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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00Ils ne protègent pas les mineurs des pédocriminels,
00:03mais ils sont déterminés à protéger les mineurs des réseaux sociaux.
00:08Des réseaux qui seront interdits au moins de 16 ans,
00:11dès septembre en France avant la présidentielle,
00:14et bientôt au Royaume-Uni, Espagne, au Canada, en Grèce, en Australie.
00:19Derrière l'objectif, certains voient se dessiner une infrastructure d'identité numérique
00:24pour être capable d'identifier et de tout savoir sur chaque adulte dans le pays.
00:30Est-ce une avancée ou un danger sur la sécurité et l'anonymat démocratique ?
00:34L'édito de Mathieu Bocoté.
00:36La volonté d'implanter davantage de logements sociaux aux abords du Louvre,
00:40lieu mythique à Paris, dépasse la seule question du logement.
00:44Pour la gauche, il s'agit d'éviter que les centres-villes historiques
00:47deviennent des espaces réservés aux plus aisés
00:49et de préserver une certaine mixité sociale.
00:52Pour ses opposants, c'est une vision idéologique
00:55qui ignore les réalités patrimoniales de ces quartiers d'exception.
00:59« Une capitale doit-elle refléter toute la société,
01:02même dans ses lieux les plus prestigieux ? »
01:05Le regard de Marc Menon.
01:06Le match France-Sénégal a lieu ce soir aux États-Unis.
01:10C'est l'entrée en liste des bleus.
01:12Selon le président de l'Assemblée du Sénégal,
01:14peu importe qui gagne, ce sera de toutes les façons l'Afrique qui gagnera.
01:18Pourquoi ?
01:18En affirmant qu'une victoire de la France ou du Sénégal
01:22serait, dans tous les cas, une victoire de l'Afrique,
01:23Ousmane Sanko relance un débat sensible sur l'identité.
01:27Un joueur est-il d'abord défini par sa nationalité,
01:30son parcours, ses origines ?
01:31Une société peut-elle rester unie ?
01:33Lorsque l'origine finit par compter davantage que la citoyenneté,
01:37l'analyse de Gabriel Cluzet.
01:39Un animateur du périscolaire accusé de violences sexuelles
01:42sur neuf enfants à Paris a été relaxé aujourd'hui.
01:46Le tribunal reconnaît des attitudes problématiques
01:49mais estime que les infractions pénales
01:51ne sont pas démontrées avec suffisamment de certitude.
01:54Cette décision illustre la tension permanente
01:57entre la protection des victimes et l'exigence de preuves
02:00qui fondent l'état de droit.
02:01Des familles restent dans le désarroi
02:04le décryptage de Charlotte Dorielis.
02:07Je vais te faire disparaître en t'envoyant des géorgiens.
02:10Tels seraient les propos du ministre des Transports
02:13au maire de Nice et président de l'UDR
02:16Éric Ciotti.
02:17Il annonce avoir saisi le procureur de la République
02:20pour demander l'exclusion du ministre Philippe Tabarro
02:22du gouvernement à la suite de ces menaces.
02:25De quoi ces insultes sont-elles le nom ?
02:27Propos excessifs prononcés sous le coup de la colère,
02:30signe de la dégradation du niveau politique ?
02:32L'édito de Mathieu Boccote.
02:35Et puis interview exclusive ce soir de Jacques Cardoz,
02:38ancien rédacteur en chef de complément d'enquête
02:40sur France Télévisions.
02:41A quelques heures de la sortie de son livre
02:43choc, les inquisiteurs qui secoupent le monde des médias.
02:47Il dénonce les biais idéologiques
02:49et le manque de pluralisme dans certains médias
02:51du service public.
02:52Pourquoi certains sujets sont-ils écartés ?
02:55Les médias décrivent-ils la réalité ou cherchent-ils
02:57à la transformer ?
02:59Certains sujets sont-ils tabous ?
03:01Les enquêtes sont-elles orientées ?
03:03Et qui contrôle vraiment le pouvoir médiatique ?
03:05Pourquoi personne n'enquête sur les enquêteurs ?
03:07Jacques Cardoz est en exclusivité dans Face à l'Info ce soir.
03:11Une heure avec nos musquetaires et c'est parti.
03:29Un homme souffre, un homme est absent, un homme est oublié.
03:34Il est en prison.
03:36Comme l'était Boalem Sansal, c'est Christophe Glaze.
03:40Et alors, j'ai dressé mes oreilles, j'ai essayé de voir
03:44s'il y avait des hommes politiques, s'il y avait des journalistes,
03:47s'il y avait même des fans qui osaient rappeler à l'Algérie
03:52qu'elle s'était comportée de façon ignoble,
03:55qu'elle avait organisé un kidnapping.
03:58Rien, c'est le silence.
04:01Une belle initiative, celle du président de la FIFA
04:04qui a dit qu'il y a un siège qui est libre pour lui
04:06et tous les médias d'Algérie ont protesté en disant que c'était intolérable.
04:12Il y a même un journaliste de Binz qui a dit
04:15restez là où vous avez vos compétences,
04:19ne mélangez pas le sport et la politique.
04:22C'est quand même oublié que le gouvernement,
04:26le pouvoir algérien, a lui fait en sorte
04:31de mélanger la politique et le sport
04:34et a condamné un innocent qui souffre depuis plus d'un an maintenant.
04:39À l'heure où les bleus entrent en lice
04:42dans la Coupe du monde de football ce soir.
04:44Merci Marc Menand.
04:46Le Royaume-Uni souhaite interdire les réseaux sociaux
04:50au moins de 16 ans.
04:51La France veut faire de même, le Canada aussi.
04:54Autrement dit, le mouvement est occidental.
04:57Plusieurs y voient une mesure de santé publique,
05:00d'autres s'inquiètent d'un pas de plus
05:02vers un contrôle social généralisé.
05:05Mathieu Bocoté, que comprendre de cette tendance
05:07qui semble emporter tous les pays occidentaux ?
05:10Alors, le point de départ,
05:12il faut trouver le bon point de départ
05:13pour réfléchir à ces questions sur le contrôle des réseaux sociaux.
05:17Et j'accepte le point de départ
05:19voulant que les réseaux sociaux soient aujourd'hui
05:21au cœur d'une crise culturelle,
05:23qu'ils soient responsables en partie
05:25d'une forme de désastre psychique
05:28dans les sociétés occidentales.
05:30On aborde souvent la question sous le signe de la santé mentale.
05:33Donc on se dit, on prend les réseaux sociaux,
05:35combien sont-ils aujourd'hui à ne vivre que par l'écran ?
05:39Combien sont-ils à avoir une existence strictement virtuelle ?
05:43Combien sont-ils, alors on peut dire,
05:45c'est une forme de dépendance bien plus grande
05:46que les dépendances aux drogues plus classiques.
05:49Et ça peut abîmer la formation du cerveau.
05:52Ça peut faire en sorte que les réseaux sociaux,
05:54aujourd'hui, on le voit, le commun des mortels
05:56en est presque à ne vivre aujourd'hui
05:58que dans la mesure où la vie peut être exposée
06:00sur les réseaux.
06:01Moi, ce qu'on pourrait appeler l'instagramisation de la culture.
06:03Combien sont-ils, au restaurant, par exemple,
06:06l'idée de ne pas prendre en photo leur plat
06:08leur semble inimaginable.
06:10Combien sont-ils, lorsqu'ils vivent un moment,
06:12à se dire, si je ne le partage pas immédiatement
06:14avec ma communauté de plusieurs dizaines
06:17de milliers de personnes ou davantage,
06:19ce ne sera pas un moment vécu.
06:20Vous connaissez la formule, autrefois,
06:21on disait « pour vivre heureux, vivez caché ».
06:24L'époque n'est plus d'accord avec ça du tout.
06:26Pour vivre heureux, affichez-vous en permanence.
06:30Donc, il y a ce point de départ,
06:33et ça va aller encore plus loin,
06:34on a des existences aujourd'hui intégralement virtualisées,
06:38le virtuel se substitue au charnel,
06:40les gens ne sont plus capables de se toucher,
06:43ils s'écrivent entre deux personnes.
06:44On a déjà vu ça dans les restaurants,
06:45vous l'avez peut-être déjà vu,
06:46les gens qui sont devant eux,
06:47ils ne sont pas capables de se parler,
06:48ils s'écrivent.
06:48Ils sont fous.
06:49Tout le moins, ils sont abîmés par les fameux réseaux.
06:52Donc, je dis tout cela en disant
06:54qu'il y a une vraie question à poser
06:56dans le rapport aux réseaux sociaux aujourd'hui,
06:57ils ne sont pas idylliques.
06:59Mais les réseaux sociaux, c'est autre chose aussi.
07:02Les réseaux sociaux, c'est cet espace
07:03qui s'est dégagé depuis 10, 15 ans, 20 ans,
07:06mais surtout les dernières années,
07:08où on a pu prendre forme des mouvements politiques,
07:11des idées, des philosophies,
07:13où on a pu s'exprimer des idées
07:15qui autrefois étaient bannies des médias traditionnels,
07:18des idées, des réalités, des faits
07:20qui étaient chassés,
07:20qui étaient laissés de côté complètement.
07:22Donc, les médias sociaux ont permis
07:24à une partie du réel de nos sociétés
07:26qui était censurée de remonter à la surface.
07:29Vous noterez, soit dit en passant,
07:30si vous suivez l'actualité,
07:31que les autorités de contrôle
07:33veulent de temps en temps étouffer
07:35les différents médias
07:36qui permettent au réel de remonter à la surface.
07:38Je dis ça sur un autre sujet.
07:40Donc, on est dans un moment
07:42où les réseaux sociaux ont permis,
07:43dans nos sociétés,
07:44de démocratiser la parole publique significativement.
07:47Toute une partie de la population
07:48qui n'avait pas accès à la vie publique,
07:51eh bien, c'est emparé les réseaux sociaux
07:53pour dire, nous ne nous sommes pas.
07:55On ne se sent pas représentés par le système,
07:57par le discours dominant.
07:59Entendez-nous, et le fait est,
08:00combien de faits aujourd'hui seraient invisibilisés
08:03si on n'avait pas accès à Twitter, Instagram,
08:05et ainsi de suite.
08:06Donc, on est devant deux réalités.
08:08D'un côté, ils suscitent un vrai problème psychique
08:11dans nos sociétés.
08:11De l'autre côté, ils ont véritablement joué
08:14un rôle de démocratisation de l'espace public.
08:17Le régime, partout en Occident,
08:19prétend vouloir interdire les réseaux sociaux
08:22à cause de l'argument 1,
08:23les effets psychiques des réseaux sociaux
08:25sur les plus jeunes.
08:26Mais dans les faits,
08:27il ne faut pas se laisser berner.
08:29On prend prétexte de l'argument 1,
08:31mais ce qu'on veut casser,
08:33c'est la réalité 2.
08:34C'est parce que les réseaux sociaux
08:36ont permis à des faits autrefois individuels
08:38visibilisés d'émerger.
08:39C'est parce qu'ils ont permis
08:40à des intellectuels,
08:41des penseurs,
08:42des chroniqueurs,
08:43autrefois cachés,
08:44de surgir.
08:45C'est parce qu'ils ont permis
08:46à des courants de pensée
08:47autrefois disqualifiés,
08:48de parler en leur propre nom
08:50sans qu'on leur colle une sale étiquette
08:51style service public.
08:53C'est parce que les réseaux sociaux
08:54ont permis à des courants contestataires
08:56de prendre forme
08:57qu'on veut les interdire aujourd'hui,
08:59aux moins de 16 ans,
09:00parce que c'est un prétexte
09:02des moins de 16 ans.
09:02cela va beaucoup plus loin.
09:04Donc,
09:04qu'on se comprenne bien.
09:05On prend prétexte du point A,
09:07la protection de l'enfance,
09:08pour dans les faits vouloir détruire
09:10une armature,
09:11on pourrait dire un système
09:12qui a permis de libérer
09:13la parole publique depuis 20 ans.
09:15Donc ça,
09:15on est devant une forme
09:16d'instrumentalisation
09:17de la question de l'enfance.
09:19Parce qu'il faut bien voir
09:20ce dont il y a des questions.
09:21On nous dit,
09:22ah oui,
09:22mais ce sont les jeunes,
09:23les moins de 16 ans
09:24qui n'auront pas accès
09:25aux réseaux sociaux.
09:25Les autres,
09:26il n'y a pas de souci.
09:27Il ne faut pas nous prendre
09:28pour des imbéciles non plus.
09:29Pour prouver
09:30que vous n'avez pas 16 ans,
09:31vous devez,
09:32vous avez plus de 16 ans,
09:33par exemple que je dis,
09:33vous devez vous identifier.
09:35Eh bien,
09:35si vous devez vous identifier,
09:37dans les faits,
09:37vous créez un dispositif
09:39d'identification numérique
09:41pour l'ensemble de la population
09:43qui va vouloir se connecter
09:44à l'espace public.
09:46Identification très poussée.
09:47Bien sûr.
09:48Alors,
09:48on nous dira,
09:49moi je connais,
09:49là j'entends tout souvent,
09:50ne vous en faites pas,
09:52vous serez par ailleurs,
09:53il y aura une promesse
09:54d'anonymat,
09:55vous vous afficherez certes,
09:56mais personne ne pourra
09:57avoir accès aux données
09:59et aux informations.
10:00Ce à quoi je répondrai,
10:01laisse-moi rire.
10:02À un moment donné,
10:03est-ce qu'il y a aujourd'hui
10:05un seul élément
10:06qui va dans l'espace public
10:08qui n'a pas fini
10:09par une forme
10:09de brèche informatique,
10:10de faille informatique?
10:11Combien de failles informatiques
10:13connaît-on chaque jour?
10:14Eh bien,
10:14ce qu'on voit ici,
10:15c'est la mise en place
10:16d'un dispositif
10:17de contrôle
10:18de l'identité numérique
10:19de chacun
10:20qui permettra
10:21de tracer ensuite
10:22à partir de l'identité
10:23des uns des autres
10:23sur les réseaux sociaux
10:24quelles sont leurs idées,
10:25quelles sont leurs préférences,
10:26quels sont leurs likes,
10:27parce qu'il n'y a pas
10:28d'anonymat avec ça.
10:29Donc,
10:29quels sont leurs likes,
10:30quelles sont leurs préférences,
10:31quels sont leurs partages
10:32et au terme de tout cela,
10:34vous créez
10:35les conditions
10:36d'un contrôle social
10:38inédit
10:39dans nos sociétés
10:39parce qu'encore une fois,
10:40je le redis,
10:41on prétend simplement
10:42protéger les enfants
10:43des réseaux sociaux.
10:45Dans les faits,
10:45tous les adultes
10:46devront s'afficher
10:47et être affichés
10:48et ne doutez pas
10:48que le pouvoir aime
10:49lorsque nous sommes affichés.
10:52Ce projet d'interdiction
10:53des réseaux sociaux
10:54ne concerne pas
10:54que la France,
10:55mais aussi le Canada,
10:56l'Australie,
10:56le Royaume-Uni,
10:57la Grèce,
10:58que comprendre?
10:59Alors,
10:59c'est un hasard probablement,
11:01c'est le hasard,
11:02ou alors c'est peut-être
11:02pas un hasard.
11:03Il y a peut-être
11:04une technostructure
11:05mondialisée aujourd'hui,
11:06il y a peut-être
11:07une instance,
11:08pas une instance,
11:08la formule serait inexacte,
11:09mais des instances
11:10de gouvernance globale
11:11qui font en sorte
11:12que nos pays
11:12sont de moins en moins
11:13souverains,
11:14qu'il y a une forme
11:15d'international progressiste
11:17qui fait en sorte
11:18que ce que l'on veut
11:19ou d'une internationale
11:19du bloc central aussi.
11:21Donc,
11:21ce qu'on veut interdire ici,
11:22immédiatement,
11:22on veut l'interdire
11:23partout en même temps,
11:24comme si nos pays
11:25n'étaient plus
11:26des pays souverains,
11:27mais des provinces
11:28d'un empire progressiste
11:29qui télécommande
11:30partout ces mêmes exigences.
11:32Comme si finalement,
11:33nos pays,
11:34je ne dis pas que c'est
11:34un je ne sais quel complot
11:35encore une fois,
11:36je dis qu'il y a un effet
11:37de mode idéologique
11:38qui va au-delà de la mode.
11:39Il y a manifestement
11:40des moments
11:41de vagues normatives
11:42et aujourd'hui,
11:44le pays qui ne voudrait pas
11:45interdire les réseaux sociaux
11:46aux plus jeunes,
11:48serait un pays
11:48qui serait vu
11:48comme retardataire,
11:50un pays en retard,
11:51un pays incapable
11:52de lutter contre
11:52les dangers
11:53qu'il représente
11:54pour l'enfance.
11:55Alors,
11:55voyant cela,
11:56je me dis que
11:56les instances
11:57de la gouvernance globale,
11:58ça s'appelle Davos,
12:00l'Union européenne,
12:01les différents lieux
12:02de rencontre,
12:03le G7 en ce moment,
12:04tout ça,
12:04je ne dis pas
12:04que ça se parle de l'autre,
12:05je dis que globalement,
12:06ces instances
12:07de gouvernance globale
12:08réussissent à avoir
12:09quelque chose
12:09comme un agenda partagé
12:10et le contrôle
12:11de l'accès à l'espace public
12:13dans les sociétés
12:14occidentales aujourd'hui
12:15et l'identification numérique
12:17de tous
12:17pour être capable
12:18demain peut-être
12:19de les surveiller,
12:20manifestement,
12:20cela fait partie
12:21de la logique
12:22de la technostructure globale
12:23que nous connaissons aujourd'hui.
12:24Je peux vous choquer?
12:25Bien sûr.
12:26Vous êtes complotiste?
12:27Vous voyez l'ascension partout?
12:29Alors,
12:29je ne suis pas complotiste,
12:30je ne pense pas
12:30que je ne sais quel type
12:32qui fait dance,
12:33puppet dance,
12:34comme on disait,
12:35je ne crois pas
12:35qu'il y a ces...
12:36Ça m'a touché en vie
12:37des années 90,
12:38ça m'avait amusé cette scène
12:38où je pense que dans la tête,
12:39il n'y a pas de grands méchants
12:42organisateurs de tout.
12:43Par ailleurs,
12:45face qui se sentent déstabilisés.
12:47Et vous savez,
12:47quand ils parlent de temps en temps,
12:48ils ne sont pas toujours occupés
12:49à faire semblant
12:50d'être souciux des enfants.
12:51De temps en temps,
12:52ils parlent franchement.
12:53Donc, ils nous disent
12:53ce qui nous inquiète
12:54sur les réseaux sociaux,
12:55c'est la polarisation.
12:56Ce qu'ils nomment polarisation,
12:58dans les faits,
12:59c'est simplement
12:59la rupture du consensus
13:01qu'ils imposaient
13:01de force à la société.
13:03Je vous assure,
13:03si jamais mes idées
13:04deviennent absolument dominantes
13:05dans notre société,
13:06j'accuserai ceux qui veulent
13:07s'en extraire de polarisation.
13:09Pourquoi vous voulez polariser?
13:10Rejoignez mon consensus
13:11dont je suis le seul maître.
13:12Ça, c'est quand même
13:13la logique du progressisme
13:14aujourd'hui.
13:15On parle de désinformation.
13:17Je pense qu'on a compris
13:18avec le temps
13:18que ce qu'on appelle
13:19désinformation,
13:20c'est non seulement
13:21la vraie désinformation,
13:22mais c'est toute présentation
13:23des faits
13:24qui contrevient
13:25aux récits médiatiques dominants.
13:27On parle de haine.
13:28Premièrement,
13:29le régime est parfaitement
13:30capable d'être haineux lui-même
13:31en traitant tout le monde
13:32d'extrême droite
13:32dès lors qu'on le contredit.
13:33Mais par ailleurs,
13:34sur les réseaux sociaux,
13:36ce qu'on nomme haine,
13:36c'est quelquefois
13:37la saine colère populaire
13:38qui peut s'exprimer
13:39sans être filtré
13:40par un commissaire politique
13:42du service public.
13:43Et on voit bien
13:44que le régime globalement
13:45aujourd'hui a la tentation
13:46de fermer les canaux dissidents.
13:47On voit bien
13:48qu'il a la tentation
13:49de fermer les stations de télé,
13:50de contrôler
13:51la ligne éditoriale
13:52des uns des autres.
13:53On voit bien
13:54qu'il a la tentation
13:55de certifier l'information.
13:57Les tentations sont nombreuses
13:58pour être capables aujourd'hui
13:59de bloquer l'accès
14:00à l'espace public
14:01à ceux qui ne reprennent pas
14:02le récit dominant.
14:04On pense même envoyer
14:05quelquefois
14:05les dissidents en prison aujourd'hui.
14:07On va regarder un peu
14:07sur les réseaux, justement.
14:09Si vous avez contredit
14:10le discours dominant du régime,
14:12on peut peut-être
14:12vous envoyer en prison demain.
14:14Alors, quoi qu'il en soit,
14:15je ne crois pas
14:15que les réseaux sociaux
14:16soient idylliques.
14:17Je ne le pense pas un instant.
14:18Je pense qu'ils sont
14:19à l'origine de bien des soucis.
14:20Je n'en doute pas.
14:21Mais si on cherche aujourd'hui
14:22à les interdire
14:23au moins de ces ans de guillemets,
14:24c'est parce qu'on veut
14:25faire bien autre chose, je crois.
14:26C'est un contrôle généralisé,
14:28social, d'accès
14:28à l'espace public
14:29pour filtrer les indésirables.
14:31Et je crois que les indésirables
14:32sont nombreux
14:32et se comptent par millions
14:33aujourd'hui.
14:35Oui, mais c'est vrai
14:36que ce qui donne
14:37malheureusement raison
14:38à Mathieu,
14:39c'est qu'en effet,
14:41dans les grandes instances
14:42internationales,
14:42systématiquement,
14:43quand il y a eu à parler
14:44de cette régulation
14:45des réseaux et du débat public,
14:47c'est la première ministre,
14:48par exemple, néo-zélandaise
14:49qui disait
14:50la liberté d'expression
14:51est devenue une arme
14:52et il faut lui faire la guerre.
14:54Donc, c'était extrêmement clair
14:55à ce moment-là.
14:56S'il y avait une constance
14:57dans la volonté
14:58de protéger les enfants,
14:59parce que c'est un fait,
15:00les réseaux sociaux
15:01sont un drame absolu
15:02sur les cerveaux des enfants
15:03et donc sur leur avenir.
15:05Ça, ça devrait préoccuper
15:06en effet tous les parents
15:07dans les écoles
15:08mettre les écrans
15:09le plus loin possible
15:10des enfants
15:11au moment de leur construction.
15:12Mais malheureusement,
15:13ce n'est pas ce qui est sorti
15:14en premier naturellement
15:15dans le discours
15:15de certains
15:17de nos représentants politiques.
15:20On marque une pause,
15:21on revient dans un instant
15:22avec la volonté
15:24d'implanter davantage
15:25de logements sociaux
15:26près du Louvre.
15:27On va parler aussi
15:28avec notre invité
15:29exceptionnel ce soir
15:30qui nous accorde
15:31à Face à l'Info.
15:32Sa toute première interview télé,
15:34Jacques Cardoz,
15:35pour son livre
15:36qui sort dans quelques heures
15:37Les Inquisiteurs.
15:43Retour
15:44dans Face à l'Info.
15:45Dans un instant,
15:46nous recevons
15:47en exclusivité
15:47Jacques Cardoz
15:48pour son livre
15:49Les Inquisiteurs.
15:50Ancien rédacteur en chef
15:52de compléments d'enquête,
15:53il a choisi
15:54Face à l'Info
15:55pour sa première interview télé.
15:57Marc Menon,
15:58la volonté d'implanter
16:00davantage de logements sociaux
16:02aux abords du Louvre,
16:03lieu mythique à Paris,
16:05dépasse la seule question
16:06du logement.
16:07Alors,
16:07d'un côté,
16:08pour la gauche,
16:09il s'agit
16:09que les centres-villes historiques
16:12deviennent des espaces
16:13réservés aux plus aisés,
16:15ne deviennent pas,
16:17voilà,
16:17et de préserver
16:19une certaine mixité sociale.
16:20Et pour ses opposants,
16:22la droite notamment,
16:23c'est une vision idéologique
16:24qui ignorent les réalités
16:25patrimoniales et urbaines
16:27de ces quartiers.
16:28Est-ce que selon vous,
16:30une capitale
16:31doit refléter
16:31toute la société,
16:32même dans ses lieux
16:34les plus prestigieux ?
16:35Là,
16:35on a deux idéologies
16:36qui s'opposent.
16:37C'est-à-dire que c'est
16:38un non-sens.
16:39Une ville n'a pas à voir,
16:40il peut y avoir des quartiers
16:42où plus de gens aisés habitent.
16:45Mais néanmoins,
16:46n'oublions pas que le Louvre,
16:48jusque dans les années 80,
16:49vous aviez à côté,
16:50ou pas très loin,
16:52le résiduel des Halles,
16:54et c'était tout un fourmillement
16:55du peuple,
16:56sans compter que même
16:58sous la royauté,
16:59vous aviez tout un peuple
17:00qui nichait même
17:02au sein des arcanes
17:04du Louvre.
17:05On ne peut pas avoir
17:06la multiplication
17:08des centres-villes
17:10qui deviennent
17:12des lieux mortifères,
17:14des lieux
17:14où le peuple
17:15n'existe plus.
17:17Alors,
17:17c'est là où on confond
17:18deux choses.
17:19Il y a une immigration
17:20qui se multiplie,
17:23une immigration
17:24qui forcément
17:26déborde,
17:27et on a les gens
17:29qui sont dans les rues
17:30sous des petites tentes
17:31qui posent un problème,
17:33mais d'un autre côté,
17:35on veut soudain
17:36éradiquer
17:36je ne sais trop quelle
17:37notion
17:38de classe sociale
17:40de certains lieux.
17:42Moi,
17:42je me souviens...
17:43Je vous taquine,
17:43mais les petites tentes,
17:44on peut les mettre
17:45ailleurs qu'à côté
17:46du Louvre.
17:47Mais non,
17:47mais il ne faut pas
17:47qu'il y ait de petites tentes.
17:49Il ne faut pas
17:49qu'il y ait de petites tentes.
17:50Mais non,
17:50c'est ce que je vous dis.
17:51Mais la question,
17:52c'est pourquoi
17:52dans des lieux aussi mythiques
17:53à côté du Louvre.
17:54Mais non,
17:55mais d'un côté,
17:57vous avez ces bidonvilles
17:58qui sont là,
17:59qui sont intolérables,
18:01ce n'est pas de l'humanité.
18:03Je dis que les classes populaires
18:04ne peuvent pas disparaître.
18:05Elles étaient là.
18:06Je vous taquine.
18:07Quand on était
18:08avenue Montaigne,
18:09moi,
18:09j'ai débuté RTL
18:10en 1973.
18:12Personne n'était...
18:12Vous aviez,
18:13vous aviez
18:15petite boulangerie,
18:15vous aviez le petit boucher,
18:17vous aviez le charcutier,
18:18il y avait même
18:18un même cordonnier,
18:19c'était la même chose,
18:20rue François 1er.
18:22Oui,
18:22dans ces lieux
18:23qui aujourd'hui
18:24ne voient plus.
18:25Oui,
18:25mais ce n'est pas pareil que...
18:27Comment ça ?
18:27Je vous parle
18:28de les logements sociaux.
18:30Pourquoi les logements sociaux
18:32seraient tout de suite assimilés ?
18:33C'est pour ça que je vous dis
18:34qu'on confond tout.
18:35Assimilés à l'immigration.
18:36C'est là où il faut penser
18:37à ce que disait
18:39l'info au moment des élections.
18:40Elle disait
18:40qu'il faut que les logements sociaux,
18:42quand ils existent,
18:44il faut qu'il y ait
18:44une transparence totale
18:46dans leur attribution,
18:48qu'on ne soit plus
18:49dans le bon vouloir des maires,
18:51les petits arrangements
18:51avec les bailleurs,
18:53etc., etc.,
18:53ce qui fait qu'il y a
18:54des faveurs
18:56qui sont accordées.
18:57Là,
18:57vous avez simplement
18:58un immeuble,
18:59enfin un ancien
18:59particulier,
19:01qui maintenant
19:01comptera
19:0234 logements,
19:0428 studios
19:05et 5,
19:063 pièces.
19:07Et qui va en profiter
19:09alors si on se fie
19:10à Yann Brossard,
19:12qui est sénateur...
19:13Communiste ?
19:14Communiste,
19:15qui est d'une grossiacté,
19:16d'une vulgarité terrible
19:18pour justifier
19:19que ses appartements
19:21seraient délégués
19:22à des gens
19:23appartenant
19:24au personnel
19:25de la ville.
19:26Mais ce n'est pas ça
19:27la distribution
19:28d'un monde social.
19:29Et puis un monde social,
19:31quand vous l'avez vidé
19:32de toute sa substance
19:33de petits commerces,
19:35comment vous allez avoir
19:36des gens
19:36qui bénéficieront
19:38d'un loyer
19:38pas très cher,
19:39mais où pourront-ils
19:40aller acheter
19:41leur quotidien ?
19:43Ça fait partie
19:44de ces choses
19:44complètement aberrantes.
19:45Vous vous souvenez,
19:45l'année dernière,
19:47une supérette,
19:48tous les bobos
19:49qui sont pour
19:49les logements sociaux,
19:51quand il y a eu
19:51la supérette
19:52qui devait ouvrir
19:53dans le 6e arrondissement,
19:54ils ont dit
19:55« Non, mais on ne veut pas
19:55de ces gens-là
19:56chez nous ! »
19:57Et ça me rappelle aussi
19:58ce curé de Saint-Germain-des-Prés
20:00qui, il y a 10 ans,
20:01avait fait de grandes affiches
20:03à l'intérieur
20:04de son église
20:05pour dire
20:06« Mais notre quartier
20:07est devenu
20:08un quartier mort. »
20:09Car d'un côté,
20:10vous avez l'immigration
20:11de la lèpre
20:12de la société,
20:14les pauvres
20:14qui n'ont plus rien
20:15et qui viennent là,
20:16et de l'autre,
20:17ceux qui s'achètent
20:18les bons quartiers.
20:19Ce qui fait que
20:20dans le quartier lactin,
20:22vous avez plus de 60%
20:24d'appartements,
20:25qui ont été achetés
20:26par de riches étrangers
20:28qui n'habitent jamais là.
20:29Ce qui fait que
20:30les quartiers
20:31se sont totalement vidés.
20:32Il n'y a plus de villes.
20:33Et ce phénomène,
20:34ce n'est pas qu'à Paris,
20:35c'est dans toutes
20:36les grandes cités
20:39de France.
20:40Et puis,
20:40vous avez les lieux mythiques
20:41comme l'île de Ré
20:43et compagnie
20:43où les populations locales
20:45ont disparu,
20:47les prix flambent
20:47et que fait-on
20:48du peuple ?
20:49Un peuple,
20:50il doit avoir
20:51de quoi se loger.
20:52C'est quand même
20:53l'un des grands fléaux
20:54actuels
20:55de voir
20:55le prix des loyers.
20:58Alors,
20:58je dis que
20:59les logements sociaux
21:00doivent être envisagés
21:02en tant que tels,
21:03mais c'est la manière
21:04dont on les attribue
21:05qui pose question,
21:06non pas leur existence,
21:08car sinon,
21:09il n'y a plus de ville,
21:11il n'y a plus
21:11de lieux
21:12sortant de l'ordinaire.
21:13Ce désir
21:15de rencontrer l'autre,
21:16on est simplement
21:17dans la ségrégation.
21:20au-delà de la vulgarité,
21:21de l'extrême vulgarité,
21:22je ne citerai pas la phrase
21:24de Yann Brossat
21:24qui m'a profondément choquée,
21:26je tiens à le dire,
21:26qui est quand même sénateur,
21:27je ne sais pas,
21:28il y a une question
21:28d'exemplarité,
21:29non,
21:29on ne va pas la répéter ici,
21:31mais chacun peut la trouver
21:33sur les réseaux sociaux.
21:34La phrase de Yann Brossat.
21:36Yann Brossat,
21:36voilà.
21:37Il fait allusion
21:37au pipi,
21:38etc.
21:38Oui,
21:39il fait beaucoup d'allusions.
21:41Eh bien,
21:42je crois qu'il y a
21:43beaucoup d'utopies
21:44autour de cette politique
21:46de la ville
21:46et ce qui se passe
21:47en réalité,
21:48vous savez,
21:48entre la cohabitation
21:49avec beaux quartiers,
21:51logements sociaux,
21:52c'est que ces logements sociaux
21:53sont les chambres de bonne
21:54que les bourgeois
21:56avaient jadis.
21:57Donc,
21:58ils logent
21:58qui le serveur,
21:59la bonne,
22:00la nounou
22:00et puis ça leur permet
22:02de,
22:03vous savez,
22:03ils traversent la rue
22:04comme ils descendaient
22:04l'escalier de service.
22:06Et on a toute
22:07une classe moyenne
22:08qui n'a pas accès
22:09à Paris d'ailleurs,
22:10ni aux beaux quartiers
22:11ni aux logements sociaux.
22:12Je vous renvoie
22:13au bouquin de Christophe Guilouy,
22:14la France périphérique.
22:15D'où le problème
22:17de l'attribution.
22:19Un gros problème
22:20d'attribution,
22:203 millions de personnes
22:21attendent
22:22des logements sociaux
22:24en France
22:24et vous parliez
22:25de logements sociaux
22:26liés avec l'immigration.
22:28Il n'y a pas forcément
22:29un lien,
22:30mais 19 à 20%
22:31des logements sociaux
22:32sont occupés
22:32par des ménages immigrés
22:34selon des données
22:35de 2013.
22:36Les chiffres sont
22:37en augmentation
22:38merci beaucoup
22:39Marc Menand.
22:40Gabriel,
22:40on reste avec vous
22:41avec cette déclaration
22:42d'Ousmane Sonkou,
22:44président de l'Assemblée nationale
22:45du Sénégal
22:46qui fait beaucoup parler
22:47à quelques heures
22:48du match ce soir.
22:49France-Sénégal
22:49dans le cadre
22:50de la Coupe du Monde 2026.
22:51Pour lui,
22:52quel que soit le résultat
22:53du match,
22:54l'Afrique gagnera
22:54à tous les coups.
22:55Comment expliquer
22:56cette déclaration ?
22:57Oui, en effet,
22:58c'est pile
22:58je gagne
22:59face tu perds.
23:00Il a été interrogé
23:01par RFI
23:02et France 24.
23:03Le journaliste
23:04a commencé
23:04à lui rappeler
23:05qu'en 2002,
23:06le Sénégal
23:07avait battu la France.
23:08C'était le match
23:08d'ouverture.
23:09La France était
23:10tenante du titre.
23:11Il demande son pronostic
23:12au président
23:13de l'Assemblée
23:14du Sénégal.
23:15Il dit
23:16je souhaite
23:17la victoire du Sénégal
23:18mais dans tous les cas,
23:19pour avoir une lecture
23:20politique de ce match,
23:22quel que soit
23:23le vainqueur,
23:23on le voit là,
23:25c'est l'Afrique
23:25qui aura battu l'Afrique.
23:27Il fait référence
23:28évidemment
23:29aux origines africaines
23:30de nombreux joueurs
23:31de l'équipe de France.
23:32Les joueurs finissent
23:34pour lui avant tout
23:35par leur origine
23:37et leur couleur de peau
23:38et non leur nationalité,
23:39leur citoyenneté,
23:40leur appartenance
23:40administrative à la France.
23:43Ousmane Sonko
23:44nous explique
23:44que parce qu'ils sont noirs,
23:45ils sont africains
23:46et non français.
23:47Je vous imaginez
23:48transposer un instant
23:49la déclaration
23:51dans la bouche
23:51d'un politique français.
23:53Puisqu'ils sont noirs,
23:54ils ne sont pas français.
23:56Seuls qui ne sont pas noirs
23:57sont français.
23:58Parce que ça revient à ça,
23:59nous sommes d'accord.
24:00On l'aurait évidemment
24:01immédiatement
24:02traité de raciste
24:03et la déflagration
24:04aurait été immense.
24:05Mais là,
24:06ça passe crème.
24:07Alors il faut savoir
24:08parce qu'on dit souvent
24:09que ça passe crème
24:10avec une certaine partie
24:12du monde politique.
24:13Il faut savoir
24:13qu'Ousmane Sonko
24:14est un grand ami
24:15de Jean-Luc Mélenchon
24:17qui avait fait
24:17une intervention
24:18avec lui au Sénégal
24:19en 2024
24:20quand il était
24:20Premier ministre.
24:21Et on voit
24:22ce premier point commun.
24:24Tous les deux
24:25peuvent se permettre
24:26en toute impurité
24:27des déclarations
24:28qui dans la bouche
24:28de n'importe qui d'autre
24:30seraient qualifiées
24:31de raciste
24:32et ils peuvent
24:33classer le monde
24:34et tout le monde
24:35d'ailleurs
24:35en fonction
24:36de la couleur de peau.
24:38Donc pour Ousmane Sonko,
24:39cet état de fait,
24:41cette composition
24:42de l'équipe de France
24:43doit amener
24:44les Africains
24:45à prendre conscience
24:45de leurs valeurs.
24:46Alors il oublie quand même
24:47un petit détail
24:48au passage,
24:49c'est que ces joueurs,
24:51y compris
24:51de nombreux joueurs
24:53de l'équipe sénégalaise,
24:55sont nés
24:55et ont été formés
24:57en France.
24:58ils sont encore plus nombreux
24:59si on compte
24:59ceux qui ont été formés
25:01en France.
25:01Mais à l'endroit
25:02de la France,
25:03visiblement,
25:04nulle reconnaissance.
25:06Et ce n'est pas
25:07le seul point
25:08que ce monsieur partage
25:09avec Jean-Luc Mélenchon,
25:11c'est important de le dire,
25:12parce qu'il faut voir
25:12qu'on a le même mouvement
25:13au Sénégal
25:15et en France.
25:16Tous deux sont très
25:17favorables
25:18au port du voile
25:20islamique.
25:21En juillet 2024,
25:22il était alors
25:22Premier ministre,
25:23il avait reproché
25:25aux écoles catholiques
25:27au Sénégal
25:27de refuser
25:29les fillettes
25:30qui portaient
25:31le voile islamique.
25:33Alors, je me souviens
25:33que c'était
25:33l'institution
25:34Sanzandar
25:35qui en 2019,
25:36c'est l'où,
25:36je ne fais pas
25:36première convivion,
25:37tout le monde s'en fiche,
25:37mais je le dis quand même,
25:39qui avait refusé
25:42des fillettes voilées.
25:44Et puis,
25:45finalement,
25:45il y avait une intervention
25:46du Vatican,
25:46les petites filles
25:47étaient autorisées
25:48à venir
25:49avec des tout petits foulards
25:50pour fournir
25:51par l'école.
25:51Mais ça vous montre
25:52que cet islam
25:53qui était soufi,
25:54qui était réputé
25:55très modéré
25:56au Sénégal,
25:58ça avait un pays
25:58où il y avait
25:59une coexistence
26:00entre les religions
26:02qui se passaient bien,
26:03c'était vraiment
26:03le Sénégal,
26:04disait-on.
26:05Mais pour maintenir
26:06cette coexistence,
26:07il était nécessaire
26:07que les écoles catholiques
26:09qui recevaient majoritairement
26:11du reste des musulmans
26:13établissent certaines règles.
26:14Cette règle était respectée
26:15par les familles musulmanes.
26:17Encore une fois,
26:18j'ai connu ce climat
26:19au Sénégal.
26:20Il y avait déjà
26:21des écoles coraniques
26:21très dures,
26:22avec des marabouts
26:22très dures,
26:23mais néanmoins,
26:24il n'y avait pas
26:24le climat
26:24qu'il y a actuellement.
26:26Oui,
26:26il y avait une cohabitation religieuse,
26:28le Sénégal,
26:29que l'on disait modèle
26:30de cohabitation religieuse.
26:31Est-ce que le Sénégal,
26:33aujourd'hui,
26:33serait aussi travaillé
26:34par l'islamisme,
26:35selon vous ?
26:36Oui,
26:37il se passe au Sénégal,
26:38ce qui se passe partout
26:39dans le monde,
26:41en Afrique et en Europe,
26:42en particulier en France.
26:43L'islam radical
26:45gagne du terrain.
26:46Il faut savoir
26:47que le magazine Marianne
26:48décrivait Ousmane Sonko
26:50comme très proche,
26:51je cite,
26:51de la galaxie
26:52des frères musulmans,
26:53mais aussi très populaire
26:54auprès de la jeunesse
26:55sédéganaise.
26:56Il faut comprendre
26:56que les frères musulmans
26:57sont un peu les Bismarck
26:59du monde musulman.
27:00En tout cas,
27:00c'est ce qu'ils volaient,
27:01c'est-à-dire que,
27:02vous vous souvenez,
27:02les Bismarck avaient réuni
27:03l'Allemagne morcelée.
27:07réunir des islams
27:08qui étaient finalement
27:09assez différents,
27:10traditionnels,
27:10acculturés,
27:11on le voyait en Russie,
27:12on le voyait au Sénégal,
27:13pour un seul islam
27:17pour faire l'union de l'Ouma.
27:18Ça a été facilité
27:19par les pétrodollars.
27:23Et aujourd'hui,
27:24voilà ce à quoi on arrive.
27:26On retrouve des islamistes
27:27originaires du Daguestan,
27:29de Tchétchénie,
27:30qui tuent en France
27:30pour venger la Palestine.
27:31Ça ne va peut-être
27:32même pas le placer.
27:34Et un islamiste
27:34originaire du Sénégal
27:36qui a commis
27:36un attentat aux Etats-Unis.
27:39Donc,
27:39conclusion de tout cela,
27:40ces gens-là,
27:41et c'est leur point commun
27:42avec l'extrême-gauche,
27:43cherchent à travailler
27:44les identités ethniques
27:46et religieuses
27:46des populations
27:47d'origine immigrée.
27:49Et la nouvelle France,
27:51en les unissant
27:52dans une cohésion négative
27:53contre le crétin blanc,
27:55ce qui est dans leur bouche,
27:56est presque un pléonasme.
27:58Alors,
27:58ceux-là s'autorisent
27:59à faire le tri
28:00en fonction de leur origine
28:01entre les Français.
28:02Et évidemment,
28:03je le répète,
28:04c'est un politique de droite,
28:05s'avisait de distinguer
28:06un Français
28:08en fonction
28:08des mêmes critères.
28:10Et bien,
28:11comme l'a fait Sonko,
28:12il serait évidemment
28:14immédiatement condamné.
28:15Il y a quand même
28:16eu un point de désaccord
28:17entre Jean-Luc Mélenchon
28:18et Ousmane Sonko,
28:19c'est le durcissement
28:20des sanctions
28:21contre
28:23l'homosexualité
28:23au Sénégal.
28:24Il en a reparlé
28:25là,
28:26du reste,
28:26dans l'entretien.
28:27C'est une épine
28:28dans le pied
28:29de LF1,
28:29une petite épine
28:30parce que là,
28:30il y a un peu
28:31les fils qui se touchent.
28:32C'est difficile
28:33de tenir les deux bouts
28:34de la corne.
28:34Il suffit de mettre
28:35des grosses chaussettes
28:36et on s'en accommode.
28:37Donc,
28:38au lendemain
28:39du vote
28:40par l'Assemblée nationale
28:41sénégalaise
28:42de la loi modifiant
28:43le code pénal
28:43de façon très répressive
28:44contre l'homosexualité,
28:46le leader
28:47de la France insoumise,
28:47Jean-Luc Mélenchon,
28:48il avait quand même exprimé
28:49mais très très aimablement
28:50j'étais frappée
28:50parce que d'habitude
28:51il érupte beaucoup
28:52mais là,
28:53ce n'était pas le cas.
28:54Il avait écrit
28:54être ami,
28:55c'est se parler
28:56avec respect
28:57en toute franchise
28:59et donc,
29:00je trouve que,
29:01expliquait-il,
29:01la condamnation
29:02de l'homosexualité
29:03dans une loi civile
29:04est absurde.
29:05C'était son adjectif.
29:06Alors,
29:06vous reconnaîtrez
29:07qu'on l'a connu
29:07plus vite upérant
29:09mais vous savez
29:10que la défense
29:11des droits LGBT
29:12est considérée
29:12en Afrique
29:13comme du néocolonialisme.
29:15Alors,
29:16le journaliste
29:16a interrogé
29:17Ousmane Sonko
29:18au cours du même
29:19entretien
29:20sur la loi
29:21qui a doublé
29:21les peines,
29:22des centaines
29:23d'arrestations,
29:24fouillent les téléphones,
29:24etc.
29:25Donc,
29:26sur cette répression
29:26au Sénégal
29:27des homosexuels,
29:28alors Ousmane Sonko,
29:29il n'a pas du tout
29:30été intimidé
29:31par la timide
29:32protestation
29:32de Jean-Luc Mélenchon
29:33puisqu'il a répondu
29:35le Sénégal
29:36est un pays souverain
29:37qui n'a pas
29:37à se justifier
29:38des lois
29:39qu'il prend
29:40devant personne.
29:41Alors,
29:42gageons que LFI
29:42va faire carpette
29:43parce que ce serait
29:44quand même bête
29:46de perdre des voix
29:47de la diaspora
29:48sénégalaise
29:49en France
29:50et on peut parler
29:51d'un autre sujet
29:52parfaitement contradictoire
29:53aussi
29:54qui est un peu dérangeant.
29:55C'est les droits
29:56des femmes.
29:57Là aussi,
29:57la gauche
29:58est complètement
29:59émiplégique.
30:00La polygamie
30:01revient en force
30:01et notamment
30:02revient en force
30:04au Sénégal.
30:05Elle ne rebute plus
30:06les femmes instruites
30:06à expliquer le monde.
30:07Enfin,
30:08surtout,
30:08je crois qu'elle plaît
30:08aux hommes,
30:09instruits ou pas,
30:10mais voilà.
30:12Et donc,
30:13une sénatrice évoirienne
30:14en 2022
30:15avait présenté
30:16la monogamie
30:16comme imposée
30:17et importée
30:18d'essence
30:19et de fondement
30:19judéo-chrétien
30:20copiée
30:21sur le statut
30:22matrimonial
30:22du colonisateur.
30:24Il faut savoir
30:24qu'au Sénégal,
30:25M. Ousmane Sonko,
30:27président de l'Assemblée
30:27et le président
30:28Bassirou Diomae Faille
30:31sont tous les deux
30:33polygames.
30:34Voilà.
30:34Autrefois,
30:35jusqu'à ce président,
30:36il n'y avait pas eu
30:37chrétien ou musulman
30:38de président polygame.
30:40Alors là aussi,
30:41Jean-Luc Mélenchon,
30:41il a timidement
30:42levé le doigt
30:42parce qu'il est
30:42beaucoup plus timide
30:43au Sénégal
30:44qu'en France,
30:44il faut le savoir.
30:45Alors il dit
30:45« Je sais que la France
30:46n'a pas trop de leçons
30:47à donner sur la polygamie.
30:48Qu'est-ce qu'il dit
30:49sur ce qui concerne
30:49ses pratiques présidentielles ? »
30:51Je pense qu'il pense
30:51à François Hollande,
30:52j'imagine.
30:53« Mais pour moi,
30:54pour mes compatriotes,
30:55nous ne sommes pas favorables. »
30:57Alors son con,
30:57lui,
30:57il avait dénoncé
30:59une stigmatisation
31:00d'une religion,
31:01en l'occurrence l'islam,
31:03au point d'interdire
31:04à des musulmanes
31:04de vivre comme elles l'entendent.
31:06Enfin, on va dire
31:06des musulmans
31:07de vivre comme ils l'entendent,
31:08ce sera plus juste.
31:09Et il avait rajouté
31:10« Ça ne nous empêchera pas
31:12de débarquer à Paris
31:13avec nos deux femmes. »
31:17Jean-Luc Mélenchon
31:18s'est écrasé,
31:19mais n'est-ce pas lui
31:20tout blanc, tout moche
31:21qui avait dit
31:22en mars 2025
31:24qu'il était bon
31:25et positif,
31:25vous vous souvenez de ça,
31:26de remettre les clés
31:27de la maison
31:27partout où on peut,
31:28à commencer par notre
31:29propre pays,
31:30à la jeunesse africaine,
31:31parce qu'on a un peuple
31:32de petits vieux,
31:33mais qu'il parle pour lui.
31:36Merci,
31:36Gabrielle Cluzel.
31:37Charlotte Dornela,
31:38avant de vous donner
31:39la parole sur la relaxe
31:40en termes de matière
31:41de périsse scolaire
31:42qui a beaucoup fait parler
31:43aujourd'hui,
31:44on va entendre
31:45Emmanuel Grégoire,
31:46maire de Paris,
31:48qui a un plan
31:49d'action locale
31:49à Paris contre
31:50les violences faites
31:51aux enfants.
31:51Pour lui,
31:52c'est une priorité.
31:55Ce que nous défendons ici,
31:57ce n'est pas seulement
31:58une proposition de loi,
31:59c'est un projet
32:00de civilisation.
32:02Et Paris ne se contentera
32:04pas d'être spectatrice.
32:07Paris entend porter
32:08dans le champ
32:08de ses compétences
32:09les principes
32:10de cette loi intégrale
32:11et faire de la protection
32:13des femmes et des enfants
32:14une priorité absolue.
32:16Parce qu'une ville
32:17qui protège ses enfants
32:18protège son avenir.
32:19Parce qu'une ville
32:20qui protège les femmes
32:21protège la liberté
32:22de toutes et de tous.
32:25Nous attendions la peine
32:27infligée au premier animateur
32:29jugé en mai dernier
32:30dans le scandale
32:31du périscolaire.
32:32Charlotte Dornelas
32:33vient d'être relaxé.
32:35Ça fait beaucoup parler.
32:37Comment analysez-vous
32:38cette relaxe ?
32:40Déjà, il faut le répéter
32:41à chaque fois.
32:42Je sais que je l'ai dit
32:42à chaque fois
32:43qu'on a abordé ce sujet.
32:44Mais le scandale
32:44du périscolaire,
32:45en particulier à Paris,
32:47qui est lui bien réel,
32:48dépasse évidemment
32:49le sort d'un seul homme
32:50et l'examen des faits
32:52qui lui sont reprochés,
32:53en particulier par la justice.
32:54C'est évidemment
32:55un scandale
32:55qui dépasse
32:56les cas particuliers
32:57que l'on va voir
32:58s'égréner devant les tribunaux.
33:00Cela étant dit,
33:01quels sont les faits
33:02cette fois-ci
33:02dans le cas qui nous occupe
33:03et qui mènent
33:04à la sidération
33:05qu'il y a aujourd'hui ?
33:07C'était Nicolas G,
33:0947 ans,
33:10qui a comparu
33:11pour harcèlement sexuel aggravé
33:12et agression sexuelle
33:13sur des élèves,
33:14neuf en l'occurrence
33:15d'une élève
33:16du 11e arrondissement de Paris.
33:18Les faits remontent
33:18à 2024.
33:19A l'époque,
33:20il travaille dans l'école
33:21depuis une dizaine d'années
33:22et auprès d'enfants
33:23depuis une vingtaine d'années.
33:25Et quand les élèves
33:26qui sont en CM2
33:27vont parler
33:28à leur directrice,
33:29il est immédiatement suspendu
33:31et il a comparu
33:33le mois dernier
33:34sous contrôle judiciaire.
33:35Donc CM2,
33:36c'est 9 ans, 10 ans.
33:37C'est ça, exactement.
33:38Une petite dizaine d'années.
33:40Et le parquet
33:41avait par exemple évoqué,
33:42on l'avait évoqué d'ailleurs ici,
33:43ce qui lui était reproché
33:44et ce qui était examiné,
33:46avait évoqué des surnoms
33:47tels que
33:48« Mon bébé d'amour,
33:49ma délicieuse,
33:49mon cœur »
33:50adressé donc
33:51à ces petites filles
33:52d'une dizaine d'années.
33:53Il est également question
33:54et c'est les accusations
33:55de ses élèves
33:56de câlins forcés
33:58et il leur racontait
33:59des épisodes
34:00de style
34:02« Faites entrer l'accusé »
34:02vous savez,
34:03en mettant en scène
34:03des histoires de viol
34:04ou de meurtre
34:05à des enfants de 10 ans.
34:06C'est un petit peu original
34:07comme activité.
34:10Et il se servait,
34:11il était accusé également
34:11de se servir
34:12de personnages
34:13d'adolescentes
34:13hyper sexualisées
34:15pendant des ateliers manga
34:16qu'il faisait avec elle
34:18et trois d'entre elles
34:19dénonçaient par ailleurs
34:20des attouchements
34:21sur la poitrine.
34:22C'est la raison
34:22pour laquelle
34:23il était poursuivi
34:24pour harcèlement sexuel,
34:25c'est tout ce que je viens
34:26d'énoncer,
34:26et agression sexuelle,
34:28c'était ses accusations
34:30d'attouchement
34:31sur la poitrine.
34:32Lui a toujours
34:33tout nié en bloc
34:35jusqu'à son procès
34:37reconnaissant tout juste
34:38des remarques maladroites
34:40et de simples accolades
34:41pour ce qui était
34:42des calins forcés
34:42et le huis clos
34:44avait été réclamé
34:45par les partis civils
34:46et c'est pour ça
34:47qu'on n'a pas
34:50les propos
34:51qui se sont tenus,
34:52les témoignages,
34:52ses réponses,
34:53etc.
34:53On ne les a pas
34:54puisque le huis clos
34:55avait été demandé
34:56pour protéger
34:56en l'occurrence
34:57les enfants.
34:59Ce ne sont certes
35:00pas les accusations
35:01les plus graves
35:02qui pèsent contre lui,
35:03Charlotte,
35:03dans le cadre
35:04de ce scandale
35:04mais comment expliquer
35:05quand même
35:07une relaxe
35:08devant les faits
35:08énoncés ?
35:09Tout le monde
35:09est très choqué ce soir.
35:10En effet,
35:11parce que vous avez raison,
35:12ce n'est pas
35:12les accusations
35:13les plus graves
35:14dans le cadre
35:15du scandale
35:15du périscolaire
35:16où il y a des enfants
35:17de 3 ans
35:17qui ont été violés.
35:21Exactement.
35:22Et par ailleurs,
35:23comment expliquer
35:24la relaxe ?
35:24Je vais être très honnête,
35:26c'est extrêmement difficile
35:27et la prudence
35:28est nécessaire
35:28dans la mesure
35:30où les échanges
35:30se sont faits
35:31à 8 clots.
35:32Moi,
35:33je n'ai pas
35:33les échanges
35:35des uns
35:35et des autres
35:36et nous n'avons
35:38que les faits
35:38qui sont dénoncés.
35:39là,
35:40aujourd'hui,
35:40la liste fait froid
35:41dans le dos
35:41et c'est ce qui explique
35:42évidemment très largement
35:44la sidération.
35:45Ce sont des faits
35:45qui nous mettent
35:46dans le meilleur des cas,
35:47j'ai envie de dire,
35:48particulièrement mal à l'aise,
35:49qui nous inquiètent
35:50sur ce qu'ils pourraient générer
35:52et qui sont par ailleurs répétés
35:53puisqu'il y a 9 petites filles
35:55qui les rapportent.
35:56Le problème,
35:57c'est que la justice,
35:58contrairement à nous,
36:00même collectivement
36:01et individuellement,
36:02a besoin de plus que ça
36:03pour entrer en voie
36:04de condamnation.
36:05On a beaucoup parlé
36:06la semaine dernière
36:06du problème
36:07et de l'addiction,
36:08on va dire,
36:08française au classement sans suite
36:10qui parfois se fait
36:11par manque d'actes d'enquête
36:13qui sont posés.
36:14Là,
36:14il faut bien comprendre
36:14que la relaxe,
36:15elle intervient après le jugement.
36:16Donc,
36:17les faits sont examinés,
36:18tout le monde est entendu
36:19mais en l'occurrence,
36:20le tribunal a besoin
36:21de plus que ça.
36:22Que dit le tribunal
36:23aujourd'hui ?
36:24que l'infraction
36:25n'est pas suffisamment
36:27caractérisée
36:28dans son jugement.
36:28Donc,
36:29le tribunal relève
36:30un comportement,
36:30vous l'avez dit tout à l'heure,
36:31un comportement inapproprié
36:33mais constate dans le même temps
36:35que,
36:35je cite,
36:35les éléments fournis
36:36par l'enquête
36:37n'ont pas permis
36:38de démontrer
36:38le caractère humiliant
36:39et dégradant
36:40des gestes reprochés,
36:41ce qui est nécessaire
36:42pour avoir la matérialité,
36:43la fameuse
36:45pour condamner
36:46et les magistrats
36:47jugent donc
36:47que l'agent
36:48aurait pu recevoir
36:49des rappels à l'ordre
36:50de son administration,
36:51une formation
36:52pour se comporter
36:53de manière appropriée
36:54avec les élèves
36:55mais qu'ils ne parviennent pas
36:57à déceler
36:57une infraction pénale
36:58claire
36:59et caractérisée.
37:00Et ils affirment également
37:02que le tableau clinique
37:03des enfants
37:03qui ont été examinés,
37:04vous savez,
37:04c'est obligatoire,
37:05enfin c'est obligatoire,
37:06c'est automatique
37:06dans ce genre de situation,
37:08n'est pas directement
37:09imputable à l'accusé
37:11qu'ils ne sont en tout cas
37:11pas capables de le prouver
37:12puisqu'il peut également,
37:14je les cite encore,
37:16résulter de la médiatisation
37:17de l'affaire.
37:18C'est un exemple typique
37:20et encore une fois,
37:21moi je n'ai pas accès
37:22donc je ne peux pas vous dire
37:23ce que j'en pense véritablement
37:25mais c'est un exemple typique
37:27de l'exercice
37:28d'un principe du droit
37:29qui est le doute
37:30profite à l'accusé,
37:31en d'autres termes
37:32la présomption d'innocence.
37:33Vous savez,
37:34je fais souvent remarquer
37:35qu'elle est maniée
37:36selon les cas,
37:38selon l'affinité
37:39qu'on a avec l'accusé
37:40ou avec la victime en général,
37:41la présomption d'innocence
37:42est rappelée ici ou là
37:44de manière assez aléatoire.
37:45Eh bien c'est particulièrement
37:47compliqué et pénible
37:48dans les cas de violences sexuelles,
37:50encore plus évidemment
37:51quand ça touche des enfants
37:52parce que les violences sexuelles,
37:54il faut bien comprendre
37:55qu'elles sont souvent
37:55évidemment,
37:56en fait elles sont souvent
37:57liées aux secrets,
37:59elles se font dans un isolement total,
38:00il y a assez peu de témoins
38:01par la force des choses,
38:03dans une intimité
38:04donc avec peu de,
38:06comment dire,
38:06d'éléments évidemment
38:08qui sont faits
38:09et que parler
38:10prend par ailleurs
38:11souvent dans ces cas-là
38:12du temps
38:13qui est le pire ennemi
38:14de la preuve évidemment recherchée
38:16et notamment matérielle
38:17dans les cas d'infraction sexuelle.
38:19Donc c'est insupportable à entendre,
38:21j'ai entendu en effet
38:22beaucoup de personnes
38:24et notamment issues
38:25des associations réagir,
38:26c'est le cas souvent
38:27quand on suit les procès régulièrement
38:28dans les cas d'infraction sexuelle
38:30en particulier,
38:31c'est atroce
38:32parce que la vérité judiciaire
38:33n'est pas forcément
38:34la vérité tout court
38:35et que par ailleurs
38:36l'intuition de tous
38:37peut-être que
38:38ce qui est dénoncé
38:39est réel
38:39et que la justice
38:40en raison des règles
38:41de notre droit,
38:42encore une fois,
38:43ne peut pas entrer
38:44en voie de condamnation
38:45malgré cette intuition
38:46parce qu'il lui faut
38:47plus qu'une intuition.
38:49Reste que le parquet,
38:50lui,
38:51avait requis
38:51une peine
38:52de 18 mois
38:53d'emprisonnement
38:54avec sursis.
38:55Comment le comprendre ?
38:57Ce qui était déjà,
38:58et je me souviens d'ailleurs
38:59qu'on en avait parlé,
39:00une relativisation
39:01de la gravité.
39:02Nous,
39:02quand on voit
39:02harcèlement sexuel
39:03et agression sexuelle,
39:05ce sont des infractions,
39:08vous encourrez
39:08une peine
39:09de 10 ans
39:09d'emprisonnement.
39:10Donc déjà,
39:11quand le parquet
39:11requiert 18 mois
39:12avec sursis,
39:13c'est déjà
39:14une relativisation
39:14de la gravité
39:15des faits
39:16tels que nous,
39:16on peut se les représenter
39:19en tout cas.
39:20Et là,
39:20la question qui se pose
39:21aujourd'hui,
39:22c'est est-ce que
39:22le parquet va faire appel ?
39:23Est-ce qu'il y aura
39:24appel de cette décision ?
39:26Et qu'est-ce qui sortira
39:27de cet appel ?
39:28Parce que ce qui nous
39:29déstabilise en effet,
39:31ça peut être la variation
39:32entre les peines
39:33qui sont requises,
39:34mais surtout entre les peines
39:35qui sont prononcées
39:36en jugement
39:36de première instance
39:37et en appel,
39:38où là,
39:38l'examen est exactement
39:39le même,
39:39sur les mêmes faits,
39:41avec les mêmes éléments
39:42et parfois,
39:42vous avez des décisions
39:44absolument contradictoires.
39:45Là,
39:45il y a de quoi être
39:46très clairement déstabilisé
39:47puisque même sans avoir
39:48accès au dossier,
39:49vous constatez que
39:50deux juridictions
39:51n'ont pas la même
39:52interprétation.
39:53Parce que là,
39:54aujourd'hui,
39:55ce qu'a dit le tribunal,
39:55c'est pas ça n'est pas grave
39:57ou ça n'est pas vrai,
39:58mais il ne peut pas assurer
39:59que ce soit vrai.
40:00Or,
40:01encore une fois,
40:01dans le droit français,
40:02c'est une exigence
40:03pour entrer en voie
40:04de condamnation
40:05et par ailleurs,
40:06il faut se souvenir
40:06que là,
40:07aujourd'hui,
40:08on se dit
40:08la parole de l'enfant
40:09doit être crue
40:10en toutes circonstances.
40:11On a une magistrature
40:12à qui on a dit
40:13exactement le contraire
40:14depuis 20 ans
40:14après l'affaire Outreau.
40:15Souvenez-vous,
40:16la règle,
40:17c'était surtout
40:17de remettre en question
40:18en permanence.
40:19Donc,
40:19il y a un changement.
40:20Comment ça va se traduire
40:21en effet dans la manière
40:23dont nous rendons justice ?
40:24C'est une question.
40:25La parole a été entendue
40:27aujourd'hui,
40:28mais elle a été jugée
40:30juridiquement insuffisante.
40:31Ce sont deux choses
40:32différentes évidemment
40:33qui sont insupportables
40:34pour nous.
40:35Mais notre angoisse,
40:36je pense collectivement,
40:37est ailleurs.
40:37Si on a aussi peu confiance
40:38quand on voit une décision pareille,
40:40tout ce que je viens de dire
40:41pourrait être audible
40:41si nous avions confiance.
40:44Et c'est aujourd'hui
40:45la question qui se pose,
40:46c'est est-ce qu'un autre tribunal
40:47pourrait dire autre chose ?
40:49Et c'est dans ces variations
40:50que l'on constate
40:51entre les tribunaux
40:52mais surtout géographiquement
40:53aujourd'hui en France
40:54que se niche notre angoisse
40:55et je pense une grande partie
40:57de notre défiance
40:57parce que là se pose
40:58une véritable question
41:00dans le fossé
41:01qu'il est entre des interprétations
41:02sur des mêmes faits
41:03par deux juridictions
41:04qui ont donc
41:05les mêmes exigences en droit.
41:06On n'a pas du tout
41:07envie d'entendre
41:08ce que vous venez de dire
41:09mais vous êtes terriblement juste.
41:11Merci beaucoup
41:11pour votre analyse
41:12et votre décryptage.
41:15Charlotte Dornelas.
41:16Pour la première fois,
41:17Jacques Cardoze,
41:18ancien rédacteur en chef
41:19de complément d'enquête,
41:21enquête sur les médias eux-mêmes,
41:23son livre
41:23Les Inquisiteurs
41:24décrit un système
41:25où les médias sont devenus
41:27un pouvoir
41:27sans véritable contre-pouvoir.
41:29Le pouvoir politique,
41:31économique,
41:31administratif
41:32et contrôlé,
41:33le pouvoir médiatique lui,
41:34échappe largement
41:35à l'examen.
41:36Nous recevons
41:37Jacques Cardoze
41:38dans Face à l'Info.
41:39Venez, installez-vous.
41:40Pourquoi les médias
41:41refusent-ils souvent
41:42d'appliquer eux-mêmes
41:43les exigences
41:43qu'ils imposent
41:44à tous les autres pouvoirs
41:46en exclusivité ?
41:47Merci de nous avoir accordé
41:50votre toute première
41:52interview télévisée.
41:53Bonsoir Jacques Cardoze,
41:54vous êtes notre invité.
41:55Donc je le disais,
41:55ancien rédacteur en chef
41:56de complément d'enquête,
41:57vous publiez
41:58Les Inquisiteurs
41:59qui sortent demain,
42:00un livre qui secoue
42:01déjà le monde des médias.
42:03Vous y dénoncez
42:04des angles morts,
42:05des biais idéologiques
42:06et posez une question centrale.
42:09Qui enquête
42:10aujourd'hui
42:10sur les enquêteurs ?
42:12D'abord,
42:13pourquoi ce livre,
42:14vous,
42:15ancien rédacteur en chef
42:16de complément d'enquête ?
42:17Précisément,
42:17Christine Kelly,
42:18pour tenter de répondre
42:19à toutes ces questions,
42:20je pense qu'il était nécessaire
42:22qu'on se regarde
42:23dans le miroir,
42:23qu'on s'interroge
42:24sur l'avenir
42:26de ces émissions,
42:27sur la question
42:28de savoir
42:29si elles correspondent
42:30et si elles répondent
42:31aux envies des Français
42:32aujourd'hui.
42:33Le service public,
42:33il est au service
42:34de tous les Français.
42:36Et donc pour cette raison,
42:37il était nécessaire,
42:38je pense,
42:38et même impératif,
42:40de se regarder
42:42dans le miroir
42:42et de s'interroger
42:43sur ces émissions.
42:44Alors,
42:44il faut dire que
42:45la commission d'enquête
42:46parlementaire
42:46a joué un rôle considérable
42:48parce que le travail
42:50de Charles Aloncle,
42:50pour moi,
42:51a été très courageux
42:53dans un contexte
42:54très particulier,
42:55très difficile,
42:56où il y avait
42:56beaucoup de vents contraires.
42:58et je pense qu'il a préparé
43:01l'opinion d'une certaine façon
43:02et qu'aujourd'hui,
43:03là où j'ai eu l'occasion
43:05en 2023
43:06de dire certaines choses,
43:08je pouvais éventuellement
43:09prêcher dans le désert.
43:10Aujourd'hui,
43:11je pense que l'opinion publique
43:12est parfaitement réceptive
43:13à tout ça.
43:14Et puis,
43:15enfin,
43:15la troisième raison,
43:16c'est que j'ai été témoin direct.
43:18C'est-à-dire que,
43:18par exemple,
43:19je parle de ces trois émissions,
43:21Envoyé spécial,
43:21Complément d'enquête
43:22et Cash.
43:23Il se trouve que j'ai travaillé
43:24pour deux d'entre elles,
43:25quand même.
43:26Envoyé spécial,
43:27j'ai eu la chance
43:28de débuter avec les créateurs,
43:29Paul Naon et Bernard Benjamin,
43:30puis de poursuivre l'aventure
43:32avec Guylaine Chenu
43:33et Françoise Joly
43:33pendant quatre ans.
43:35Je faisais partie de leur équipe.
43:36Et donc,
43:36j'ai vu l'évolution
43:37de ces émissions.
43:39Même chose
43:39pour Complément d'enquête,
43:41j'ai débuté
43:42dans le service
43:42de Benoît Duquen,
43:44qui a créé cette émission
43:45en 2001.
43:48Et c'est la même chose,
43:49je l'ai vue évoluer.
43:50Et lorsque l'on regarde,
43:51on va rentrer,
43:51bien sûr,
43:52dans le détail,
43:53c'est très instructif
43:54parce que je pense
43:54qu'on a perdu
43:55un certain esprit critique
43:57et qu'il y a certaines émissions
43:59qui se faisaient,
44:00qui ne se font plus,
44:00des thèmes qui sont aujourd'hui
44:01plus difficilement abordés.
44:03Vous avez donc été témoin direct,
44:06c'est ce que vous venez encore
44:07de nous expliquer,
44:08vous dénoncez des biais idéologiques,
44:12c'est-à-dire concrètement.
44:13Mais par exemple,
44:14je vais vous donner un exemple.
44:15je raconte beaucoup d'exemples
44:17dans le livre,
44:18c'est le but,
44:19pour pas qu'on puisse me dire
44:20vous me citez toujours,
44:21que l'exemple Mélenchon
44:23dont vous aviez parlé
44:24fut un temps.
44:25Par exemple,
44:27au printemps 23,
44:28il y a un fait
44:29qui m'a beaucoup étonné,
44:30une grande société de production
44:31sur la place de Paris
44:32qui a l'habitude
44:32de travailler avec
44:33envoyé spécial
44:33et complément d'enquête
44:35a proposé une enquête
44:36sur les responsabilités
44:38de l'État
44:38dans l'assassinat
44:40de Samuel Paty
44:41et cette enquête
44:42a été refusée.
44:43Les éléments
44:44qui étaient en possession
44:45de cette société de production,
44:47c'était des éléments rares.
44:49D'abord,
44:49tout le dossier d'enquête,
44:51tout le dossier d'instruction
44:52complet,
44:54des témoignages d'enfants,
44:57des témoignages de proches.
44:59Il y avait,
45:00comme on a l'habitude de dire
45:01dans ce milieu,
45:02toutes les pistes d'enquête
45:03pour faire une bonne enquête.
45:04La réponse qui a été invoquée,
45:06elle est tout aussi instructive
45:07que le refus,
45:07à mon avis.
45:08La réponse invoquée
45:09à ce moment-là,
45:09ça a été de dire
45:10non, mais on le traite déjà
45:11sous forme d'un documentaire
45:13dans Infrarouge.
45:15Infrarouge,
45:15c'est la case documentaire
45:16du dimanche soir à 23h30.
45:18C'est intéressant
45:18parce que ça signifie
45:19que lorsqu'un sujet
45:21est sensible,
45:22on préfère le déplacer
45:24dans une case documentaire.
45:25Pourquoi ?
45:25Il faut expliquer aux Français
45:26qu'une case documentaire,
45:27c'est un point de vue.
45:28C'est un point de vue d'auteur.
45:29C'est un travail très différent.
45:31Une enquête
45:32qui va rentrer dans un cadre
45:33comme celui
45:34spécial ou de complément d'enquête.
45:36Vous avez une obligation
45:37un peu comme un juge d'instruction
45:38d'instruire à charge
45:39et à décharge,
45:40d'aller au-devant de questions,
45:41d'aller voir éventuellement
45:42des responsables de l'État
45:43et puis de monter
45:43à chacune des étapes
45:45au sein de l'État.
45:46Et ce travail n'a pas été fait.
45:48Je me suis interrogé là-dessus.
45:49C'est un des exemples
45:50parmi d'autres,
45:51mais qui, à mon avis,
45:53montre quels sont aujourd'hui
45:54les freins
45:55et les biais aussi
45:58que l'on peut avoir.
45:59Encore une fois,
46:00ce qui est capital,
46:01c'est que vous avez été
46:03rédacteur en chef
46:03de complément d'enquête.
46:04Donc, vous parlez
46:05de ce que vous avez vécu
46:06et vous parlez
46:07dans votre livre
46:08qui sort demain
46:09de dérèglement médiatique.
46:11Qu'est-ce que vous entendez ?
46:12Oui, c'est ce que j'appelle
46:13le dérèglement médiatique
46:14et d'ailleurs,
46:14c'est intéressant
46:15parce que je pense,
46:16j'ai l'intime conviction
46:17que Delphine Ernot
46:18et les directeurs de l'info
46:19de 2017
46:20avaient parfaitement senti
46:22les choses
46:23et avaient,
46:24en 2017,
46:25et c'est à ce moment-là
46:25que tout commence pour moi,
46:28avaient décidé
46:29de remplacer
46:30Guylaine Chenu
46:30et Françoise Joly
46:31à la tête
46:31d'Envoyé Spécial
46:32sous des arguments
46:33qui étaient,
46:34à mon avis,
46:35des arguments,
46:35pardon pour l'expression,
46:36mais un peu bidons,
46:38d'autant que les audiences
46:39étaient au rendez-vous
46:41et qu'à ce moment-là,
46:42Envoyé Spécial
46:43correspondait à son cahier
46:44des charges
46:44qui est un peu
46:44le Paris Match
46:45de la télé
46:46et pas une émission
46:46d'investigation.
46:47Et le fait de nommer
46:48à la tête de cette émission
46:50quelqu'un qui est déjà
46:51porteur,
46:51Élise Lucet,
46:52d'une émission très forte,
46:54très marquée,
46:54très engagée,
46:57sur laquelle on reviendra
46:58peut-être un peu plus tard,
46:58mais moi,
47:00je trouve que c'était
47:00très très curieux
47:01de à la fois la nommer
47:03sur une autre émission,
47:04une autre proposition,
47:05à tel point que lorsque
47:06j'ai été à la tête
47:08de complément d'enquête
47:09pendant trois ans,
47:09les deux rédactions
47:11sont côte à côte,
47:11celle d'Envoyé Spécial
47:12et de complément d'enquête
47:12et il y a beaucoup
47:13d'échanges entre les deux.
47:14On vit quasiment ensemble.
47:16Et les retours
47:17qu'on avait sur le terrain,
47:18c'était ceux de gens
47:20qui nous disaient
47:20mais on ne sait plus
47:21très bien pour qui
47:22c'est pour Envoyé Spécial,
47:23c'est pour complément d'enquête,
47:24c'est pour qui, etc.
47:25Il y a même eu une année
47:26où Complément d'enquête
47:27faisait partie d'Envoyé Spécial.
47:28Bref, ce que je suis
47:29en train de vous dire,
47:30c'est qu'il y a une influence
47:31très importante
47:31de la part d'Élise Lucet
47:32qui est une personnalité
47:34qui est très forte
47:35et qui a réussi
47:37des choses absolument
47:38incroyables avec Cash.
47:40Par ailleurs,
47:40je fais d'autres reproches
47:43mais en tous les cas,
47:44concernant Envoyé Spécial,
47:45je pense qu'on a déréglé
47:47la boussole à ce moment-là.
47:49Delphine Arnot avait parfaitement
47:50et les patrons de l'info
47:52perçu ce risque à ce moment-là
47:53puisqu'ils avaient décidé
47:54de réduire le nombre d'émissions
47:56sur les saisons
47:57qui allaient venir.
47:57J'ai l'intime conviction
47:58qu'il n'y a pas 50 ou 80
48:01ou 100 scandales
48:01à dénoncer dans une année.
48:03Et ils ont, à ce moment-là,
48:06à ce moment-là,
48:06Élise Lucet a sorti
48:07le hashtag
48:08« Touche pas mon info ».
48:10Elle a rameuté
48:10un certain nombre d'artistes,
48:11de sportifs.
48:12Et je pense que
48:14c'est mon interprétation
48:15et je raconte dans les moindres détails
48:17les entretiens
48:17que j'ai à ce moment-là
48:18avec des patrons de l'info,
48:19directeurs de la rédaction,
48:20ce qu'on me confie.
48:21On me dit notamment
48:24ceux qui veulent faire tomber
48:25la République tous les jeudis,
48:27il va falloir que tu t'opposes
48:28un peu à eux.
48:29Mais ce n'est pas une question
48:29de censure,
48:30c'est une question de mesure.
48:32Et j'explique par ailleurs
48:33à plusieurs chapitres dans le livre,
48:36durant plusieurs chapitres,
48:37que moi-même,
48:39je me suis parfois décidé
48:41à me poser des limites.
48:43J'ai notamment un entretien
48:44avec un ministre,
48:45je ne vais pas donner
48:46les détails ce soir,
48:47mais il y a eu un moment
48:48où il est sorti de ses gonds,
48:49j'ai décidé de couper la séquence
48:51parce que je pense
48:51qu'on a aussi cette responsabilité-là.
48:53Notre responsabilité,
48:54ce n'est pas de faire du spectacle,
48:55ce n'est pas de faire de l'émotion,
48:56mais c'est d'essayer
48:57de faire de l'info.
48:58Alors, venons-en justement
48:58à la différence de traitement
49:00selon les personnalités politiques.
49:02Là aussi,
49:02il y a des révélations
49:03dans votre livre.
49:05C'est-à-dire que lorsque l'on voit
49:06ce qui s'est passé en 2024,
49:09juste avant les européennes,
49:11lorsque le fameux complément d'enquête
49:13sur Jordan Bardella
49:13est sorti fin janvier
49:15avec des élections
49:16qui étaient fixées
49:17à début juin,
49:18je suis bien placé
49:19à ce moment-là
49:20parce que,
49:20bon,
49:21je ne vais pas rentrer
49:21dans les détails,
49:21mais je raconte tout
49:22dans le livre,
49:22je suis bien placé
49:23pour savoir
49:23quelle est la jeunesse
49:24de l'enquête
49:25sur Jordan Bardella,
49:26mais surtout,
49:27ce n'est pas tant le fait
49:28de faire une enquête
49:28sur Jordan Bardella
49:29avant une élection européenne
49:30qui me pose question,
49:32c'est le fait
49:33dans le même temps
49:34d'abandonner une enquête
49:35sur Gabriel Attal
49:36et une autre
49:37sur Rachida Dati
49:38et évidemment,
49:39on est dans l'année 24,
49:41ces deux personnalités-là
49:42sont au pouvoir,
49:43il y a un Premier ministre
49:43et une ministre de la Culture.
49:45Delphine Ardott expliquera
49:46devant l'Assemblée
49:46puisqu'elle sera interrogée
49:48à ce moment-là
49:48lors d'une commission culture
49:51que les équipes
49:52n'avaient pas le temps
49:53matériel
49:54de fabriquer cette enquête.
49:55Or,
49:56lorsque j'étais
49:56à complément d'enquête,
49:57il nous est arrivé
49:58notamment,
49:59je prends le cas
49:59de Carlos Ghosn,
50:01lorsque il y a eu
50:01cette évasion
50:03rocambolesque
50:03qui est tombée
50:04je crois à Noël
50:04si je me souviens bien,
50:05on avait réussi
50:06à faire l'émission
50:07en un mois
50:07parce que lorsqu'il vous
50:08mettez 5 ou 6 équipes
50:10et que vous voulez vraiment
50:11qu'un 52 ou un 60 minutes
50:12sorte,
50:13vous pouvez le faire
50:13très rapidement.
50:14Donc à mon sens,
50:15l'argument qui a été développé
50:16par la présidente
50:17de France Télévisions
50:18ne tient pas.
50:19Non,
50:19je pense qu'à ce moment-là,
50:20il y a une forme
50:21de distorsion de concurrence,
50:23enfin je veux dire,
50:23il y a quelque chose
50:24qui ne va pas.
50:25On fait une enquête
50:27sur Jordan Bardella,
50:28moi je pense que
50:29cette enquête
50:30aurait pu attendre,
50:32de cette façon-là,
50:33vous éviter les critiques,
50:35c'est-à-dire que personne
50:35Mais vous pensez que ça a été fait
50:37vraiment parce qu'il y avait
50:38cette élection capitale
50:40de 2024 ?
50:41En tout cas, j'expose les faits,
50:42j'explique comment les choses
50:43se sont passées,
50:43comment elles se sont décidées,
50:45pourquoi il y a cette enquête,
50:46cette fameuse phrase
50:47d'un des rédacteurs en chef
50:48de complément d'enquête
50:49qui me dit
50:50celle-là,
50:50je n'ai pas le droit
50:50de la rater.
50:52Voilà,
50:52je pense que tout ça,
50:53ce n'est pas un hasard
50:55parce que je connais
50:56le logiciel de pensée
50:58des journalistes
50:58de France Télévisions
51:02leurs opinions
51:03et leur façon
51:04d'aborder l'information.
51:05Donc tout ça,
51:06moi, ça ne m'étonne pas.
51:08Logiciel de pensée
51:09des journalistes
51:10de France Télévisions,
51:12la façon de penser
51:13des journalistes
51:14de France Télévisions,
51:15on a parlé donc
51:15du traitement
51:16de personnalité politique
51:17et des thèmes confort.
51:19Vous parlez aussi
51:19dans votre livre
51:20des thèmes confort,
51:21ceux qu'ils veulent
51:23voir traités selon vous.
51:24Donc il y a des thèmes
51:25à traiter
51:26et des thèmes
51:27à ne pas traiter.
51:28Autre exemple,
51:29si vous voulez,
51:29les choses,
51:30je l'ai dit
51:30et je le redis,
51:31je l'avais dit
51:32lors de mes adieux,
51:33ça n'est pas
51:34des directives
51:34qui tombent
51:35de la direction.
51:35C'est beaucoup
51:36plus complexe que ça.
51:38Très intéressant.
51:39Il n'y a pas d'oucaze,
51:40si vous voulez.
51:41Et je veux répéter ici
51:42que ce livre
51:43est une interrogation,
51:44une ouverture au débat.
51:45Donc je m'interroge
51:46aussi sur moi-même
51:47et sur mes propres choix.
51:48Mais sur ce point-là
51:50sur lequel vous m'interrogez,
51:51j'ai en mémoire
51:52l'exemple Adama Traoré.
51:53Il est très intéressant
51:54parce que là aussi,
51:55je pense qu'il ne fallait
51:57pas céder
51:58à une forme de dictature
51:59de l'émotion.
52:00On a tous été choqués
52:01par le drame
52:02et la mort de ce jeune homme.
52:04Mais on a aussi vu
52:05à ce moment-là
52:06quelle avait été
52:07la réaction de la famille
52:08d'Adama Traoré.
52:10Il y avait des similitudes
52:11et on voulait absolument
52:12nous faire croire
52:13que c'était la même histoire
52:14que celle de Floyd
52:16aux Etats-Unis
52:17et donc d'une police raciste.
52:19Et donc chaque lundi
52:21lors de la conférence de rédaction,
52:22on m'interroge,
52:23on me questionne sur
52:24mais quand est-ce que tu vas faire
52:25l'enquête sur Adama Traoré ?
52:26Il faut y aller,
52:27il faut qu'on la fasse
52:28pour ces raisons-là.
52:29Et je temporise
52:30parce que je me sens
52:30très mal à l'aise
52:31avec cette histoire-là
52:32et que je n'ai pas
52:33les éléments qui me permettent
52:34d'apprécier ces choses-là.
52:36Et donc je m'en réjouis
52:39parce que la réalité
52:41est que si j'avais cédé,
52:43nous aurions fait,
52:44parce qu'il n'y avait pas
52:44d'autre façon
52:45de poser la question,
52:46nous aurions dit
52:47la police est-elle raciste
52:48en essayant de détailler
52:51cet événement tragique
52:53et de rentrer dans cette histoire
52:55comme on a l'habitude
52:55de dire dans notre jargon.
52:58mais vous aurez remarqué
52:59que les trois rapports
53:00sont absolument catégoriques
53:03sur la justice,
53:04c'est-à-dire que c'est un non-lieu
53:05dans les trois cas
53:08lors des trois étapes.
53:09Donc si vous voulez,
53:10heureusement,
53:10a posteriori,
53:11heureusement que je n'ai pas
53:12cédé à cette forme
53:13de dictature de l'émotion
53:15et que je pense
53:16que ces émissions-là,
53:17à un moment donné,
53:18elles doivent aussi
53:18être capables de temporiser,
53:20d'attendre,
53:21d'avoir des certitudes.
53:22Deux minutes
53:23et trois questions.
53:24Vous consacrez aussi
53:25une partie du livre
53:26à l'affaire de Sainte-Soline
53:28et au rapport
53:29à la police.
53:30Pourquoi ?
53:31C'est intéressant
53:31parce que j'ai l'impression
53:32que dans votre livre,
53:33ça confirme un peu
53:34ce que pensent
53:36les Français
53:36de complément d'enquête
53:38et du service public,
53:39sauf que là,
53:39ce sont des preuves.
53:40Oui,
53:41ce sont des preuves
53:41et encore une fois,
53:42ce que je fais
53:42à travers l'exemple
53:43que je viens de vous donner
53:44et l'exemple de Sainte-Soline,
53:46c'est que je raconte
53:47ce qui s'est passé,
53:48je raconte le traitement
53:49et je raconte les rapports.
53:52Et en l'occurrence,
53:53les rapports parlementaires
53:54sont absolument catégoriques.
53:57Les provocations
53:58ne viennent pas de la police.
53:59Les provocations viennent
54:00de ces trois groupes
54:01qui étaient en face,
54:02les soulèvements de la terre,
54:04Extinction, Rébellion
54:05et d'autres.
54:06Le reportage,
54:07attention,
54:08le reportage,
54:09il est remarquable
54:09d'un point de vue
54:10de sa fabrication.
54:11Là,
54:12ce n'est pas mon propos.
54:13Ils ont décidé,
54:14et c'est un choix,
54:15ils ont décidé
54:16de pouvoir intégrer la police
54:19et donc d'avoir une caméra,
54:21comme on dit dans le jargon,
54:22embedded,
54:23c'est-à-dire à l'intérieur
54:24de l'appareil de la police.
54:25Donc,
54:25ils suivent exactement
54:27tout ce qui se passe
54:28et il y a cette fameuse phrase
54:29très forte
54:30où un policier,
54:31je ne me souviens plus du détail,
54:32mais dit
54:33on va les charger,
54:34etc.
54:35Donc,
54:35ça donne le sentiment
54:36d'une police
54:37qui va charger
54:38ceux qui sont en face.
54:39Mais en réalité,
54:41lorsque l'on regarde
54:42l'entièreté des faits,
54:43ça n'est pas la réalité.
54:44Donc,
54:45vous avez dans votre mémoire
54:46une fabrication
54:47d'un reportage
54:48qui vous dit quelque chose
54:49et vous avez une réalité
54:50qui est tout autre.
54:52Mais qu'est-ce qu'il y a
54:53et qu'est-ce qui reste
54:53dans la tête des Français ?
54:54Je pense que c'est le reportage,
54:55ce n'est pas les rapports parlementaires.
54:56J'aurai encore énormément
54:58de questions pour ce livre
55:00Choc
55:00et cette interview exclusive
55:02que nous a accordé ce soir.
55:04Mais une dernière question,
55:05peut-être aussi Choc,
55:07est-ce que vous ne réglez pas vos comptes ?
55:08Pas du tout.
55:09Lorsque je suis rentré
55:10dans le bureau du patron de l'Info,
55:12lorsque je lui ai annoncé
55:13que je partais,
55:14personne n'était au courant.
55:15J'avais utilisé une voie,
55:18c'est la voie du départ volontaire,
55:22qui est un départ
55:24qui se règle
55:25par une société extérieure,
55:27ce qui fait que personne
55:28à l'intérieur n'est au courant.
55:29Et au moment où j'annonce
55:32à Laurent Guimier
55:34ma décision,
55:34elle me dit
55:35« Mais tu ne veux pas
55:35qu'on réfléchisse
55:36à une autre émission ? »
55:36Mon nom circulait
55:37pour éventuellement occuper
55:39d'autres fonctions
55:40au sein de la direction.
55:43Aujourd'hui,
55:44je suis épanoui
55:45dans ce que je fais.
55:46J'ai des projets de documentaire.
55:47J'ai une vie à la radio.
55:50Et donc,
55:50je ne règle aucun compte.
55:51Je pense que c'est un livre
55:52au contraire qui est nécessaire.
55:53Les Inquisiteurs,
55:55livre nécessaire
55:56qui secoue le monde
55:57des médias,
55:58d'autant plus
55:59qu'il arrive dans une actualité
56:00un peu particulière.
56:01Je ferme la parenthèse.
56:03Vous y dénoncez
56:04les angles moraux,
56:05les biais idéologiques
56:06et vous posez
56:07une question centrale
56:08qui enquête aujourd'hui
56:09réellement
56:10sur les médias.
56:11Livre à sortir,
56:12demain chez Faya.
56:13Restez avec nous
56:13pour la dernière chronique
56:15de Mathieu Bocoté.
56:15Vous parliez du traitement
56:16médiatique des personnalités politiques.
56:18Écoutez ce qui s'est passé
56:19entre deux personnalités politiques.
56:22Éric Ciotti
56:23accuse Philippe Tabarro,
56:24on ne voulait pas passer à côté
56:25quand même,
56:25parce que ça rendit long,
56:26le ministre des Transports
56:27de l'avoir menacé.
56:29Jean-Philippe Tabarro
56:31l'aurait menacé
56:31de le faire disparaître
56:33en lui envoyant,
56:34je cite,
56:34des géorgiens.
56:36Éric Ciotti demande
56:37la démission du ministre.
56:39Mathieu,
56:39faut-il y voir
56:40une vraie polémique ?
56:41Car on en parle beaucoup.
56:43Est-ce que c'est une tempête
56:44dans un verre d'eau ?
56:45Ça fait beaucoup réagir
56:46à cette technique.
56:46Alors, un peu des deux.
56:48Un peu des deux.
56:49C'est-à-dire, évidemment,
56:50dans la vie,
56:51il faut être courtois.
56:52Dès lors,
56:52quand on est en désaccord
56:53avec quelqu'un,
56:54on ne dit pas
56:55je vais te faire disparaître.
56:56Et quand on est en désaccord
56:57avec quelqu'un,
56:57on ne dit pas non plus
56:58je vais t'envoyer des géorgiens.
56:59D'ailleurs,
57:00c'est un propos discriminatoire,
57:01soit dit en passant.
57:02C'est fait.
57:03Et dans la vie,
57:04il est normal,
57:05quand on est ministre,
57:06on cherche à se comporter correctement
57:08et il est normal
57:09de dire au ministre en question
57:10« Retiens-toi,
57:11on ne menace pas de mort,
57:12même de manière imagée,
57:14quelqu'un avec qui
57:14on est en désaccord. »
57:16Donc ça,
57:16ça va de soi.
57:17De l'autre côté,
57:18quand on est Éric Ciotti,
57:19on pourrait avoir aussi
57:20un esprit
57:21de ce qu'on pourrait appeler
57:21un second degré.
57:22C'est-à-dire,
57:23il va de soi
57:24que M. Tabarro
57:25n'avait pas l'intention
57:26d'embaucher
57:26je ne sais quel géorgien
57:28pour égorger Éric Ciotti.
57:30Il va de soi
57:30qu'il n'avait pas l'intention
57:31de le faire disparaître
57:32et de l'anéantir physiquement.
57:34Il va de soi
57:34qu'Anciotti dit
57:35que c'est un propos
57:36d'une gravité institutionnelle
57:38considérable.
57:39Je l'inviterais
57:40à une certaine retenue.
57:41J'aimerais lui rappeler
57:42que dans la vie,
57:43lorsqu'on parle,
57:44le langage,
57:45quelquefois,
57:45c'est une manière
57:45de ne pas passer aux actes.
57:47Quand Éric Zemmour
57:48avait dit,
57:48je crois,
57:48avant même d'être
57:49travaillé ici,
57:50avait dit que c'est sur Molenbeek
57:51qu'il fallait jeter
57:52une bombe nucléaire,
57:53tout le monde a compris
57:54que Zemmour
57:54qu'on ne voulait pas
57:54vraiment jeter
57:55une bombe nucléaire
57:56sur Molenbeek.
57:56Quand je suis en colère
57:57après quelqu'un,
57:58je me dis,
57:58je vais lui arracher la tête.
57:59Ça m'est déjà arrivé,
58:00franchement.
58:00Je ne veux pas vraiment
58:02lui arracher la tête.
58:03Quand quelqu'un dit,
58:04il nous a niqué
58:05ou on va le niquer,
58:06on comprend très bien.
58:08On l'entend aussi souvent,
58:09si je peux me permettre.
58:10Un langage châtié.
58:11Moi, je fais quand même
58:12du tabarro.
58:13Alors, quoi qu'il en soit,
58:15quand on utilise
58:15des termes comme ça,
58:16on sait très bien
58:16qu'on ne veut pas le niquer
58:17pour vrai.
58:18Qu'est-ce que j'entends par là,
58:19c'est qu'il existe
58:20une telle chose
58:21que le langage
58:21comme lieu de...
58:23On fait passer
58:25les passions dans la colère
58:26et ensuite,
58:27on ne se tape pas
58:27sur la gueule.
58:28Parfois, c'est le premier mot
58:29avant les actes.
58:30Oui, mais franchement,
58:30je ne pense pas
58:31que Tabarro voulait éliminer
58:32Cioti.
58:33À un moment donné,
58:33il faut revenir sur Terre.
58:34Et je pense que
58:35la classe politique
58:36aurait tout avantage
58:37à ne pas surdramatiser
58:38dans les circonstances
58:39la moindre déclaration
58:40en laissant croire
58:41qu'ils sont sous menace
58:43d'assassinat.
58:44Je ne doute pas
58:44qu'Éric Ciotti
58:45comme homme politique
58:45à véritablement
58:46des gens
58:47qui veulent le liquider
58:48comme tous les hommes
58:48politiques français.
58:49On appelle ça
58:49des islamistes.
58:50On appelle ça
58:51des gens
58:51des véritables extrémistes.
58:53Quand, entre politiques,
58:54ils se menacent mutuellement
58:56de s'arracher la tête,
58:57voyons-y tout simplement
58:57un manque de vocabulaire,
58:59une mauvaise manière
58:59d'insulter,
59:00une mauvaise manière
59:01de passer sa colère,
59:02mais ne faisons pas semblant
59:03que c'est un crime
59:03d'une gravité institutionnelle
59:05considérable.
59:06Revenons sur Terre.
59:08Il n'empêche
59:08qu'au niveau politique,
59:09on en est là.
59:10Ah, ça, c'est autre chose.
59:11Ils sont tous nuls.
59:12C'est autre chose.
59:13Non, je n'ai pas dit ça
59:14quand même.
59:15Je l'ai dit, moi.
59:15On n'est pas loin.
59:16Merci beaucoup,
59:17Mathieu Bocoté.
59:18Merci infiniment,
59:18Jacques Cardoz,
59:19pour votre confiance
59:20à Face à l'Info
59:21pour cette première interview.
59:23Les Inquisiteurs
59:24qui sortent demain.
59:24Excellente suite de programme
59:26avec Pascal Proleur
59:27des Pro2.
59:28Merci à tous.
59:29À demain.
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