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Journaliste et auteur de «La France est-elle un pays communiste ?» était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:03Générique
00:12Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Franz Olivier Gisbert.
00:17Bonjour à vous, journaliste et auteur de ce livre « La France a-t-elle communiste ? »
00:21On va en parler dans un instant, il est absolument génial.
00:23D'abord un mot de la défaite du nationaliste Victor Orban, France en Hongrie,
00:27défaite par le conservateur pro-européen Peter Maguire, c'est un camouflet pour Trump,
00:32pour Marine Le Pen qui s'était déplacée à Budapest.
00:34Pour Vladimir Poutine, il ne faut pas l'oublier, parce que c'est vraiment l'agent de Poutine en Europe.
00:38Mais est-ce que c'est vraiment une victoire pour Emmanuel Macron qui se félicite aujourd'hui de cette victoire
00:42et appelle à faire avancer une Europe plus souveraine, France ?
00:44Non, c'est idiot. Pourquoi ? Parce que l'Europe, il faut que chacun existe.
00:49Et l'Europe, elle est très forte de ses différences.
00:51Et je pense que la politique a consisté à toujours désigner du doigt.
00:55Victor Orban n'était pas une bonne politique.
00:57La preuve, ça n'a pas marché, il y a tenu longtemps.
00:59C'est normal, après 16 ans de pouvoir, qu'il soit sorti.
01:02On est en démocratie quand même, c'était genre président sa vie, ça ne pouvait pas durer.
01:08Et puis bon, c'est un jeune qui arrive, un peu d'air frais, ça va faire du bien.
01:11Mais est-ce que ça envoie un signal à l'Europe ou pas du tout pour vous ?
01:13Pas du tout.
01:13Pas du tout.
01:14C'est pas à la fin des populismes ?
01:16C'est une histoire locale et c'est une très bonne chose pour la Hongrie.
01:19Moi, je suis très heureux pour la Hongrie qu'il y ait quelqu'un de jeune et dynamique qui arrive,
01:24après un système qui était là quand même depuis très longtemps.
01:28Et si vous voulez, la politique européenne qui consiste à vouloir que tout le monde pense pareil, c'est idiot.
01:35Je veux dire, il faut toujours revenir à l'idée.
01:36L'Europe, elle sera très forte quand elle acceptera d'être l'Europe des nations.
01:40Non, on est une vieille nation et ensemble, on fait l'Europe.
01:44Moi, je suis européen, mais je suis européen comme ça.
01:46Alors qu'on est l'Europe de Bruxelles actuellement et ça, ça ne peut pas marcher.
01:48Oui, l'idée que tout le monde doit parler à la limite la même langue.
01:51D'ailleurs, c'est vrai, il parle anglais, etc.
01:52Enfin, tout ça, il faut revenir à la conception un peu originelle de l'Europe.
01:57François-Olivier Gisbert, il y a aussi évidemment Donald Trump qui menace à nouveau l'Iran de destruction
02:01après l'échec des pourparlers au Pakistan.
02:03Je pourrais les détruire en une journée, en une heure.
02:05Le régime iranien, malheureusement, est toujours là.
02:08Il n'a jamais autant exécuté. 1639 personnes exécutées en 2025, c'est un record historique.
02:13Est-ce que la guerre n'a servi à rien ?
02:16Elle n'est pas finie déjà.
02:17Mais le problème de Trump, si vous voulez, c'est qu'il n'a pas lu Sun Tzu, l'art
02:21de la guerre,
02:22VIe siècle avant Jésus-Christ, un général chinois qui a écrit des choses absolument géniales.
02:26D'ailleurs, Ronald Reagan, son prédécesseur, le 40e président des États-Unis,
02:31s'en a été inspiré beaucoup.
02:33Et il y avait, par exemple, parmi ses préceptes, l'art de la guerre, c'est soumettre l'ennemi sans
02:39combattre.
02:41Ça, c'est important.
02:42Et ça, si vous voulez, ce n'est pas du tout…
02:45Il est parti sur l'idée qu'il pouvait gagner cette guerre en quelques temps.
02:48Non, ça ne le fait pas.
02:50Puis lui, si vous voulez, il n'est pas comme Poutine.
02:52Poutine, là, il se fait tenir la dragée haute par un petit pays, quatre fois moins peuplé que lui.
02:58Mais il a le temps pour lui, Poutine.
02:59Mais il a le temps pour lui, c'est une dictature.
03:01Ça va très bien.
03:02L'autre, évidemment, Trump, il a ses mid-terms, ses élections de mi-mandat,
03:07avec quand même un renouvellement important du Sénat, la moitié du Sénat.
03:11Non, oui, un tiers de la Chambre des représentants.
03:13Non, c'est à le contraire.
03:14C'est la moitié de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat en novembre.
03:19Et apparemment, il est parti pour les perdre.
03:21Donc, il a le temps contre lui, qui joue contre lui, contre Trump.
03:25Et puis, surtout, il a eu le sentiment, parce que ça, c'est l'hubris, évidemment, le narcissisme.
03:29Enfin, on connaît ça aussi en France avec Macron.
03:31Mais qui fait qu'il a cru qu'avec la politique étrangère, il pourrait se rebecter.
03:37Et ce n'est pas comme ça.
03:38Aux États-Unis, vous savez bien, il juge sur la croissance, s'il n'y a pas de croissance.
03:42Sur l'économie, sur le prix du Marine Lebrun.
03:45Oui, bien sûr, c'est ça qui compte.
03:46D'ailleurs, c'est vrai qu'il regarde les sondages, Trump, mais il regarde aussi toujours les cours de bourse.
03:50Ça veut dire qu'il a intérêt à ressortir très vite de cette situation compliquée sur le plan militaire ou
03:54pas ?
03:55Ah oui, je pense.
03:56Avant les élections militaires, c'est vrai que c'est quoi ?
03:58Et ça, les Iraniens le savent.
04:01C'est le petit problème des négociations.
04:03C'est-à-dire qu'ils savent que plus c'est long, plus ça va être compliqué pour Trump.
04:07Pendant ce temps-là, le peuple iranien continue de souffrir.
04:09C'est atroce, c'est atroce.
04:11Ils sont les grands oubliés de cette guerre.
04:12Avec une gauche française, enfin une partie de la gauche française, qui soutient ce régime abject, l'un des régimes
04:18les plus abjects qu'on a eu depuis longtemps,
04:19qui a tué tant à 40 000 personnes.
04:22Par quoi ? Par anti-trumpisme primaire ? Par antisémitisme aussi ?
04:26Par haine de soi, antisémitisme, haine de soi aussi.
04:28C'est très important, parce que la haine de soi, on le sent très bien dans ce pays, dans ce
04:32pays comme dans l'Occident en général.
04:35Et elle nous fait faire beaucoup de bêtises.
04:37Et peut-être qu'elle va précipiter la chute.
04:40Quand vous dites la gauche, François-Olivier, j'espère que vous parlez de qui ? De quels hommes politiques ?
04:43L'extrême gauche, mais aussi la gauche.
04:45Parce que vous voyez très bien que l'autre gauche, la gauche Olivier Faure, disons, ce sont les bourgeois de
04:51Calais.
04:51Ils sont complices, ils suivent.
04:53Enfin, ce n'est pas du tout.
04:54Et puis derrière, c'est Mélenchon qui mène la danse, bien sûr.
04:56Et qui contrôlent le cerveau d'un certain nombre de ces gens.
04:58Il y a aussi les pourparlers qui vont débuter demain entre Israël et le gouvernement libanais à Washington,
05:02sous l'égide des Etats-Unis.
05:03Israël veut un accord de paix avec le Liban, un accord qui tiendrait pour des générations, dit Benjamin Netanyahou.
05:08Ce serait historique, mais la France a été laissée en dehors par Benjamin Netanyahou de cet accord.
05:13Que pèse encore notre pays dans cette région ?
05:16Pas grand-chose, pas grand-chose.
05:17Mais on a aussi quand même, enfin, on a commis, le président, ce n'est pas les Français,
05:22mais des erreurs terribles.
05:24C'est-à-dire, on n'a jamais parlé de l'Uezbollah.
05:25On découvre la présence du Hezbollah depuis quelques temps.
05:28Mais souvenez-vous des premières déclarations sur le Liban.
05:32Le président de la République s'attaquait à la classe politique libanaise qui était corrompue.
05:35C'était à cause d'elle qu'il y avait tous ses problèmes.
05:37Il avait oublié l'éléphant dans la pièce.
05:40Enfin, il n'avait pas vu que des gens en ont parlé il y a 20 ans.
05:43Le Hezbollah, c'est vrai, c'est un pouvoir qui tient.
05:46C'est le pouvoir bis et c'est le pouvoir, en fait, qui a tenu longtemps le Liban.
05:51Et là, qui était en train de revenir après la guerre à Gaza.
05:55Mais on sait que le Liban est très cher à son cœur, qu'Emmanuel Macron s'est rendu à nos
05:58multiples.
05:59Mais non, il est cher à nos cœurs.
06:01Attendez, on est tous un peu Libanais.
06:02Moi, je suis Libanais aussi.
06:04C'est un pays merveilleux.
06:05Et puis les Libanais sont tous merveilleux.
06:07La France, en tout cas, subit...
06:08Comme les derniers, attention, parce que c'est exactement la même chose.
06:11Et c'est les peuples qui, évidemment, sont importants.
06:13Ils sont quoi ?
06:14La France est frappée de plein fouet par cette crise énergétique.
06:18Les prix de l'essence, on en a beaucoup parlé.
06:20Le prix du gaz qui va augmenter.
06:22Est-ce qu'on est au bord de l'explosion sociale pour vous ou pas du tout, François Léves-Gisbert
06:25?
06:25Je ne crois pas, non.
06:26Je ne crois pas.
06:27Parce qu'on est résigné ?
06:28La France est résignée ?
06:28Oui, en ce moment, on est dans un...
06:30Vous savez, d'abord, il y a des problèmes monumentaux.
06:34Je crois que les Français ont commencé à comprendre qu'il y a le problème de l'endettement,
06:39qui est quand même sismique.
06:41C'est plus de 3 500 milliards, dont plus d'un tiers imputable à Emmanuel Macron,
06:49qui a quand même beaucoup, beaucoup planté de ce pays.
06:52C'est une dette sociale.
06:53C'est pour payer le social.
06:54Enfin, il n'a pas essayé de régler tous ces problèmes-là.
06:57Il y a évidemment le problème migratoire, parce qu'il laisse tout filer.
07:01C'est ça, en fait, ce qui se passe.
07:03Le slogan de ce pouvoir, ça pourrait être, vous savez,
07:05« Silençon coule » ou « Rien ne va plus, mais surtout, on ne change rien ».
07:10Voilà, c'est un peu comme ça.
07:11Et ça continue avec un président de la République et un Premier ministre
07:14qui sont comme des acteurs.
07:15Ils font semblant, mais en fait, ils ne prennent aucune décision.
07:18Et ça, je pense que les Français le ressentent.
07:21Vous savez, il ne faut pas mépriser les Français.
07:23Et je pense qu'ils comprennent beaucoup plus de choses qu'on croit.
07:26Vous comparez ça au Titanic.
07:27Vous dites, en bas, dans les soutes, tout le monde coule.
07:30Au milieu, on fait comme si on ne comprenait rien.
07:33Et en haut, l'élite, là, tout va très bien.
07:35La musique et le champagne.
07:36On voyage, on voit le pape, on circule, on fait des émissions à la télé.
07:40Mais enfin, bon, rien n'avance.
07:42Alors, et notre pays est quand même extraordinaire,
07:45parce qu'aujourd'hui, le grand débat, c'est le 1er mai.
07:47Faut-il ou non travailler le 1er mai ?
07:48Vous décrivez ça dans ce livre, la France a-t-elle un pays communiste ?
07:51En disant, mais en fait, à quel moment est-ce qu'on va comprendre
07:53qu'il faut créer des richesses dans ce pays et pas juste en prendre ?
07:56Là, vous avez dit le mot.
07:57C'est-à-dire que, au moins, ce livre, il est venu d'une colère.
08:01La colère que j'ai ressentie après le numéro de Cirque
08:04qui a été fait par les deux, Laurel et Hardy, de l'économie marxiste,
08:08c'est-à-dire Thomas Piketty et Gabriel Zuckman,
08:11qui ont expliqué qu'en France, les Français ne payaient des impôts
08:17et que les riches n'en payaient pas.
08:19Les riches, en fait, c'était...
08:20Et ce discours a pris.
08:22Je m'en suis rendu compte, parce qu'en parlant,
08:24je parle beaucoup avec les gens,
08:25ce discours a pris, c'est-à-dire que les riches ne payent pas d'impôts.
08:28Quand on pense quand même que 40% des Français ne payent pas d'impôts,
08:32ça, personne ne l'a dit.
08:34Ils ont eu une espèce de tapis rouge partout.
08:37Dans tous les médias, de l'audiovisuel public.
08:39Jamais de contradicteurs, alors qu'on a quand même des grands économistes en France.
08:42Philippe Aguillon, d'ailleurs, qui est de gauche,
08:44prix Nobel remarquable,
08:46Jean Tirole, prix Nobel également,
08:49Jean-Marc Daniel, enfin, je ne sais pas,
08:50il y a plein d'économistes, Nicolas Bavray,
08:53enfin, on aurait pu avoir des économistes en face.
08:56Non, pas du tout.
08:56Ils étaient là, tous seuls, ils ont déroulé leur truc.
08:59Et leur truc, c'est une honte.
09:02C'est-à-dire que 40% des Français ne payent pas d'impôts.
09:05Bon.
09:0657% des Français sont bénéficiaires nets des prestations sociales.
09:10C'est-à-dire qu'ils reçoivent plus d'argent qu'on ne leur prélève.
09:1557%.
09:16Donc, comment on peut expliquer ça ?
09:18Toute l'idée, c'est ça, on voit très bien.
09:19C'est d'appauvrir.
09:21Appauvrir, puisqu'ils ne sont pas incultes.
09:24Ils ne sont pas idiots.
09:25Qu'est-ce qu'ils font ?
09:25Ils essayent presque à la limite, c'est une politique de, comment dire, je dirais presque de terre brûlée, de
09:32faire fuir les grandes entreprises.
09:34Ces grandes entreprises qu'on taxe comme ça, ces grandes entreprises, vous savez où elles font leurs bénéfices ?
09:38Elles le font à l'étranger.
09:3990% des bénéfices de ces grosses boîtes, notamment dans le luxe, c'est à l'étranger.
09:44Qu'est-ce qu'on veut ? On veut qu'elles partent.
09:46On veut qu'elles partent parce que les impôts, elles ne les payent ici.
09:48Enfin, tout ça est absurde.
09:50Et le vrai sujet aujourd'hui, vous savez très bien, et c'est ça, la colère du livre.
09:55Moi, ça part vraiment d'une colère.
09:56C'est très vieux, c'est un vieux problème français.
09:58La phrase de Georges Clemenceau, elle date quand même du début du siècle dernier.
10:04La France est un pays très fertile, on plante des fonctionnaires, ils poussent des impôts.
10:09Bon, et c'est vrai qu'on a 45% de prélèves obligatoires.
10:13Et puis quand je dis, on est un pays communiste, vous savez que c'est Mikhaïl Gorbatchev,
10:17c'est lui qui a trouvé cette formule géniale que la France est le seul pays où le communisme a
10:21réussi.
10:23C'est une blague qu'il a faite.
10:25Pour vous, c'est la réalité ? La France est un pays communiste ?
10:28C'est un problème de mentalité.
10:30C'est un problème de mentalité.
10:32On n'a pas compris dans ce pays, regardez, vous avez des amis de l'étranger,
10:36quand ils viennent ici, ils ne comprennent pas.
10:37Mais parce que ça commence dès l'école, c'est-à-dire qu'on apprend que le capitalisme, c'est
10:40le mal.
10:41C'est le mal, l'entreprise, c'est le mal.
10:43Et je veux dire, c'est le pitch un peu du bouquin, c'est ne dites surtout pas à la
10:47France qu'elle est un pays communiste.
10:48Elle croit qu'elle vit dans l'enfer du néolibéralisme ou de l'ultralibéralisme.
10:53C'est dément, c'est dément.
10:54Comment on peut être un pays libéral, ou ultralibéral, ou néolibéral,
10:58quand on a 57% de dépenses publiques, c'est-à-dire qui passent par l'État ?
11:03Alors, je ne dis pas qu'on est un pays communiste dans la mesure où il n'y a pas
11:06de goulag en France,
11:07il n'y a pas de police politique, il n'y a pas de guépeau,
11:10il n'y a pas tous ces morts qu'il y a eu, les 100 millions de morts du communisme.
11:15On est très loin de tout ça.
11:16C'est un système, c'est un communisme mou.
11:18Mais on vit là-dedans.
11:20Et je veux dire, c'est frappant de voir à quel point c'est ancré dans nos mentalités.
11:25Et ça explique d'ailleurs cette espèce de polémique idiote sur le 1er mai,
11:29parce qu'il ne s'agit pas de supprimer...
11:29On se prend la tête pour savoir si les fleuristes et les boulangers pourront travailler une journée.
11:33Les boulangers et les fleuristes, c'est normal, parce que de toute façon,
11:37sinon il y en a dans la rue, il y a des gens qui vendent des croissants ou des...
11:40Enfin, voilà, c'est absurde.
11:43On peut...
11:43Enfin, comme vous voyez, les amendes de 80 000 euros pour des boulangers,
11:47parce qu'ils sont restés ouverts le matin du 1er mai, enfin tout ça...
11:51Ça résume le paradoxe français.
11:53Mais oui, c'est-à-dire que c'est la bureaucratie.
11:55Il y en a qui a compris qu'on était au fond un pays communiste,
11:58vous dites, c'est Jean-Luc Mélenchon.
11:59Vous dites, il ne faut surtout pas le sous-estimer.
12:01Vous dites qu'il peut arriver au second jour de la présidentielle de 2027
12:05et qu'il est le politicien le plus doué sur le marché.
12:08Expliquez-nous, François-Olivier Gisbert.
12:10Parce qu'il y a une stratégie, et une stratégie à long terme.
12:12On voit très bien.
12:14Il engrange, il avance.
12:15Et puis, il se fiche pas mal des petites polémiques.
12:18À la limite, il les crée, d'ailleurs, un peu à la façon de Trump,
12:21parce que Puy est attaqué par les médias,
12:23qui n'ont pas une grosse cote en France.
12:25Il suffit de regarder les sondages.
12:27Le meilleur, c'est pour lui.
12:28C'est une vieille technique.
12:30Et en fait, sa stratégie, c'est très simple.
12:33C'est-à-dire qu'il a un noyau dur sur lequel il travaille.
12:36Moi, j'ai entendu ça.
12:3715% à peu près de l'électorat ?
12:39Oui, Mitterrand, Chirac, ils disaient toujours, il faut 15%.
12:41Et après, on agglomère, il faut 15%.
12:43Les 15%, il les a.
12:44Et c'est les islamo-gauchistes, ce sont les enfants grattés.
12:48Vous savez, tous ces gens...
12:49Les bogos, vous les appelez les bogos ?
12:51Les bogos, oui.
12:51Souvent, qui sont après ratés.
12:54Bourgeois de gauche, qui ont du fric et qui en veulent à la terre entière,
12:56parce que finalement, ils ont fait des études à la con et qui n'ont pas de travail vraiment intéressant.
13:01Il y a une essence d'aigreur et de ressentiment.
13:03Ils jouent là-dessus, quoi.
13:04Ils jouent sur les ressentiments.
13:06Ils jouent sur l'islamisme.
13:07Et puis, il agglomère tout ça.
13:09Et puis, le jour venu, vous verrez, il va tendre la main à la droite, aux patriotes, aux souverainistes.
13:16Il va faire peut-être un petit numéro avec Dominique de Villepin.
13:19Et puis, on va emballer tout ça.
13:22Donc, c'est un véritable danger, vous dites, pour la France ?
13:24Ah ben, bien sûr.
13:25Oui, bien sûr.
13:25Je pense que...
13:26Non, non, mais l'idée...
13:27Vous savez, c'est étrange.
13:29Les médias n'apprennent jamais.
13:30C'est-à-dire, ils expliquent toujours, Mélenchon, c'est fini.
13:32Vous avez des grands papiers, des livres.
13:34Néer, qui expliquent que c'est fini régulièrement.
13:36Non, mais non, ça tient toujours.
13:38Ça marche parce qu'il sait où il va.
13:40C'est-à-dire qu'il construit, il a son bloc.
13:44Et après, vous verrez, il va essayer de développer.
13:48Et ça peut marcher.
13:50Alors, je ne dis pas qu'il peut gagner, la présidentielle.
13:52Non, non, mais il peut être au second tour.
13:53Mais il peut être au second tour.
13:54Et là, peut-être construire quelque chose pour après.
13:57Vous voyez, parce qu'après le second tour, vous savez bien,
14:00quand on a un peu d'expérience, il y a un troisième, il y a un quatrième tour.
14:03Il peut être dans la rue.
14:03Oui, ça peut aller dans la rue, on ne sait pas.
14:05Enfin, bref, voilà.
14:06Donc, l'histoire n'est pas finie.
14:07D'accord.
14:08Et qu'est-ce qu'il y a en face ?
14:09Qui peut s'opposer à lui ?
14:11On évoque beaucoup Édouard Philippe.
14:13Non, mais ça, c'est une blague, Édouard Philippe.
14:14Ah, c'est une blague, carrément.
14:16Mais non, mais c'est-à-dire...
14:17Pourquoi ?
14:17J'ai traité un jour d'ectoplasme.
14:19Parce que c'est quelqu'un...
14:21Il faut bien voir la politique.
14:22Un jour, quand il sera confronté, par exemple, dans les débats...
14:25Mais pourquoi il a arrêté le nucléaire ?
14:26Je ne comprends pas.
14:27Il était avec Macron ?
14:28Non, non, mais attendez.
14:29Il essaie de faire oublier tout ça, mais il fait partie des gens qui ont fait...
14:33Qui ont commis, comment dire, un acte terrible contre la France en décidant, en 2017, d'arrêter le nucléaire pour
14:41qu'on perd aux écologistes.
14:42Donc, si vous voulez, tout ça, il faudra qu'il réponde à tout ça.
14:45Alors, bon, moi, je veux dire, je n'ai rien à contrôler, a priori, comme ça.
14:49Mais, si vous voulez, ce n'est pas très sérieux.
14:52C'est-à-dire, il faudrait qu'il fasse une sorte d'examen de conscience, quoi.
14:54Un droit d'inventaire.
14:55Ce qu'il n'a pas fait, parce qu'il peut dire, oui, il n'aime plus Macron, parce qu
14:58'évidemment, il ne va pas mettre l'étiquette Macron,
15:01le petit chapeau, les petits oreilles flammes Macron pour se faire élire président de la République.
15:06Ça, il y a compris, ça ne le fera pas.
15:07Mais il pourrait aussi faire son examen de conscience.
15:09Il y a aussi la droite, qui est divisée comme jamais, François-Olivier Gisberg, la machine à perdre, est enclenchée
15:14pour vous, à droite ?
15:16Oui, c'est très compliqué, parce qu'il y a déjà la candidature d'Élouard Philippe, il y a Bruno
15:20Retailleau, il y a peut-être Gabriel Attal, il y a David Lysnard.
15:26Je ne sais pas, il y a quelque chose qui cloche, là.
15:30Il faudra qu'ils se mettent d'accord.
15:31Donc, l'idée d'une primaire n'est pas si sotte, qu'il pourrait être emporté par quelqu'un.
15:37Ça serait la solution, vous pensez ?
15:39Oui, je pense que c'est une bonne solution.
15:41C'est une bonne solution, parce que l'idée, ou alors, d'avoir vraiment une règle entre eux, c'est
15:45-à-dire qu'il faut que les sondages, en octobre, disons, à ce moment-là, décident.
15:52Mais vous savez, à ce moment-là, je pense qu'il y aura toujours quelqu'un qui pensera, mais non,
15:56je vais le faire quand même, ça va passer quand même.
15:58Et en plus, si vous voulez, le problème, d'ailleurs, c'est le problème pour Édouard Philippe, c'est que
16:02quand on est en tête un an avant, il n'y a très peu de chance que ça marche.
16:06Ce n'est jamais bon signe, effectivement.
16:07De regarder Baladu, regarder Jospin, enfin, on peut citer...
16:10Juppé, etc.
16:11Et il y a le Rassemblement National, évidemment, Jordan de Barnella ou Marine Le Pen, ce sera les juges qui
16:16décideront.
16:17Est-ce qu'ils sont en capacité, encore, d'être au premier tour, mais éventuellement, de remporter la présidentielle ?
16:23Pour vous, François-Olivier Gilbert ?
16:24Oui, je pense.
16:25Oui, je pense, notamment, d'ailleurs, si c'est Mélenchon, si la droite avait un candidat type Philippe, je ne
16:34suis pas sûr que Philippe passerait, vous voyez.
16:37Mais peut-être s'il y avait quelqu'un...
16:38Ils sont à touche-touche dans les sondages.
16:39Oui, ils sont à touche-touche, mais...
16:41Les sondages se trompent ?
16:42Bruno Retailleau, David Lissnard, Robert Ménard, voilà, c'est des personnages qui pourraient jouer un rôle...
16:48Oui, je pense qu'ils pourraient l'emporter, oui.
16:50En tout cas, dans ce livre, La France est-elle un pays communiste ?
16:52Vous parlez du travail, le travail se meurt, l'agonie de la valeur travail, vous parlez du modèle social, de
16:58la bureaucratie.
16:59Oui, par la gauche, attention.
17:00Oui, mais aidé par la droite, et pas contré par la droite.
17:02La droite a laissé faire, bien sûr, sur les 35 heures, la droite a été très lâche.
17:06Bien sûr, elle ne les a jamais abrogées.
17:07C'est un point très important, les 35 heures, c'est quand même quelque chose...
17:09À partir de là, après, c'est ajouter le télétravail, enfin, et voilà, ce qu'on appelle à Marseille le
17:15télépastis,
17:16c'est vraiment ça, c'est le télépastis, c'est pas le télétravail,
17:19parce que quand c'est les employés municipaux qui sont en télétravail, je ne sais pas très bien...
17:23Bien sûr, vous parlez du droit à la paresse, de l'absentéisme au travail, qui est devenu un sport national,
17:28mais on n'est pas un peuple de flémores, quand même.
17:30Ah, c'est pas du tout ce que je dis, on a un peuple avec un énorme potentiel,
17:35mais bon, vous avez bien vu que ces dernières années, l'absentéisme,
17:40enfin, on a deux fois plus d'absentéisme, enfin, de maladie...
17:43Que la Grande-Bretagne ou les États-Unis ?
17:44Que la Grande-Bretagne ou les États-Unis, ça pose un problème, quand même, non ?
17:47Ça ne vous interroge pas quelque part ?
17:49Alors, il paraît que c'est la souffrance au travail, moi, je veux bien,
17:51j'entends toujours ces trucs, souffrance, tout le monde se plaint.
17:53Non, non, mais je crois que...
17:55Moi, je viens d'un monde, le monde d'avant, le XXe siècle,
17:59le monde était ouvert, enfin, on avait l'impression que le monde nous appartenait,
18:03et qu'on savait, qu'on pensait qu'on gagnerait par le travail.
18:06Et je crois qu'il faut revenir à cette philosophie-là.
18:09Mais qui porte ces idées-là, aujourd'hui ?
18:11Oh, ben, il y en a, il y en a, parce qu'on a beaucoup de candidats,
18:13il y a une très bonne formule de Guillaume Gasparian,
18:16je vois qui n'est pas candidat, mais qui crée un parti,
18:18qui s'appelle le Parti de la Liberté,
18:20et qui a dit, on a beaucoup de candidats, mais on n'a pas beaucoup d'idées.
18:23Enfin, en tout cas, c'est vrai pour le Bloc central.
18:25Et je crois que, oui, ce qu'il faut, c'est...
18:27Il y a des gens comme lui, David Lissnard aussi,
18:30Ontario, mais il faut travailler là-dessus, c'est-à-dire qu'il faut...
18:34Travailler son travail.
18:35Mais non, mais c'est-à-dire, il faut penser à créer de la richesse.
18:39Et pas seulement la fonctionner.
18:40Le gros problème, on va chercher toujours des...
18:43D'accuser des gens ailleurs, ou des...
18:45Regardez, un truc très simple.
18:46C'est un chiffre qui parle tellement.
18:48C'est dans le bouquin de Jacques Delarosière,
18:50le déclin français est irréversible.
18:53Donc, c'est vraiment hyper sérieux.
18:55Jacques Delarosière, ancien patron du FMI,
18:57de la Banque de France, etc.
18:58Bon.
18:59C'est 60% des emplois industriels,
19:04des groupes industriels français,
19:08se sont délocalisés à l'étranger au cours des dernières décennies.
19:12Plus de 60%.
19:14Un peu plus de 60%.
19:17En Allemagne, vous franchissez l'un,
19:1920% seulement.
19:20Donc, comment faire venir ces entreprises ?
19:22Oui, c'est la fiscalité.
19:24C'est-à-dire, la fiscalité est telle sur les entreprises en France,
19:27notamment les impôts de produits sur la production, etc.
19:30Elles n'ont pas le choix.
19:30Les entreprises n'ont pas le choix.
19:32Elles partent.
19:33Et en Allemagne, elles ont pu rester.
19:35Bon, l'Allemagne, aujourd'hui, a des problèmes grâce à Merkel,
19:39qui a, enfin, à cause de Merkel, plutôt,
19:42qui a notamment arrêté le nucléaire.
19:44Oui, c'était une mauvaise blague.
19:45Mais bon, qui a fait la politique,
19:47oui, que Macron a essayé de faire après,
19:49mais qui a mis vraiment l'Allemagne dans le mur.
19:53Mais l'Allemagne a tenu...
19:55Si vous voulez, ça explique une chose très simple,
19:56c'est que si on en est là,
19:57ce n'est pas la faute à l'Europe,
19:58ce n'est pas la faute à la mondialisation,
20:00c'est la faute à nous-mêmes,
20:01à notre lâcheté,
20:03en pensant que, voilà, on a un...
20:05Comment dire ?
20:07Des dépenses sociales qui augmentent sans arrêt,
20:09exponentielles,
20:10on emprunte, on emprunte, on emprunte,
20:12on ne s'interroge pas sur le...
20:14Comment on peut payer tout ça ?
20:15Et on continue à avancer,
20:17et on taxe de plus en plus les entreprises.
20:20Évidemment qu'on va dans le mur.
20:21Mais ça, je crois que les Français l'ont compris,
20:23d'où l'espèce de tristesse
20:25que vous sentez aujourd'hui dans le pays.
20:26Vous voyez bien qu'il y a une espèce de...
20:27Il n'y a pas seulement une angoisse.
20:29Merci, Franck-Olivier Gébert.
20:30Je recommande votre petit livre rouge, évidemment.
20:33Le petit livre, la France est-elle un pays communiste ?
20:35Petit livre rouge, oui, c'est ça.
20:37Merci à vous d'être venu ce matin
20:39dans la matinale de CNews et Europe 1.
20:40Bonne journée.
20:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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