00:00Raphaël Legendre, on va évidemment parler des déclarations du Premier ministre hier qui considère que tout va bien et que
00:06la chaîne a tout simplement tenu pendant la canicule.
00:09C'est un exercice d'autosatisfaction un peu lunaire du Premier ministre après la semaine qu'on a connue, une
00:15semaine où on a suffoqué dans toutes les écoles et tous les hôpitaux.
00:19L'État a évidemment sa part de responsabilité à prendre et on a un Premier ministre qui nous a dit
00:24non non la chaîne a tenu, pas de problème, quasiment dit pas de problème.
00:30Il devait prévoir, il ne l'a pas suffisamment fait, on l'a dit et redit, bon ça ok les
00:35critiques sont tombées.
00:36En même temps ce qu'on voulait dire ce matin c'est qu'il faudrait aussi sortir de ce réflexe
00:40très français d'aller taper à la porte de Matignon dès que quelque chose ne va pas.
00:45Ce n'est pas l'État français qui possède les écoles, ce sont les communes.
00:50Ce n'est pas l'État qui possède les collèges, ce sont les départements et ce n'est pas l
00:55'État qui doit gérer les lycées,
00:58ce sont les régions.
01:01Les directeurs et chefs d'établissements sont aussi responsables de la manière dont fonctionnent leurs établissements,
01:08de la sécurité, du fonctionnement au quotidien et donc la responsabilité est partagée.
01:14Oui bien sûr l'État a mal préparé l'adaptation au réchauffement climatique mais il y a aussi les collectivités
01:20locales
01:21et il y a chacun des fonctionnaires qui doivent tenir les établissements, qu'ils soient scolaires ou les hôpitaux où
01:27il y a les personnes fragiles.
01:28Ce qui veut dire qu'on a une responsabilité collective en fait dans notre adaptation.
01:31Mais oui, il faut arrêter de penser qu'on peut tout régler depuis Paris, ce centralisme très français.
01:36Les maires doivent connaître les bâtiments vulnérables, les établissements préparer leurs plans comme les entreprises protègent aujourd'hui leurs salariés
01:44et nous tous devons aussi veiller sur notre responsabilité sur toutes les personnes fragiles ou isolées qu'il peut y
01:51avoir autour de nous.
01:53Bref, un principe de responsabilité individuelle plutôt que de le diluer dans le collectivisme en attendant tout de l'État.
02:01L'État, il est là pour deux choses. Il est là pour distribuer de l'argent et pour poser le
02:08cadre, les normes.
02:10Alors, question de l'argent, les moyens, ça, globalement, franchement, ils sont là aujourd'hui en France.
02:15On est le premier pays de la zone euro en termes de dépenses d'investissement public.
02:19On a un point de plus que l'Allemagne et deux points de plus que l'Espagne ou les Pays
02:25-Bas, par exemple.
02:26Le problème, c'est qu'on ne fait pas toujours les bons choix.
02:29On prend quelques exemples dont on a un peu parlé sur ce plateau, comme la gare de Nantes où il
02:34fait 3 degrés de plus à l'intérieur qu'à l'extérieur
02:37et qui a quand même coûté la bagatelle de 132 millions d'euros d'argent public.
02:42Vous avez l'hôpital de Saint-Lô qui vient d'être construit sans clim à l'intérieur parce qu'on
02:46a estimé qu'en Normandie, il n'y avait pas de canicule.
02:49Bravo ! Ou encore la place de la République, il y a plus de 10 ans, qui a coûté plus
02:53d'une vingtaine de millions d'euros.
02:54On a coûté tous les arbres et on a tout minéralisé.
02:58C'est quand même délirant quand on sait qu'on se dirige vers quelques degrés de plus chaque année.
03:04Bon, ça, c'est pour l'argent.
03:06On a un fond vert quand même, près d'un milliard par an pour gérer le réchauffement climatique.
03:12Par contre, sur les normes, là, on a franchement des marges de progression.
03:15Le ministère reconnaît lui-même qu'aucune réglementation ne définit clairement le niveau d'exposition à la chaleur acceptable dans
03:24un bâtiment recevant du public.
03:25Ça, c'est pas possible.
03:26Et en revanche, j'ai vu cette situation quand des parents amènent des climatiseurs dans les salles d'école de
03:32leurs enfants.
03:32On leur dit, bah non, c'est pas possible parce qu'il y a des distances à respecter, des normes
03:36de sécurité.
03:37Et alors là, on préfère laisser les enfants mourir de chaud plutôt que d'avoir du bon sens de l
03:43'action.
03:43Donc, il y a trop de normes d'un côté et pas assez de normes de l'autre.
03:46Alors, au lieu de brasser de l'air à Matignon pour nous expliquer que toute la chaîne a tenu et
03:50s'auto-congratuler,
03:51peut-être qu'on devrait se mettre un peu plus au boulot.
03:53Et puis surtout, surtout, prenez-vous vous-même par la main.
03:57Rien ne vaut l'action individuelle.
03:59Merci beaucoup, Raphaël Lejean.
04:00On vous retrouve comme tous les jours à 9h30 dans Les Experts.
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