- il y a 8 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Mais d'abord, je voulais aussi vous parler ce soir, et pour l'actualité française, de l'immense émotion d
00:05'une famille, la famille de Louis,
00:07plus d'une semaine après la mort particulièrement violente du jeune homme de 17 ans, lynché par cinq agresseurs.
00:12Son père s'exprime aujourd'hui sur BFM. Un témoignage, vous allez l'entendre, empli d'une profonde émotion, mais
00:17aussi de question.
00:18Pourquoi son fils a-t-il été attiré dans un piège mortel ? La justice a-t-elle dysfonctionné ?
00:23Aurait-elle pu mieux protéger l'adolescent ?
00:26On voit ça avec Stéphanie Zenati, Raphaël Rodon, Simon Terassier et Bertrand Seguier.
00:30C'est la première fois qu'il prend la parole publiquement depuis la mort de son fils.
00:40Et c'est sur notre antenne qu'il a décidé de se confier ce lundi matin.
00:46Je voudrais tout de suite que l'on accueille en direct Nicolas Hervé. Vous êtes le père de Louis.
00:53Un père emprunt d'une émotion intense qui souhaite rendre hommage à son fils.
01:00C'est horrible. Surtout que mon fils était vraiment un bon garçon. Je ne comprends pas pourquoi tant de haine
01:06sur mon petit garçon.
01:10Je ne comprends pas. Mon fils n'a jamais eu de problème avec qui que ce soit. Il ne s
01:14'est jamais battu de sa vie.
01:15Mon fils était connu, aimé de tout le monde. C'est franchement trop dur.
01:21Et comme on dit, c'est les meilleurs qui partent en premier.
01:27Accablé par le chagrin, Nicolas Hervé peine à réaliser ce qu'il s'est passé le 19 juin dernier sur
01:34le site de ce chantier de Narbonne.
01:37Ce jour-là, son fils est attiré loin des regards, encerclé, puis passé à tabac, comme on le voit dans
01:45cette vidéo glaçante de quelques secondes.
01:57Cinq agresseurs sont présents sur les lieux. Parmi eux, trois mineurs.
02:02Certains filment la scène. Les autres s'acharnent sur l'adolescent déjà au sol.
02:10Louis est laissé pour mort à l'intérieur du chantier.
02:13C'est seulement le lendemain matin, peu après 9h, qu'un ouvrier le découvre, inanimé.
02:22Le jeune homme est immédiatement transporté à l'hôpital de Narbonne, puis transféré à Perpignan.
02:29Ils ont tout de suite dit qu'il y avait très peu de chances qu'il survive.
02:33Mais comme il était très jeune, ils ont quand même tout fait.
02:36Ils l'ont opéré et l'opération s'est bien passée.
02:41Après, on est resté à son chevet pendant trois jours.
02:43Et le dernier jour, ils nous ont dit que ça s'était trop aggravé, qu'il ne pouvait plus rien
02:48faire et qu'on lui dise adieu.
02:56Le 23 juin, Louis succombe à ses blessures.
03:02Depuis, l'émotion s'est emparée de la ville de Narbonne.
03:07Sur les lieux du drame, alors que des traces de sang sont encore visibles, des habitants viennent rendre hommage au
03:14jeune homme, avec des fleurs ou des petits mots.
03:18Je suis aimée parce que j'ai des petits-enfants qui ont son âge.
03:21Et puis bon, la jeunesse, c'est terrible.
03:25C'est dommage qu'il y ait toute cette violence.
03:27Je ne comprends pas.
03:28Peut-être les réseaux sociaux, je ne sais pas.
03:29Je ne comprends pas.
03:30J'ai des amis à moi qui le connaissent.
03:32Et ils faisaient partie du même foyer que moi, du même ASEU.
03:36Et ça me touche énormément parce que ceux qui ont fait ça, du coup, j'en connaissais quelques-uns.
03:43Et je ne comprends pas comment ils ont pu faire ça.
03:46C'est vraiment horrible.
03:50Comment un tel drame a-t-il pu se produire ?
03:53Aurait-il pu être évité ?
03:55Qui sont les agresseurs présumés ?
04:01Pour Nicolas Hervé, le père de Louis, rien ne laissait présager un tel déchaînement de violence sur son fils.
04:10Mon fils, c'était un gentil garçon.
04:13Il faisait de la guitare.
04:16Il faisait de la musique tout le temps.
04:18C'est la seule chose qu'il a toujours réussie.
04:21Ça l'a toujours canalisé.
04:23Avec ses troubles, c'était compliqué.
04:27Et que j'avais réussi à trouver un truc pour lui.
04:32Un adolescent atteint d'un trouble du déficit de l'attention.
04:37Alors, dès l'âge de 7 ans, Louis est placé en institut thérapeutique éducatif pédagogique, quelques jours par semaine.
04:47Mais en mai dernier, ses parents n'arrivent plus à faire face.
04:50L'aide sociale à l'enfance commence alors à l'accompagner.
04:55Il est hébergé dans ce foyer pour enfants à Narbonne.
04:59Au cours des dernières semaines, à deux reprises, il est pris pour cible et victime de violence, sans que l
05:07'on en connaisse la raison.
05:08Le 11 mai dernier, Louis avait déjà déposé plainte pour des faits de violence, mais sans lien direct avec aujourd
05:13'hui les 5 jeunes qui sont mis en examen pour assassinat.
05:16Et ça s'était reproduit début juin.
05:18Là encore, il était allé voir une brigade de gendarmerie du Tarmes pour dénoncer des violences qu'il disait avoir
05:22subies quelques heures plus tôt.
05:24Mais malgré l'incitation des gendarmes, cette fois-ci, il n'avait pas souhaité déposer plainte.
05:29Selon son entourage, voici la vidéo de cette deuxième agression.
05:36Posté sur les réseaux sociaux.
05:38Cours, cours, cours !
05:39J'ai t'enculé !
05:42Je suis désolé, je suis désolé !
05:45Casse-toi, casse-toi !
05:47C'est moi, il a tapé KO, il dort !
05:50Le 19 juin, Louis est à nouveau pris pour cible.
05:56Le parquet avait-il ouvert une enquête sur les premiers signalements du jeune homme ?
06:01Pourquoi les parents n'ont-ils pas été prévenus ?
06:05Aujourd'hui, la tante de Louis appelle l'ensemble de la classe politique à s'emparer de ce dossier
06:11et à réagir pour faire en sorte qu'une telle tragédie ne se reproduise plus jamais.
06:16En fait, ce qui s'est passé, c'est pour ça qu'on a fait le choix de diffuser ces
06:19vidéos.
06:20Ça vous concerne tous.
06:21Et ça concerne tous les politiques et ça concerne tous les Français.
06:24Est-ce qu'on va être sérieux ?
06:26Est-ce qu'on peut avoir visionné ces vidéos ?
06:27Moi, je vais vous le dire, ma sœur, elle ne s'en remettra jamais.
06:30Ma famille, elle ne s'en remettra jamais.
06:31Moi, je ne dormirai plus jamais comme j'ai dormi.
06:35Dimanche prochain, la famille de Louis a décidé d'organiser une marche blanche à Narbonne
06:40pour rendre un dernier hommage à l'adolescent.
06:44Avec nous pour en parler ce soir en direct sur BFM TV, Laurent Jacobelli.
06:48Bonsoir, merci d'être la députée, reine de Moselle et porte-parole du Rassemblement National.
06:51Maître Batik, bonsoir, Mourad Batik.
06:53Merci d'être l'avocat pénaliste.
06:54Yves Tréard avec nous, l'éditorialiste politique du CABFM TV.
06:57Bonsoir, Laurent Valdigui, notre consultant pour les justices.
07:00Bonsoir, Laurent.
07:01Élise Adeph, à mes côtés, Laurent Jacobelli, question très ouverte.
07:04Qu'est-ce qu'on fait ?
07:07D'abord, je pense que comme tout le monde sur ce plateau,
07:09je suis en train d'émotion aux images très violentes qu'on vient de voir.
07:12Très violentes et très émouvantes.
07:13Le témoignage du père, de la famille.
07:15Ces images choquantes diffusées sur les réseaux sociaux.
07:18de l'assassinat d'un jeune homme de 17 ans.
07:22Je crois que ça fait beaucoup.
07:25Ça fait beaucoup.
07:26Thomas, Lola, Philippine, lui maintenant.
07:29La France ne protège plus ses enfants.
07:32Aujourd'hui, lorsqu'on lit un journal ou qu'on allume la télévision,
07:35on peut entendre en tête des nouvelles qu'un adolescent, qu'un mineur est mort.
07:41Le nombre de mineurs assassinés ou sur lesquels il y a eu une tentative d'assassinat en 10 ans a
07:47augmenté de 178%.
07:49L'ensauvagement de la société, il faut le dire, il faut utiliser le mot.
07:52Le fait que plus aucun exemple ne soit donné dans les peines
07:55font que des jeunes aujourd'hui se donnent le droit de tuer d'autres jeunes.
07:59Et c'est terrible.
08:01C'est terrible de ce que ça dit de notre société.
08:03C'est terrible de ce que nous sommes devenus.
08:06une justice qui ne condamne plus, des lois qui ne protègent plus,
08:10et pire encore, un exécutif qui détourne la tête.
08:13Je n'ai pas entendu le président de la République
08:15ou un membre important de l'exécutif
08:18se prononcer et regretter ce qui s'était passé et faire des propositions.
08:22Le ministre de l'Intérieur a commencé à le faire.
08:23Je l'avais entendu sur Naël, je l'avais entendu sur Théo,
08:27vous vous souvenez que François Hollande était allé à l'hôpital voir ce jeune qui avait un passé de délinquant.
08:32Mais sur ces victimes-là, j'entends personne.
08:34Le seul que j'ai entendu, c'est M. Nunez,
08:37qui nous a expliqué qu'il ne fallait pas en parler parce que ce serait de la récupération.
08:40Et moi, je lui dis qu'on va en parler.
08:41Et on va en parler tous les jours.
08:43Parce que dans notre France, ce n'est pas tolérable.
08:45Et ce n'est pas le silence.
08:46– Pardon, c'est la famille aussi qui vous dit qu'elle ne veut pas de récupération ?
08:48– Oui, mais la famille, écoutez bien ce qu'elle a dit.
08:51Le papa, comme la maman, il ne doit pas y avoir un autre Louis.
08:55Il faut que les politiques s'emparent du sujet.
08:57Il faut s'en emparer.
08:58Il faut revoir la justice des mineurs.
09:00Il faut mettre des peines planchées
09:03pour que jamais quelqu'un qui est atteinte à l'intégrité physique
09:07ne puisse rester libre.
09:09Il faut que les peines de substitution soient définitivement supprimées
09:12pour ceux qui violent, qui agressent et qui tuent.
09:14Il faut maintenant des mesures très fortes.
09:16C'est ce que nous demandons avec Marine Le Pen et Jordan Bardella.
09:18– On va s'arrêter là-dessus tout de suite.
09:19Puisque vous posez des mesures concrètes.
09:21On revoit la justice des mineurs.
09:23On supprime l'excuse de minorité.
09:24C'est terminé, l'excuse de minorité.
09:26On sait que, par exemple, le ministre de l'Intérieur,
09:27le ministre de la Justice sont sur cette pente-là.
09:30– Mais qu'ils agissent alors maintenant.
09:32Parce que ça suffit.
09:32– Mais vous vous dites qu'on arrête.
09:33– Mais bien sûr qu'on arrête.
09:34– L'excuse de minorité, c'est-à-dire de pouvoir abaisser,
09:38amoindrir la peine parce que mineur, c'est terminé.
09:41– C'est terminé dans le cas d'un meurtre,
09:43d'une agression sexuelle ou d'un viol, bien évidemment.
09:47Il faut ramener la majorité pénale à 16 ans.
09:50Il faut qu'un jeune de 13-14 ans qui a été pris la main dans le sac
09:54en train de commettre quelque chose de grave ait une peine,
09:57peut-être symbolique, de 3-4 semaines dans des centres spécialisés.
10:00Mais il est temps qu'on remette un guide dans cette société,
10:03qu'on réexplique ce qu'est le droit, ce qu'est le civisme
10:05par rapport à l'ensauvagement.
10:07Parce qu'aujourd'hui, il y a des gens qui excusent à peu près tout,
10:10notamment les juges, qui sont souvent assez tolérants, on va dire,
10:16envers des agressions quand elles viennent des mineurs.
10:17Il faut arrêter maintenant, parce que notre société, ça ne marche plus.
10:21Il y a deux fois plus de mineurs qui sont impliqués
10:23dans des tentatives de meurtre, et aujourd'hui, qu'il n'y en avait,
10:27il y a 10 ans, tout cela n'est plus que tenable.
10:28– Ce que l'on, alors, M. Batic, vous laisse, par exemple,
10:30répondre sur l'excuse de minorité.
10:32C'est quelque chose qu'on entend régulièrement, et je le disais,
10:34le ministre de la Justice et de l'Intérieur sont, je disais,
10:36sur cette panque-là, d'une certaine manière,
10:38de revoir cette excuse de minorité.
10:40Qu'est-ce que vous dites, vous, qui est l'habitude de la pratique de la justice ?
10:44– Il y a plusieurs choses. D'abord, on parle d'ensauvagement de la société.
10:48Il n'y a pas d'ensauvagement de la société.
10:50Il n'y a pas un problème, non, il n'y a pas de problème.
10:52– Comment vous appelez ça ?
10:52– Il n'y a pas non plus de problème avec la jeunesse.
10:54On ne juge pas une génération.
10:56D'ailleurs, quand la Cour d'Assise s'ouvrira sur ce dossier,
10:58on ne va pas juger une génération, on va juger 5 individus.
11:01– Mais vous vivez où ?
11:02– On va juger 5 individus qui ont commis l'irréparable.
11:06Et évidemment, on est tous autour de cette table d'accord
11:08pour se dire que le jeune Louis, il n'aurait pas dû mourir,
11:11et que c'est un drame absolu.
11:13Ces 5 individus qui ont commis cet acte,
11:18s'ils sont reconnus coupables,
11:19eh bien, ils répondront de leurs actes.
11:22– Vous en êtes sûr ?
11:23– Évidemment.
11:23– Vous êtes sûr qu'il n'y a pas de peine de substitution ?
11:25– Maintenant, qu'est-ce qu'on fait pour cette jeunesse
11:29et qu'est-ce qu'on fait pour ces jeunes ?
11:30Vous, ce que vous proposez, globalement,
11:32c'est de sévir, de durcir.
11:34– Oui, ce serait bien d'essayer.
11:35– Est-ce que vous pensez un quart de millième de seconde
11:37que ces individus qui ont commis ces atrocités,
11:40ils ont ouvert le code pénal avant de passer à l'acte
11:43et ils se sont dit, bon, 30 ans de réclusion criminelle
11:47sur ce dossier, ça va, c'est convenable, allez, on y va.
11:50Personne n'ouvre un code pénal avant de commettre une infraction.
11:54Donc, augmenter les peines, ça n'a strictement aucun sens.
11:57Non, mais avant de me répondre,
11:58je vais aller jusqu'au bout de mon raisonnement.
12:00Vous avez aux États-Unis des peines qui sont prononcées tous les jours,
12:03400 ans, 500 ans, 800 ans.
12:05Je ne crois pas que les États-Unis soient connues
12:06pour être une société parfaitement pacifique
12:09où les 1000 ans de détention changeraient quoi que ce soit.
12:12La réalité, dans ce dossier, si on veut affronter les choses
12:15de manière tout à fait concrète,
12:17eh bien, c'est qu'il y a un individu qui a, à une reprise,
12:21à deux reprises et peut-être à trois reprises,
12:23alerté les services de police pour dire que c'est un enfant battu.
12:26Il a expliqué, il a dit qu'il est en danger.
12:28Qu'est-ce qu'a fait la société ? Rien.
12:30Et c'est ça, le drame.
12:32Comment traite-t-on les jeunes ?
12:33On en a parlé sur votre plateau il y a une semaine,
12:36il y a deux semaines, il y a trois semaines.
12:37Il y en a les enfants qui crient, qui hurlent leur douleur
12:40et la société ne répond pas.
12:42Qu'est-ce qu'on fait sur la jeunesse ?
12:44Qu'est-ce qu'on fait sur les enfants ?
12:45Et qui plus est, qu'est-ce qu'on fait sur les enfants
12:46qui sont placés à l'aide sociale à l'enfance ?
12:48Ce sont, et je l'ai dit sur ce même plateau,
12:51des enfants qui sont délaissés.
12:53C'est la cinquième roue du carrosse.
12:54Personne ne s'occupe d'eux.
12:55On va en parler aussi, mais qu'est-ce que vous répondez ?
12:58Quand M. Bacu vous dit que ça ne sert à rien d'empiler les peines...
13:00Sur la dernière partie de ce que vous avez dit, je vous rejoins.
13:02Quand un enfant appelle à l'aide, quand il porte plainte
13:05et qu'il n'y a pas de suite,
13:06c'est une société qui dysfonctionne et ce n'est pas normal.
13:08Là-dessus, 100% d'accord.
13:10En revanche, désolé, on est dans une société
13:12où quand un gamin brûle une voiture le 31 décembre,
13:15quand un gamin agresse son camarade de classe,
13:18il part, il rentre chez lui, rien n'est arrivé.
13:21Rien n'est arrivé et il a l'exemple en face de lui,
13:23sur le palier d'en face, où un autre gamin agressé,
13:25il ne s'est rien passé.
13:26On ne donne plus la peur du gendarme.
13:28Il n'y a plus la peur de la peine.
13:29Et on est dans une société du laxisme et du laisser-faire.
13:32L'exemple, c'est important dans une société.
13:34Si tous ces assassins en culottes courtes
13:38avaient eu des peines lourdes dans le passé,
13:40s'il y avait un modèle social qui explique aux enfants
13:43que l'autorité et l'ordre, ce n'est pas sale,
13:45qu'il ne faut pas désarmer la police,
13:47que la justice doit être crainte,
13:48il y aurait un autre modèle de société.
13:50Aujourd'hui, la violence, propagée d'ailleurs par les réseaux sociaux,
13:53par les jeux vidéo, par la télévision, par plein de choses.
13:55Elle est presque légitimée par un laisser-faire.
13:58Et donc forcément, quand vous êtes à l'âge de la construction,
14:01que vous n'avez pas tous les repères.
14:02Les jeunes d'aujourd'hui, ils ne sont pas plus mauvais qu'hier.
14:03Ils ont moins de repères.
14:04Et donc, quand vous n'avez pas tous vos repères,
14:06que vous voyez cette violence permanente,
14:07vous-même, vous vous emparez de cette violence et vous l'utilisez.
14:10Ce que notre génération n'aurait probablement pas fait,
14:13parce que le modèle judiciaire était plus strict,
14:15la valeur de l'autorité était assumée,
14:17et l'ordre à l'école, dans la famille et dans les rues,
14:20était une valeur.
14:21– Laurent Jacobelli, c'est important.
14:23– Laurent Valigui aussi pour vous répondre, Laurent Jacobelli.
14:25– On fait le tour de France du chagrin,
14:27de semaine en semaine, sur ce plateau.
14:29On était à Florence dans le Gers la semaine dernière,
14:32là on est à Narbonne.
14:33Il n'y a pas de doute sur le constat.
14:35Il y a des enfants qui meurent,
14:37il y a un État qui faillit.
14:39Alors la semaine dernière, on le sait pourquoi,
14:41c'était la justice, la gendarmerie.
14:43Là, c'est l'aide sociale à l'enfance.
14:44Il n'y a pas eu toutes les alertes,
14:46quand on entend le papa et la maman
14:47voir à quel point il n'y a pas eu d'alerte,
14:49alors que d'abord ce gamin, il n'avait rien à faire là.
14:52Il n'avait rien à faire dans une l'aide sociale à l'enfance.
14:54Il devait être traité, il était malade,
14:57il était porteur d'un handicap.
15:00C'est une forme de trouble, c'est un handicap.
15:02Il n'y a pas de doute de tout ça.
15:04Et il n'y a pas de doute que de semaine en semaine,
15:05cet après-midi, j'ai lu un rapport
15:06d'une députée socialiste du Val-de-Marne
15:08sur l'aide sociale à l'enfance d'avril dernier.
15:11Mais vous voyez ça, Maxime,
15:12mais c'est atterrant.
15:14Le constat, tout le monde le fait.
15:16La solution, M. Giacobelli,
15:18vous êtes député,
15:19vous avez le droit, avec votre carte de député,
15:22c'est une belle loi initiée par Pierre Bouton,
15:24d'aller visiter toutes les prisons.
15:25Vous pouvez toquer dans une prison,
15:27vous pouvez rentrer.
15:28Je l'ai fait de nombreuses fois.
15:29Les statistiques,
15:31parce que vous dites qu'il suffirait
15:32de mettre ces gamins en taule,
15:33mais aller dans une prison
15:35et regarder à quel point
15:36la prison fabrique le crime.
15:39– Oh non, pas ça.
15:40– Bien sûr, les taux de récidive,
15:42Mourad Batik, c'est bien ça.
15:44Les taux de récidive…
15:45– Ce sont des études audibles.
15:46– Ce sont des études, oui,
15:47mais c'est une attitude de la réalité.
15:50– Non, mais l'étude de la réalité.
15:52– Vous m'avez demandé de vous laisser parler,
15:54je suis avocat,
15:54je vais tous les jours au tribunal.
15:57– Vous m'avez demandé de vous laisser parler,
15:57vous m'avez demandé de vous laisser parler,
15:58vous m'avez demandé de vous laisser parler.
15:59– Non, non, non, non, non, non.
16:00– Je n'ai pas fini.
16:01– Désolé.
16:03– La prison telle que vous…
16:04la solution telle que vous la proposez
16:07en disant qu'il suffit de mettre ces gamins en tôle,
16:09mais ces gamins, ils sont déjà en tôle.
16:13Il y a 90 000 personnes en prison ce soir
16:15pour 70 000 places.
16:16Mais ça fabrique de la délinquance.
16:19– Je vais vous répondre.
16:19– 100 % des statistiques le disent.
16:21– Je vais vous répondre.
16:22– Alors, cherchez des choses plus fines,
16:24là, il faut la remettre droit,
16:26la gendarmerie, la police,
16:28il faut la remettre droite
16:29parce qu'on sait qu'il y a des gabes gilles de moyens
16:31à des endroits,
16:32même si partout, il y a des gens
16:34qu'il faut travailler, admirable.
16:35– Bon, mais c'est pas…
16:37– Laurent Jacoboli, pour vous répondre,
16:39et ensuite Yves Traillard, Laurent Jacoboli.
16:41– Tout ce qui est atteinte à l'intégrité physique,
16:43les coups et blessures, etc., etc.,
16:44il n'y en a que 30 % qui aboutissent
16:46à un jugement qui dit une peine de prison
16:48et sur ces 30 %, il y en a très peu
16:49qui aboutissent à de la prison réelle,
16:52il y a beaucoup de peines de substitution.
16:53Il y a aujourd'hui trop peu de places de prison,
16:55il en manque 20 000,
16:56c'est une des grandes faillites d'Emmanuel Macron,
16:58là-dessus on peut être d'accord,
16:59dont 25 % d'étrangers
17:00qui n'ont plus rien à faire ici.
17:03Simplement, on ne veut pas mettre tout le monde
17:04en prison par principe,
17:05simplement si on ne met plus personne en prison,
17:07monsieur, et bien l'exemple,
17:09l'exemplarité ne va plus exister.
17:11Et quand on tue un gamin…
17:12– Vous ne pouvez pas dire
17:12qu'on ne met plus personne en prison,
17:13on va être très clair.
17:15dans notre pays, quand on tue quelqu'un,
17:18quand on viole quelqu'un,
17:20on va en tôle.
17:22C'est comme ça.
17:23– Mais il existe.
17:23– Mais il existe.
17:24– On ne peut pas faire peur aux Français
17:25que quand on tue quelqu'un,
17:26quand on viole quelqu'un en France,
17:27on ne va pas en prison.
17:28– Ça n'est pas vrai.
17:28– Quand un mineur, aujourd'hui,
17:30tue ou agresse,
17:31il va très peu en prison.
17:33Il est l'excuse de minorité.
17:35Regardez les chiffres.
17:36Et regardez ces chiffres
17:37que vous pouvez vérifier.
17:38Un tiers seulement des agressions,
17:40je ne parle pas d'agression,
17:41je ne parle pas d'une baffe,
17:43de lieu à une peine de prison
17:45qui n'est pas appliquée.
17:46– Selon qui ?
17:46– Regardez.
17:47– Selon quoi ?
17:47– Ce sont des sources officielles.
17:49– Quelles sources officielles ?
17:50– Le ministère de la Justice,
17:51c'est facile à trouver.
17:52Vous avez internet chez vous.
17:52– Le ministère de la Justice,
17:53il y a 13% de jeunes détenus en plus en un an.
17:56– Bien sûr, mais la violence,
17:57elle a doublé en 20 ans.
17:58Donc il y a un moment,
17:59soit on regarde passer les trains
18:00et on dit,
18:01ah bah oui, mais les pauvres jeunes,
18:02vous vous rendez compte s'ils vont en prison,
18:03soit on siffle la fin de la récré.
18:05On a essayé le luxisme depuis 40 ans,
18:07il faut maintenant essayer la fermeté.
18:10Vous savez,
18:10ce n'est pas un déshonneur dans une société
18:13de mettre les coupables en prison.
18:14Moi, ce qui m'intéresse,
18:15c'est les honnêtes gens, voyez-vous.
18:16C'est eux que je veux protéger,
18:18pas les voyous.
18:18Ce sont les jeunes qui sont morts.
18:20Il y en a, je le rappelle,
18:22178% supplémentaires.
18:25Tout cela ne vous inquiète pas ?
18:26Tout cela vous paraît normal ?
18:28Alors ne changeons rien.
18:29Nous, on veut tout changer.
18:30– Ce qui est sûr,
18:31c'est que rien ne va plus.
18:33On ne peut pas rester comme ça.
18:34C'est impossible de rester comme ça.
18:36D'abord parce qu'il y a une faillite,
18:37je suis désolé,
18:38mais l'aide sociale et l'État,
18:40à l'enfant.
18:41– C'est hallucinant,
18:42ce que j'ai appris,
18:43parce qu'on apprend.
18:44Vous avez invité sur ce plateau
18:47dans l'après-midi
18:48un de nos confrères
18:50qui a écrit un livre absolument dément
18:52sur le fonctionnement
18:53de l'aide sociale à l'État.
18:54– À l'enfant.
18:55– À l'enfant, pardon.
18:57Mais c'est à peine croyable.
19:00C'est à peine croyable.
19:01On ne peut pas rester comme ça.
19:02Donc là, il y a la faillite
19:04de ce point de vue,
19:06comme, alors je ne dirais pas
19:07la faillite des services de sécurité
19:09et tout ça,
19:09mais il y a quand même aussi
19:10les services de sécurité.
19:11Non pas dans ce cas-là,
19:12mais dans les autres cas,
19:13il faudrait quand même les revoir.
19:14– C'est-à-dire faillite de services ?
19:15– Non, mais quand on parle de la police,
19:17quand on a parlé avec Liana,
19:18de la police,
19:19de la gendarmerie.
19:20– Mais même dans ce cas-là.
19:21– Peut-être aussi dans ce cas-là.
19:22– Mais la question se pose ici aussi,
19:23la question se pose ici.
19:24On le disait,
19:24il y a plusieurs alertes lancées,
19:26plaintes et signalements.
19:28– Elle se pose ici.
19:28– Et la question qu'on posait tout à l'heure,
19:29c'est de savoir
19:30est-ce que la justice a suivi ?
19:31Pour l'instant,
19:31on n'a pas complètement la réponse.
19:32– Là, il y a quand même
19:32des défaillances terribles
19:33et qu'il faudrait quand même
19:35essayer de voir
19:36comment on peut les combler.
19:37Et puis, deuxièmement,
19:38alors, je sais que l'excuse de minorité,
19:40pour ce qui est des mineurs,
19:42l'excuse de minorité,
19:43ça fait maintenant 30 ans
19:45qu'on dit qu'il faut modifier
19:47les ordonnances de 45
19:48qui ont été modifiées
19:49moult fois d'ailleurs.
19:51– Toujours dans le sens du durcissement.
19:52– Toujours dans le sens du durcissement.
19:54Ça va être un thème,
19:55à mon avis, de la présidentielle.
19:57Attal, il est pour.
19:58Je crois l'atténuer,
19:59cette excuse de minorité.
20:01On va voir.
20:02Est-ce que, moi,
20:03le débat prison, pas prison,
20:05le problème de la France,
20:07c'est qu'on ne peut pas nier
20:09qu'il y a une violence
20:10de plus en plus précoce
20:12dans notre pays.
20:13De plus en plus,
20:15les jeunes sont plus violents
20:16que par le passé.
20:17Ça, c'est clair.
20:18Parce qu'il y a une société
20:19qui est celle qu'elle est
20:21où il y a une perte de repère
20:22des parents.
20:22– Alors, globalement, non, Yves.
20:24Globalement, non.
20:25Mais il y a des endroits…
20:26– Non, non, non.
20:27– Les statistiques montrent
20:29le contraire.
20:29– Il y a des homicides,
20:30des tentatives d'homicides.
20:31Donc, dans les secteurs
20:32de la violence,
20:33il y a des moments
20:33plus violents.
20:34Mais globalement,
20:35sur la violence en général…
20:37– Oui, voilà, bien sûr.
20:38– Alors, moi, je crois que,
20:40de toute manière,
20:40notre système carcéral
20:41est complètement à la masse,
20:44à bout de souffle.
20:46Évidemment qu'on ne peut pas
20:47entasser des gens
20:48dans des prisons
20:49qui ne sont ni faits ni à faire.
20:52Donc, c'est tout un système
20:53qu'il faut revoir.
20:54Malheureusement, on s'aperçoit
20:55que dans tous les secteurs
20:56d'activité humaine en France,
20:58il faut tout revoir.
20:59C'est ça qui est terrible.
21:00Et on n'a pas un sentiment.
21:02– L'État est le parent
21:03le plus défaillant de France.
21:04C'est dans un rapport
21:05de la santé du mois d'avril.
21:08– Exactement.
21:10– Alors, déjà, si.
21:12Pour répondre à Laurent Jacobelli,
21:14déjà, même sans revoir
21:17l'excuse de minorité,
21:18si déjà on arrivait
21:20à appliquer les peines
21:22correctement
21:22qui sont prononcées,
21:23parce qu'il y a un suivi des peines
21:25qui est quand même très délicat,
21:26parce qu'il n'y a pas assez
21:27non plus de magistrats,
21:28il n'y a pas assez.
21:29C'est déjà ça
21:30qui serait très utile.
21:32– Moi, je prends
21:33le cas d'Elias, par exemple.
21:35Vous savez,
21:35ce jeune garçon
21:36qui a été tué
21:36à la sortie d'un stade
21:37il y a un an et demi
21:39ou deux ans à Paris,
21:40qui a été tué
21:42par deux réitérants.
21:44Eh bien, ces deux réitérants,
21:45ils avaient un régime judiciaire
21:47très précis
21:48qui n'a pas été respecté.
21:50– Eh oui.
21:50– Et parce qu'ils ne l'ont pas
21:51respecté,
21:52ils sont retombés.
21:53Ils sont tombés sur ce jeune,
21:54Elias,
21:55qui en a fait les frais.
21:57Et normalement,
21:57ces deux réitérants
21:58qui habitaient
21:59dans le même bloc d'immeubles
22:00avaient l'interdiction
22:02de se fréquenter
22:03et c'est parce qu'ils se sont
22:05– Là aussi,
22:05on est d'accord,
22:06mais Mourad Batik,
22:07vous disiez tout à l'heure,
22:08vous déploriez tout à l'heure,
22:10comment dire,
22:10le fait qu'on traite
22:12comme quantité négligeable
22:13la parole de ces enfants,
22:15justement,
22:15qui viennent notamment
22:16de l'aide sociale
22:17à l'enfance.
22:17Qu'est-ce qu'on fait
22:18pour mieux les entendre ?
22:20Est-ce que,
22:20et on va revenir au même débat,
22:21est-ce que c'est une question
22:22de moyens,
22:23moyens pour la justice
22:24ou moyens pour l'aide sociale
22:25à l'enfance
22:26ou est-ce que c'est une révolution
22:28à faire dans nos têtes aussi ?
22:29– C'est une révolution
22:29à faire à tous les niveaux.
22:31Ce sont des citoyens
22:33de seconde zone.
22:34Les enfants de l'aide sociale
22:35à l'enfance,
22:35moi j'en reçois pas mal
22:37à mon cabinet,
22:38malheureusement,
22:38je les reçois
22:39quand ils sont adultes
22:40et ils me racontent
22:41qu'ils ont été violés,
22:42qu'ils ont été agressés,
22:43qu'ils ont été séquestrés,
22:44parfois les trois en même temps,
22:46enfin c'est absolument
22:47des récits terribles.
22:50Personne ne prend le soin
22:52de les écouter.
22:53C'est-à-dire que,
22:54systématiquement,
22:55les anciens gamins
22:56qui viennent me voir au cabinet
22:58et qui m'expliquent leur enfance
22:59dans les foyers,
23:00dans certaines familles d'accueil,
23:01dans des endroits
23:02absolument terribles,
23:03me disent
23:03on a vécu ça
23:04et on n'avait personne
23:05à qui parler.
23:06Et là,
23:06qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui
23:07sur ce pauvre Louis ?
23:09Eh bien,
23:09on se rend compte
23:10que Louis,
23:10il va voir les gendarmes,
23:12il va voir la police.
23:13Mais vous imaginez,
23:14je pense qu'on est
23:14un certain nombre ici
23:15à avoir des enfants
23:16autour de cette table.
23:17Moi,
23:17à partir de la seconde
23:18où mon gamin vient me dire
23:20j'ai été molesté
23:21par un groupe,
23:22qu'est-ce qu'on va faire ?
23:22On va mettre en mouvement
23:24toutes les actions
23:25pour identifier,
23:26pour protéger,
23:27pour faire en sorte
23:27que ça ne se reproduise plus.
23:29Ça,
23:29c'est nos enfants.
23:30On est des privilégiés
23:30et nos enfants
23:31sont des privilégiés.
23:32Et les enfants
23:32de l'association à l'enfance,
23:33quand ça leur arrive,
23:34il n'y a personne.
23:35Il n'y a personne
23:36au bout du fil.
23:37Il n'y a pas de parents,
23:39il n'y a pas de structure familiale
23:41pour défendre,
23:41etc.
23:42Et donc,
23:42c'est terrible.
23:43Il n'y a personne
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