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Ce lundi 29 juin, Frédéric Simottel a reçu Damien Douani, responsable de l'innovation de l'école Narratiiv et fondateur de Topos, Michel Levy Provençal, prospectiviste, fondateur de TEDxParis et de l'agence Brightness, et Bruno Guglielminetti, journaliste et animateur de "Mon Carnet de l'actualité numérique". Ils sont revenus sur les pressions d'Elon Musk sur Bruxelles concernant le dossier des fréquences satellites, les attentes de l'Union européenne à l'égard de la start-up italienne Domyn, ainsi que le plan d'investissement de 1 000 milliards d'euros de la Corée du Sud dans l'IA, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:30Là-bas, outre-Atlantique, au Québec.
00:32Et puis, Michel Lévy-Provençal, prospectiviste, fondateur de Télix Paris,
00:35de l'agence Brightness et d'une startup qui s'appelle Captain.
00:38Et on en dit un mot, qui vient de lever un million, c'est ça ?
00:41Oui, on vient d'effectuer une levée.
00:43Elle est toute neuve, cette startup.
00:44C'est une startup d'IA.
00:46À part qu'on ne se positionne pas du tout sur les modèles,
00:48on développe en fait une ferme d'agents, des assistants personnels.
00:52Et chaque agent qui est disponible sur votre mobile est capable d'agir.
00:55C'est-à-dire qu'il est capable d'aller chercher des informations dans votre système d'information,
00:58qui est capable d'envoyer des mails, qui est capable d'organiser votre agenda.
01:03Bref, ce n'est pas un chatbot.
01:05C'est vraiment un agent personnel qui a une identité, qui a une personnalité
01:10et qui apprend au fur et à mesure que vous l'utilisez.
01:12C'est basé sur la technologie OpenClaw dont on a déjà parlé à plusieurs reprises.
01:17Et on suivra ça, tu nous en reparlas, bien entendu.
01:20On part avec Elon Musk.
01:22C'est le bras de fer entre Starlink et l'Union européenne.
01:25L'Union européenne qui prépare une réforme des fréquences satellitaires mobiles.
01:29On en a parlé il y a quelques jours avec François Sorel dans la bande des 2 GHz,
01:32qui est crucial pour le direct-to-device, c'est-à-dire connexion directe avec son smartphone.
01:38Et Bruxelles, soit réservé les deux tiers des fréquences.
01:40Pour un tiers, plutôt à des acteurs européens, notamment Iris Carré, des administrations.
01:46Pour un autre tiers, à des nouveaux entrants, mais plutôt européens.
01:49Et puis pour un dernier tiers, on verra.
01:52Et là-dedans, du coup, Elon Musk ne se reconnaît pas.
01:55Et donc, l'objectif de l'Union européenne, c'est évidemment réduire la dépendance à Starlink.
02:00Mais si tout cela se fait, Elon Musk menace déjà de représailles, Damien ?
02:04Oui, je pense que le feu aux poudres a été mis avec le fait que lorsqu'il y a eu
02:11la question de couper les faisceaux au niveau de l'Ukraine,
02:14puisqu'à l'origine, c'est lui qui avait ouvert la communication lorsque l'Ukraine est rentrée en guerre avec
02:20la Russie.
02:22Et qu'après, différents éléments ont fait, écoutez, finalement, moi je vais couper.
02:26Je pense que l'Europe s'est rendue compte, à nouveau, qu'il y avait un problème de souveraineté, de
02:29télécom.
02:30Alors, en plus, les télécoms, c'est un truc qui chatouille les Européens,
02:32parce qu'on est quand même à l'origine de beaucoup de choses au niveau des télécoms,
02:35ne serait-ce que la norme GSM qui a donné, on va dire, la téléphonie mobile mondiale.
02:39Donc, d'un seul coup, de se rendre compte qu'on peut se faire contourner, ça pose un peu souci.
02:43Donc, d'où la volonté de rattraper le retard, et ça, on sait faire sur des Iris Carré et autres
02:49acteurs.
02:50Donc là, effectivement, l'Europe régule à nouveau, joue un petit côté, enfin, tord le bras, fait vraiment une clé
02:55de bras.
02:55Et alors, est-ce que c'est bien, est-ce que c'est mal, en tous les cas de figure
02:57?
02:58Ça prouve quand même que l'Europe, quand elle est, à mon avis, elle a des bonnes assises,
03:01et là, typiquement, la télécom, c'est le cas, c'est très bien, quand même, faire cas de certaines représailles,
03:06ou montrer qu'elle s'est montrée un peu offensive.
03:10On va voir un peu ce que va donner les représailles, ou les représailles, ou la réponse d'Elon Musk.
03:15Mais bon, il ne va pas se fâcher, mais il ne va pas être content.
03:18Bruno, comment tu vois ça depuis Québec ?
03:21Ah, ben, c'est un nouveau match de bras de fer entre l'Europe et Elon Musk.
03:26Il n'en est pas à son premier, mais j'ai hâte de voir comment il va réagir,
03:31d'autant plus que lui, bon, c'est beau le service Internet avec Skylink,
03:35mais ce qui l'intéresse aussi, c'est son réseau, je vais dire interplanétaire,
03:40pour montrer comment il s'en va, mais pour son réseau planétaire mobile,
03:43qu'il est en train de mettre en place, là, en premier lieu, aux États-Unis.
03:47Et là, lui, il veut s'assurer que ses clients, qui vont acheter des,
03:51je vais dire des Trump-Mobiles, des Musk-Mobiles,
03:54vont être capables de pouvoir circuler librement à la grandeur de la planète,
03:58pour profiter de son réseau de l'espace.
04:01Et si les Européens commencent à lui jouer, à lui mettre des bâtons dans les roues,
04:06c'est évident qu'il va réagir.
04:07Alors, de quelle façon il va réagir, on va le voir, c'est une question de semaine, probablement,
04:13mais vous êtes en train de l'embêter quelque peu.
04:17Oui, ben, ça, c'est le but.
04:18Et puis derrière, on a aussi, on a Amazon qui arrive avec son service Léo,
04:22et puis on a nos Européens qu'on attend toujours avec Iris Square,
04:25alors plutôt pour les entreprises.
04:26Là, Iris au carré, ce sera vraiment côté entreprise.
04:30Mais voilà, qu'est-ce qu'on risque de l'autre côté, Michel ?
04:37En fait, c'est la question, qu'est-ce qu'on risque ?
04:40Parce que si l'intention de l'Europe, c'est de nous faire gagner du temps,
04:46pour ne pas avoir un Musk qui gagne tout de suite le marché,
04:52pour développer des solutions européennes et véritablement être un acteur dans la course,
04:58moi, je dis, allons-y à 200%.
05:00C'est plutôt une bonne chose.
05:03En revanche, si, à côté de ça, on n'a pas d'acteur,
05:08il risque à rien, effectivement, mais si on n'a pas d'acteur
05:10qui propose l'équivalent de ce que va proposer Musk,
05:14c'est-à-dire du satellite au mobile, au téléphone mobile,
05:19eh bien, qu'est-ce qui va se passer ?
05:20On va juste être en retard par rapport au monde entier.
05:22Donc, pourquoi pas ?
05:24Pourquoi pas une stratégie de souveraineté qui consiste à réguler,
05:28mais à côté aussi une stratégie qui consiste à faire remonter des acteurs ?
05:32Après, c'est compliqué, le direct au mobile,
05:35parce qu'autant, quand on a une antenne satellite,
05:37enfin, quand on a, voilà, une réception satellite au sol,
05:40hop, ça pointe vers le satellite, c'est très bien,
05:42autant, quand on est en mouvement,
05:44ben voilà, c'est quand même le brouillage,
05:46enfin, voilà, il faut être...
05:48Oui, mais il faut quand même voir un cran d'après,
05:51je veux dire, si tout cela...
05:52Alors, là, je parle du grand public,
05:53on peut parler B2B, mais disons grand public.
05:55On a aujourd'hui dans des téléphones,
05:56prenons l'iPhone qui est devant moi,
05:57qui a déjà une antenne satellitaire intégrée,
05:59et on peut l'utiliser, d'ailleurs, c'est l'argument qui est de dire,
06:01dans les zones où il n'y a pas, c'est une zone blanche,
06:03vous pouvez recevoir du satellite.
06:05Demain, Apple passe un accord avec,
06:07pourquoi pas, un acteur comme Elon Musk ou autre,
06:10et de ce coup, il y a un milliard de terminaux
06:12qui ont accès à ce réseau-là.
06:14Donc, ça veut dire quoi ?
06:14Ça veut dire bypasser, contourner des acteurs historiques des télécoms
06:18que sont, par exemple, un orange,
06:20qui, de ce coup, se retrouvent démonétisés, dépréciés,
06:25avec des actifs qui sont leurs antennes.
06:26Alors, bien sûr, ça va continuer à être utilisé,
06:28mais d'un seul coup, leur business model de base,
06:31et qu'ils ont très chèrement payé,
06:33se retrouvent quand même partiellement démonétisés.
06:34Donc, ça pose un vrai problème industriel derrière,
06:37et sur lequel, je le répète,
06:38l'Europe avait quand même une vraie avance et une vraie maîtrise.
06:40Donc, ça pose vraiment un questionnement derrière
06:42qui est non négligeable sur des acteurs, notamment européens.
06:44Surtout que derrière, les Américains pourraient aussi prendre des...
06:47Enfin, tu vois, s'il n'est pas content à Elon Musk,
06:50il va se plaindre auprès de Bruxelles,
06:51mais il va aussi se plaindre du côté de la Maison Blanche,
06:53où il a toujours ses entrées.
06:55Et puis là, du coup, si on commence à nous supprimer...
06:58Enfin, si on commence à jouer sur Inmarsat,
07:01enfin, sur d'autres sujets...
07:02Oui, mais il peut y avoir des rétorsions aussi.
07:04Inmarsat ou Telsat,
07:05qui seraient effectivement bridées ou verrouillées sur le marché américain.
07:08Voir demander à Jeff Bezos d'annuler tous ses envois de satellites
07:11via Ryan Espace.
07:14Enfin, voilà, ça pourrait être...
07:15Les mesures de rétorsion peuvent être assez fortes.
07:18Après, moi, je discute pas mal avec les gens de...
07:21Enfin, des gens qui travaillent justement dans cet univers des satellites.
07:25Elon Musk, c'est quand même un cow-boy.
07:26Enfin, on le sait, c'est un cow-boy.
07:28Mais tu vois le côté...
07:30En plus, sur les...
07:31On sait quand il y a des satellites qui se croisent.
07:34En général, celui qui est le dernier arrivé,
07:36il s'éteint pour laisser la priorité à celui qui était déjà positionné.
07:40Bon, Elon Musk, il n'en a rien à faire de ça.
07:42Les satellites passent, ça coupe les communications des autres.
07:45Ah bon, c'est...
07:46Là, on a...
07:47Je sais que, notamment, nos satellites français...
07:51Enfin, européens, il y a des zones...
07:54Ils sont obligés de les éteindre.
07:55De la Russie, aussi de la Chine.
07:57Elon Musk, ils s'en fichent complètement.
07:59Ça reste à l'admire.
08:00Bruno, il y a ce côté cow-boy aussi, hein, d'Elon Musk.
08:03Oui, et lui, il est en train de monter son réseau.
08:07Et sa priorité, c'est son réseau.
08:10Et il n'a que ça en tête.
08:12Et quand on regarde, c'est arrivé au fil des deux, trois dernières années.
08:15Là, où il y a eu des incidents, où les opérateurs de d'autres réseaux satellitaires
08:20se sont plaints, justement, du côté cavalier de l'équipe de...
08:25Il n'y a pas seulement Elon Musk, mais il y a les gens qui travaillent pour lui, là.
08:28Où ils n'ont pas vraiment l'oreille sensible quand on leur dit,
08:31mais faites attention, dans une semaine, dans deux semaines,
08:34si votre satellite numéro 24 poursuit sa course,
08:40il va frapper le nôtre, bien, ça prend du temps avant qu'il réagisse.
08:43Et donc, mais lui, sa priorité, c'est que, bon, si il y a un satellite qui meurt,
08:48il y en a un autre qui suit après, ce qui n'est pas le cas de tous les opérateurs
08:51de satellites.
08:52Et ça, ça vient jouer là-dedans.
08:54Alors, oui, il est tout à fait cavalier dans son approche,
08:56dans la mise en place, dans l'installation.
08:58Il y a encore des dizaines de milliers de satellites, là,
09:01qui vont être lancés dans la prochaine année.
09:04Alors, à un moment donné, lui, c'est vraiment l'offensive, très sérieuse.
09:08Alors, quand on voit l'Europe arriver en disant, en brandissant,
09:12bien, nous, peut-être qu'on va vous compliquer votre vie,
09:15ce n'est pas le genre de propos qu'il aime.
09:18Et je pense qu'il pourrait être sérieux dans les moyens qu'il va prendre pour répondre à cette offre.
09:25C'est-à-dire qu'on a toujours du mal à comprendre ces bras de fer.
09:28Quand c'est les Américains qui ont toujours pensé qu'au bras de fer,
09:30ils vont nous battre, quoi qu'il arrive.
09:32Enfin, ils ont plus de poids que nous.
09:35Moi, je me pose aussi la question, alors, on avait, c'est super intéressant,
09:38si vous avez l'occasion, allez retrouver en replay.
09:40C'est François Sorel qui recevait, il y a une dizaine de jours,
09:43Eva Bernackeux, qui est l'ancienne présidente de Telsat,
09:46et qui a sorti un livre sur l'espace.
09:50Mais justement, François l'interroguait sur pas mal de questions.
09:53Comment ça se fait qu'on n'arrive pas à aller plus vite sur Iris Carré, Damien ?
09:57Parce que ça fait un moment qu'on en parle.
09:58Ça fait un moment, effectivement.
10:00On pourrait mettre un peu la pression sur les ingénieurs en disant,
10:02bon, les gars, là, on y va, quoi.
10:04Mais parce qu'on a en face, à Elon Musk,
10:07il y a une doctrine qui n'a strictement rien à voir avec la nôtre.
10:10D'abord, une aversion au risque qui n'est pas du tout la nôtre.
10:14Je te rappelle qu'il passe son temps à envoyer des fusées dans l'espace et explose.
10:19Donc, l'aversion au risque n'est pas la même.
10:21Ensuite, c'est un cow-boy.
10:23C'est-à-dire qu'il est en permanence sur la ligne rouge.
10:27C'est ce que les Américains disent.
10:29Tu agis et après, tu t'excuses éventuellement.
10:32Éventuellement.
10:33Donc, ça, c'est le deuxième point.
10:35Et puis, il a une puissance financière derrière lui qui n'est pas la nôtre.
10:40Donc...
10:41Même si l'action a un peu baissé...
10:43Oui, non, mais...
10:44OK.
10:45Et puis, il y a un dernier élément.
10:47C'est qu'Iris Carré, c'est un programme qui est financé par l'Europe.
10:49Donc, c'est un programme qui a une initiative politique, avec tout ce qui va derrière, en
10:53termes, on va dire, de lourdeur administrative pour la mise en place d'un programme comme
10:57celui-là.
10:59Ça, les Européens, on sait faire, les consortiums.
11:00On est très bons là-dedans.
11:01Mais il faut du temps.
11:02Il faut du temps pour mettre en place tout ça.
11:03Et effectivement, comme vous le dites, messieurs, on a en face de nous quelqu'un qui va vite,
11:07qui a une idée en tête et qui pressure au maximum, et qui est un cow-boy, oui, avec
11:11ses avantages et ses inconvénients.
11:12Est-ce que ça pourrait être...
11:14Est-ce qu'on imagine si l'Europe maintenait un peu son bras de fer et réussissait à
11:19avoir suffisamment de puissance dans le poignet, donc des pertes de marché, sans doute pour
11:24Starlink, puisqu'il serait limité à un tiers des fréquences, ont un impact financier.
11:28L'Europe, c'est quand même un gros pays pour lui.
11:29Je crois que ses 10 millions d'utilisateurs mondiaux en 2026, c'est ce qu'il vise,
11:3320 millions fin 2026.
11:35Et puis, mais peut-être, est-ce qu'il peut y avoir aussi un risque réputationnel, même
11:39si on voit qu'on a un peu vite oublié qu'Elon Musk était le bras armé de Donald
11:44Trump à un moment politique, ça n'a pas empêché les gens de revenir, de le remettre
11:48un peu dans leur...
11:49Oui, c'est ça, c'est-à-dire qu'on a déjà vécu des situations où il était dans
11:53une... avec une image bien pire que celle dans laquelle il est aujourd'hui.
11:58Il arrive à s'en sortir.
12:00Il a aussi une base de fans très importante, même en Europe.
12:05Même en Europe.
12:05Alors, elle n'est pas très importante, mais elle est très active en Europe.
12:08Et puis, après tout, c'est un innovateur.
12:12Et c'est un innovateur de génie.
12:14On peut tout dire de Musk, effectivement.
12:17Il a des positions politiques qui sont détestables.
12:20Il a aussi une manière de faire qui est très cavalière, cow-boy, mais en même
12:26temps, c'est le plus grand innovateur.
12:28C'est le plus grand innovateur du siècle.
12:30Tesla, ça marche.
12:31Noralink, on va attendre de voir.
12:33C'est la réalité.
12:33Enfin, on voit que Starlink...
12:36Et puis, il y a toujours...
12:37Moi, ce que je trouve incroyable chez lui, c'est qu'il a toujours ce deuxième coup.
12:40Il sort les batteries.
12:41Il a toujours un peu d'avance.
12:42Il sort les fusées.
12:43Et puis, derrière, c'est Starlink.
12:45Noralink, on peut imaginer que derrière, il va avoir autre chose.
12:47Enfin, voilà.
12:48X, pareil.
12:49Et X, il cherche un pouvoir dans les médias.
12:51On voit aujourd'hui que...
12:52Oui, derrière, ça va être son IA qui va essayer de pousser.
12:55Bon, même si elle est un peu moins puissante que les autres, on voit qu'il a toujours
12:58une deuxième couche qui est prête.
13:00Un peu comme les armées napoléoniennes.
13:04Il y a le premier bataillon qui en prend plein la figure.
13:07Et puis, le temps qu'on recharge, mais il y a le deuxième bataillon qui arrive.
13:09Et puis, il y a des sous de les autres.
13:12Je voudrais qu'on revienne aussi sur ce sujet.
13:15On va rester avec l'Union européenne qui place ses espoirs.
13:18Alors, on revient aussi par rapport à ce qu'on s'est dit tout à l'heure dans la
13:20première demi-heure de cette émission.
13:22L'Union européenne qui place ses espoirs dans la start-up italienne domine
13:26pour créer un modèle d'IA open source.
13:28Alors, c'est 24 langues, c'est 400 milliards de paramètres.
13:34Qu'est-ce qui se passe là ?
13:35Est-ce que c'est un...
13:36Bon, tant mieux pour l'Europe.
13:37Est-ce que...
13:38Je crois que Mistral avait postulé.
13:41C'est un deuxième Mistral.
13:42C'est un deuxième Mistral.
13:43Mais dans ce sens...
13:45À quoi on joue là ?
13:46C'est ce qu'on disait tout à l'heure.
13:48C'est-à-dire qu'on est encore en train de regarder la bataille
13:51avec un rétroviseur.
13:53On est en train de regarder la bataille qu'on aurait dû mener il y a 10 ans.
13:56On a 10 ans de retard.
13:58Arrêtons d'essayer de rattraper notre retard.
14:00Là où on peut dire quand même que c'est plutôt une bonne chose et une bonne nouvelle,
14:05c'est qu'il va arriver un moment où il va y avoir une commoditisation des modèles d'IA.
14:11Tous les modèles vont plus ou moins pour le grand public.
14:13C'est ce qu'on disait tout à l'heure aussi.
14:15Se valoir.
14:16Et donc, c'est bien d'avoir des modèles, même s'ils ne sont pas les plus puissants,
14:21qui sont 100% souverains.
14:23C'est le cas de Mistral.
14:24Et c'est bien aussi qu'on en ait d'autres.
14:25C'est bien qu'il y ait de la concurrence européenne parce que c'est comme ça qu'on crée
14:29l'écosystème.
14:30On n'affaiblit pas un peu ?
14:31Non, au contraire.
14:32Je pense que la stratégie qui consiste à tout mettre dans un même panier est catastrophique.
14:36Il faut créer de l'émulation.
14:37Il faut créer de la concurrence.
14:38Donc ça, c'est plutôt un bon signal.
14:42Après, que ça ne masque pas les enjeux de demain.
14:44Les enjeux de demain, c'est l'orchestration.
14:46Les enjeux de demain, ce sont les applications.
14:49Les enjeux de demain, c'est l'énergie.
14:51Les enjeux de demain, ce sont les technologies émergentes, dont le quantique, par exemple.
14:56Et sur lequel on n'est pas trop mal placé, en plus.
14:58On est en énergétique et en quantique.
15:00Pour rebondir là-dessus, ce qui est intéressant avec cette société,
15:03c'est que ce n'est pas qu'un LLM.
15:05Ils ont aussi une gouvernance.
15:06Ils ont un Colosseum, qui est une infrade de calcul.
15:11Comme le propose aussi Mistral.
15:13Donc, il y a une volonté de faire.
15:14Ce que je trouve intéressant, là-dedans, c'est que l'Europe essaye de se donner un projet.
15:19Parce que ce n'est pas juste de sauter sur la chaise en disant, il faut un LLM, il faut
15:21une IA.
15:22Là, ils ont essayé de se donner un projet qui est, voilà, il faut une infra.
15:25Il faut un outil qui nous permette de dialoguer dans les 24 langues.
15:30Bref, l'Europe n'a jamais été aussi bonne que lorsqu'elle se donne un vrai objectif
15:34et qu'elle se dit, on y va.
15:36Après, ce n'est peut-être pas les meilleurs.
15:37Des fois, ça a très bien marché.
15:38Airbus, dans d'autres cas, non.
15:39Mais on est bon quand on se donne un objectif et on est des ingénieurs.
15:43Et derrière, on déroule.
15:44Mais pourquoi on embarque juste...
15:46Oui, pourquoi on n'embarque pas aussi Mistral, tu vois,
15:49c'est qu'on prend une startup italienne et on se dit...
15:52On n'est pas dans les secrets des dieux, ni des appels d'offres et autres évaluations.
15:56Est-ce que Mistral, qui d'ailleurs, sur les temps passant,
15:57est aujourd'hui quand même plutôt bien placé d'un point de vue français et européen,
16:00comme pas mal poussé d'un point de vue politique aussi.
16:02Bon, et Mistral qui prend des positions aujourd'hui, c'est tout ce qui est notamment défense.
16:07Donc, il y a certainement une volonté...
16:09Il n'y a pas que Mistral et tant mieux.
16:10Je veux dire, c'est très bien qu'il y ait d'autres acteurs.
16:12Comme tu le disais, on ne va pas...
16:13Donc, on ne va pas avoir tous les mêmes acteurs, mettre ces deux ans dans le même panier.
16:16Donc, c'est très bien.
16:17Et ce que je trouve intéressant, c'est ça.
16:19C'est le fait de se dire qu'il n'y a pas uniquement une volonté défensive ici.
16:21Il y a une volonté de se donner une ambition.
16:23On va voir ce que ça va donner.
16:24Avec un acteur européen, tant mieux.
16:27Et qui permet quand même de développer des choses.
16:29Moi, je trouve que c'est pas mal.
16:29Je trouve ça intéressant.
16:30Je trouve que c'est un peu rafraîchissant.
16:32Ou ça ouvre plutôt la fenêtre à quelque chose qui est différent de uniquement on est en défensif.
16:37Bruno, est-ce que ça te convainc de rejoindre l'Europe avec tout ton pays?
16:42Avec tous tes compatriotes?
16:44Moi, je vais rester derrière le courrier canadien.
16:48Mais j'étais surpris de voir cette annonce-là.
16:51Parce que moi, je les connaissais sous le nom de, l'an dernier, il s'appelait encore Eugénius.
16:56Eugénius, oui.
16:56C'est ça.
16:57Oui, oui, oui.
16:57Je vais chercher le nom.
16:58Oui.
16:59Puis ils avaient lancé, bon, un super ordinateur IA.
17:02Je l'ai trouvé intéressant.
17:03Mais je voyais Mistral qui prenait toute la place en Europe.
17:07Alors, j'ai trouvé ça, c'est une bonne nouvelle de voir qu'il y a un Italien qui arrive
17:11dans le décor.
17:11Mais ce que je trouve le plus intéressant, suite à la discussion qu'on a eue ce soir,
17:17c'est que, pour les mêmes raisons, Frédéric, que tu disais,
17:19« Ce serait bien si Anthropique vient s'installer en Europe pour stimuler les troupes. »
17:23De voir un joueur comme Dominique qui vient prendre de la place devant,
17:29on voit qu'il n'y a pas qu'un Mistral.
17:31Et là, il y a comme une synergie qui va se créer.
17:34Moi, je trouve que c'est simple pour l'Europe, ça.
17:36Est-ce que le vainqueur, c'est pas un peu…
17:38Enfin, le vainqueur, celui qui ressort de tout ça, c'est l'open source ?
17:42Si, en fait, juste pour compléter un point,
17:46cette stratégie qui consiste à avoir des acteurs moyens,
17:48parce que Mistral est un acteur moyen, Dominique est un acteur moyen,
17:51c'est en fait la stratégie chinoise.
17:54David Baverez, qui est aujourd'hui un investisseur qui vit en Chine,
17:58enfin à Hong Kong pour être plus précis,
18:00et qui parle de la loi de Pareto au carré,
18:04qui est très simple.
18:05La loi de Pareto, c'est utiliser 20% de tes ressources
18:08pour atteindre 80% des résultats.
18:11D'accord ?
18:11Et donc, la loi de Pareto au carré, c'est utiliser 20% de 20%,
18:15autrement dit 4%,
18:17pour atteindre 80% de 80%, c'est-à-dire 64%.
18:20Et donc, en faisant ça,
18:23on a besoin de très peu de capitaux,
18:25mais on n'atteint pas forcément le meilleur modèle,
18:28on atteint la moyenne que le grand public va pouvoir atteindre.
18:32Et c'est un peu cette stratégie,
18:34parce que, comme on a du retard,
18:36il nous faut quand même une souveraineté sur les usages moyens,
18:40mais mettre le poids du corps,
18:41mettre le paquet sur d'autres briques,
18:44où là, on va être les meilleurs,
18:46mais pas essayer d'être les meilleurs là où on a 10 ans.
18:48C'est le principe, je l'ai rapidement cité tout à l'heure,
18:49c'est le Tech Server Line Package européen
18:54qui indique tout un ensemble de...
18:58Ils ont regardé toutes les couches IA en disant,
18:59quels sont les choix européens qui peuvent se présenter
19:02à des entreprises, à des administrations.
19:05Et donc, ben voilà.
19:06Et puis, ça répond à ta question de tout à l'heure, Fred,
19:09qui était, est-ce qu'on a vraiment besoin d'un
19:11Tchad GVT 5.6, d'un Fable 5 ou autre,
19:14comme le disait Michel il y a quelques instants.
19:17On est dans cette frénésie aujourd'hui,
19:18parce qu'on est un peu comme les lapins dans les phares de la bagnole,
19:21on se dit, waouh, il ne faut pas rater le truc,
19:23mais au final, est-ce qu'on a vraiment besoin de ça ?
19:25Quand je dis on, c'est les entreprises,
19:26certaines entreprises, certains milieux,
19:28et ils n'ont pas forcément besoin de ça.
19:30Ils ont avant tout besoin d'un modèle qui fonctionne
19:31à la hauteur de leurs usages et de ce qu'ils attendent de faire.
19:34Donc là, on voit émerger des acteurs qui finalement,
19:35comme tu le disais, sont des acteurs moyens mais de bonne facture,
19:38et qui finalement peuvent très bien faire le job,
19:41et qui vont répondre à cette question peut-être de la souveraineté ou autre.
19:43Donc le jeu est vraiment intéressant,
19:45et il s'ouvre vraiment de manière assez intéressante,
19:47surtout par rapport à ce qu'on disait,
19:48si surtout si les Américains ont tendance à brider leurs propres champions.
19:52Alors, on va continuer à parler de souveraineté,
19:54mais on va parler de souveraineté coréenne.
19:55Enfin, Coréenne du Sud, vous l'avez compris.
19:57La Corée du Sud qui présente son plan colossal d'investissement
20:00dans les semi-conducteurs avancés, les data centers pour l'IA.
20:03C'est un plan à plus de 1000 milliards d'euros sur 10 ans.
20:06Le président coréen l'a dit, la vitesse, c'est la seule voie de survie.
20:08On l'a bien compris aujourd'hui, avec cette innovation galopante.
20:13Bon, on pourrait revenir dans les détails.
20:17Alors, c'est Samsung et SKINX qui sont dans le deal, évidemment.
20:22Au début, on pensait, comme ce sont deux des gros producteurs de puces mémoires,
20:25ça allait se concentrer sur les puces mémoires.
20:27Puis on voit qu'on, c'est beaucoup plus global.
20:29Ce sont des centres de calcul, ce sont des data centers,
20:31ce sont évidemment des centres de production.
20:33On va écouter quelques détails de ces investissements
20:36qui ont été présentés en grande pompe ce matin,
20:38et puis on revient pour en parler juste après.
20:42Nous allons faire de la région du sud-ouest
20:44un deuxième pôle de production de semi-conducteurs.
20:47Nous allons construire quatre usines de puces.
20:49Grâce à des investissements, c'est devant à 454 milliards d'euros.
20:55D'ici 2035, un centre de données dédié à l'IA
20:58d'une puissance de 10 gigawatts sera construit en Corée du Sud
21:01pour un investissement total dépassant les 18,4 gigawatts
21:04et s'élevant à 568 milliards d'euros.
21:09Bruno, je démarre avec toi.
21:10Voilà la Corée du Sud qui veut peser aussi, évidemment.
21:13Ils ont leur géant Samsung, c'est celui que l'on cite le plus souvent,
21:16mais évidemment ils ont SKNX, ils en ont beaucoup d'autres.
21:18Puis même les industriels comme Hyundai sont aussi présents
21:20dans tous ces domaines.
21:23Ils ont le groupe LG, enfin vraiment,
21:24ils ont ces immenses conglomérats.
21:26C'est une nation profondément technologique.
21:29Il faut rappeler que la Corée du Sud, quand même,
21:31géographiquement, ils n'ont que des ennemis autour d'eux.
21:32Oui, c'est clair.
21:33Entre la Corée du Nord, la Chine, le Japon,
21:36où ils s'entendent moyennement, et puis l'Asie du Sud-Est.
21:39Voilà, et le moyen qu'ils ont trouvé pour se défendre,
21:41c'est le...
21:42Et c'est les États-Unis qui les soutiennent.
21:43Donc, c'est une clé d'entrée pour les Américains.
21:47Bruno, comment tu vois un peu ces investissements ?
21:51Évidemment, c'était la chose à faire.
21:53Ils n'avaient pas le choix, c'était le chemin à prendre.
21:55Là, ce qu'il restait à savoir,
21:57c'était la hauteur des sommes qui allaient être investies.
22:00Donc, c'est du sérieux, c'est du lourd.
22:02Mais vous vous souviendrez, il y a quoi?
22:04Il y a trois, quatre semaines,
22:06il y avait eu le conflit de travail qui s'est soldé par...
22:10Chez Samson, oui.
22:11Oui, une cagnotte assez importante
22:13qui était offerte aux travailleurs.
22:15Et à ce moment-là, il y avait le gouvernement qui avait dit,
22:19si vous ne réglez pas le problème, nous, on va intervenir.
22:21Parce que l'avenir de l'économie du pays
22:24passe par ces entreprises-là, ces travailleurs-là,
22:27aussi, accessoirement.
22:27Et donc, ce qu'on a vu, c'est que le gouvernement était très sérieux
22:31par rapport à l'économie qui est en place
22:34et conscient que s'ils n'investissaient pas
22:36et s'ils ne se mettaient pas à jour dans ce domaine-là,
22:39ils allaient perdre leur place.
22:40Et justement, les ennemis, tout le tour d'eux,
22:43ils allaient prendre le marché.
22:44Alors, évidemment, ils devaient aller devant.
22:46Et je suis content pour eux de voir la somme
22:48qui va être investie, autant du gouvernement
22:50que de l'autre côté de Samsung.
22:51Oui, c'est ça.
22:53Samsung va investir 648 milliards
22:55pour capitaliser sur l'explosion de l'IA.
22:58Donc, SKNX est dans le sujet.
23:00Et c'est vrai que tu le rappelais il y a quelques semaines,
23:02dans ces deux entreprises,
23:03notamment, elles font un chassé-croisé
23:06pour la plus grosse valorisation.
23:08On est aux alentours des 1 000 milliards,
23:10selon les jours.
23:11De temps en temps, c'est l'un qui est devant l'autre.
23:13Et justement, les collaborateurs,
23:15les 70 000 collaborateurs de Samsung en Corée du Nord,
23:18en Corée du Sud, pardon,
23:20voulaient, ça a été plus compliqué,
23:22voulaient un peu toucher les fruits de tout cela.
23:25Ils ont menacé d'une grève.
23:26Et voilà, ça s'est négocié.
23:28C'est monté très loin,
23:29parce que là, on jouait sur l'économie du pays.
23:33Voilà, ben oui, la Corée,
23:35on doit aussi compter sur eux,
23:36surtout un acteur comme Samsung
23:37qui est présent sur toute la chaîne de valeur.
23:38Alors, la Corée, c'est un acteur
23:40qui a, depuis longtemps,
23:41misé plutôt sur le matériel,
23:44l'infrastructure.
23:46Un peu moins, d'ailleurs,
23:48il n'y a pas si longtemps en Corée,
23:49on voit un peu moins de la technologie
23:51comme on la voyait dans les années 2000,
23:53comme étant à la pointe
23:55dans les rues coréennes.
23:57C'est moins le cas aujourd'hui.
23:59Ce qu'on peut voir aussi,
24:00c'est que 1 000 milliards,
24:02en fait, c'est ce que dépensent quasiment
24:04les Américains,
24:04non pas en 10 ans, mais en 1 an.
24:05Non, non, oui, c'est ça.
24:06Donc, l'échelle...
24:07Ils ont annoncé 700 milliards.
24:08Oui, c'est ça.
24:09Donc, l'échelle n'est pas du tout la même.
24:11En revanche, ils ont mis, eux,
24:13le poids du corps là où ils sont forts,
24:15c'est-à-dire les infrastructures,
24:17les puces.
24:18Donc, si jamais on devait s'inspirer
24:20un peu de cette stratégie,
24:22c'est de dire,
24:23un, mettons les moyens,
24:25deux, ne les mettons pas
24:26là où nous sommes en retard.
24:28Mettons-les là où nous sommes très forts.
24:30Encore une fois, l'énergie,
24:31probablement le nucléaire,
24:33peut-être le quantique,
24:35et les applications
24:37au-dessus
24:38de modèles
24:39open source.
24:41Parce que...
24:43Là, on est très forts
24:45dans toute cette couche.
24:46Alors, chez Nvidia,
24:47on appelle ça Kouda,
24:48là, c'est toute la...
24:49Et nous, on est plutôt forts
24:50dans ces couches de développement
24:51et toutes ces boîtes à outils
24:53de développement.
24:53C'est vrai qu'on a toujours été...
24:54Et que ce soit nous,
24:56en tant que Français,
24:58ici en France,
24:59mais aussi nos ingénieurs français
25:00qui sont hyper bons.
25:01C'est une bonne formation en mathématiques.
25:04Voilà, c'est pour ça
25:05qu'il mène aussi
25:07des grandes équipes.
25:08Enfin, il dirige de grandes équipes,
25:09ces Français,
25:10chez les acteurs américains.
25:12Damien.
25:12Oui, après,
25:14comme disait Michel,
25:15ce qui est intéressant,
25:15enfin, moi, je me rappelle
25:16quand j'étais en cours d'histoire géo,
25:17il y a longtemps maintenant,
25:18on est d'accord,
25:19on me parlait quand même
25:19de la Corée
25:20comme un pays
25:21qui était émergent.
25:23Oui.
25:23Qui était un pays
25:24en voie de développement.
25:26Quand on voit
25:26ce que c'est devenu aujourd'hui,
25:27pourquoi ?
25:28Parce qu'il y a eu une volonté
25:29à un moment de dire,
25:30on prend sérieusement ça
25:31et on développe des tchabols,
25:32donc leurs conglomérats.
25:34Et on devient,
25:35on investit justement
25:37sur ce qui veut faire notre force
25:38d'un point de vue électronique.
25:40Je crois qu'en rentaille,
25:41c'est à peu près
25:41notre nombre d'habitants, non ?
25:42Il doit être à 60 millions d'habitants,
25:43je crois, la Corée.
25:44Un peu moins,
25:45si mes souvenirs sont bons.
25:46Mais très clairement,
25:47avec cette volonté
25:48de se dire,
25:48on a une stratégie industrielle forte
25:50pour préparer le futur
25:52et arriver à émerger,
25:53ce qui donne aujourd'hui
25:54des Samsung,
25:54des LG,
25:55des Sky Nix,
25:55etc.
25:56Donc, c'est extrêmement intéressant
25:57de se dire
25:58que ce pays-là
25:59a eu cette volonté culturelle,
26:01cette volonté industrielle
26:03de s'en sortir
26:04en voyant le futur
26:05et en misant sur le futur.
26:06Ça a marché.
26:07Donc, le fait de les entendre dire
26:09maintenant on met
26:091000 milliards sur la table
26:10et on recommence le truc
26:12avec cette culture-là
26:13de se dire
26:14on s'en est sorti une fois
26:15et ça a marché,
26:15donc on va y repartir,
26:17c'est des gens sérieux.
26:17C'est des gens qui ont pensé ça
26:19et ils y vont sérieusement.
26:20Donc, je trouve
26:21que c'est un vrai signal intéressant,
26:23comme tu le disais Michel,
26:24de se dire que c'est des gens
26:25qui ont une vraie vision
26:26et qui ne courent pas
26:27après leur passé,
26:27qui courent après
26:28leur futur avenir,
26:29si je peux dire.
26:30Et Bruno,
26:30c'est peut-être un message
26:31aussi envoyé,
26:33un message à 1000 milliards,
26:34ça fait cher le SMS,
26:36mais c'est un message
26:37aussi envoyé aux Américains
26:38en disant,
26:38regardez, les gars,
26:39battez-vous avec les Chinois,
26:41ayez vos propres,
26:42mais nous,
26:43on est bien là aussi
26:44et on vous le prouve
26:45en mettant 1000 milliards,
26:46même si c'est sur 10 ans,
26:47comme le dit Michel.
26:49En passant,
26:49j'ai beaucoup aimé
26:50la lecture de Michel
26:51parce que c'est tout à fait ça,
26:52mais c'est effectivement,
26:53je ne suis pas sûr
26:53que Washington a apprécié
26:55cette annonce
26:55de la Corée du Sud
26:56parce qu'ils sont en train
26:57de leur envoyer le message
26:59ou le SMS
27:00qu'ils n'ont pas vraiment
27:02besoin d'eux.
27:03Et autant avec les décisions
27:06de l'administration Trump
27:07des dernières semaines
27:08qu'encore hier
27:09et avec l'actualité sud-coréenne,
27:14les Américains,
27:15à un moment donné,
27:15il va falloir qu'ils se rendent compte
27:16qu'ils sont vraiment en train
27:17de creuser leur trou
27:20parce qu'ils sont en train
27:21et je ne parle même pas
27:23au niveau politique,
27:24mais au niveau des associations
27:27industrielles, économiques,
27:28il y a énormément
27:29de partenaires
27:30qui étaient naturels,
27:31qui étaient là,
27:32qui faisaient de la business
27:32avec eux depuis longtemps
27:34et ils sont en train
27:34de les laisser tomber
27:35un après l'autre.
27:36Alors,
27:37à un moment donné,
27:38il y a sûrement quelqu'un
27:38qui va se rendre
27:40compte de la réalité,
27:42mais je ne sais pas
27:43comment ils vont
27:43se sortir de là.
27:45Michel,
27:46en fait,
27:46si on ramène
27:47au nombre d'habitants,
27:48je fais un rapide calcul,
27:49ça fait 20 000 dollars
27:51par habitant
27:52et par mois
27:55investi
27:55dans l'IA.
27:58Donc,
27:5820 000 dollars
27:59par habitant,
28:00si on le ramène
28:00à l'échelle européenne,
28:02à l'échelle européenne,
28:03si mes calculs sont bons,
28:05on en reviendrait
28:06à un programme
28:08qui est
28:0810 fois supérieur,
28:10c'est-à-dire
28:10un programme équivalent
28:11au programme américain.
28:12Donc,
28:13ils ont adopté
28:15le rythme
28:16d'investissement
28:17des Américains
28:18à leur échelle.
28:19Et nous,
28:20on est 10 fois
28:21en dessous.
28:21Et puis,
28:21j'ai bien eu ce que tu disais
28:22en capitalisant
28:23sur leur force.
28:24En capitalisant
28:25sur leur force.
28:26Donc,
28:27imaginez un instant
28:27qu'on fasse le même bon
28:28en capitalisant
28:29sur nos forces.
28:31Après,
28:31le fait est qu'effectivement,
28:33ils ont quand même
28:34un acteur comme Samsung
28:35qui est pionnier
28:36ou au moins
28:37qui a une position de force
28:38sur les mémoires
28:39HBM,
28:40donc les mémoires dédiées
28:40à tout ce qui est IR,
28:42qui aujourd'hui,
28:43quand on voit la flambée
28:44du prix de la RAM,
28:45parce que justement,
28:46aujourd'hui,
28:46c'est la production
28:47de la RAM IA.
28:48Les gros industriels,
28:49je parlais du groupe LG,
28:50mais voilà,
28:51Hyundai.
28:52Donc,
28:52aujourd'hui,
28:53ils ont une position
28:54en termes d'infrastructures,
28:56on va dire,
28:57de technologies d'infra
28:59qui sont proposées,
29:00qui sont non négligeables
29:01et qui se font un contrepoids
29:03avec un éventuel,
29:05on va dire,
29:05la Chine qui pourrait se fâcher.
29:07Donc,
29:07il y a véritablement,
29:08enfin,
29:08Taïwan,
29:09etc.
29:09Donc,
29:09il y a véritablement
29:10de leur volonté,
29:10de leur volonté géopolitique
29:11aussi de se positionner là-dessus
29:12en jouant le rôle de
29:13on pourrait être
29:14un autre partenaire.
29:15Donc,
29:15quelque chose qui se joue.
29:17François Sorel,
29:17ce serait bien de faire un jour
29:18un peu un spécial Corée du Sud
29:20là-bas.
29:20Tu veux partir là-bas,
29:21c'est ça aussi,
29:21tu veux qu'on y ait tous.
29:22Allons-y,
29:23allons-y.
29:24On sait qu'à Taïpé,
29:25il y a le grand...
29:26Ah non,
29:26Taïpé,
29:26c'est Taïwan.
29:27Non,
29:27c'est pas aussi à Taïwan.
29:28Taïpé,
29:28c'est très intéressant.
29:29A Séoul.
29:30A Séoul.
29:31A Buzan aussi.
29:32Moi,
29:32j'ai allé à Buzan
29:32sur la côte
29:34qui est un peu
29:34le Marseille coréen
29:36où il y avait
29:37de grandes infrastructures
29:39aussi dans le numérique.
29:42Merci à tous les trois.
29:43Damien Douani,
29:44responsable de l'innovation
29:45de l'école narrative
29:46et fondateur de Topos.
29:47Michel Lévy-Provençal,
29:48prospectiviste,
29:49fondateur de TEDxParis,
29:50de l'agence Brightness
29:50et donc de Capten.
29:52De Q-A-P-T-E-N.
29:53Voilà,
29:54et allez-y,
29:54si vous voulez,
29:55une IA
29:56que l'on peut utiliser
29:57et puis bravo
29:58pour cette levée de fonds.
29:59Et Bruno Gugliel-Minetti,
30:00qu'on retrouve toujours
30:01avec grand plaisir,
30:02journaliste animateur
30:03de mon carnet
30:03de l'actualité numérique.
30:05Allez-y,
30:06abonnez-vous,
30:06lisez toutes ces news.
30:07Comme ça,
30:08on reste toujours
30:09dans cette actualité.
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