00:00Il y a une époque, Anthony Morel, Sorare, c'était quand même la pépite française qui fait des images virtuelles.
00:06Ils reviennent, ils tentent un comeback après une période compliquée.
00:09Oui, c'est ça. Il y a cinq ans, il faut se souvenir de ce que c'était.
00:12Sorare, c'était l'une des licornes françaises les mieux valorisées, plus de 4 milliards d'euros.
00:16Ils avaient fait une levée de fonds à 680 millions des investisseurs comme Kylian Mbappé, par exemple.
00:21Donc, c'était vraiment la pépite absolue de la French Tech.
00:24Après, ça a été un petit peu plus compliqué.
00:26Ils sont partis d'une intuition qui était très bonne, qui est celle de la dématérialisation des cartes de foot
00:31à collectionner.
00:32Énorme marché, évidemment.
00:33Et donc, ils se sont dit, on va créer une plateforme de cartes de foot virtuelles.
00:37Et c'est ça, le principe de Sorare.
00:38Ce sont en fait des cartes de foot qu'on va s'échanger.
00:40Donc, on ouvre des paquets de cartes de foot virtuelles.
00:43On les possède, mais on les possède sous forme de NFT.
00:46Donc, les NFT, je rappelle, ce sont ces titres de propriété virtuelle dans la blockchain qui permettent ensuite de les
00:52échanger, de les revendre.
00:53Alors, il y a tout un marché qui s'est lancé, un marché secondaire où on pouvait acheter certaines cartes,
00:57mais plusieurs centaines de milliers d'euros.
00:59C'est devenu un truc de fou.
01:00Ensuite, il y avait un système de jeu, de fantasy football.
01:03C'est-à-dire qu'on pouvait composer une équipe, l'avoir évolué, gagner des lots.
01:07Enfin, ils avaient pensé tout un système autour de ça.
01:09Et puis ensuite, ils se sont pris en pleine figure.
01:10Eh bien, le crash des NFT précisément, c'est-à-dire qu'en gros, ces titres de spéculation, déjà à
01:15dire de spéculation, mais oui, il y a eu une spéculation folle autour des NFT.
01:18Et le nombre de transactions a fondu de l'ordre de 90% entre 2021 et 2024 sur l'ensemble
01:25du marché des NFT.
01:26Évidemment, ça a eu un impact sur SORAR, plan de sauvegarde de l'emploi l'an dernier, fermeture de leur
01:30bureau de New York.
01:31Mais là, la coupe du monde, eh bien, c'est le moment de revenir.
01:33Ils ont lancé une grande campagne de pub, un nouveau jeu qui s'appelle SORAR Colors.
01:37Ils insistent beaucoup moins sur le côté NFT, blockchain, crypto.
01:41On voit que ça fait un peu peur aux gens.
01:42Donc, c'est plus maintenant jeu de cartes à collectionner, un peu comme les cartes Pokémon d'une certaine manière,
01:47même si techniquement, on reste dans l'univers des NFT et de la blockchain.
01:49Mais les cartes dématérialisées, ça cartonne, c'est toujours ?
01:53Oui, absolument, mais c'est un marché énorme.
01:54En fait, ça se base sur le fait qu'il y a de plus en plus de porosités entre les
01:58cartes virtuelles, qui sont un marché absolument considérable,
02:01et les cartes en mode réel.
02:04C'est-à-dire que, par exemple, vous avez des phénomènes sur les réseaux sociaux comme le cardbreak.
02:08Le cardbreak, c'est des gens qui se filment en train d'ouvrir des paquets de cartes.
02:11Et ces vidéos-là, elles font des millions de vues.
02:13C'est comme ceux qui rentrent des courses, quoi.
02:14C'est exactement ça.
02:15On voit des gens ouvrir des cartes rares et, je ne sais pas, on s'identifie.
02:18Moi, je regarde ça.
02:19Vous regardez ça, oui.
02:20Oui, c'est ça, c'est un de mes petits péchés mignons, mais je regarde ça pendant des heures.
02:22Il y a des gens qui ouvrent des paquets de cartes, ça paraît complètement fou, mais il y a un
02:25côté assez hypnotisant.
02:27Oui, c'est comme ça, figurez-vous.
02:28Et quand je dis mélange avec des cartes virtuelles, c'est, par exemple, Panini.
02:31Panini, ils ont leur célèbre album avec les autocollants, mais ils ont aussi lancé la version application mobile,
02:35où vous pouvez, en fait, collectionner des cartes de foot virtuelles.
02:38Vous ouvrez des paquets de cartes virtuelles, vous pouvez les échanger avec des gens du monde entier,
02:42et puis vous pouvez les coller dans un album virtuel.
02:45Donc, il y a vraiment cette porosité de plus en plus grande, finalement, entre le monde virtuel et le monde
02:49réel.
02:49Avec les cartes qui sont des véhicules d'investissement comme les montres ou les baskets.
02:54Exactement.
02:54On peut d'ailleurs les faire certifier.
02:56Il y a des systèmes de certification de la valeur de sa carte, de la qualité de sa carte.
02:59Il y a des cartes qui s'échangent pour plusieurs millions d'euros.
03:01Et puis, les fabricants de cartes ont bien compris qu'il fallait organiser la rareté.
03:05Je vous donne un exemple.
03:06Si vous regardez les matchs de la Coupe du Monde en ce moment,
03:09vous aurez peut-être remarqué que sur la manche droite du maillot des joueurs,
03:13vous avez un petit patch qui est assez discret.
03:16Alors, il y a des patchs différents.
03:16Vous avez, par exemple, un patch soulier d'or sur le maillot d'Mbappé
03:20parce qu'il a été meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde.
03:22Vous avez un patch legacy pour, par exemple, Cristiano Ronaldo
03:25parce qu'il a participé à plus de cinq Coupes du Monde.
03:27Et en fait, ces petits patchs, à la fin des matchs, ils sont découpés.
03:30Ils vont être intégrés dans des cartes à collectionner pour les prochaines Coupes du Monde.
03:34Et ces cartes-là, elles vaudront très, très cher.
03:35C'est un truc qui existe déjà, par exemple, pour les cartes de la NBA,
03:39donc pour le basket américain.
03:40Et par exemple, il y a une carte de LeBron James qui s'est vendue cette semaine avec un bout
03:43de son maillot.
03:44Elle s'est vendue plus de 2 millions d'euros.
03:45Donc, c'est pour vous donner une idée.
03:47Mais un bout de son maillot, vous n'avez même pas dans les mains.
03:49Vous l'avez sur la carte, en fait.
03:51Il est intégré à la carte.
03:52Mais vous possédez un morceau de maillot qui a été porté pendant un match de foot ou un match de
03:55basket.
03:56Et ça, pour les fans, évidemment, ça a une rareté, une valeur.
04:00Et ça en fait un véhicule d'investissement quasiment comme un autre.
04:02Merci beaucoup, Anthony Morel.
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