- il y a 5 minutes
- #lagrandeinterview
- #lamatinale
François Bayrou, ancien Premier ministre et président du Mouvement Démocrate, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est le président du
00:04MoDem, François Bayrou. Bonjour !
00:06Bonjour !
00:06Neuf mois après votre départ de Matignon, on veut publier aux éditions de l'Observatoire, alerte sur l'art France
00:12qui vient.
00:12C'est un plaidoyer contre la dette, une adresse aussi à la jeunesse qui selon vous va payer le plus
00:18cher.
00:18C'est un livre qui est passionnant, qui est prémonitoire, on va en parler dans un instant.
00:22Mais je voudrais vous poser deux questions d'actualité.
00:24La première, elle porte sur le texte qui sera voté aujourd'hui à l'Assemblée nationale sur l'euthanasie, la
00:29loi fin de vie.
00:30Ils ont finalisé les députés ce texte.
00:32Il y a beaucoup de clauses qui sont considérées comme les plus permissives d'Europe.
00:38Est-ce que ce texte, en tant que député, vous l'auriez voté, François Bayrou ?
00:42Non, je ne l'aurais pas voté.
00:43Pourquoi ?
00:44C'est un immense problème de conscience.
00:49Parce que dans tous les pays où ce genre de texte est peut-être moins encore engageant que chez nous,
00:57dans tous les pays où ce texte a été voté, ça a fait tâche d'huile.
01:02À partir du moment, et c'est pour ça que c'est très difficile et douloureux,
01:07parce qu'il y a des gens qui, eux, pour leur propre destin, pensent que ça serait mieux d'avoir
01:14cette issue.
01:14Mais à partir du moment où on dit « la mort est un soin »,
01:20nous qui avons construit notre société sur « normalement, je ne te laisserai pas seul,
01:25je ne te laisserai pas malade et je ne te laisserai pas souffrir »,
01:29à partir du moment où on introduit l'idée qu'il existe un soin, en fait,
01:35qui est pour mettre un terme à tout ça et qui est la mort,
01:39partout, ça a fait tâche d'huile parce que ça s'introduit, ça s'immisce dans la conscience générale.
01:47Et ça se multiplie.
01:49Et ça se multiplie...
01:50Notamment sur les populations les plus vulnérables.
01:52C'est exactement ce que je voulais dire.
01:54Ça se multiplie pour qui ?
01:56Pas pour les gens qui sont avantagés, qui ont les moyens, qui ont des relations de la famille.
02:02C'est pour les autres que ça vient.
02:05J'ai jamais oublié une lettre qui m'a bouleversé.
02:10C'est une maman qui m'écrivait alors ou parce qu'elle avait une petite fille trisomique.
02:21Et elle me disait « Mais quand je ne serai plus là, avec cette loi,
02:28elle est tellement gentille, elle veut tellement faire plaisir à tout le monde
02:33qu'on lui expliquera que c'est pour rejoindre sa maman et que... »
02:38Je ne dis pas que ça se passera.
02:39Je ne dis pas que c'est dans les intentions de ceux qui rédigent la loi.
02:43Mais il y a ce risque.
02:44Mais en tout cas, je sais une chose, c'est que tous les médecins qui travaillent
02:49dans ces admirables services de soins palliatifs,
02:52dans les établissements dédiés à cela, Jeanne Garnier par exemple,
02:57tout cela disent « Il ne faut pas faire ça.
03:01Donnez-nous les moyens de soulager la douleur. »
03:04On a constaté une chose très simple.
03:06Parmi tous les gens qui sont en soins palliatifs
03:08et qui voulaient avant qu'on leur applique cette fin de vie,
03:14parmi tous ceux-là, il n'y en a plus que 2 ou 3 %
03:18s'ils sont soulagés de la douleur, qui veulent continuer.
03:21Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des personnes.
03:24J'en connais.
03:25Et j'ai parlé beaucoup avec elles qui disent
03:28« Mais moi, j'ai une maladie très lourde, dégénérative.
03:33Comment je fais le jour où je ne pourrai plus bouger ? »
03:37Eh bien, c'est cette question-là qui, à mon avis,
03:41se traite les yeux dans les yeux avec les médecins.
03:44On est là pour aider.
03:45Comme ça se fait tous les jours.
03:46Comme ça se fait tous les jours, alors que la loi n'existe pas.
03:50C'est pour ça que vous aviez scindé le texte en deux.
03:52Une partie soins palliatifs, parce qu'on a une vraie pénurie
03:54sur les soins palliatifs dans notre pays,
03:56et une partie sur la loi fin de vie.
03:57C'est-à-dire, je n'ai pas voulu qu'il n'y ait qu'un vote
04:00pour deux problèmes distincts.
04:02Si on croit que notre démocratie ou notre République
04:08doit être transparente et honnête,
04:10c'est pourquoi j'ai voulu deux votes.
04:12Un sur les soins palliatifs et un sur cette fin de vie.
04:18Que vous n'appelez pas euthanasie ?
04:20C'est de l'euthanasie ou pas ?
04:22Alors, c'est compliqué, parce que euthanasie,
04:23ça veut dire la mort douce.
04:25C'était déjà quelque chose, une périphrase.
04:31Alors, moi, c'est l'aide à mourir,
04:33ou c'est l'action de donner la mort en fin de vie.
04:38Et c'est un énorme problème de conscience,
04:41parce que c'est un changement profond de la société
04:43dans laquelle on est.
04:44Et je dis ça en respectant tous ceux qui ont une opinion différente
04:49et que je connais aussi.
04:50Vous comprenez l'entêtement d'Emmanuel Macron
04:52vouloir voter, faire voter absolument cette loi,
04:54maintenant, alors qu'il y a tant de problèmes dans notre pays.
04:56Et on va les évoquer.
04:57Il y en a beaucoup, mais il n'est pas vrai
04:59que ce soit un entêtement personnel.
05:02La pression des députés,
05:05au sein de l'Assemblée nationale.
05:09Il y a un très grand nombre.
05:10Et j'ai donc séparé ces deux textes.
05:13Et un jour, le promoteur principal,
05:16que je connais bien, qui est un ami, Olivier Falorni,
05:19est venu me voir.
05:21Et il m'a dit, au fond, t'as eu raison de séparer les deux textes.
05:24Parce qu'on a pu avoir des débats plus concentrés.
05:28Mais le problème de conscience que je rapporte
05:31et dont j'atteste, ce problème de conscience,
05:34il est pour l'avenir de la société,
05:36qui est la nôtre, très important.
05:37François Bayreau, l'autre grand thème dans l'actualité,
05:40c'est tout ce qui concerne la justice,
05:42tout ce qui concerne le fonctionnement de notre société.
05:45On a les drames quotidiens qui émaillent l'actualité.
05:47Les prénoms comme Liana, comme Philippine, comme Louis,
05:51qui, chaque jour, représentent ses victimes.
05:54Et ces familles qui, désormais, refusent de se taire,
05:56qui refusent de se faire silencier par le système.
06:00Et qui disent, non, on veut une justice qui soit une vraie justice
06:03et qui nous protège.
06:04Il y a une fracture, désormais, entre les Français et la justice.
06:07Deux tiers d'entre eux ne font plus confiance.
06:09Est-ce qu'il y a un moyen de réparer cela, François Bayreau ?
06:11Il va falloir le réparer.
06:14Je veux dire, vous avez des attitudes
06:17qui sont des attitudes très antagonistes.
06:21Vous avez les Français qui voudraient juger les juges
06:24ou qui exigent de juger les juges.
06:26En tout cas, qui faisaient des sanctions.
06:27Et vous avez les juges qui disent, mais ne touchez pas à magistrats.
06:35Il va falloir trouver.
06:37Et c'est un bon exemple de toutes les réconciliations
06:41qu'il va falloir conduire en France.
06:44Et vous voyez que vous avez ces antagonismes
06:47qui excitent complètement les positions.
06:50Moi, je suis du côté des parents.
06:53Alors, ce n'est pas très original de dire ça.
06:55Ça fait homme politique qui a ses formules sur ces sujets.
07:03Et aucun d'entre nous ne peut être indifférent.
07:06Mais dans l'affaire Iliana, par exemple,
07:08on voit bien que ce qui a provoqué le drame,
07:11c'est une erreur de fonctionnement de la justice
07:14ou un dysfonctionnement, comme on dit.
07:18C'est-à-dire, non seulement ça n'a pas fonctionné,
07:20mais ça a fait le contraire.
07:21C'est-à-dire, ça a poussé sous le tapis la poussière.
07:25Et ce dysfonctionnement est, hélas,
07:29et je dis ça en pensant aux parents de cette petite fille,
07:34ça a hélas provoqué le drame.
07:37Il y a aussi la mort de Louis.
07:40Ce n'est pas un drame qui a été subi,
07:41c'est un drame qui a été provoqué.
07:43Provoqué. C'est très lourd ce que vous dites.
07:45Il y a aussi Louis, ce jeune homme qui a été massacré
07:50par cinq autres jeunes, dont trois mineurs.
07:53Est-ce qu'on peut parler d'ensauvagement ?
07:55Vous avez souvent fait ce constat-là.
07:57Il figure aussi dans ce livre, François Bayrou.
08:00Est-ce qu'aujourd'hui, il y a un ensauvagement
08:02de la situation en France ?
08:05– Il y a des secteurs de la société
08:08qui sont tellement en panne et tellement enflammés.
08:13Par exemple, l'aide sociale à l'enfance.
08:18C'est exactement le cas.
08:19– Exactement le cas.
08:19qu'on évoque là.
08:23Nous avons dans nos rangs, dans notre groupe
08:26à l'Assemblée nationale, une jeune femme formidable
08:29sur ce sujet qu'elle connaît intimement,
08:32qui s'appelle Périne Goulet,
08:34et qui mène le combat sur la réforme en profondeur
08:42qu'il faut conduire, parce que ces jeunes garçons
08:46et ces jeunes adolescents, dans des familles d'accueil,
08:49qui sont parfois démunis pour maîtriser
08:53ou pour orienter leur développement,
08:57c'est un immense travail à conduire.
09:01– Bien sûr.
09:01– Et dans un pays qui n'a plus les moyens
09:05d'augmenter les dépenses perpétuellement.
09:07– Ma question, c'est en sauvagement.
09:09Est-ce qu'on assiste, et c'est un vrai sujet,
09:11à une faillite morale, éducative, sociétale,
09:14qui ne nous permet plus d'élever nos jeunes,
09:17nos enfants qui s'entretuent les uns les autres ?
09:19– Oui, peut-être qu'il ne faut pas avoir une formule
09:23en pensant que c'est dans toutes les villes et dans toutes les rues,
09:25mais c'est très important et très choquant, ça existe.
09:30C'est Jean-Pierre Chevènement qui avait dit, je crois, des sauvageons.
09:33– Sauvageons.
09:33– Sauvageons, vous savez, dans une forêt,
09:37c'est des drageons qui poussent sans être guidés.
09:43Oui, il y a quelque chose d'une violence tellement forte dans toute la société
09:49que c'est un ensauvagement de la société tout entière.
09:53Exemple, vous allez sur les réseaux sociaux et vous lisez les postes qu'il y a sous chacun de vos
10:01gestes,
10:02de vos actes, vous, journalistes, hommes responsables politiques, chefs d'entreprise.
10:09C'est d'une violence, d'une méchanceté, d'une haine recuite,
10:15de la volonté, on a l'impression d'abattre, de déshonorer, de tuer,
10:21par centaines et milliers protégés par l'anonymat.
10:25Comme si, j'ai un chapitre dans le livre sur ce sujet,
10:29comme si se révélait par l'anonymat le tréfonds de la nature humaine
10:37dans les sociétés où nous sommes, qui ne sont plus cadrées,
10:40qui ne sont plus guidées et qui donnent aux responsables de la société
10:47très importantes charges que personne ne pourra éluder,
10:52y compris dans les campagnes qui viennent.
10:53– Alors François Bayrou, alerte sur la France qui vient,
10:55c'est votre livre, édition de l'Observatoire.
10:57Pour vous, le cœur du réacteur, c'est la dette,
10:59qui est abyssal dans notre pays.
11:01Vous dites quasiment que nous, nous sommes à un point de bascule
11:05pour cet endettement.
11:07Et concernant le système des retraites, évidemment, qui est connexe,
11:09vous dites qu'il peut y avoir une guerre de génération.
11:13Est-ce qu'on peut encore éviter ces écueils-là, à votre avis ?
11:16– Laurence Ferrari, on va vers une guerre de génération si on ne fait rien.
11:20Une guerre de génération par négligence, par laxisme.
11:24Il y a 50 ans, 50 ans, que la France n'a plus voté un budget en équilibre.
11:32Ça veut dire des déficits tous les ans, des déficits croissants.
11:36Et ces déficits, il faut les emprunter pour payer les salaires,
11:41pour payer les charges de l'État et de la Sécu.
11:44Et ce sont ces déficits qu'il faut emprunter,
11:48qui, accumulés au fil du temps,
11:50forment la dette incroyable dans laquelle nous sommes.
11:54Et alors, autrefois, vous savez que je mène campagne sur ce sujet depuis longtemps.
11:59– Depuis 2006, 2007, en tout cas ?
12:02– Oui, même…
12:03– La campagne ?
12:03– Voilà, en tout cas depuis 2007, dont j'avais fait un sujet majeur.
12:09Autrefois, on disait, bon, d'accord, François Bayrou, il a raison,
12:14c'est une obsession chez lui, il parle, mais c'est pour plus tard.
12:18C'est un jour qu'on aura des ennuis.
12:20Mais aujourd'hui, vous l'avez vu, et la Cour des comptes
12:23et toutes les analyses que j'ai développées dans ce livre
12:26montrent que ça n'est plus pour plus tard, c'est désormais aujourd'hui.
12:30Ça n'est plus un risque, c'est une fatalité que nous affrontons aujourd'hui,
12:35à telle enseigne que l'année prochaine,
12:39la totalité des impôts sur le revenu que paient chacun de ceux qui nous écoutent
12:43quand ils en paient, et vous, et moi, et tous ceux qui sont là,
12:47la totalité de l'impôt sur le revenu de toutes les villes
12:50et de tous les villages français ne suffira plus.
12:53– Ne servira plus à rembourser les intérêts.
12:55– À rembourser seulement les intérêts de la dette.
12:58– On est d'accord.
12:58Pas la dette, on n'a jamais remboursé un euro de dette depuis 50 ans.
13:01Pas un euro.
13:02– Et la guerre des générations, c'est quoi ?
13:03C'est les jeunes qui s'en prendraient aux plus âgés ?
13:05Qui leur reprocheraient d'avoir profité du système et de l'avoir ruiné ?
13:09– Si vous parlez avec eux, la charge qu'ils vont avoir à porter,
13:13la plus lourde et la plus longtemps,
13:16le plus longtemps dans les décennies qui viennent,
13:21c'est eux qui vont avoir à le faire.
13:24Quand nos générations avaient 20 ans, il n'y avait pas de dette.
13:31En 80, il n'y avait pas de dette.
13:33Et puis, tout d'un coup, ça s'est installé, ça s'est accéléré.
13:37C'est devenu un réflexe pour chacun des gouvernants
13:42et chacun des citoyens.
13:43Tout le monde dit, mais sur ce problème, il faut des moyens.
13:47Tous les grands sujets que vous avez évoqués, il faut des moyens.
13:51Et on doit donner les moyens supplémentaires.
13:56Il n'y aura plus de moyens supplémentaires.
14:00Parce qu'on a la défense, on a l'école, on a…
14:05La sécurité, on devrait avoir la science et la recherche,
14:08on a l'intelligence artificielle.
14:11Et donc, vous voyez que tout cela, en réalité,
14:16exige une prise de conscience de la société dans laquelle nous vivons.
14:20Parce que s'il n'y a pas de prise de conscience,
14:23alors les gouvernants qui suivent toujours la société,
14:26qui suivent toujours la demande,
14:27qui suivent toujours les sondages, ne feront pas face.
14:30Prise de conscience et des Français et de leurs responsables politiques.
14:32C'est ce que vous dites aussi clairement dans ce livre.
14:35Est-ce qu'il y a un homme ou une femme providentielle
14:36qui pourrait, selon vous, renverser la table ?
14:39Remettre la dette, en tout cas, la faire un peu baisser ?
14:44Est-ce que vous, vous êtes candidat, François Bayrou ?
14:46Je ne suis pas candidat.
14:47Vous n'êtes pas candidat.
14:49Écartons d'emblée juste une hypothèse sur…
14:52Est-ce que vous avez passé un pacte avec François Hollande ?
14:54Non, j'ai lu ça.
14:56C'est n'importe quoi.
15:01Les journalistes qui se laissent entraîner à n'importe quoi,
15:06j'ai vu ces jours-ci qu'il y avait cette rumeur,
15:09une rumeur fondée sur un article démenti.
15:12Enfin, vous voyez tout ça.
15:13Donc, c'est non. Il n'y a pas de pacte secret.
15:16Évacuons l'hypothèse.
15:17Pourquoi ? Parce que je pense que cette élection présidentielle,
15:22elle n'est pas comme les autres.
15:25Autrefois, on allait à l'élection présidentielle,
15:27pour se faire connaître, pour se faire voir,
15:32pour que les Français découvrent les charmes immenses
15:35qui sont ceux des candidats successifs.
15:39Mais c'est fini.
15:40Cette année, l'élection présidentielle, ce n'est pas ça.
15:44Cette année, l'élection présidentielle, c'est la menace des extrêmes.
15:47Et il n'y a aucun pays dans le monde, aucun pays dans le monde,
15:52qui se soit relevé des extrêmes.
15:54Jamais.
15:55Je ne veux pas citer des noms, mais vous les avez en tête.
15:59Et donc, la menace immense créée par cette tenaille,
16:06elle doit être conjurée.
16:08Et elle change la nature de l'élection présidentielle et des candidatures.
16:10Pourquoi ? Parce que ça veut dire qu'il ne faut pas se présenter pour participer,
16:14il ne faut pas se présenter pour témoigner,
16:16il ne faut pas se présenter pour faire connaître,
16:18il faut se présenter pour gagner.
16:20Et présenter pour gagner, ça veut dire aussi qu'il faut des candidats,
16:24je suis sûr qu'il y en a qui vont apparaître,
16:26qui ont les épaules pour être demain matin président de la République.
16:30Ça veut dire qu'il n'y en a pas actuellement qui ont les épaules ?
16:32Sûrement, peut-être.
16:34Édouard Philippe, il n'a pas les épaules ?
16:35Je ne veux pas participer à ces concours-là.
16:41Vous voyez bien que ce que traduisent les sondages,
16:44c'est comme une insatisfaction par rapport aux candidats déjà déclarés,
16:48qui ont des qualités, qui ont des mérites, qui ont des vertus,
16:50mais qui ne semblent pas toucher et répondre à la question.
16:55Il faut des gens qui ont une expérience qui ne ressemble à aucune autre,
17:01une compréhension des différents domaines de l'économie
17:04et des relations internationales et de la diplomatie et des armées,
17:10et qui puissent exercer la fonction demain,
17:13et deuxièmement, capables de rassembler et de réconcilier.
17:16Vous venez de faire votre portrait robot, François Bayrou ?
17:18Non, pas du tout. Non, je ne suis pas candidat.
17:21Mais je pense qu'il y a des candidats...
17:22Et vous ne le serez pas, quoi qu'il arrive ?
17:24Non, je vous ai dit, si j'avais écrit ce livre
17:29en étant candidat, qui aurait lu le livre comme un livre sur la France ?
17:34C'était un livre sur moi.
17:36Ou un programme.
17:37Un programme que, en fait, je défendais mes propres avantages.
17:42Et ce n'est pas ce que les Français veulent.
17:44Mais pourtant, vous dites, j'ai choisi le combat.
17:46Il n'y a à chaque fois qu'une question s'arrêtait au repart dire,
17:49j'ai choisi le combat.
17:50Donc vous voulez toujours combattre pour la France, François Bayrou ?
17:52Combattre pour essayer de sauver, je parle de sauvegarde,
17:58un pays qui est aujourd'hui dans une situation,
18:00depuis des décennies, que nous avons vu, vous et moi,
18:06depuis des décennies,
18:09se laisser envahir par des pratiques qui sont des dérives,
18:14en réalité, et celle de la dette n'est pas la plus mince,
18:17mais ce n'est pas la seule.
18:18Vous avez dit tout à l'heure, il n'y a plus rien qui marche dans le pays.
18:23C'est vrai, ce qui veut dire qu'il faut changer notre organisation profondément.
18:27Parce que...
18:28Mais est-ce que les Français le veulent ?
18:30Est-ce qu'ils sont prêts à changer tout ce à quoi ils sont habitués depuis tant d'années ?
18:34Ceci est exactement la question.
18:37Est-ce qu'on va changer par force, méchamment ?
18:42Écoutez-moi bien.
18:43Vous enregistrez.
18:45Et on garde ça dans les archives.
18:46Par force, méchamment.
18:48Ou bien est-ce qu'au contraire, on va, comme un peuple debout,
18:52ouvrir les yeux, ce que j'ai proposé et qui a été refusé à l'Assemblée nationale il y a
18:57neuf mois.
18:58On va ouvrir les yeux et dire, voilà le constat.
19:02Et donc, on va décider tous ensemble de faire ce qu'il faut pour s'en sortir.
19:08Ce qu'il faut sur plusieurs années, ce qu'il faut pour s'en sortir,
19:11avec un plan sérieux, exigeant de retour à l'équilibre.
19:19Les mois que nous allons vivre, je ne parle même plus d'années, je parle de mois.
19:23Les mois qui viennent sont un danger terrible pour le pays.
19:28Et donc, il faut une prise de conscience.
19:31Et donc, il faut les yeux ouverts et du courage.
19:33Merci beaucoup, François Bayrou.
19:34Alerte sur la France qui vient aux éditions de l'Observatoire.
19:37Merci d'avoir partagé votre constat avec nos téléspectateurs et nos auditeurs.
19:40Bonne journée sur CNews et sur Europe 1.
Commentaires