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Stéphanie Bonhomme, la mère d’Elias, tué à Paris en janvier 2025 était l’invitée de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invitée ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Stéphanie Bonhomme.
00:04Bonjour à vous.
00:04Bonjour.
00:05Vous êtes médecin, chef de service adjointe en médecine vasculaire à l'hôpital Saint-Joseph à Paris.
00:09Vous êtes la maman d'Elias et de deux autres enfants, âgés aujourd'hui de 22 et 25 ans.
00:14Ce matin, vous vous exprimez au nom de toute la famille d'Elias.
00:17Aujourd'hui, alors que le rapport de l'inspection générale de la justice sera rendu au Premier ministre
00:22dans le cadre de la mort de la petite Liana, vous avez choisi de vous exprimer, Stéphanie Bonhomme.
00:26On va écouter avec beaucoup d'attention ce que vous avez à nous dire ce matin.
00:29Vos questions.
00:30Mais vous vouliez commencer tout de suite en disant qu'il y a un mot que vous ne supportez plus
00:33parce que vous l'entendez trop souvent, parce qu'il est martelé à chaque drame.
00:37C'est le mot victime.
00:39Pourquoi est-ce que vous ne supportez plus ça, Stéphanie Bonhomme ?
00:42En fait, je ne supporte plus le mot victime parce que finalement, il est rabaissant et avilissant.
00:49Et en fait, ces enfants qui parlent dans la pédocriminalité, ces enfants qui parlent,
00:55ces femmes qui dénoncent les violences conjugales, finalement, ce ne sont pas des victimes.
01:02Ce sont des super-héros.
01:03Des super-héros.
01:04Des super-héros et des super-héroïnes.
01:06Et quand je regarde toute la famille d'Elias, quand je regarde ces enfants qui continuent à se lever le
01:13matin,
01:13à être à l'heure, à étudier, à travailler, lorsque je nous vois, nous, les parents d'Elias,
01:20et que j'imagine les autres parents, en fait, nous sommes un peuple de traumatisés.
01:27Et pourtant, nous sommes là.
01:30Nous continuons à avancer.
01:32Et ce mot victime, avant, il renvoyait à un peuple d'invisibles.
01:38Et pour moi, aujourd'hui, on est des super-héros parce que, certes, nous mettons parfois un genou à terre,
01:43mais nous nous relevons toujours.
01:46Et donc, le terme super-héros fait que, de la victime invisible, nous passons à un statut d'invincible.
01:55Et visible.
01:56Et visible.
01:57Qui parle et qui prenne la parole, comme vous le faites ce matin, Stéphanie Bonhomme.
02:01Vous préférez ça pour, encore une fois, surmonter le traumatisme et faire quelque chose d'utile de ces drames qui
02:07vous sont arrivés ?
02:10Oui, parce que je pense qu'il faut faire quelque chose de ce que l'on nous a fait.
02:16C'est-à-dire que ce n'est pas de la résilience.
02:18On nous a fait du mal.
02:22Dans notre famille, on nous a pris notre enfant.
02:25On a tué notre enfant.
02:26Et de ça, il faut faire quelque chose qui est un peu le cas des super-héros.
02:32Et cette notion d'invincibilité et de visibilité des victimes, c'est un terme qui a très bien compris le
02:44garde des Sceaux.
02:45Les deux ministres de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, avant et maintenant Laurent Nunez.
02:52Donc, ce statut des victimes qui évolue, eux l'ont parfaitement compris.
02:58Et pour nous, c'est important.
03:00Stéphanie Bonhomme, j'imagine que vous avez une pensée pour la famille de la petite Liana.
03:03Il y a ce rapport qui est rendu aujourd'hui.
03:05On attend ses conclusions, le rapport de justice et de la gendarmerie.
03:09Visiblement, d'après les premières informations, c'est un problème de traitement des plaintes.
03:15Jean Barrella avait plusieurs plaintes pour violer agressions sexuelles.
03:19C'est un enchaînement de faits, un enchaînement de défaillances individuelles qui ont conduit à ce drame.
03:24Vous les connaissez évidemment que trop bien, ces défaillances-là.
03:28Stéphanie Bonhomme ?
03:29Nous les connaissons parce que nous avons nous-mêmes, suite au meurtre d'Elias,
03:36il y a eu une mission de l'Inspection Générale de la Justice
03:41qui a mis en évidence des dysfonctionnements et des carences au sein du tribunal pour enfants de Paris
03:47mais qui a mis aussi en évidence un manque de discernement des décisions des juges des enfants.
03:54Et qu'est-ce qui s'est passé après ce rapport ?
03:56Et là, c'est là où ça devient compliqué.
03:58C'est-à-dire que c'est très bien de demander des rapports.
04:01Mais qu'est-ce qu'on en fait ?
04:02Et en fait, il a fallu que moi, la maire d'Elias, j'envoie des mails au directeur adjoint du
04:12garde des Sceaux
04:13pour savoir quelles sont les mesures correctives apportées.
04:17Plusieurs mails avant d'avoir des réponses.
04:20J'ai envoyé des lettres à Pascale Bruston, qui est la présidente du tribunal pour enfants de Paris
04:26qui par ailleurs au début était juge des enfants
04:28et en plus a eu à connaître et à prendre en charge sur le plan judiciaire les meurtriers d'Elias.
04:35Et ces lettres, je n'ai jamais eu de réponse.
04:38Donc oui aux missions, mais que fait-on de cette mission et de ces missions après ?
04:45Bien sûr.
04:46Et surtout, l'important, c'est que nous, les proches des victimes, on soit au courant.
04:52C'est-à-dire que ce n'est pas à nous de courir après les réponses.
04:55Stéphanie Bonhomme, rappelons que le 24 janvier 2025, Elias, votre fils aîné de 14 ans,
05:00rentrait de son entraînement en foot avec son meilleur ami.
05:03Il a été attaqué à coups de machette par deux individus de 16 et 17 ans
05:08qui avaient interdiction de se voir, qui étaient connus de la justice.
05:12Il lui avait demandé son téléphone, ce qu'il a fait évidemment.
05:16Il est mort terrifié.
05:19Il est mort, je crois, le lendemain d'une hémorragie interne provoquée par ses blessures.
05:23Le premier passage à l'acte de ces deux individus était remonté à l'âge de 13 ans.
05:27Rien n'a été fait pour stopper ce parcours de délinquance, vous dites, aujourd'hui.
05:31Des choses ont été faites, mais des choses qui n'avaient pas de sens.
05:34C'est-à-dire que les mesures judiciaires qui ont été appliquées,
05:38les mesures éducatives judiciaires, ont toujours été les mêmes.
05:43Et aujourd'hui, il est important pour nous de rencontrer ces juges des enfants.
05:49Ça fait la neuvième fois que je prends la parole.
05:52Ça fait la neuvième fois que je sollicite cette rencontre.
05:56Cette rencontre à droit constant,
05:59puisque je travaille avec des juristes et des professeurs de droit,
06:02elle peut avoir lieu.
06:04Et nous, on a des questions qui vont nous permettre de comprendre.
06:09On demande des explications pour comprendre pourquoi la juge des enfants
06:14du 30 octobre 2024,
06:17qui est face à ceux qui vont être les meurtriers d'Elias...
06:22Les meurtriers, présumés.
06:24Présumés.
06:25Lorsqu'elle les voit, elle prononce une interdiction d'entrer en contact.
06:30Moi, j'ai une question.
06:31Or, ils habitaient dans le même immeuble.
06:33Or, ils habitent dans le même immeuble.
06:34C'est un problème.
06:34Lorsqu'on parle de clochardisation de la justice,
06:38je pense que tout juge a au minimum un ordinateur et un téléphone portable.
06:47Ou alors, ils n'en ont pas.
06:49Et là, je tombe de ma chaise.
06:50Mais je pense qu'il est capable...
06:53Enfin, que ces juges sont capables de noter les deux adresses.
06:55Édouard, que c'est le même endroit.
06:56Édouard.
06:57Et si elle ne l'a pas fait, nous aimerions savoir pourquoi.
07:01Et si elle l'a fait, pourquoi le 30 octobre 2024, cette juge pour enfants ne s'est pas dit,
07:08mais depuis toutes ces années, en fait, cette interdiction d'entrer en contact, elle n'a pas de sens.
07:15Donc, ça veut dire qu'on est un an et demi après la mort de votre fils,
07:19que vous n'avez jamais rencontré les trois juges qui ont pris cette décision-là ?
07:22Ils ont toujours refusé de vous rencontrer ?
07:24Alors, en fait, ils ne refusent pas.
07:26Il y a une autre juge, une autre juge des enfants, qui est encore plus impliquée,
07:30puisque elle, elle a eu à les suivre en fin d'année 2023.
07:35Et elle les revoit en novembre 2024.
07:37Donc, cette juge-là, pour le coup, elle sait qu'ils habitent ensemble,
07:42enfin, dans la même résidence.
07:43Elle sait qu'ils ne respectent pas la mesure d'interdiction de rentrer en contact.
07:48Et pour autant, elle ne va pas, elle va les laisser continuer d'aller et venir.
07:55Elle va leur donner une impunité judiciaire.
07:59Et donc, nous, on a besoin de les rencontrer.
08:02Et ce qui est intéressant, c'est qu'on a envoyé des lettres à ces juges.
08:06Et systématiquement, ces lettres sont interceptées par Pémane Gallet-Marzan,
08:12qui est le premier président du tribunal judiciaire de Paris.
08:15Et en fait, c'est lui qui répond aux lettres.
08:18Ce ne sont pas les trois juges en question ?
08:20Ce ne sont pas les trois juges en question.
08:21Donc, on voit bien que la hiérarchie, les hauts magistrats, verrouillent tout.
08:28Peut-être que ces juges, en tout cas, on sait que sur ces trois juges,
08:31il y en a une qui aimerait nous rencontrer.
08:34Mais en tout cas, la hiérarchie verrouille la possibilité d'une rencontre avec les juges des enfants.
08:41C'est une violence de plus qu'on vous fait, Stéphanie Bonhomme, aujourd'hui ?
08:44C'est du mépris.
08:45C'est du mépris de l'institution judiciaire.
08:48C'est du mépris du président du tribunal judiciaire, Pémane Gallet-Marzan.
08:56C'est du mépris de Jacques Boulard, du premier président de la Cour de l'Appel.
09:02Vous y allez là ? Vous donnez les noms ?
09:04En fait, je ne donne pas le nom des juges des enfants, mais par contre, les hauts magistrats, on les
09:11a rencontrés.
09:12Donc, il n'y a aucun problème. Ils le disent eux-mêmes.
09:16Et en fait, il faut comprendre que ces hauts magistrats n'ont pas de courage.
09:24Ils n'ont pas de courage parce qu'ils n'ont pas été capables de prendre la voie de passage
09:29juridique qui existe pour que cette rencontre ait lieu.
09:32C'est-à-dire qu'ils n'ont pas compris le caractère réparateur et humain de cette rencontre.
09:39Et ils ont préféré se draper, vraiment se draper, dans l'avis consultatif du conseil des magistrats de l'ordre
09:52judiciaire.
09:53Et en fait, cet avis n'étant que consultatif...
09:55Vous auriez pu, évidemment, outrepasser ça, là ?
09:57Moi, je l'ai outrepassé.
09:59C'est-à-dire que nous leur avons écrit une lettre en leur disant, nous nous opposons et nous avons
10:05le droit de le faire.
10:06Nous nous opposons à cet avis.
10:09Nous leur avons écrit une lettre la semaine dernière.
10:12Ils ne nous ont pas répondu.
10:14Encore la semaine dernière.
10:16Qu'est-ce que vous attendez de cette rencontre que vous pourriez avoir avec ces trois juges ?
10:19Qu'est-ce que vous leur diriez, Stéphanie Bonhomme ?
10:22Pourquoi est-ce que vous n'avez pas vérifié ces adresses ?
10:24Pourquoi est-ce que ces deux jeunes de 16 et 17 ans étaient en liberté, alors qu'évidemment, ils auraient
10:28dû être sous contrôle ?
10:29Pourquoi ils s'en sont pris à mon fils ?
10:31Pourquoi ils l'ont attaqué à coup de machette ?
10:33C'est ça que vous leur demanderiez ?
10:35Je pense que je les laisserai parler.
10:38Je pense que c'est à elles de nous rendre des comptes et c'est à elles de nous expliquer
10:46les décisions qu'elles ont prises.
10:48Et en fait, nous, encore une fois, nous ne sommes pas là pour les juger.
10:52Nous voulons comprendre.
10:55Nous ne sommes pas là pour les sanctionner.
10:57Et c'est ça qu'ils n'arrivent pas à comprendre.
10:59C'est-à-dire qu'on peut...
11:00Ils sont indépendants du pouvoir politique, de leur hiérarchie, mais ils ne sont pas indépendants des victimes.
11:11C'est un leurre.
11:13En fait, ils ont peur de nous.
11:15Ils ont peur de nous.
11:17De quoi ? De votre souffrance ?
11:18Non.
11:19De vos questions ?
11:20De votre regard ?
11:21De votre jugement ?
11:22Stéphanie Monhomme ?
11:23Ils ont peur de rendre des comptes, tout simplement.
11:27Il y a 8 000 ou 9 000 personnes en France seulement, magistrats, qui ne rendent pas de comptes.
11:32Il y a un conseil supérieur de la magistrature qui rend des sanctions chaque année ?
11:37Vous pensez que ce n'est pas suffisant ?
11:38Non.
11:39Qu'est-ce que vous proposez pour améliorer ce fonctionnement de la justice ?
11:42Vous avez rencontré la sénatrice LR Marie-Claire G et Marie-Claire Carrière G qui va déposer deux propositions de
11:47loi qui sont inspirées par votre combat.
11:49En quoi ça consiste exactement, Stéphanie Monhomme ?
11:52Ce qui est le facteur important qu'elle introduit, c'est que les victimes et les proches des victimes, les
12:00super-héros, doivent avoir accès à l'information judiciaire lorsqu'il y a une infraction pénale commise par les auteurs,
12:09ce qui est finalement déjà le cas, mais ce qu'elle introduit de fondamental, c'est que nous puissions avoir
12:17accès aux antécédents judiciaires.
12:20Ce qui s'est passé avant.
12:21Ce qui s'est passé avant.
12:22Et c'est ce qui va se passer, en fait, malheureusement, dans le décès de Liana.
12:27C'est-à-dire que les parents, je pense que les parents, à un moment donné, vont dire mais quelle
12:33a été la chaîne judiciaire ?
12:35Et aujourd'hui, lorsque nous, on demande à rencontrer ces juges, parce qu'elles seules, ce n'est pas un
12:42intermédiaire, ce n'est pas un médiateur,
12:44ce n'est pas Jacques Boulard et Pémane Gallet-Marzan qui peuvent répondre à cette question.
12:48C'est elles seules.
12:50Et aujourd'hui, ce n'est pas inscrit dans la loi.
12:55Ça pouvait avoir lieu.
12:57Ils ont choisi de ne pas l'appliquer.
13:00Donc, puisque les juges sont la bouche des lois, on va les obliger à rendre des comptes sur les faits
13:10commis par les auteurs et les faits antécédents.
13:13Et ça induirait une faute disciplinaire grave, le manque de respect envers les victimes.
13:17Oui.
13:18Donc, ça amènerait des sanctions.
13:19Oui.
13:20Et ça, c'est vraiment révolutionnaire.
13:22Et ces transpartisans que vous avez reçus, on parle d'une sénatrice salaire, il y a aussi des députés socialistes
13:28qui vous soutiennent ?
13:28Oui. J'ai rencontré la députée Céline Hervieux à l'Assemblée nationale, qui est une députée du Parti socialiste.
13:36C'est une proposition qui est légitime, qui a du sens et surtout qui vise à renforcer les droits des
13:46victimes.
13:47Donc, je pense qu'il n'y aura pas de discussion de blocage.
13:52Je l'espère, en tout cas.
13:53On voit que cette accumulation d'affaires qui concerne des enfants comme le vôtre, je pense évidemment à Liana, je
14:00pense à Lola, je pense à Philippine, a créé une grande colère chez les Français.
14:05Et qui ne s'arrête pas, en fait, qui ne retombe pas.
14:09Est-ce que ça va vous permettre de porter ce combat ?
14:12Est-ce que peut-être le personnel politique va réaliser qu'il y a des failles dans notre système judiciaire
14:18et qu'il faut les combler au plus vite pour protéger nos enfants ?
14:20Est-ce qu'on protège assez nos enfants dans ce pays, Stéphanie Bonhomme ?
14:23Non, je ne crois pas. On ne les protège pas assez. Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, il
14:28n'est pas normal que la société ne protège pas nos enfants et qui plus est, l'institution judiciaire.
14:37Parce que dans plusieurs affaires, notamment les meurtres de Philippine, le viol de Claire Jéromini, c'est des personnes qui
14:47étaient connues de la justice ou qui étaient des OQTF.
14:53Dans le drame que vit la famille de Liana, c'est encore une fois des personnes qui auraient dû être
15:01signalées.
15:02Et donc, il faut qu'il y ait une prise de conscience. J'espère que cette prise de conscience, elle
15:06va être rapide.
15:08Sinon, les différents candidats à l'élection présidentielle devront s'emparer de ce sujet parce que c'est un sujet,
15:19effectivement, qui est primordial et viscéralement important pour les Français.
15:25On le voit dans la colère qui s'exprime, qui est une colère très, très forte.
15:31Stéphanie Bonhomme, on est près d'un an et demi après la mort d'Elias. Comment est-ce que vous
15:35tenez debout encore ?
15:36Est-ce que c'est ce combat que vous menez en son nom qui vous fait tenir debout ? Est
15:40-ce que vous n'êtes pas épuisée par ce combat ?
15:43Comment vont vos enfants, vos aînés ? Comment allez-vous ?
15:48C'est douloureux de voir ces enfants vous dire « j'en ai marre de la vie ».
15:58C'est douloureux d'être au cimetière et de voir arriver l'amoureuse d'Elias, sa première amoureuse qui vient
16:07se recueillir devant lui, devant sa sépulture.
16:12C'est douloureux de voir ces enfants et ces cousins qui souffrent.
16:18Néanmoins, ils restent droits.
16:21Et en ce qui concerne ma dignité et mon calme…
16:26Vous êtes très digne et très calme.
16:28Je pense qu'elle est en miroir de la laideur et de la cruauté des meurtriers d'Elias.
16:35Et qu'elle est en miroir de la laideur et de la condescendance de Jacques Boulard.
16:41J'aimerais raconter cette scène, si vous me permettez.
16:44Qui est Jacques Boulard ?
16:45Jacques Boulard, le premier président de la Cour d'appel de Paris.
16:48J'aimerais raconter en quelques minutes cette scène.
16:51Nous sommes le 19 décembre.
16:53Nous sommes dans le bureau de Jacques Boulard, en présence de Péman Galé-Marzan et de mes avocats.
17:00Au bout de deux heures et demie de discussions assez stériles, je regarde Jacques Boulard et en fait je lui
17:08tends la main.
17:09Et je lui dis, c'est la main d'Elias que nous vous tendons, à vous les magistrats du siège.
17:18La défiance envers la magistrature est complète.
17:22Ce que je vous propose humblement, c'est de prendre la main d'Elias et que cette rencontre avec les
17:30juges des enfants ait lieu pour rétablir aussi la confiance avec l'institution judiciaire.
17:37Et en fait, je lui tends la main, la main d'Elias, et je lui dis qu'Elias devrait être
17:45un trait d'union entre notre famille, les victimes, le peuple français et l'institution judiciaire.
17:54Et à ce moment-là, il lève les yeux au ciel et répète pour la dixième fois, nos règles nous
18:04contraignent.
18:05Alors voilà, Jacques Boulard est un haut magistrat, mais c'est un petit homme, et je suis capable de le
18:12dire aujourd'hui.
18:13C'est un petit homme, et moi je m'appelle Stéphanie Bonhomme, je viens d'une lignée d'hommes bons.
18:21Et face au manque d'humanité, au manque de respect, au manque de dignité de Jacques Boulard,
18:38face à cette incapacité à saisir la main d'Elias, nous la famille d'Elias, nous demandons sa démission.
18:47Et il est le bienvenu sur nos antennes, s'il veut répondre à ce que vous dites ce matin, Stéphanie
18:51Bonhomme.
18:51Un dernier mot concernant la justice, on est un an et demi après les faits, est-ce qu'il y
18:56a un procès prévu pour les deux agresseurs présumés de votre fils ?
18:59Est-ce qu'il y a une date ? Est-ce que vous savez ce qui se passe côté judiciaire
19:02pour eux ?
19:02Oui, l'ordonnance de mise en accusation a été rendue par la juge d'instruction, et nous attendons la date
19:08du procès.
19:09Est-ce que c'est important ce procès ? Vous l'attendez ? Il sera une forme de réparation ?
19:13Non, il n'y aura jamais de réparation. Nous ne pardonnerons jamais aux meurtriers d'Elias d'avoir pris la
19:25vie de notre enfant.
19:27Nous ne leur pardonnerons jamais de l'avoir empêché de grandir, d'être ce qu'il devait être.
19:34De l'avoir terrifié ?
19:35De l'avoir terrifié, d'avoir terrifié son ami. Il n'y aura jamais de pardon de notre part, et
19:42de la même façon, nous ne pardonnerons jamais aux magistrats de ne pas avoir eu le courage d'organiser cette
19:52rencontre avec les juges des enfants.
19:54Merci beaucoup Stéphanie Bonhomme d'être venue ce matin pour ce message si fort et si digne en mémoire d
20:00'Elias.
20:00Bonne journée à vous sur CNUS et sur Europe 1.
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