- il y a 3 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00En attendant, on va aller au palais, un autre palais, c'est le palais Bourbon.
00:04On va retrouver là-bas dans un instant Mathilde Panot, la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée
00:10Nationale.
00:11Pourquoi ? Parce qu'il y a eu un échange assez vif entre Mathilde Panot et le chef du gouvernement,
00:17Sébastien Lecornu,
00:18sur la mort de la petite Liana, les moyens, c'est le reproche de Madame Panot,
00:23que le gouvernement ne met pas pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux enfants,
00:28et la réponse sur le cynisme politique faite par le Premier ministre.
00:33Que restera-t-il de ce drame ? Que restera-t-il sinon un président de la République niant la
00:39réalité du manque de moyens ?
00:40Que restera-t-il sinon un ministre de la Justice prêt à jeter les magistrats par-dessus bord pour se
00:45maintenir en poste ?
00:46Vos gesticulations sécuritaires n'empêcheront pas les crimes, les moyens financiers.
00:51Si, mettez cet argent sur la table maintenant.
00:53Que restera-t-il, dites-vous ? Il ne faudrait pas qu'il ne reste que de la récupération politique
00:59de ce drame.
01:03Le seul fait qu'on ne puisse pas débattre sereinement et calmement dans cet hémicycle de ce sujet
01:07donne quand même une indication très claire de vos intentions politiciennes.
01:11Le gouvernement veut avancer, il avancera.
01:14Mais que restera-t-il ?
01:17Et c'est un moment de vérité.
01:18Soit une volonté de récupération politicienne, car malgré tout, Madame la Présidente Panot,
01:22c'est ce que j'ai cru entendre dans votre question.
01:24Soit vous ne le souhaitez pas, soit vous ne le souhaitez pas sincèrement, sans cynisme,
01:30ce qui nous permet ici de légiférer en droit et de rendre les semaines qui viennent utiles pour la nation
01:36sur ce sujet,
01:37et auquel cas le gouvernement de la République répondra présent.
01:40Monsieur le Premier ministre, dans la France de Macron, le planning familial licencie.
01:44C'est ça la réalité.
01:45Assumez vos responsabilités politiques, mettez les 3 milliards.
01:48Flagrant délit de récupération, quel est le rapport entre l'affaire Liana et le planning familial ?
01:54Soyons précis, soyons sérieux, mais de grâce.
01:58Stop à votre cynisme.
02:01Bonsoir, Madame Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale.
02:05Vous êtes en direct avec nous du Palais Bourbon, donc c'est de la récupération cynique.
02:09C'est ce que vous a dit le Premier ministre, ce que vous avez fait aujourd'hui dans les travées
02:13de l'Assemblée.
02:17Monsieur le Premier ministre nous reproche de faire de la politique.
02:19Nous, nous lui reprochons de ne pas faire une politique globale,
02:22de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
02:26Et depuis plus de 20 ans, des associations demandent à ce qu'il y ait des lois cadres
02:29pour justement diminuer les violences qui sont faites aux femmes et aux enfants.
02:33Car depuis la mort de Liana, il y a eu un concours lépine
02:36qui sont des discours de surenchère, à la fois pénale,
02:40de retour de discours sur la peine de mort.
02:42Et on ne parle jamais de ce qui devrait être le cœur de notre discussion politique et médiatique.
02:47Comment éviter en France, en 2026, que des enfants soient tués parce qu'enfants,
02:52que des femmes soient tuées parce que femmes,
02:54que des enfants et des femmes soient violées.
02:56Et il n'y a aucune fatalité dans ces violences.
02:58L'Espagne l'a prouvé.
02:59Parce que lorsque l'on met à la fois les moyens et la volonté politique,
03:03alors on réduit drastiquement les féminicides et les violences qui en sont faites.
03:06Donc il y a une responsabilité politique du Premier ministre
03:09qui est au pouvoir depuis 9 ans, aux différents postes de la Macronie,
03:12et qui n'a pas voulu mettre les moyens qui sont demandés
03:15par les associations de terrain,
03:17pour l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle,
03:20pour la justice, pour la police judiciaire,
03:23bref, pour faire en sorte qu'on arrête ces violences
03:25qui sont faites aux femmes et aux enfants.
03:26Donc je trouve sa réponse lamentable.
03:29Mais cette passe d'armes cet après-midi à l'Assemblée nationale,
03:32est-elle vraiment à la hauteur de l'émotion
03:34qui a suscité la disparition de cette petite Liana ?
03:37Une émotion qui a touché tous les Français,
03:39quel que soit, je pense, leur bord politique.
03:41Et peut-être que les Français attendent de vous,
03:44de M. Lecornu, que vous trouviez des réponses consensuelles
03:47et collectives,
03:49et pas faire, effectivement, un peu de la politique politicienne.
03:53Et je vous dis ça à vous,
03:55mais je pourrais dire ça aussi au Premier ministre.
03:57Est-ce vraiment à la hauteur, en fait ?
04:02Alors, ce n'est pas nous qui faisons de la politique politicienne,
04:04c'est la réponse du Premier ministre qui est politicienne.
04:07Je rappelle que nous connaissons les solutions depuis longtemps
04:09et que les manifestantes,
04:11puisque c'était principalement des femmes qui étaient dans la rue,
04:14disaient lundi après lundi,
04:16plus jamais ça,
04:17plus une de plus.
04:18C'est ça que tout le monde redit.
04:20Parce que s'il n'y a pas les moyens qui sont mis,
04:22les 3 milliards demandés par les associations par an,
04:25alors malheureusement, il y aura d'autres Liana.
04:28Non, tout le monde n'est pas d'accord avec nous.
04:30Parce que, sachez que depuis...
04:32Non, non, chaque année depuis 2017,
04:34nous présentons un amendement au budget,
04:36c'est-à-dire le fait de rajouter au budget
04:38les milliards que demandent les associations.
04:40Et chaque année, année après année,
04:41soit le budget est passé par 49,3,
04:43sans ces milliards qui sont nécessaires,
04:45soit ils sont rejetés par la Macronie.
04:48Écoutez, ce n'est pas qu'une question de budget,
04:50vous avez raison,
04:51il y a aussi une question de volonté politique.
04:53Vous savez que dans les circulaires
04:55qui demandent aux magistrats de prioriser les affaires
04:57qui sont faites contre les violences faites aux enfants,
05:00la seule circulaire qui existe,
05:02qui donne comme priorité numéro 1
05:03les violences faites contre les enfants,
05:05date du 8 juin,
05:06c'est-à-dire malheureusement,
05:07en plein drame, Liana,
05:09et il y a eu 114 circulaires depuis 2025.
05:12Vous savez,
05:12ce n'est pas de la politique politicienne
05:14que nous sommes en train de faire.
05:16Ce que nous sommes en train de faire,
05:17c'est relayer ce que demandent
05:18des associations depuis des années,
05:20les collectifs,
05:21à la fois féministes et infantistes,
05:22qui disent depuis des années
05:23qu'il faut ces moyens pour la justice,
05:25pour la police,
05:26pour l'aide sociale à l'enfance.
05:28Il y a eu de nombreuses alertes.
05:29Et je rappelle que déjà en 2023,
05:32la Civis donnait 82 recommandations,
05:34dont 75% d'entre elles
05:36sont toujours lettres mortes.
05:37Nous savons comment faire
05:38pour réduire les violences,
05:40voire éradiquer les violences faites
05:41aux femmes et aux enfants.
05:42Mais pour cela,
05:43il faut les moyens
05:44et la volonté politique.
05:46On a un ancien membre de la Civis
05:48avec nous, Bruno Quetel.
05:51Vous doutez de la volonté
05:52du gouvernement...
05:54On a aussi Arnaud Gallet
05:54qui est avec nous le président
05:55de lutter efficacement
05:57contre les violences faites
05:59aux femmes et aux enfants,
06:00comme le dit Madame Pannot.
06:02On doute,
06:03c'est-à-dire de manière factuelle,
06:04quand il n'y a que trois préconisations
06:05qui sont reprises sur 82,
06:07forcément, c'est problématique.
06:08La vraie question, pour moi,
06:09là où il y a faute lourde
06:10au niveau du gouvernement,
06:11c'est qu'il y a un rapport
06:12qui est remis en 2023
06:14qui dit que vous avez
06:15160 000 enfants qui sont victimes
06:17chaque année de violences sexuelles,
06:18un enfant toutes les trois minutes,
06:20qui dit qu'il n'y a que 3%
06:20des agresseurs qui se sont condamnés,
06:22moins de 1% en cas d'inceste.
06:24On a l'impression systématiquement
06:26de découvrir et de se dire
06:27non, non, en fait,
06:27c'est un cas unique.
06:29Donc, on est dans une société du déni.
06:31Et ça, c'est ça, en fait,
06:32qui nous fait douter.
06:33Les condamnations,
06:34ce n'est pas le gouvernement,
06:35c'est la justice.
06:35Oui, mais après, justement,
06:37après, là où je ne veux pas dire
06:38que je nuancerais,
06:39c'est vrai qu'on a besoin
06:39de volonté politique.
06:40Après, ce qui se passe,
06:41ça s'explique d'un point de vue culturel.
06:43C'est-à-dire que très souvent,
06:44et le gouvernement, malheureusement,
06:45réagit comme ça,
06:46ça a été dit aussi au niveau de la civile,
06:48on ne protège pas les enfants.
06:498% des situations uniquement
06:51où les personnes ont bénéficié
06:53d'un soutien social positif.
06:54Donc, le gouvernement est pris,
06:56en fait, dans cette culture-là.
06:57Et c'est pour ça que je suis assez d'accord.
06:59Il faudrait qu'il y ait un consensus,
07:00il faut qu'il y ait un sursaut,
07:01en fait, culturel.
07:02C'est ce qu'appellent les Français.
07:03Alors, moi, je nuancerais un peu,
07:04je dirais à Mathilde Panot,
07:06oui, il y avait beaucoup de femmes.
07:07Je pense qu'il y a aussi
07:08beaucoup d'hommes
07:08qui étaient également présents.
07:09Je ne le dis pas uniquement
07:10parce que j'y ai été.
07:11Il y avait aussi des familles
07:12qui étaient quand même présentes.
07:13Vous êtes cofondateur
07:13de l'association Boubant Fort.
07:15Oui, tout à fait.
07:15Et je pense que le meilleur rappel,
07:17plutôt que de dire
07:17qu'il y a peu d'hommes,
07:18je dirais qu'il faut appeler
07:19la société à se déplacer.
07:21Vous voyez, moi,
07:21je ne suis plus dans un côté positif.
07:22Je ne suis pas dans le truc,
07:23effectivement.
07:24Je pense qu'on va y arriver.
07:25Je pense qu'aujourd'hui,
07:25il y a un sursaut comme jamais,
07:26effectivement,
07:27à savoir qu'il y a
07:28dans plus de 200 villes
07:29des rassemblements.
07:31C'est positif.
07:31Il faut que ces rassemblements
07:32se poursuivent tous les lundis.
07:34se poursuivent
07:34parce qu'ils disent quelque chose.
07:35Il faut aussi qu'on se structure,
07:37qu'on s'organise
07:38avec un message politique clair,
07:39sans récupération politique
07:40pour dire la chose
07:41de manière aussi
07:42qui soit transpartisane,
07:43surtout que là,
07:44on est dans des périodes
07:44qui sont quand même
07:45assez chaudes
07:45avec l'approche des présidentielles.
07:47Et je pense que c'est essentiel.
07:48Renaud Quetel,
07:49vous qui avez été député
07:51de la majorité,
07:52on n'a rien fait en Macronie
07:54sur cette question ?
07:55Parce que c'est ce que
07:55semble dire Mathilde Panot.
07:56Non, mais moi,
07:57ça ne m'intéresse pas
07:58de polémiquer avec Mme Panot.
08:00Je pense que le sujet
08:02mérite mieux.
08:03Oui, mais on veut savoir,
08:03les Français veulent savoir
08:04si effectivement,
08:05ces dernières années,
08:06on n'a rien fait.
08:07Il y a eu, pendant cinq ans,
08:08j'étais rapporteur budgétaire
08:09et notamment sur la pénitentiaire,
08:11un doublement du budget
08:12du ministère de la Justice.
08:13C'était manifestement insuffisant,
08:15mais les questions budgétaires
08:16ne suffiront pas
08:17à régler l'ensemble
08:18des questions
08:18qui nous intéressent aujourd'hui.
08:20Si seulement si ça suffisait,
08:23la vie serait un peu plus douce
08:24qu'elle née.
08:25Alors qu'il faut de plus ?
08:25Il faut une prise de conscience collective.
08:27Il faut que...
08:28C'est une question...
08:28Pardon, mais la prise de conscience collective,
08:30je ne comprends pas...
08:30Une volonté politique.
08:31Je ne comprends pas
08:32ce que ça veut dire
08:32parce que je pense
08:33que tous les Français...
08:34Si vous me permettez
08:34de finir ma phrase,
08:35je pourrais vous dire
08:35ce que je voulais vous dire.
08:36On entend beaucoup ça,
08:37mais tous les Français...
08:38La prise de conscience collective,
08:41elle passe par les manifestations
08:42du lundi.
08:43Je suis tout à fait d'accord.
08:44Il ne faut pas qu'elle cesse.
08:45Il faut que cette conscience collective
08:48amène le politique
08:50à prendre toutes les dispositions adaptées.
08:52Non pas pour faire en sorte
08:53que demain,
08:53il n'y ait plus de victimes.
08:54C'est malheureusement très compliqué
08:57à aborder de cette manière.
08:59Mais faire en sorte
09:00qu'aucune famille
09:01ne se sente abandonnée
09:02par la puissance publique,
09:03par la justice,
09:04par les services sociaux,
09:05dès lors où elle est concernée.
09:06Et enfin, il faut surtout,
09:08je crois,
09:09avoir conscience
09:10que vous avez
09:12une addition de cas individuels,
09:15de dossiers individuels
09:17qui portent aujourd'hui
09:18le débat sur la place publique
09:19après un drame terrifiant.
09:21Mais qui a montré
09:22les dysfonctionnements
09:23de la justice aussi.
09:24Est-ce qu'elle est à la hauteur,
09:25la justice ici ?
09:25Alors, manifestement,
09:26la justice a eu des failles.
09:27Les rapports de l'inspection
09:28qui, je crois,
09:29n'ont pas encore été rendus,
09:30le diront.
09:31Et le ministre a été assez clair
09:32sur ce point de vue-là.
09:34Je parle de Darmanin.
09:34Mais on a l'impression
09:35que ça continue.
09:36Pardon, hier,
09:36dans le périscolaire,
09:37il y a eu un des premiers
09:39procès importants.
09:40Mais j'ai vu ça comme vous
09:41et j'ai été choqué comme vous.
09:42la personne a été relaxée.
09:43Alors, tout ce qu'on raconte
09:44ici sur les plateaux,
09:45finalement, ça ne change rien.
09:46Ils ne sont pas suffisamment
09:48caractérisés.
09:48La chancellerie nous donne
09:50des chiffres sur les moyens
09:52alloués à la justice.
09:53Elle nous dit qu'entre 2012 et 2017,
09:55le budget de la justice
09:56était de 30 milliards d'euros.
09:59Entre 2022 et 2026,
10:01il est passé ce même budget
10:02à 48 milliards d'euros.
10:03Certes, mais néanmoins,
10:05quand on écoute les magistrats
10:06aujourd'hui,
10:07et notamment, par exemple,
10:08les procureurs
10:09qui sont les premiers
10:10sur la ligne,
10:11qui sont ceux en charge
10:11des poursuites,
10:12qui peuvent décider
10:13quand il y a une plainte
10:14qui est déposée,
10:15est-ce que j'ouvre une enquête
10:17ou est-ce que je classe
10:18sans suite cette enquête ?
10:19Et on sait que 64%
10:21des enquêtes
10:22qui sont ouvertes
10:22concernant des faits
10:24sur des mineurs,
10:25notamment grâce au travail
10:25de la civile,
10:27on le sait aujourd'hui,
10:28c'est 64%
10:29de classements sans suite.
10:30Les procureurs disent aujourd'hui
10:31nous sommes 3 en France
10:33pour 100 000 habitants,
10:34même si les budgets
10:34ont augmenté.
10:35En Europe,
10:36il y en a
10:3711 pour 100 000 habitants.
10:38Donc,
10:39qu'est-ce que vous répondez
10:40aux magistrats
10:40qui disent
10:41peut-être que vous avez
10:42augmenté les moyens
10:43par rapport à de précédents
10:45quinquennats,
10:45mais néanmoins,
10:46ça reste insuffisant.
10:46Je crois qu'il y a erreur
10:47sur la motivation
10:48de ma présence sur votre plateau.
10:49Moi, aujourd'hui,
10:49je suis avocat
10:50et je défends des familles
10:51de victimes
10:52et je défends
10:53des parents
10:54et des enfants victimes.
10:56Donc,
10:56c'est dans ce cadre-là
10:57aujourd'hui
10:57que je me positionne
10:58et je combats tous les jours
10:59dans le cadre de mon métier
11:01les lenteurs de la justice
11:02que je subis
11:03au même titre
11:04que les familles
11:05de victimes concernées
11:06et que les enfants concernés,
11:07petites filles
11:08et petits garçons,
11:09je tiens à le préciser.
11:10Maintenant,
11:11je crois sincèrement
11:12comme citoyen
11:13que s'il n'y a pas
11:14un avant et après
11:17le moment que nous traversons,
11:19les pouvoirs publics
11:20dans leur globalité
11:21failliront.
11:22C'est à eux
11:23qu'il revient aujourd'hui
11:24de faire en sorte
11:26que toutes les réponses
11:27adaptées soient posées,
11:28qu'il n'y ait aucune
11:28considération budgétaire
11:30qui viendrait s'y opposer
11:31et que surtout
11:34la magistrature,
11:35le parquet en particulier,
11:37puissent répondre
11:37à cette attente.
11:38Justement,
11:39vous permettez simplement
11:39que l'on reste
11:40sur le cas de cet homme
11:41dont on parlait.
11:42C'était le premier procès
11:43dans le périscolaire.
11:44Les magistrats ont considéré
11:45qu'il aurait dû faire
11:46l'objet de rappels à l'ordre
11:47et d'une formation
11:48sans que ses agissements
11:50soient constitutifs
11:50d'une infraction pénale.
11:52Pour ceux qui n'ont peut-être
11:52pas suivi l'affaire,
11:53je vais quand même rappeler
11:54ce qui était dans son dossier.
11:55Le parquet avait révélé...
11:57Le voyage d'enfants.
11:58Il appelait les enfants
11:59« Mon bébé d'amour, ma délicieuse,
12:01mon cœur »
12:01pour les fillettes.
12:02Ensuite,
12:03c'était des câlins forcés.
12:04Il racontait des histoires
12:05mettant en scène
12:06des viols et des tortures.
12:07Il dessinait des personnages
12:08d'adolescentes hypersexualisées
12:09lors d'ateliers,
12:11mangas
12:11et trois des petites filles
12:13ont parlé d'attouchements
12:14sur la poitrine.
12:15D'après le parquet,
12:16ce n'est pas suffisamment caractérisé
12:18et il est très relaxé.
12:19C'est horrible.
12:19Ce n'est pas une question de moyens.
12:21Là, ce n'est pas une question
12:21de moyens.
12:22C'est une question
12:22entre guillemets
12:23de philosophie
12:26par le parquetier concerné.
12:28C'est quoi la philosophie ?
12:29Quand je dis de philosophie,
12:30c'est d'approche
12:30de cette personne
12:32des questions
12:32qui lui ont été soumises.
12:34Mais là,
12:34ce n'est même plus le parquet.
12:35Là, c'est des juges du siège
12:36qui ont entendu cet homme
12:37et qui ont entendu
12:39les différentes parties.
12:40Les enfants,
12:40par la voix des parents
12:41parce que les enfants
12:42n'étaient pas présents
12:43lors du procès
12:44et qui répondent aujourd'hui
12:46au vu des éléments
12:47qui ont été amenés
12:48pendant cette audience
12:49et contrairement aux réquisitions
12:50du parquet
12:51qui avait requis une peine
12:52même si elle pouvait paraître
12:54assez faible.
12:54Il avait requis une peine
12:55de prison avec sursis.
12:57Eh bien, nous,
12:57juge du siège,
12:58nous décidons
12:59que l'infracture
13:00n'est pas assez caractérisée.
13:01Donc là,
13:01ce n'est plus une question
13:02de moyens.
13:02Et relax,
13:03qu'est-ce que ça signifie ?
13:04Ça signifie que,
13:05donc aujourd'hui,
13:06cet homme n'a pas
13:07de casier judiciaire,
13:08n'est pas inscrit
13:09à un policier.
13:09Il peut continuer
13:10à être animateur.
13:10Il peut continuer.
13:11Alors, pas à Paris
13:12puisque le maire de Paris
13:13a décidé que tout animateur
13:14qui serait suspendu
13:16sur qui il y aurait des soupçons
13:17ne peut plus travailler
13:17pour la mairie de Paris.
13:18En revanche,
13:19en dehors du périmètre
13:21de la mairie de Paris,
13:21il peut travailler
13:22en colère de vacances.
13:22Justement, à ce propos,
13:24est-ce que si jamais
13:25il y a le directeur
13:27d'une colonie de vacances,
13:28je ne sais quoi,
13:28qui veut se renseigner
13:29sur lui,
13:30tiens, il vient,
13:31il se propose,
13:32est-ce qu'il aura
13:32les moyens de savoir
13:33quelque chose ?
13:34Il n'y a pas été condamné.
13:36Il n'y a pas d'inscription
13:38d'otage,
13:38ni rien,
13:39ni quoi que ce soit.
13:40Pour moi, il y a deux choses.
13:41Déjà, un,
13:42on fait tous semblant
13:43d'être étonnés,
13:44cette décision
13:46au niveau de la justice.
13:47Sincèrement,
13:48il y a eu
13:48MeToo inceste en 2021
13:49et Emmanuel Macron
13:51a répondu avec la civisme.
13:52Il n'y avait que
13:52des témoignages comme ça.
13:53Il y a eu du coup
13:54un seuil d'âge
13:54qui a été mis
13:55de non-consentement
13:56à 15 ans
13:56parce qu'on posait
13:57la question à des enfants
13:58est-ce que tu as été consentant
13:59à une relation sexuelle
14:00avec ton père ?
14:01Ça, c'est le premier élément.
14:02Deuxième élément,
14:03le figès dont on parle
14:04parce que ce fichier
14:05ou le certificat d'honorabilité
14:07dont on parle beaucoup,
14:08il faut savoir déjà
14:08qu'au niveau du figès
14:09sont inscrits
14:09de manière automatique
14:11toute infraction
14:12supérieure à 5 ans
14:12et après ça va être déjà
14:13à la discrétion du magistrat.
14:14Mais qui n'est pas consultable ?
14:15Attendez, j'arrive.
14:16C'est pour ça que nous,
14:17en fait, ce qu'on demande,
14:18c'est qu'à un moment donné,
14:20dans une situation d'urgence,
14:21toutes les personnes
14:21qui en France font l'objet
14:22d'informations préoccupantes,
14:24de plaintes,
14:25de signalements,
14:27de plaintes qui sont en cours,
14:28etc., etc.,
14:29de condamnations
14:29soient inscrites sur un fichier
14:30parce qu'elles représentent
14:31un danger potentiel.
14:32Consultable ?
14:33Bien sûr, consultable.
14:35Pas pour tout le monde,
14:36bien entendu,
14:37mais au moins consultable
14:38appliquer une sorte de principe
14:39de précaution.
14:40Non, mais ça pourrait être
14:41une catégorie supplémentaire
14:42du casier judiciaire.
14:43Bien sûr.
14:44Et ça ne serait pas
14:45complètement incohérent
14:46et incongru
14:47de faire en sorte
14:48que toute autorité supposée
14:49embaucher quelqu'un
14:50puisse vérifier.
14:51Également les casements
14:52sans suite.
14:53Ou lui demander d'attester
14:54si elle a été mise en cause
14:55sur ces questions.
14:56Alors, en attendant,
14:56on voit bien que la pression
14:57politique est maximale
14:58sur le Premier ministre,
15:00sur le garde des Sceaux.
15:01On attend les résultats
15:02de l'enquête administrative.
15:03Est-ce que des têtes
15:04vont tomber ?
15:05Est-ce que la procureure d'Oche
15:06va être limogée
15:08ce que je trouve intéressant
15:10dans la séquence politique
15:11de cet après-midi,
15:12ce qui s'est passé
15:13à l'Assemblée nationale,
15:14c'est qu'on a le sentiment
15:15et dans la question
15:16de Mathilde Panot
15:17et dans la réponse
15:18de Sébastien Lecornu
15:19que la pression,
15:20elle est aussi sur les épaules
15:21du Premier ministre.
15:22Et c'était peut-être
15:23un peu moins visible
15:24la semaine dernière
15:25tant Gérald Darmanin,
15:26le garde des Sceaux,
15:27avait été visé
15:28et on avait demandé
15:29sa démission.
15:30Vous noterez tout à l'heure
15:31que Mathilde Panot,
15:31dans sa question,
15:32elle n'est plus là-dedans.
15:33Elle est sur le sujet
15:34des moyens.
15:35Et on sait que ce sujet
15:36des moyens,
15:37depuis le commentaire
15:38à chaud, j'allais dire,
15:39d'Emmanuel Macron
15:40sur ce sujet,
15:41ça reste quelque chose
15:42de très présent
15:43dans le débat politique
15:44autour de cette affaire.
15:45Sachant que M. Lecornu
15:45a un budget à préparer, là.
15:47Exactement, Olivier,
15:48vous avez raison.
15:48Et d'ailleurs,
15:49il en parle de ce budget
15:50dans la réponse
15:51qu'il fait à Mathilde Panot.
15:52Il dit,
15:53je forme le vœu
15:54que les moyens augmentent,
15:55comme vous,
15:56et que vous n'aurez pas
15:57de cynisme
15:58de brandir des menaces
15:59de censure
15:59sans autre discussion
16:00sur ce budget
16:01parce qu'elle demande
16:023 milliards d'euros,
16:03c'est une somme conséquente.
16:03Ce sera l'un des enjeux
16:04de la discussion budgétaire.
16:05Et que bien sûr,
16:06la discussion budgétaire
16:06sur le sujet de la justice,
16:08le sujet des aides
16:08aux associations,
16:09ça reste évidemment
16:10un sujet très important.
16:12Et à plus court terme,
16:13avant cette épreuve
16:13du budget à l'automne,
16:14il y a évidemment
16:15la pression
16:15de ce qu'il y aura
16:16dans les rapports,
16:18les rapports
16:18de trois administrations,
16:20l'éducation nationale,
16:21la police,
16:22la justice,
16:22la gendarmerie,
16:23la justice.
16:24Qu'est-ce qu'il y aura
16:25dans ces rapports ?
16:25Comment Matignon
16:27en prendra connaissance ?
16:29Quelles leçons
16:29tireront-ils là aussi
16:31à court terme ?
16:32On devrait y voir plus clair.
16:33En tout début de semaine prochaine,
16:34c'est le 22 juin
16:35la date qui a été fixée.
16:36En attendant,
16:37l'enquête se poursuit
16:38concernant le cas
16:39de Jérôme Barrella.
16:40On va retrouver
16:42Julien Cressin
16:43en direct
16:44de Florence
16:46pour BFM TV
16:47parce que vous êtes
16:47journaliste
16:48à ligne rouge pour nous
16:49et vous recueillez
16:50toujours des témoignages,
16:53témoignages notamment
16:54d'une enfant,
16:56il faut en parler comme ça,
16:57qui côtoyait Jérôme Barrella
16:59et qui a reçu
16:59des SMS de Barrella.
17:04Oui,
17:05écoutez,
17:05c'est une rencontre
17:06bouleversante
17:07qu'on a faite
17:07cet après-midi
17:08avec Régis Desconclois,
17:09celle de Lise,
17:10une fillette
17:11à qui Jérôme Barrella
17:12a envoyé pendant
17:13plusieurs mois
17:13des dizaines de messages
17:15durant l'année 2025.
17:17Il était alors âgé
17:18d'une quarantaine d'années,
17:19elle de seulement 13 ans
17:21et ils étaient tous les deux
17:22membres du club
17:23de Taekwondo Doche.
17:24Alors,
17:25on a pu se plonger
17:25dans ces messages
17:26qui sont aussi bouleversants
17:27qu'intéressants
17:28sur la manière
17:29dont s'y est pris Jérôme Barrella
17:30pour entrer dans l'intimité
17:32de la jeune fille
17:32puisqu'il commence tout d'abord
17:34le soir
17:35par lui demander
17:35si elle dort.
17:37Le lendemain,
17:37on réveille,
17:38elle lui demande
17:38ce qu'elle compte faire
17:39de sa journée
17:39et puis très vite,
17:41Jérôme Barrella,
17:41il va lui demander
17:42des photos de la jeune fille.
17:43Elle va le faire,
17:44elle va lui envoyer un cliché,
17:46réponse immédiate
17:47très surprenante
17:48de Jérôme Barrella
17:49qui lui dit
17:49ah mais cette photo
17:50elle date
17:51la preuve
17:52que tous les moyens
17:53semblent bons pour lui
17:54pour obtenir des photos
17:55de la jeune fille.
17:55Je vais vous donner
17:56un autre exemple.
17:57Au cours de la conversation,
17:58elle lui confie
17:59avoir attrapé
18:00des coups de soleil
18:00et Jérôme Barrella
18:02va lui dire
18:02ah montre-les-moi vite
18:03avant qu'il ne disparaisse.
18:05Alors Jérôme Barrella,
18:06il ne s'est pas contenté
18:08de demander des clichés
18:09à la jeune fille
18:10puisqu'il l'a aussi invité
18:11selon le récit de l'Ise
18:12à 15 à 20 reprises
18:14pour des soirées pyjama
18:15ou des soirées
18:16ou des sorties
18:17à la piscine.
18:18Elle l'a confié
18:19à notre micro.
18:20Je vous propose
18:20de l'écouter.
18:22Il me dit
18:24tu veux aller à la piscine
18:25à Solomiac
18:26demain après-midi.
18:28Moi je lui dis
18:28que je ne pense pas
18:29que je peux.
18:31Et ce jour-là
18:31quand il vous invite
18:32à la piscine,
18:33ses filles vous ont mis
18:34au courant ?
18:35Elles vous en ont parlé ?
18:36Euh non.
18:38Donc l'invitation
18:39vient de lui ?
18:40Oui.
18:41Combien de fois
18:41il vous a invité
18:42chez lui ou ailleurs ?
18:44Il m'a invité
18:45très souvent
18:46je pense une quinzaine
18:47de fois
18:47à peu près.
18:49C'était vraiment
18:51surtout dans les derniers mois
18:52c'était vraiment
18:53presque toutes les semaines.
18:55Il vous a notamment
18:56demandé à plusieurs reprises
18:58des photos de vous
18:59en écrivant
19:00une petite photo
19:01avec un beau sourire.
19:02Comment vous réagissez
19:03quand il vous demande ça ?
19:05Je n'avais pas envie
19:06de lui envoyer en fait
19:06mais je me suis dit
19:10enfin je n'avais pas envie
19:11enfin je me doutais
19:12qu'il allait forcer
19:13avec ça et tout ça
19:14et donc je me suis dit
19:16je lui envoie vite fait
19:18et après il va me laisser
19:19tranquille et voilà
19:21et de toute façon
19:22je ne l'ai bloqué
19:23pas longtemps après
19:24parce qu'il devenait
19:24vraiment trop intrusif.
19:26Je me suis dit
19:26que j'ai échappé belle
19:28parce que ça aurait pu
19:29vraiment aller loin
19:30et ça aurait été très grave.
19:35Alors Lise est très choquée
19:36elle nous a confié
19:37ces mots qui nous ont
19:38bouleversé avec Régis Desconclois
19:40elle nous a dit
19:40j'aurais pu y passer
19:42ça aurait pu être moi.
19:43Elle dit aujourd'hui
19:44de manière extrêmement mature
19:45qu'elle souhaite porter plainte
19:46sa mère pour l'heure
19:47qui n'a pas souhaité
19:48t'émanier d'y réfléchir
19:49et une dernière information
19:51importante
19:51la famille dit avoir
19:53adressé une demande
19:54au gendarme
19:55au début de l'affaire Liana
19:56pour être entendue
19:57ils ne l'ont toujours pas été
19:58à l'heure où je vous parle.
20:01Julien Cressens
20:02avec Régis Desconclois
20:03Florence-Alexandre Gonzalès
20:04Oui une petite précision
20:05on a contacté
20:06l'avocate de Jérôme Barrella
20:08pour savoir
20:09ce qu'il répond
20:09est-ce qu'il nie être
20:11à l'origine de ses messages
20:12ou non
20:12et elle n'a pas souhaité
20:13apporter de commentaire.
20:14Merci Monsieur Dame
20:16d'avoir été avec nous.
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