- il y a 7 semaines
Ce mardi 30 juin, Frédéric Simottel a reçu Gérôme Billois, associé en cybersécurité et confiance numérique au sein du cabinet Wavestone, Éric Haddad, président exécutif de Numspot, Vincent Champain, président de l’Observatoire du Long Terme, patron du digital chez Framatome, Emmanuel Vignon, vice-président engineering head of AI chez Generix, et Érik Campanini, associé chez Alixio Group, dans l'émission Tech&Co Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le samedi et réécoutez la en podcast.
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00:05BFM Business présente Tech & Co Business, le magazine de l'accélération digitale, Frédéric Simotel.
00:14Bonjour et bienvenue dans l'émission Tech & Co Business sur BFM Business.
00:17Bienvenue à tous ceux qui nous écoutent aussi en podcast ou en replay sur nos plateformes.
00:22Au sommaire aujourd'hui, on va démarrer par la cybersécurité avec ce radar 2026,
00:26la 8e édition sortie par Wavestone, 230 startups qui sont passées au crible,
00:32dont une centaine de nouvelles startups dans la cybersécurité et l'intelligence artificielle.
00:37On va décrypter tout cela avec Jérôme Bilois dans un instant.
00:40On enchaînera avec Eric Haddad, c'est le président de NumSpot.
00:42NumSpot, c'est notre cloud souverain.
00:44Mais est-ce qu'il faut parler encore de cloud souverain, de plateforme IA souveraine ?
00:47Il va nous expliquer tout ça.
00:49Et puis deuxième partie de l'émission, on débattra de toute l'actualité autour de l'IA,
00:52ces IA bloqués aux Européens, enfin tous ceux qui ne sont pas américains,
00:56des mythos, des chats de GPT.
00:57L'administration américaine, l'administration Trump est très active dans ce domaine.
01:02On va débattre de tout ça.
01:03On reviendra aussi sur les problèmes de compétence aussi autour de l'IA avec nos experts.
01:07Ce sera dans la deuxième partie.
01:08Allez, Tech & Co-Business sur BFM Business, c'est parti !
01:12Tech & Co-Business, l'invité.
01:17Allez, notre invité, on va parler cybersécurité, startup, IA, avec Jérôme Bilois.
01:21Bonjour Jérôme.
01:22Bonjour.
01:23Merci d'être avec nous, spécialiste associé en cybersécurité au sein du cabinet Wavestom.
01:28On va parler d'un radar des startups, c'est la huitième édition,
01:32environ un peu plus de 200 startups qui sont évaluées.
01:35On va parler beaucoup de tout ça.
01:39Mais ma première question, on n'a jamais eu autant de startups en France.
01:42On a toujours un volume qui augmente,
01:46mais on a toujours ce souci pour passer dans ce qu'on appelle les scale-ups.
01:51Oui, c'est le financement qui manque toujours, c'est l'expérience.
01:53C'est l'enseignement de cette année.
01:55D'un côté, on a effectivement une très très forte croissance,
01:57je pense qu'on y reviendra, qui est aussi boostée par l'intelligence artificielle, évidemment.
02:00Mais c'est vrai que l'écosystème peut avoir tendance à plafonner,
02:03c'est-à-dire que ça fourmille de petites startups.
02:04Et puis quand on regarde ce qui se passe à l'échelon supérieur,
02:06c'est-à-dire les scale-ups,
02:08les sociétés qui ont levé plus de 10 millions d'euros
02:10ou celles qui font plus de 25% de croissance par an pendant au moins trois ans,
02:13et bien là, le nombre cette année décroît.
02:15Il y a comme un plafond de verre
02:17qui est dû à plusieurs causes qu'on analyse dans l'étude.
02:21D'abord, effectivement, des difficultés de financement européens.
02:24C'est-à-dire qu'on voit que ceux qui arrivent à lever des fonds suffisants
02:27pour passer cette étape cruciale,
02:30ça se passe souvent en Israël, ça se passe souvent aux États-Unis,
02:32mais justement avec des fonds américains.
02:34Quand on va chercher les 70 millions, les 100 millions.
02:38Ou alors quand ça se passe en Europe,
02:39c'est avec des investisseurs américains souvent ?
02:42Voilà, même s'il y a quand même des nouvelles intéressantes qui arrivent
02:46avec le fonds de fonds qui est en train d'être créé à l'échelle européenne.
02:48La Banque Européenne d'Investissement,
02:50ça a été annoncé la semaine dernière, se mobilise aussi.
02:53Et sous l'égide et les travaux d'EXO,
02:55l'Association Européenne de Cybersécurité,
02:58on essaye vraiment de déverrouiller
02:59pour qu'il y ait des institutions, des institutionnels,
03:03comme la BEI qui suivent,
03:04et que du privé puisse derrière abonder aussi
03:07pour essayer de casser ces plafonds de verre.
03:10Donc, investissement.
03:11Voilà, première raison, les difficultés d'investissement.
03:14Et puis, deuxième, c'est quand même les clients.
03:16C'est-à-dire qu'en fait, on voit que ces structures,
03:18à un moment, elles ont un bon premier produit.
03:20Ils trouvent un marché parce qu'ils ont réussi à devenir scale-up.
03:23Mais après, les clients sont plus exigeants.
03:25Les clients veulent plus large, veulent plus international.
03:28Et souvent, la startup, initialement, elle était sur son segment très précis.
03:32Elle a une crise de croissance, à la fois dans son fonctionnement interne,
03:35mais aussi dans l'adéquation finalement de son produit,
03:37qu'il faut qu'elle réinvente d'une certaine manière,
03:40qu'elle élargisse.
03:41Et parfois, c'est difficile.
03:43Et s'intégrer à des plus grosses plateformes,
03:45enfin voilà, parce qu'on sait qu'il y a des acteurs mondiaux
03:47qui peuvent intégrer différentes plateformes,
03:50ça peut être un moyen d'être distribué par un Palo Alto ?
03:54En tout cas, c'est une demande des clients aujourd'hui.
03:56Parce que si on regarde les grands responsables de cybersécurité,
03:59aujourd'hui, ils ont un objectif, c'est réduire le nombre de produits.
04:01Et justement, pour aller vers des plateformes
04:03qui intègrent de multiples fonctionnalités.
04:05Et la difficulté, c'est qu'aujourd'hui,
04:07les grandes plateformes de cyber, elles sont américaines.
04:10On va parler de Microsoft, de Palo Alto, de Zscaler, etc.
04:14Et donc, ça voudrait dire qu'il faut qu'ils vendent leur startup.
04:17Comme c'est déjà arrivé, on sait que ça voudrait dire aussi
04:20une part de départ de toute cette innovation.
04:23Donc la clé, c'est certainement d'arriver à avoir des plateformes européennes.
04:27Et c'est ce qu'on a pu observer cette année,
04:28c'est qu'on a des frémissements de rachats entre startups.
04:31L'année dernière, il y avait eu huit rachats.
04:33Cette année, il y en a eu huit à nouveau.
04:35Alors que les années d'avant, on ne le voyait pas.
04:37Pour que nos petites startups, nos PME de la cyber,
04:40commencent à devenir des ETI, commencent à avoir des plateformes.
04:42C'est vraiment ce qu'on appelle de nouveau.
04:44Et alors, on sent aussi que l'IA prend une place de plus en plus importante.
04:51Alors, dans le domaine IA global, on parle,
04:53est-ce qu'on est dans une bulle ou pas ?
04:54Mais là, est-ce qu'il y aurait une bulle dans la cybersécurité française aussi ?
04:57En tout cas, il y a une sacrée croissance de la création de startups grâce à l'IA.
05:01On a doublé le nombre de nouvelles startups.
05:03Entre, si on regardait 2025, on regarde 2026.
05:07L'analyse...
05:08C'est 105 pour être précis.
05:10Voilà, 105 nouvelles.
05:11D'habitude, on est autour de 45.
05:13Nous, ce qu'on fait pour créer ce radar, c'est qu'on source toutes les startups,
05:15mais après, on échange avec elles.
05:17On fait des entretiens avec elles pour vraiment comprendre ce qu'elles ont dans le ventre,
05:21comment ça marche, etc.
05:22Et puis, 105, la diversité, c'est dingue.
05:24Pour trouver celui qui va se débarquer par rapport à un autre,
05:27alors la différence doit être assez tenue parfois.
05:29La différence, elle est ténue parce qu'il y a un peu un embouteillage sur le segment qu'on appelle
05:33de la gouvernance, des risques, de la conformité, donc une plateforme qui permet de suivre tout ça.
05:37Un peu un embouteillage aussi sur la gestion des vulnérabilités, l'automatisation des tests de sécurité.
05:44Et le problème, c'est que cet embouteillage, quelque part, il y a deux fois plus de startups,
05:47mais il n'y a pas deux fois plus de clients.
05:49Quand on analyse les budgets cyber, ils ont eu une croissance l'année dernière de plus 1,3.
05:54Donc, effectivement, ce qu'on voit, c'est qu'il y a eu une accélération
05:58parce que beaucoup de startupers ont utilisé l'IA pour sortir leurs produits plus vite.
06:02Et on voit vraiment cette accélération dans l'arrivée des structures.
06:06Par contre, il n'y a pas la même accélération chez les clients.
06:08Donc, on a un risque quand même d'avoir plus de casse dans les années qui viennent.
06:13Est-ce qu'il y a un message qui perturbe un peu tout ça sur le marché de l'IA
06:16?
06:16On est en ce moment en pleine dans l'actualité avec chez GPT 5.4, avec Mythos surtout.
06:22Est-ce que ça, ça ne perturbe pas un peu le message donné de la cyber qui devient,
06:27enfin, des applications qui deviennent encore plus vulnérables avec ces IA ?
06:31Alors, ça bouillonne dans tous les sens.
06:33Il y a plein d'axes qui se collisionnent.
06:34Il y a un axe, l'arrivée de ces nouveaux modèles qui, finalement, ont des puissances,
06:39une puissance en cybersécurité énorme, fait craindre de très nombreux risques.
06:42Et on voit une accélération des discussions avec les bords dans les entreprises aujourd'hui.
06:46voire des nouveaux investissements pour que la cybersécurité des entreprises
06:50passe à la vitesse, finalement, des attaques de l'IA.
06:53Et en même temps, on voit que ces plateformes, elles deviennent des produits de sécurité.
06:58Et en fait, un Mythos, un GPT 5.5 cyber, voire le 5.6 qui est bloqué là,
07:02ça peut devenir des produits de sécurité.
07:04Et donc, manger le marché des startups.
07:06Et aujourd'hui, les investisseurs, on le voit,
07:08il y a une légère décroissance des investissements qui n'est pas grave.
07:12Ils ne voient pas la sortie.
07:13Surtout, ils ont peur que leurs startups se fassent manger,
07:18en fait, que les fonctionnalités se fassent avaler par ces grandes plateformes d'IA
07:21et que, ben voilà, un Cloud, un Mythos, un ChatGPT soient les futurs produits de cyber.
07:27Et si on reste dans cette course à l'armement,
07:31on dit toujours que les pirates ont une longueur d'avance.
07:34En IA, c'est pareil ?
07:35Les cybercriminels et les cyberattaquants sont très, très forts sur la transformation numérique.
07:39Et on le voit clairement qu'aujourd'hui, ils ont su utiliser ces outils
07:42pour accélérer la création des outils d'attaque.
07:45Les faux emails, des nouveaux codes d'exploitation, etc.
07:48Ce qu'on n'a pas encore trop vu aujourd'hui,
07:50c'est des attaques complètement automatisées avec succès.
07:54Mais par contre, on n'en est pas loin
07:55parce qu'on voit que les moteurs d'intelligence artificielle le permettent.
07:59Nous, on commence dans nos missions éthiques,
08:01où les clients nous demandent de vérifier la cybersécurité,
08:04justement d'épauler nos pen testers
08:06avec des modèles d'intelligence artificielle.
08:08Et ça va beaucoup plus vite.
08:10Et est-ce que ça veut dire...
08:11Parce qu'on en arrive justement à...
08:12Quand on parle autonomisation, on parle des agents IA.
08:15Est-ce que ça, c'est la prochaine étape ?
08:19C'est la sécurisation des agents IA ?
08:21En leur donnant une identité numérique ?
08:23Alors clairement, aujourd'hui,
08:24toutes les applications numériques des entreprises s'agentifient, entre guillemets.
08:29Donc, il y a des agents autonomes qui vont être dans les applications,
08:31qui vont prendre des données, les copier, etc.
08:33Ça pose beaucoup de questions sur où sont exécutés les agents ?
08:37Quels accès ils ont ?
08:38Est-ce qu'on peut les détourner en leur envoyant des promptes malveillants ?
08:41Et ça génère aussi, et on le voit bien dans le radar cette année,
08:44toute une nouvelle catégorie de produits de sécurisation de l'IA.
08:48Et où on va aussi justement utiliser l'IA.
08:50Il y a l'IA qui attaque l'IA et l'IA qui sécurise l'IA.
08:54J'ai vu qu'il y avait des outils de conformité
08:56qui vont regarder la conformité des LLM.
08:59Il y a des outils anti-shadow IA qui vont aller parcourir le site d'information
09:03pour voir si tout est autorisé.
09:04C'est là-dessus qu'on voit ?
09:05Voilà, et les deux grandes familles qui ressortent,
09:07c'est ce qu'on appelle les guardrails.
09:08Alors, c'est un nouveau mot à la mode,
09:10comme il y en a beaucoup dans le domaine de l'IA,
09:12mais on connaît tous les anciens pare-feu,
09:14qui regardaient ce qui passe et qui bloquent.
09:16Finalement, il y a un problème.
09:17Les guardrails, c'est pareil, ça regarde les promptes.
09:19En entrée, ça regarde les sorties
09:21et c'est capable de bloquer si on détecte une attaque
09:23ou des données qui ne devraient pas sortir.
09:26Ça, c'est un premier usage.
09:27Et puis, on voit aussi de plus en plus de produits
09:28sur justement la gestion de l'identité des agents
09:31pour pouvoir tracer ce qu'ils font
09:33et vérifier s'ils ont bien accès.
09:36La France, on a toujours été bon dans la cybersécurité,
09:38que ce soit des grands groupes ou des plus petites,
09:41ou des PME ou des startups.
09:43Est-ce qu'on peut justement,
09:45enfin, on voit émerger dans ce radar avec Waystone,
09:47vous voyez un petit peu quelques champions futurs
09:50qui pourraient émerger de cette sélection
09:53des 230 startups cybers ?
09:55Oui, alors on a vraiment analysé tout le marché
09:58avec BPI France,
09:59avec qui on travaille vraiment en commun
10:01justement pour identifier toutes ces tendances.
10:03C'est une analyse qui se veut justement exhaustive.
10:06On regarde tout le marché,
10:07il y a des critères très précis,
10:08on met les startups dedans.
10:09Par contre, oui, il y a des champions
10:10qui sont clairement en train d'arriver.
10:12Je pense justement sur le sujet de l'IA
10:14et des guardrails IA.
10:15Il y a des sujets autour de la résilience,
10:17parce qu'on voit aujourd'hui
10:19qu'il y a forcément un besoin
10:21de pouvoir reconstruire rapidement les SI
10:24si jamais ils sont attaqués,
10:25parce qu'on essaie de les défendre au mieux,
10:27mais l'attaque peut quand même passer.
10:28Et donc, on a identifié des startups
10:29qui sont particulièrement pertinentes
10:31dans ce domaine-là.
10:32Vous les retrouverez dans l'étude,
10:33on a mis les 3-4 logos à chaque fois
10:35des solutions.
10:36Et tu l'as retrouvé aussi de Waystone.
10:38Une dernière question.
10:39Est-ce que, justement,
10:41dans le contexte actuel,
10:42il faut dire au grand groupe
10:43d'acheter français ?
10:44Est-ce que ça, c'est...
10:46On entend beaucoup parler
10:47de cette idée de souveraineté.
10:49Est-ce que ça, c'est un...
10:50Je suis un grand groupe.
10:51Est-ce que je dois me lancer
10:53un peu par soutien à cette industrie-là
10:55et puis aussi parce que je veux
10:56des solutions souveraines
10:57par rapport à l'univers
10:58dans lequel j'évolue ?
10:58Alors, pour un grand groupe,
10:59ce qu'il faut, c'est déjà
11:00qu'il regarde où est-ce qu'il réalise
11:02son chiffre d'affaires.
11:03Parce que si on choisit, finalement,
11:05de dire, je veux être souverain français,
11:08mais en même temps,
11:08on fait 50% de son chiffre d'affaires
11:09aux États-Unis,
11:10on doit être aussi souverain américain.
11:11Et puis, on en fait 30% en Asie.
11:13Il faut que je sois aussi
11:14souverain chinois.
11:15En fait, cette notion de souveraineté,
11:16elle n'a pas vraiment de sens
11:18dans les grands groupes internationaux.
11:19Ce qu'il faut regarder,
11:20c'est sa dépendance numérique.
11:22De qui je suis dépendant
11:23quand je génère mon chiffre d'affaires ?
11:25Et justement, on ouvre la boîte,
11:27on regarde et on dit,
11:28ah oui, j'ai ce niveau de dépendance
11:29à ces acteurs-là.
11:30Et donc, s'ils appuient sur le bouton stop,
11:32ça s'arrête.
11:33Et c'est là où, justement,
11:34on va se dire, OK,
11:35de qui je veux être dépendant
11:37et dans quelle zone ?
11:38Et en fait, c'est une analyse plus fine
11:40qui nécessite de regarder
11:41comment fonctionne l'entreprise,
11:42comment fonctionne sa technologie
11:44et de faire des choix,
11:45des choix éclairés
11:46à l'échelle du comité de direction
11:48pour être résilients dans la durée.
11:51Eh bien, merci d'être venu nous parler de tout ça.
11:53Jérôme Bilois,
11:54associant cybersécurité et confiance
11:55chez WaveStone,
11:56justement pour retrouver ce radar
11:58des startups 2026
12:00dans la cyber
12:00avec une centaine de startups
12:03dans l'IA.
12:04Voilà, c'est assez intéressant
12:05d'aller chercher un peu
12:05parce que c'est vraiment
12:07bien catégorisé tout ça
12:08sur le site de WaveStone.
12:09Merci d'être venu parler de tout ça.
12:11On marque une courte pause
12:11et on va embrayer.
12:13Tiens, avec la souveraineté,
12:14avec un de nos acteurs souverains,
12:15il s'appelle NumSpot.
12:16Ils ont fait pas mal d'annonces
12:17pendant la revue à Tech.
12:17On va le rencontrer tout de suite.
12:20Tech & Co-Business,
12:22l'invité.
12:24Notre invité,
12:25Éric Haddad,
12:26président exécutif de NumSpot.
12:27Bonjour, Éric.
12:28Bonjour.
12:28Merci d'être avec nous.
12:29On rappelle un mot sur NumSpot.
12:31C'est dans le groupe La Poste,
12:34Claude Souverain,
12:34mais il n'y a pas que La Poste.
12:35Il y a Bouygues Télécom.
12:37La Poste est soutenue
12:39par quatre actionnaires
12:40d'Oka Poste,
12:41La Poste,
12:42d'Asso Système,
12:43la Caisse des dépôts,
12:44Banque des territoires,
12:45et enfin Bouygues Télécom.
12:46Voilà,
12:46et donc une offre
12:47de Claude Souverain.
12:47Ma première question,
12:48on était à Vivatech
12:49il y a quelques jours,
12:51alors qu'un Vivatech
12:52qui arrivait juste après
12:54l'annonce du gouverneur
12:56américain autour de Mythos
12:56qui a dit
12:58cette IA est trop puissante,
12:59on ne va pas la donner
13:00à tout le monde
13:00et surtout pas aux non-américains.
13:02Il y a eu un effet
13:03électrochoc.
13:04Donc du coup,
13:05quand on parlait
13:05de ce sujet-là
13:06dans les allées de Vivatech,
13:08on sentait que ce terme
13:09souveraineté,
13:10avec tout ce qu'on met derrière,
13:11indépendance technologique,
13:12économique,
13:12tout ce qu'on veut,
13:13mais c'était en train
13:14vraiment de monter
13:15et c'est vrai que
13:16ce terme-là monte
13:17depuis 18 mois à peu près.
13:20Est-ce qu'on le sent
13:20chez Nune Pseud ?
13:21Est-ce que les clients
13:22aujourd'hui se rapprochent
13:23et disent finalement,
13:24on va quand même regarder
13:25les offres,
13:25on va arrêter d'aller voir
13:26les AWS et tout ça en direct
13:27et prendre Nune Pseud
13:28à la limite
13:30comme une autre voie possible
13:32et se dire,
13:33tiens,
13:33ça pourrait être
13:33notre prestataire principal.
13:36Oui, définitivement.
13:38Je pense que
13:38le qu'il suit,
13:39ce dont on racontait
13:41la légende
13:43pendant un certain temps,
13:44est arrivé.
13:45Oui, ça fait longtemps
13:45qu'on disait,
13:46il y a un jour
13:47et tout le monde dit
13:47mais non,
13:47ça n'est rien.
13:48Il est arrivé ce qu'il suit.
13:49Il est arrivé.
13:49Il est arrivé
13:50et en plus,
13:51il faut reconnaître une chose,
13:53c'est que pendant très longtemps
13:54la souveraineté,
13:55c'était assez inaudible
13:57face à la porte de cache
13:59extraordinaire
14:00des hyperscalers américains.
14:01Oui, puis même pour les DSI,
14:03il y avait une certaine facilité
14:04en disant,
14:04je choisis là,
14:05comme à l'époque Microsoft,
14:07ça marche
14:07et on ne viendra pas
14:08me le reprocher.
14:09Mais maintenant,
14:09il y a quand même un sujet
14:10et le sujet,
14:11c'est que le kit switch existe,
14:13ce qu'on a toujours considéré
14:15comme une vertu,
14:16c'est vrai,
14:16le SaaS,
14:17tout ce qui est as-to-service,
14:18c'est vertueux
14:19parce que c'est élastique,
14:20on peut l'utiliser,
14:21on peut le consommer,
14:22on ouvre le robinet,
14:23ça coule
14:24avec la technologie.
14:25Par contre,
14:26on peut aussi fermer le robinet,
14:27c'est ça qui est nouveau.
14:28Tout ce qui est technologie
14:28as-to-service
14:29devient aussi,
14:31si c'est derrière
14:32une plateforme américaine,
14:33devient aussi un risque,
14:34un risque qu'il faut mesurer.
14:36C'est pour ça que,
14:37je pense que le propos
14:38de NuneSpot,
14:39de pouvoir apporter
14:40un IA de confiance
14:42qualifié,
14:43c'est qu'une cloud,
14:44qualifiable,
14:44c'est qu'une cloud
14:45avec toutes les protections
14:47contre les sujets
14:48extraterritoriaux.
14:49Je pense qu'aujourd'hui,
14:50c'est un élément décisif.
14:52Ça peut être un élément
14:53beaucoup plus décisif parfois
14:54que, on sait qu'il y a
14:56AWS, Google Cloud,
14:58que vous avez bien connu,
15:00ou autre Microsoft,
15:01qui vendent tout un tas
15:02de services très performants.
15:05Alors parfois,
15:06ils sont toujours
15:06dans cette course
15:07à l'innovation.
15:08Finalement, on s'est dit
15:08oui, mais c'est un peu
15:09comme tous ces services,
15:10je ne sais pas si
15:10je vais en avoir besoin.
15:11Et si je fais un peu
15:13l'équilibre,
15:13il vaut mieux que je joue
15:14le côté IA responsable
15:15qu'avoir à tout prix
15:16les derniers, derniers,
15:17dernières technologies
15:17en cours.
15:19Après, il ne s'agit pas
15:20de dire tout ce qui était
15:21avant, ce n'est pas bien.
15:23Je pense qu'il faut
15:24être raisonnable,
15:26rationnel, définir
15:26ce qui est sensible
15:27et ce qui n'est pas sensible.
15:28Et si on est sujet d'IA,
15:30de plus en plus,
15:31les choses sont sensibles.
15:32Notamment quand on fait
15:33du RAG.
15:34C'est parce que nous,
15:34ce qu'on a fait,
15:35c'est créer une plateforme
15:36qui permet d'avoir
15:37une RAG qui est souveraine.
15:39Ce qu'on appelle le RAG,
15:40c'est la possibilité
15:40de récupérer l'information
15:42de l'entreprise
15:43et de pouvoir effectivement
15:44faire en sorte
15:45que votre IA soit performant.
15:47et prenne en compte
15:49le contexte de l'entreprise.
15:50Et ça, on le fait
15:51de façon souveraine.
15:52D'accord.
15:52Avec vraiment
15:53un lien de confiance.
15:54Oui, et puis sur
15:55regard des fonctions,
15:55c'est avec des services
15:57Kubernetes,
15:58les plateformes IA,
15:59les...
16:00Exactement.
16:01En fait, on a développé
16:01toute notre plateforme.
16:03La vertu de Nusso,
16:04c'est qu'on a développé
16:05notre plateforme
16:05en open source.
16:06Donc, elle est complètement
16:07réversible par design.
16:09Et nativement,
16:11elle est très proche
16:11de la conformité
16:12puisqu'on a construite
16:13de façon à ce qu'elle soit
16:15conforme aux qualifications
16:17de Seclum Cloud,
16:18mais aussi à HDS
16:19pour les données de santé.
16:20Donc, on fait en sorte
16:21effectivement que ce soit
16:22par design fait pour l'IA,
16:24l'IA de confiance,
16:25par design fait pour la conformité.
16:27Donc, on propose...
16:28Aujourd'hui, objectivement,
16:29quand on regarde
16:30les deux tiers de notre activité,
16:32c'est autour de l'IA.
16:32Pourquoi ?
16:32Parce que c'est ça
16:33qui développe l'activité.
16:34Les besoins sont là.
16:36Seclum Cloud,
16:36aujourd'hui, c'est...
16:38Là aussi,
16:38on parlait de souveraineté
16:39qui est en train de monter,
16:40enfin, ce petit mot
16:41qui est en train de monter,
16:42c'est plus un signal faible aujourd'hui.
16:44Est-ce que Seclum Cloud,
16:45c'est la même chose ?
16:45Alors, on sait que des domaines
16:47de la défense,
16:47certaines administrations
16:48doivent avoir cette certification,
16:50mais est-ce que là aussi,
16:51les entreprises commencent
16:52à être un peu plus...
16:53Ça commence à résonner un petit peu,
16:54alors qu'avant,
16:55elles se disaient
16:55« Oh, je ne veux pas avoir
16:56ce niveau de sécurité là,
16:57je vais surtout regarder le prix,
16:59les services offerts, etc. »
17:00Oui.
17:01En fait, face au souverain washing,
17:03enfin, on parle de ça
17:04pour parler de ceux
17:05qui veulent montrer
17:06qu'ils sont souverains,
17:07parce qu'il a marché, en fait,
17:07on le disait en introduction.
17:10Il y a un marché
17:10qui est en train de se créer
17:11autour de la souveraineté,
17:11mais comme la souveraineté,
17:13ce n'est pas qualifiable
17:14de façon très tangible,
17:16il y a assez peu de critères,
17:17évidemment,
17:18qui soient...
17:19Il n'y a pas de consensus,
17:20il y a beaucoup de positions.
17:21Le fait d'avoir
17:22des qualifications,
17:23des certifications
17:24qui ne disent pas tout,
17:25mais au moins qui disent
17:26« ça, c'est secure »,
17:28entre guillemets.
17:29L'ANSI, je pense,
17:30a apporté une bonne réponse.
17:31En tout cas, nous,
17:32on en fait un vrai
17:34avantage compétitif,
17:35parce qu'aujourd'hui,
17:36on s'est inscrit sur deux parcours,
17:40un parcours pour l'infrastructure,
17:41pour servir effectivement
17:42de l'infrastructure
17:45qui soit qualifiable
17:46ces techniques-là.
17:46C'est ce qu'on appelle
17:47les jalons,
17:47les J0 ?
17:49Oui, on ne va pas
17:50rentrer dans le détail,
17:51mais oui.
17:51En fait,
17:52on fait en sorte,
17:52effectivement,
17:53qu'en tout cas,
17:54nous,
17:54on a fini l'ensemble du parcours.
17:57Je ne rentre pas dans le détail.
17:58Effectivement,
17:58c'est un ensemble de jalons.
17:59On est sur les derniers jalons.
18:00D'accord ?
18:01Le dernier jalon,
18:02c'est le diplôme.
18:03Et on a fait la même chose.
18:04et on est en fin de parcours aussi
18:06sur la partie passe.
18:07Donc,
18:07ce qu'on fait dans un premier temps,
18:09c'est faire en sorte
18:10que l'infrastructure
18:11qui est exposée,
18:12qui est proposée,
18:13donc les serveurs,
18:14le stockage,
18:14le réseau qui est proposé
18:15aux entreprises
18:16soit qualifié
18:17cette technique clara
18:17sur les plateformes.
18:19Et les services managés
18:21dont l'IA,
18:21et donc,
18:22c'est là,
18:22je pense que
18:23Newspot a une singularité,
18:24c'est que l'IA
18:25en service managé
18:26que l'on propose
18:28a pour objectif
18:29de qualifier cette technique clara.
18:31Et qui n'est pas juste
18:31l'utilisation d'un outil,
18:33enfin,
18:33je veux dire,
18:33d'un simple outil,
18:34c'est quand même
18:34un outil complexe,
18:35mais de l'outil LLM.
18:36Il y a vraiment,
18:37parce qu'aujourd'hui,
18:38quand on parle d'IA,
18:40on parle d'agents,
18:41on parle d'orchestration,
18:42on parle de beaucoup de choses.
18:44Et ça,
18:45Newspot,
18:45c'est ça.
18:47Ce que vous proposez aujourd'hui,
18:48c'est ça,
18:50une plateforme.
18:50On a développé une plateforme
18:52avec des services managés.
18:53Dans le service managé,
18:54vous le citiez,
18:55Frédéric,
18:56donc on a du RAC,
18:56des agents,
18:57des modèles.
18:58Et parmi les modèles
18:59dont on utilise,
18:59on a bien entendu du Mistral,
19:01mais on a aussi beaucoup
19:03de partenaires open source
19:04et on a des partenaires européens.
19:06Donc on essaie de faire en sorte
19:06que l'ensemble des outils
19:08qui sont disponibles
19:10ne puissent pas faire l'objet
19:12d'un key switch.
19:13Parce qu'effectivement,
19:13tout est opéré
19:14de notre plateforme
19:15en France
19:17et est complètement localisable
19:19et dont le potentiel
19:21est qualifiable
19:22CQ Cloud.
19:23Aujourd'hui,
19:27on sent ce terme
19:28de confiance
19:29qui revient un peu
19:30au devant de la scène.
19:32Est-ce que c'est là
19:33que ça se joue finalement ?
19:34Alors évidemment,
19:34on entend parler
19:35de performance,
19:36de ces modèles,
19:37Mythos,
19:38ChatGPT 5.6,
19:39on sent qu'il y a
19:40une course à la performance
19:41dont beaucoup d'entreprises.
19:43Alors c'est certain,
19:44il y a un côté d'image,
19:45mais souvent,
19:45on a la version 4.5
19:48pour ChatGPT
19:49suffit amplement
19:50ou des versions de Gemini
19:51si on parle de Google.
19:52mais cet aspect confiance,
19:55il est vraiment revenu
19:56au-devant,
19:57ça fait partie
19:58des critères importants
19:58de choix.
19:59Oui,
19:59je pense que la confiance,
20:00ça permet l'adoption.
20:01Si vous savez,
20:04vous évoluez
20:05dans un environnement
20:06de confiance,
20:06d'accord,
20:07qui a peut-être
20:08des contraintes,
20:09mais qui a des contraintes
20:10qui sont mesurées,
20:10nuancées,
20:11qui permettent effectivement
20:11l'usage,
20:12c'est vous d'adopter.
20:13Je prends notre exemple.
20:14Nous,
20:14ce qu'on propose
20:15et ce qu'on utilise,
20:15ce qu'on utilise,
20:16c'est une plateforme
20:17avec effectivement
20:18l'ensemble des éléments,
20:20agents,
20:20ragues,
20:21modèles,
20:21etc.
20:22Et le résultat,
20:23c'est quoi ?
20:23Le résultat,
20:24c'est qu'on a
20:24certains experts
20:27qui obtiennent
20:28jusqu'à 5 à 7 fois
20:29de productivité
20:29en termes de développement.
20:31Quand on a des initiatives
20:32pour documenter,
20:33développer par exemple
20:34un certain nombre
20:34d'initiatives de projets,
20:36certains experts
20:37prennent une dizaine,
20:39même si ça nous coûte
20:40à peu près 50%
20:41de la masse salariale
20:42pour ces experts,
20:43ils sont augmentés
20:44de 50%
20:46en termes de masse salariale.
20:47La productivité,
20:48c'est 5 à 7 fois.
20:49Ça,
20:49on le mesure.
20:50Et ça,
20:50à l'échelle
20:51d'entreprise
20:51selon les métiers,
20:52on peut le faire aussi.
20:53Et on peut aider à le faire.
20:54Est-ce que justement,
20:54quand j'entends,
20:56pour parler de tous ces sujets-là,
20:58est-ce qu'on peut dire
20:59que Newspot,
20:59c'est plutôt aujourd'hui,
21:00plutôt que parler
21:01de cloud souverain,
21:02en parlant des plateformes d'IA,
21:03c'est plutôt plateforme d'IA souveraine,
21:04si on veut pousser ça un peu,
21:06mettre en avant ?
21:08Effectivement,
21:08vous avez raison,
21:08on ne se positionne pas
21:09comme un cloud souverain,
21:10on se positionne comme
21:10une plateforme,
21:12une plateforme
21:13qui est portable,
21:15qui est hybride,
21:16donc qui permet
21:17d'être hybridée
21:17avec l'infrastructure
21:19d'un client
21:20qui souhaite,
21:21une entreprise
21:21qui souhaite moderniser
21:23sa propre infrastructure
21:23et utiliser
21:24la plateforme Newspot
21:26en débordement,
21:27parce que, par exemple,
21:27on veut utiliser
21:28certains processeurs spécialisés,
21:29ce qu'on appelle
21:30pour des usages intensifs,
21:33graphiques,
21:34IA ou analytiques,
21:36et en même temps,
21:37ça permet de proposer
21:38des services managés.
21:39Dans ces services managés,
21:40bien sûr,
21:40on a du cloud,
21:41mais on a aussi beaucoup
21:42des services managés
21:42de type IA.
21:43Mais demain,
21:44ce sera autre chose.
21:45Vous êtes à la tête
21:46de Newspot
21:47depuis deux ans,
21:48à peu près ?
21:49Ça a été créé en 2023.
21:512023.
21:52Le profil des clients,
21:53il est en train de changer,
21:54justement,
21:55qui viennent voir Newspot ?
21:56Oui,
21:56c'est ce qu'on va demander.
21:58En fait,
21:58ça a été développé
22:01et défini
22:01sur un cadre
22:02qui était
22:02cœur de cible,
22:03secteur public,
22:04santé.
22:04Oui, c'était ça.
22:04Je m'en souviens.
22:05Oui, santé, oui.
22:05C'est normal,
22:06ça correspond au sujet.
22:09Ce qui est assez intéressant,
22:11c'est qu'on voit
22:11de plus en plus
22:12d'entreprises privées,
22:12et c'est un quotidien,
22:15qui remettent en fait
22:16au niveau de leur direction générale
22:17le sujet de la souveraineté
22:18ou de la résilience.
22:20Souvent,
22:20dans le secteur public,
22:21on parle de souveraineté.
22:22Dans le privé,
22:23on va parler plus de résilience
22:24parce qu'on peut avoir
22:26un qui suit,
22:26on peut avoir
22:27une infrastructure
22:27qui lâche,
22:28on peut être mécontent
22:29du point de vue contractuel
22:30avec une entreprise.
22:31Donc,
22:31il faut avoir cette capacité
22:32de résilience qu'on offre
22:33parce que notre plateforme,
22:34elle est construite aujourd'hui
22:35et développée
22:36sur l'infrastructure
22:37d'assaut-systèmes
22:38et elle est aussi portable
22:39sur d'autres infrastructures.
22:40On l'a déjà déployée
22:41sur d'autres infrastructures
22:42et on peut effectivement
22:43la proposer en fonction
22:44du besoin du client,
22:46donc en capacité de résilience
22:48puisqu'elle peut basculer
22:49d'une infra à une autre.
22:50Eh bien,
22:51merci d'être venu parler de tout ça.
22:52La prochaine fois,
22:52on sera à venir à des clients.
22:53On va organiser ça.
22:55Les clients Numespot
22:56qui viendraient parler
22:57justement pour coexemper ce choix.
22:59Il y a un très beau projet en cours.
23:00Bon,
23:00eh bien,
23:01comme ça,
23:01ce sera l'occasion de se retrouver.
23:02Merci Eric Haddad,
23:03président exécutif de Numespot,
23:05notre plateforme,
23:06il y a souveraine,
23:06plutôt que notre cloud souverain.
23:08Allez,
23:08on marque une courte pause.
23:09On se retrouve juste après
23:10avec nos experts de l'IA.
23:11Toute l'actualité,
23:12elle est riche sur l'IA,
23:14débriefée par nos meilleurs spécialistes.
23:17C'est tout de suite.
23:24BFM Business présente
23:25Tech & Co Business,
23:26le magazine de l'accélération digitale.
23:29Frédéric Simotel.
23:31Allez,
23:31on va parler de toute l'actualité
23:33et avec nos débriefeurs.
23:34Je vous les présente tout de suite.
23:34Vincent Champin,
23:35président de l'Observatoire
23:36du long terme,
23:37patron du digital
23:37chez Framatome.
23:38membre du COMEX.
23:39Bonjour.
23:39Bonjour.
23:40Vincent,
23:40merci d'être avec nous.
23:41Eric Campanini,
23:42associé chez Alixio Group.
23:43Bonjour.
23:44Bonjour.
23:44Eric et Emmanuel Vignon,
23:46vice-président engineering,
23:47head of AI
23:47chez Generis Group.
23:48Bonjour.
23:49Bonjour,
23:49Frédéric.
23:50Merci d'être à tous les trois.
23:51On démarre par le sujet,
23:53un peu qui fait la une de la semaine.
23:56La bataille des super-IA
23:57est lancée après Anthropik,
23:59son modèle mytho.
24:00C'était au tour d'Open AI
24:01de lancer une nouvelle version
24:03de chat de GPT,
24:04baptisée SOL.
24:04Et encore là,
24:06il y a un contrôle limité
24:08par la Maison Blanche.
24:09On écoute juste ce qu'en dit
24:10Anthony Morel
24:11et on revient juste après.
24:12C'est toujours le même schéma
24:14maintenant,
24:15c'est-à-dire qu'on a connu
24:16exactement ça
24:17au lancement de Mythos.
24:19GPT 5.6 SOL,
24:20c'est le nom complet
24:21de cette nouvelle
24:23intelligence artificielle
24:24conçue par Open AI,
24:26sera dans un premier temps
24:27au moins
24:28réservée à une poignée
24:30d'organisations,
24:31dont on n'a pas la liste complète
24:32d'ailleurs,
24:33triée et validée
24:34par l'administration Trump.
24:35Alors,
24:36pour exactement les mêmes raisons,
24:37des raisons de sécurité nationale,
24:39parce que ce nouveau modèle,
24:40eh bien,
24:40il est aussi puissant,
24:41en tout cas,
24:42sur certains indicateurs clés,
24:44que Mythos.
24:45SOL revendique
24:46notamment
24:47un niveau équivalent
24:48ou supérieur
24:49sur un certain nombre
24:50de benchmarks
24:50qui concernent
24:51le développement informatique
24:53et la cybersécurité.
24:54Alors ça,
24:54c'était vraiment
24:55le point clé,
24:55le point le plus sensible,
24:56parce qu'en tropique,
24:57vous vous souvenez
24:57que Mythos avait été interdit
24:59parce qu'il permettait
25:01de découvrir des vulnérabilités,
25:02des failles critiques
25:03qui pourraient être exploitées
25:04si elles étaient mises
25:05entre de mauvaises mains.
25:06Eh bien,
25:06SOL,
25:07c'est exactement la même chose.
25:08Alors évidemment,
25:09OpenAI a un peu pris les devants
25:11parce que comme ils ont vu
25:11toutes les polémiques
25:12autour de Mythos,
25:13donc ils ont dit
25:13non,
25:13mais nous,
25:14on a mis en place
25:14des garde-fous
25:15qui sont très,
25:16très difficiles
25:17à contourner,
25:18c'est-à-dire que déjà,
25:19l'IA refusera de répondre
25:21quand on lui pose
25:22des questions
25:22un petit peu tendancieuses,
25:23par exemple,
25:24fabrique-moi un virus informatique,
25:25ce genre de choses,
25:26mais en plus de ça,
25:28elle sera beaucoup plus puissante
25:29sur le fait
25:30de limiter
25:30les détournements,
25:32c'est-à-dire qu'on essaye,
25:33on peut essayer de filouter
25:33un peu de passer
25:34outre les garde-fous,
25:36eh bien là,
25:36il y a 700 000 heures
25:37qui ont été consacrées
25:38à tester ces protections
25:39et puis il y a une surveillance
25:40des usages aussi,
25:41c'est-à-dire que si vous posez
25:42un peu trop de questions suspectes,
25:43eh bien votre compte
25:44pourra être suspendu,
25:45voire supprimé.
25:46Voilà,
25:47alors on sait que
25:48hasard du calendrier,
25:49c'est la pression
25:50qui a été un peu relâchée
25:51sur Mythos,
25:51aussi où ils vont ouvrir
25:54un peu plus Mythos,
25:55mais enfin ça reste
25:55un tout petit accès.
25:58Qu'est-ce qu'il faut penser
25:59de tout ça,
25:59de ce chat GPT 5.6,
26:02donc baptisé Sol,
26:04est-ce que,
26:05enfin voilà,
26:06qu'est-ce qu'il faut,
26:06on est une entreprise,
26:07on est un peu perdu quand même.
26:08Il y a trois modèles,
26:09Sol, Terra et Luna,
26:11c'est trois types de modèles.
26:12En fait,
26:13on pouvait se poser
26:14la question sur Mythos,
26:15on pouvait se dire
26:16c'est un coup de sang,
26:16il y a une mécompréhension,
26:17bon là on voit
26:18qu'on est rentré dans...
26:19Voire un coup de communication
26:19un peu aussi.
26:20Ouais, de deux côtés,
26:21on dit,
26:24on regarde l'histoire,
26:25toutes les technologies
26:28puissantes à un moment
26:28ont été régulées,
26:29l'aéronautique à un moment
26:30ont été régulées,
26:31la cryptographie,
26:32on s'en souvient,
26:33avait été régulée.
26:34Il y a même eu une pub
26:35d'Apple sur le Power Mac,
26:38je ne me souviens plus
26:39lequel,
26:40parce qu'en fait
26:40il dépassait
26:41la puissance de calcul maximale
26:44qui imposait
26:44une restriction à l'export,
26:46parce qu'il y avait
26:46une vieille réglementation
26:47qui n'avait pas évolué.
26:48Donc on rentre là-dedans
26:49et les enseignements,
26:51il y en a deux,
26:51c'est-à-dire que
26:53le fait de ne pas avoir
26:54leadership technologique,
26:55il y a deux coûts.
26:55Le premier coût,
26:56c'est qu'on paye,
26:57ça tout le monde
26:57l'avait en tête.
26:58Le deuxième coût,
26:58c'est qu'on attend
26:59et quelquefois
26:59on attendra longtemps
27:00et c'est peut-être
27:01le deuxième
27:01qui va être le plus gênant
27:02parce que 90%
27:04de la valeur
27:04d'une technologie
27:05c'est dans ses usages.
27:06Donc si on ne peut même
27:07pas payer pour l'avoir,
27:09là on a un sujet
27:09de souveraineté.
27:10Je suis une entreprise
27:12lambda,
27:13le risque c'est
27:13que ça devienne
27:15beaucoup trop cher.
27:15Le deuxième,
27:16c'est je pourrais l'utiliser
27:18et pendant ce temps
27:18les autres
27:19sont en train de tourner.
27:20Après on voit
27:20qu'avec le temps,
27:22toutes ces réglementations-là,
27:23la cryptographie
27:24ou la taille des machines,
27:25elles ont sautées
27:26parce que ça devenait
27:27intenable.
27:27Donc là on est
27:27dans une phase
27:28un peu d'incertitude
27:30où on voit des choses
27:31qui arrivent,
27:31pas forcément soutenables.
27:32Après c'est ce qu'on dit
27:34toujours avec ces technologies,
27:37ça va tellement vite
27:37parce que la cryptographie
27:38ça met un peu
27:39temps et manuel.
27:40En fait,
27:41Jean Monnet disait
27:41les êtres humains
27:42voient le changement
27:44que dans la nécessité
27:44et on ne voit
27:45la nécessité que dans la crise.
27:47Quelque part,
27:47ce qui se passe,
27:48c'est...
27:49C'est ce qu'on a vu
27:50avec la canicule
27:51en tout cas.
27:51C'est une forme de crise
27:53pas la même.
27:55Mais là effectivement
27:56on est face
27:56à une force de crise
27:58et donc il y a
27:58une prise de conscience
27:59dans les COMEX
28:00que ça devient
28:01un risque opérationnel
28:02et qu'il est prêté
28:03comme un risque opérationnel.
28:04Après,
28:06il y a plein de choses
28:06qu'on pourrait dire,
28:08développer une souveraineté,
28:11essayer...
28:11Déjà,
28:11on n'est pas obligé
28:13de...
28:13On n'a pas forcément besoin,
28:14on le disait
28:15la semaine dernière,
28:15on n'a pas forcément besoin
28:16du dernier modèle frontière
28:18pour déployer
28:19peut-être 80%
28:20des cas d'usage
28:20de l'entreprise.
28:21Donc moi,
28:22je continue à le penser.
28:25Et après,
28:26voilà,
28:28c'est une vulnérabilité
28:30de l'Europe,
28:32comme tu le dis,
28:33comme tu le dis,
28:34Vincent,
28:34contre laquelle
28:35il faut lutter.
28:35est-ce qu'on en parlait
28:39l'autre jour
28:39quand Mythos a été...
28:40Ça fait 15 jours,
28:41trois semaines,
28:42quand Mythos a été bloqué
28:43au nom d'Américains
28:44et Vivatec est arrivé
28:46dans la foulée
28:46et tout le monde,
28:47du coup,
28:47Vivatec par les souverainetés
28:48dit ça peut donner
28:50un élan à notre souveraineté.
28:52Il faut y croire ?
28:53En fait,
28:54pour faire un peu
28:55de provocation
28:56et je ne pensais pas
28:57dire ça un jour,
28:58mais merci Trump
28:59parce que c'est
28:59un électrochoc,
29:00ça amène à prendre conscience
29:02effectivement,
29:02comme je disais
29:03tous les deux,
29:03qui a un vrai risque.
29:05Je te rejoins jusque-là
29:06en disant,
29:06tiens,
29:06ça pourrait coûter plus cher,
29:07là ça peut être coupé
29:08complètement
29:09et les Etats-Unis
29:10sont en train d'appliquer
29:10exactement de la doctrine
29:12sur les technologies stratégiques,
29:14ce qu'ils ont fait jusque-là.
29:15Donc,
29:16ce n'est pas nouveau en soi,
29:18par contre,
29:18c'est un peu comme si
29:19on se réveillait là
29:20en disant,
29:20oh là, mince !
29:21Potentiellement,
29:22je serais indépendant.
29:22Pour ça,
29:23je faisais le lien
29:24avec la ridicule,
29:24on nous dit que la planète
29:25va se réchauffer
29:26depuis tellement d'années
29:26et que quand ça arrive,
29:27on se dit,
29:28ah mince,
29:28oui, en effet,
29:29on est...
29:29Et c'est vrai,
29:30ce que tu disais,
29:30je reviens sur Vincent,
29:31je suis en train d'en penser
29:32à plein de sujets
29:33qui datent d'il y a longtemps,
29:34même sur les processeurs,
29:35tu disais sur la cryptographie,
29:36les Américains nous ont déjà
29:37habitués à ça.
29:38Sur le nucléaire,
29:39sur les semi-conducteurs,
29:40sur le GPS aussi
29:41et on va probablement
29:42voir émerger des modèles,
29:44finalement,
29:44modèles grands publics,
29:45modèles entreprises,
29:46modèles gouvernementaux
29:46et modèles de défense.
29:48Et ça,
29:48ça,
29:49ce n'est pas très très grave,
29:50on voit,
29:50par contre,
29:51ça nous invite collectivement
29:52à se dire,
29:53comment est-ce qu'on fait
29:53peut-être pour être
29:54moins dépendant,
29:55sans doute pas uniquement
29:56sur des frontières modèles
29:57mais des modèles peut-être
29:58un peu moins avancés
29:59mais plus applicables
30:00au domaine de l'entreprise
30:01et ça repose la question
30:03de l'open source,
30:04de se dire,
30:05c'est quel modèle d'IA
30:06on veut déployer
30:07effectivement de l'entreprise.
30:07Mais en fait,
30:08il y a un côté un peu utopique
30:10là-dedans
30:10parce que ce qui fait tourner
30:11notre économie,
30:12c'est les data centers,
30:13en fait,
30:13c'est ce qui se passe
30:14sur les data centers
30:15où on déploie des logiciels
30:17que ce soit en SaaS
30:18ou on-prem,
30:18mais quand tu regardes
30:19un data center,
30:21en fait,
30:21le LLM,
30:22c'est une toute petite partie
30:23de ce qui se passe
30:24dans un data center.
30:25Tu as des firewalls,
30:26tu as des équipements réseaux,
30:27tu as des bêtes stockage,
30:28tout ça,
30:28c'est des technos américaines
30:29en fait.
30:30Donc en fait,
30:31nous,
30:31là,
30:31effectivement,
30:31on met un coup de projecteur
30:34sur la souveraineté
30:35liée au LLM.
30:37La différence,
30:37c'est qu'il y a des technos
30:38qui font l'objet de restrictions
30:40et d'autres pas.
30:41La cryptographie,
30:42c'est un tout petit point
30:43sur la carte de l'informatique
30:45mais particulier
30:45et là,
30:46on découvre que l'IA
30:47est à cet endroit-là.
30:48Qu'est-ce qui empêche Trump
30:49demain de dire
30:49que la dernière,
30:51le dernier mise à jour
30:52du firmware de Palo Alto
30:54est une technologie militaire
30:56qu'il faut être régulée ?
30:57Ça,
30:57ça fait,
30:58le firewall,
30:59on en a depuis des années,
31:00c'est pas arrivé à ce stade.
31:02Non.
31:02Il y a eu d'autres choses
31:03mais il n'y a pas eu ça.
31:04Certes.
31:04Mais ce que je veux dire par là,
31:05c'est que la souveraineté,
31:06elle n'est pas uniquement regardée,
31:08elle ne doit pas être uniquement prise
31:09sous l'angle du
31:10je voudrais installer
31:11le dernier LLM
31:12on-premise.
31:13Mais c'est pour ça
31:14que le modèle chinois
31:15est intéressant à regarder
31:16parce que qu'est-ce qu'ils font ?
31:16Ils développent leur modèle propriétaire,
31:18première chose.
31:18Deuxième chose,
31:19ils vont sur l'open source.
31:20Troisième chose,
31:21ils regardent,
31:22regardez Huawei
31:22par rapport à Nvidia,
31:23ils développent leur propre puce
31:25et ils sont sur des modèles
31:26qui sont moins consommateurs de GPU.
31:28Donc,
31:28il y a une stratégie
31:29effectivement sur quatre dimensions
31:30et pas seulement sur la partie LLM
31:32qui n'est pas inintéressante
31:33et dont on pourrait peut-être...
31:35Mais visiblement,
31:36ils sont biaisés.
31:37Alors,
31:37on a vu,
31:38c'est au ministère de l'Intérieur,
31:39je crois,
31:39où le ministère de l'Intérieur
31:40avait ouvert un accès
31:43à un LLM chinois.
31:45C'est le trésor.
31:46C'est le trésor.
31:47C'est le trésor.
31:47Exactement,
31:48c'est le trésor.
31:48Voilà,
31:49et au bout de quelques jours,
31:49ils ont dit,
31:50ben non,
31:50en fait,
31:50ils ne répondent pas exactement
31:51comme on voudrait,
31:52donc on va plutôt se replier
31:53sur une solution de type Mistral.
31:55Mistral,
31:55exactement.
31:56Tiens,
31:56justement,
31:57on va parler de Mistral,
31:58est-ce que c'est un coup dur ou pas ?
32:00C'est l'Union européenne
32:02qui veut travailler
32:03sur une IA open source
32:06et alors en fait,
32:07quatre langues,
32:07400 milliards de paramètres
32:08et là,
32:09elle choisit qui ?
32:10Elle choisit un Italien.
32:11Là,
32:12dans le français,
32:14on est déçus,
32:14on aimerait comprendre pourquoi.
32:15Je comprends que Mistral
32:17avait candidaté,
32:18pourquoi ils n'ont pas été acceptés.
32:20Alors,
32:20si c'est un problème de structuration,
32:22peut-être qu'il faudrait qu'à un moment,
32:23Mistral sépare la partie open source
32:25qui met dans une fondation
32:26puis la partie plus business.
32:28Mais c'est dommage
32:29d'avoir le seul modèle européen
32:31qui est sur la carte
32:31des modèles mondiaux
32:32qui n'ait pas été retenu.
32:34Bon,
32:34après,
32:35le prix qui a été offert,
32:37c'est 2,5%
32:38de la capacité d'euro-HPC,
32:39c'est à peu près 100 millions.
32:41Donc,
32:41c'est pas mal,
32:43mais c'est très en dessous
32:45de par exemple
32:46ce qui est un dixième.
32:47Mais est-ce que ça peut être
32:49un vrai coup dur
32:50pour Mistral ?
32:51Je pense qu'il faudrait leur demander.
32:54Moi,
32:54je pense que j'aurais plutôt envie
32:55de les aider,
32:56mais de comprendre.
32:56Est-ce que ça doit induire pour eux
33:00un changement de structure
33:01pour permettre d'être un peu
33:02le réceptacle
33:03de cette ambition
33:04open source européen ?
33:06C'est bien avoir raison tout seul,
33:08c'est la stratégie du Minutel,
33:09ça ne le faut pas.
33:09Est-ce qu'ils ont été
33:12indûment évincés ?
33:13Là,
33:13ce n'est pas normal.
33:14Dans ce cas,
33:14la France doit se mobiliser.
33:15Est-ce qu'il y a une mécompréhension ?
33:17Il y a peut-être une structuration
33:18qui peut le permettre,
33:19mais c'est dommage
33:19que l'Europe ne prenne pas
33:21son seul modèle européen
33:22pour le renforcer.
33:23Et puis après,
33:23on imagine aussi,
33:24parce qu'on sait
33:24que c'est les spécialistes de ça
33:26à la Commission européenne,
33:27c'est de le saupoudrer.
33:28De dire,
33:29tiens,
33:29Mistral,
33:29on les voit,
33:30ils sont en train de signer
33:31des gros contrats
33:31droite à gauche.
33:32Peut-être qu'on peut donner
33:33sa chance à une autre IA
33:34pour avoir un autre.
33:35Oui,
33:36mais la logique de l'open source,
33:37justement,
33:38c'est d'éviter de prendre ça.
33:39Donc,
33:40que ça arrive sur l'open source,
33:41moi,
33:41franchement,
33:42j'ai l'impression,
33:43alors,
33:43ils ont,
33:44le consortium de Min,
33:45ils ont déjà créé des modèles,
33:47alors,
33:47sauf qu'on n'en parle pas beaucoup,
33:48on ne les voit pas trop
33:48sur les benchmarks,
33:49il n'y a que des benchmarks un peu...
33:51C'est vrai qu'on parlait
33:51des Allemands à l'Falpha,
33:53et puis après,
33:53ils avaient déjà mis en sourdine,
33:55c'est pour ça qu'on n'en parle pas trop.
33:57Non,
33:57moi,
33:57la seule analyse que je peux avoir,
33:58c'est que,
33:59un,
33:59Domine arrivait avec un cluster
34:00Blackwell opérationnel,
34:02ce qu'on n'avait pas Mistral.
34:03Donc,
34:03il y avait déjà ses plus,
34:04il y avait déjà ça.
34:05Donc,
34:05ça,
34:05plus EuroHPC,
34:07ça permet,
34:07l'Europe peut se dire,
34:08je réduis les risques
34:09en confiant directement
34:11à un acteur
34:12qui a déjà ce cluster Blackwell.
34:14Le deuxième,
34:15c'est que,
34:15en fait,
34:16la stratégie,
34:16la vision de Mistral
34:18sur la souveraineté,
34:19elle n'est pas forcément
34:20super claire.
34:21ils n'ont pas dit,
34:22je fais all-in sur l'open source
34:23ou je fais all-in sur un modèle SaaS.
34:26Ça a toujours été un peu fluctuant
34:27au début,
34:27beaucoup de modèles open source.
34:29Et en fait,
34:29quand on parle avec eux,
34:30c'est OK,
34:31super le modèle open source,
34:32mais c'est bien
34:32si vous utilisez aussi
34:33le modèle payant
34:33parce que c'est comme ça
34:34qu'on va gagner de l'argent.
34:35Alors que Domine a plutôt
34:36une stratégie full open source
34:38depuis le début,
34:38donc il y a probablement
34:39quelque chose
34:39qui est un petit peu plus aligné
34:40par rapport à ça.
34:42Et le troisième,
34:43c'est l'équilibre politique.
34:44Mistral est très franco-français.
34:46Alors que le consortium,
34:47là, il est italien, allemand,
34:49il est peut-être
34:49un petit peu plus ouvert
34:50et peut-être que la Commission européenne
34:52a valorisé un petit peu plus
34:53ces aspects-là.
34:53Bon, ça, c'est mon analyse.
34:55Je ne sais pas si...
34:56Non, mais on est à pour ça, Eric.
34:58C'est une volonté de l'Europe
34:59de faire l'Airbus de l'IA,
35:01probablement.
35:01Je te rejoins effectivement
35:02sur une vision transfrontalière.
35:05On est effectivement déçus
35:06que Mistral ne soit pas dedans.
35:07Maintenant, peut-être
35:08qu'une des explications,
35:09elle est encore plus simple que ça,
35:11c'est que le cas des charges
35:12qui étaient demandés,
35:12c'était effectivement
35:13de l'open source,
35:14ce qui n'est pas complètement
35:15le cas de Mistral,
35:17est une logique à la fois
35:18business et recherche.
35:20Et le mariage entre Domine
35:22et Fraunhofer-Gesellschaft,
35:23qui est quand même
35:24un des plus grands centres européens
35:26de recherche appliquée,
35:27dont on peut être très, très fiers
35:28au niveau européen,
35:29la combinaison des deux,
35:30c'est probablement ça
35:31qui a fait gagner.
35:32C'est quand même 32 000 chercheurs,
35:33c'est 3 milliards d'euros
35:34d'investissement,
35:35c'est déjà une logique
35:36couvertue sur l'entreprise.
35:37On ne faut pas tous de l'IA.
35:38Ce n'est pas que de l'IA,
35:39je suis d'accord,
35:40mais ce n'est pas inintéressant
35:42de voir émerger
35:42d'autres acteurs
35:44dont on avait relativement
35:45peu entendu parler.
35:46Domine, ils ont changé de nom
35:46il y a 4-5 ans,
35:48ça existe depuis 2016,
35:49c'est un acteur.
35:50Voilà, maintenant,
35:51c'est vrai qu'on est un peu
35:52circonspect sur le sujet,
35:53et moi aussi,
35:53j'aurais voulu qu'on pousse
35:54un peu plus Mistral.
35:56Moi, le point d'attention
35:58que j'aurais aussi,
35:59c'est qu'effectivement,
35:59c'est un consortium
36:00qui est très académique.
36:01Tu dis Fraunhofer-Gesellschaft,
36:03tout ça,
36:03et objectivement,
36:05l'Europe a toujours été
36:06assez forte pour faire
36:08des grandes annonces,
36:09mais derrière,
36:10dans l'opérationnalisation,
36:11ça peut pêcher un peu.
36:12Là, l'objectif,
36:13c'est quand même
36:14de sortir un modèle
36:14de 400 milliards de paramètres
36:16dans moins d'un an.
36:17Ce n'est pas juste
36:17un petit truc.
36:20La marche est élevée
36:20parce que je crois
36:21que Domine fait 260
36:23versus 400,
36:25donc la marche est haute.
36:27Maintenant,
36:27ce qui n'est pas inintéressant,
36:28c'est ce qu'a dit
36:29le fondateur d'OVH,
36:30Octave Claba,
36:31qui dit qu'on est peut-être
36:32au moment où on va avoir
36:34arrivé une deuxième vague
36:35de modèles
36:36parce que ça coûte moins cher,
36:38parce que la barrière technologique
36:40est un peu plus basse,
36:41et de la même manière
36:41qu'on l'avait vu
36:42avec les navigateurs Internet,
36:44on va voir émerger
36:44de nouveaux acteurs
36:45et ça,
36:46ça va être assez intéressant.
36:47C'est l'approche chinoise,
36:48100 millions de calculs,
36:49c'est QN 3.7
36:51qui est très correct,
36:53c'est à peu près
36:53ce qu'ils ont en poche.
36:55De ce côté-là,
36:55c'est bien.
36:55Et par rapport
36:56à ce qu'on s'était dit tout à l'heure,
36:57avoir des modèles
36:59qui n'aient pas
36:59les billets psychologiques,
37:02puisque le problème
37:03d'utilisation du modèle
37:05par le trésor,
37:05c'était pour faire des notes.
37:07Donc,
37:07il y avait des billets
37:08dans le texte,
37:09c'est bien qu'il y ait
37:10effectivement des modèles européens.
37:11C'est probablement pas mal
37:12qu'il y ait un peu de concurrence,
37:13mais on aimerait quand même
37:14savoir pourquoi notre champion
37:15n'a pas gagné
37:16et puis tout faire en sorte
37:17pour l'aider.
37:18Est-ce que...
37:20Enfin,
37:20peut-être que l'Europe...
37:21Mais je crois que,
37:22de toute façon,
37:23Mistral,
37:23il pariait beaucoup là-dessus,
37:24à la fois souveraineté,
37:25à la fois frugalité.
37:26Oui.
37:27Parce que là,
37:28je ne sais pas,
37:28qu'est-ce qu'ils ont pu mettre en avant
37:31ces Italiens
37:31avec leurs solutions ?
37:32Je te dis,
37:33là,
37:34le cluster Blackwell
37:36opérationnel,
37:37ça,
37:37c'est une réalité.
37:39Non,
37:39tu n'y crois pas trop,
37:40Vincent ?
37:40Je pense que Mistral en a,
37:42puis avec des montants significatifs.
37:44Ils ont des promesses
37:45d'en avoir.
37:46Là,
37:46dans le data center,
37:49je crois.
37:50Non,
37:50puis,
37:51moi,
37:52c'est aussi
37:52l'effet de temporalité.
37:53Ce qu'on dit,
37:54c'est bien,
37:54on va investir,
37:55même nous,
37:56ce que va mettre
37:56sauf banque,
37:5740 millions
37:57dans une première tranche,
37:58tout ça,
37:59mais on parle
38:00à 2030.
38:03Là,
38:03on est en train
38:03de parler aujourd'hui.
38:06Bon,
38:06on va...
38:07Je ne te sens pas
38:08pas compréhensible.
38:10Je trouve que même
38:10en termes de transparence
38:11de l'information,
38:12c'est une décision publique,
38:13on serait attendus
38:14à ce qu'il y ait
38:16des informations
38:16sur le pourquoi.
38:17On est à l'attente
38:18d'une vraie stratégie européenne
38:19en termes d'IA.
38:21Je pense que,
38:22moi,
38:22je vois ça au sein
38:23de la Commission européenne,
38:24c'est plein de petits distances.
38:25Tu as beaucoup côtoyé,
38:27tu continues certainement
38:28à le faire,
38:29cet univers,
38:29je pense que,
38:30voilà,
38:30il y a des petits tiraillements,
38:31ce côté saupoudrage,
38:33ce côté...
38:34Oui,
38:34en fait,
38:35il y a une dynamique,
38:36c'est une copropriété
38:37de 27 copropriétaires.
38:39Chez moi,
38:40on est cinq,
38:41quand on veut faire changer
38:41un tapis de sol,
38:42il faut avoir trois séances
38:43et des discussions
38:44à n'en plus finir.
38:45Maintenant,
38:45tu as 27 pays
38:46qui doivent parler
38:47de l'IA
38:47sur des sujets très techniques.
38:49Tu peux tout multiplier
38:50par un million,
38:50donc c'est structurellement compliqué.
38:52Puis c'est une mécanique,
38:53effectivement,
38:54qui fonctionne par le consensus
38:55et le consensus,
38:57il génère du saupoudrage.
38:58Alors,
38:59on va être plus positif.
39:00pour un acteur français,
39:01il s'appelle Chaps Vision.
39:03Vous connaissez peut-être
39:04son...
39:04Enfin,
39:05certainement son fondateur,
39:07Olivier Dellenbach,
39:08qui avait monté
39:08une première entreprise.
39:09c'était du logiciel
39:11d'investissement
39:11et il avait revendu ça
39:12à BlackRock 1,3 milliard.
39:13On est dans les années
39:142018-2019.
39:15De là,
39:16il monte Chaps Vision
39:17qu'il a dans la data,
39:20puisqu'ils sont amenés
39:21à remplacer à terme
39:21Palantir à la DGSI,
39:23mais on les a déjà vus
39:24dans l'analyse de données
39:25au service secret allemand aussi.
39:26Ils ont commencé
39:28à investir tout ça.
39:29Et puis,
39:29Chaps Vision,
39:30c'est depuis pas mal d'années,
39:31c'est pas mal leur achat.
39:32Je me souviens
39:32qu'ils ont acheté
39:32un moteur de recherche
39:33qui s'appelait Cinequa,
39:34qui était le concurrent d'Exalide
39:36qui lui-même a été racheté
39:37par Dassault Systèmes
39:38à l'époque.
39:39Et puis voilà,
39:39ils ont un ensemble
39:40de rachats.
39:41C'est une entreprise
39:43qui monte pas mal,
39:44Vincent.
39:45C'est des produits qu'on utilise.
39:46Ce qui est marrant,
39:47c'est les chiffres.
39:49Combien de personnes
39:49chez Chaps Vision ?
39:501 000.
39:51On se dirait c'est petit.
39:51Combien de personnes
39:52chez Palantir ?
39:535 000.
39:54La boîte,
39:54elle valait 600 milliards
39:56fin 2025.
39:57Elle en vaut 300 aujourd'hui.
39:59Donc c'est effectivement
39:59très bien que Chaps Vision
40:01puisse s'y implanter.
40:02Je pense qu'effectivement,
40:03vu la souveraineté du domaine,
40:05c'était quand même étonnant
40:05que ce n'ait pas lieu encore.
40:07Oui, surtout qu'ils avaient
40:08re-signé en 2025
40:09pour 3 ans.
40:10Tout le monde était un peu surpris
40:11parce qu'on commençait
40:12à parler sérieusement
40:13de souveraineté opérationnelle.
40:18Enfin, dans l'exécution opérationnelle
40:20de souveraineté logicielle.
40:22Donc on n'avait pas trop compris.
40:23Et là,
40:24donc plutôt une bonne nouvelle.
40:25Plutôt une bonne nouvelle
40:26entre une entreprise
40:28de 1 000 personnes
40:29qui déloge une autre de 5 000.
40:32Alors, à la DGSI,
40:33parce que dans d'autres industries,
40:35ils sont encore bien présents.
40:36Chez Airbus notamment.
40:37Et pour la petite histoire,
40:38c'est Fabrice Roger
40:39qui était le patron d'Airbus à l'époque.
40:42Lorsqu'il a quitté Airbus,
40:43était le patron de Palantir France
40:45et donc a poursuivi un peu
40:47le fait de développer Palantir
40:50dans ses industries.
40:51Emmanuel ?
40:51Non, c'est un geste fort.
40:52C'est un geste fort, souverain.
40:54C'est un geste que j'aimerais bien voir
40:57se reproduire auprès aussi
40:59des DSI,
41:00des entreprises publiques.
41:02Parce que là,
41:03c'est l'appareil étatique
41:04qui prend cette décision-là.
41:07C'est bien.
41:07Moi, j'aime...
41:08Voilà.
41:09Je pense qu'il faut qu'on en ait
41:10vraiment beaucoup plus
41:12de décisions de ce type-là.
41:13C'est une décision qui est courageuse
41:14en fait.
41:15Parce qu'on sait que...
41:15En fait, Palantir,
41:16le truc, c'est que...
41:17Oui, si on choisit Palantir,
41:18c'est comme si on choisit Microsoft.
41:20En gros, on ne va pas se tromper.
41:21En fait, ce que je veux dire,
41:21c'est que moi,
41:22quand je discute avec des gens
41:22qui ont Palantir,
41:24alors au début,
41:25ils sont très positifs.
41:27Tu vois ?
41:28Ouais, c'est cool,
41:29j'ai mis Palantir, machin.
41:30Et puis après,
41:30je lui dis,
41:31oui, mais Palantir,
41:31c'est Peter Thiel,
41:32proche de Trump, etc.
41:33Qu'est-ce que t'en penses ?
41:34Et là, ça crispe.
41:35Ça crispe.
41:36Ça crispe.
41:36Et à la fin,
41:37il me regarde et me dit,
41:38ouais, mais ça marche quand même super bien.
41:40Voilà.
41:40Et du coup,
41:41on tombe un peu sur ce truc-là.
41:43Et oui,
41:43il faut peut-être accepter de...
41:45Parce que...
41:46Alors, Chaps Vision,
41:46je ne connais pas
41:47et je ne dirai pas sur ce plateau
41:48que ça marche moins bien
41:49que Palantir.
41:50Je ne sais pas.
41:51En revanche,
41:52je pense que c'est une décision courageuse
41:54quand il y a quelque chose
41:54qui fonctionne bien
41:55dans une entreprise,
41:55de décider,
41:56pour des raisons qui sont souveraines,
41:59de décider de dire,
42:00allez, je sors de Palantir
42:02pour aller chercher sa position,
42:03d'autant que ça coûte.
42:04On sait très bien
42:05que les programmes de migration,
42:07ce n'est pas des trucs
42:08que tu fais du jour au lendemain.
42:09Donc, ils vont rentrer
42:10dans un programme de migration
42:11qui va durer plusieurs mois,
42:12peut-être plusieurs années.
42:13Plusieurs années.
42:14Voilà.
42:14Qui va coûter de l'argent.
42:17Et si Palantir va jouer le jeu,
42:18Ils avaient déjà signé
42:19il y a un an et demi
42:20avec la DGSI,
42:22enfin, avec la DGSI,
42:24je crois bien aussi.
42:25Mais c'était pour un premier volet
42:26très petit.
42:28Bon, là, ça y est,
42:29ils passent à la DG supérieure.
42:30Voilà.
42:31Et les Allemands l'ont fait aussi
42:32il y a quelques années.
42:32Peut-être qu'il y a des apprentissages
42:33à récupérer auprès des Allemands.
42:35Et là aussi,
42:36je nourris l'espoir
42:37que quelque part,
42:37les Français et les Allemands
42:38puissent se parler là-dessus
42:39en disant,
42:39comment tu t'y es pris
42:40pour sortir de...
42:41Enfin, c'est quoi ta trajectoire
42:42de sortie de Palantir ?
42:42Eric ?
42:43Oui, tu disais,
42:45c'est étonnant
42:45que ça n'a pas été fait plus tôt.
42:46Mais heureusement,
42:47on passe maintenant du slogan
42:48de cette souveraineté
42:49à une mise en œuvre opérationnelle.
42:51Il faut quand même rappeler
42:51que Palantir,
42:52la plateforme de Palantir
42:53qui s'appelle Gotham,
42:54elle sert à quoi ?
42:55Elle sert à chercher
42:56des liens
42:57entre la vidéosurveillance,
42:59les écoutes judiciaires,
43:00les plaques d'immatriculation,
43:01etc.
43:01C'est absolument critique
43:03et c'était juste après
43:04les attentats de 2015
43:05où le patron de la DGSI
43:06avait dit,
43:06mais je n'ai pas les moyens
43:07de réunir toutes ces informations,
43:09etc.
43:09Donc, il y avait un enjeu stratégique
43:11d'aller vite
43:11et la solution à l'époque,
43:13c'était Palantir.
43:14Là, maintenant,
43:14tu dis effectivement,
43:15ça va prendre plusieurs mois,
43:16je pense que ça va même
43:16prendre plusieurs années
43:17parce que Palantir a 10 ans
43:19d'expérience derrière eux
43:20sur justement
43:21les différentes APIs,
43:22sur les usages
43:23qui ont été faits jusque-là.
43:26Donc, oui,
43:26c'est une bonne nouvelle.
43:28Maintenant,
43:28c'est plus facile politiquement
43:30de dire,
43:30on passe,
43:30on change
43:31que de le faire
43:32d'un point de vue technique
43:33et c'est ça
43:34sur quoi il va falloir
43:35s'atteler maintenant.
43:36Manuel,
43:36tu peux vous en dire ?
43:37Non, je suis d'accord,
43:38enfin,
43:39je n'ai rien de plus à dire.
43:41En tout cas,
43:42on les suivra à chaque vision
43:44parce que c'est vraiment
43:44une des belles pépites françaises
43:46avec Olivier Dellenbach
43:47qui mène tout ça.
43:50Il disait en matinale de BFM,
43:53oui,
43:54il y a plus de 500 personnes
43:55qui ont travaillé vraiment
43:55sur ce sujet-là
43:57en espérant que cet investissement
43:59rejaillisse
44:00ça puisse irriguer,
44:01aller pousser vers
44:02d'autres contrats
44:05avec la force publique.
44:09Sujet aussi
44:09sur le constat
44:11de déskilling.
44:12Je te laisse
44:12nous expliquer tout ça,
44:14Éric,
44:15et on va revenir dessus.
44:17C'est vraiment
44:17tout autour des compétences IA.
44:18Oui,
44:19c'est-à-dire qu'on a beaucoup
44:19parlé de souveraineté technologique.
44:21La question de la souveraineté,
44:23de la dépendance,
44:24elle est aussi cognitive
44:26et on commence à parler,
44:27il y a des premières études
44:28qui sortent sur le sujet
44:28et on commence à parler
44:29en entreprise,
44:30de déskilling
44:31ou d'atrophie des compétences
44:32qui en fait,
44:33plus j'utilise l'IA,
44:34et en fait la question
44:35ce n'est pas tellement
44:36dans l'utilisation de l'IA,
44:37mais c'est chaque fois
44:38que je délègue de façon répétée
44:40des tâches cognitives
44:41à l'intelligence artificielle,
44:42le constat,
44:43on l'a vu chez les DSI
44:44avec les développeurs,
44:45on le voit dans le domaine
44:46de la santé,
44:46je vais y revenir,
44:47c'est qu'en fait je perds
44:48une partie de cette compétence.
44:50Pour les développeurs,
44:51c'est effectivement une capacité
44:52à challenger le code,
44:54certes ils vont plus vite,
44:55mais comment est-ce
44:55que je challenge le code derrière
44:56de façon un peu plus profonde ?
44:57Il y a une étude
44:58qui a été menée,
44:59qui a été rappelée
45:00par le magazine Nature
45:01auprès de gastro-entérologues
45:04où pendant plusieurs mois
45:06on leur a mis à disposition
45:07une IA
45:07pour identifier les polypes
45:09et en fait on s'est rendu compte
45:10que lorsque je ne suis pas aidé
45:13de l'intelligence artificielle,
45:14ma performance
45:15en tant que gastro-entérologue diminue.
45:17Donc ça on l'avait vu
45:18avec d'autres technologies jusque-là,
45:19donc je ne suis pas du tout
45:20en train de dire
45:20qu'il faut arrêter l'usage de l'IA.
45:22Par contre,
45:23ça pose une vraie question
45:24sur quelles sont
45:25les compétences critiques
45:26que je veux préserver
45:27dans l'entreprise
45:27et comment,
45:28vu l'avancée spectaculaire,
45:31extrêmement rapide
45:32de ces technologies-là,
45:33je fais en sorte
45:33de sortir d'un modèle
45:34purement organisationnel
45:36avec des fonctions, etc.,
45:37un modèle beaucoup plus
45:38centré sur les compétences.
45:39D'ailleurs ça rappelle un peu,
45:41alors bien que c'est Renaud
45:43n'a pas dit
45:44que c'était forcément
45:45un IA-LIA,
45:46mais il y a quelques jours
45:47Renaud a annoncé
45:48la mise en départ
45:51de près de 800 ingénieurs,
45:54alors peut-être
45:55sur d'anciennes technologies,
45:56enfin ce que j'appelle
45:57les anciennes technologies,
45:58davantage sur le thermique
45:59et tout ça,
45:59le moteur thermique,
46:00mais derrière ils disent
46:01qu'ils vont remboucher
46:02150 à 200.
46:04C'est un vieux sujet,
46:06je veux dire,
46:07aller au zoo,
46:08regarder les gorilles,
46:09ils sont tous musclés
46:10comme des bodybuilders.
46:11nous on ne l'est pas,
46:12enfin notre veste,
46:14on ne l'est pas,
46:15sauf toi.
46:16Pourquoi ?
46:17Parce que ces muscles
46:17on n'a pas besoin au quotidien
46:18et donc ils se sont atrophiés.
46:20Je fais un petit calcul,
46:21je ne sais pas si vous vous rendez compte,
46:22mais il y a eu un gain de productivité
46:24de x 5000 sur les développeurs.
46:26X 10 pour l'utilisation...
46:27En combien de temps ?
46:29Depuis 70 ans,
46:30x 10 pour utiliser un compiler,
46:32c'est-à-dire qu'au lieu de faire,
46:33d'écrire en langage machine,
46:35on a un système
46:35qui vous transforme
46:36un langage un peu plus élaboré
46:39en code.
46:40L'utilisation de mécanismes
46:41de protection de type
46:42et de variable,
46:43x 5.
46:44L'utilisation de librairies
46:45qui sont dans l'OS
46:46pour accéder à un fichier,
46:48etc.,
46:48x 5.
46:49L'utilisation de librairies
46:50en Python,
46:51dès que vous avez un sujet,
46:52vous avez une librairie
46:52qui fait le job,
46:53x 5.
46:54Au total,
46:54c'est x 5000.
46:56Donc du desk killing,
46:57on en a eu.
46:57Aujourd'hui,
46:58on dit qu'en brut,
47:00avec l'IA,
47:00on va faire du x3
47:01en net plus 30%.
47:02Donc c'est tout petit
47:03et c'est même l'histoire
47:05de l'humanité
47:06qu'on se spécialise
47:07et que du coup,
47:08on devient plus productif
47:09dans un domaine
47:09mais on a besoin des autres
47:12pour le reste.
47:13Alors il y a deux choses.
47:14Un, effectivement,
47:14il faut avoir une vision claire
47:15des contrôles
47:16et des compétences à garder
47:17et donc je pense
47:18qu'on va aller,
47:19et Arthur Mensch le disait,
47:20il disait que les développeurs
47:20deviennent des managers de robots
47:22et un manager
47:23d'une activité technique
47:24doit comprendre chaque tâche
47:25pour la déléguer
47:26et la contrôler
47:27et puis mettre à jour
47:28sa carte des compétences.
47:30Je pense que d'ailleurs
47:31le modèle du prompt ingénieur
47:32qui était la personne
47:33qui ne connaît rien
47:34et qui sait faire un prompt,
47:35pour moi il est mort.
47:36Le modèle, en revanche,
47:37c'est le manager full stack,
47:39c'est-à-dire qu'il comprend
47:39chaque chose,
47:40par contre qui ne va pas
47:41forcément tout faire lui-même
47:42mais qu'il comprend suffisamment
47:43la technique
47:44pour pouvoir la corriger
47:45et changer les choses.
47:46Évidemment, ça dépendra
47:47des domaines.
47:47Dans du code hyper critique,
47:49on continuera à faire
47:50trois développements
47:51qui font la même fonction
47:52dans des langages
47:54avec des implémentations
47:55des personnes différentes
47:56pour être sûr
47:56que derrière
47:57on puisse identifier
47:58les problèmes des résultats.
47:59Quand il s'agit
48:00de faire des applications jetables
48:01pour des opérations
48:02de communication,
48:03on fera ça en vibe coding.
48:04Quelque part,
48:04on est en train de revenir
48:05aux fonctions de base
48:06du métier d'ingénieur,
48:09on redonne un peu
48:11de l'épaisseur
48:12au métier d'ingénieur,
48:13notamment dans l'informatique
48:14où souvent on voyait
48:16des gens
48:16qui avaient des cursus
48:18très longs
48:18et puis finalement
48:19qui passaient leur temps
48:19à leur imaginer les choses
48:20mais qui codaient beaucoup,
48:21qui perdaient beaucoup de temps
48:22à aller chercher des modules.
48:23Là, je trouve que...
48:25Parce que je sors
48:26un côté positif.
48:27Oui, et c'est un côté positif
48:29qui doit s'accompagner
48:30et qui doit s'accompagner
48:31sur deux dimensions.
48:32Une première partie
48:33qui est de se dire
48:33je repense mon organisation
48:35centrée sur les compétences.
48:36C'est ce qu'on appelle
48:37la partie skills-based organization
48:39et les études
48:39qu'on mène
48:40l'observatoire d'Aixio
48:41montrent que 4% seulement
48:43des entreprises
48:43sont véritablement orientées
48:45dans ce domaine-là.
48:46Donc là,
48:46c'est la première chose à faire
48:47et la deuxième chose à faire
48:48c'est qu'au niveau des leaders,
48:51si j'ai été reconnu
48:52ou promu leader
48:53sur ma compétence
48:54alors qu'IA le fait le mieux,
48:55s'IA décide plus vite,
48:57quelle est ma responsabilité
48:58en tant que leader
48:59et quelle est ma raison
49:00d'être dans l'organisation ?
49:01Donc je ne dis pas
49:02que c'est nouveau,
49:02je dis que l'accélération
49:03est très forte
49:04et que ça s'accompagne,
49:05skills-based organization
49:06d'un côté
49:07et accompagnement
49:08des leaders de l'autre.
49:09Oui, en fait,
49:10l'article que tu mentionnais
49:12tout à l'heure,
49:13je voulais revenir
49:14juste sur un point.
49:15Nétueur.
49:16Oui, sur le Nétueur
49:17parce qu'en fait,
49:17ce qui est intéressant,
49:17c'est qu'il y a une érosion
49:20des connaissances.
49:20C'est-à-dire que même
49:21si tu prends quelqu'un
49:21qui connaissait bien
49:22son domaine d'expertise,
49:24à force d'utiliser l'IA
49:26régulièrement,
49:27si au bout de quelques semaines,
49:29quelques mois,
49:29tu lui enlèves l'IA,
49:31tu te rends compte
49:31qu'il est beaucoup moins fort
49:32que ce qu'il était avant.
49:33Fais-le au codeur aujourd'hui,
49:34tu vas voir.
49:35C'est le sujet des codeurs.
49:37Mais je reviens sur...
49:38Les codeurs,
49:38en plus,
49:39c'est mon quotidien
49:40chez Generics,
49:41mais on a besoin,
49:43on se dit,
49:43il faut que les codeurs
49:44sachent écrire,
49:45faire un Hello World,
49:47qui est le programme informatique
49:49le plus basique.
49:49Il faut qu'ils sachent
49:50le faire manuellement
49:50parce que tu passes par là
49:53quand tu veux construire
49:54ta carrière de codeur,
49:55etc.
49:55Et puis au fur et à mesure,
49:56tu enrichis tes connaissances.
49:58Mais en fait,
49:58il y a tout un tas
49:59de ces connaissances-là
49:59qui ne sont pas forcément
50:00très utiles.
50:01Et on revient sur...
50:03Aujourd'hui,
50:04quand tu achètes une voiture...
50:04C'est toi qui citais
50:06cet exemple-là,
50:06Vincent,
50:06la semaine dernière,
50:07je crois.
50:08Dans les années 1920,
50:10quand tu achetais une voiture,
50:11il fallait que tu sois mécanicien
50:11parce que tu avais toujours
50:12un problème.
50:13Tu étais là
50:13avec ta clé de 12.
50:14La 2 chevaux,
50:15c'est la voiture
50:16qui justement pouvait se démonter
50:17avec juste une clé
50:18et donc on était
50:20assez débrouillard.
50:21Aujourd'hui,
50:22moi, excuse-moi,
50:23je sais éventuellement
50:23changer les essuie-glaces
50:24et faire le niveau
50:26sur le lave-glace,
50:27mais c'est à peu près tout.
50:28Et puis après,
50:29je la dépose.
50:30Donc,
50:30ce n'est pas forcément grave
50:32en soi qu'il y ait
50:33une perte de connaissances.
50:34En revanche,
50:35parce qu'à un moment donné,
50:36il faut qu'on revienne
50:39sur la raison
50:40et l'intention fondamentale
50:41qui fait qu'on a besoin
50:42de maîtriser ces connaissances.
50:43Je prends juste un autre exemple
50:44très rapidement,
50:44c'est l'agriculture.
50:46L'agriculture,
50:46de 1945 à aujourd'hui,
50:48on a industrialisé l'agriculture
50:49et je pense qu'on a perdu
50:50de la connaissance
50:51sur l'agriculture.
50:51Aujourd'hui,
50:52on voit des gens
50:53sur les marchés
50:53qui achètent des fraises
50:54en décembre
50:54et qui achètent des poires
50:56au mois de juillet.
50:57Je suis désolé,
50:58mais en France,
50:59ça ne pousse pas
50:59dans ces machins.
51:01Donc,
51:01il faut peut-être
51:02qu'on réapprenne.
51:03Mais en fait,
51:03on le réapprend pourquoi ?
51:04On le réapprend,
51:05et je boucle,
51:06parce qu'il y a la canicule,
51:08parce qu'il y a
51:08un dérèglement climatique
51:09et parce que quelque part,
51:10on se dit que ça devient important
51:11de redévelopper ses compétences.
51:12Et je pense que sur l'IA,
51:13on va avoir un cycle
51:14un peu transitoire
51:15ou quelque chose comme ça
51:15qui va faire qu'au début,
51:16on va perdre,
51:17puis ensuite,
51:17on va remonter,
51:17etc.
51:18Et j'ai envie de dire,
51:19c'est un peu le sens
51:20du progrès technologique
51:21depuis...
51:22Donc là,
51:22tu penses qu'on est en plein
51:23dans ce chaos un peu...
51:24Oui,
51:25solution transitoire,
51:26situation transitoire.
51:26Je pense qu'il y aura
51:27quand même la différence
51:28entre les utilisateurs
51:29comme pour la voiture
51:30qui n'ont pas besoin
51:30de comprendre
51:31et l'ingénieur
51:32d'une écurie de Formule 1
51:33ou l'industriel
51:34qui fait des voitures à l'échelle
51:36et lui qui aura besoin
51:37de continuer à comprendre.
51:38Donc moi,
51:38je suis plutôt du côté
51:39des industriels.
51:40Je pense que ce management
51:42du manager full stack
51:43qui comprend vraiment
51:44toute sa chaîne technologique,
51:46c'est un métier d'avenir.
51:47Messieurs,
51:48merci d'avoir partagé
51:50avec nous tous ces sujets,
51:51notamment celui
51:51sur les compétences.
51:52Vincent Champin,
51:53président de l'Observatoire
51:54du long terme,
51:55patron digital
51:55chez Farnato,
51:56membre du Comex.
51:57Eric Campagnini,
51:57associé chez Alix au groupe
51:59et Emmanuel Vignon,
52:00vice-président d'engineering
52:00head of AI
52:01chez Généris Group.
52:02Merci, messieurs,
52:03de votre passage
52:04et de tous vos regards
52:06sur cet actuel
52:07qu'on essaie de comprendre
52:08un peu plus chaque semaine.
52:10Allez,
52:11notre révision se termine.
52:12On se retrouve ici
52:12la semaine prochaine,
52:13même au même endroit.
52:14D'ici là,
52:14excellente semaine
52:15sur BFM Business.
52:17Tech & Co Business
52:19sur BFM Business.
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