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  • il y a 12 heures
Ce mercredi 24 juin, le renforcement du dollar a été décrypté par Romain Aumond, macroéconomiste et stratégiste chez Natixis Investment Managers, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Romain Aumont, macroéconomiste et stratégie chez Natixis IM.
00:04Bonjour Romain, le dollar est ce matin sur des plus hauts de 13 mois.
00:10Alors ça se voit notamment sur l'euro dollar, mais c'est sur un panier de devises que le dollar
00:14s'est renforcé.
00:15On est ce matin sous les 1,14 sur la parité euro dollar 1,1355,
00:21avec depuis quelques jours maintenant un marché qui est en train de refaire ses calculs.
00:26Est-ce que c'est le cas aussi chez vous, chez Natixis, depuis la réunion de Kevin Warch,
00:30en tout cas sur de probables hausses de taux, non pas d'ici à la fin de l'année,
00:34mais peut-être même dès septembre, en tout cas probabilité 70% sur le baromètre Fedwatch ?
00:39Absolument, donc par rapport à cette paire euro dollar,
00:41on aurait pu croire qu'avec la décélération ou la baisse des prix des matières premières énergétiques,
00:46on allait avoir une appréciation de l'euro, dans la mesure où l'Europe est vraiment dépendante énergétiquement,
00:51et donc on sait qu'il y a une corrélation qui est tout à fait significative entre l'euro dollar
00:55et le prix des matières premières énergétiques.
00:58Maintenant, qu'est-ce que ça signifie derrière ?
01:00Si vous avez des matières premières énergétiques qui baissent et un euro dollar qui baisse,
01:04ça veut dire qu'il y a quelque chose d'autre.
01:05Ce quelque chose d'autre, on l'interprète de deux manières chez Natixisiem.
01:10Premièrement, on a un facteur croissance qui va expliquer cette dynamique,
01:14et un facteur politique monétaire que vous avez souligné.
01:16Sur le facteur croissance, on a finalement un différentiel de croissance qui commence à être de plus en plus tangible.
01:21On a ce choc énergétique de la guerre au Moyen-Orient qui a finalement détruit de la demande interne en
01:26Europe,
01:27ce qui finalement crée une sorte de petite dépression,
01:31ou au moins une chape de plomb sur la croissance européenne.
01:35Et vous avez de l'autre côté une économie américaine dont la demande finalement bénéficie
01:41en grande magnitude de l'investissement dans l'IA.
01:44On a finalement des consommateurs américains qui bénéficient d'un effet de richesse grâce à leur exposition au marché actions.
01:50Et donc on sent qu'il y a une dichotomie sur les croissances de part et d'autre de l
01:54'Atlantique.
01:55Et ensuite, vous rajoutez une couche de politique monétaire,
01:58où vous avez globalement une BCE qui semble vouloir mettre de l'eau dans son vin concernant la restriction monétaire,
02:05dans la mesure où on observe la baisse des prix des matières premières énergétiques.
02:09Et vous avez de l'autre côté de l'Atlantique un monsieur Warch dont on ne connaît pas vraiment encore
02:14trop les intentions.
02:15Mais globalement, on a eu droit à une conférence de presse très épurée de la part du nouveau gouverneur de
02:21la réserve fédérale,
02:22qui n'a pas voulu donner son avis en termes de forward guidance.
02:25Et donc le marché, qu'est-ce qu'il a regardé ?
02:27Il a regardé finalement le Summary of Economic Projections,
02:31donc ce résumé des visions macroéconomiques des membres du FOMC.
02:35et que nous disent ces membres du FOMC ?
02:37Eh bien, il faudra peut-être augmenter jusqu'à une fois les taux d'intérêt du côté américain
02:42pour pouvoir juguler l'inflation qui est en train d'intervenir de ce côté de l'Atlantique.
02:47Et donc, on a un marché qui est en train de réévaluer finalement les postures de politique monétaire
02:53et on a cet impact tout à fait significatif sur la devise.
02:56Si la Fed remonte ces taux, ça serait peut-être une mauvaise nouvelle pour le marché.
03:00A l'inverse, si la BCE s'arrête là, là ça serait vraiment un ouf de soulagement,
03:04notamment pour les marchés européens qui sont pénalisés depuis le début de ce conflit
03:09par cette guerre et par les anticipations de resserrement monétaire.
03:13Nous, on pense que c'est positif que la BCE n'aille pas plus loin dans sa restriction monétaire
03:18parce que c'est une économie, l'économie européenne,
03:21qui n'a pas besoin à l'heure actuelle d'avoir une couche de restrictions monétaires supplémentaires.
03:25Donc oui, dans un certain sens, c'est positif pour les actions européennes.
03:28Maintenant, la question c'est de savoir si Mme Lagarde finalement change d'avis
03:33et on a juste une hausse symbolique, on peut se demander finalement où va la croissance européenne.
03:38Est-ce qu'au second trimestre, on va avoir une croissance telle que l'imagine la BCE ?
03:45Pour un petit rappel, dans le scénario central de la BCE,
03:48on a une croissance en zone euro qui serait de l'ordre de 0,8% cette année.
03:53On a un acquis à l'heure actuelle de 0,1% avec le mauvais chiffre
03:57qui était en partie dû à l'Irlande, certes, du premier trimestre.
04:00Donc finalement, on a quand même une croissance européenne
04:02qui va pâtir de ce choc énergétique
04:04et il se peut que finalement, le choc sur les intrants détériore plus que prévu
04:09les marges des entreprises européennes.
04:11En tout cas, le Bund, le 10 ans allemand, est à 2,90 ce matin.
04:15Il revient sur ses niveaux de début mars.
04:18Alors, on ne revient pas encore sur les niveaux d'avant-conflit
04:20puisque quand vous regardez fin février, début mars,
04:24on était aux alentours des 2,65 sur cette référence
04:28en ce qui concerne le marché obligataire et le marché souverain.
04:31Dans ce contexte, aujourd'hui, ça ressemble à quoi l'allocation
04:34chez Netixis IM Romain Aumont ?
04:37Plusieurs fois sur ce plateau et avec ma brogue Chez Toine,
04:39vous pilotez un petit peu les allocations.
04:41Vous étiez très confiant sur la tech.
04:43Alors, c'est bien, ça marchait.
04:44On voit depuis quelques jours maintenant des interrogations.
04:47Hier, le Nasdaq a perdu 2% sans grande raison.
04:49Hier, c'était le Cospi qui a cédé du terrain.
04:52Il a repris une partie ce matin.
04:54Mais en tout cas, ce segment des semi-conducteurs continue de tirer la cote
04:58mais continue également d'attirer et surtout de tirer la volatilité sur les marchés.
05:02Absolument.
05:02Ce qu'on a observé sur le secteur technologique,
05:05c'est que globalement, on a des investisseurs, des hedge funds,
05:08des investisseurs institutionnels qui commencent à se demander
05:10est-ce qu'il n'y a pas un danger d'avoir finalement
05:12une telle concentration sur les marchés ?
05:14Quand on regarde la cote coréenne, c'est tiré par deux entreprises.
05:17Et donc, quand ces deux entreprises font face à un mode risk-off sur une journée,
05:21ça entraîne approximativement toute la thématique IA à travers le globe.
05:26Nous, on reste convaincus qu'on a de la croissance bénéficiaire
05:29qui est encore dans les tuyaux
05:31et que c'est ce qui va finalement tirer la performance de ces indices
05:34sur le reste de l'année.
05:35Il y a un coût d'opportunité à ne pas être exposé à ces indices.
05:40Et donc, vous avez bien évidemment de la volatilité,
05:42mais vous avez derrière finalement une performance qui vous rétribue.
05:44Donc, quand vous regardez le couple rendement-risque,
05:47eh bien, vous n'êtes pas nécessairement mis à mal dans ce genre d'allocation.
05:51Maintenant, nous, pour répondre à votre question,
05:54on a un petit peu allégé l'exposition aux actifs risqués américains.
05:59On s'est remis à la neutralité sur les actifs européens
06:02en pensant que finalement, cette libération du détroit d'Ormouz
06:06allait être bénéfique notamment du point de vue des matières premières énergétiques.
06:10Donc, on reste quand même globalement très positif
06:12sur la croissance mondiale cette année.
06:14Et on pense que rester exposé aux actifs risqués,
06:17dans tous les cas, ça reste une allocation qui est tout à fait rationnelle.
06:21Et on a tendance, vous parliez du marché des taux souverains,
06:24on a tendance à vouloir quand même rester sur une duration assez faible
06:29dans la mesure où on s'attend à ce qu'il y ait toujours de la volatilité
06:31sur la partie longue de la courbe souveraine,
06:33que ce soit en Allemagne ou aux États-Unis,
06:35parce que vous avez des thématiques,
06:37la question de la posture des banques centrales,
06:39vous avez la thématique de la question de l'espace fiscal
06:42dont disposent les États.
06:43Et donc, globalement, ce qu'on va chercher peut-être à faire,
06:46c'est aller s'exposer sur du crédit d'entreprise bien noté
06:49et de faible duration.
06:51Et sur la partie action, les secteurs qui vous intéressent,
06:53en dehors de la tech, vous parliez là de l'Europe,
06:56vous avez revu un petit peu vos allocations sur l'Europe.
06:58Est-ce qu'il y a des secteurs qui ont été massacrés ou oubliés
07:02ou vous dites, tiens, il y a peut-être des points d'entrée ?
07:04Eh bien, dans ce contexte, on a observé finalement
07:06un aplatissement de la courbe depuis le début de l'année
07:08sur la courbe européenne, en sachant que les taux européens courts
07:11ont monté plus que les taux européens longs.
07:14Et qui bénéficie d'une repentification potentielle
07:18si on a une banque centrale européenne
07:20qui finalement met de l'eau dans son vin ?
07:22Eh bien, vous avez les financières et les bancaires
07:24qui pourraient tirer leur épingle du jeu,
07:25qu'on a mis un petit peu de côté durant cette année
07:28et qui pourraient revenir sur la base d'une BCE
07:31beaucoup plus accommodante.
07:32C'était le secteur phare de 2025
07:34et c'est vrai qu'il a retrouvé des couleurs
07:35depuis le début du mois,
07:36avec bon nombre de valeurs dans ce secteur
07:38qui ont retrouvé leur plus haut historique.
07:40Merci beaucoup Romain Aumont
07:41qui nous a raccompagné ce matin.
07:42Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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