00:00Oui, parce que l'international hypnotise. C'est-à-dire, on voit une guerre et voyant cette guerre, on ne
00:04voit que cela.
00:06Et souvent, nos dirigeants en profitent, je ne dis pas que c'est lié directement, mais pour imposer des réformes,
00:11pour imposer des mesures, pour imposer de la censure.
00:14Alors, ce que je dis dans les circonstances, je ne dis pas qu'elle est instrumentalisée, cette guerre, loin de
00:18là, mais on a le regard ailleurs et on ne voit pas ce qui se passe chez nous.
00:21Or, que se passe-t-il chez nous dans le monde occidental? Nous avons en ce moment une marche forcée
00:26vers la censure un peu partout.
00:28Et je commencerai pour parler de cela par le laboratoire belge, qui est véritablement le laboratoire où s'élaborent les
00:36prochaines mesures de censure, les prochaines mesures répressives du régime diversitaire.
00:40Et nous en parlons d'ailleurs, nous avons la chance sur ces news d'avoir Alain Destex, qui est un
00:44de nos collaborateurs, et qui nous met souvent, qui nous met en garde, qui est un lanceur d'alerte sur
00:49ces questions,
00:49en disant « Regardez ce qui se passe en Belgique, demain, ça vous touchera aussi ». Donc, petite séquence belge
00:55tout récemment. On en a un peu parlé, mais pas assez.
00:58Un journal, le journal 21 News, est sanctionné et condamné, donc par une autorité de déontologie journalistique, pour avoir retranscrit
01:08dans ses pages le discours de G.D. Vance à Munich il y a un an.
01:15Sans l'avoir encadré, sans avoir mis des précautions idéologiques, sans avoir mis des précautions oratoires, sans avoir mis une
01:21forme de préservatif moral pour nous dire « Faites attention lorsque vous touchez à ce sujet ».
01:25Donc, qu'est-ce qu'on reprochait ? C'est le principe du cordon sanitaire. G.D. Vance, puisqu'on
01:30l'a étiqueté à l'extrême droite,
01:31« On ne peut en parler qu'avec un processus de filtre éditorial pour nous dire ce que nous devons
01:37penser de son discours ».
01:38Soit dit en passant, c'est la RTBF, de mémoire, en Belgique, qui, encore une fois, avait diffusé le discours
01:44de Donald Trump en différé,
01:46pour s'assurer de le censurer s'il le faut, au cas où il tiendrait des propos extérieurs au cordon
01:52sanitaire.
01:53Mais ça a été encore plus loin en Belgique tout récemment, à la Foire du livre de Bruxelles.
01:59La Foire du livre de Bruxelles, il y avait un centre, le think-tank du mouvement réformateur,
02:04qui est le parti dit de droite en Belgique, qui est le think-tank, c'est le Centre Jean-Gaulle.
02:09Le Centre Jean-Gaulle était invité chaque année, depuis 25 ans, à présenter un kiosque.
02:14Or, cette fois-là, on décide de ne pas l'inviter sous, avec les méthodes habituels, de la censure indirecte,
02:20j'appelle ça.
02:21Qu'est-ce qu'on dit, ou à la Foire du livre, il y a des menaces antifa.
02:25Puisqu'il y a des menaces antifa, nous préférons ne pas les inviter,
02:28parce qu'il y aura un souci pour la sécurité, un trouble pour la sécurité.
02:34Et là, ça a fait une controverse, pourquoi ?
02:36Notamment parce que le chef du MR, Georges-Louis Boucher,
02:39qui est donc le chef un peu de la droite belge francophone,
02:42qui est, si je peux me permettre, un type assez intéressant à suivre politiquement,
02:45dans la mesure où la vie politique belge nous intéresse,
02:48il faut suivre son parcours, il s'oppose en fait à l'autoritarisme progressiste
02:54que l'on voit au nord de la frontière.
02:56Et il dit, à un instant, nous sommes ici devant une censure, un dédit de démocratie,
03:01et il faut restaurer une pleine liberté d'expression, du moins dans notre pays.
03:05Au même moment où Paul Magnet, Paul Magnet qui est,
03:08c'est une forme de Jean-Luc Mélenchon belge en quelque sorte,
03:11quant à lui, il dit, il y a le cordon sanitaire en Belgique, vous savez,
03:14il faut le rendre poussé encore plus loin pour que, finalement,
03:17il faut créer une institution capable de piloter la lutte contre l'extrême droite
03:22dans l'espace public.
03:23On nomme évidemment extrême droite toute forme de contradiction décomplexée
03:26du régime diversitaire, tous ceux qui remettent en question le récit de la diversité heureuse.
03:30Pourquoi je vous parle de tout cela en ce moment ?
03:32Parce que le laboratoire belge, pour plusieurs, c'est un modèle, c'est un exemple.
03:36Ce qui se passe en Belgique risque de se passer ailleurs.
03:38La France est-elle absolument étrangère à cette tentation de censure ?
03:42Quand je disais qu'il y avait un lien.
03:44La séquence Arcom, une séquence Arcom dont on a peu parlé, mais qui est fascinante,
03:48l'Arcom a mis en demeure, si je ne me trompe pas, CNews,
03:52pour le traitement réservé à l'affaire Crépol.
03:56Donc, l'affaire Crépol, les gens de l'Arcom disent,
03:59vous ne l'avez traité dans un angle éditorial privilégié.
04:02Cet angle éditorial était hégémonique, disent-ils.
04:05Dès lors, nous vous sanctionnons, vous ne devez pas traiter ainsi l'information.
04:10Alors, moi, j'ai deux choses à dire premièrement là-dessus.
04:12Est-ce que l'Arcom est désormais une forme de conseil de rédaction,
04:17de soviet de rédaction généralisée en ce pays,
04:20qui se permettra de dire aux journaux, aux chaînes télé, aux radios,
04:24de quelle manière traiter tel ou tel sujet ?
04:27Est-ce que l'Arcom est en droit de fixer la ligne éditoriale des uns des autres ?
04:30Et surtout, dans les circonstances actuelles,
04:34sachant que sur d'autres chaînes, il y a eu un traitement vrai,
04:37et véritablement, cette fois-là, univoque,
04:40véritablement centré autour d'une seule thèse,
04:41c'était la question du racisme anti-blanc.
04:43Partout, on nous expliquait que le racisme anti-blanc n'existait pas.
04:46Partout, on nous expliquait qu'il n'y avait aucune dimension
04:48liée au racisme anti-blanc dans cette séquence,
04:50que ce n'était qu'un fait divers, certes malheureux.
04:52Est-ce que l'Arcom a décidé de sanctionner ses autres chaînes
04:55ou ses autres lieux d'information ?
04:57Non.
04:57Ce qu'on comprend, c'est qu'en France, aujourd'hui,
05:01il y a une forme de, comment dire,
05:02une belgiquisation de l'Arcom,
05:04qui se comporte à la manière d'un soviète de rédaction
05:07qui dit aux différents médias
05:09de quelle manière ils doivent traiter l'information.
05:11Ça nous rappelle la question fondamentale.
05:13Aujourd'hui, le régime, le pouvoir,
05:16veut reprendre le contrôle du récit médiatique légitime
05:18et refouler à la marge
05:20ceux qui ne reprennent pas des slogans du régime.
05:22Des événements de même nature se sont produits
05:24tout récemment en Allemagne et au Royaume-Uni.
05:26Racontez-nous, Mathieu Bocoté.
05:27Parce que vous voyez que ça se passe partout.
05:29Ça se passe partout.
05:29Je disais, il y a un instant,
05:31que la Belgique sert quelquefois de modèle.
05:32Dans les années 90, si je ne me trompe pas,
05:34au début 2000,
05:35j'espère ne pas me tromper sur les années,
05:37il y avait un parti qui s'appelait le Vlaamsbloc
05:39qui a été interdit en Belgique, en Flandre,
05:43en fait, qui est un parti nationaliste,
05:45conservateur, flamand,
05:46et qui s'est reformé ensuite
05:47sous le nom de Vlaams Belang.
05:48Mais quoi qu'il en soit,
05:49un parti important a été interdit
05:51au nom de la lutte contre le racisme, encore une fois.
05:54En Allemagne, Angela Merkel
05:56en appelle à un cordon sanitaire
05:58contre l'AFD,
05:59qui est le principal parti d'opposition.
06:01Et que reproche-t-elle fondamentalement à l'AFD?
06:04Je cite, alors, c'était dans un entretien
06:08qui est rapporté par Apollo News.
06:09C'est une conversation dans un podcast.
06:11Elle dit,
06:13« Peu importe, on parle du peuple allemand,
06:15peu importe que les gens
06:16et la citoyenneté allemande depuis trois générations
06:18ou seulement depuis quatre jours,
06:19nous sommes le peuple allemand,
06:21le peuple auquel fait référence la loi fondamentale. »
06:24Et que reproche-t-on?
06:25On se comprenne bien.
06:26Il y a une définition du peuple
06:27qui est une définition constitutionnelle.
06:30Si vous vous rappelez qu'un peuple,
06:31ce n'est pas qu'un texte constitutionnel,
06:32mais c'est une culture, des mœurs,
06:34une langue, une identité.
06:36Autrement dit, un peuple,
06:37c'est une entité historique
06:38avec son droit à la continuité historique.
06:40Vous devenez anticonstitutionnel,
06:42vous devenez dès lors factieux,
06:44vous devenez potentiellement d'extrême droite.
06:46Donc, on voit qu'en Allemagne, en fait,
06:47le critère pour extrême-droitiser quelqu'un,
06:50ce n'est pas les espèces d'accusations débiles
06:52comme on serait devant des néo-nazis revendiqués.
06:54Si on est vraiment devant des néo-nazis,
06:56il faut évidemment les sanctionner brutalement.
06:58Mais ce n'est pas de ça dont on parle ici.
06:59On parle d'un parti qui rappelle
07:00qu'un peuple, c'est aussi une culture.
07:02Ça, ça suffit à vous faire extrême-droitiser.
07:04Et maintenant, petit passage,
07:06en Grande-Bretagne, il faut en parler.
07:08Finalement, les Britanniques se rendent compte
07:09que la question de l'islamisme est grave.
07:10Donc, ils proposent une stratégie de cohésion sociale
07:12pour être capable de lutter contre l'islamisme.
07:14Mais au même moment,
07:15presque à la manière d'un égal danger,
07:17ils veulent lutter contre l'islamophobie,
07:19dont la définition consiste globalement
07:22dans nos sociétés s'intègre difficilement
07:24et qu'il faut s'inquiéter de l'islamisation
07:26de nos sociétés.
07:26Donc, on prétend lutter contre l'islamisme,
07:28mais dans les faits, on assimile au racisme
07:30ceux qui s'inquiètent de l'islamisation
07:32de nos sociétés.
07:32Tout ça dans une séquence assez courte
07:35en Europe occidentale aujourd'hui.
07:37Voilà pourquoi, quand on dit
07:38que nous sommes le monde libre, je souris.
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