent partir normalement en vacances dès ce vendredi et les week
03:24-ends qui suivent.
03:24Il y a combien de trains ? Vous l'avez dit ce week-end ? Il y a combien de
03:26trains ?
03:26Ce week-end, c'est plus d'1,4 millions de Français qui vont prendre le train.
03:30Oui, mais ça, les Français, oui.
03:31C'est plusieurs milliers de trains qui vont circuler.
03:34On pense au TGV, mais il faut aussi penser au TER.
03:36Les TER, c'est plus de 8 000 TER qui circulent tous les jours.
03:39Et c'est près d'un millier de TGV qui circulent tous les jours.
03:42C'est ça, la SNCF.
03:43Et puis, il y a forcément des incidents qui sont indépendamment de votre volonté.
03:48Alors, la question qu'on peut se poser, vous n'allez pas du tout aimer ma question, Christophe Vanichet.
03:53La concurrence, parce que ça y est, la concurrence, elle arrive notamment sur les grandes lignes.
03:58Notamment sur le fameux Paris-Lyon, Trelintalia, pour ne pas le citer.
04:02Est-ce que ça va vous faire, est-ce que ça va faire bouger la SNCF ?
04:05D'abord, vous avez raison, la concurrence, elle est là.
04:08Eh bien là, d'abord, elle a toujours un peu existé.
04:11Tout petit peu.
04:12Et là, c'est un tout petit peu plus.
04:15C'était d'abord la voiture qui était notre concurrent.
04:17Je rappelle qu'un voyageur sur 10 prend le train, 9 sur 10 prennent la voiture.
04:21Donc, il faut le dire.
04:22Oui, il y a un concurrent qui est aujourd'hui sur le Paris-Lyon-Mersaille.
04:25D'ailleurs, il est très présent.
04:27Et ça va vite.
04:28Aujourd'hui, la concurrence, elle est très présente.
04:30À nous, tout simplement, d'être les meilleurs.
04:33Et on est meilleur comment ?
04:34Tout simplement parce qu'au sein des SNCF Voyageurs, on a une gamme d'offres qui vous permet d'utiliser
04:40TGV Inouï, Wigo, Eurostar.
04:42À nous de proposer le plus d'offres possibles.
04:45Et surtout, je dirais très simplement, dans la concurrence, mais je ne suis pas le seul à dire ça, à
04:48nous d'être les meilleurs.
04:49Et aujourd'hui, ce que je vois, c'est que nos clients sont là de plus en plus.
04:55Et sur les cinq dernières années, sur le TGV, c'est 20% de voyageurs en plus.
05:00Est-ce qu'elle est juste, cette concurrence ?
05:02Parce qu'à un moment, vous avez dit, cette concurrence, ça fait que, du coup, on va moins s'arrêter
05:08dans les villes moyennes.
05:09Parce que c'est vrai qu'il y a une espèce de péréquation économique.
05:13Vous faites payer très cher les billets de TGV, les lignes qui fonctionnent bien.
05:17Mais ça permet justement de changer les infrastructures.
05:20Et puis aussi de faire circuler des trains qui sont moins rentables.
05:23Votre autorité de régulation, l'ART, elle a dit, non, ce n'est pas un argument.
05:27Vous, vous répondez quoi à l'ART ?
05:29Moi, ce que je reprends d'abord, c'est qu'effectivement, avec le TGV, on gagne de l'argent.
05:34Ça nous permet de faire plusieurs choses.
05:35D'abord, d'acheter des trains neufs.
05:37Vous allez voir en septembre, un nouveau TGV qui va arriver.
05:40Un TGV extraordinaire.
05:42Ça nous permet, la deuxième chose, c'est ce que vous avez dit, de pouvoir faire rouler des trains,
05:45non seulement sur des liaisons rentables, le Paris-Marseille.
05:49Mais sur ce Paris-Marseille, ça nous permet aussi de nous arrêter au Creusot, par exemple,
05:54qui est une plus petite ville et qui est pour nous pas rentable.
05:57C'est-à-dire qu'il n'y a pas assez de voyageurs pour pouvoir avoir une dessert équilibrée.
06:03Nous, ce qu'on demande, c'est d'avoir une équité de traitement.
06:06C'est-à-dire que nous ou nos concurrents aient la même façon d'être traités.
06:10Nous, aujourd'hui, et j'en suis très fier, le TGV, aujourd'hui, il fait rouler, on roule dans plus
06:16de 200 villes.
06:17Ce n'est pas le cas de mes concurrents.
06:18Moi, ce que je vois, c'est que mes concurrents, aujourd'hui, ils veulent faire du Paris-Lyon,
06:21du Paris-Lyon-Avignon-Aix-Marseille, mais il ne va pas s'arrêter dans les petites villes.
06:25Il veut rouler uniquement sur les liaisons rentables.
06:28Moi, je pense que là-dessus, cette équité doit être repensée.
06:31Et d'ailleurs, il y a un projet de loi sur ce sujet pour pouvoir retrouver cet équilibre.
06:37Sur votre application, SNCF Direct,
06:40Connect, pardon, excusez-moi, je retarde d'un métro, c'est le cas de le dire,
06:43ou d'un train, plutôt.
06:45D'un train, oui, tant qu'à faire.
06:46Est-ce qu'ils sont sur votre application ?
06:52Sur mon application, sur SNCF Connect, je vends tous les trains de SNC Voyageurs,
06:56mais je vends aussi les trains de mes concurrents.
06:59Par exemple, je vends la RATP.
07:01Par exemple, je vends Transdev.
07:02Donc, je vends tous les trains, je dirais, du service public.
07:06En revanche, le train Paris-Lyon-Marseille, ce n'est pas un train du service public,
07:10c'est un train dans lequel, je le rappelle, 100% de ce que paye le voyageur permet de payer
07:15le train.
07:15Et donc ?
07:16Et donc, je ne vends que mes trains.
07:18Donc, je ne veux pas, voilà, c'est ça.
07:19Je ne vends que mes trains.
07:20Mais je ne connais nulle part, en France ou en Europe,
07:22un concurrent à qui on obligerait de vendre son autre concurrent.
07:27Moi, je vends mes trains.
07:29On dit quand même un mot parce que c'est vrai que c'est un moment important.
07:31Il a été un peu décalé.
07:32Ça devait être le 1er juillet.
07:33Finalement, ça sera en septembre.
07:35L'arrivée du TGV Max, du TGVM, ça sera donc en septembre pour la rentrée des classes ?
07:43Pourquoi ?
07:44Le TGVM, d'abord, on l'attend tous avec impatience parce que tout simplement,
07:48ça va être l'actif stratégique pour SNC et Voyageurs.
07:51On achète un train, on en a acheté 160, 5 milliards d'euros qui ont été investis,
07:56investis grâce aux bénéfices qu'on fait sur le TGV.
07:59Ces 160 trains, ils vont commencer à être livrés et mis en circulation début septembre.
08:04Vous le verrez, c'est un actif absolument incroyable.
08:07Il va être mis sur les rails pour les 50 prochaines années.
08:10Et puis, la particularité, c'est qu'il va s'adapter à tous nos marchés.
08:13C'est-à-dire que si on décide, par exemple, de faire qu'un train de seconde
08:17avec 100 barres, plusieurs voitures de première,
08:20il va nous permettre tout simplement de nous adapter à notre marché.
08:23Et c'est très important qu'on puisse le faire
08:25puisqu'il est écrit, ce train, pour les 50 prochaines années.
08:28Et vous en avez commandé combien ? Il y en aura combien ?
08:31On en a commandé 160.
08:33Et les premiers sont livrés dès septembre.
08:35Les 6 premiers trains rentreront en circulation dès septembre.
08:38Et puis, pas à pas, on en recevra 15 par an.
08:41Je voudrais qu'on parle aussi d'intelligence artificielle
08:44parce que tout à l'heure, on parlait de progrès.
08:46En disant, Jean-Hervé Lorenzi disait,
08:48le progrès, il faut qu'on réapprenne ce que c'est que le progrès.
08:52L'intelligence artificielle, c'est quand même un sacré progrès.
08:55Certains commencent à dire, ça peut être dangereux,
08:58en tout cas sur le marché du travail, par rapport à nous, êtres humains.
09:01Mais, oui, vous venez de signer un accord avec le CEA.
09:07Un accord très important pour le ferroviaire de demain.
09:12Est-ce que vous pouvez nous expliquer, justement,
09:13un, qu'est-ce que l'intelligence artificielle va changer pour la SNCF ?
09:17Et en quoi consiste cet accord ?
09:19Alors, cet accord, c'est, si j'étais coquin,
09:22c'est un de nos slogans de la SNCF d'il y a une vingtaine d'années.
09:25C'est pour avoir toujours un train d'avance.
09:27Cet accord, c'est d'écrire notre avenir.
09:30C'est un accord d'innovation.
09:31Et puisque vous me parlez d'innovation et d'intelligence artificielle,
09:35aujourd'hui, une entreprise comme la mienne,
09:37dont l'objet est d'être le leader de la mobilité,
09:39leader du train,
09:40on ne peut pas être le leader de la mobilité
09:42sans être un leader de la tech.
09:43Et l'intelligence artificielle est dans l'ADN de l'entreprise.
09:46Je vais vous donner un exemple très concret.
09:48L'intelligence artificielle, pour nous,
09:50c'est, par exemple, passer de la maintenance préventive,
09:53c'est-à-dire au kilométrage,
09:54à la maintenance prédictive,
09:56c'est-à-dire être capable,
09:57avec tous les capteurs qui sont nôtres,
09:59toutes les données qu'on reçoit en temps réel d'un train qui circule,
10:02de pouvoir prévoir la maintenance.
10:04Exemple très concret, une climatisation,
10:06je pense que c'est le moment d'en parler,
10:08qui commence à souffrir.
10:09On détecte avant qu'elle tombe en panne,
10:11et ça nous permet, lorsqu'elle revient au garage,
10:14de pouvoir la réparer.
10:15L'objectif, il est assez simple avec ce type de contrat,
10:17avec le CEA,
10:17c'est-à-dire que dans les dix prochaines années,
10:20nous n'ayons aucune panne,
10:22zéro, zéro panne, d'un train en ligne,
10:24parce que nous n'aurions pas bien maintenu ce train.
10:27Ça, c'est un point important.
10:28Merci beaucoup, Christophe Vanichet,
10:30et merci beaucoup,
10:31parce qu'on sait que vous êtes très occupé,
10:33très sollicité pendant ce week-end,
10:35c'est un week-end important,
10:36avec ces transhumances des Français.
10:38Merci d'avoir été avec nous.
10:39Je rappelle que vous êtes directeur général de SNCF Voyageurs.
10:43Merci.
10:43Merci.
Commentaires