- il y a 11 heures
Les clefs d'une vie d'Ariane Gotlib
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-06-02##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Vous avez choisi de mettre de l'ordre dans un univers dont le bric-à-brac était la raison d
00:11'être.
00:12Vous inventez ainsi la pléiade de la BD en publiant un monument en plusieurs volumes,
00:17les œuvres complètes de votre père Marcel Gauthelib.
00:20Bonjour Ariane Gauthelib.
00:22Bonjour Jacques.
00:23Alors c'est vrai que c'est un monument, œuvre complète de Gauthelib.
00:26Le deuxième tome vient de sortir chez Dargo et Flux de Gacial, avec, et on va en parler,
00:32ces monuments que sont Guéluron, la rubrique à bras, clés d'un gros dossier et d'autres choses,
00:36dans une édition très particulière.
00:38Mais le principe des clés d'une vie, vous y étiez déjà venu,
00:41c'est d'évoquer le parcours de votre père à travers des dates clés.
00:44Donc j'ai trouvé d'autres choses que la première fois,
00:47et notamment une date importante liée à l'enfance de Gauthelib,
00:52mais on ne l'a pas compris tout de suite, le 27 novembre 1969,
00:57dans le numéro 525 de Pilote, une rubrique à bras,
01:01au cœur de laquelle il y a une chèvre, chanson aigre douce.
01:04Et ça, c'est un fait authentique, mais on ne l'a pas compris tout de suite.
01:08Non, c'est vrai qu'il en a, après il s'en est expliqué un petit peu au fur et
01:12à mesure,
01:12mais comme il était très pudique et très timide avec toutes ces choses de son enfance,
01:17effectivement, c'est vrai que quand il était avec les paysans,
01:23pendant la guerre, et que son père était en déportation,
01:27et que sa maman était restée sur Paris pour travailler et essayer de s'en sortir,
01:32lui, il avait cette histoire avec la chèvre.
01:35Oui, cette chèvre était lue sa compagne pendant la guerre.
01:39Ça se passait, je crois, à Ruelle, la Gadelière, dans le Perche.
01:43C'est un village très particulier, je ne sais pas si vous le savez.
01:45C'est là où le peintre Maurice de Vlaminck s'est installé.
01:49Il est décédé dans une maison qui est aujourd'hui visitée avec ses œuvres et ses objets.
01:54C'est peut-être pour ça qu'après, il est allé s'installer à Château,
01:57à côté de l'île des Impressionnistes, décidément.
02:00Tout ce qui est art, peinture, culture.
02:03Et c'est vrai que cette planche, elle est extraordinaire,
02:04parce qu'on voit vraiment un enfant, qui est Gottlieb, avec cette chèvre,
02:08et c'est une passion.
02:10Ah oui, oui, ça a été sa compagne, pendant tout ce moment-là,
02:15qui était quand même très sombre et très noire,
02:18et qui l'a aidée à un temps, en tout cas,
02:22avant ensuite de s'en aller vers le château des Gorous.
02:26Pendant la guerre, toujours pour se cacher.
02:28Toujours pendant la guerre.
02:29Et c'est là où on voit que Gottlieb, c'est de la folie, mais c'est aussi de la
02:32tendresse.
02:33Alors, ça a été la surprise aussi pour beaucoup de gens,
02:36qui n'ont évidemment, bien sûr, pas compris immédiatement,
02:39mais au fur et à mesure de ce que lui a raconté,
02:43effectivement, dans les interviews, dans les médias, et puis tout ça,
02:45et puis au fur et à mesure de la maturité,
02:47où on voit bien qu'il se passe quelque chose de pas si drôle que ça.
02:52Et après, lui, son but, de toute façon, c'était de tourner tout un peu à la dérision.
02:59Mais c'est vrai qu'il y a quand même une grande poésie.
03:02C'est très tendre et elle est très, très émouvante,
03:06cette histoire de la chanson Aigre Douce.
03:08L'original se trouvera assez bientôt,
03:12enfin, c'est déjà entre leurs mains,
03:13au Musée des Arts et de l'Histoire du Judaïsme,
03:16hommage à qui on l'a offert.
03:21Parce que c'est important, parce que c'est l'histoire,
03:23parce que c'est Gottlieb.
03:24Voilà, il se trouve que c'est aussi la planche préférée d'un fan absolu
03:28qu'est Pierre Arditi.
03:30Pour lui, c'est vraiment le sommet de l'art de Gottlieb.
03:34Il me semble bien qu'il y a quelqu'un qui a fait un doc il y a quelques années,
03:38je ne sais plus qui c'était,
03:40mais où Pierre Arditi, effectivement, fait une lecture de ça.
03:44Alors, il se trouve que cette ferme où Gottlieb a passé quelques mois,
03:48c'était moyenne en finance, sa mère avait eu le tuyau,
03:50et c'était quand même des Énardis qu'il a dirigé.
03:53C'est pour ça qu'il les appelait les Énardiers,
03:55ce n'était pas très sympathique.
03:56En même temps, ce côté juif, il ne s'en est pas aperçu.
04:00Enfant, il ne savait pas ce que ça voulait dire Gottlieb,
04:02il l'a dit plusieurs fois.
04:03Bien sûr, oui.
04:05Lui, c'était à 8 ans, peut-être même 7,
04:10c'était un peu nébuleux tout ça.
04:13Il entendait parler de Youpin à l'école,
04:15il ne savait pas ce que c'était.
04:16Il n'était pas vraiment au fait de tout ça.
04:19Ma tante, encore moins, elle était plus jeune,
04:21et puis ma grand-mère, elle, elle restait,
04:23c'était terrible quoi, elle restait à Paris,
04:26elle travaillait, elle avait sa serviette dans les transports en commun,
04:30sa serviette en cuir sur son torse,
04:32elle se faisait quand même draguer par la Gestapo,
04:35les nazis, etc.,
04:36avec les toiles cousues en dessous,
04:38qu'elle gardait comme ça précieusement,
04:40pour avoir des sous,
04:41pour pouvoir payer ce monsieur et cette madame Thénardier.
04:47qui gardait Gautelib.
04:49Alors, le père de Gautelib est né en Transylvanie,
04:52c'est-à-dire qu'on connaît à cause de Dracula
04:54et aussi le château des Carpathes de Jules Verne,
04:58Erwin Gautelib,
04:59et on ne sait pas très bien d'ailleurs pourquoi il est venu en France,
05:03et Gautelib ne l'a jamais su, Ariane Gautelib.
05:06Non, tout ce qui concerne mon grand-père,
05:09le père de Gautelib,
05:12mon père était trop petit pour se souvenir de tout ça,
05:15ensuite ma grand-mère, elle,
05:18était quand même, après la guerre,
05:19commençait à perdre un petit peu la boule,
05:22donc tout ça, c'est très mystérieux.
05:24Ce qu'on sait dans les papiers que j'ai récupérés,
05:27puisque je m'intéresse beaucoup à toute cette histoire
05:29en ce qui concerne mon grand-père de Shoah,
05:31que je porte d'une manière ou d'une autre,
05:34de toute façon sur les épaules,
05:36c'est que la première fois,
05:37il s'est engagé volontaire pour la France,
05:40et puis la deuxième fois, il a été raflé.
05:43Il a été raflé, il s'est retrouvé à Drancy,
05:45où d'ailleurs Gautelib, en France, est allé le voir.
05:48Je crois qu'il y a eu un système tout à fait astucieux,
05:50c'est-à-dire qu'il écrivait à la voisine en se faisant passer,
05:53qu'il considérait quand même la maîtresse,
05:54pour donner des nouvelles à sa famille.
05:55Oui, j'ai une lettre codée,
05:59barrée du sceau de SS,
06:03qui a été assez difficile à déchiffrer,
06:05et en plus, il ne parlait pas très très bien français.
06:09Où, effectivement, on comprend à demi-mot qu'il parle,
06:14et effectivement, est ton ami, est-ce que ses enfants vont bien, etc.
06:18Donc, tout ça, c'est effectivement,
06:20pour avoir des nouvelles de mon père et ma tante.
06:24Malheureusement, il a disparu,
06:25et Gautelib a su beaucoup, beaucoup d'années après,
06:28quand il était mort dans un camp de concentration.
06:31Finalement, non, en fait.
06:33Moi, j'ai maintenant toutes les preuves qu'il est parti de Drancy,
06:36il a fait trois camps,
06:37c'est bien de déménager régulièrement,
06:39et en fait, c'est la marche de la mort.
06:41C'est-à-dire, quand ils ont libéré Buchenwald,
06:45ils ont fait partir tous les déportés à pied jusqu'à Auschwitz,
06:50où c'est l'inverse.
06:51Auschwitz vers Buchenwald,
06:52d'un seul coup, j'ai un trou.
06:54Et ceux qui ne tenaient pas, en fait, ils étaient canardés.
06:57Et il semblerait que mon grand-père aurait trouvé la mort dans cette marche.
07:05Et il se trouve aussi que votre grand-mère ne parlait pas français,
07:08qu'à la maison, on parlait yiddish ou hongrois, Ariane Gautelib.
07:11Alors, oui, et mon père le parlait aussi couramment que...
07:17Enfin, c'était vraiment sa langue maternelle.
07:19Et puis bon, après, il en a de moins en moins usité la langue.
07:25Et du coup, au fur et à mesure, il l'a oublié.
07:27De temps en temps, il me sortait des petites phrases comme ça,
07:29qui étaient un peu cultes pour lui.
07:32Et puis toutes les choses qu'on dit, je ne sais pas,
07:34toutes ces choses-là, ça se dit comme ça en hongrois, ça se dit comme ça en hongrois.
07:37Et puis, il avait cet accent parigot qu'on va reconnaître,
07:41parce qu'il faut quand même l'écouter sa voix.
07:42J'avais terriblement le trac au début,
07:46parce que prendre la suite d'un scénariste comme Goscinny,
07:49ce n'est pas facile.
07:50Et c'est vrai que Marcel Gautelib, votre père,
07:53il avait cet accent parigot, je crois qu'il l'avait pris à l'école,
07:56l'école Flocon.
07:57L'école Ferdinand-Flocon ?
07:58Oui, probablement, où il était d'ailleurs avec Tabari, déjà, très tôt.
08:04Le père de Isnogoul.
08:05Voilà.
08:08Et effectivement, il avait et l'argot, et l'accent très parigot, très titi parisien.
08:18Accent qu'on connaît grâce à Erletti, avec ses films.
08:22L'atmosphère.
08:23L'atmosphère.
08:23Et à Raymond Bussière, comédien qu'on a oublié,
08:25qui avait aussi l'accent parigot très caractéristique.
08:29Alors, les premiers dessins de Gautelib, je crois,
08:31c'est sur les murs de l'appartement, Ariane Gautelib.
08:34Oui, alors, vous faites référence à l'histoire qui a été racontée
08:37par Julien Solé et Arnaud Le Goueflec,
08:40dans cette bio qui est parue chez Fruits Glaciales,
08:44qui s'appelle Gautelib, une vie en bande dessinée.
08:47Mais c'est la pure vérité, effectivement.
08:50Il avait ça dans le sang, il dessinait, il dessinait.
08:53Ma grand-mère était très en colère.
08:54Mon grand-père rentrait du travail,
08:57il était peintre en bâtiment.
08:59Il rentrait, et puis alors, il disait à ma grand-mère,
09:01« Oh oui, c'est pas bien qu'il ait fait ça, c'est pas bien.
09:03Je vais me fâcher, je vais me fâcher. »
09:05Et puis, en fait, finalement, par derrière,
09:07il repassait un coup de rouleau,
09:09et puis, pof, ça passait à autre chose.
09:11Voilà, des dessins qui auraient une valeur inestimable
09:13s'il les avait gardés.
09:14Probablement.
09:15Et puis, alors, il semblerait que le talent de Gautelib,
09:19ça vienne de l'oncle Maurice, qui était dessinateur.
09:21C'est en tout cas ce que sa mère lui a raconté.
09:24Alors ça, c'est possible, mais là, vous rentrez dans un domaine,
09:27vous me posez une énorme colle, Jacques.
09:29Voilà.
09:30Mais je vous remercie de m'apprendre des choses nouvelles.
09:34En fait, il n'y a que le dessin qui intéresse Gautelib.
09:36Je crois que les bulletins scolaires, ils s'en foutent totalement,
09:38et sa mère aussi s'en moque totalement.
09:41Les bulletins, de toute façon, ils sont bons.
09:44Moi, je les ai, je les ai encore.
09:46C'était un très bon élève.
09:47C'est dommage qu'il ait dû arrêter.
09:49Il l'a arrêté en classe de 3e.
09:50Et voilà.
09:52Mais effectivement, tous ces cahiers d'école sont enluminés de dessins.
09:56J'en ai plein aussi.
09:57J'ai plein de traces aussi.
10:00Ils dessinaient partout.
10:01Ils dessinaient partout.
10:02Et je crois que son copain de classe qu'il a rencontré en 3e,
10:05justement, c'était Jacques Diamant,
10:06qui est devenu en plus après son collaborateur et associé dans différents journaux.
10:10Et je crois que l'un était premier, l'autre était second.
10:12Il se tirait la bourre un peu, les deux.
10:14Chaque mois, c'est là.
10:15Moi, je suis premier.
10:16Non, c'est moi.
10:17Et puis, voilà.
10:18En fait, je crois que Jacques Diamant a sorti Gottlieb de situations difficiles.
10:22C'est-à-dire que Gottlieb, bon, était un très bon dessinateur,
10:24mais côté argent, les comptes, c'était pas son truc.
10:27Il était très sérieux.
10:28Il considérait ça avec énormément de sérieux,
10:31mais il savait pas faire.
10:32Voilà.
10:32Et un jour, Diamant, en consultant les comptes de Fulgue Gaciale,
10:34lui a dit,
10:35qu'est-ce que tu veux que je t'apporte en prison ?
10:37Des oranges ?
10:38Les comptes de l'écho des savannes.
10:40Les comptes des savannes, oui.
10:41C'était une catastrophe.
10:42Ah bah oui, c'est pour ça que ça s'est arrêté.
10:45Après, il y a eu plein d'embrouilles avec Mandrica, etc.,
10:50qui, lui, a continué un petit peu tout seul.
10:53Et c'est pour ça qu'en créant Fulgue Gaciale,
10:57il pouvait pas faire autrement que de faire appel à,
10:59finalement, un administrateur, quoi.
11:01C'est ce qu'il a fait.
11:01Un chargé de production, comme on pourrait dire dans l'audiovisuel.
11:05Exactement.
11:05Alors ça, c'était les débuts de la carrière.
11:07Et puis, il a eu une autre carrière très brève,
11:09qu'on va évoquer à travers la date du 1er août 1957.
11:12A tout de suite sur Sud Radio avec Ariane Gottlieb
11:15pour parler de Marcel Gottlieb.
11:17Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:20Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Ariane Gottlieb.
11:23Nous évoquerons tout à l'heure le tome 2,
11:25et même le tome 1 des œuvres complètes de Gottlieb,
11:28La Pléiade de la BD,
11:30chez Dargo et Fulgue Gaciale.
11:31On en revient au parcours de votre père.
11:33Le 1er août 1957, je crois que c'est ses débuts et ses adieux à la chanson.
11:37C'est-à-dire qu'il va dans un magasin allemand,
11:39avec une bande magnétique,
11:41et il en fait un disque en un exemplaire,
11:43d'ailleurs, où il tousse un peu,
11:46avec des versions enrhumées de plusieurs chansons,
11:49dont celle-ci.
11:59Si vous le savez, ce disque est un non-exemplaire,
12:02je ne sais pas si vous l'avez dans vos archives,
12:04Gottlieb a enregistré des chansons de Brassens.
12:06J'ai les vinyles de Papa, donc oui.
12:10Après, on connaît, on sait tous quel était son amour
12:17pour Brassens.
12:18Je suis involu, en fait, ça a une histoire.
12:20En fait, Brassens, avec des copains,
12:22avait légèrement cambriolé la tente d'un copain de classe,
12:25et ça s'est terminé au poste,
12:27et il a été expulsé à Paris.
12:28C'est pour ça qu'il est venu à Paris,
12:30pour le plus grand bien de la chanson française.
12:32Alors, c'est vrai que pour Marcel Gottlieb,
12:35Brassens, ça a été un choc, je crois, Ariane.
12:37Ah, c'était, mais monumental.
12:39Et par ailleurs, beaucoup plus tard,
12:42grâce à Maxime Le Forestier,
12:44avec qui Papa était assez copain,
12:47il a eu l'opportunité,
12:49Maxime lui a dit, mais enfin, on va faire une bouffe,
12:51tu vas voir, il est hyper sympa,
12:53ça va être vachement bien, etc.
12:55Et puis, mon père n'a pas voulu.
12:58Ça reste à l'état de Dieu.
13:00Je ne pourrais pas le rencontrer,
13:02je ne serais pas capable.
13:03Je crois même qu'un soir,
13:04il est allé voir l'Olympia,
13:05il l'a attendu en coulisses dans la rue,
13:08à l'entre les artistes,
13:09il l'a vu passer, tout seul,
13:11et il n'a pas osé l'aborder.
13:13Oh, ben ça, de toute façon,
13:14il n'aurait jamais osé.
13:16Et pourquoi ?
13:16C'était une timidité naturelle ?
13:18Alors, de toute façon,
13:18il était extrêmement timide,
13:20ça, c'est clair.
13:23Mais je ne peux pas vous dire,
13:26parce que je n'ai pas eu vent de ça.
13:29Mais je crois qu'il a appris la guitare aussi,
13:32Marcel Gottlieb, grâce à Brassens.
13:34Oui, oui, grâce à Brassens.
13:35Il y avait déjà le système des tablatures,
13:38parce que papa ne connaissait pas le solfège.
13:40Il jouait beaucoup à la guitare
13:41et il ne jouait quasiment que du Brassens.
13:43Oui, et pour des amis,
13:44le soir, à la veillée.
13:46Absolument.
13:46Et puis, il a aussi écrit des chansons
13:48et je crois être l'un des rares,
13:50avec vous, à avoir ce disque collector.
14:0145 tours, c'est une pochette.
14:03Montias, oui.
14:04Avec Albert Montias.
14:06Qui était Albert Montias
14:07et comment c'est né ça ?
14:09Alors, je crois qu'au départ,
14:11c'est une rencontre qu'il a faite
14:13dans un barbecue ou un truc comme ça,
14:16parce que dans mon souvenir,
14:18il habitait pas très loin
14:19de copains en commun.
14:23Mais c'est pareil,
14:25j'en sais pas beaucoup plus.
14:26Moi, j'étais toute petite quand même.
14:28C'est un 45 tours illustré.
14:31Oui, oui, oui.
14:32Il y a les paroles, il y a tout.
14:34Il n'a jamais été plus loin dans la chanson.
14:38Albert ou...
14:39Non, Albert,
14:40mais surtout dans Gottlieb.
14:41Oui, non.
14:42Ça ne m'intéressait pas.
14:43Après, il a quand même
14:46toujours eu un lien,
14:48que ce soit dans Amser Jovia,
14:50la flamme pure et légère et compagnie,
14:52que ce soit avec le grand Magic Circus
14:55et avec le splendide
14:57pour toute la musique de Super Dupont,
14:59où il a écrit les paroles.
15:01Mais pas, lui,
15:03en tant que musicien, chanteur.
15:05Et dans ses jeunes années,
15:06Gottlieb a une autre passion,
15:08c'est le cinéma américain.
15:09Et je crois qu'il a découvert
15:10ce cinéma au Marca des Palaces,
15:13qui était un cinéma de quartier.
15:15Oui, et bien,
15:16qui était pas loin de chez lui.
15:17Et puis quand il pouvait,
15:18il y allait.
15:19Et de toute façon,
15:21le cinéma,
15:22alors là, pour le coup,
15:23oui, ça a été cinéma
15:24et musique,
15:27c'est deux grandes passions.
15:29Oui, mais le cinéma,
15:30elle a influencé
15:30même dans ses dessins.
15:31Oui, oui.
15:32Il y a beaucoup de BD
15:33où l'on voit
15:33des comédiens américains.
15:35Oui, puis même,
15:36déjà dans les dingos dossiers,
15:38il y a
15:39Sachez ce qu'est la fin,
15:41toutes les histoires
15:43sur les figurants.
15:46Tout l'univers du cinéma.
15:47Absolument, oui.
15:48Et le Marca des Palaces,
15:49c'était une salle de 1700 places
15:50où il y avait de temps en temps
15:51du music hall
15:52et il y avait un concours
15:53de jeunes chanteurs.
15:54Et savez-vous
15:55qui a débuté un soir
15:56au crochet de Radio-Luxembourg
15:58au Marca des Palaces ?
15:59Johnny Hallyday
16:00et Jean-Philippe Smet.
16:01Donc il aurait pu ce soir-là
16:02voir Johnny débuter.
16:05Alors, il y a aussi,
16:06je crois qu'il a serré un jour
16:07la main du général de Gaulle.
16:09Non, mais alors moi,
16:10je ne sais pas d'où
16:11vous tirez toutes ces archives.
16:12Je n'ai pas la REF non plus.
16:13Alors, en fait,
16:14il y avait une soirée
16:15de bienfaisance
16:16et comme son père
16:17avait été mort en déportation,
16:20on invitait les veuves
16:21et ce soir-là,
16:22le général de Gaulle
16:23est venu
16:23à cette soirée de bienfaisance.
16:25Il a été présenté
16:26à Gottlieb enfant.
16:27La vache !
16:28Pourquoi il ne m'a jamais raconté ça ?
16:30C'est très étrange.
16:31Alors, il se trouve aussi
16:32qu'au départ,
16:33ce n'est pas le dessin
16:34qui doit l'attirer,
16:35c'est le bureau.
16:36Il devient employé de bureau.
16:38Il va travailler
16:38dans un bureau
16:42de produits pharmaceutiques.
16:43Oui, à l'OCP, oui.
16:44Et pourquoi ?
16:45Alors, aucune idée.
16:47Il fallait bien gagner sa vie
16:48et je crois que l'OCP,
16:50c'est l'Office Commercial Pharmaceutique
16:51qui était fondé en 1924,
16:53qui existe aujourd'hui encore
16:54et qui est le référent historique
16:56de la distribution
16:57de produits de santé en France.
16:58C'est fou, hein ?
17:00Je suis vraiment heureuse
17:01d'être venu à l'émission
17:02parce que, grâce à vous,
17:04quand même,
17:04qu'est-ce que j'apprends
17:05comme truc ?
17:06Alors, je sais en même temps
17:08qu'au départ,
17:09il transporte les produits
17:10et puis il va travailler
17:11dans un bureau
17:11et il va apprendre
17:12à taper à la machine.
17:14Oui, sur une petite Olivetti.
17:17Et ça lui a servi ensuite
17:19pour les BD ?
17:19Et ça lui a servi
17:20pour écrire ses scénarios.
17:22Et puis, je crois qu'il a...
17:23Même s'il écrivait
17:23beaucoup à la main,
17:24il avait beaucoup...
17:25Il avait une écriture
17:25très particulière.
17:27Ah oui, alors là,
17:28pour le coup,
17:28moi j'ai tous ses cahiers,
17:29c'est de la calligraphie quasiment.
17:31D'ailleurs, c'est pour ça
17:32qu'il a été engagé
17:33à ses débuts
17:34comme lettreur
17:35au journal de Mickey ?
17:36Oui.
17:37Oui, il écrivait
17:38très, très, très, très bien.
17:41Naturellement,
17:41sans avoir appris particulièrement.
17:44Mais déjà,
17:44dans ses cahiers d'école,
17:46ses rédactions et tout ça,
17:47mais à 12, 13, 14 ans,
17:49c'est hyper joli à regarder.
17:51Très bien écrit.
17:52Et je sais aussi
17:54qu'il a tout en travaillant
17:55dans la pharmacie,
17:56il a commencé à prendre
17:57des cours du soir
17:58aux arts appliqués
17:59où il a appris
18:00le décent publicitaire.
18:01Oui, avec Pichard.
18:03Avec Pichard
18:04qui est plus tard
18:05le créateur de Blanche Epiphanie
18:07et d'autres bandes dessinées.
18:08Oui, qui a fait quand même
18:10pas mal de trucs
18:11à l'écho ou à fluide.
18:14Ça a été son apprentissage
18:16de dessin ?
18:16Oui, alors un peu minime,
18:18mais j'ai les carnets aussi
18:20et avec les appréciations
18:22et je vois bien que finalement,
18:25il n'avait pas énormément
18:26de choses à...
18:26Je pense qu'on est
18:28dans le domaine du don,
18:29malgré tout.
18:30Oui, parce que je crois
18:30qu'il y a une illustration
18:31de Notre-Dame de Paris
18:32qu'il a réalisé
18:33et Pichard lui a fait
18:34des compliments.
18:35Je ne sais pas
18:35si vous avez ce carnet.
18:37J'en ai beaucoup,
18:38beaucoup.
18:38J'ai la chance d'avoir
18:40maman à garder
18:40toutes les archives.
18:42Déjà, papa les avait conservées
18:43et du coup,
18:44j'ai tout ça à la maison.
18:46Il faut avoir ça.
18:47Notre-Dame de Paris,
18:48il y a eu des dizaines
18:49d'illustrateurs.
18:50Le premier, c'est en 1832,
18:52vous voyez,
18:53qui dessinait Frollo,
18:55un belge,
18:55Gustave Frépon
18:56et Gottlieb fait partie
18:57de ceux qui ont illustré
18:59mais à titre personnel,
19:00Notre-Dame de Paris.
19:01De toute façon,
19:02tout ce qu'il y avait
19:02de près ou de loin
19:03à Victor Hugo,
19:05papa, c'était un truc,
19:08il était fan.
19:10Oui, il a lu plusieurs fois
19:12Notre-Dame de Paris,
19:12il est misérable.
19:13Ah oui.
19:14Oui.
19:15Puis alors,
19:15avec les gros volumes,
19:16pas la bibliothèque verte
19:19ou rose,
19:20je ne sais plus
19:21laquelle des deux c'était.
19:22Mais oui,
19:23il était très sale,
19:24les rougons-macars,
19:25tout ça.
19:25Il m'a tanné avec ça.
19:26Il faut que tu lises
19:28les rougons-macars,
19:29il faut que tu lises
19:30tous les Victor Hugo,
19:31il faut que tu lises
19:32Alexandre Dumas,
19:33il faut que tu lises.
19:34Je me suis exécutée,
19:36pas forcément
19:36sur les versions longues,
19:38mais j'ai fait
19:39et j'ai apprécié,
19:40évidemment.
19:41Et puis,
19:41il y a un journal très bref
19:42qui n'a pas duré longtemps
19:43qui s'appelait Nabus,
19:44auquel il a collaboré.
19:45Le professeur,
19:46oui,
19:46oui,
19:47ça aussi,
19:47j'ai des planches,
19:49quelques traces
19:50de ce professeur.
19:51Le professeur Nabus
19:52était une BD américaine,
19:55un strip dans les années 30-40
19:57et qui ensuite est venu en France
19:59dans le Figaro
20:00et Gottlieb a travaillé
20:01dans ce journal.
20:02Oui,
20:03puis après,
20:03il en a fait quelques dessins.
20:05Voilà,
20:06et des dessins toujours
20:06à sa manière,
20:07le style de Gottlieb
20:08était déjà clair.
20:09Oui,
20:10finalement,
20:10c'est vrai qu'il n'a pas eu
20:13beaucoup à chercher
20:15son style.
20:17Son style,
20:18c'était ce qu'il a fini
20:19par bien comprendre,
20:21surtout après qu'il ait stoppé
20:24de bosser avec Goscinny
20:25que René lui a dit
20:27que je n'ai plus trop
20:28le temps de fournir
20:29pour voter d'un go dossier,
20:30tu vas voler un peu
20:31tes propres ailes.
20:32Là,
20:33il s'est affirmé,
20:33il a fermement décidé
20:35qu'il ne ferait plus de décor.
20:37Et il a trouvé
20:38un style de dessin
20:39qui n'existait pas,
20:39finalement.
20:40Oui,
20:42moi personnellement,
20:42mais je ne suis pas
20:43très objectif
20:44ni la mieux placée
20:45pour en parler,
20:48mais selon moi,
20:49il a vraiment créé,
20:51inventé,
20:52une forme d'humour
20:54et de dessin.
20:55Et puis je crois
20:56que c'est justement
20:56dans la période
20:57du professeur Nimbus
20:58qu'il a rencontré
20:59une femme
20:59qui est devenue
21:00une amie
21:00qui se prénommait
21:01Claudie.
21:02Alors,
21:03c'est devenu d'abord
21:03une amie,
21:04effectivement,
21:05puisque chez Edimonde,
21:08là où il l'a rencontré,
21:09chez Vinclair,
21:10il y avait aussi
21:12une autre amie
21:13qui est toujours en vie,
21:16dont on est toujours
21:17très proche,
21:17qui s'appelait
21:18Maryse Grousset.
21:19Et d'ailleurs,
21:19papa parle souvent
21:21à parler de Maryse.
21:23Et puis maman était là
21:24et puis petit à petit,
21:27le couple a fait son nid.
21:28Et voilà,
21:29c'est grâce à ça
21:30que vous êtes nés
21:31et qu'on peut aujourd'hui
21:32évoquer Gottlieb.
21:33Et une autre date importante
21:35dans son parcours,
21:36le 12 juillet 1964.
21:39A tout de suite
21:40sur Sud Radio
21:41avec Ariane Gottlieb
21:42pour parler
21:43de Marcel Gottlieb.
21:44Sud Radio,
21:45les clés d'une vie,
21:46Jacques Pessis.
21:47Sud Radio,
21:48les clés d'une vie,
21:49mon invité Ariane Gottlieb,
21:50fille de Gottlieb,
21:51pour ses œuvres complètes,
21:53tome 1 et 2,
21:54avant les suivants
21:55chez Dargo et Flux Gacial.
21:56On en parle tout à l'heure.
21:57Alors,
21:58dans le parcours
21:58de Marcel Gottlieb,
22:00il y a le 12 juillet 1964.
22:02C'est le jour de parution
22:04du numéro 1000
22:05de Vaillant.
22:06Et c'est la première planche
22:07de Guéluron et Jujube.
22:10Alors là,
22:10encore une fois,
22:11première nouvelle,
22:13que c'était le 12 juillet.
22:15Ah oui,
22:15j'ai retrouvé le numéro.
22:16D'accord.
22:17Et en fait,
22:18on doit l'avoir,
22:18je pense.
22:19Vaillant est un journal
22:21financé au départ
22:21par le Parti communiste.
22:23C'était la version
22:23enfantine
22:24de l'humanité,
22:26en quelque sorte.
22:28Je vous coupe,
22:28on avait retrouvé
22:29d'autres choses
22:31qu'il avait fait
22:32pour des journaux
22:34communistes
22:34qui étaient
22:36chapeautés
22:37par Vaillant aussi,
22:38comme Record,
22:41La Terre.
22:43Un journal
22:43qui s'appelle
22:44La Terre.
22:45Et puis,
22:45il y en a un troisième
22:46dont j'ai oublié
22:47là immédiatement
22:47le nom,
22:48où mon père
22:49a déjà dessiné
22:51une coccinelle.
22:52C'est fou.
22:52Il s'appelait
22:53Antoinette.
22:54Et ça,
22:54j'ai les strips
22:55de ça en une case.
22:57Parce que papa,
22:58quand il faisait
22:59quelque chose
22:59à cette époque-là,
23:00en tout cas à ses débuts,
23:01il découpait les journaux
23:02puis il collait ça
23:03dans un cahier.
23:04Eh bien,
23:04c'est vachement pratique.
23:05Ça fait des sacrés
23:07guides d'archives.
23:08Alors,
23:09au départ,
23:10avant Galuron,
23:11il y a un garçon
23:11prénommé Nanar
23:12avec ses deux oncles
23:14Blaise et Basile.
23:15Oui,
23:17les débuts,
23:19Galuron n'était pas
23:19du tout le héros.
23:20Ni même Juju,
23:21finalement.
23:23C'était un petit garçon.
23:24Nanar et Piette,
23:25oui.
23:26Et d'ailleurs,
23:26l'album existe
23:27et il y avait un renard
23:28qu'on a demandé
23:28d'ajouter à la série.
23:30Comme ça ?
23:31Alors là...
23:32Mais il était capable
23:33de faire ce qu'on lui demandait.
23:36Il faut un renard
23:37ou on ajoute un renard ?
23:38C'est-à-dire qu'à cette époque-là,
23:40il n'avait aucune raison
23:41d'avoir des désidératas
23:43particuliers
23:43puisqu'il débutait.
23:44Donc,
23:45pour lui,
23:45c'était du beurre.
23:46Dès qu'on lui demandait
23:47quelque chose,
23:47il était enchanté.
23:48C'est vrai que Nanar et Piette
23:50ou Juju Bégué-Luron,
23:51ça a marqué la BD
23:53parce que là aussi,
23:54ça n'existait pas,
23:55ce genre de BD.
23:57Disons que dans Vaillant,
23:59il y avait quand même déjà...
24:00Alors,
24:01pas dans cet humour-là
24:03et cette deuxième lecture
24:04d'une certaine manière
24:05de second degré,
24:06mais il y avait quand même
24:07déjà Pifou,
24:08il y avait quand même
24:08déjà Hercule.
24:10Dans Vaillant,
24:12il y avait déjà des animaux.
24:15Mais il y avait un humour
24:16totalement absurde.
24:17Là,
24:18alors en revanche,
24:19clairement,
24:20c'était nouveau.
24:21Et puis ensuite,
24:22si Gué-Luron est né,
24:23c'est par référence
24:24à un chien très triste.
24:27Tu restes là
24:28pendant que je vais
24:29chercher les flics.
24:32Alors,
24:32remets-moi de bambous.
24:34Drupi,
24:34ça a marqué
24:35le cinéma
24:37et ça a marqué Gottlieb.
24:38Oui,
24:38alors,
24:39tout ce qui est exavrie,
24:40on va dire en premier,
24:41même si
24:43très très tôt,
24:44il a beaucoup aimé
24:45Walt Disney.
24:46Il a quand même vu
24:47Fantasia 14 fois
24:48d'affilée
24:49dans un cinéma
24:50où en fait,
24:51il ne bougeait pas
24:51de séance
24:52en séance.
24:53Donc,
24:54avec le courtisan
24:56de ma grand-mère
24:57à l'époque,
24:59Pinocchio,
25:00tout ça,
25:00qui ont été des références
25:01pour lui.
25:01Mais Tex Avri,
25:03là,
25:03on passait un cap
25:04d'humour
25:05dont il était
25:06tout de suite
25:07très aficionado.
25:08En fait,
25:10Drupi est né
25:10parce que Tex Avri
25:11entend un jour
25:12une émission de radio
25:13avec une voix traînante.
25:15Ça s'appelait
25:15Fiber,
25:16McGee & Molly.
25:17Et à partir de ça,
25:18il a pris la voix
25:19de cette émission de radio
25:21et il a fait Drupi
25:22qui est un chien
25:22qui est le chien
25:23le plus triste du monde.
25:24Et dans Guéluron,
25:26il y a quelque chose
25:26de Drupi.
25:27Oui,
25:28absolument.
25:28De toute façon,
25:29papa était très
25:31très attaché
25:31à Drupi
25:32et en plus,
25:35grâce à...
25:36Guéluron,
25:37il s'est exorcisé
25:39dans Guéluron
25:39d'une certaine manière,
25:40papa,
25:41Pascal Guéluron.
25:41C'était vraiment
25:42le héros
25:43qui l'aurait rêvé,
25:45l'homme qui l'aurait...
25:46Enfin,
25:46l'homme,
25:46pas l'homme,
25:47le chien,
25:48qu'il aurait rêvé d'être.
25:49Il dormait,
25:51mon père était insomniaque,
25:54il n'était jamais énervé,
25:58assez impassible
25:59de visage,
26:00etc.
26:01Et il avait une tendresse,
26:02finalement,
26:03papa,
26:03très particulière
26:04pour Guéluron.
26:05C'est un de ses héros
26:06préféré pour le coup.
26:07Et il y avait régulièrement
26:09dans Guéluron
26:10et Jujube,
26:11un certain lecteur
26:12qui s'appelait
26:13Jean-Pierre Liégeois,
26:14lecteur du Var.
26:15Et là,
26:16il existait vraiment.
26:17Alors,
26:18il existait vraiment.
26:19Donc,
26:19papa lui a donné
26:20ce pseudo de Jean-Pierre
26:22puisqu'en fait,
26:23en vérité,
26:23c'était Jean
26:24et Pierre,
26:25c'était son deuxième prénom
26:27qui était le père
26:28de ma maman,
26:28c'est-à-dire son beau-père
26:29en l'occurrence,
26:30pour qui mon père
26:31avait beaucoup,
26:32beaucoup d'admiration
26:33qui était un type
26:34formidable
26:35et très,
26:36très doué,
26:37cheminot
26:37et qui dessinait beaucoup
26:38et qui faisait
26:39du cinéma amateur.
26:40Ils ont fait
26:40plein de choses ensemble
26:42au tout début,
26:43des films image par image,
26:45des trucs de déconnade ensemble.
26:46Oui,
26:47car les premiers dessins animés
26:48de Gauthier qu'on ne connaît pas,
26:49il les a faits lui-même
26:50presque dans son bureau.
26:52Oui.
26:53Et c'est des choses
26:54qui sont très,
26:54très méconnues.
26:55Oui,
26:56c'est-à-dire qu'il n'y a
26:57aucune raison finalement
26:58d'avoir sorti ça
27:01sur la toile.
27:02Mais c'est vrai
27:02que pour une génération,
27:04Jean-Pierre Liégeois,
27:04on ne sait pas s'il existe.
27:06Il le prenait bien d'ailleurs ?
27:07Pardon ?
27:08Il le prenait bien,
27:08Jean-Pierre Liégeois ?
27:09Il était même fier !
27:11Oui,
27:11il le prenait très,
27:12très bien.
27:14Il était très fier
27:16de faire partie,
27:17surtout après
27:18quand ça a commencé
27:19à prendre un peu d'ampleur,
27:20un peu de succès,
27:21etc.
27:21Il était encore plus fier.
27:24Et les gens...
27:25Le lecteur du Var
27:25parce qu'il habitait
27:26donc ailleurs.
27:28Ailleurs, voilà.
27:28Et effectivement,
27:30est-ce que dans sa famille,
27:31dans son entourage,
27:32on savait qu'il était
27:33la star de Gué Luron ?
27:35Oui.
27:36Oui.
27:37Alors,
27:38si aussi Gottlieb a cet humour,
27:40il le doit
27:41à un magazine
27:42qu'il partage en commun
27:43d'ailleurs avec René Goscinny
27:44qui s'appelait Mad,
27:45avec Harvey Kursman
27:47qui a été le maître
27:48de cette forme d'humour
27:49dont Gottlieb est un descendant.
27:51Oui.
27:53Papa,
27:53de toute façon,
27:54tout cet humour,
27:55pardon,
27:56tout cet humour-là
27:56qui soit...
27:58Enfin,
27:58cet humour anglo-saxon,
28:00que ce soit avec
28:01le National Ampoun
28:02ou que ce soit avec Mad,
28:04c'était son influence
28:05et il adorait ça.
28:09Little Annie Fanny
28:10et puis tout ce qu'a fait
28:11Kurtzman,
28:12il l'adorait.
28:12Puis après,
28:13il a réussi
28:14à l'embaucher
28:16à Fluide.
28:16Alors là,
28:17il n'était pas peu fier.
28:19Et après,
28:20alors pour le...
28:21Vraiment,
28:21ils sont devenus
28:22très amis,
28:22très proches.
28:23En fait,
28:24c'est un magazine
28:24qui caricaturait à l'époque
28:27la culture pop américaine
28:28et se moquait
28:29de tout ce qui était
28:29politique et social.
28:31C'était l'ancêtre
28:32de plein de magazines
28:33qu'on a aujourd'hui
28:34et même sous une forme
28:35plus douce
28:37de Charlie Hebdo.
28:38Oui,
28:38oui,
28:39oui,
28:39tout à fait.
28:40Alors,
28:40je sais aussi
28:41qu'il lisait Pilote
28:42dès le début
28:42avec l'envie
28:43d'y travailler,
28:44je crois.
28:46Ben,
28:46oui,
28:46parce que c'était pour lui
28:47finalement une forme
28:49d'évolution
28:49de passer
28:50de Pif
28:52à Pilote.
28:53On passait plus
28:54dans une bande dessinée
28:55adulte,
28:56même si ça restait
28:57quand même toujours
28:59assez soft,
29:00surtout par rapport
29:01à ce qu'il a fait
29:03ensuite.
29:03mais à chaque fois
29:05qu'il a changé
29:06de journal
29:08entre Vaillant
29:09et entre Pif
29:10et puis Pilote,
29:13puis l'écho des savannes,
29:14puis la Sial,
29:15avec au milieu
29:15roquet folk,
29:16etc.
29:17Ça a toujours été
29:17dans la suite logique
29:19de son désir
29:21d'émancipation
29:21et de changer,
29:24d'évoluer,
29:25de vieillir.
29:26De vieillir
29:27tout en restant
29:27moralement un enfant.
29:28Oui,
29:29tout en restant,
29:30c'était quand même
29:32un grand enfant
29:33jusqu'à la fin.
29:34Et c'est tout à son honneur.
29:35Alors il se trouve que
29:36dans Pilote,
29:36il découvre Achille Talon
29:37qui au départ
29:38était un bouche-trou,
29:39il fallait une page
29:40à remplir
29:41et Greg propose
29:42Achille Talon
29:43et ça,
29:43il est fasciné
29:44par Achille Talon.
29:45Il y avait une autre série
29:46d'ailleurs que Greg
29:46écrivait qui s'appelait
29:47Les inerties stupides
29:49de Léon le Tigre,
29:50je ne sais pas si vous connaissez.
29:51Mais alors pas du tout.
29:52C'est un feuilletour
29:52en deux épisodes
29:53pendant lesquels
29:53il ne se passe absolument rien.
29:55D'accord.
29:55Donc c'est génial.
29:56Et donc un jour,
29:58je crois que Marcel Gottlieb
29:59prend son téléphone
30:00pour demander
30:01un rendez-vous à Pilote
30:02et il raccroche
30:02avant que ça a décroché.
30:04C'est possible.
30:05Voilà.
30:06Et puis un jour,
30:07il a quand même un rendez-vous
30:07et il rencontre
30:08Jean-Michel Charlier
30:09et René Goscinny.
30:10Oui,
30:10il amène les trucs
30:11et puis il donne
30:13ça par contre,
30:14on le sait,
30:15une planche à Charlier
30:16qui regarde
30:17et puis qui appelle
30:17dis donc René,
30:19tiens,
30:19viens voir ça.
30:20Et puis c'est parti.
30:22C'était je crois
30:23une histoire en six pages
30:24qui s'appelait
30:24le gag.
30:25Oui,
30:26c'est le gag
30:27ou le confetti
30:27le premier.
30:28L'un des deux.
30:29Et il se trouve
30:30qu'il manquait six pages
30:31dans Pilote
30:32donc Goscinny a dit
30:33L'occasion a fait de la ronde.
30:35Voilà.
30:35Et on attend la suite.
30:36Et c'est vrai
30:37que Charlier et Goscinny
30:38dirigeaient Pilote
30:39parce qu'au départ,
30:39Pilote était un parimage
30:40des jeunes
30:41créé par Radio Luxembourg.
30:43Ça s'est planté
30:43de façon royale.
30:44Donc on a demandé
30:45à Goscinny
30:46qui était à l'époque
30:47qui commençait Astérix
30:48et Jean-Michel Charlier
30:50qui faisait toutes les séries
30:51de prendre en main
30:52le journal
30:52ce qui a fait
30:53le succès de Pilote.
30:54Ah bah oui,
30:55là ils ont eu le nez fin.
30:56Et alors Goscinny
30:57repère Gottlieb
30:58et il dit
31:00je vais faire quelque chose
31:00avec toi.
31:01Et ça a été
31:02le dingueux dossier.
31:03Oui.
31:04Et alors
31:06je ne sais pas tellement
31:08quel mot employer
31:09pour ça
31:09mais enfin
31:09mon père
31:10ça a été quand même
31:11un peu
31:12au début
31:15il l'a fait
31:16dans son pantalon
31:17il était quand même
31:19d'un seul coup
31:20un peu
31:21un peu effrayé
31:22puis il devait fournir
31:23beaucoup
31:24et puis évidemment
31:26René lui disait
31:27tu vas dessiner ça
31:28tu vas dessiner ça
31:28tu vas me dessiner
31:29une usine
31:30et alors là
31:31c'était terrible pour lui
31:32parce que les décors
31:33ce n'était pas son truc.
31:35Et puis bah
31:36toutes les semaines
31:37il y avait deux pages
31:37sur le dingueux dossier
31:38qui était une révolution
31:39parce que
31:40des bandes dessinées comiques
31:41sur des sujets de société
31:42ça n'existait pas.
31:43Oui puis alors là
31:44on est en plein dedans
31:45c'était vraiment
31:47pilote matin
31:47quel journal
31:49chaque semaine
31:50quelque chose de nouveau
31:51effectivement
31:51très sociétal.
31:53Et c'était les pages
31:532 et 3
31:54qui sont les pages
31:55les plus lues
31:56dans un journal.
31:56François par exemple
31:57la page la plus importante
31:58c'était la page 2
31:59qu'on donnait
32:00pour les petites informations
32:02parce que les gens
32:03tournaient le journal
32:04et tombaient immédiatement dessus.
32:07C'est une tradition
32:08de la presse.
32:08Encore une fois
32:09j'ai la mâchoire
32:10qui tombe.
32:11Comme dans
32:13un certain nombre
32:13de Gautelib.
32:14Et je crois que
32:15Gossini l'accueillait
32:16par bonjour
32:16brave et généreux Gautelib.
32:18Ça aussi
32:19ça fait partie des légendes.
32:21On ne sait pas vraiment
32:21si c'est des légendes
32:22urbaines ou pas
32:23mais après
32:24ils ont eu un relationnel
32:25tellement tellement important.
32:27Il disait à Gautelib
32:28vous êtes complètement fou.
32:31Et c'est vrai
32:31qu'il avait une folie.
32:33Mais une folie intérieure.
32:34toujours.
32:34Oui.
32:35Le problème
32:36c'est
32:36il faut fournir
32:3852 semaines par an
32:39deux planches
32:40pour Pilote
32:41et deux planches
32:42pour Guéluron.
32:43Comment on fait sur la plage
32:44pendant les vacances ?
32:45De toute façon
32:45les vacances
32:46ce n'était pas son truc
32:47ça l'emmerdait.
32:48Et puis après
32:49quand il a compris
32:49qu'il avait beaucoup
32:51beaucoup trop de choses
32:51à faire à Pilote
32:52c'est là qu'est apparu
32:55Henri Dufran
32:56qui l'a secondé
32:58au niveau du dessin
33:00et puis
33:02ce qui lui a permis
33:03de prendre un peu plus
33:03de temps
33:04pour les dingos dossiers
33:06et c'est vrai
33:07qu'en plus
33:08c'était l'explosion
33:09de la bande dessinée
33:10enfin petit à petit
33:11on s'acheminait
33:12vers quelque chose
33:12qui allait vraiment cartonner
33:16donc ça devenait compliqué
33:17pour lui
33:18de faire tout ça
33:19en même temps.
33:19Oui mais en même temps
33:21c'était d'autant plus compliqué
33:22qu'à l'époque
33:22il n'y avait pas le fax
33:23il n'y avait pas internet
33:24les planches arrivaient
33:25par la poste.
33:27S'il y avait du retard
33:27de courrier
33:28on était dans la panade.
33:30C'était le cas.
33:31Je ne sais pas si vous le savez
33:31mais Goscinny au départ
33:32quand il a débuté
33:33il allait une fois par semaine
33:35en Belgique à Bruxelles
33:36une fois par mois pardon
33:37en Belgique avec sa mère
33:38et il apportait
33:39les scénarios
33:41aux dessinateurs
33:42des séries
33:42qui paraissaient dans le sein.
33:44Ah oui
33:44ça ne m'étonne pas
33:45mais après
33:46ça a duré assez longtemps
33:48puisque moi
33:48je me souviens quand même
33:50de mon père
33:50qui apportait
33:52qui mettait dans les boîtes aux lettres
33:53du coin
33:54on va dire
33:55les premiers fluides
33:56etc.
33:58Au début
33:59c'était
33:59il y avait beaucoup de choses
34:01qui se passaient
34:01avec la poste
34:02et le courrier
34:02mais alors évidemment
34:03le travail
34:04en ce qui concerne
34:05les planches
34:05et tout ça
34:06c'est vachement risqué
34:07quand même.
34:08Remarquez pour quelqu'un
34:09qui était un peu timbré
34:10c'est normal d'avoir
34:10quelques soucis
34:11avec la poste.
34:12Bien vu.
34:13Il y a aussi une chose
34:14c'est que les dessinateurs
34:15par tradition
34:17sont en retard
34:18et je crois
34:19qu'il avait l'angoisse
34:20du retard
34:20à Massa Gauthier
34:21toujours précis.
34:22Il détestait
34:23être en retard
34:24puis alors il m'a refilé
34:25ce virus
34:25mais vraiment
34:27il n'était
34:28jamais en retard.
34:29Comment ça se fait ?
34:30Ça venait d'où ?
34:32De son enfance
34:33probablement.
34:34On aurait demandé
34:35ça à
34:36Muthworth
34:37qui était son
34:38psy.
34:38Oui mais c'est vrai
34:39que le moindre retard
34:42de planche
34:42le traumatisait
34:43pratiquement.
34:44Ah oui
34:44être en retard
34:45c'était pas envisageable
34:46pour lui.
34:47Nous on va pas être en retard
34:48on va tout de suite
34:49passer à la séquence suivante
34:50avec la date du 15 avril
34:512026.
34:52A tout de suite
34:53sur Sud Radio
34:53avec Ariane Gottlieb
34:55pour parler de Gottlieb.
34:57Sud Radio
34:58Les Clés d'une Vie
34:58Jacques Pessis
34:59Sud Radio
35:00Les Clés d'une Vie
35:01mon invité
35:02Ariane Gottlieb
35:03on évoque votre père
35:04Marcel Gottlieb
35:05avec son oeuvre complète
35:06et justement
35:07alors que je crois
35:08qu'il nous a quittés
35:09il y a près de 10 ans
35:10vous vous êtes lancé
35:11dans des aventures
35:11incroyables
35:12c'est-à-dire
35:13l'oeuvre complète
35:14de Marcel Gottlieb
35:15année par année
35:16avec le deuxième volume
35:18si j'ose dire
35:19de 1968
35:20il y a eu 67
35:21qui paraît
35:22chez Fluides Glaciales
35:23et Dargaux
35:23et là c'est une aventure
35:25totalement surréaliste
35:26et c'est presque
35:28l'anapurna à gravir.
35:30Oui et puis
35:31bon
35:31à vrai dire
35:33c'est quand même
35:34important
35:34de tenter
35:36après sa disparition
35:37de faire quelque chose
35:38de nouveau
35:38et pour le coup
35:39mettre côte à côte
35:41chronologiquement
35:41dans l'ordre
35:42où il les a dessinées
35:45toutes ses planches
35:46puisque
35:47encore une fois
35:48un lundi
35:49il faisait un Guéluron
35:50et puis un mardi
35:50il faisait un Dingo Dossier
35:51mais c'était pas
35:53les mêmes éditeurs
35:55puisqu'il a récupéré
35:56Guéluron
35:57donc c'est arrivé
35:58chez Fluides
35:59tandis que
36:00les Dingo Dossiers
36:00la rubrique à Brax
36:01a toujours été
36:01chez Dargaux
36:03ça n'avait jamais
36:05été fait
36:06chaque éditeur
36:07sortait ses intégrales
36:08tous les deux ans
36:09l'intégrale Guéluron
36:10l'intégrale Ra
36:12l'intégrale
36:13Pervers Pépère
36:15enfin Amicère Jovial
36:16et de l'autre côté
36:18il y avait l'intégrale
36:19les Dingo Dossiers
36:20l'intégrale
36:21voilà
36:21mais en même temps
36:22il y a beaucoup de choses
36:23qu'il a fait simultanément
36:24et c'était important
36:25de pouvoir
36:26ça nous permet de suivre
36:28l'évolution
36:29non seulement du dessin
36:30et artistique
36:32ça nous permet aussi
36:33de nous rendre compte
36:33plein de choses
36:34de plein de choses
36:35assez amusantes
36:36comme le fait
36:37qu'il s'est parfois
36:37servi du même gag
36:38il le disait lui-même
36:40après
36:41aussi bien pour un Guéluron
36:43que pour un Dingo Dossiers
36:44ou une rubrique à Brax
36:46donc c'est fantastique
36:48alors en même temps
36:49ce sont les planches originales
36:50c'est-à-dire qu'avec
36:51ce qu'on appelait
36:52la tétière
36:52c'est-à-dire ce qui paraissait
36:54dans le journal
36:54avec l'annonce
36:55Guéluron
36:56Dingo Dossiers
36:57oui
36:58tout est
36:59très très très très
37:02comment je peux dire
37:03précis
37:04numérisé
37:05alors numérisé
37:06de toute façon
37:07à chaque fois
37:08qu'on a pu le faire
37:09alors je tiens quand même
37:09à préciser
37:10préciser que c'est
37:11une entreprise
37:11qui a quand même
37:12été initiée
37:13par mon ami d'enfance
37:14Jean-Louis Gauthé
37:16qui possède les éditions
37:17Cornelius
37:18qui est déjà éditeur
37:19depuis longtemps
37:19que moi j'ai connu
37:20à 9 ans
37:21et qui était un peu
37:22le fils spirituel
37:23de papa
37:24papa étant un peu
37:26son inversement
37:27son père spirituel
37:28et puis du vivant de papa
37:30Jean-Louis lui en avait
37:31déjà parlé
37:31il faut faire cette intégrale
37:33enfin cette
37:33cette vraie intégrale
37:35cette oeuvre complète
37:37où on met tout
37:38et où on met tout
37:38dans l'ordre
37:39où tu l'as fait
37:40mais le fait
37:41d'avoir rapproché
37:42juridiquement
37:43les éditeurs
37:44plus toutes les petites choses
37:46qui ont été faits ailleurs
37:48un peu des one shot
37:50chez Rock et Folk
37:52chez Charlie
37:53chez Charlie Mansuel
37:54chez
37:56même le petit Mickey
37:58qui n'a pas peur des gros
37:59etc
37:59il fallait quand même
38:01rassembler
38:02enfin voir ça
38:03au point de vue juridique
38:04etc
38:05alors papa
38:05les bras lui en sont tombés
38:06il a dit
38:07oui bah écoute
38:07on verra ça
38:09un jour
38:10et du coup
38:10on a réussi à le faire
38:13beaucoup grâce à lui
38:14et bien
38:16après sa disparition
38:17voilà
38:17mais en même temps
38:18l'oeuvre est monumentale
38:19parce que
38:20d'abord il fallait
38:21retrouver les planches
38:22vous en aviez conservé
38:22beaucoup
38:24alors il y en avait beaucoup
38:25et il y en a surtout
38:26beaucoup qu'on a pu retrouver
38:27parce qu'on est
38:28on est vraiment parti
38:29à la recherche
38:29des collectionneurs
38:30des galéristes
38:31j'ai même des followers
38:32qui sont venus
38:33scanner jusqu'à chez moi
38:35scanner leurs documents
38:37leurs planches
38:39beaucoup de collectionneurs
38:40les galeries
38:41et
38:43les petites choses
38:44les choses
38:44qui étaient un peu
38:45chez maman
38:46il n'y en avait pas tant que ça
38:48effectivement
38:49oui on a tout
38:50rescanné
38:50et puis avant
38:51de s'en séparer
38:52à une certaine époque
38:53quand mon père
38:54avait déjà fait
38:55une première vente
38:56chez One Million
38:58je ne sais plus quand
39:00je ne sais même plus
39:01en quelle année
39:02il y avait eu déjà
39:03pas mal de scans
39:04qui avaient été faits
39:05donc ça nous a permis
39:06d'avoir une édition
39:07extrêmement propre
39:10en termes de traits
39:12et une édition
39:13qui ravira les anciens
39:14mais qui fera aussi
39:15découvrir à la nouvelle génération
39:16ce qu'est l'oeuvre de Gottlieb
39:18ah oui
39:19là c'est ma mission
39:21pour le coup
39:21c'est à dire
39:22vous pensez
39:22moi aujourd'hui
39:24j'ai l'audace de penser
39:26qu'il n'est absolument
39:26pas démodé
39:28alors pas dans tout
39:29mais la rubrique à braque
39:31en tout cas
39:32c'est une certitude
39:33et que donc
39:34il suffit juste
39:34de leur mettre dans les mains
39:35et je suis aussi
39:37d'accord pour dire
39:38que malheureusement
39:39aujourd'hui
39:40les réseaux sociaux
39:41les écrans
39:41le téléphone
39:44c'est quand même
39:45les mamelles actuelles
39:47de la jeune génération
39:48mais pas que
39:49je pense que simplement
39:51s'ils ne savent pas
39:51ils ne peuvent pas
39:52le découvrir
39:53alors c'est vrai
39:54que c'est aussi
39:55très éducationnel
39:56les personnes
39:57qui ont aujourd'hui
39:5850, 60, 70
40:01mettent ça
40:02ou ont mis ça
40:02entre les mains
40:03de leurs enfants
40:04je pense qu'il faut
40:05simplement leur rappeler
40:06hé
40:07il y a ça
40:08ça existe
40:09et vous avez choisi
40:10de faire des gros volumes
40:11avec chaque fois
40:12une année complète
40:14c'était très très difficile
40:15pour le coup
40:16de les numéroter
40:18de 1 à 12
40:201 à 13
40:21parce que déjà
40:21là
40:22le premier
40:23qui est sorti
40:24on est incapable
40:25de dire
40:26si c'est le tome 1
40:272, 3 ou 4
40:28parce que ça va dépendre
40:29de toutes les archives
40:30qu'on va classer
40:31de ceux
40:32qui ont été
40:33où il a travaillé
40:34avant
40:35où il était
40:35moins connu
40:36et où là
40:37c'est un foutoir
40:38impossible
40:40donc effectivement
40:42on les a regroupés
40:43par année
40:43et quand on voit
40:45qu'en 249 pages
40:47dans le recueil
40:481967
40:48c'est énorme
40:51et c'est très compliqué
40:53parce qu'il était
40:54hyper productif
40:55il n'arrêtait pas
40:56du matin au soir
40:57il travaillait tout le temps
40:58et c'était vraiment
41:00la parution dans
41:00l'hypdomadaire
41:01et là on se rend compte
41:02que finalement
41:02à l'époque
41:03la bande dessinée
41:04était artisanale
41:05parce qu'il y a des pages
41:06en deux couleurs
41:07il y a des petits défauts
41:08à certains moments
41:09c'est très particulier
41:11oui
41:11et Jean-Louis
41:12a respecté
41:13d'abord
41:15il discutait
41:16énormément
41:17avec mon père
41:18parce que lui
41:18si on l'a rencontré
41:19au départ
41:19c'est avant tout
41:21parce que c'était
41:21un fan de mon père
41:23qui venait sauder
41:23à la maison
41:24tous les jours
41:24c'est pas parce que
41:25c'était mon meilleur ami
41:26c'est ensuite
41:27que mes parents
41:28m'ont envoyé
41:28au portail
41:29en disant
41:30mais débarrasse-nous
41:31de ce gamin
41:31qui n'arrête pas
41:31de sonner tous les jours
41:32et donc
41:33Jean-Louis
41:34avait discuté
41:35énormément
41:36passé des heures
41:37avec mon père
41:38ce qui faisait
41:38le bonheur de mon père
41:40et donc
41:41il est resté
41:43aujourd'hui
41:43quand il a restauré
41:44tout ça
41:45et qu'il a
41:47initié ce projet-là
41:48dans un
41:49respect total
41:50de tout ce qu'avait pu
41:51lui dire mon père
41:52au niveau des bichromies
41:54qui sont sortis en orange
41:55alors que mon père
41:56voulait du bleu
41:56enfin voilà
41:57parce qu'en même temps
41:59les journaux de l'époque
42:00on allait à l'imprimerie
42:01en retard
42:02on sortait comme on pouvait
42:03et ça n'avait aucune importance
42:04de même les planches
42:06on n'imaginait pas
42:07la valeur des planches
42:08qu'elles ont aujourd'hui
42:09moi je me souviens
42:09de Tibet
42:10que vous avez bien connu
42:11il signait dans les salons
42:13des planches
42:14qui avaient disparu
42:15de chez l'imprimeur
42:17en plus
42:18c'était foutu
42:19au pilon
42:19aujourd'hui
42:20il y en a plein
42:21qui ont disparu
42:22des dessins
42:23des one shots
42:23moi j'ai des planches
42:24en A3
42:25A4
42:26découpées
42:27avec des trous
42:28partout
42:28parce que
42:29d'abord
42:30ça n'avait pas
42:31le
42:33aussi
42:34c'était pas
42:35aussi connu
42:36que ça l'est maintenant
42:37et puis bon
42:38les dessinateurs
42:39ne se rendaient pas compte
42:40ils laissaient
42:40les originaux
42:42c'est comme
42:43les cartes Pokémon
42:45aujourd'hui
42:46ceux qui se souviennent
42:47ceux qui ont gardé
42:48qui ont conservé
42:49ça
42:49ils peuvent se faire
42:51gagner beaucoup d'argent
42:52à l'époque
42:53je pense que les dessinateurs
42:55ils laissaient leurs planches
42:57alors
42:57ce qui est important
42:58dans l'oeuvre de Gottlieb
42:59c'est aussi la rubrique à Braque
43:00et c'est vrai
43:01que la rubrique à Braque
43:02c'est né
43:02parce que
43:03Goscinny lui a dit
43:04j'arrête l'anago dossier
43:05et il a eu peur au départ
43:07il a hésité
43:07avant de faire la rubrique à Braque
43:08Marcel Gottlieb
43:09il a même failli
43:10arrêter le journal
43:11il était complètement en panique
43:13moi j'ai retrouvé aussi
43:14une interview de lui
43:14où il dit que
43:15à partir de ce moment là
43:17il a commencé vraiment
43:17à encore moins dormir
43:20déjà qu'il dormait pas beaucoup
43:21et il a eu des velléités
43:23d'arrêter
43:23parce qu'il a été submergé
43:25en même temps
43:27enchanté
43:27de cette proposition
43:29faramineuse
43:29et puis de cette confiance
43:31par cette proposition
43:32que lui accordait René
43:35tu vas voler
43:36tes propres ailes
43:37comme un grand
43:38il n'imaginait pas
43:39que des personnages
43:40comme Isaac Newton
43:41et sa pomme
43:42la coccinelle
43:43ou les brocolis
43:44dans le minestrone
43:44deviendraient cultes
43:45pour une génération
43:46ça c'est évident
43:47qu'il ne l'imaginait pas
43:48une seule seconde
43:49ça correspondait exactement
43:50à ce personnage
43:51Newton
43:51pour lui c'était quelqu'un d'important
43:53parce que Newton
43:53était un personnage très secret
43:54très discret
43:55pourquoi la pomme de Newton ?
43:58alors pourquoi la pomme de Newton
43:59à vrai dire
44:00encore une fois
44:02merci Jacques
44:03je n'en sais rien
44:05mais tous les personnages
44:07finalement pas si secondaires
44:09que ça
44:09qui ont été
44:10dans la rubrique
44:11à braques
44:11par exemple
44:12le professeur Burp
44:13c'était relatif
44:14à son amour
44:15des animaux
44:15et son incapacité
44:17totale
44:17à s'occuper
44:19d'un animal
44:20comme d'un enfant
44:22ne pas savoir
44:23leur parler
44:23leur parler
44:25comme des adultes
44:28nos chats
44:29quand ils se réveillaient
44:30le matin
44:30salut Marius
44:31comment ça va ?
44:32on a eu Marius
44:33Fanny et César
44:34nos trois chats
44:37et Burp
44:38c'était vraiment ça
44:40Newton
44:41ben Newton
44:42j'en sais rien
44:42la gravitation universelle
44:44hormis la vérité
44:45je ne sais pas comment
44:46c'est rentré dans son
44:48je ne suis pas sûr
44:48qu'il le savait non plus
44:49d'ailleurs
44:50je n'en sais rien
44:51il y a aussi
44:51dans ses volumes
44:53dans ses heures complètes
44:54des reproductions
44:56de petits gags
44:57parce qu'il y avait
44:58des volumes de guélurons
44:59en petit format
45:00ce qu'on ne peut pas
45:00imaginer aujourd'hui
45:01oui des poches
45:02oui
45:03les poches sont nées
45:04justement à cette époque-là
45:05les poches en BG
45:07je crois que
45:09les dimensions
45:09étaient toutes petites
45:11je dirais
45:1115 sur 15
45:13quelque chose
45:14comme ça à peu près
45:15effectivement
45:15il y en a eu beaucoup
45:16et alors là
45:17pour le coup
45:17je vous le dis
45:18je les ai achetées
45:18sur Ebay
45:20de 1 à 3
45:21c'est que du Gottlieb
45:23après Dufran
45:24a un petit peu aidé
45:26et il y a énormément
45:28de choses
45:28qui ne sont parues
45:29nulle part
45:31nulle part
45:31et qui sont totalement
45:33unies
45:33parce qu'à l'époque
45:33encore une fois
45:34on n'imaginait pas
45:35ce que ça représentait
45:36exactement
45:36et alors là
45:37les planches
45:38inutiles de vous dire
45:39qu'on ne sait pas
45:40où elles sont
45:40mais probablement
45:41avec lui
45:42quelque part
45:43donc là
45:44c'est effectivement
45:45acheté sur Ebay
45:46scanné en HD
45:48en 600 dpi
45:49et puis Jean-Louis
45:51encore une fois
45:52a restauré ça
45:55et ces recueils là
45:56c'est de l'ultra 4K
45:59en bande dessinée
46:00et puis Gottlieb
46:01a participé
46:02à une révolution
46:03qui sont les actualités
46:04en pilote
46:04à partir de 68
46:06où on traitait
46:07l'actualité
46:07en bande dessinée
46:08ça aussi
46:09c'était un événement
46:11alors oui
46:12et d'autant
46:13ça en était
46:13d'autant plus un
46:15que l'actualité
46:16la politique
46:17et tout ça
46:17à vrai dire
46:18ça l'emmerdait
46:19c'était pas son truc
46:20que ce soit la religion
46:22que ce soit la politique
46:23apolitique
46:24athée
46:24et tout ça
46:24mais bon
46:25il arrivait toujours
46:26à trouver un angle
46:27qui lui permettait
46:28de le tourner
46:31à sa manière
46:32il adorait le calembour
46:34moi je me souviens
46:34des premières interviews
46:35que j'ai faites de lui
46:36chez Philippe Bouvard
46:37Bouvard détestait
46:38la bande dessinée
46:38sauf Gottlieb
46:39parce qu'il y avait sorti
46:41Comment va-tu yot de poil
46:42en anglais
46:43c'est How do you do
46:44Glass-Farbank Junior
46:45voilà
46:45et la suite
46:46Not bad and you
46:47Brunner
46:49ça bad and you Brunner
46:50ça l'a marqué
46:51il faut quand même
46:52l'imaginer
46:52oui oui
46:53et puis après
46:54quand ils ont fait
46:55avec Patrice Lecomte
46:56And my name is Marcel Gottlieb
46:59qui est le petit
47:00enfin le court-métrage
47:01qu'ils ont fait
47:02puisque finalement
47:03Patrice Lecomte
47:05a commencé à pilote aussi
47:09sur papa
47:10et là effectivement
47:11il y a un moment
47:11il rêve
47:12il s'endort
47:13il rêve la nuit
47:14et il est sur scène
47:15devant des millions de gens
47:16avec une poursuite
47:17sur lui
47:18et il y a
47:19How do you do
47:20Glass-Farbank Junior
47:21Not bad and you Brunner
47:23oui c'était
47:24le genre de Calembour
47:25et tout
47:26l'Almana Vermeaux
47:27qu'il écrivait
47:29V-E-R-S
47:30plus loin
47:31M-E-A-U-X
47:32la ville
47:32enfin
47:33ça le faisait marrer
47:34il adorait ça
47:35alors aujourd'hui
47:37je crois qu'il y a une bibliothèque
47:38Gottlieb
47:39que vous avez inaugurée
47:40au Vésiné
47:41oui
47:41enfin
47:42il y avait un
47:43un théâtre
47:46Alain Jaudemann
47:47il y avait un cinéma
47:49Jean Marais
47:49le tout collé
47:50et une bibliothèque
47:52rien
47:53donc
47:54grâce
47:55à quelques personnes
47:56de la mairie
47:56et une femme
47:58avec
47:58que j'aime beaucoup
47:59qui s'appelle
47:59Catherine Politis
48:00qui a initié ça aussi
48:02parce qu'au début
48:03il a été question
48:04d'appeler la place
48:05du marché
48:06des Charmettes
48:07là où on habitait
48:07la place
48:08Marcel Gottlieb
48:09alors là
48:10les noms des rues
48:10et tout ça
48:11ça devient très compliqué
48:11en revanche
48:12la bibliothèque
48:13Marcel Gottlieb
48:14oui ça c'était bien
48:15et vous préparez maintenant
48:16d'autres hommages
48:17sur votre père
48:18Marcel Gottlieb
48:19à plein
48:20le truc c'est que ça ne s'arrête pas
48:21en fait
48:22il y a
48:23beaucoup
48:24beaucoup de choses
48:24sur le
48:26tapis
48:27qu'on va
48:28gérer un peu
48:29au fur et à mesure
48:31et puis
48:33probablement
48:34le jour
48:35des 10 ans
48:36de sa disparition
48:38probablement
48:39quelque chose
48:41ruramait
48:41là où il était
48:42avec sa mère
48:43et sa tante
48:43pendant la guerre
48:44d'où son père
48:46est parti
48:48une plaque
48:48ou quelque chose
48:49comme ça
48:50je suis sûr
48:51que de là-haut
48:51il doit être très fier
48:52de vous
48:52et très fier
48:53que ces oeuvres
48:55complètes
48:55paraissent
48:56et on en est
48:57au deuxième
48:57je ne sais pas
48:58deuxième volume
48:59mais à 68
48:59il y a encore
49:00beaucoup d'années
49:01oui on choisit
49:02toujours
49:02Noël
49:03et puis a priori
49:04la date de remise
49:05du prix Gottlieb
49:06oui
49:06qui a lieu chaque année
49:07qui a lieu chaque année
49:08au Grand Palais
49:10au Festival du Livre de Paris
49:12et on essaie de sortir
49:13effectivement les recueils
49:14à ce moment-là
49:15c'est compliqué
49:16parce qu'il faut
49:16qu'il soit prêt
49:18donc voilà
49:19mais c'est vrai
49:19que c'est chouette
49:21en tout cas
49:22c'est une oeuvre complète
49:23qui fait votre vie
49:26et votre bonheur
49:26parce que c'est une manière
49:27de l'effondre
49:28et de montrer
49:29qu'il est plus que jamais
49:30d'actualité
49:30ah oui
49:31pour moi
49:32il y a un côté
49:34très difficile
49:35parce que
49:35l'affect est si grand
49:37que déjà
49:37je suis très perfectionniste
49:38évidemment
49:39c'est pas mon patron
49:40c'est le patron
49:42mais c'est pas le mien
49:44moi c'est mon père
49:45donc j'ai vraiment envie
49:46d'être à la hauteur
49:47et effectivement
49:48c'est très rageant
49:49pour moi
49:49de me dire parfois
49:50mais qu'est-ce que t'en penses
49:51j'ai tellement envie
49:52de te passer un coup de fil
49:53en tout cas
49:54je suis sûr que
49:54vous êtes à la hauteur
49:55avec ces oeuvres complètes
49:5766 et 68
49:58en attendant la suite
50:00chez Dargo et Flux Glacial
50:01merci
50:02de vous être attaqué
50:03à ce monument
50:04Ariane Gottlieb
50:05et continuez
50:05parce qu'on en a besoin
50:07ah bah j'ai pas l'intention
50:08de m'arrêter
50:08ça tombe bien
50:09les clés d'une vie
50:10c'est terminé pour aujourd'hui
50:11on se retrouve bientôt
50:12restez fidèles
50:12à l'écoute de Sud Radio
50:13Sous-titrage Société Radio
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