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Le candidat à la présidentielle Jérôme Guedj était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Jérôme Gatch.
00:04Bonjour à vous, député socialiste de l'Essonne.
00:06Parlons de ce qui concerne les Français, le pouvoir d'achat en France.
00:09Les prix continuent de flamber à la pompe, côté carburant.
00:12Hier, le gouvernement de Sébastien Lecornu a annoncé qu'il allait changer d'échelle
00:15pour adapter les dispositifs au soutien de l'activité avec de nouvelles aides,
00:19possiblement annoncées la semaine prochaine.
00:20Qu'est-ce que vous recommandez ? Est-ce que vous demandez des baisses de taxes,
00:24un plafonnement des prix ? Quelles sont vos solutions ?
00:26D'abord, il faut aller plus vite.
00:27Ça fait plus de 60 jours qu'il y a ce conflit.
00:30Ça fait depuis la fin du mois de février qu'on alerte sur la nécessité
00:34de s'attaquer au sujet de préoccupations majeures de nos concitoyens.
00:37C'était le cas auparavant.
00:38Le pouvoir d'achat était l'inquiétude déterminante de l'ensemble de nos concitoyens.
00:42Et là, on vient les mettre devant la plus grande des injustices.
00:45Les gens ont besoin de leur voiture pour beaucoup de choses,
00:47pour aller travailler, pour s'occuper des enfants, pour aller faire les courses,
00:50pour s'occuper d'un proche malade ou âgé.
00:53Et notamment en dehors des métropoles,
00:56si les prix explosent à la pompe,
00:58alors c'est la dignité de chacune des personnes qui est questionnée.
01:01Or, et j'en veux au gouvernement,
01:03il y a eu ce sentiment d'un flottement généralisé.
01:07Nous, quasiment dès le premier jour,
01:08on a rappelé une mesure qu'avait prise Michel Rocard.
01:12En 1990, vous vous rappelez, la guerre d'invasion du Koweït.
01:17Quelques jours après, le 8 août,
01:18Michel Rocard prend un décret pour bloquer les marges des distributeurs.
01:21Et c'est que depuis ce week-end que le gouvernement nous dit
01:24qu'on va demander plus de transparence
01:26pour voir s'il y a des marges qui ont explosé de manière inattendue.
01:30Les distributeurs disent qu'ils ne font pas de marges,
01:31très très peu en réalité, sur les prédécentes.
01:33Je vais vous dire une chose.
01:34Moi, je suis pragmatique.
01:37Il faut utiliser toutes les cordes possibles.
01:39S'il faut moduler les taxes et de faire ressusciter
01:43ce que Lionel Jospin aussi, autre socialiste, avait mis en place,
01:45une taxe flottante, utilisons-le.
01:47S'il faut bloquer les marges, utilisons-le.
01:50S'il faut aussi en faire appel à ce que moi j'appelle le patriotisme économique,
01:53parce qu'il y a un Total Bashing,
01:55c'est un grand distributeur, un grand pétrolier en volume,
01:59et c'est une entreprise française.
02:00Donc vous dites bravo quand même à Total d'être un grand champion français.
02:02Moi, je n'ai aucun problème avec les grandes entreprises françaises.
02:05Moi, je suis fier des entreprises françaises qui rayonnent à l'international.
02:08Simplement, je veux qu'il y ait une forme de patriotisme,
02:11qu'elles payent leurs impôts quand elles y sont soumises,
02:15et dans un moment comme celui-ci,
02:17peut-être un moment de rendre au pays qui leur a permis.
02:19Et donc, tout ce qui est en dehors de la contrainte,
02:21et qui leur dit écoutez, elles le font déjà,
02:23avec des tarifs, avec le plafonnement.
02:26Peut-être qu'elles peuvent aller plus loin,
02:27parce que les Français dont je parlais tout à l'heure,
02:29ils lisent le journal, ils écoutent les chaînes d'info,
02:32et ils voient que le premier trimestre,
02:33Total a fait 50% d'augmentation de ses dividendes,
02:37de ses bénéfices.
02:38À l'étranger.
02:39D'accord, d'accord.
02:40Oui, mais sauf que là, c'est une entreprise française.
02:43Et quand je parle de patriotisme économique,
02:44de la même manière qu'on demande aux Français
02:46d'avoir une attitude responsable,
02:49peut-être de limiter leur déplacement quand on peut le faire,
02:51on peut peut-être demander à ces grandes entreprises
02:53de réduire les dividendes qui sont versés,
02:55et que les milliards d'euros qu'elles ont engrangés
02:58dans cette crise énergétique,
03:00et bien qu'on les rende en priorité,
03:01dans une sorte de préférence donnée à leur pays d'origine,
03:06au pays.
03:06Alors Patrick Pouyanné, qui est le patron de Tonal Énergie,
03:09dit, alors, nous on fait le plafonnement des prix,
03:11mais si en plus vous nous taxez nos profits,
03:13alors les deux, ce n'est pas possible,
03:14on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
03:15Il a raison ?
03:16C'est pour ça que je dis qu'il faut utiliser
03:17tous les instruments qui sont disponibles.
03:20Le volontarisme des entreprises,
03:22et en leur disant, parce qu'il n'y a pas que Total,
03:23il y a d'autres distributeurs,
03:25il y a de la grande distribution,
03:26il y en a d'autres,
03:27de leur dire, écoutez,
03:28si jamais vous n'êtes pas dans cet effort collectif,
03:31dans ce sens de la responsabilité,
03:33alors il y aura des outils de contrainte,
03:34le blocage des marges,
03:36et puis on y ajoute,
03:37et vous l'avez mentionné,
03:39le fait que s'il y a,
03:40et c'est le cas,
03:41des rentrées fiscales supplémentaires
03:42liées à la crise pétrolière,
03:44alors il faut qu'à l'euro près,
03:46ce soit rendu à nos concitoyens.
03:48Ça c'est pour le gouvernement.
03:49Le décret qui a été pris ce dimanche,
03:52pour l'instant,
03:52il ne concerne que 3 millions de Français.
03:54C'est un chèque de 50 euros.
03:56Il faudrait aller à 10 millions, 15 millions ?
03:57En tous les cas,
03:58il ne faut pas réduire uniquement
04:02à ceux qui utilisent leur voiture
04:03pour des raisons professionnelles,
04:04parce que pour l'instant,
04:05c'est le critère déterminant,
04:06utilisé, je crois,
04:06c'est plus de 15 kilomètres,
04:07la distance domicile-travail.
04:09Encore une fois,
04:10moi je pense à des situations très concrètes.
04:13Une personne qui doit aller visiter
04:15en maison de retraite,
04:16tous les jours,
04:16ou le plus régulièrement son proche,
04:18ou accompagner une personne
04:20en situation de handicap,
04:21si vous lui dites,
04:22vous ne pouvez pas le faire
04:23avec votre voiture,
04:24on va mettre dans la grande difficulté.
04:26Et il faut aussi
04:27que ça ne se concentre pas
04:29uniquement pour les autres aides
04:30sur des professions.
04:32C'est le cas aujourd'hui de la pêche,
04:34c'est le cas de l'agriculture,
04:35c'est le cas des gros rouleurs.
04:36Mais encore une fois,
04:37je reprends l'exemple
04:38des personnes vulnérables,
04:39moi c'est quelque chose
04:40auquel je suis très sensible,
04:41les infirmières libérales,
04:42les aides soignantes,
04:43les aides à domicile
04:44qui font des dizaines
04:45et des dizaines de kilomètres
04:46tous les jours.
04:46Elles sont dans le dispositif gros rouleurs ?
04:47Non, pour l'instant,
04:49elles ne les seront pas.
04:49Les aides à domicile
04:50et les infirmières libérales,
04:51ça coince pour les faire rentrer
04:53dans le dispositif,
04:54hormis le dispositif à 50 euros.
04:56Mais 50 euros en une seule fois
04:58pour celles-là,
04:58ça ne suffit pas
04:59parce qu'elles font
04:59plusieurs centaines de kilomètres
05:01par semaine.
05:03Vous avez déposé
05:04une proposition de loi
05:04pour taxer les super-profits ?
05:06Oui, c'était une des manières de...
05:07Les entreprises réalisant
05:07plus de 750 millions
05:08de chiffres d'affaires,
05:09est-ce que ce n'est pas
05:10une vision encore collectiviste,
05:11sociale, étatiste
05:11de l'économie,
05:12Jérôme Gage ?
05:13Écoutez, il y a des moments
05:14où il faut avoir...
05:17Je prolonge
05:17ce que je viens de vous dire.
05:19Si spontanément,
05:20Total et les entreprises
05:21concernées disent
05:22« Écoutez, moi,
05:23d'une certaine manière,
05:24je vais rogner,
05:25je vais auto-rogner
05:26sur mes super-profits »,
05:27on aura eu la menace
05:30qu'est cette proposition de loi
05:32et ils auront fait œuvre utile.
05:34Mais sur le fond,
05:35on avait déjà eu ce débat
05:36sur les super-profits
05:37au moment de la guerre en Ukraine.
05:39Sur le fond,
05:39quand il y a des situations anormales...
05:41Total, la fin s'est prise
05:41depuis la guerre en Ukraine.
05:42Et il y a certains acteurs
05:44de l'économie
05:45qui, volontairement
05:47ou involontairement,
05:48engrangent des profits
05:49anormaux pendant une période
05:50d'instabilité internationale
05:52et de crise
05:53pour le pouvoir d'achat
05:53des Français.
05:54Moi, ça ne me choque pas.
05:55Encore une fois,
05:56je mets ça sur le compte
05:57de la responsabilité
05:58individuelle et collective
05:59et de ce que je redis
06:00comme terme,
06:00le patriotisme économique.
06:02C'est un beau mot,
06:02être patriote,
06:03mais quand on le revendique,
06:05ça suppose à un moment donné
06:06qu'on fasse attention
06:07à ce qui se passe
06:07dans son pays.
06:08Jérôme Gage,
06:08on parle des dépenses contraintes,
06:10le carburant en est une.
06:12Il y a aussi quelque chose
06:13que vous avez noté
06:13qui concerne les mutuelles
06:15parce que la note
06:15continue de grimper
06:16pour les assurer
06:17malgré le gel des tarifs
06:19imposés par la loi
06:19sur le budget de la Sécu.
06:20Eh bien, une grande enquête
06:21montre que 98%
06:23des personnes interrogées
06:24ont subi des augmentations
06:25de cotisations cette année.
06:26Comment y remédier ?
06:27Je vous remercie d'abord
06:28de parler d'un sujet
06:29dont on ne parle pas suffisamment
06:30dans le débat politique,
06:31c'est le fonctionnement
06:32de notre système de santé.
06:33Moi, je suis candidat
06:34à l'élection présidentielle
06:35parce que je veux qu'on parle
06:36des sujets du quotidien
06:37qui ne sont malheureusement
06:38pas au cœur des débats
06:40sur les plateaux
06:40ou dans les journaux.
06:41Et la santé,
06:42c'est avec le pouvoir d'achat
06:44et la sécurité
06:45une des trois préoccupations
06:47et moi, je veux m'attaquer
06:48aux préoccupations
06:49de tous les Français.
06:50Il n'y en a aucune
06:50qui est taboue.
06:51Et sur la question de la santé,
06:53je suis inquiet
06:53sur l'état de notre système,
06:54sur le fonctionnement
06:55de l'hôpital,
06:56sur l'accès aux soins,
06:58les déserts médicaux,
06:58les inquiétudes,
06:59la perte de chance qu'on a
07:00quand on n'arrive pas
07:01à avoir un rendez-vous
07:02suffisamment tôt,
07:03les dépassements d'honoraires
07:04et donc on en revient
07:04à ce système atypique
07:06en France
07:06où on a la sécurité sociale
07:08d'un côté
07:08et des complémentaires
07:10qui ne sont pas que des mutuelles,
07:11il y a aussi des assureurs privés
07:12et les gens voient
07:13l'explosion des tarifs
07:14de ces complémentaires santé.
07:1625% d'augmentation
07:17ces trois dernières années.
07:18Vous avez mentionné
07:19le gel des tarifs,
07:20c'est un amendement
07:20que j'avais fait voter
07:21en décembre dernier
07:22et c'est assez dramatique
07:23mais la loi n'est pas respectée.
07:25C'est-à-dire que la loi dit
07:26que les tarifs de 1026
07:27ne doivent pas augmenter
07:28par rapport aux tarifs de 1025
07:29et l'enquête que vous mentionnez
07:31qui a été faite
07:31par l'UFC Que Choisir
07:32montre qu'il y a tous
07:34qui ont appliqué
07:36une augmentation.
07:37Et donc moi,
07:37je souhaite que
07:38un, on respecte la loi
07:39et deux,
07:40qu'on ouvre ce débat
07:41de savoir comment
07:42on peut contenir.
07:43Alors,
07:44on a besoin d'organismes
07:47complémentaires
07:47en matière de prévention
07:48mais peut-être qu'il faut
07:49se dire que
07:50ce serait peut-être plus simple
07:51d'avoir un système
07:52où c'est la sécurité sociale
07:53qui rembourse tout.
07:54Vous savez,
07:54ça existe déjà en France,
07:55on ne le sait pas du tout aussi.
07:57En Alsace-Moselle,
07:58c'est historique,
07:58on a un système
07:59où les 2 millions de salariés
08:00en Alsace-Moselle
08:01sont couverts quasiment à 100%
08:03par le régime d'assurance maladie
08:04là-bas.
08:05Et vous savez quoi ?
08:06Ce régime,
08:06il est excédentaire.
08:07Il a 450 millions.
08:08Donc,
08:09on a des choses
08:09qui fonctionnent en France,
08:10ne soyons pas dogmatiques
08:11et posons-nous
08:12ces questions très concrètes
08:13en termes de pouvoir d'achat
08:14et en termes de fluidité
08:16du parcours de soins.
08:17Jérôme Gage,
08:17le vrai problème aussi
08:18des Français,
08:19c'est que le travail
08:20ne paye pas assez,
08:21qu'il y a un vrai décalage
08:22sur leur salaire
08:23entre,
08:23pour ceux qui ont la chance
08:24d'être salariés,
08:25le brut et le net.
08:26Comment est-ce que vous faites
08:27pour rapprocher
08:28le brut et le net ?
08:29Le fossé n'a cessé
08:29de se creuser
08:30au cours des dernières années.
08:32Est-ce que le travail
08:33paye assez ?
08:33Est-ce qu'il ne faut pas
08:34travailler plus ?
08:35Est-ce que je dis un gros mot
08:35en disant ça ?
08:37Un petit peu.
08:37Je vais prendre
08:38les deux questions dans l'ordre.
08:39Est-ce que la dignité au travail
08:41est une rémunération digne ?
08:43Là aussi,
08:44j'évoquais les préoccupations premières
08:45sur le pouvoir d'achat.
08:46Évidemment que c'est le sujet
08:48dont on parle partout.
08:51Il y a deux questions.
08:52Est-ce que les entreprises
08:53peuvent augmenter les salaires ?
08:55Je pense que oui.
08:57Avec les charges
08:57qui pèsent sur elles ?
08:58Je continue à défendre
09:00une augmentation du SMIC.
09:01Vous savez,
09:02aujourd'hui au SMIC,
09:03les charges,
09:04moi je préfère le terme
09:04de cotisation sociale,
09:06qu'elles soient patronales
09:07ou salariales,
09:08il n'y en a quasiment plus.
09:09Les exonérations
09:10de cotisation sociale
09:11au niveau du SMIC,
09:12je crois qu'une entreprise
09:13paye 73 euros
09:14de cotisation patronale
09:15pour un niveau du SMIC.
09:17Vous avez regardé
09:18Vous avez vu les charges ?
09:19Je vous parle là.
09:19Vous voyez les petites lignes
09:20où il y a marqué les charges ?
09:21Je connais par cœur.
09:22Je suis un amoureux
09:23du financement
09:23de la protection sociale
09:24parce que ça finance
09:25notre modèle.
09:26Là où vous avez raison,
09:27c'est qu'il faut que
09:29le financement
09:31de notre modèle
09:31de protection sociale,
09:32a fortiori dans une évolution
09:34avec le recours
09:34à la robotisation
09:35et à l'intelligence artificielle,
09:37soit différent.
09:39Le financement de la Sécu,
09:41il repose au deux tiers
09:42aujourd'hui
09:43sur la masse salariale.
09:45Il faut qu'on revoie ça.
09:46Il faut que l'intelligence artificielle,
09:48les investissements
09:50dans les entreprises
09:51soient mis à contribution
09:52pour financer
09:53le modèle social.
09:54Mais il faut aussi
09:55qu'on ait des contreparties
09:56à tout ça.
09:57Je reprends une proposition
09:58de Marie-Lise Léon,
09:59la patronne de la CFDT
10:00qui est souvent connue
10:02pour des positions modérées.
10:04Si on fait des exonérations
10:05de cotisations sociales,
10:06alors il faut qu'il y ait
10:07des contreparties,
10:08ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
10:09Je vous prends un exemple
10:10et un sujet
10:11sur lequel moi je souhaite
10:12me battre.
10:13si le salarié reste au SMIC,
10:15on pourrait considérer
10:15que le SMIC,
10:16c'est le salaire d'entrée
10:17pour des métiers
10:18faiblement qualifiés.
10:19Mais s'il reste
10:20deux ans, trois ans,
10:21quatre ans, six ans,
10:22sept ans au SMIC,
10:23est-ce que c'est légitime
10:24de maintenir
10:25les exonérations
10:26de cotisations sociales ?
10:27Moi, je reprends
10:28la proposition de la CFDT
10:29qui dit qu'au-delà
10:30de deux années au SMIC,
10:32l'entreprise ne doit plus
10:33bénéficier d'exonérations
10:34de cotisations.
10:35Et donc,
10:35elle va être incitée
10:37à augmenter les salaires.
10:38Il faut réviser
10:38les grilles de classification.
10:40Le SMIC,
10:41une négociation salariale
10:43et un élargissement
10:44du financement
10:45de la sécurité sociale
10:46à d'autres ressources
10:47que sont notamment
10:50l'intelligence artificielle,
10:51la robotisation.
10:52Bref,
10:53à chaque fois que la machine
10:54va remplacer un salarié,
10:57eh bien,
10:57il faut que cette machine,
10:58elle cotise d'une manière
10:59ou d'une autre
10:59à la sécurité sociale,
11:00ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
11:01Sur le temps de travail,
11:01vous ne m'avez pas répondu.
11:02Est-ce qu'il faut travailler plus ?
11:03Est-ce que vous voulez
11:04qu'on revienne
11:05sur la semaine des 35 heures
11:06mais en allant à 32 heures ?
11:07Ou est-ce que vous dites
11:08que les Français
11:08doivent travailler plus ?
11:09Moi, je vais vous dire,
11:11doit travailler plus
11:12mais surtout en travaillant tous.
11:14Le vrai problème
11:14dans notre pays,
11:15c'est le taux d'emploi
11:17des jeunes
11:17et le taux d'emploi
11:18des seniors.
11:19Si les entreprises
11:20arrêtent de mettre dehors
11:21ce qui est le cas aujourd'hui
11:22à partir de 55 ans,
11:24leurs salariés pourtant
11:25les plus expérimentés
11:26mais pour eux
11:26les plus coûteux,
11:27alors on n'a plus de problème
11:28de financement
11:28de notre système
11:29de protection sociale.
11:30Et donc,
11:30je vous parlais
11:31des exonérations
11:32de cotisations sociales.
11:33Moi, je suis pour les cibler
11:34pour que les entreprises
11:36embauchent plus et mieux
11:37les jeunes
11:37et surtout gardent plus longtemps
11:39les seniors.
11:40Alors, au moment
11:41où je vous parle,
11:41je ne vais pas vous dire
11:42qu'on va s'engager
11:43dans un mouvement
11:43de réduction du temps de travail.
11:45Par contre,
11:46je défends l'idée
11:47de travailler mieux.
11:48Aujourd'hui,
11:49le problème dans l'entreprise,
11:50c'est la qualité de vie
11:51au travail,
11:52c'est les conditions de travail
11:53et c'est peut-être même
11:54l'organisation.
11:55Et une des propositions
11:56que je mets sur la table,
11:57moi,
11:57c'est à défaut,
11:58pour l'instant,
12:00de pouvoir continuer
12:00le mouvement de réduction
12:01du temps de travail.
12:03on fête les 90 ans
12:04du Front Populaire
12:05qui l'avait très largement engagé.
12:06Par contre,
12:07en termes d'organisation
12:07du temps de travail,
12:08je défends l'idée
12:09d'une semaine
12:10de 4 jours partout
12:11où on peut la mettre en oeuvre
12:12sans réduction du temps de travail
12:13parce que ça,
12:14ça va améliorer la vie
12:15des salariés
12:16là où on peut le faire.
12:18On fait les 35 heures
12:20sur 4 jours.
12:21Ce qui va libérer
12:22une journée
12:22pour s'occuper de ses proches,
12:24pour s'engager
12:24dans la vie associative,
12:25pour avoir du temps
12:26pour soi-même.
12:27Ça va être bénéfique
12:29en termes de sobriété énergétique
12:31parce que ça fait
12:31une journée de transport
12:32de moins.
12:33Vous voyez,
12:34on dit souvent
12:34il n'y a pas d'idée
12:36novatrice à gauche,
12:37etc.
12:37Moi,
12:38j'essaie d'avoir
12:38cette idée de compromis.
12:39Je suis attaché
12:41au principe
12:42de la réduction
12:42du temps de travail.
12:43Je suis lucide
12:44sur le fait que
12:45dans le moment
12:46où nous sommes,
12:46ce n'est peut-être pas
12:47la priorité
12:48qui peut être mise
12:49sur la table.
12:50Par contre,
12:50pour les salariés,
12:51là où il y en a certains,
12:52c'est inégalitaire
12:52qui bénéficient
12:53par exemple du télétravail.
12:54Les cadres
12:55et certains bénéficient
12:56du télétravail
12:57et donc ils ont déjà
12:58une semaine de 4 jours
12:59sur leur lieu de travail
13:00et une journée à la maison.
13:02Est-ce qu'on ne peut pas
13:02l'étendre
13:03à d'autres métiers,
13:05à des ouvriers,
13:06à des employés
13:07en disant
13:07vous allez travailler
13:08plus sur une journée
13:09à condition qu'il n'y ait
13:10pas de pénibilité accrue
13:12et de risques médicaux
13:13pour vous
13:14sur la santé ?
13:16Et ça, c'est les partenaires sociaux
13:18qui peuvent le négocier
13:18dans les entreprises.
13:20C'est déjà expérimenté
13:21dans la fonction publique,
13:21c'est déjà expérimenté
13:22dans plein d'entreprises
13:23et ça, ça va changer
13:24la vie concrètement
13:25de plein de gens
13:26parce que quand vous avez
13:26une journée supplémentaire
13:28pour vous,
13:29encore une fois...
13:30Pour les loisirs ?
13:31Non, ce n'est pas les loisirs.
13:32Vous savez, aujourd'hui,
13:33quand vous êtes un proche aidant
13:35d'une personne âgée
13:36ou d'une personne handicapée,
13:37vous n'êtes qu'entend
13:37de pouvoir aménager
13:38votre temps de travail.
13:39Quand vous avez des enfants
13:40en bas âge
13:40et que vous pouvez passer
13:41un peu plus de temps
13:42avec eux,
13:43quand vous voulez vous engager
13:44dans la vie associative,
13:45c'est-à-dire dans la solidarité
13:46et dans le lien social,
13:48quand vous voulez vous engager
13:49dans la vie politique
13:50à l'échelle de votre ville,
13:51en étant conseiller municipal
13:52de votre village,
13:53c'est bien de pouvoir concilier
13:55une vie professionnelle
13:56et puis une vie personnelle.
13:57Je pense que c'est ça
13:58le point d'équilibre intelligent
13:59qu'on peut retrouver.
14:00Jérôme Gatch,
14:01quelques questions politiques.
14:02Hier, l'Assemblée nationale
14:03a adopté la proposition
14:04de loi dite philippine
14:05du député Charles Rodouel
14:07en mémoire de cette jeune fille
14:08violée et tuée par un Marocain
14:09sous OQTF
14:10pour rallonger la durée
14:11de rétention en crâne
14:13des criminels
14:13et terroristes étrangers.
14:14On passerait de 90 jours
14:15à 210 jours.
14:16Vous vous êtes opposé.
14:17Pourquoi ?
14:18Parce qu'il n'y a pas
14:20d'efficacité avérée.
14:21Moi, je suis, vous savez,
14:22sur la question d'immigration,
14:23là aussi impragmatique.
14:25Je n'ai aucun tabou
14:25à aborder ce sujet,
14:26tout simplement parce que
14:27c'est une politique publique
14:28qui, comme toutes les autres,
14:30doit être évaluée
14:31au regard de son efficacité.
14:33Or, que nous disent...
14:34On parle de terroristes.
14:35Non, mais je sais bien.
14:36D'individus extrêmement dangereux.
14:37Ce que je veux dire,
14:38c'est quand on n'arrive pas
14:39à faire la reconduite
14:40dans les 20 premiers jours,
14:42alors on n'y arrive pas
14:42à faire.
14:43Donc, il vaut mieux
14:43les relâcher
14:43au bout de 90 jours.
14:4485% des reconduites
14:46à la frontière,
14:48en tous les cas
14:49de l'exécution des OQTF,
14:50se fait dans les premiers jours
14:51parce qu'on a tous les éléments,
14:53le laisser-passer consulaire,
14:54l'acceptation du pays d'origine.
14:57Et donc, prolonger
14:58de 90 à 210 jours
14:59va peut-être,
15:01pendant cette période-là,
15:01dire au moins
15:02la personne est sous contrôle.
15:06Mais l'effectivité
15:07de la reconduite
15:08ne sera pas garantie.
15:09Donc moi,
15:09je consorte
15:10d'une approche idéologique.
15:12La question de l'immigration,
15:13je veux la traiter
15:14pour ce qu'elle est
15:14une politique publique.
15:15Il y a des choses
15:16qui marchent
15:16et des choses
15:17qui ne marchent pas.
15:18Il y a une ligne
15:19que moi,
15:19j'assume totalement.
15:20Je ne suis pas
15:21un sans-frontieriste
15:22pour ouvrir les frontières,
15:24mais je ne suis pas
15:25non plus
15:25dans le discours catastrophiste
15:26qui pourra dire
15:27qu'on pourra les fermer.
15:28Moi, j'assume
15:28qu'on soit dans une logique
15:29d'immigration planifiée.
15:31Planifiée,
15:31ça veut dire
15:32qu'on est souverain.
15:34Je préfère le terme
15:35de planifié.
15:36Oui, mais planifié,
15:38c'est de dire
15:38voilà ce que le pays
15:40peut accueillir
15:43dignement pour les personnes.
15:44Il faudrait avoir
15:45des frontières
15:45qui ne sont pas
15:46des passoires pour ça.
15:47Je suis en effet
15:48pour que les frontières
15:49ne soient pas des passoires.
15:50Mais il y a un principe
15:52qui est qu'une fois
15:53que les personnes
15:53sont sur le territoire,
15:54il faut qu'on s'assure
15:55que ça ne perturbe pas
15:57l'équilibre du pays.
15:59C'est pour ça que moi,
15:59je suis pour une politique
16:00d'intégration
16:01qui soit musclée.
16:02Bien plus qu'elle ne l'est
16:04aujourd'hui
16:04ou quand des personnes
16:05arrivent,
16:06les conditions d'accueil
16:06ne sont pas dignes
16:07pour elles
16:08ni pour le pays.
16:09Encore une question
16:10sur l'audiovisuel public.
16:11Le rapport de Charles Aloncle
16:12a été rendu public hier.
16:14On en a entendu parler.
16:15Il y a beaucoup
16:15de préconisations
16:16dans ce qu'il propose.
16:19Qu'est-ce que vous retenez ?
16:20Est-ce que vous pensez
16:21que le service public
16:22doit être réformé
16:22et notamment en termes financiers
16:24et d'impartialité ?
16:26Je vais être cohérent
16:26avec ce que je viens de dire.
16:28Comme toute politique publique,
16:29la politique de l'audiovisuel,
16:30elle peut être questionnée
16:32interrogée,
16:33réformée.
16:33Mais pas avec des œillères
16:35idéologiques.
16:36Et je trouve que c'est un gâchis
16:37cette commission d'enquête.
16:39La forme a probablement
16:42empêché un travail
16:43de fonds intelligents.
16:43Vous savez,
16:44moi je participe
16:44à d'autres commissions d'enquête
16:46qui font moins de bruit,
16:48qui font moins de buzz,
16:49qui font moins de clash,
16:50mais qui sont parfois
16:51plus efficaces
16:52à l'Assemblée nationale.
16:53Donc moi je suis attaché
16:54au service public audiovisuel
16:55parce que vous savez,
16:56il a des missions
16:57que peut-être vous n'avez pas
16:58vous ici sur des chaînes privées.
16:59Il y a trois missions
17:00au service public audiovisuel.
17:01Il y a la question
17:02de cultiver,
17:03éduquer,
17:04d'informer
17:04et de divertir.
17:06Et toutes ces missions
17:06ne peuvent pas être rentables.
17:08Elles ne peuvent pas être
17:09soumises à la loi du marché.
17:11C'est l'audiovisuel public ça ?
17:13C'est pas cultiver,
17:14éduquer d'abord ?
17:14cultiver, éduquer et divertir.
17:16Ces trois missions sont le triptyque
17:18sur lequel l'audiovisuel public
17:19peut se construire.
17:20La télé-réalité, c'est chouette ?
17:21C'est pas ma tasse de thé idéale.
17:23On devrait payer pour ça ?
17:25À ce compte-là,
17:27on va mettre des critères moraux
17:28ou d'appréciation sur
17:30est-ce qu'une série télévisée,
17:33est-ce que de la production audiovisuelle,
17:35est-ce que c'est fait pour divertir ?
17:36Les jeux, oui.
17:38Mais en tous les cas,
17:39il y a cette palette de réponses.
17:42Divertir, cultiver et informer,
17:43tous ces éléments
17:44n'ont pas le même niveau de rentabilité.
17:46Et donc, il y a un équilibre
17:48et ça, j'ai pas de problème
17:49pour qu'on le questionne.
17:51Mais pas avec,
17:52allez, on va dire,
17:53la tronçonneuse de M. Mileï
17:54en se disant
17:55on va privatiser l'audiovisuel public.
17:57J'ai bien entendu
17:57que c'est pas la proposition
17:58de M. Alloncle,
17:59mais c'est celle
17:59du Rassemblement national
18:01avec en plus,
18:02comme souvent avec eux,
18:03un problème de sérieux budgétaire
18:05et de crédibilité.
18:06Parce que si on le fait
18:07le marché publicitaire
18:08il n'est pas extensible.
18:09Ça veut dire
18:09qu'on se prive d'une offre
18:11dans le pays.
18:12Et sur l'impartialité
18:12du service public ?
18:13Il faut imposer un devoir
18:15de neutralité
18:15sur certaines antennes.
18:16Est-il respecté tout le temps ?
18:17Ce qui est important
18:18c'est le devoir de pluralité.
18:20On a déjà eu le débat.
18:22Je ne suis pas un grand fan
18:24des chaînes d'opinion.
18:25Je le dis ici.
18:26Il peut exister
18:26des chaînes d'opinion.
18:27Nous sommes une chaîne d'information.
18:28Vous êtes une chaîne d'information
18:29mais qui est aussi
18:30une chaîne d'opinion
18:31qui a une couleur politique.
18:32Et si j'avais un seul conseil
18:33à vous donner...
18:34Je ne vous en donne pas.
18:36Non, non.
18:36Moi je ne vous en donne pas.
18:37Je fais toujours attention
18:39aux dernières questions
18:39que je pose
18:40pendant cette interview matinale.
18:43Mais là où il y a du pluralisme
18:45il y a plus de crédibilité.
18:47Quand on pense
18:48tout ça la même chose
18:48on ne pense rien.
18:49Je suis d'accord.
18:50Mais quand on organise
18:51la contradiction
18:52et la confrontation
18:54comme Montaigne le disait
18:55on se lime la cervelle
18:56plutôt que d'être...
18:57Vous savez ce dont on crève
18:58dans notre pays
18:58c'est d'avoir des gens
18:59qui pensent la même chose
19:01entre eux
19:01et qui pensent que
19:03on appelle ça des safe zones.
19:04Moi je préfère
19:05la confrontation
19:05la dispute apaisée
19:07si la politique
19:08et le débat public
19:08pourraient renouer avec ça
19:10et en introduisant
19:11un peu de nuance.
19:12Je crois qu'on somme
19:12l'exemple ce matin même.
19:14C'est pour ça
19:15que je viens sur ces interviews
19:16parce que parfois
19:17on m'engueule un peu
19:18en me disant
19:18mais pourquoi tu vas là-bas ?
19:19Parce que moi
19:20je m'adresse à tout le monde.
19:21Je suis candidat
19:22à l'élection présidentielle.
19:23Et vous êtes agressé
19:23sur vous.
19:23Donc je veux m'adresser
19:24mais c'est la raison
19:25pour laquelle je viens.
19:26Mais par contre
19:27parce qu'il m'arrive
19:27de regarder la chaîne
19:28mettre de la nuance
19:30dans le débat
19:30c'est aussi
19:31faire le pari
19:32de l'intelligence collective
19:33et dans ce pays
19:33dans les moments d'adversité
19:34on a besoin de ça.
19:35Un dernier mot
19:35concernant la candidature
19:37de Jean-Luc Mélenchon
19:38que vous avez qualifié
19:40de non.
19:40Vous voyez
19:41on a 30 secondes
19:42donc vous allez avoir
19:4230 secondes pour parler de lui.
19:44Il appelle à une nouvelle
19:45alliance populaire.
19:46Cette fois-ci
19:46vous dites non, non, non
19:48à Jean-Luc Mélenchon ?
19:49Oui je confirme
19:50j'ai déjà dit non dans le passé
19:51en refusant d'être élu
19:52en partenariat avec lui.
19:54La rupture
19:54elle est évidemment totale
19:55pour un principe
19:56moi je suis un républicain
19:57je suis un socialiste républicain
19:59je suis dans la filiation
20:00de Léon Blum
20:01j'ai parlé tout à l'heure
20:02des 90 ans
20:02du Front Populaire
20:03un socialiste exigeant
20:04on peut aimer ou pas aimer
20:05et un républicain
20:06absolument intransigeant.
20:08Donc tout sauf Mélenchon ?
20:08Jean-Luc Mélenchon
20:09ma candidature
20:10elle est aux antipodes
20:10de ce que représente
20:11Jean-Luc Mélenchon.
20:12Je suis pour la république
20:14la laïcité
20:14l'universalisme
20:15je suis pour être
20:16une gauche crédible
20:17et sérieuse
20:18et pas du yacafaucon
20:19avec des listes de course
20:20qu'on n'est pas capable
20:21de financer
20:21il faut du sérieux budgétaire
20:22et puis je suis pour introduire
20:24ce qui sera absolument
20:25indispensable
20:25y compris après 2027
20:27une culture de compromis
20:28parce que personne
20:29ne peut avoir raison
20:30tout seul
20:30dans la période
20:31la vie politique française
20:32elle est éclatée
20:33il faut qu'on renoue
20:34avec cette culture du compromis
20:35ce qui veut dire
20:36qu'on peut avoir des convictions
20:37mais qu'on est capable
20:38de discuter avec celui
20:39qui ne pense pas comme vous.
20:40Merci beaucoup d'être venu
20:41Jérôme Gage
20:42bonne journée à vous.
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