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Le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre matin est invité ce matin dans la grande interview CNews et Européens, c'est Jean-Pierre Farandou.
00:04Bonjour à vous, ministre du Travail et des Solidarités.
00:08On va évoquer évidemment l'impact de la crise énergétique sur le marché du travail dans notre pays.
00:13Un mot d'abord de la crise des carburants, évidemment, et il flambe, chacun le sait.
00:16Est-ce qu'on va vers une crise de l'approvisionnement en France, Jean-Pierre Farandou ?
00:20Pour le moment, on n'a pas de crise d'approvisionnement parce qu'on est moins exposé au pétrole venant
00:24du Golfe et au gaz.
00:26Et comment on explique les pénuries dans une station sur cinq aujourd'hui ?
00:29Les pénuries s'expliquent aussi pas mal par un comportement de précaution.
00:32On voit bien que les gens, et c'est normal, veulent être sûrs d'avoir le plein, donc ils se
00:36précipitent pour faire le plein.
00:38Et aussi, on sait qu'il y a des marques de distributeurs qui ont des prix peut-être un peu
00:41plus bas,
00:41et c'est particulièrement ces stations-là qui sont encombrées.
00:44Mais je le redis très clairement, au moment où on se parle, il n'y a pas de problème d
00:47'approvisionnement,
00:48ni en carburant, ni en gaz dans notre pays.
00:50Mais vous avez parcouru la France peut-être récemment, vous avez vu les files d'attente devant certaines stations,
00:54vous avez vu qu'il y a des endroits où il n'y a plus de carburant, tel ou tel
00:57carburant.
00:58Donc, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de crise.
01:00Non, mais ce qu'on voit, c'est le comportement des gens.
01:02Vous savez, dès qu'il y a l'idée peut-être qu'il y aurait un problème, les gens se
01:05précipitent.
01:05C'est pareil, il y a des bouteilles d'eau dans les supermarchés.
01:07Donc, c'est beaucoup les comportements qui peuvent expliquer les queues qu'on peut voir dans des stations-services.
01:11Mais je l'aurai dit, de manière globale et de manière quantitative, on a ce qu'il faut.
01:15Et je rappelle aussi qu'on a des stocks stratégiques en plus, dont franchement, en ce moment,
01:18ce n'est pas un problème de quantité.
01:20Par contre, c'est un problème de prix.
01:21Ça, tout le monde l'a vu, bien évidemment.
01:22Mais c'est peut-être aussi un problème des approximations du gouvernement qui nous a dit
01:25mais non, il n'y aura pas de crise et puis ça va augmenter un tout petit peu.
01:27Ah bah finalement, ça augmente beaucoup.
01:29Ah bah finalement, oui, il y a un problème.
01:31En fait, il y a des vérités successives qui fait qu'évidemment, les Français sont inquiets.
01:35Non, mais la crise, elle est suivie tous les jours.
01:36Vous savez, il y a une cellule de crise qui est au ministère de l'Économie.
01:40Le ministère du Travail en fait partie aussi pour voir les conséquences sur l'emploi des entreprises.
01:44Donc, c'est pas au jour le jour.
01:45On voit bien que les déclarations ou les actes posés par le président Trump ou par d'autres acteurs
01:50changent la situation quasiment de manière quotidienne.
01:52Donc, il n'est pas normal que le gouvernement s'adapte.
01:54On ne connaît pas la durée, on ne connaît pas les modalités, on ne connaît pas les blocages.
01:58Voilà, tout ça demande un pilotage au quotidien et des décisions au quotidien.
02:01C'est ce qui se passe et c'est comme ça que le gouvernement gère cette crise.
02:04Madame Binek, vous connaissez bien la CGT, demande un prix maximum à la pompe de 1,70€.
02:08Il y aura une inflexion dans cette direction ou pas, selon le gouvernement ?
02:13On fait très attention aussi aux finances publiques.
02:16Vous savez qu'on est très endettés, on essaie de réduire le déficit pour notre pays, pour les Français, pour
02:20les protéger.
02:20Sinon, les taux d'intérêt qu'on verse aux gens qui nous prêtent de l'argent vont finir par être
02:24le premier poste budgétaire de l'État.
02:26Donc, il faut être sérieux.
02:27Non, on a une approche ciblée.
02:28On a commencé par les secteurs directement touchés, dont les transports, bien évidemment, la pêche et les agriculteurs.
02:34On est en train de regarder aussi ce qu'on pourrait faire pour les infirmières libérales, par exemple, et les
02:38gros rouleurs.
02:38Donc là, il y a des mesures d'aide, des mesures de trésorerie, des prêts.
02:42Moi aussi, de mon côté, côté ministère du Travail, j'ai aussi décidé le principe de chômage partiel pour les
02:47entreprises les plus touchées.
02:48Donc, on accompagne les entreprises les plus touchées.
02:51Et quand on traite les entreprises, on traite aussi les salariés, bien évidemment, qui travaillent dans ces entreprises.
02:55Mais le chômage partiel, c'est ce que vous proposez, le télétravail.
02:58Encore une fois, ce n'est pas des cotaires sur une jambe de bois ?
03:00On ne peut pas encourager l'activité économique plutôt que de dire, allez-y, utilisez le chômage partiel ?
03:06Alors si, bien sûr, on encourage l'activité économique.
03:08Je le fais d'ailleurs pour des secteurs très importants en France, comme le secteur de l'armement.
03:11Vous savez que j'ai demandé à France Travail de renforcer son équipe, de faire une taxe force qui est
03:15dirigée par une générale
03:16pour apporter les dizaines de milliers de salariés nécessaires au secteur de l'armement.
03:21Je vais prendre exactement la même décision pour le nucléaire et pour l'énergie,
03:24où là, c'est plus de 500 000 postes dont on aura besoin dans les années qui viennent.
03:29Renforcement aussi avec une force stratégique qui va aider France Travail à recruter les centaines de milliers de salariés
03:35qui sont nécessaires au secteur du nucléaire et de la transition écologique.
03:38On s'adresse aux jeunes, là, ou aux gens qui sont déjà formés sur ces métiers de la défense ?
03:41Oui, j'ai fait un appel aux jeunes. Parfois, les jeunes ne savent pas trop quoi faire.
03:44Orientez-vous vers ces métiers. C'est des beaux métiers.
03:46C'est des métiers très variés. Il y a des ingénieurs, bien sûr, mais il y a aussi des chaudronniers,
03:50des métiers techniques.
03:51J'ai visité l'entreprise Dassault la semaine dernière à Sergy.
03:55C'est tout à fait passionnant.
03:56En plus, ça a beaucoup de sens parce que c'est la souveraineté du pays, c'est la défense du
03:59pays.
04:00Et pour le nucléaire, c'est pareil. D'ailleurs, aussi, ça, c'est l'énergie, les soins énergétiques.
04:03Et vous savez qu'il y a une programmation pluriannuelle de l'énergie.
04:06On veut faire la part belle à l'électricité.
04:08On a la chance, en France, d'avoir l'énergie nucléaire, l'énergie renouvelable.
04:12Ce sont de très, très beaux métiers pour les jeunes, mais pas que pour les jeunes aussi.
04:15Les seniors, les hommes, les femmes.
04:18Les femmes aussi peuvent aller sur ces sujets-là.
04:20Les travailleurs en situation de handicap, venez dans les secteurs de la défense, venez dans le secteur du nucléaire.
04:25Il y a de formidables métiers pour vous.
04:26Jean-Pierre Farandou, vous êtes ministre du Travail.
04:28Est-ce que ça veut dire qu'on est en train de se rapprocher d'une économie de guerre ?
04:32Je pense que l'économie française, elle s'adapte à la situation.
04:34C'est à la fois une décision de souveraineté.
04:36Il faut être souverain dans l'énergie nucléaire et transition écologique.
04:40Il faut être souverain d'un point de vue militaire.
04:42Et c'est comme ça qu'on est respecté dans le monde.
04:44Donc oui, industrie de l'armement.
04:46On peut aussi parler de l'aéronautique.
04:48On a la chance, avec Airbus, d'avoir un des deux grands fabricants d'avions dans le monde.
04:52Oui, c'est une forme d'industrie qui doit s'adapter à la situation et qui doit renforcer la souveraineté
04:57de notre pays.
04:58Mais économie de guerre, c'est un sens très précis.
05:00Est-ce qu'on va passer vers une économie de guerre ou pas ?
05:03En ce moment, ce qu'on demande, bien sûr, aux industriels, c'est de se renforcer, d'être capable de
05:07produire davantage.
05:08Il est clair que tout ce qui est munitions, en particulier, il faut que les cadences de production se renforcent
05:13pour permettre aux armées de disposer des moyens dont on a besoin.
05:16Vous savez, pour être respecté, les leçons de l'Ukraine, les leçons de l'Iran,
05:19c'est qu'il faut être fort au plan militaire, sinon vous n'êtes pas respecté.
05:22Deuxièmement, il faut faire les bons choix énergétiques et pas trop dépendre des autres.
05:25Et c'est ce que nous avons fait.
05:26Et enfin, il faut des alliés.
05:27Et on voit bien que le président de la République cherche à...
05:29Si vous ne voulez pas être le vassal des États-Unis et de la Chine,
05:32il faut trouver d'autres pays, le Japon, l'Inde, le Canada, une Europe forte.
05:38Il y a aussi des grandes décisions stratégiques qui sont prises pour rester souverain.
05:41Le mot souveraineté, il est majeur.
05:42Et moi, je veux que mon pays soit fort au sein d'une Europe puissance.
05:46Jean-Pierre Farandou, vous avez annoncé ces mesures de chômage partiel pour les entreprises.
05:50Vous avez déjà un retour.
05:51Vous savez combien d'entreprises les ont utilisées ? Dans quelles mesures ou pas ?
05:54Oui, pour le moment, il n'y a pas un afflux de demandes.
05:56Pourtant, tous les services du ministère du Travail sont prévenus.
05:59On a une trentaine d'entreprises pour le moment.
06:01Ça veut dire que l'activité n'est pas encore touchée.
06:03Le coût du grammeurant a joué sur les prix et sur les coûts.
06:06Mais l'activité, pour le moment, ne s'est pas affaissée.
06:08Peut-être un secteur qui a souffert et que nous avons aidé tout de suite,
06:11c'est le secteur du voyage. On a pas mal de gens qui annulent leur voyage.
06:14Donc, on sait que le secteur du tourisme et du voyage est touché.
06:17Donc, nous avons décidé de les aider.
06:18Il y a aussi une annonce vendredi de près à 3,8% pour les TPE et PME.
06:23Ça veut dire que vous incitez les entreprises à emprunter
06:25pour qu'elles payent leurs charges courantes, c'est ça ?
06:28On donne des facilités de crédit.
06:29Vous savez, il peut y avoir des soucis de trésorerie.
06:31Donc, moi, par exemple, au ministère du Travail,
06:33j'ai accepté que les entreprises versent plus tard toutes les cotisations sociales.
06:37On le décale dans le temps.
06:38On décale, voilà.
06:38On décale.
06:39Voilà, il y a déjà eu des prêts de la BPI.
06:41Il y a d'autres prêts qui arrivent.
06:42Voilà, c'est aider les entreprises dans la trésorerie
06:44qui est un peu chamboulée par la situation que nous connaissons.
06:47Un mot de la croissance, évidemment, qui est en baisse.
06:49Une inflation qui pourrait augmenter aussi et atteindre les 2%.
06:52Là encore, ça aura un impact sur l'emploi, sur le chômage, selon vous ?
06:56Oui, alors, on est très attentif.
06:58Pour le moment, les impacts à court terme ne sont pas encore trop durs
07:01puisqu'on a une prévision de croissance qui est passée de 1,9% à 0,9%.
07:05Donc, ce n'est pas un drame.
07:08Côté inflation, oui, il y a une petite poussée.
07:10Elle pourrait toucher les deux.
07:11Les 2%, c'est important parce que si on touche le cap des 2%,
07:14le SMIC sera indexé.
07:15Donc, ça, pour le coup, de ce côté-là, les mécanismes d'indexation joueront
07:18et donc de protection des salariés qui ont des salaires modestes.
07:22Voilà, donc on suit Versailles attentivement.
07:24Les deux facteurs importants, c'est la durée de conflit
07:26et le coût du baril du pétrole.
07:27Ce qu'on ne maîtrise évidemment pas, ni l'un ni l'autre.
07:30Exactement.
07:30Le projet de loi anti-fraude est présenté à l'Assemblée nationale.
07:33Vous allez le défendre cet après-midi à l'Assemblée.
07:37Il s'agit de renforcer les contrôles effectués par France Travail
07:40pour durcir les sanctions.
07:41Comment, d'abord, combien d'argent comptez-vous faire rentrer
07:44dans les caisses de l'État, Jean-Pierre Farandou ?
07:46Oui, la fraude sociale dans notre pays est évaluée à 13 milliards d'euros.
07:49Donc, c'est quand même très important.
07:51Et frauder, c'est voler l'argent des Français.
07:53Voilà, c'est voler l'argent de la sécurité sociale.
07:56Donc, c'est très important qu'on s'attaque plus fort à la fraude.
07:59Et cet après-midi, d'ailleurs, les députés auront un choix à faire.
08:02Quel message est-ce qu'ils envoient ?
08:04Est-ce qu'ils envoient un message pour renforcer la lutte contre la fraude
08:06et pour protéger les Français honnêtes et les entreprises nombreuses
08:10qui règlent leurs charges sociales ?
08:11Ou au contraire, est-ce que c'est un message où on laisse faire ?
08:14Moi, je ne veux pas laisser faire.
08:15Je veux m'attaquer à la fraude.
08:16Et quelle fraude ?
08:17Notamment la fraude au travail dissimulé,
08:18dans les entreprises qui ne paient pas leurs cotisations.
08:20On aura des instruments nouveaux.
08:22D'abord, on pourra croiser des bases de données
08:23pour mieux repérer les entreprises qui fraudent
08:25et être plus efficaces en matière de contrôle.
08:27Et deuxièmement, aussi, on a une capacité de flagrance.
08:30C'est qu'on bloque les comptes
08:31dès qu'on suspecte une entreprise de frauder.
08:33Ce qui fait qu'on peut mieux récupérer l'argent.
08:34Parce qu'à la fin, on veut récupérer l'argent pour la sécurité sociale.
08:38On a aussi une fraude à la formation.
08:39Vous savez qu'on a mis beaucoup d'argent, par exemple, dans l'apprentissage.
08:4215 milliards d'euros.
08:43Vous avez des margoulins qui arrivent et qui trichent.
08:45Donc, à la fois, ils feront des formations de mauvaise qualité.
08:47Donc, ils pénalisent l'argent public et ils pénalisent les jeunes.
08:50Les jeunes se retrouvent avec des formations au rabais.
08:52Ils ne peuvent pas se retrouver du travail avec.
08:54Et donc, on sera très ferme.
08:55Et on a commencé déjà à fermer des centres de formation,
08:58d'apprentissage qui sont frauduleux.
09:00Un mot sur les entreprises.
09:01Procédure de flagrance, donc, pour saisir à titre conservatoire les actifs.
09:04C'est-à-dire que vous tuez une entreprise, en fait ?
09:07Non, on ne tue pas, on bloque ses comptes.
09:08Après, on regarde.
09:09Mais vous savez, cette entreprise, elle est frauduleuse.
09:12Elle n'a pas déclaré les salariés.
09:15Elle a triché.
09:17Elle a fait une concurrence déloyale avec les nombreuses entreprises
09:20qui, elles, respectent les règles.
09:21Je crois qu'il faut être ferme.
09:22Les Français nous demandent ça.
09:23Les Français sont prêts à payer les impôts.
09:25Les Français sont prêts à payer les charges sociales.
09:27Dans la mesure où le gouvernement fait preuve d'une grande fermeté
09:30avec les fraudeurs, je leur ai dit cet après-midi,
09:31rendez-vous à l'Assemblée nationale.
09:33Il faut voter pour le fait de renforcer les moyens
09:36pour que le gouvernement soit encore plus efficace
09:38pour les honnêtes gens, pour les entreprises qui payent leurs charges
09:41pour s'attaquer aux fraudeurs.
09:42Et pour les fraudeurs, alors les particuliers,
09:45est-ce qu'il s'agit d'un flicage des précaires,
09:47comme le dit la gauche,
09:48qui estime que cette suspension à titre conservatoire
09:50des allocations en chômage est inique ?
09:53Non, pas du tout.
09:54On a rappelé, j'ai rappelé plusieurs fois au Parlement,
09:56qu'on conservait le droit à l'erreur, par exemple.
09:58On pourrait être bienveillant aussi pour certaines négligences.
10:00Par contre, quand la fraude est répétée,
10:03intentionnelle et caractérisée,
10:04et qu'on a par exemple en main les preuves
10:06qu'une personne abuse du système
10:09et touche des aides auxquelles elle n'a pas droit,
10:10on se donne la capacité de suspendre le versement de ces aides
10:13dont on est sûr qu'elles sont injustifiées.
10:15Le recours est toujours possible,
10:16le contradictoire est toujours là.
10:18Voilà, c'est du bon sens.
10:19Pourquoi payer une aide quand on sait qu'elle est injustifiée ?
10:22Je crois que les Français ne le comprendraient pas
10:23et au contraire, les Français nous demandent
10:25de faire preuve de plus de fermeté et de logique
10:27dans la manière dont nous luttons contre les fraudeurs.
10:29Jean-Pierre Farandou,
10:29est-ce que vous maintenez un montant minimal
10:31quand même d'allocations
10:32pour ceux qui sont fraudeurs ou pas du tout ?
10:34Oui, c'est zéro.
10:35Non, non, ça a été un amendement.
10:36D'ailleurs, on a accepté un amendement
10:37qui venait de la gauche, je crois,
10:38du Parti Socialiste,
10:39qui nous a demandé,
10:40et c'est logique,
10:41qu'il y ait un minimum qui puisse rester,
10:42une espèce de minimum pour vivre.
10:45Et donc, c'est à peu près du montant du RSA,
10:48en gros, qui sera maintenu,
10:49quoi qu'il arrive.
10:50Donc, au fond,
10:50on a su aussi écouter des amendements
10:52qui étaient proposés,
10:53notamment par la gauche.
10:54Sur tout ce plan,
10:55combien est-ce que vous...
10:56C'était ma question.
10:57Combien fait rentrer dans les comptes de l'État ?
11:00Combien d'argent ça va rapporter ?
11:01Bon, on espère rattraper très vite
11:03un milliard et demi d'euros.
11:04C'est quand même considérable.
11:05Au moment où on a besoin d'argent,
11:06on se l'est dit,
11:07à la fois pour la sécurité sociale,
11:08mais peut-être aussi pour aider
11:09les entreprises et les Français.
11:10Et moi, j'ai bon espoir
11:11qu'après que dans la durée,
11:12au fond, la fraude se réduise.
11:13Parce que si le...
11:14Par dissuasion,
11:15c'est-à-dire si la lutte contre la fraude
11:16est très lourde et très efficace,
11:18les entreprises se rendront compte
11:19que ça ne vaut pas la peine de frauder.
11:21Donc, elles frauderont moins
11:22et donc on réduira les fameuses 13 milliards.
11:24Donc, deux manières de récupérer
11:25en tapant les fraudeurs
11:26et en les incitant à ne plus frauder.
11:28Monsieur, alors la fraude sociale,
11:30c'est 13 milliards d'euros environ chaque année.
11:31Il y a tout le volet fraude fiscale
11:33qui est un peu moins votre dossier,
11:34mais c'est 80 à 100 milliards d'euros.
11:36Et là, la gauche dit,
11:37mais il n'y a presque rien
11:38sur la fraude fiscale.
11:38Tout est sur la fraude sociale,
11:39donc sur les petites gens.
11:41Non, la fraude fiscale, bien sûr,
11:42c'est important.
11:43Il faut s'attaquer à la fraude fiscale,
11:44bien évidemment.
11:45D'abord, beaucoup a été fait
11:46déjà dans la fraude fiscale.
11:47Il y a des organismes puissants
11:48qui existent.
11:49Donc, c'est un complément
11:50sur la fraude fiscale.
11:51On était peut-être un peu en retard
11:53sur la fraude sociale.
11:53On est en train de rattraper ce retard.
11:55Et fraude fiscale et fraude sociale
11:56sont au programme de cette loi.
11:58Je le dis aux députés,
11:59votez pour cette loi.
12:00C'est une bonne loi
12:00qui nous permettra
12:01d'être beaucoup plus efficace.
12:02Je le redis,
12:03c'est une notion de justice,
12:05justice sociale par rapport
12:06aux Français qui ne fraudent pas,
12:07justice sociale par rapport
12:08aux entreprises qui jouent le jeu.
12:10Ça fait trop faim
12:10que vous me dites ça
12:11depuis le début de l'interview.
12:11Ça veut dire que vous n'êtes pas sûr
12:12que ça sera voté.
12:13On est d'accord.
12:14Il y a pas mal d'oppositions
12:15qui sont contre votre texte.
12:16J'ai bon espoir quand même.
12:18Je pense que les débats parlementaires,
12:19vous savez,
12:19on a regardé quasiment 800 amendements.
12:21Je crois qu'il y en a 200
12:22qui ont été retenus.
12:23On a même eu des amendements
12:24qui ont été votés à l'unanimité,
12:26notamment un amendement
12:27qui permet de remonter
12:27aux établissements
12:28de tête de pont
12:29des plateformes asiatiques
12:31qui trichent
12:32ou incitent
12:33leurs sous-traitants français
12:34à tricher.
12:34Donc, cet amendement
12:35a été voté à l'unanimité.
12:36Donc, j'ai bon espoir,
12:37mais je veux donner
12:38le sens profond de ce vote.
12:43Il y a aussi une volonté
12:44de s'attaquer aux inflations
12:45d'arrêt maladie
12:46en interdisant
12:47les prescriptions
12:47par télé-médecine.
12:49Tout ça, ça va dans le même sens.
12:51C'est économiser
12:52et éviter les fraudes ?
12:53Oui, alors,
12:54les arrêts maladie,
12:55il y a d'abord quelque chose
12:56qui désorganise l'entreprise.
12:58Quand les gens s'arrêtent
12:59au dernier moment,
12:59les entreprises sont désorganisées.
13:01Ça leur pose des problèmes.
13:02Deuxièmement aussi,
13:03je pense que la bonne idée,
13:04c'est bien sûr
13:05de soigner les gens
13:05quand ils sont malades,
13:06mais essayer de les ramener
13:07le plus vite possible au travail.
13:08D'abord pour eux-mêmes.
13:09Si vous restez trop longtemps
13:13et puis pour l'activité économique
13:14et puis enfin,
13:15c'est le troisième sujet.
13:16C'est ce qu'on a vu pour la fraude.
13:17Oui, il y a quand même
13:17des gens qui abusent
13:18et qui fraudent.
13:19Il faut les repérer,
13:19il faut les sanctionner.
13:20Il faut leur taper dessus.
13:21Oui, c'est parfois
13:22le seul moyen d'arriver
13:24à faire cesser
13:24des mauvais comportements.
13:25Jean-Pierre Farrandou,
13:26vous êtes ministre du Travail.
13:27Il y a aussi
13:28les ruptures conventionnelles.
13:31Le Sénat a donné son feu vert
13:32à la diminution
13:33de la durée d'indemnisation
13:34des bénéficiaires
13:35de cette rupture conventionnelle
13:36passant de 15 mois maximum
13:38au lieu de 18 actuellement.
13:39Pourquoi cet accord ?
13:40Là encore,
13:41il y avait des dérives constatés ?
13:43D'abord, c'est un bon accord.
13:44C'est un accord
13:44qui a été signé
13:45par les partenaires sociaux.
13:46Trois organisations patronales,
13:47les trois,
13:48et trois organisations syndicales
13:49dont la CFDT.
13:50La CFDT, d'ailleurs,
13:51qui a pris la parole ce week-end
13:52en disant que c'est une bonne loi,
13:53c'est un équilibre.
13:55Les partenaires sociaux
13:56ont trouvé un équilibre.
13:57Il faut que la loi valide
14:00complètement cet équilibre.
14:01Oui, parce qu'au fond,
14:02les ruptures conventionnelles,
14:03ça représentait plus du quart
14:05du coût de l'assurance chômage.
14:06Donc, c'est devenu
14:07quand même un petit problème économique.
14:09Et quand on regarde de près,
14:10il y avait là aussi un mauvais usage.
14:12Ça devenait une alternative
14:13aux démissions d'un côté
14:14et au licenciement de l'autre.
14:15Bon, ce n'est pas possible.
14:16Là aussi, il fallait agir.
14:17Et les partenaires sociaux,
14:18on leur a demandé de travailler
14:20quand ils ont dit
14:20le gouvernement,
14:21ils ont pris leurs responsabilités.
14:23Vous savez qu'ils sont
14:23les gestionnaires paritaires
14:25de l'assurance chômage.
14:26Ils ont décidé,
14:27la mesure phare,
14:27la mesure principale,
14:28c'est de réduire
14:29la durée maximale du chômage
14:31pour les gens qui sortent
14:31du rupture conventionnelle
14:32de 18 mois à 15 mois.
14:33On peut aussi rajouter
14:34quelque chose de très positif
14:36dans l'accord,
14:36c'est le renforcement
14:37de l'accompagnement
14:38notamment des salariés seniors
14:40qui ont aussi le droit
14:41à la reconversion
14:42à 50 ans, à 52 ans.
14:44Et on est prêts
14:44à les accompagner
14:45par France Travail
14:46pour leur donner
14:46une nouvelle perspective professionnelle.
14:48On est seniors
14:48à 50 ans aujourd'hui en France ?
14:50Moi, je ne trouve pas.
14:51On n'est seniors,
14:52on n'est jamais seniors.
14:53C'est dans la tête.
14:54Vous connaissez mon âge.
14:54Et pourtant,
14:55le marché du travail
14:55pour les plus de 50 ans
14:56est compliqué.
14:57Oui, mais il faut se battre là-dessus.
14:58Franchement, on en a besoin.
14:59On a besoin que les gens
15:00de plus de 50 ans,
15:01de 55 ans,
15:02restent au travail.
15:03D'abord, ils le souhaitent
15:04eux-mêmes.
15:04On n'est pas fini à 55 ans,
15:06ça ne veut rien dire.
15:06Bien au contraire,
15:07on a 10 ans
15:07de travail potentiel devant soi.
15:09Ça peut passer
15:10par des reconversions
15:10et je le redis,
15:11France Travail a des instruments
15:12qui permettent aux gens
15:13de redéfinir
15:14un nouveau projet professionnel.
15:15Jean-Pierre Farandou,
15:16le 1er mai
15:17s'approche doucement.
15:18Il y a 73,7% des Français,
15:21selon un sondage
15:22commandé par la CPME,
15:23qui voudraient avoir
15:23le droit de travailler
15:24ce jour-là,
15:25le droit de travailler
15:26le 1er mai.
15:26Gabriel Attal lui-même
15:28va lancer
15:29une proposition de loi
15:30pour que les boulangers
15:31puissent travailler.
15:32Il dit en France
15:33le 1er mai,
15:33un McDonald's peut travailler
15:35mais pas une boulangerie
15:36ou un fleuriste.
15:37Il faut juste
15:38que nos boulangers,
15:39nos fleuristes puissent ouvrir
15:40pour qu'ils puissent bosser
15:41tout simplement.
15:42Vous êtes d'accord avec lui ?
15:43Vous allez signer sa pétition ?
15:44Oui, non,
15:45mon travail n'est pas
15:46signé des pétitions.
15:46Mon travail,
15:47c'est de soutenir des lois
15:48quand elles passent au Parlement.
15:49Oui, alors que ce soit clair,
15:50on sait bien
15:50que le 1er mai,
15:51c'est un symbole.
15:52En tant que ministre du Travail,
15:53je suis bien sûr
15:54très attaché au symbole
15:55de la fête du travail.
15:56Donc, ce n'est pas ça
15:57qu'on veut ajuster.
15:58Non, c'est juste une pratique
15:59installée depuis des décennies.
16:01Les boulangers sont ouverts
16:02le 1er mai,
16:02les fleuristes
16:03avec la vente du muguet
16:04sont aussi ouverts
16:05le 1er mai.
16:07Or, notre code du travail,
16:08il a un petit trou
16:09dans la raquette.
16:09Il faut qu'on le complète
16:10et je sais que donc
16:12Ensemble pour la République,
16:13le parti dirigé
16:14par Gabriel Attal
16:15va présenter
16:15une proposition de loi
16:17qui va permettre
16:18de régulariser
16:18cette situation.
16:20J'y serai bien sûr favorable.
16:21Mais vous vous dites
16:21ce 1er mai,
16:22on ne veut pas y toucher
16:23mais c'est encore un sens
16:24dans un pays
16:24où il y a
16:253500 milliards de dettes
16:26où le taux de chômage
16:28est très haut
16:29à 8%.
16:30Est-ce que ça a encore du sens
16:31de s'arrêter de travailler
16:32pour fêter le travail ?
16:34Ah, c'est un débat,
16:35c'est un bon débat.
16:36Là, tu me le ministre du Travail
16:37comme je ne suis pas insensible
16:38au symbole.
16:38Vous n'allez pas vous mouiller.
16:39Non, c'est un symbole.
16:40Non, non, mais même
16:40c'est de la conviction.
16:41Ce n'est même pas
16:41de ne pas se mouiller.
16:42Oui, qu'il y ait un jour
16:43dans l'année
16:43où on célèbre le travail
16:45où on célèbre
16:46les avancées sociales
16:47qui ont été permises
16:47par les organisations syndicales.
16:49Je crois qu'il faut respecter
16:50notre foi.
16:50En 2026,
16:51on a le temps encore de ça ?
16:52On a le temps de regarder
16:54ce qui s'est passé
16:54il y a 70 ans ?
16:55Oui, ce sont nos racines.
16:56C'est notre ADN,
16:57c'est l'équilibre
16:57entre l'économique et le social.
16:59Moi, je l'ai toujours porté.
16:59Vous savez qu'à la SNCF,
17:01ça a été mon credo
17:01de trouver ces équilibres-là.
17:03Je pense que cette fête
17:04symbolise ça.
17:05Alors par contre,
17:05c'est une fête de concorde,
17:07une fête de rapprochement,
17:08une fête de réconciliation.
17:15C'est complètement inutile
17:16d'opposer l'un à l'autre.
17:17Le travail,
17:18il vient de l'emploi.
17:19L'emploi,
17:19il vient du développement
17:19des entreprises.
17:20Je porte ce continuum.
17:22J'ai lancé,
17:22d'ailleurs,
17:22une conférence sur ce sujet-là,
17:24travail, emploi, retraite.
17:25Tout ça, c'est un tout.
17:26Et je suis à la fois
17:27le ministre des employés,
17:29mais aussi des employeurs.
17:30Et tout ça,
17:31ça marche ensemble.
17:31Vous venez du monde
17:32de l'entreprise,
17:33vous l'avez dit,
17:33vous avez été longtemps
17:34à la tête de la SNCF.
17:35Qu'est-ce qui vous a choqué le plus
17:36quand vous êtes arrivé
17:36dans ce monde politique,
17:37quand vous avez vu l'Assemblée,
17:39le chaos généralisé
17:40de l'Assemblée nationale ?
17:41Oui, alors,
17:42les méthodes sont un peu particulières.
17:43C'est vrai que l'Assemblée,
17:44c'est spécial,
17:45c'est difficile de s'entendre,
17:46c'est difficile de s'écouter.
17:48Ce n'est pas très bien,
17:48d'ailleurs.
17:49Moi, je voudrais que les débats
17:50soient un peu plus sereins,
17:50parfois un peu plus respectueux.
17:52Parfois, il y a un peu plus vite aussi.
17:53On a parfois de l'obstruction
17:54dans la procédure parlementaire
17:56un peu inutile
17:56qui nous empêche de travailler.
17:58Ce qui m'a aussi surpris,
17:59c'est peut-être
18:01une vision insuffisante.
18:02Je pense qu'il faut
18:03se projeter vers l'avenir.
18:04Oui, on a des difficultés
18:05de court terme
18:06et c'est la responsabilité
18:07du gouvernement d'y faire face.
18:08On a une nouvelle crise
18:09avec l'Iran,
18:09mais il faut aussi donner
18:10un cap à ce pays.
18:11C'est un beau pays, la France.
18:12C'est un pays qui a
18:13des atouts extraordinaires,
18:14des atouts industriels,
18:15des atouts culturels.
18:16Il faut absolument
18:17que notre pays retrouve un cap
18:19au sein de l'Europe.
18:20J'en suis convaincu
18:20parce que pour peser
18:21par rapport aux Chinois
18:22et aux Américains,
18:23ensemble, on sera plus fort.
18:25Mais voilà,
18:25je voudrais que la politique
18:26retrouve le sens du long terme,
18:28le sens de l'engagement,
18:32présidentielle, est toute proche.
18:34Et votre cap, c'est quoi ?
18:35Vous dirigez à la semaine,
18:36au mois, au maximum ?
18:37C'est quoi votre vision ?
18:39Non, là, vous savez,
18:40ce gouvernement souhaite
18:41d'être utile,
18:42j'espère, pour l'année qui vient.
18:44Et il y a beaucoup de travail.
18:45Vous voyez, j'ai déjà
18:45deux projets-lois
18:46qui sont à présenter.
18:47J'en ai d'autres qui arrivent.
18:48Il faut travailler
18:48sur l'emploi des jeunes,
18:49sur l'emploi des seniors.
18:50Il faut préparer des grands débats
18:52dans ce pays, peut-être
18:52autour du travail et des retraites,
18:54autour du financement
18:54de la sécurité sociale.
18:56Et cette année de préparation,
18:57j'espère qu'elle servira
18:58avoir une élection présidentielle
19:00de très haut niveau,
19:01avec de vrais projets
19:02présentés par des candidats
19:03de grande valeur.
19:04Notre pays en a besoin.
19:06Et si je peux modestement
19:07aider à ça
19:07au ministère du Travail,
19:08ça sera une bonne chose
19:09pour les Français.
19:09Et vous pensez que ce sera le cas ?
19:10Est-ce que vous pensez
19:11qu'il y a des projets économiques
19:12valables qui sont proposés
19:14aujourd'hui par des candidats
19:14ou portés par des candidats ?
19:16Il y a du travail,
19:16il faut qu'ils travaillent.
19:18C'est le ministre du Travail
19:19qui le dit ?
19:20Il faut qu'ils se lancent.
19:21Il y a déjà des candidats
19:22qui veulent proposer des projets
19:23pour les retraites, par exemple.
19:24Je suis convaincu
19:25que les sujets sociaux
19:26seront au cœur.
19:27Les retraites d'un côté,
19:28le financement de la sécurité sociale,
19:29c'est très important.
19:30C'est le pacte social
19:31entre les Français et la nation.
19:33Oui, j'espère que les candidats
19:34auront de belles propositions
19:35pour sécuriser la sécurité sociale.
19:37Elle a 80 ans.
19:38En l'état, elle ne tiendra pas
19:39peut-être 80 ans.
19:40Il faut la réformer en profondeur.
19:42Et j'espère que cette campagne présidentielle
19:43permettra ce débat
19:45et ces décisions démocratiques.
19:46Merci Jean-Pierre Farandou,
19:48ministre du Travail,
19:48qui était notre invité
19:49ce matin sur CNews et sur Europe.
19:50Bonne journée à vous.
19:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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