00:00Ah, vous avez raison. Eugénie Bastier devient en ce moment, malgré elle, un symbole. Il faut raconter l'histoire de
00:05la réaction à sa nomination, à l'annonce de son... pour voir à quel point, en fait, le petit système
00:12est crispé et fanatique.
00:14Donc, on voit d'abord... Eugénie Bastier est nommé. Geste d'ouverture. Nous l'avons salué, si je peux me
00:19permettre, sur ce plateau en disant « Le service public tend la main, cherche à intégrer, dans son émission phare
00:24de la présidentielle, une journaliste brillante, de sensibilité conservatrice ».
00:29Donc, on veut élargir le périmètre de la réflexion autorisée sur le service public. Eh bien, ça n'allait pas
00:34durer comme ça longtemps.
00:3524 heures plus tard, on voit le réflexe de la société des journalistes et de la presse de gauche qui,
00:40globalement, cherche à exécuter, symboliquement, Eugénie Bastier.
00:44On la présente comme très conservatrice. J'aimerais savoir c'est quoi la distinction entre conservatrice et très conservatrice. Question
00:50comme ça.
00:51On ajoute que c'est une polémiste qui a des opinions. Je comprends que les journalistes du service public, eux,
00:56n'ont pas d'opinion.
00:57Il n'y a que si vous avez des opinions marquées « à droite » que vous avez des opinions.
01:02On comprend par ailleurs, parce qu'il faut voir la logique, cette mouvance-là rêve de fermer ces news. On
01:07le sait.
01:08Par ailleurs, cette mouvance-là, au même moment, refuse l'intégration d'une journaliste du Figaro, une des meilleures, sur
01:14le service public à ce moment-là.
01:16Donc, si on comprend bien la logique du parti médiatique dominant, on ne veut pas de ces news, on ne
01:23veut pas du Figaro sur le service public.
01:26À terme, que veulent-ils sinon simplement des miroirs autour d'eux-mêmes ? Ils veulent le monopole du récit
01:31médiatique légitime.
01:33On sait, par ailleurs, qu'au même moment de l'émission, Nathan Devers et Paul Moulin, qui avaient une émission
01:39de débat, c'était quand même deux personnes de gauche, deux gauches dignes.
01:42Qui étaient sur CNews, qui étaient plutôt des gens avec une sensibilité de gauche, les avoir recrutés sur le service
01:47public.
01:48On y avait vu la marque d'une droitisation terrifiante du service public.
01:52Eh bien, ils sont liquidés au bout de quelques mois. Apparemment, l'émission ne fonctionnerait pas.
01:55Je devine qu'on va fermer au même moment toutes les émissions qui ne fonctionnent pas sur France Info.
01:59Franchement, on pourrait fermer la chaîne à ce compte-là. Je ne le souhaite pas. Je vais jusqu'au bout
02:03de leur logique.
02:04Ce que je note au terme de tout cela, c'est que Ginny Bassi est une journaliste intelligente, courageuse, cultivée,
02:09drôle.
02:09Ce n'est pas un détail. Avoir de l'humour de temps en temps, ça fait du bien.
02:12Elle pourrait participer au service public. On cherche à l'en exclure en ce moment.
02:16On la transforme, malgré elle, en symbole. Elle ne veut que faire son travail. On veut s'en débarrasser.
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