00:00C'est bien le risque quand on analyse ce genre de situation,
00:03c'est qu'effectivement des messages de haine soient envoyés à l'encontre de cet enfant
00:09qui n'y est évidemment pour rien, et même de son père.
00:14Ce n'est pas l'objet de l'analyse que l'on peut faire de cette situation.
00:19Je dirais qu'il y a plusieurs éléments qui interviennent.
00:21Le premier est évidemment la question qu'on peut se poser,
00:24de savoir pourquoi une journaliste va interroger un enfant de 8 ans.
00:26Je rappelle qu'à 8 ans, on est en CE1 ou en CE2.
00:30C'est-à-dire qu'on est un petit enfant.
00:32D'un point de vue du stade de son développement cognitif,
00:35il est à peine à l'acquisition des connaissances fondamentales.
00:38Il apprend tout juste à réfréner ses pulsions et à orienter, focaliser son attention.
00:44Et surtout, un élément très très important, c'est que si la pensée rationnelle commence à s'installer,
00:49elle n'en est qu'au début, puisqu'elle va s'installer entre 7 et 11 ans,
00:52et qu'en fait la pensée de cet enfant est une pensée exclusivement concrète
00:56qui ne peut porter que sur une approche très littérale des faits,
01:00c'est-à-dire des choses qu'il a lui-même vécues.
01:02Il n'a aucune capacité à appréhender une analyse, si vous voulez, d'un état mental de quelqu'un d
01:09'autre que lui.
01:10C'est la limite de son développement cognitif.
01:13Donc ça n'a absolument aucun sens de demander à un enfant de 8 ans ce qu'il pense,
01:17de choses qui nécessitent évidemment d'abord un développement cognitif bien plus élaboré,
01:22avoir une capacité de conceptualisation et de prise de distance d'effet.