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  • il y a 5 heures
Bullshitomètre : "Les tensions sur Ormuz sont terminées".

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Transcription
00:00Et chaque jour, 16h50, il est 16h50, un expert de marché nous rejoint pour déconstruire les idées reçues, c'est
00:04Thibaut Prébé aujourd'hui qui nous accompagne.
00:07Thibaut Prébé est le président de ECAT et auteur de ce livre « Démographie la bombe tranquille ». Bienvenue Thibaut.
00:13Bonsoir.
00:13Avis de vous retrouver.
00:15Les cours du pétrole ont bien baissé. On a un baril de Bren sous les 72 dollars d'ailleurs aujourd
00:19'hui.
00:19La crise d'Ormouz est terminée pour les marchés. Alors certains ne le pensent pas, vous vous dites bullshit.
00:26Vous foudroyez Thibaut cette idée que la crise d'Ormouz est passée. Ceci dit ce Détroit n'a plus l
00:29'air d'être un sujet, c'est vrai, pour le marché.
00:31Non, ce n'est plus un sujet, on va dire, géopolitique. Et je me suis dit avec ce bullshitomètre que
00:35vous devez vous ennuyer, ça fait au moins deux jours que vous n'en avez pas parlé.
00:37Donc je me suis dit, il est temps de rappeler que les conséquences économiques vont être majeures et que c
00:42'est un sujet qui n'a pas fini d'animer l'actualité, même si effectivement on est un peu moins
00:45dans le drame et l'urgence.
00:47Alors il y a les conséquences économiques mais il y a aussi les conséquences politiques de ce qui s'est
00:52passé.
00:53C'est vraiment, pour le coup, un sujet pour les marchés.
00:56Oui, c'est énorme parce qu'en fait, la politique géopolitique, déjà, il y a plusieurs choses intéressantes.
00:59La première, c'est qu'on était passé un moment sur l'idée que les Américains pouvaient intervenir où ils
01:02voulaient, ils escamotaient un président, hop, là il y a quand même un coup d'arrêt énorme.
01:07Donc la puissance géopolitique américaine, elle vient de prendre une claque qui est colossale, ce qui change un peu le
01:10rapport de force.
01:11Et là où il y a un changement de rapport de force qui est colossal, c'est pour Israël.
01:13C'est-à-dire qu'Israël est en train, d'un côté, de se fâcher avec son plus gros allié
01:17qui étaient les Américains, de pour le coup avoir fâché les trois quarts de l'Europe.
01:20Donc on a un changement de rapport de force dans le soutien à Israël qui est énorme.
01:23Dans le même temps, on va avoir des pays du Golfe qui, eux, n'ont pas tellement envie d'être
01:27embarqués là-dedans et qui sont plutôt dans la temporisation.
01:29Et un Iran où on ne sait pas très bien si d'un côté, objectivement, ils sont plutôt gagnants du
01:33conflit.
01:34Et de l'autre côté, l'idée que tous leurs dirigeants puissent se faire squeezer en quelques minutes n'est
01:37pas non plus forcément très rassurant pour ce en cours.
01:39Donc la bascule géopolitique est très différente après cette crise, un peu comme la bascule économique où on va avoir
01:46quand même quelques souffrances de cette consommation qui a été très affectée par la hausse du prix du pétrole.
01:51Donc je pense quand même qu'on sort de là d'une situation très différente, mais plutôt moins bonne que
01:55la précédente.
01:56Oui, mais est-ce qu'on ne peut pas se dire que finalement, avec cette fermeture du détroit d'Hormuz,
01:59on a pu faire un vrai stress-stress, on a presque envie de dire un crash test.
02:04On se disait avant la fermeture de ce détroit, si un jour ce détroit ferme, qu'il y a des
02:07difficultés, qu'on entend parler de mille dans le détroit, l'économie mondiale va s'effondrer.
02:11Là, on a fait le stress-test et elle ne s'est pas effondrée. Donc de ce point de vue,
02:14on se dit qu'on en sort relativement bien.
02:16Mais en fait, elle ne s'est pas effondrée. La réalité, c'est que l'économie mondiale ne peut pas
02:19s'effondrer sur un truc, puis ça n'a pas été finalement...
02:21On ne disait pas ça avant.
02:22Mais la réalité quand même, c'est que les chiffres éco du premier trimestre sont dégueulasses, quasiment partout.
02:27Je vous rappelle qu'en France, on est quand même tranquillement en croissance négative, ce qui n'est quand même
02:30pas un truc qui nous arrive tous les deux jours,
02:31même si par rapport au potentiel, ce n'est pas énorme, mais par rapport au déficit qu'on a arrivé
02:35en croissance négative, ce n'est quand même pas flamboyant,
02:37qu'aux Etats-Unis, les chiffres étaient quand même très très médiocres, et que les chocs économiques, on a toujours
02:43cette idée, un peu comme les hausses d'autos,
02:44que ça va durer deux semaines, mais ça met du temps à se répercuter, comme les droits de douane à
02:47l'époque, etc.
02:48Donc moi, je pense qu'on va traîner une économie assez moribonde pour le reste de l'année.
02:52Donc je pense que c'est quand même un truc qui est un peu sous-estimé dans la réémanence de
02:56ce choc et de l'impact sur les consommateurs.
02:58Oui, je ne sais pas, l'inflation recule déjà très nettement au mois de juin en zone euro.
03:01Quels dégâts voyez-vous durer encore des mois et des mois, même si ce des trois finissaient par vraiment rouvrir
03:06?
03:06Mais moi, j'avais toujours été dans la logique qu'on a plus de risques déflationnistes qu'inflationnistes.
03:09Vous savez, le marché, c'est toujours des sinusoïdes.
03:10Plus vous appuyez dans un sens, plus les rebonds sont forts.
03:13En réalité, quand vous avez ce choc de consommation, où globalement tout le monde a dû mettre son budget sur
03:18le pétrole et moins sur le reste,
03:20le risque derrière, c'est que comme la consommation va baisser, au moment où tout le monde peut reproduire du
03:24pétrole en revente,
03:25on a le risque plutôt d'aller dans l'excès inverse.
03:27Et sur le pétrole, c'est ce qu'on a toujours fait.
03:28On a quasiment toujours eu des chocs haussiers et baissiers, suivi de l'inverse.
03:31Parce qu'en fait, comme c'est quelque chose de très élastique, qui ne se stocke pas très bien,
03:34parce que le pétrole, il faut être très clair, c'est facile à stocker d'un point de vue technique,
03:37mais comme c'est volumineux, ça coûte cher à stocker par rapport à ce que ça vaut.
03:40Et donc, dans la réalité, c'est qu'on est souvent dans des montagnes russes sur le pétrole.
03:43Je pense qu'on a aujourd'hui plus de risques sur l'économie, qui seraient faibles,
03:47et donc qui seraient plutôt déflationnistes et baissiers sur le pétrole, que l'inverse.
03:51Ça reste néanmoins une situation à gérer qui est préoccupante.
03:54Bon, Thibaut, à quelque chose, malheureusement, c'est comme quand Donald Trump menace de retirer les troupes américaines de l
04:01'OTAN,
04:01ou de quitter l'OTAN, etc.
04:02Ça nous met un coup de pied aux fesses, et on réfléchit enfin à une défense intégrée à l'échelon
04:07européen.
04:08Là, cette crise du détroit d'Hormuz, elle aura peut-être eu le mérite de nous faire dire,
04:12non seulement on va aller peut-être explorer d'autres zones pétrolifères,
04:17et puis se mettre un bon coup de pied aux fesses aussi pour les énergies renouvelables.
04:21Oui, c'est sûr que de toute façon, il y a une réaction,
04:23et l'Europe est plutôt un truc qui avance au gré de ces crises,
04:25puisqu'on le voit même sur la défense de l'Ukraine, où on a pris de relais des Américains.
04:28On a des changements, en fait, qui sont aussi techniques, qui vont changer les choses.
04:32C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit que maintenant, les guerres se règlent aux drones.
04:35Et qu'en fait, on a vu ce parcours de Red Metal qui était monstrueux,
04:39puis maintenant, on se demande s'ils mettent des millions dans un tank,
04:40c'est pas un peu à la ramasse, si c'est à coup de drones de 10 000 balles qu
04:44'on veut faire.
04:44Et puis, ce qu'on voit aussi dans ces deux conflits en cours,
04:47qui vont plutôt dans le sens du plus faible,
04:49c'est qu'en réalité, quand les moyens de défense sont très peu chers,
04:53ça devient de plus en plus difficile, quelque part, d'être l'assaillant.
04:56Et donc ça, c'est aussi un rapport de force dans la dissuasion qui change
04:58de manière extrêmement intéressante.
05:00Et donc, c'est vrai qu'avec en plus cette démographie qui baisse,
05:02on voit qu'en fait, on a complètement refermé l'ère de l'infanterie.
05:05Plus personne n'a envie, avec un gamin, d'aller le perdre sur un champ d'opération.
05:09Et en revanche, on est dans l'ère du drone.
05:10Et donc, c'est vrai que je pense qu'il se passe des changements assez structurels.
05:14Et dans ce cadre-là, l'Europe, qui avait plein de retards sur plein de sujets,
05:17ne se trouve pas si mal letty dans ce domaine-là.
05:19Donc, c'est quelque chose qui, à mon avis, me paraît intéressant pour la construction européenne.
05:22Bon, alors, c'est très intéressant ce que vous nous dites.
05:24Et ça veut dire qu'il y a aussi des leçons positives à tirer de ce qui vient de se
05:26passer.
05:27Là, vous venez d'en tirer une.
05:28Toujours.
05:28Moi, il y a toujours des leçons positives.
05:30Ça, l'économie, vous savez, ce qu'on appelle les boucles de retour.
05:31Il y a toujours du positif et du négatif.
05:33Ce qu'il faut, c'est bien le voir.
05:35Il y a peut-être une autre leçon positive à tirer de la fermeture du drone en mousse.
05:38C'est que, même s'il rouvrait, on imagine que beaucoup d'acteurs
05:41vont vouloir quand même diversifier beaucoup plus qu'avant
05:43leurs sources d'approvisionnement énergétique,
05:45moins dépendent du golfe et du pétrole.
05:52On peut bien dépendre de la production de cette région du Moyen-Orient.
05:55Ça, c'est positif aussi.
05:56Enfin, on peut l'imaginer.
05:57Si ça a lieu, ce sera positif.
05:59C'est positif, mais en train de parler de stratégie.
06:01Or, on sait que quand un événement conjoncturel s'arrête,
06:03et j'ai peur qu'on ait un peu la même chose sur l'aspect climatique,
06:06on oublie quand même souvent trois jours après l'aspect stratégique
06:09pour revenir sur ce qui est le plus rentable.
06:10Donc, je pense que techniquement, vous avez raison.
06:12De là à dire qu'on pourra faire autrement,
06:14puis il ne faut pas se mentir, le gros du sujet de la dépendance,
06:16c'est une dépendance asiatique,
06:17qui n'a pas des tonnes de tonnes d'autres possibilités.
06:20Donc, en réalité, on est sur un monde qui s'est régionalisé sur le pétrole.
06:24Et s'il a tenu bon dans cette crise,
06:25c'est justement parce que beaucoup de zones étaient capables de faire sans.
06:28Est-ce qu'on ira beaucoup plus loin ?
06:29Stratégiquement, c'est souhaitable.
06:30Je ne suis pas sûr que ce soit crédible.
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