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  • il y a 6 heures
Ce mercredi 17 juin, Bastien Drut, économiste chez CPR AM, s'est penché sur les débuts compliqués de Kevin Warsh concernant la baisse des taux directeurs et sur la baisse des prévisions de demande mondiale de pétrole, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Bastien Drunaud nous rejoint, il est 15h46, économiste, c'est PRAN.
00:03Bonjour Bastien, bienvenue.
00:05Vous allez rendre votre verdict, la pressa s'est marché et avant la fête ce soir.
00:09Ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre ensemble, est-ce que vous l'assumez ?
00:13Tout à fait.
00:14On vous écoute.
00:17Pour Kevin Warch, le nouveau président de la fête, les débuts vont être très difficiles.
00:22Ah tiens, alors là, voilà, verdict sans appel, ce sera très difficile pour Kevin Warch ce soir.
00:26Pourquoi ce sera si difficile ?
00:28Kevin Warch a été choisi par Donald Trump pour baisser les taux directeurs
00:32et il est quand même assez probable que ce soit très difficile pour Kevin Warch de baisser les taux directeurs
00:39sur les mois qui arrivent.
00:40Alors la première chose qu'on pourrait dire, c'est que les décisions de taux directeurs,
00:45ce n'est pas une seule personne qui les prend, c'est un groupe de personnes qu'on appelle le
00:50FOMC.
00:50Il y a 12 personnes dans ce FOMC, donc Kevin Warch ne sera que l'une de ces 12 personnes
00:55et probablement elle ne trouvera qu'un seul allié dans ce FOMC pour baisser les taux sur les mois qui
01:03arrivent.
01:03Donc rien que pour ça, les choses seront un peu difficiles.
01:06Ensuite, il y a le contexte macro-financier.
01:08On a une inflation qui a quand même accéléré sur les derniers mois.
01:13Le dernier chiffre qu'on a, c'est une inflation à 4,2% aux Etats-Unis sur le mois
01:19de mai.
01:20Donc voilà, une inflation qui est bien au-dessus de la cible des 2%,
01:23mais surtout, ce qu'il faut avoir en tête, c'est que l'inflation, ça fait maintenant 5 ans,
01:28ça fait plus de 5 ans qu'elle est au-dessus de la cible des 2% de la Fed.
01:32Donc en fait, la Fed doit faire attention à tout,
01:34tout simplement parce que l'inflation est restée au-dessus de la cible pendant 5 ans.
01:38C'est ça, c'est-à-dire que la hausse des cours du pétrole est venue ajouter de l'inflation
01:40à une inflation qui existait déjà.
01:42Qui était déjà relativement élevée, en tout cas au-dessus de la cible.
01:45Et ensuite, ce qu'il faut dire, c'est que la Fed, elle a un double objectif.
01:49Elle a deux mandats.
01:50Il y a la stabilité des prix et il y a le plein emploi.
01:53Et là, dernièrement, les rapports sur l'emploi ont plutôt été bons.
01:56Ça fait trois fois qu'on a un rapport sur l'emploi qui est plutôt pas mal.
02:00Et sur les trois derniers mois, il y a eu des créations d'emplois pour plus d'un demi-million.
02:03Et là, l'argument qu'il pouvait y avoir en début d'année de peut-être baisser les taux parce
02:08que le marché du travail se tenait pas très bien,
02:10il s'est un peu dissipé finalement sur les derniers mois.
02:14Et là non plus, il n'y a pas de raison de baisser les taux.
02:16C'est pour ça que je dis que pour Kevin Warch, les débuts vont être difficiles.
02:21Mais non seulement vous n'attendez pas de baisse de taux, mais un statu quo, c'est le pari du
02:25marché.
02:26Mais est-ce qu'une hausse de taux même serait nécessaire ?
02:28Hier, Christian Biteau nous disait, une hausse de taux, c'est pas urgent, mais peut-être que pour les questions
02:33de crédibilité, pour asseoir sa crédibilité.
02:35Kevin Warch, c'est quand même sa première décision politique monétaire comme président de la FED.
02:38Ce serait bien qu'il en fasse une, mais une petite.
02:40Alors pas forcément 25 points de base.
02:41Allez, 15 points de base.
02:42Non, je n'y crois pas du tout.
02:45Il vient d'être nommé par Donald Trump.
02:48Et si le FOMC remontait au directeur, on peut imaginer que le lien qu'il peut y avoir entre Kevin
02:54Warch et Donald Trump se romperait quasiment instantanément.
02:58C'est grave.
02:59Comment ?
02:59C'est grave.
03:00C'est grave pour Kevin Warch, ça pourrait être grave.
03:02C'est pas agréable, mais est-ce que c'est grave ?
03:03On a pu voir ce qui s'est passé sur les dernières années entre Jerome Powell et Donald Trump.
03:08Et ça serait une situation quand même très inconfortable pour lui.
03:10Ce qu'on pourrait dire peut-être aussi, c'est que Kevin Warch, il arrivait avec une sorte de corpus
03:16idéologique qui disait que l'intelligence artificielle allait amener de la désinflation.
03:21C'était son gros argument pour dire qu'il fallait que la FED baisse ses taux.
03:27En revanche, ce qu'on peut voir sur les derniers mois, c'est plutôt l'inverse.
03:31C'est plutôt que le cycle d'investissement dans l'IA a peut-être produit des tensions inflationnistes.
03:36Je pense aux semi-conducteurs.
03:38On a les prix à l'importation aux Etats-Unis qui sont sortis hier.
03:42Et en fait, si on regarde depuis le début de l'année, le prix des semi-conducteurs importés par les
03:46Etats-Unis a augmenté de 26%.
03:48Donc en fait, ça faisait 40 ans que le prix des semi-conducteurs n'arrêtait pas de baisser.
03:52Et tout d'un coup, ça a baissé de 26% depuis le début de l'année.
03:55Et ça a des répercussions sur le prix de pas mal de produits électroniques comme les smartphones ou les ordinateurs,
04:01par exemple.
04:01Et si on regarde le prix des ordinateurs importés aux Etats-Unis, depuis le début de l'année, l'a
04:05augmenté de 7% aussi.
04:06Donc on voit que finalement, alors que Warch pensait que l'IA apporterait de la désinflation, on a plutôt eu
04:12une petite accélération.
04:14Et alors, il voudrait aussi changer la grammaire de la Fed.
04:16Moins communiquer, moins de conférences de presse, peut-être la fin des dotplots également.
04:20Enlever de la visibilité au marché pour rendre à la Fed plus de marge de manœuvre.
04:25Est-ce que ça peut être malin ?
04:26C'est quelque chose qui pourrait être fait.
04:29Maintenant, quand je vois cette déclaration dans laquelle il dit qu'il ne veut pas que la Fed essaye de
04:35tout expliquer, ça me fait un petit peu peur.
04:38Parce que là, on avait quand même une Fed qui expliquait à peu près de façon raisonnable ce qu'elle
04:41faisait, sans trop en dire non plus sur son état d'esprit.
04:45Donc c'est quelque chose qui fait peut-être un petit peu peur.
04:48Et pendant ce temps, le pétrole, le pétrole baisse nettement.
04:51On est à 79 dollars aujourd'hui pour le baril de Brent.
04:53L'Agence internationale de l'énergie a publié ses nouvelles prévisions quant à la demande mondiale en pétrole.
04:57Elle abaisse sacrément sa prévision de demande mondiale en pétrole pour cette année.
05:01Vous y voyez le signe d'une moindre craissance économique ou d'une décarbonation, d'une transition énergétique accélérante ?
05:07Alors, je pense que...
05:08Vous allez me dire les deux, mais en vrai.
05:10C'est sûr qu'il y a les deux, mais en réalité, c'est surtout l'équilibre de prix qui
05:14fait que la demande augmente moins.
05:16On a des prix du pétrole qui sont plus élevés qu'en début d'année.
05:19Donc forcément, une demande qui progresse moins.
05:21Et c'est surtout de ce côté-là qu'il faut voir les choses.
05:24C'est vraiment cet équilibre de prix qui peut faire qu'on peut se retrouver avec un surplus d'offres,
05:28finalement, d'ici quelques trimestres.
05:31Alors, cela dit, les cours qui baissent, ça peut peut-être faire nos affaires, nous, en Europe.
05:35On voit que les prévisions de croissance sont quand même réduites très nettement, en particulier chez nous, en France.
05:39Ça peut peut-être nous rendre service ?
05:41Bien sûr.
05:42Alors, là, pratiquement la seule raison pour laquelle la prévision de croissance de la France a été abaissée par la
05:48Banque de France,
05:48et quasiment la seule raison pour laquelle les prévisions de croissance de la zone euro ont été abaissées par la
05:52BCE,
05:52c'est la hausse des prix du pétrole.
05:54Donc, si on a une décrue des prix du pétrole,
05:57effectivement, on pourrait imaginer que la croissance, finalement, soit peut-être un tout petit peu plus forte que prévu.
06:01– Oui, mais cette baisse des cours du pétrole ira-t-elle beaucoup plus loin que ce qu'on a
06:05déjà observé ?
06:06Là, on a 79 dollars le baril.
06:07Patrick Pouyanné, le patron de Total Energy, répondait tout à l'heure aux députés,
06:10il répondait dans une session de questions-réponses au Parlement,
06:13et il a expliqué que, même si le détroit d'Hormuz rouvrait aujourd'hui,
06:17un retour à la normale d'ici n'arriverait pas, un retour à la normale avance six mois à un
06:21an.
06:22Il a donné l'exemple de Total Energy, il dit,
06:23nous avions 11 pétroliers bloqués dans le golfe par la fermeture du détroit d'Hormuz,
06:28nous en avions 11, on a réussi à en sortir 3, on va tous les sortir,
06:31mais pour les ramener dans le golfe, on va quand même regarder à deux fois,
06:34vérifier que la paix est vraiment installée.
06:35Donc, le pétrole n'est pas forcément prêt à couler à flot sur le monde.
06:38– Il y a des facteurs contradictoires.
06:40Ce qu'on peut voir, c'est que, là, actuellement, dans le golfe Persique,
06:43il y a à peu près 160 millions de barils qui attendent d'être sortis,
06:47donc ça, ça fera un effet un peu d'encombrement peut-être dans les raffineries.
06:51Après, c'est très clair que la production dans les pays de l'OPEP
06:55mettra quand même pas mal de temps à revenir à son niveau d'avant-guerre.
06:57On estime généralement que ça remettra au moins jusqu'à la fin de l'année,
07:01il faudra au moins attendre jusqu'à la fin de l'année
07:02pour avoir un retour de la production dans les pays de l'OPEP,
07:04alors au niveau d'avant la guerre.
07:06– Et pendant ce temps, les devises, quand même, l'euro a pas mal,
07:08ou le dollar a remonté depuis ses plus bas, largement.
07:11On était à l'euro 1,19$ il y a quelques semaines, maintenant on est à 1,16$.
07:16Bon, d'après le FT, les investisseurs se ruent sur les paris haussiers sur le dollar.
07:19Et là, pourquoi ? Parce que les investisseurs parient sur le retour
07:21de l'exceptionnalisme américain.
07:23– Moi, je n'y crois pas.
07:25En fait, ce qu'on peut voir sur les derniers mois,
07:27c'est que la parité euro-dollar, il y a deux déterminants.
07:30Il y a les prix du pétrole, le dollar est très corrélé positivement au dollar.
07:34Donc là, actuellement, le fait que le pétrole baisse,
07:37ça devrait plutôt faire baisser le dollar.
07:39L'autre déterminant, c'est le différentiel de taux d'intérêt
07:41entre les États-Unis et puis l'Europe.
07:43Et actuellement, sur les derniers jours en tout cas,
07:45les taux américains ont peut-être baissé un peu moins que les taux européens.
07:49Et ça, ça a finalement freiné le mouvement de remontée de la parité euro-dollar.
07:56– Oui, et vous voyez la suite comment.
07:57Du coup, c'est toujours difficile de prévoir l'évolution des changes.
07:59Mais est-ce que vous estimez que là, on est à peu près sur le niveau d'équilibre
08:02entre l'euro et le dollar ?
08:03– Non, le dollar est encore cher.
08:06– Si on regarde sur plusieurs décennies,
08:09finalement, qu'on fait une sorte de moyenne de long terme,
08:10on voit que le dollar, finalement, est encore au-dessus de sa moyenne de long terme.
08:14– Bastien Drus, CPRAM, et donc votre message.
08:16Pour Kevin Walsh, les débuts ce soir seront sans doute compliqués
08:19à la tête de la FED et sa première conférence de presse
08:22à suivre à partir de 20h30.
08:23Merci beaucoup Bastien de nous avoir accompagnés aujourd'hui.
08:27Dans quelques minutes, Culture Bourse, une idée de valeur en plus.
08:29Si vous souhaitez compléter vos portefeuilles boursiers,
08:31ce sera avec les experts d'Erasmus Gestion
08:33qui nous feront découvrir une valeur européenne,
08:35selon eux, à fort potentiel.
08:37Rendez-vous à 16h10 pour la découvrir.
08:39– Sous-titrage ST' 501
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