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Le président du Rassemblement national et eurodéputé Jordan Bardella était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Européens, c'est Jordan Bardella.
00:04Bonjour à vous.
00:05Bonjour.
00:05Président du Rassemblement National, on est dans le second tour de ces élections municipales.
00:09Vous avez appelé à la mobilisation générale pour faire de ces élections une étape en vue d'une victoire pour
00:14plus grande en 2027.
00:16Il n'y a pas un risque à vouloir enjamber cette élection ?
00:18Et est-ce que finalement on n'est pas encore loin de la vague bleue, bleu marine ou bleu Bardella,
00:22que vous attendiez ?
00:23Le changement, il ne commence pas en 2027.
00:26Il va commencer dès dimanche dans les communes françaises.
00:30Le Rassemblement National a réalisé une percée très importante lors du premier tour des élections municipales.
00:35Nous sommes qualifiés dans des dizaines de communes, dans beaucoup de départements partout en France.
00:40Nous avons des chances de victoire.
00:42Nous avons dès le premier tour fait lire près de 1300 conseillers municipaux sur toute la France
00:46qui seront le fer de lance du changement dans les communes de l'Alperland.
00:49C'est l'ancrage local dont vous manquiez ?
00:50Nos maires ont été réélus dès le premier tour.
00:53Ce qui souligne aussi absolument le bilan des maires, Rassemblement National.
00:57Et je prends un engagement dimanche dans les communes que nous gagnerons.
01:00Il n'y aura pas un centime d'augmentation de la fiscalité parce que trop d'impôts est en train
01:04de tuer l'impôt.
01:05Nous devons rendre du pouvoir d'achat à la France du travail.
01:08Et nous mènerons une lutte acharnée contre l'insécurité qui s'installe dans les grandes villes,
01:13dans les villes moyennes, mais aussi de plus en plus à la campagne.
01:16Et donc je suis ce matin venu m'adresser aux Français et les appeler à aller voter
01:22parce qu'ils ont entre leurs mains l'avenir de leur commune et donc nécessairement le destin de la France.
01:27Qui sont vos adversaires, Jordan Bardella ?
01:28Ce sont les macronistes ? Est-ce que c'est la gauche ? Est-ce que c'est la droite
01:31républicaine ?
01:31Est-ce que c'est Jean-Luc Mélenchon qui ironise sur vos résultats ?
01:34Il estime qu'ils sont en demi-teinte.
01:37Tous ceux qui contribuent à la déconstruction de notre pays.
01:39Il est vrai, et on en a beaucoup parlé depuis les résultats du premier tour,
01:43que la gauche alliée à l'extrême gauche représente aujourd'hui un danger existentiel pour la démocratie française.
01:50Et dans un certain nombre de communes, nous faisons face à des listes de gauche mélanchonisées
01:55qui veulent légaliser les squads, qui veulent augmenter les impôts,
01:59qui proposent de désarmer les polices municipales, de démanteler les vidéos de caméras de surveillance
02:04et qui font peser un climat délétère sur le débat démocratique.
02:07Moi, qu'on soit très clair, je respecterai toujours les Français qui sont en désaccord avec les idées que je
02:13prône
02:13et ce sera toujours évidemment de leur liberté que de pouvoir se présenter dans une élection
02:20en assumant des positions différentes.
02:21Mais on voit bien qu'à gauche et à l'extrême gauche, le climat est extrêmement différent.
02:26Moi, j'ai grandi à Saint-Denis, j'ai naturellement beaucoup suivi ce qui s'est passé à Saint-Denis
02:29où la France insoumise a été élue dès le premier tour.
02:31On voit que même le maire sortant socialiste, qui était proche de Benoît Hamon,
02:36donc on ne peut pas dire que ce soit la tendance libérale du Parti socialiste,
02:39était taxé de raciste et de fasciste.
02:42Donc, ce climat de plus en plus totalitaire, il est extrêmement dangereux.
02:47Il est aujourd'hui porté par la gauche.
02:48Et c'est vrai que ces alliances du pire entre le Parti socialiste,
02:51qui la main sur le cœur depuis des semaines nous expliquaient
02:54que plus jamais il n'y aurait d'alliance avec la France insoumise,
02:57est en fait dans une situation de dépendance psychologique et politique
03:00à l'égard de M. Mélenchon.
03:01Et donc, si demain, la gauche républicaine veut retrouver ses valeurs,
03:05il faut rompre avec le syndrome de Stockholm qui l'allie aujourd'hui à Jean-Luc.
03:08Et établir un cordon sanitaire avec la France insoumise,
03:11ce qui n'est pas le cas aujourd'hui à gauche.
03:14Mais ça, c'est de la responsabilité aussi de toutes les formations politiques de gauche.
03:18Mais quand on regarde la situation aujourd'hui dans les grandes villes,
03:21je pense par exemple à Toulouse.
03:23Est-ce que demain, on imagine des grandes entreprises françaises,
03:27des grands industriels comme Airbus continuaient ses activités dans le berceau de l'aéronautique français
03:32si la France insoumise venait à remporter cette élection dimanche ?
03:37Non, j'encourage les Français à se lever et j'appelle la France du travail,
03:41j'appelle les Français patriotes et j'appelle patriotes,
03:43tous ceux qui refusent de voir la France mourir,
03:45d'aller voter dimanche à Marseille.
03:47Il y a un risque existentiel de voir la gauche conserver cette ville
03:50avec évidemment les conséquences que nous connaissons sur le quotidien des Marseillais.
03:54Nous pouvons évidemment remporter Marseille et j'appelle aussi là encore à voter pour Franck Alizio
03:58et la liste d'union qu'il soutient et qu'il porte avec le Rassemblement national
04:03et avec les Républicains qui ont fait le choix de nous rejoindre aussi dans cette campagne.
04:05La gauche estime qu'elle forme un front anti-fasciste contre vous.
04:09Est-ce que vous êtes un fasciste, Gendarme Bardella ?
04:11Et qu'est-ce que c'est un fasciste d'ailleurs ?
04:13Non, mais les fascistes, ce sont eux, madame.
04:14Les fascistes, ce sont ceux qui refusent des sensibilités différentes,
04:20qui refusent la démocratie.
04:21Si, lorsque Mathilde Panot, la présidente de groupe, LFI à l'Assemblée nationale,
04:25explique que peu importe ce qu'il se passera en 2027,
04:28elle refusera le résultat des élections, c'est ça authentiquement le fascisme.
04:32Rendez-vous compte que dès le premier tour dimanche,
04:35il y a un certain nombre de communes qui ont,
04:37très grande partie des communes françaises, ont pu choisir leur maire.
04:40À Chalons-sur-Saône, par exemple,
04:42où le maire LR, je crois, a été réélu dès le premier tour,
04:44deux élus de la France Insoumise ont accédé à l'opposition
04:49et se trouvent aujourd'hui dans le conseil municipal,
04:51dans l'opposition, en raison des résultats de la France Insoumise.
04:53La première démarche, madame, la toute première démarche,
04:56cette semaine, quelques heures même après le résultat du scrutin,
05:00de la part de ces deux élus municipaux LFI,
05:02a été d'engager une action en justice
05:04pour permettre le port du voile,
05:06le port du voile dans le conseil municipal
05:09et au sein des assemblées locales.
05:11Ce que le tribunal administratif a rejeté.
05:13Merci la justice de défendre encore les valeurs républicaines
05:16et de défendre encore la laïcité.
05:18Mais on voit bien là que LFI est dans la roue
05:20de toutes les revendications,
05:22notamment des fondamentalistes islamistes
05:24et d'une manière plus générale,
05:25de tous ceux qui portent atteinte à la cohésion nationale.
05:28Et on voit bien que ce parti politique,
05:29par les propos anti-police, par les propos anti-France,
05:32par les valeurs anti-républicaines qu'il défend,
05:34par le rejet de tous qui ne pensent pas comme eux,
05:36ce parti politique, qui réitère aussi
05:41des propos antisémites très régulièrement,
05:42est aujourd'hui, à mon sens,
05:44un danger très important pour notre démocratie.
05:46Jordan de Mardella, est-ce que vous avez effectué
05:48un changement stratégique ?
05:49Vous lancez un appel aux électeurs de droite.
05:51Vous leur dites, rejoignez-nous, unissons-nous fort.
05:54Jusqu'à présent, pour Marine Le Pen,
05:55c'était ni gauche ni droite.
05:56Est-ce que c'est un nouveau cas ?
05:57Est-ce que ce sont deux visions différentes
05:59de ce que vous voulez faire ?
06:00Ou est-ce que c'est peut-être le baiser de la mort
06:02pour certains candidats que vous soutenez comme appareil ?
06:04Nous sommes des patriotes.
06:05Et encore une fois, je l'ai dit, j'appelle patriotes
06:07tous ceux qui ne veulent pas voir la France disparaître.
06:11Mais Marine Le Pen ne voulait pas.
06:12Elle n'est ni gauche ni droite.
06:13Nous avons des millions de Français
06:15qui nous accordent aujourd'hui leur confiance.
06:17Nous avons des valeurs communes
06:19avec ce qui a été pendant très longtemps
06:21l'électorat de la droite, l'électorat de l'UMP,
06:23l'électorat des Républicains.
06:25Et il y a beaucoup d'électeurs de droite
06:26qui sont des patriotes sincères,
06:27qui sont aujourd'hui orphelins d'un leader,
06:29d'une incarnation, d'un projet politique.
06:31Et quand on voit le patron des Républicains,
06:34M. Retailleau,
06:35qui pendant des mois a siégé
06:36dans un conseil des ministres
06:38entre des macronistes et des socialistes.
06:39Il a donc dirigé la France
06:40avec des gens de gauche,
06:41avec des centristes,
06:42qui ont créé les conditions
06:44du déclin et de la faillite économique,
06:47migratoire et sécuritaire de notre pays.
06:49Refuser toute alliance
06:50avec le Rassemblement national,
06:51et même pire,
06:52aller jusqu'à exclure
06:53des gens qui,
06:55dans le cadre de ce second tour
06:57des élections municipales,
06:58et je pense à la tête de liste,
06:59les Républicains de Reims,
07:00qui a décidé,
07:03dans l'intérêt de la Commune,
07:04de faire alliance
07:05avec Anne-Sophie Frigou,
07:06la candidate du Rassemblement national,
07:08eh bien,
07:08il est menacé de sanctions.
07:09C'est-à-dire,
07:10quand on est à LR,
07:11on peut faire alliance
07:11avec la gauche.
07:12Des sanctions électorales ?
07:13Non,
07:14de l'exclusion du parti politique.
07:18D'ailleurs,
07:19M. Retailleau,
07:19il va bientôt avoir exclu
07:21plus de gens des Républicains
07:22que d'OQTF
07:23lorsqu'il a été ministre de l'Intérieur.
07:24Mais on voit bien
07:25que tout ça n'est pas sérieux,
07:26donc moi,
07:26je tends la main,
07:27et je dis aux électeurs de droite,
07:29comme à tous les patriotes,
07:30comme à tous ceux
07:31qui aiment notre pays
07:32et qui n'ont pas envie
07:33de voir la France disparaître,
07:34qui ne supportent plus
07:35la façon dont l'économie française
07:39déborde d'impôts,
07:40de taxes,
07:41d'une logique anti-entreprise
07:43qui ne valorise pas le travail
07:44d'une politique migratoire
07:45toujours plus importante
07:46et d'une politique
07:47Donc, ce n'est pas l'union des droites
07:48à venir travailler à nos côtés.
07:49Ce n'est pas l'union des droites
07:50que vous revendiquez,
07:51alors que vous étiez absolument contre
07:53jusqu'à présent ?
07:54Mais c'est plus que ça.
07:55Écoutez,
07:56vous me faites un reproche
07:56qui, pardon, n'a pas lieu d'être
07:57lorsqu'il y a eu la dissolution
07:58de l'Assemblée nationale.
08:00Ma première démarche
08:01et notre premier acte
08:02avec Marine Le Pen
08:02a été d'appeler
08:03le président des Républicains
08:04de l'époque,
08:05Éric Ciotti,
08:06qui a accepté
08:07dans un choix courageux
08:08de mettre en œuvre
08:09une coalition
08:10aux côtés du Rassemblement national.
08:11Bien sûr,
08:12ça ne veut pas dire
08:12qu'on est d'accord
08:13surtout tout le temps,
08:14mais ça veut dire
08:15qu'au-delà des sensibilités
08:16qui nous séparent,
08:17l'essentiel nous rassemble.
08:18Et l'essentiel,
08:19c'est l'amour du pays,
08:20c'est l'amour de la France
08:21et quand je vois la dynamique
08:22qui porte Éric Ciotti à Nice,
08:24je me dis qu'il a eu raison
08:25de faire ce choix
08:26et je souhaite aujourd'hui
08:27que tous les murs
08:27puissent tomber
08:28et que tous les patriotes
08:29puissent se rassembler.
08:30Des patriotes,
08:30il y en a à droite
08:31et donc je les invite
08:32à venir travailler.
08:33Qui est donc quand même
08:34un changement de stratégie
08:35de votre part ?
08:35Qui n'est pas exactement
08:36la doctrine du RN
08:37jusqu'à présent ?
08:38Non, ce n'est pas un changement
08:38de stratégie,
08:39mais le paysage politique,
08:40il évolue et c'est vrai
08:41que beaucoup d'électeurs
08:42du Rassemblement national
08:43sont des gens qui,
08:44pendant très longtemps,
08:45ont pu aussi voter,
08:46par exemple,
08:46pour Nicolas Sarkozy
08:47ou pour François-Fille.
08:48Bruno Retailleau,
08:49que vous venez d'étrier,
08:50vous reproche à vous
08:51de faire gagner la gauche
08:52contre la droite
08:53en maintenant vos candidats
08:54au second tour
08:55comme à Gap,
08:55Brest, Fougère,
08:56Alençon, Limoges.
08:57Qu'est-ce que vous l'éditez ?
08:58On aura proposé des alliances.
09:00Je vous donne un exemple
09:01très simple.
09:02Vous avez beaucoup parlé
09:04ces dernières heures
09:05dans les médias
09:05de la situation à Roubaix
09:07et de la dynamique
09:08qui porte M. Guiraud,
09:10qui est candidat
09:10de la France insoumise
09:11et qui est en capacité
09:12et qui va très certainement
09:13gagner la vie le dimanche.
09:14Nous avons proposé
09:15avec notre candidat
09:16Céline Saillat
09:17une alliance
09:18au candidat des Républicains,
09:19maire sortant.
09:20Il a refusé cette alliance.
09:21Et pourquoi est-ce qu'il le refuse ?
09:22Parce qu'à chaque fois
09:23qu'un candidat des Républicains
09:24souhaite faire alliance
09:25avec le RN,
09:26il est exclu
09:27par la direction
09:28de son parti.
09:28Donc, si vous voulez,
09:29il y a une déconnexion
09:30aujourd'hui terrible
09:31entre la direction
09:32des Républicains
09:33et ce qu'attendent
09:34aujourd'hui
09:34des électeurs,
09:36des sympathisants,
09:37des élus,
09:38des militants.
09:38Donc, moi,
09:39je tends la main,
09:40je continuerai à tendre la main
09:41et par l'intermédiaire
09:42notamment du parti
09:43de l'UDR d'Éric Ciotti,
09:45nous souhaitons faciliter
09:46aujourd'hui
09:46ces ponts
09:47et ces passerelles
09:48avec l'électorat
09:49qui, pendant très longtemps,
09:51a eu le cœur à droite
09:52et qui a surtout
09:52le cœur au centre de la France.
09:54Jordan Bardella,
09:55là, on est sur CNews
09:55et sur Europe 1,
09:56il y a aussi un changement
09:57de stratégie à Paris.
09:58Marine Le Pen
09:58appelle à faire barrage
10:00contre Emmanuel Grégoire,
10:01l'accusant d'avoir
10:02une responsabilité
10:03dans les scandales
10:04de violence
10:05contre les élèves
10:06dans le périscolaire,
10:07responsabilité intolérable,
10:08dit-elle,
10:09qui aurait dû conduire
10:09au retrait pur et simple
10:10de M. Grégoire.
10:11Je rappelle que 52 animateurs
10:13de la ville de Paris
10:13sont suspendus
10:14pour des suspicions
10:15de violences,
10:15dont sexuelles,
10:16sur des enfants.
10:17Vous pointez
10:18la responsabilité
10:19d'Emmanuel Grégoire
10:20dans ce scandale
10:21de pédocriminalité ?
10:22D'abord,
10:22cette affaire,
10:22elle est extrêmement grave
10:24et naturellement,
10:25la justice devra faire
10:26toute la lumière
10:29sur ce qui,
10:30je trouve,
10:30a été un petit peu
10:31passé sous silence
10:31ces dernières semaines
10:32dans les médias
10:33qui agitent naturellement
10:35le second tour
10:35des élections municipales.
10:37Mais au-delà
10:38du cas de M. Grégoire,
10:41Paris doit sortir
10:42du socialisme municipal.
10:44Vous dites que
10:45c'est un changement
10:45de stratégie.
10:46En 2020,
10:46lors des précédentes
10:47élections municipales,
10:48Marine Le Pen
10:49et le Rassemblement national
10:50avaient déjà appelé
10:52à faire barrage
10:53à Mme Hidalgo
10:54et à la gauche.
10:54Aujourd'hui,
10:55les héritiers
10:56d'Anne Hidalgo
10:56qui incarnent pour moi
10:57tout ce que le socialisme
10:58compte de pire,
10:59les embouteillages,
11:00les taxes,
11:01les impôts,
11:03les subventions
11:05communautaristes,
11:05enfin,
11:05tous les délires woke
11:07incarnés dans l'exécutif
11:08municipal et dans la politique
11:09ont été portés à Paris.
11:11Paris est l'une
11:11des plus belles villes
11:12du monde.
11:12Elle a été abîmée
11:13par plusieurs années
11:14de gestion socialiste
11:15et c'est vrai
11:16qu'entre,
11:17je dirais,
11:17un moindre mal
11:18et la politique du pire,
11:20nous avons effectivement
11:21fait le choix
11:22d'appeler à un barrage
11:24contre la gauche
11:24et moi,
11:25je ne suis pas électeur
11:25à Paris,
11:26je n'aime pas
11:27ces consignes de vote,
11:28je pense que les Français
11:28sont libres
11:29et que les Parisiens
11:30sont libres de choisir
11:30mais à titre personnel,
11:32si j'étais électeur
11:33à Paris,
11:33je ferais évidemment
11:34barrage aux héritiers
11:35d'Anne Hidalgo.
11:35Donc,
11:35en votant Rachida Dati,
11:37est-ce que ce n'est pas
11:37le baiser de la mort
11:38en quelque sorte
11:39puisque M. Mariani
11:40a fait moins de 1,61%
11:42dans la ville ?
11:44Non mais,
11:44il ne faut pas non plus
11:45idéaliser,
11:46je dirais,
11:46presque un quart de Mme Dati,
11:48Mme Dati,
11:48il y a encore 15 jours
11:49était ministre
11:49d'Emmanuel Macron,
11:50bon,
11:50elle compte sur sa liste
11:51beaucoup de personnalités politiques
11:53qui sont des macronistes,
11:54qui sont des centristes,
11:56donc on n'est pas
11:57aux grandes heures
11:58de la droite
11:59si je puis me permettre
11:59mais,
12:00encore une fois,
12:01entre le moindre mal
12:03et évidemment poursuivre
12:04sur le déclin
12:06dans lequel les socialistes
12:07ont mis
12:07la plus belle ville du monde,
12:09et bien,
12:09effectivement,
12:09il faut choisir,
12:10donc encore une fois,
12:11les Français
12:11et les Parisiens
12:12sont libres
12:12mais à titre personnel,
12:15partout où il faut faire barrage
12:16à la gauche
12:17et à l'extrême gauche,
12:18et bien,
12:18il faut utiliser
12:19le bulletin de vote
12:19qui est en face,
12:20c'est ma façon de penser.
12:21Emmanuel Grégoire
12:22a aussi accusé
12:23Emmanuel Macron
12:24en d'être intervenu
12:24en faveur du retrait
12:25de Sarah Knafo
12:26de reconquête
12:27au second tour,
12:28démenti vigoureux
12:29de l'intéressé hier
12:29à Bruxelles,
12:30il dénonce un mensonge
12:31indigne de M. Grégoire,
12:33vous comprenez
12:33que le Président
12:33descende dans l'arène
12:34pour dire
12:35je n'ai jamais appelé
12:36au retrait de Mme Knafo ?
12:37Je pense que le Président
12:39de la République
12:39a plus d'un tour
12:40dans son sac
12:42et ça ne m'étonnerait pas
12:43qu'il en ait eu au moins
12:43l'intention.
12:45Pourquoi ?
12:45Parce que le Président
12:46de la République,
12:47quand il dit
12:47qu'il se désintéresse
12:48du débat politique,
12:50c'est évidemment
12:50totalement faux,
12:51il s'est naturellement
12:53engagé dans cette campagne,
12:54très certainement
12:55dans les couloirs
12:56comme il l'avait fait,
12:56vous vous en souvenez,
12:57lors des élections européennes
12:58ou des élections législatives
12:59en négociant notamment
13:00des retraits de second tour
13:01pour empêcher
13:02le Rassemblement National
13:03d'arriver au pouvoir
13:04allant jusqu'à tendre la main
13:05au candidat de la France Insoumise
13:06et de M. Mélenchon
13:07qu'il considérait
13:08être comme un parti
13:08antisémite et antirépublicain
13:1015 jours avant.
13:11Donc, qu'il en ait eu
13:12au moins l'intention,
13:13je ne comprends pas
13:14qu'il l'ait fait
13:14et je ne crois pas
13:15qu'il l'ait fait
13:16mais en tout cas
13:17qu'il en ait eu l'intention,
13:18je n'en serai pas.
13:19Est-ce que vous saluez
13:20Jordan Vardel
13:21à la décision de Sarah Knafo
13:23de se retirer
13:24pour donner une chance
13:24à la droite
13:25de remporter la mairie de Paris ?
13:27Vous aviez dit
13:27que son parti Reconquête
13:28avait fait beaucoup de mal
13:29à la droite.
13:30Vous pensez toujours
13:30la même chose ou pas ?
13:30Oui, je pense que Reconquête
13:31a fait beaucoup de mal
13:33à la droite
13:34mais comme ils l'ont fait
13:35d'ailleurs pendant
13:35la campagne présidentielle.
13:36Je vous rappelle
13:37que si Reconquête
13:39pendant la campagne présidentielle,
13:41M. Zemmour et Mme Knafo
13:42avaient fait ne serait-ce
13:43qu'un point de plus,
13:44Jean-Luc Mélenchon
13:45aurait été au second tour
13:46de l'élection présidentielle
13:46face à Emmanuel Macron
13:47et on voit bien là
13:48qu'avec 12 points de retard
13:50pour Mme Dati
13:51au premier tour,
13:52la dynamique
13:52est incontestablement
13:54et factuellement
13:54du côté de M. Grégoire.
13:56Maintenant,
13:57ça ne préjuge pas
13:58de ce qui se passera dimanche
13:59et je pense en réalité
13:59que la division des voix
14:01de la droite,
14:02en l'occurrence ici à Paris
14:03et plus largement
14:03du camp national
14:04est très certainement
14:05le meilleur cadeau
14:07qu'on puisse faire
14:08systématiquement
14:09à la gauche
14:09et à nos adversaires,
14:10bien sûr.
14:10Les Français réclament
14:12pourtant ces alliances
14:13de la droite
14:14selon un sondage CSA
14:15pour ces news
14:16de JDD européens
14:17publié hier,
14:1870% des sympathisants
14:19de droite
14:20sont favorables
14:21à des alliances LRN
14:22au second tour
14:23des municipales.
14:24Oui, c'est ce qui rend
14:25d'autant plus incompréhensibles
14:26les prises de position
14:26de Bruno Retailleau.
14:29Encore une fois,
14:29moi je prends mes responsabilités
14:31lorsqu'il y a une dissolution,
14:32ma première démarche
14:33a été de contacter
14:34le patron des Républicains
14:35Éric Ciotti
14:35et de proposer aux Français
14:38cette coalition électorale
14:39entre le président
14:40des LR de l'époque
14:41et le Rassemblement national
14:43que nous conduisions
14:43avec Marine Le Pen.
14:45Si c'était à refaire,
14:45je le referai
14:46sans aucune hésitation.
14:47Et encore une fois,
14:48regardez Marseille par exemple,
14:50le fait que Bruno Retailleau
14:52refuse totalement
14:53de demander à Mme Vassal
14:54de se retirer
14:55alors que nous avons
14:56face à nous,
14:56Franck Alizio
14:57peut gagner dimanche
14:58le pire de la gauche,
14:59le pire de l'extrême gauche
15:00derrière M. Payan
15:02qui accuse aujourd'hui
15:03toutes les faillites
15:04à Marseille,
15:05record de prélèvements
15:07obligatoires
15:07sur le plan local,
15:09record de communautarisme,
15:10record d'insécurité,
15:12main ouverte
15:13à tous les partis
15:13d'extrême gauche,
15:14même M. Delogu
15:15qui va jusqu'à se retirer
15:16pour appeler
15:17à voter pour lui
15:18et soutenir M. Payan.
15:20Pardon,
15:20mais si j'avais été responsable
15:22et si j'avais été
15:22à la place
15:23de M. Retailleau,
15:24eh bien j'aurais fait en sorte
15:25que Mme Vassal
15:25à minima se retire,
15:27mais en tout cas
15:27puisse discuter
15:28avec le Rassemblement national
15:29et puisse créer ses ponts.
15:30Donc,
15:31je pense que
15:33ces choix
15:33qui sont des choix
15:34profondément incompréhensibles
15:35de la part des LR
15:36mènera ce parti
15:37à sa perte.
15:38Et donc,
15:38moi je ne veux pas
15:39que des électeurs
15:41patriotes
15:41qui pendant très longtemps
15:42ont voté pour ce parti politique
15:43se retrouvent demain
15:45orphelins d'un leader
15:45et d'une alternance
15:47et donc moi je continuerai
15:48évidemment
15:48de leur tendre la main
15:50parce que je pense
15:50que pour gagner
15:51il faut l'Union,
15:52il faut le Rassemblement
15:53et c'est précisément
15:54ce que fait aujourd'hui
15:54le Rassemblement national
15:56qui peut non seulement
15:56gagner des communes
15:57dans 48 heures
15:58mais qui,
15:59je souhaite,
16:00gagnera la prochaine
16:00élection présidentielle.
16:01Est-ce que vous pensez
16:01qu'encore une fois
16:02ces municipales
16:03préfigurent ce qui va se passer
16:04en 2027
16:04et peut-être un affrontement
16:06entre votre parti
16:07et la France insoumise
16:08de Jean-Luc Mélenchon ?
16:08Oui,
16:09c'est une possibilité.
16:10Personne ne peut évidemment
16:11prévoir ce qui se passera
16:12l'an prochain.
16:13En tout cas,
16:14nous allons travailler
16:15pour remporter des communes
16:16je le disais dimanche
16:17mais aussi pour remporter
16:18la prochaine élection
16:19présidentielle et législative.
16:20Nous sommes aujourd'hui
16:21les mieux placés pour cela.
16:22Ça serait votre adversaire
16:22favori,
16:23M. Mélenchon ?
16:24D'abord,
16:24ce n'est pas nous
16:24qui allons décider
16:25de notre adversaire,
16:26ce sont les Français
16:26mais on voit bien
16:27que les urgences quotidiennes
16:30des Français
16:30ne sont pas traités
16:31par le pouvoir.
16:32Je vous prends
16:32un exemple très concret,
16:33la question du pouvoir d'achat.
16:35Regardez ce qui est en train
16:35de se passer aujourd'hui
16:36en Iran.
16:37La fermeture du détroit d'Ormous
16:39peut être prolongée
16:40sur plusieurs semaines
16:43risques énergétiques majeurs
16:44et moi je souhaite
16:45que non seulement
16:46la France dans la région
16:47puisse préserver
16:48ses intérêts,
16:48assurer la sécurité
16:49de nos ressortissants,
16:51de nos soldats,
16:52de nos partenaires
16:53et de nos alliés
16:53et je vous rends ce matin
16:54aussi un hommage
16:55à l'adjudant-chef Arnaud Frion
16:58qui a été abattu
17:00lors d'une opération
17:02dans le Kurdistan irakien
17:04et rendre hommage
17:04évidemment à tous nos soldats
17:05engagés dans la région.
17:06Puis il faut aussi
17:07naturellement préserver
17:08les intérêts économiques
17:09de la France.
17:10Depuis le début
17:11de cette guerre,
17:12le gasoil a pris
17:1237 centimes,
17:1420 centimes
17:15pour l'essence
17:16et nous nous demandons
17:16au gouvernement
17:17de prendre des mesures
17:18sur le plan fiscal,
17:19d'abaisser les taxes
17:20parce qu'évidemment
17:21que partir du moment
17:22où le prix du pétrole augmente,
17:23l'assiette taxable
17:24va augmenter
17:25et il ne serait pas normal
17:26et il est incompréhensible
17:27que l'État s'enrichisse
17:29sur le dos d'une crise
17:30en prélèvement
17:31plus de 60% des prix.
17:32C'est ce que vient de faire
17:33l'Italie,
17:33vous l'avez vu,
17:34Mme Meloni a annoncé
17:35sur les trois prochaines semaines
17:36une baisse de 25 centimes
17:38à la pompe
17:38pour soulager
17:39les familles d'Italie.
17:39Le gouvernement dit
17:40le quoi qu'il en coûte
17:41c'est terminé,
17:42on ne peut plus,
17:43les finances de notre pays
17:44ne nous permettent plus
17:45ce genre de gestes
17:46parce que ce manque à gagner
17:47sur les taxes,
17:47il faudra bien le récupérer
17:48quelque part.
17:49Mais ça n'est pas
17:49un manque à gagner
17:50puisque l'assiette taxable
17:52augmente,
17:52le prix du pétrole augmente,
17:54on est à 100 dollars
17:55le baril ce matin
17:56donc à partir du moment
17:57où le prix du pétrole augmente,
17:58vous avez sur le carburant
17:5960% de taxes
18:00et vous avez une TVA
18:02sur l'ancienne TICPE
18:04qu'on appelle maintenant
18:05les assises,
18:05c'est-à-dire que vous avez
18:06une taxe sur les taxes.
18:07Donc si vous baissez par exemple
18:09la TVA sur les gains
18:10qui ont été faits
18:12depuis maintenant
18:12près de trois semaines,
18:13c'est un dollar
18:14pour le budget de l'État
18:15et vous rendez naturellement
18:16au pouvoir d'achat
18:17aux Français du pouvoir d'achat.
18:19Par exemple,
18:19sur l'essence,
18:20j'ai fait les calculs,
18:21c'est un quart de la hausse
18:22que vous pouvez rendre
18:23immédiatement à la pompe
18:24pour soulager le pouvoir d'achat
18:25de nos compatriotes.
18:26Et puis sur l'énergie,
18:27moi je l'ai défendu,
18:28je pense qu'il faut sortir
18:29des règles de tarification
18:30de les prix au niveau européen.
18:32Parce que le prix de l'électricité
18:33est indexé sur le gaz.
18:34Les règles européennes
18:35nous empêchent de bénéficier
18:36des fruits de la production nucléaire.
18:38Nous avons un système énergétique
18:40basé sur le nucléaire
18:41qui est non seulement décarboné
18:42mais qui devrait nous permettre
18:43de bénéficier de l'électricité
18:44la moins chère d'Europe.
18:45Les règles européennes
18:46nous en empêchent.
18:47Et donc si demain,
18:48je suis à la tête du gouvernement,
18:50j'irai à Bruxelles
18:51pour permettre à la France
18:52de récupérer un prix national
18:53de l'électricité.
18:54Ça accompagnera la compétitivité
18:56de nos entreprises
18:56qui en ont bien besoin.
18:57Mais ça fera immédiatement
18:58baisser les factures
18:59de nos compétences.
19:00Encore une question,
19:00Jordane Bardella,
19:01sur la posture de guerre défensive
19:03adoptée par Emmanuel Macron
19:04depuis le début de ce conflit.
19:05Est-ce que vous la comprenez ?
19:06Est-ce que c'est la bonne ligne
19:07stratégique à choisir ?
19:08Ou est-ce que vous aurez préféré
19:09un engagement plus clair
19:11aux côtés des Américains,
19:12des Israéliens
19:13qui nous ont demandé,
19:14en tout cas les Américains,
19:14de les aider
19:15pour sécuriser le détroit d'Hormuz ?
19:16D'abord,
19:17les objectifs de guerre
19:19aujourd'hui sont extrêmement erratiques
19:20et beaucoup d'observateurs
19:21peinent à comprendre
19:22d'abord la finalité de ce conflit
19:24et quels sont les objectifs
19:26côté israéliens.
19:27C'est naturellement compréhensible.
19:29Israël assure sa sécurité.
19:31Face à un Iran
19:32qui veut évidemment sa destruction.
19:33Du côté américain,
19:34c'est un petit peu plus flou.
19:35Est-ce que les Américains
19:36veulent un changement de régime,
19:37ce qui paraît difficile à obtenir
19:38sans intervention au sol ?
19:40Ou est-ce qu'ils souhaitent
19:40évidemment enrayer
19:42le programme de développement
19:43et d'enrichissement
19:44nucléaire iranien ?
19:45Bon, face à ça,
19:45moi je pense que la France
19:46doit évidemment préserver
19:47ses intérêts,
19:48je l'ai dit.
19:49Protéger la France
19:49de répercussions économiques
19:51et d'un potentiel risque migratoire.
19:53La première ministre italienne,
19:55Madame Mélanie,
19:56et la première ministre danoise
19:57ont écrit à l'Union européenne
19:58en ce sens,
19:58en demandant un renforcement
20:00des contrôles aux frontières.
20:01Je partage cette demande.
20:03Maintenant,
20:03je ne souhaite pas
20:03que la France s'engage
20:04davantage dans ce conflit.
20:05On voit bien
20:06que les répercussions
20:07seront extrêmement importantes
20:09et nous devons naturellement
20:12protéger nos intérêts
20:13dans la région
20:13et protéger notamment
20:14nos alliés.
20:16Demain,
20:16il n'est pas interdit
20:17de penser que la France
20:18puisse participer
20:18à une mission
20:19de sécurisation des bateaux.
20:21C'est la position
20:22d'un certain nombre
20:22de chefs d'État,
20:23mais pas avant évidemment
20:24que les frappes aient cessé.
20:26Donc pour ça,
20:27il y a évidemment
20:27du travail diplomatique
20:28à faire
20:28et il faut évidemment
20:30protéger nos alliés
20:31dans le GOF,
20:32je pense notamment
20:32aux Émirats arabes unis
20:33sur lesquels nous avons
20:34une base militaire
20:35avec près de 900 soldats
20:36et contribuer aussi
20:37à leur sécurité
20:39en interceptant des missiles.
20:40C'est ce que fait la France
20:41et je pense que depuis
20:42le début de ce conflit,
20:43la position de la France
20:44a été raisonnable et honorable.
20:45Merci beaucoup
20:45Jordan Bardella.
20:46C'était votre grande interview
20:47sur CNews et sur Europe 1.
20:48Bonne journée à tous.
20:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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