00:00Des anciens Waffen-SS comme d'hab.
00:02On connaît leur discours par cœur.
00:04Alors, point de départ, Marc Bloch,
00:06grand historien s'il en est un,
00:08figure du monde des annales,
00:10donc qui a contribué véritablement à renouveler
00:12la pratique historienne en France.
00:13Homme qui, au moment où commence la Deuxième Guerre mondiale,
00:16pourrait décider de ne pas s'enrôler,
00:17mais veut véritablement se battre pour son pays
00:19et qui ensuite fera le choix de la résistance.
00:23Un homme, donc, qui mérite absolument
00:25d'entrer comme symbole de la résistance au Panthéon.
00:28J'ajoute, dans les circonstances,
00:30que depuis les années 90,
00:31il est devenu un symbole pour plusieurs
00:33de cet esprit, de ce patriotisme national républicain.
00:36À une époque où on voulait sacrifier la nation,
00:39plusieurs se sont tournés vers la mémoire de Marc Bloch
00:41pour la faire renaître et dire,
00:45voilà notre symbole.
00:46C'était le cas de, comme Elisabeth Lévy en était,
00:48Joseph Massescaron, des gens qui nous sont familiers,
00:50qui se sont engagés sous son étendard.
00:54Alors, évidemment qu'il y a sa place là.
00:56Mais, qu'est-ce qu'on voit ?
00:58Sa petite-fille, Suzette Bloch, dit,
01:01désolé, donc je reprends la formule,
01:02vous l'avez mentionnée,
01:04on ne veut pas, je ne veux pas que le RN y soit,
01:07le RN, ce sont les héritiers de la Waffen-SS
01:10qui ont assassiné mon grand-père.
01:13Alors, première chose,
01:15le jour où Marc Bloch entre au Panthéon,
01:16il appartient à l'ensemble de la nation,
01:18il n'est pas permis de privatiser le Panthéon
01:21pour qu'une seule partie de la nation dise,
01:22ça c'est à moi, c'est mes héros,
01:24c'est pas les héros de tout le monde.
01:25Par ailleurs, je me permets de rappeler
01:26que le RN, ça prend 40 % des électeurs
01:28des mauvais jours
01:29et peut-être davantage la prochaine étape,
01:31on le verra peut-être.
01:32Est-ce qu'on considère dès lors
01:33que la moitié de la nation
01:34n'est pas la bienvenue,
01:35ou près de la moitié,
01:36ou 40 %, disons,
01:37à un événement de commémoration
01:38qui doit laisser une trace dans l'histoire ?
01:41Par ailleurs, il faudra en finir un peu
01:43avec ce mythe que c'est le parti fondé
01:44par les anciens Waffen-SS,
01:45c'est historiquement faux.
01:46C'est historiquement faux,
01:47c'est un parti infiniment plus complexe
01:49dans ses origines
01:49où il y avait aussi des résistants,
01:51soit dit en passant.
01:52Et par ailleurs, 50 ans après sa fondation,
01:55est-ce qu'on peut cesser de réduire ce parti
01:56à certaines figures liées à ses origines
01:59alors que c'est devenu tout autre chose,
02:00c'est devenu quoi qu'on en pense,
02:01on peut ne pas l'apprécier,
02:02mais le vecteur,
02:03un des vecteurs de la vie démocratique française.
02:05Est-ce que la Suzette Bloch
02:06est en droit de dire
02:08« je ne veux pas ces gens,
02:09vous n'êtes pas les bienvenus » ?
02:10Est-ce que certains ministres
02:11sont en droit de dire
02:11« je comprends qu'on ne veuille pas voir
02:13les représentants de dizaines de millions
02:15d'électeurs en France au Panthéon »
02:17mais par ailleurs,
02:18Mme Suzette Bloch a fait l'essentiel
02:19de sa carrière à l'AFP.
02:21Cela explique peut-être
02:22l'essentiel de son propos.
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