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Le président-directeur général de coopérative U, Dominique Schelcher était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Européens, c'est Dominique Schacher.
00:04Bonjour à vous, bienvenue.
00:05Bonjour Laurence Ferraille.
00:06Vous êtes le PDG de Coopérative U.
00:08On va parler évidemment de pouvoir d'achat.
00:10La principale préoccupation des Français, d'abord les carburants, si vous le voulez bien.
00:14Elles continuent cette crise de peser lourdement sur le porte-monnaie des Français.
00:18Il y a eu certes une baisse la semaine dernière, mais le prix du baril est remonté lundi.
00:22Alors vous êtes en première ligne.
00:23Qu'est-ce que vous avez constaté dans vos stations Essence ?
00:26Est-ce qu'il y a une baisse de la consommation qui se confirme ?
00:28Les Français ont complètement changé de comportement avec la voiture parce que l'impact est très fort.
00:33Il y a une étude qui est parue il y a quelques jours et l'AB qui disait, ils ont
00:38interrogé les Français.
00:39Pour eux, l'impact en moyen par mois, c'est 121 euros par mois.
00:43C'est énorme.
00:44Sur la hausse des prix du carburant ?
00:45Rien que par la hausse des carburants, c'est 121 de plus qu'avant la crise.
00:49Donc c'est énorme.
00:50Donc les Français ont changé de comportement.
00:52Ça s'est traduit au mois de mai, le chiffre est tombé avant-hier par moins 18% de consommation
00:59chez nous.
01:00Donc les gens roulent moins.
01:02Quelqu'un me disait, vous savez, d'habitude, on était à l'aise avec ma famille, les ponts du mois
01:07de mai, on en faisait deux, voire trois.
01:09Cette année, on n'en a fait qu'un.
01:11C'était trop cher.
01:12Les gens arbitrent et décalent et font, par exemple, du covoiturage, beaucoup, et ce déplacement.
01:19Il y a beaucoup d'enseignes, Dominique Schellcher, qui lancent des promotions pour attirer les clients.
01:23Total Énergie a prolongé le plafonnement des prix.
01:26Et vous, est-ce que vous avez prévu des gestes spécifiques pour vos consommateurs ?
01:29On est quasiment à prix coûtant depuis le début de cette crise.
01:32Parce que c'est un produit d'appel, on a très peu de marge.
01:34Notre obsession, c'est d'avoir le bon prix parce que les gens comparent.
01:38Les consommateurs, au quotidien, ils ont des applis, ils comparent, ils vont au moins cher.
01:42Donc, de toute façon, si vous n'êtes pas au moins cher, vous perdez des clients.
01:46Vous êtes sanctionné.
01:48Total Énergie, à contrario, lui, maîtrise sa chaîne et peut baisser son prix et plafonner.
01:53Voilà, c'est une posture et une position un peu différente de la nôtre.
01:56Il y a un document administratif qui date d'avril, qui a montré à quel point les distributeurs avaient augmenté
02:01leur marge brute
02:03depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
02:04Marge de 30 centimes par litre, disait ce document au début d'année.
02:08Ça provoquait la fureur de la grande distribution.
02:10Votre collègue Alexandre Bampard, notamment, il dit que c'est un document biaisé.
02:13Et il pointe du doigt le bénéfice, non seulement des raffineurs, mais bien sûr de la fiscalité qui pèse sur
02:17le carburant.
02:17Qu'est-ce que vous dites, vous ?
02:18Mais tout à fait.
02:19Et c'était une vision brute d'avant, après, uniquement sur le gasoil.
02:24Les autres carburants n'avaient pas bougé.
02:26Pour, au final, deux mois plus tard, entendre la porte-parole du gouvernement Maude Bréjon dire
02:30« Il n'y a pas de marge abusive dans la grande distribution. »
02:33Donc, eux-mêmes l'ont dit.
02:35Donc, ce rapport était une fausse piste pour nous faire passer, une fois de plus, je dirais, pour des boucs
02:41émissaires.
02:42Et des profiteurs de crise, une fois de plus.
02:43Et des profiteurs de crise.
02:45Alors, nous, on a cessé d'expliquer ce que je viens de vous dire, le prix d'appel, le produit
02:50d'appel, etc.
02:51Et puis, ça n'a pas suffi.
02:52Mais, au final, ils l'ont dit et on n'en entend plus parler aujourd'hui.
02:55Bercy organise aujourd'hui une réunion avec les distributeurs, vous représentant Iseron.
02:59Qu'est-ce que vous voulez faire passer comme message ?
03:02Qu'est-ce que vous demandez, vous, sur les carburants spécifiquement ?
03:05Alors, ce sont des réunions de suivi de points entre tous les acteurs pour faire le point de la situation.
03:10La première chose, c'est un échange d'informations, de savoir s'il y a une visibilité.
03:14Mais la visibilité, tant que le conflit n'est pas réglé, elle est compliquée.
03:18Donc, pourquoi la petite bonne nouvelle ?
03:20Et vous l'avez dit, c'était une baisse la semaine dernière parce que les nouvelles étaient plutôt bonnes.
03:23Et le baril est passé sous la barre des 100 dollars.
03:26Il y est toujours, d'ailleurs.
03:28Mais, lundi, quand on a compris qu'il n'y avait pas de résolution du problème, il est remonté.
03:32Donc, on vit au jour le jour.
03:33Ça, c'est le premier point.
03:34Le deuxième point, c'est le sujet de la disponibilité.
03:37Y a-t-il un risque dans les semaines qui viennent ?
03:39De pénurie.
03:40De pénurie.
03:41Ça n'est absolument pas le cas.
03:42Moi, je n'ai aucune information sur un risque de pénurie.
03:46Et il faut en plus avoir en tête qu'en France, on a des réserves stratégiques
03:50qui permettraient, au cas où, même si un des carburants venait à manquer,
03:54de débloquer ces fonds stratégiques pour tenir plusieurs semaines.
03:57Donc, pour l'instant, à ma connaissance, pas de risque à ce niveau-là.
04:00Il y a eu des aides qui ont été annoncées, un peu renforcées par le gouvernement,
04:05qui sont passées 3 millions de travailleurs modestes, grands rouleurs, de 50 à 100 euros.
04:09Vous l'avez noté, ça, ça a impacté la consommation ou pas du tout ?
04:12Ça a zéro impact chez vous ?
04:14Pas réellement, puisque la consommation est en baisse en volume.
04:18Mais ceux qui sont concernés, je crois que ce sont 500 000 personnes,
04:21après l'ouverture du site, qui se sont mobilisées.
04:23Évidemment, ça les aide.
04:24Et moi, je plaide depuis le début pour des aides ciblées aux plus grands rouleurs,
04:29aux infirmières qui ont besoin de leur voiture tous les jours.
04:31Et c'est, je pense, comme ça qu'il faut aider ceux qui en ont besoin.
04:35Donc, pas de bex général de la TVA, pas de blocage des prix.
04:39C'est pas ce que vous réclamez, vous, Dominique Schellcher ?
04:41Non, parce que là, c'est le chef d'entreprise aussi qui parle,
04:44qui connaît le déficit public de la France,
04:46qui sait que notre marge de manœuvre est limitée,
04:49qui sait que la dernière fois qu'on a fait une opération pour tout le monde,
04:52ça nous a coûté 7 milliards.
04:54Je pense que 7 milliards pour tout le monde, on n'en a pas les moyens.
04:57Donc, oui, l'orientation d'aider ceux qui en ont le plus besoin
05:00est la bonne à court terme.
05:02Après, voilà, peut-être qu'il faudra s'adapter.
05:05Si la situation dure, il faudra s'adapter.
05:08Mais l'exécutif est catégorique, donc il n'a plus les moyens.
05:10C'est ce que vous venez de nous dire de financer le quoi qu'il en coûte.
05:13Est-ce que ça fait plonger la consommation au plan général ?
05:15Est-ce qu'il y a les recettes fiscales qui ne rentrent pas d'un côté ?
05:18Et est-ce que ça fait plonger la consommation ?
05:21Plonger véritablement sur l'ensemble, non.
05:23Mais il y a un fort attentisme.
05:24Il y a un fort décalage pour un certain nombre de gens
05:28et les consommateurs arbitrent.
05:30Donc, concrètement, la semaine dernière, il faisait beau.
05:34Il y avait la fête des mères, qui est une fête vraiment emblématique.
05:37Les gens ont envie de se réunir en famille.
05:39Il y avait une ambiance un peu sportive.
05:41Tout ça était des ingrédients qui ont fait que la consommation était très forte.
05:44Elle a été bonne aussi au premier trimestre, mais uniquement sur l'alimentaire.
05:48Uniquement sur l'alimentaire.
05:49C'est-à-dire qu'on se concentre sur l'essentiel, sur le repas, sur l'assiette, sur les moments
05:54de convivialité en famille.
05:56Et tout le reste est très, très arbitré.
05:58Donc, acheter évidemment une télé, mais même acheter un salon de jardin, il faisait très beau.
06:03On a vendu très peu de salons de jardin la semaine dernière.
06:05Je pense que les gens repoussent ce type de dépenses.
06:11Parce que, soit ils n'en ont pas les moyens.
06:14Je rappelle que 4 Français sur 10, actuellement, se serrent la ceinture.
06:18Ils sont 4 sur 10.
06:19Ou d'autres se disent, je ne sais pas de quoi l'avenir est fait.
06:22Il y a cette guerre.
06:23Il y a aussi la présidentielle, elle est dans la tête des gens.
06:26Déjà, en disant, il y aura peut-être des décisions qui vont nous contraindre.
06:30Est-ce que les impôts vont augmenter dans un an ?
06:33Donc, il y a des gens qui disent, on met de l'argent de côté.
06:35Dominique Schelcher, vous disiez qu'il y a eu une petite pic de consommation sur le week-end de la
06:39fête des mains.
06:39Qu'est-ce qui a été privilégié, par exemple, dans les produits qui ont été achetés alimentaires ?
06:43Alors, un boom complet des fruits et légumes.
06:45Et ça, c'est une bonne nouvelle parce que ce sont des produits sains.
06:47Je vais vous dire, on n'a même pas trouvé assez de camions pour aller chercher dans le sud
06:52tous les fruits et les légumes qu'on commandait dans le nord.
06:55On a eu des difficultés.
06:56Il y a eu quelques ruptures dans les magasins parce qu'il n'y avait plus assez de transport.
07:00Les glaces, énormément.
07:01La semaine dernière, il y avait des ruptures aussi.
07:03Et tout ce qui était pour le barbecue, la viande et tous les produits de saison.
07:08Voilà.
07:08Donc, non, non.
07:09Les Français, en même temps, ils sont inquiets.
07:12Et à ces moments-là, ils cherchent un peu à se faire plaisir dans la cellule familiale avec les amis.
07:17Il y a aussi l'inflation, le sujet de l'inflation.
07:19En France, elle augmente 2,8% pour l'instant.
07:24On prévoit même pour certains, Michel-Édouard Leclerc, que ça pourrait monter à 4% d'ici la fin d
07:29'été.
07:29Est-ce que vous craignez que cette inflation soit durable ?
07:31Et évidemment, quel impact a encore la consommation ?
07:33Je ne comprends pas la position de mon confrère Michel-Édouard Leclerc à dire que ça va être 4%
07:39à la fin de l'été.
07:39Moi, je n'ai aucun signal que ça puisse être à ce niveau à la fin d'été.
07:44Il n'y a, à date d'aujourd'hui, aucun impact de la guerre en Iran sur les prix dans
07:48les magasins.
07:49L'inflation qui est...
07:50Sur aucun produit ?
07:51Sur aucun produit.
07:52Il y a un impact, comment dire...
07:55Enfin, l'inflation est due à la hausse de l'énergie et des carburants.
07:59Uniquement ça.
07:59Mais pas des produits alimentaires pour l'instant.
08:02Et je pense que les gens ont plutôt constaté des baisses ces derniers temps,
08:05qui sont le résultat de nos négociations commerciales.
08:07Les produits de droguerie, parfumerie, hygiène ont baissé.
08:10Les produits à base de blé ont baissé.
08:12Il n'y a que la viande ou les œufs, par exemple, qui ont pu augmenter encore un peu pour
08:16des questions de...
08:17Protéines pas chères, voilà.
08:17Oui, voilà, et des questions de pénurie.
08:19On manque d'œufs actuellement.
08:20Donc, quand le marché est tendu, il y a des petites hausses.
08:23Donc, vous ne comprenez pas qu'on sonne l'alerte et qu'on veut faire peur aux Français ?
08:26C'est ça que vous nous dites ?
08:27Je ne comprends pas.
08:29Je n'ai pas de signe pour dire ces 4%.
08:31Bien sûr que si le conflit dure, le gouvernement va sans doute de nouveau nous réunir.
08:37Pour l'instant, vous traitez les situations au cas le cas.
08:40Mais il n'y a pas de réouverture des négociations qui laisseraient craindre une augmentation des prix généralisés.
08:44Et je vais vous dire, tout notre boulot, c'est d'essayer de tout faire pour que ça n'arrive
08:48pas.
08:49De prendre les camions qui livrent nos magasins, ça nous coûte tous les jours plus cher.
08:53Mais on prend sur nos marges, pour l'instant, et on ne veut pas le faire payer aux consommateurs, qui
08:58n'en a pas les moyens.
08:59Dominique Schelcher, vous parlez des négociations commerciales.
09:01Vous étiez engagé à être un rempart contre la hausse des prix.
09:04Est-ce que les industriels, de leur côté, veulent à nouveau réouvrir ces négociations ?
09:09La FNSEA le demande aussi.
09:11Est-ce que vous allez dire OK ou pas ?
09:12Il y a des requêtes, mais pas du tout au même niveau qu'au moment de la guerre en Ukraine.
09:17Au moment de la guerre en Ukraine, c'était des dizaines, voire des centaines de millions d'euros de hausse
09:21qui étaient demandées très vite au bout de deux mois.
09:24Là, on n'en est pas du tout dans ces proportions-là, donc on dialogue, on discute avec un certain
09:28nombre d'industriels.
09:29Il y aura des endroits, peut-être, il y aura des hausses ponctuelles, mais je ne vois pas le 3
09:33ou 4%.
09:34Et vous ne voyez pas de réouverture des centaines commerciales ?
09:36À court terme. Non, le gouvernement surveille, et je pense que la prochaine échéance importante sera sans doute la rentrée.
09:43Mais il faut que ce conflit se règle, quoi.
09:45Oui, mais ça, ça ne dépend pas du tout de nous.
09:48Un mot de ce rapport sénatorial, adopté le 19 mai dernier dans le cadre de la commission d'enquête
09:53sur la grande distribution qui pointe le doigt que vous faites des marges démesurées.
09:57On voit que vous êtes vraiment le bouc émissaire sur de nombreux sujets.
10:01Il y aurait, encore une fois, sur 100 euros dépensés par les consommateurs, 40 euros reviendraient.
10:07Vous reviendrez contre 8 euros pour les agriculteurs, 14 euros pour les industriels.
10:10Vous infirmez ces chiffres. Qu'est-ce que vous en dites, Dominique Schellcher ?
10:13Je m'inscris totalement en faux face à ce chiffre-là précis.
10:17Et c'est pour ça que je dis que...
10:19Rapport sénatorial.
10:20Je sais bien, je respecte au plus haut point, bien sûr, le travail des parlementaires.
10:24Mais je regrette, comment dire, l'instrumentalisation de certains chiffres
10:29qui font croire aux Français, à nos clients, aux consommateurs,
10:34qu'on se mettrait 40% de la valeur dans la poche, dans la chaîne alimentaire.
10:37Ce n'est pas du tout ça.
10:38Déjà, là, on ne parle pas de marge, mais de valeur ajoutée.
10:42En plus, c'est une valeur ajoutée agrégée.
10:44Là-dedans, il y a la restauration, les grossistes, les commerçants en général
10:47et la grande distribution.
10:49Si c'est que nous, c'est 9%.
10:50Et ce n'est pas du résultat final.
10:52C'est la part qui va dans la chaîne de valeur à la grande distribution.
10:57Mais là-dessus, on a des charges à payer.
10:59Et au bout du compte, il nous reste sur 100 euros, 2 euros.
11:03100 euros, 2 euros.
11:042 euros, c'est 2% de résultats nets.
11:06Donc, vous voyez, c'est cette forme-là que je regrette d'avoir jeté en pâture un chiffre
11:10dont tout le monde me parle, tous les journalistes, et vous le faites vous aussi ce matin,
11:14qui laissent penser qu'on a qu'à part une valeur.
11:17Ça n'est pas la réalité.
11:19Et là où c'est très fort aussi, c'est que d'écrire le compte d'exploitation d'un magasin,
11:25je l'ai fait devant la commission parlementaire.
11:28Il y a des vidéos qui circulent, qui ont été reprises ces derniers temps.
11:31On n'a pas été écoutés là-dessus et on dit encore des chiffres énormes comme ça.
11:35Je le regrette.
11:36Et vous inscrivez en faux, évidemment.
11:38Il y a aussi dans ce rapport une dénonciation des méthodes de négociation
11:42qui auraient recours à la menace, l'intimidation, la contrainte sur vos fournisseurs.
11:46Est-ce que ce sont les méthodes que vous employez ou pas du tout ?
11:50Écoutez, c'est des exemples, je pense, excessifs.
11:53Bien sûr, tout n'est pas parfait et on revient de loin dans la grande distribution.
11:56Mais ce qui se pratique aujourd'hui n'a rien à voir avec ce qui se pratiquait il y a
12:0120 ans, 15 ans peut-être.
12:03Je pense qu'on a beaucoup progressé.
12:04Je pense qu'il y a encore des choses à améliorer,
12:07mais qu'on est loin un peu de la caricature totale qui a été faite.
12:12On est présenté comme des monstres.
12:13Et je vais vous dire, moi j'ai 1200 patrons derrière moi indépendants.
12:17Quand ils ont entendu ça, quand ils connaissent leur quotidien,
12:21ce qu'ils vivent dans les territoires de France,
12:23ils se sont dit mais ce n'est pas possible, ce n'est pas nous, ce n'est pas comme
12:26ça.
12:26Et voilà, donc oui, il y a des choses à améliorer, bien sûr.
12:31On ne cesse de les améliorer, mais on n'est pas dans cette caricature totale et unique dans ce sens
12:38-là.
12:38Et il y a encore un collectif de responsables de grandes enseignes,
12:41soi-disant de supermarchés et de grands étudiants industriels,
12:44qui auraient publié anonymement, bien sûr,
12:46un rapport dans lequel ils dénoncent les pratiques de leur propre secteur.
12:49Donc la grande distribution baisserait les marges sur les produits emblématiques,
12:54mettons Coca, bière, Nutella, pour se rattraper sur les produits bio et qualité.
12:58Qu'est-ce que vous dites là encore ?
12:59Là, on veut changer le marché.
13:03Ce n'est pas nous qui avons un jour décidé de vendre le Coca-Cola sans marge
13:08et un peu plus de marge sur certains produits frais.
13:10Le marché s'est stabilisé comme ça.
13:13Et donc, je comprends les lanceurs d'alerte, ils disent oui, changez vos pratiques.
13:16Et parfois, les lanceurs d'alerte, comment dire, nous titillent
13:20et nous poussent à changer de comportement.
13:22Mais changer le marché qui s'établit comme ça en France,
13:27mais dans le reste du monde aussi, on ne va pas pouvoir le changer tout seul.
13:31Et si les gens en face nous disent, mais oui, mais changez tous vos pratiques en même temps,
13:35ça, ça voudrait dire que c'est de l'entente.
13:37Et ça, c'est strictement interdit en France.
13:39Donc, on ne peut pas contraindre le marché.
13:42Je sais que certains en rêvent, mais ça n'est pas possible.
13:45Dominique Schellscher, on est sur CNews et sur Europe 1.
13:47Hier, l'Assemblée nationale a largement adopté la loi d'urgence agricole.
13:50Troisième texte sur l'agriculture, examiné en moins de trois ans,
13:54avec notamment l'allègement des normes sur l'élevage, la gestion de l'eau,
13:58la souveraineté alimentaire, la problématique des loups,
14:00ou encore le revenu des agriculteurs.
14:01Vous dites Banco pour cette nouvelle loi d'urgence agricole ?
14:05Écoutez, elle est nécessaire pour le monde agricole,
14:07qui est dans notre chaîne, le maillon aujourd'hui, fragilisé.
14:11Donc, il faut l'aider.
14:12Cette loi a été très attendue.
14:13Donc, il y a plein de choses positives pour eux.
14:16Et c'est tant mieux.
14:16Bien sûr, il faut avancer.
14:17Nous, on est soutien depuis la première heure de la loi EGalim.
14:21Mais il faut parfois juste un peu de l'équilibre
14:24et particulièrement défendre avant tout l'agriculteur.
14:28Et parfois, dans ces lois, se glissent des choses.
14:30Pour d'autres acteurs, c'est là où on est vigilant.
14:33Mais elle va dans le bon sens.
14:34Il y a aussi la question du revenu des agriculteurs.
14:37Quelques amendements.
14:38LFI ont été adoptés, avec l'appui d'ailleurs du Rassemblement national,
14:41pour instaurer des prix planchers dans les négociations commerciales
14:44entre agriculteurs et industriels.
14:45Est-ce que vous y êtes favorable ?
14:47Les prix planchers, non.
14:49Parce que ça, c'est anti-marché, anti-équilibre du marché.
14:53Donc là, il faudra voir de quelle façon le texte va aller au bout.
14:57Parce que c'était le premier vote cette semaine.
15:00Les prix planchers ont toujours démontré, par le passé,
15:03que ça déséquilibrait le marché, que ça ne fonctionnait pas dans la durée.
15:07Donc là-dessus, je suis beaucoup plus prudent.
15:09Aider, continuer à améliorer et galime, parce qu'il y a encore des choses à faire là-dessus, oui.
15:15Mais le prix plancher n'a jamais en réalité fonctionné.
15:18Dominique Schellcher, le Mercosur est entré en vigueur le 1er mai dernier.
15:21Je me rappelle que vous étiez là sur ce plateau il y a quelques semaines en disant
15:23que vous ne commercialiserez pas dans vos supermarchés de la viande ou de la volaille,
15:28issu de cet accord.
15:30Promesse tenue ?
15:30Je vous le reconfirme, et c'est le cas à date d'aujourd'hui.
15:34On a été très vigilants et on continue à être très vigilants.
15:36Il n'y aura pas de ces produits-là dans nos rayons.
15:39Voilà, je reconfirme.
15:40Même si des groupes très forts, brésiliens, pratiquent des prix ultra compétitifs,
15:45ça ne sera pas dans vos rayons ?
15:46Non, parce que le grand danger actuellement,
15:49quand il y a une tension sur le pouvoir d'achat comme ça,
15:51c'est effectivement les importations.
15:53C'est clair et net.
15:53Nous, on continue à défendre l'origine France.
15:56J'appelle même les Français à voir ce que j'appelle le réflexe origine France.
15:59Quand vous achetez un produit, une plaquette de beurre,
16:02une boîte d'œufs ou le fameux émental râpé,
16:07tournez le produit et vérifiez s'il est d'origine France ou pas.
16:10Et s'il ne l'est pas, ne l'achetez pas.
16:12C'est la meilleure façon quotidienne de soutenir nos agriculteurs.
16:15Un dernier mot concernant les salaires.
16:17Le SMIC a été revalorisé de 2,4% face à l'inflation au 1er juin.
16:21Est-ce que c'est une hausse qui vous semble suffisante ?
16:24Certains partis politiques veulent aller plus loin,
16:26déposer une proposition de loi pour indexer les salaires et l'inflation.
16:30Écoutez, l'augmentation des salaires est importante
16:32par rapport au sujet du pouvoir d'achat.
16:35Et pour aider les Français face à des charges contraintes
16:37qui sont de plus en plus lourdes,
16:39pour moi, la plus grande chose à faire,
16:41peut-être dans le cadre de la présidentielle 2027,
16:43c'est de réduire l'écart entre le brut et le net.
16:48Aujourd'hui, un Français touche 52% de ce qu'on appelle super brut.
16:53Donc, le salaire, toutes charges comprises, c'était 70% il y a 50 ans.
16:57On fait trop porter au travail, au travail, le coût de la protection sociale,
17:02des retraites, ça n'est plus possible comme ça.
17:05Alors, comment on fait ?
17:05On trouve des économies ailleurs pour réduire les charges sur les salaires.
17:10Et nous, on s'engage, patron, en tout cas chez nous, à augmenter les salaires.
17:13Ça, c'est une piste fondamentale.
17:15C'est revaloriser les salaires et redonner aussi de l'espoir
17:19aux jeunes qui arrivent sur le marché du travail
17:21et pour qui, parfois, les salaires sont un peu trop justes.
17:24Donc, ça veut dire baisser les charges patronales, on est d'accord ?
17:27Absolument, absolument, en faisant des économies ailleurs.
17:29Et nous, on s'engage, en baissant ces charges,
17:31à le répercuter sur une hausse de salaire.
17:33Des économies sur quoi, par exemple ?
17:35Qu'est-ce que vous proposez, Dominique Schoelcher ?
17:36Je pense que, dans la protection sociale, il y a des pistes à trouver.
17:41Tout le monde sait qu'il y a une question sur les retraites,
17:44qu'il faudra retravailler.
17:45Voilà, donc ça, ça appartient plus aux hommes politiques.
17:47Et les jeunes, vous avez raison, ils sont très impactés par le chômage.
17:51Seigneurs aussi, et je rappelle qu'on est seigneurs à 55 ans dans ce pays.
17:54Tout à fait, et au-delà de la revalorisation, en 2027,
17:57il faudra redonner une vision, un projet aux jeunes
18:00qui en manquent terriblement en ce moment, quand on dialogue avec eux.
18:03Et quand vous avez vu ce qui s'est passé ce week-end,
18:05les violences liées à la victoire du PSG,
18:08vous vous dites que c'est une jeunesse en déshérence,
18:10c'est une jeunesse qui n'a plus de but, qui n'aime plus son pays ?
18:13Une partie, évidemment, ne va pas globaliser.
18:16Nous, en tout cas, vous savez, ce qui me frappe,
18:18c'est beaucoup de parents qui nous disent ces derniers temps,
18:20bon, moi, ma vie est faite, mais je suis très inquiet pour l'avenir des jeunes.
18:23Et donc, les jeunes se posent plein de questions.
18:25Un, le salaire.
18:25Deux, comment je paye un logement ?
18:27Je n'y arrive pas sans l'aide de mes parents.
18:29L'intelligence artificielle, comment va-t-elle impacter ma vie professionnelle ?
18:33À tous ces sujets-là, il faudra apporter des réponses fortes l'année prochaine.
18:38Sinon, on va perdre une partie de la jeunesse.
18:39Donc, c'est un appel au candidat que vous lancez aujourd'hui, depuis que je suis là.
18:42Mais absolument, parce que, voilà, c'est le résultat du dialogue qu'on a avec nos consommateurs.
18:48Les gens se posent beaucoup de questions, beaucoup d'attentes par rapport à ce 2027.
18:52Et c'est le type de message qui nous passe.
18:54Combien de gens me disent, vous savez, vous avez la chance de passer de temps en temps à la télé.
18:58Donc, dites-leur ça, dites-leur ça.
18:59Donc, je relaisse que les gens...
19:00S'occupent de l'avenir.
19:01Un tout petit mot de l'été.
19:02Vous voyez comme quoi sur la consommation ?
19:04Les Français vont se faire plaisir ou ils n'auront pas les moyens de se faire plaisir ?
19:07Moi, je pense que déjà, là, c'était très positif ces derniers jours.
19:10Il y a la séquence Coupe du Monde qui, traditionnellement, est plutôt positive.
19:14Je pense que beaucoup de Français vont rester en France.
19:16Donc, ça, c'est plutôt bon pour la consommation, pour les restaurants, pour peut-être la grande distribution.
19:21Donc, voilà, je pense que jusqu'à la rentrée, ça pourrait être positif.
19:25Et c'est important parce que la consommation soutient la croissance de la France.
19:30Quand le PIB était à moins zéro en premier trimestre, heureusement que la consommation tient.
19:35Merci beaucoup, Dominique Scherzer, avec cette petite lueur d'optimisme.
19:39Bonne journée à vous sur CNews et sur Europe 1.
19:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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