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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00Il est 19h sur CNews. Bonsoir à tous et ravie de vous retrouver dans Face à l'Info sur CNews.
00:05Et tout d'abord, on commence comme d'habitude avec le flash de Félicité Kindoki.
00:09Bonsoir Félicité.
00:11Bonsoir Clélie, bonsoir à tous.
00:13Au lendemain du premier tour, place maintenant aux stratégies politiques à Toulouse.
00:18Après une nuit blanche de négociations, l'insoumis François Picmal et le socialiste François Briançon
00:23ont scellé une liste d'union de gauche.
00:25L'objectif, l'emporter sur Jean-Luc Moudan qui termine son troisième mandat
00:29et arrive en tête du premier tour en totalisant 37% des suffrages.
00:33Près de 10 points d'avance sur le député LFI de Haute-Garonne, François Picmal.
00:37Au lendemain du premier tour, là encore, les stratégies se mettent en place à Lyon.
00:41La liste du maire écologiste Grégory Doucet a annoncé avoir été rejointe par la France insoumise
00:46en vue du second tour des élections municipales contre l'ancien patron de l'OL, Jean-Michel Ollas.
00:50Une décision prise en responsabilité, selon le candidat.
00:54Enfin, dans l'actualité internationale, les pays du Golfe, toujours dans le viseur de l'Iran,
00:58des explosions ont retenti dans la capitale du Qatar, à Doha.
01:02Les autorités déclarent avoir intercepté une attaque de missiles.
01:05Des affirmations reprises par le ministère de la Défense qatariste sur le réseau social X.
01:10Merci beaucoup. Félicité.
01:12Et sachez que d'après les informations du service politique de CNews,
01:15la fusion est actée entre Rachid Haddati et Pierre-Yves Bournazel.
01:19Donc à la suite de ce premier tour des municipales, on aura l'occasion d'en parler.
01:23Puisqu'au sommaire, ce soir, face à l'info, est largement consacrée aux municipales
01:29et aux leçons, bien sûr, que l'on peut en tirer.
01:31Avec vous, Mathieu Bocoté, nous analyserons le vote LFI après la percée hier du mouvement mélenchoniste.
01:37Une partie de la gauche appelle à un réflexe antifasciste.
01:40Et selon vous, c'est bien ça le problème.
01:43Gabrielle Cluzel, bonsoir.
01:44Vous souhaitez revenir sur les paroles du candidat à la France Insoumise
01:47qui a remporté la ville de Saint-Denis hier.
01:49Vous y voyez une belle illustration de la stratégie du parti.
01:53Marc, bonsoir.
01:54Bonsoir.
01:54Les insolites et les choses étonnantes de ce scrutin et de ce dimanche,
01:58il y a d'autres choses à retenir que les batailles politiques.
02:01C'est avec vous, Charlotte Dornelas, que nous parlerons de ces batailles politiques.
02:05L'heure est aux tractations.
02:07On verra ce qu'il faut retenir de ces discussions et ce qu'elles révèlent, bien sûr.
02:11Enfin, Mathieu, on regardera avec vous l'autre France.
02:14Celle qui est loin des métropoles, là où le Rassemblement national
02:17semble avoir réussi son implantation.
02:19Nous verrons ce qu'il en est.
02:21Face à l'info, c'est parti.
02:22Une heure ensemble avec nos chroniqueurs.
02:25Soyez les bienvenus sur CNews.
02:39Mathieu, on commence ensemble.
02:40Ils sont nombreux depuis hier soir à confesser leurs sentiments mitigés devant le résultat des municipales.
02:46Qu'est-ce qu'il faut comprendre ?
02:47Une chose est certaine.
02:48LFI fait une percée significative.
02:51Et la gauche, plus largement, à l'horizon du second tour, en appelle donc à un front antifasciste.
02:57Alors, je crois que la première donnée à retenir pour comprendre ces élections municipales,
03:01c'est qu'il ne faut pas d'abord traiter la politique sous l'angle des idées,
03:04encore moins des programmes, mais de la sociologie et de la démographie.
03:09C'est-à-dire qu'il ne faut pas imaginer l'électeur comme quelqu'un qui se présente
03:13et cherche parmi les programmes quelles sont les propositions qui lui semblent optimales
03:17pour la ville, la cité, qu'en sèche.
03:19Il faut voir ça comme des catégories électorales.
03:21Il faut s'intéresser aux déterminants électoraux qui poussent les uns, les autres,
03:25à voter à gauche, au centre, à droite ou ailleurs.
03:27Alors, point de départ, ce que l'on voit, c'est que la gauche est parvenue à conserver
03:32ces grandes forteresses.
03:33Donc, les grandes villes, elle les conserve ou elle les conservera.
03:36De Paris à Lyon, donc partout où la droite croyait pouvoir peut-être l'emporter,
03:42il s'agissait, tout peut toujours surprendre,
03:45mais il s'agissait globalement d'une espérance qui n'était pas à la hauteur du réel.
03:48Pourquoi? Parce que la gauche, en contrôlant ces villes depuis longtemps,
03:53a été capable d'en modifier durablement la sociologie, la population,
03:58pour faire en sorte de se créer un bloc électoral toujours plus vaste,
04:02toujours plus étendu.
04:04Donc, un bloc électoral essentiellement fait par la question des HLM, par exemple,
04:09étendre sans cesse le logement social pour étendre la base électorale socialiste
04:12ou progressiste ou communiste qui l'accompagne.
04:15Une population essentiellement faite aussi dans les grandes villes.
04:18On le voit souvent, d'étudiants qui sont dans la situation suivante,
04:21des surdiplômés mal insérés économiquement
04:23et qui compensent souvent leur absence d'insertion économique
04:27par une radicalité idéologique qui leur donne un sentiment de rachat,
04:30de supériorité compensatoire.
04:32Il y a aussi, bien évidemment, à travers cela,
04:35les populations qui sont aujourd'hui, on pourrait dire, détraditionnalisées,
04:38de plus en plus.
04:39Les villes sont lieux d'atomisation, d'individualisme extrême.
04:42Les familles ont été sinon chassées, à tout le moins,
04:45ont quitté souvent les villes parce que la sécurité n'était plus au rendez-vous.
04:48Donc, vous avez, dans les villes, dans les grandes villes aujourd'hui,
04:51ce sont partout en Occident, soit dit en passant.
04:53Il n'y a pas d'originalité française là-dedans.
04:55Ce sont des laboratoires et des forteresses pour les différentes gauches.
04:59D'ailleurs, quand Emmanuel Grégoire, qui a un très bon score à Paris, convenons-en,
05:03annonce qu'il veut encore plus de HLM à Paris,
05:06il faut traduire, je veux encore plus d'électeurs qui me seront définitivement acquis.
05:11Ensuite, dans le cas de LFI, on passe de la sociologie à la démographie.
05:15Donc, il faut comprendre, le vote de LFI est directement corrélé à l'ampleur des changements démographiques,
05:21comme on dit pudiquement aujourd'hui,
05:23l'ampleur des changements démographiques dans les différentes villes où LFI cherche à percer.
05:28Donc, on le voit, par exemple, à Roubaix,
05:31où David Guéraud, normalement, va emporter le deuxième tour sans la moindre hésitation,
05:35on dit, est-ce que la formule est la bonne ?
05:37Évidemment, il y a des points d'interrogation, que c'est une ville très islamisée.
05:40Donc, une ville très islamisée, avec un changement démographique majeur,
05:43se reconnaît naturellement dans LFI.
05:46Mais le véritable moment hier, le moment fort, et Gabriel y reviendra, je crois,
05:50c'est à Saint-Denis, où le LFI, avec le candidat, j'espère ne pas massacrer son nom,
05:55vous me pardonnerez, Bali Bagayoko, élu dès le premier tour.
05:59Donc, élu dès le premier tour, certains vont dire, autour d'une coalition
06:03qui incarnait la nouvelle stratégie LFI, c'est-à-dire une stratégie non plus seulement islamo-gauchiste,
06:07mais racialiste, au sens de la mobilisation active des électeurs selon la couleur de peau.
06:12La mobilisation active des électeurs à partir presque d'une incitation ethno-culturelle dans le vote.
06:18Eh bien, certains disent que Saint-Denis est la nouvelle capitale.
06:20En fait, c'est la capitale de la Nouvelle-France, en quelque sorte.
06:23Et il y a cette formule que je trouve de Bagayoko qui me semble intéressante.
06:28Il dit, nous ne serons jamais du côté de ceux qui veulent gentrifier une population
06:33et faire en sorte que nos populations historiques quittent le territoire.
06:38Donc, vous voyez que le concept de peuple historique,
06:40qui sert normalement à définir les peuples historiques européens,
06:43le concept historique est récupéré ici par LFI, pour dire le peuple historique de Saint-Denis,
06:48c'est le peuple issu de ce que certains appellent de manière peut-être audacieuse
06:51de la contre-colonisation aujourd'hui, dans le grand basculé,
06:54les flux migratoires qui constituent des sociétés parallèles dans nos sociétés.
06:58Et Saint-Denis en serait le résultat politique.
07:01On peut penser aussi, donc, qu'il y a des villes qui sont conquises par LFI.
07:04À la hauteur de l'histoire, on pourrait dire plus largement peut-être conquises
07:07par ce mouvement contre-colonial.
07:09De la même manière, on peut voir qu'il y a des villes qui sont assiégées,
07:13assiégées par LFI.
07:14Et la percée de LFI dans les grandes villes, avec notamment Mme Chiquiou à Paris,
07:18qui n'a pas vraiment fait campagne, que l'on est plutôt absente, convenons-en,
07:22eh bien, partout dans les grandes villes, LFI réussit son implantation.
07:26Donc ça, on pourrait dire que ce sont à l'échelle...
07:29Pour peu qu'on reprenne mon concept de contre-colonisation repris par certains,
07:32mais contesté par d'autres, évidemment, on pourrait dire que ce sont des villes
07:35non pas conquises, mais assiégées.
07:36Ce sont des villes assiégées à l'échelle de l'histoire.
07:38Donc, une ville après l'autre, les villes tombent.
07:40D'autres villes sont assiégées à l'échelle de l'histoire.
07:43Ce que l'on voit dans cette élection, je pense que c'est la première fois
07:45qu'on voit dans quelle ampleur le vote communautariste,
07:48comme on dit pudiquement aussi, à quel point le vote communautariste
07:51structure désormais la vie politique française.
07:54Je l'ai dit, on peut le faire presque un portrait à l'échelle occidentale.
07:56À l'échelle occidentale, regardez ce qui se passe à New York en ce moment.
07:59Donc, je pense que c'est la donnée centrale de cette élection,
08:02le déterminant démographique et sociologique plus important que tout.
08:05Mathieu Bocoté, si on revient sur LFI quand même un instant,
08:08la diabolisation n'a pas du tout eu l'effet, est-ce qu'on est ?
08:11Surprise !
08:13On a eu l'occasion d'en parler assez souvent ici.
08:16Je me suis, comme tant d'autres, occupé à dire que ça ne fonctionnerait pas
08:19pour différentes raisons.
08:21Olivier Faure, hier, dans un grand moment de courage,
08:23nous dit qu'il n'y aura pas d'accords nationaux avec LFI.
08:27Autrement dit, tous les accords locaux sont autorisés,
08:29sont bons, sont permis, il n'y a pas de souci.
08:31Mais les accords nationaux, on gardera ça pour 2027, en comprenons.
08:34Donc, ce qui est intéressant avec cela, c'est une grande découverte.
08:37La gauche parvient toujours à s'unir.
08:40Au plus grand scandale de la droite, qui dit « mais c'est scandaleux, la gauche s'unit.
08:44Pourtant, nous, regardez, on refuse de s'unir de notre côté.
08:46Pourquoi vous ne faites pas de la même manière ? »
08:48Et il se peut que tous ne voient pas la politique de la même manière.
08:50Il y en a plusieurs, en fait, qui espéraient avec LFI,
08:53ce que vous avez appelé la diabolisation,
08:55plusieurs espéraient que finalement LFI prenne le rôle du RN ou même du FN d'autrefois.
09:00Donc, avec cette idée qu'on va leur passer finalement le bonnet d'âne du diabolisé.
09:04Ce ne sera plus nous.
09:05On l'entendait au RN dans ce discours-là, quand on parle un peu aux gens du RN.
09:08Ils espéraient finalement que ce ne seraient plus eux les méchants.
09:11Ce seraient eux les méchants.
09:12Ce seraient désormais LFI les méchants.
09:15Ce qu'on, je note quand même, certains disaient même au sein du RN et de la droite classique,
09:19certains disaient désormais, Jean-Luc Mélenchon, JLM, a pris le relais de JMLP, Jean-Marie Le Pen.
09:25Donc là, et réduisant par ailleurs Jean-Marie Le Pen à la caricature que certains en faisaient,
09:30caricature à laquelle il contribuait lui-même évidemment.
09:32Mais donc, on est à la recherche d'un méchant, d'un méchant.
09:35Sauf que ça ne fonctionne pas.
09:37Pour quelles raisons?
09:38Notamment sur l'argument de l'antisémitisme.
09:40Je note que la critique de Mélenchon depuis, finalement, à tout le moins depuis le 7 octobre,
09:45est centrée principalement, sinon exclusivement, sur la question de l'antisémitisme.
09:49Je note premièrement que cette critique, aussi légitime et fondée soit-elle évidemment,
09:54elle n'est pas efficace.
09:55Premier élément, pour un électorat sympathique, communautariste, dit-on je crois, à LFI,
10:01l'antisémitisme n'est pas du tout un repoussoir.
10:03C'est presque une incitation.
10:05Pour certains, pas tous évidemment, le référent antisémite est un excitant électoral.
10:10Donc il faut le noter.
10:12Je constate la chose.
10:13Deuxième élément, pour ce qu'on appelle la gauche républicaine,
10:16qui fait semblant de s'émouvoir de l'antisémitisme prêté, à tort ou à raison, à LFI,
10:21ce que l'on constate, c'est qu'elle traite l'antisémitisme de LFI,
10:26que l'on lui prête, t'auras raison, comme un point de détail.
10:29C'est-à-dire que c'est très important entre les élections,
10:32mais quand on arrive aux élections, on peut toujours laisser ça de côté
10:34pour se rassembler au nom de la grande mystique antifasciste.
10:38Parce que quel est le seul antisémitisme qui est vraiment important?
10:41C'est celui prêté dans les circonstances, on l'a vu, à Sarah Knafo.
10:45Alors Sarah Knafo, là, vous noterez, elle croyait, c'était son espoir,
10:50se dérober à la diabolisation qui avait frappé le candidat reconquête à la présidentielle, Zemmour.
10:55Or, qu'est-ce qu'on constate?
10:56Elle est frappée par la diabolisation parce qu'elle siège dans le même groupe
10:59que l'AFD en Allemagne, au Parlement européen.
11:02On dit, en fait, il y a une forme de sympathie presque pro-nazi chez Sarah Knafo.
11:08Donc Sarah Knafo doit donc être présentée dans cette campagne,
11:10et la gauche le fait, puis pas que la gauche radicale.
11:12Quand je note, des philosophes de la gauche, dites républicaines et mainstream,
11:15disent la même chose, Sarah Knafo serait donc la candidate juive-sioniste-nazie.
11:20Vous me direz que c'est un cocktail étonnant,
11:22mais quoi qu'il en soit, on lui fait le mauvais sort.
11:25De la même manière, vous avez entendu, avec la grande subtilité qu'on lui collait,
11:28Nathalie Saint-Cricq, hier, assimilé Éric Ciotti à Benito,
11:34comme dans Benito-Moussolini.
11:35Ah là, le vrai danger était là, le fascisme était parmi nous,
11:38Benito-Moussolini alias Ciotti ou l'inverse.
11:40Là, on ressortait de la matrice antifasciste,
11:42mais même au cœur du service public.
11:46Donc vous voyez, la matrice antifasciste fonctionne encore.
11:49Et LFI, par ailleurs, sur ces questions, ne s'excuse jamais.
11:52C'est un principe dommage chez LFI, on ne s'excuse jamais,
11:54on attaque, on attaque, on attaque, et ça finit par fonctionner.
11:57Par ailleurs, je note que si on voulait reprocher des choses à LFI,
11:59on n'est pas obligé de le faire.
12:00On pourrait se déplacer, pas déplacer, ajouter à la critique,
12:04leur rappeler que c'est aujourd'hui, disons, la fonction presque du Parti communiste,
12:07que c'est un parti potentiellement totalitaire, héritier de la terreur,
12:11un parti absolument collectiviste, un parti absolument hostile au droit de propriété,
12:14un parti absolument étatiste, un parti qui pratique la logique décoloniale
12:17sur le mode de la conquête et du grand remplacement revendiqué par Jean-Luc Mélenchon.
12:22On pourrait faire tout ça, mais on a un peu laissé ses arguments de côté.
12:25Quoi qu'il en soit, les alliances auront lieu.
12:26Les alliances qui ne devaient jamais avoir lieu auront lieu.
12:29Donc, elles auront lieu à Lyon, évidemment.
12:32Elles auront lieu aussi, j'ai noté, à Avignon, aussi bien évidemment.
12:37Et dans d'autres villes, et chaque fois, l'argument...
12:40Madame Tondelier, d'ailleurs, je pense qu'on va voir le tweet à l'écran.
12:42Madame Tondelier, à dire, regardez comme c'est politique.
12:45Pas l'alliance, hein.
12:46Si les partis font les bons choix,
12:48Lorient, Villepin et Bagnolet, bascule écologiste.
12:50Limoges et Toulouse, bascule insoumis.
12:52Ah, ça s'est permis, donc c'est une bonne nouvelle.
12:54Amiens et Saint-Etienne-Aubervilliers, socialiste.
12:56Nîmes bascule communiste.
12:57C'est le plus beau rassemblement des beaux termes
12:59et des belles références politiques.
13:01Quoi qu'il en soit, les alliances interdites auront lieu, évidemment.
13:04L'alliance avec LFI aura lieu, bien évidemment.
13:07Et qui est surpris, à part les cocus contents de la droite dite républicaine ?
13:10Personne.
13:11Mais Mathieu, la droite elle-même n'a-t-elle pas le même réflexe, finalement ?
13:15Qu'est-ce qu'on comprend de ces résultats ?
13:17Ah, mais elle est formidable.
13:18La droite, elle-même, depuis hier,
13:20nous rappelle à quel point elle est soumise idéologiquement et mentalement à la gauche.
13:23Donc, par exemple, quand Mme Dati,
13:25qui est une femme de qualité,
13:27mais décide de reconduire l'interdit contre Sarah Knafo
13:30pour s'allier avec Bournazel,
13:33qui est celui que j'ai surnommé,
13:35mais affectueusement, le candidat ectoplasmique.
13:37Donc, elle décide de...
13:39C'est affectueux.
13:39Bien sûr.
13:40C'est une certaine manière de complimenter dans la vie.
13:42Donc, elle décide de s'allier avec lui et contre Knafo,
13:45qui est présenté comme l'extrême droite et ainsi de suite.
13:47Ensuite, qu'est-ce que ça veut dire ?
13:49Ça veut dire que c'est la diabolisation.
13:50C'est la diabolisation qui est reconduite.
13:52Quand M. Louis Sarkozy, qui est un homme de qualité, encore une fois,
13:55et personne ne dira le contraire, nous dit
13:56« Je serai, moi, l'instrument de l'alliance contre le RN. »
13:59Il reconduit l'idée que le RN serait le grand diable de la République.
14:02Quand M. Estrosis marque, il est d'accord, finalement,
14:05si on a bien vu, avec Mme Saint-Cricq,
14:07qui décide de fasciser sur le mode de Benito Mussolini,
14:09Eric Ciotti, dans un message,
14:11si j'ai bien compris, j'espère ne pas me tromper,
14:12je ne pense pas que c'est une fake news,
14:14eh bien, ils reconduisent l'alliance antifasciste.
14:17Donc, on reconduit dans le rôle de l'infréquentable absolu, le RN.
14:20Et à travers cela, trois dernières réflexions pour terminer.
14:22Les grandes villes sont des lieux de pouvoir,
14:24et les grands lieux de pouvoir appartiennent à la gauche aujourd'hui.
14:27Ils sont de gauche, ils le sont durablement,
14:29parce que la sociologie a changé.
14:30Et si la droite nationale l'emportait en 2027,
14:32puisque tout, ça reste à voir,
14:34parce qu'un élément de cette élection aussi,
14:36c'est qu'on voit qu'LFI a été capable de mobiliser
14:38un électorat nouveau communautariste qui pèsera en 2027,
14:41mais même si la droite nationale l'emportait en 2027,
14:44elle serait bien et puissante devant ces forteresses
14:45qui les traîtraient à la manière d'un pouvoir étranger.
14:48Merci beaucoup, Mathieu.
14:49Et on se retrouve évidemment de tout à l'heure
14:52pour votre deuxième édito.
14:53Gabriel Cluzel, on va continuer de parler forcément
14:55des municipales et de LFI en particulier,
14:58puisque LFI n'a décroché dès le premier tour
15:00qu'un seul maire, mais symbolique,
15:02celui de Saint-Denis, on en parlait.
15:04Les déclarations de celui-ci hier soir
15:06ont fait polémique.
15:07En quoi est-ce que ces paroles prononcées
15:10dans l'écran de la Nécropole royale,
15:12s'inscrivent-elles parfaitement
15:14finalement dans la stratégie de la France insoumise ?
15:17Alors peut-être en préambule,
15:19puisque c'est le seul maire élu au premier tour,
15:22on parle beaucoup d'un supposé succès incroyable
15:26de la France insoumise.
15:26En réalité, ce n'est pas un succès,
15:28LFI recule même dans nombre d'endroits.
15:31Ce n'en est qu'un calonne de l'espèce de,
15:33ce qu'on pourrait appeler prophétie autoréalisatrice
15:36des commentateurs qui disaient,
15:38avec tout ce qui s'est dit d'absolument atroce
15:41par Jean-Luc Mélenchon et ses comparses,
15:43eh bien l'électorat va le lâcher.
15:46Alors non, sans que ce soit un triomphe romain,
15:48eh bien l'électorat ne l'a pas lâché,
15:50ce qui suppose qu'il adhère à ces déclarations,
15:53ou en tout cas qu'elle ne le choque pas du tout.
15:55Donc ce qui est le plus inquiétant,
15:57ce n'est pas ce succès de LFI
15:59qui en réalité n'existe pas,
16:01mais ce demi-succès appuyé par un électorat
16:08qui donc adhère.
16:09Ça, c'est vraiment quand même assez inquiétant.
16:11Donc preuve de ce succès très relatif,
16:13une seule ville, Saint-Denis,
16:15est tombée dans leur escarcelle dès le premier tour.
16:18Mais c'est une ville très symbolique.
16:21Ça pèse vraiment très lourd
16:23quand on regarde l'opposition de la Nouvelle-France
16:27à l'ancienne France, selon l'expression
16:29« chère à la France insoumise ».
16:32Alors, la Nouvelle-France, c'est un peu un oxymore,
16:34parce que la France, c'est une continuité.
16:36Donc s'il y a une Nouvelle-France
16:38et plus d'ancienne France,
16:39c'est qu'en réalité, il n'y a plus de France du tout.
16:42Cela méritait d'être précisé.
16:44Et cette allégorie est présente en filigrane
16:46dans tout le discours du nouveau maire,
16:49donc Bali Bagayoko.
16:52Alors, vous savez, on en parlait de lui,
16:54je ne sais pas si vous vous en souvenez,
16:55de façon indirecte, au cours de la campagne,
16:57parce que Sébastien de Legu est venu le soutenir,
17:00c'était en décembre 2025,
17:01et il avait déclaré au cours du meeting
17:04« Vous avez une opportunité en or
17:07qu'un racisé dirige Saint-Denis Pierrefitte. »
17:10Comme si la couleur de peau
17:11pouvait être un argument concurrentiel.
17:13On en avait parlé, on l'avait commenté ici,
17:15c'est quand même assez délirant,
17:17imaginer quelqu'un dans un meeting qui dise
17:19« Vous avez une opportunité en or
17:22qu'un blanc dirige cette ville. »
17:24Évidemment, ça paraîtrait complètement fou.
17:26Mais c'est la doctrine d'Éric Coquerel,
17:28Rima Hassan, Ali Dura.
17:29Il faut que l'élu ressemble aux électeurs.
17:32On parle souvent d'incarnation.
17:34Pour un élu, là, c'est désormais
17:35de carnation dont il s'agit.
17:37Et au passage, c'est une façon
17:39de mépriser les électeurs
17:40parce qu'on les estime incapables de raisonner
17:42autrement que par identification.
17:45Mais cette opposition entre la Nouvelle France
17:47et l'Ancienne France est récurrente.
17:49Il y a quelques jours, le nouveau maire
17:52a déclaré sur X que Jean-Luc Mélenchon
17:54était venu le défendre.
17:57Alors, ce n'est pas encore ça.
17:59Voilà, ce n'était pas la bonne image.
18:00Il viendra.
18:02Merci à Jean-Luc Mélenchon
18:04de sa venue dans la ville des rois de France
18:06morts, mais du peuple vivant.
18:09Donc, comprenez que la France
18:10des siècles passés est morte,
18:12la sienne est vivante.
18:14On en revient justement à la citation
18:16qu'on a aperçue juste avant celle-ci.
18:19C'était au micro de Darius Rochebin hier soir.
18:22Le maire Bali Bagayoko
18:24affirmait combattre ceux,
18:25et vous le lisez,
18:26qui veulent gentrifier Saint-Denis
18:28et repousser les peuples historiques
18:29hors de nos territoires.
18:32Expliquez-nous,
18:32qu'est-ce que vous comprenez,
18:33de quel peuple historique parle-t-il ?
18:36Alors, on peut déjà s'arrêter
18:37au refus de gentrifier Saint-Denis.
18:39La gentrification,
18:40c'est une forme d'embourgeoisement.
18:42C'est une façon de redorer
18:43le blason d'une ville
18:44et de la sortir de la pauvreté.
18:45Mais vous savez,
18:46la France insoumise n'a jamais voulu
18:47sortir la population de la pauvreté,
18:49car dès qu'elle est propriétaire,
18:51dès que les gens commencent
18:51à vouloir accéder à la propriété,
18:53ils ne sont plus révoltés.
18:54Ils aiment l'ordre et la sécurité
18:56pour préserver leurs biens.
18:58Ils veulent que leurs enfants réussissent.
19:00Alors forcément,
19:01ils ne votent plus la France insoumise.
19:02Donc, ça ne colle plus.
19:03La France insoumise veut garder
19:04les classes populaires
19:05dans un état de révolte
19:07et de suggestion
19:08qui permet de les tenir
19:09laisse courte, en fait,
19:11grâce aux perfusions
19:13d'aides sociales.
19:14D'ailleurs, le maire a promis
19:15de mettre en place
19:16un bouquet pouvoir d'achat.
19:17C'est Noël.
19:18C'est Noël XXL.
19:20Alors, il y a un kit
19:21de rentrée scolaire gratuit,
19:22le pass Navico gratuit
19:23pour tous à l'école du primaire
19:25à la terminale,
19:26un vélo pour tous les collégiens
19:27de 3e.
19:28C'est vraiment Noël au mois de mars
19:29en race gratis.
19:30Mais vous avez raison de le dire,
19:32le plus énorme,
19:32c'est de parler
19:33de peuple historique à Saint-Denis.
19:35Quand on parle de peuple historique,
19:37quand il parle de peuple historique,
19:39on sent bien que dans son esprit,
19:40c'est la population ouvrière
19:41qui habitait à Saint-Denis
19:44dans les années 60,
19:45qui est issue de l'immigration.
19:47Mais avant,
19:48il y avait déjà une vie populaire,
19:50mais elle était espagnole, italienne,
19:54et les champs voisinaient
19:56avec les usines
19:57et les cafés étaient bretons
19:59ou averronnés.
20:00À l'époque,
20:00la rue Jean Jaurès
20:01s'appelait encore
20:02rue du Grand Pichet.
20:03Je vous renvoie,
20:03j'ai lu un article très intéressant
20:05des années 2000 du Monde.
20:06Et puis,
20:07c'est après seulement
20:08qu'ils sont arrivés,
20:08les Algériens,
20:09les Maliens,
20:10les Marocains.
20:11Donc,
20:11si on se passe,
20:12place d'un point de vue chronologique,
20:15puisque nous nous situons
20:17peu ou prou
20:18dans les années 60,
20:19quand arrivent vraiment
20:20ces populations immigrées
20:22issus de l'Afrique,
20:24ce peuple historique
20:25dont il parle
20:26est moins historique
20:26par exemple
20:27que les Pieds-Noirs
20:27en Algérie,
20:28qui sont arrivés avant.
20:29Voilà,
20:30ils sont arrivés en France
20:31bien après les Pieds-Noirs
20:32en Algérie.
20:34Mais rappelons quand même
20:34que Saint-Denis,
20:35c'est évidemment d'abord
20:36une abbaye construite
20:37sur la tombe
20:38de l'évêque Saint-Denis.
20:39C'est un saint martyre
20:40réputé céphalophore.
20:42Je ne sais pas si vous savez
20:42ce que ça veut dire,
20:43céphalophore,
20:43c'est qu'on marche
20:44avec sa tête dans les mains.
20:47Parmenon l'a fait très bien.
20:48Voilà.
20:49Donc il avait été décapité.
20:51Enfin, il le fait très bien
20:52mais il a quand même
20:53toujours la tête là.
20:55Et donc il est réputé être.
20:56Il n'a pas voulu
20:57sacrifier sa tête
20:57pour illustrer cet article.
20:58C'est dommage.
21:00C'est le saint patron
21:01de la France et de Paris.
21:03Donc l'abbaye royale
21:04a accueilli
21:05dès la mort du roi d'Agobert
21:07en 639 et jusqu'au 19e siècle
21:09les tombes de nombre
21:09de rois et de reines de France.
21:11Donc c'est une nécropole royale
21:14reconstruite au XIIe siècle
21:15sous l'impulsion
21:16de l'abbé Suger.
21:17Vous savez,
21:17celui qui avait dit
21:18à l'an 1000
21:18la France s'est couverte
21:20d'un blanc manteau d'église
21:21et c'est devenu
21:22un des premiers chefs-d'oeuvre
21:24de l'architecture gothique.
21:26Alors après,
21:26il a été victime
21:27d'exaction
21:29pendant la Révolution
21:30et puis sous l'impulsion
21:31de Chateaubriand,
21:32Napoléon a lancé
21:33la restauration
21:34de l'édifice
21:34donc au début du XIXe.
21:36Donc le peuple historique
21:37c'est celui-ci, pardon.
21:39Et on remarque
21:40que le nouveau maire
21:40l'a tout simplement
21:41invisibilisé, effacé,
21:43rayé d'un tréplume,
21:44pousse-toi de l'ac,
21:44je m'y mette.
21:46Eh bien,
21:47on parlait de l'Algérie,
21:48ça ressemble furieusement
21:48au sort des chrétiens d'Algérie
21:50qui aujourd'hui
21:50sont complètement invisibilisés.
21:52Ils étaient là pourtant
21:53et à l'origine,
21:53Saint-Augustin,
21:54le pape vient d'ailleurs
21:55en Algérie
21:55pour aller sur ses traces.
21:57Eh bien,
21:58aujourd'hui,
21:58on n'en parle plus.
21:59Mais cette référence,
22:00Gabriel,
22:00au temps long,
22:01au siècle très très lointain,
22:03soit pour l'invisibiliser,
22:05soit pour le dénigrer
22:06en en minimisant l'influence,
22:09ce n'est pas nouveau.
22:10Est-ce que ce n'est pas même
22:11une constante chez LFI ?
22:12Oui,
22:13bien sûr,
22:13et on ne peut s'empêcher
22:14de penser à une déclaration
22:17de Laouaria Hadouch,
22:19qui est aussi une candidate LFI,
22:20qui pense avoir sérieusement
22:21ses chances
22:21au second tour à Lille.
22:23Elle anticipe même la victoire
22:25et elle déclare,
22:26elle a été très applaudie,
22:28dans une semaine,
22:29la Nouvelle-France
22:30rentre au beffroi.
22:32Vous voyez ?
22:32Mais il faut quand même
22:33penser à ces mots
22:35parce que l'ambiguïté
22:37du mot beffroi,
22:38le beffroi de la mairie de Lille
22:39est célèbre,
22:40mais un beffroi
22:41était aussi jadis
22:42un tour de guet défensif.
22:45Vous voulez l'écouter ?
22:46Oui,
22:46avec joie.
22:49Je suis prête
22:50à être maire de Lille
22:51et dans une semaine,
22:53la cantine
22:54pourra être bio
22:55et gratuite.
22:56Dans une semaine,
22:57les logements insalubres
22:59et l'impunité
23:00des bailleurs sociaux
23:01s'est terminé.
23:02Dans une semaine,
23:03Saint-Sauveur
23:04sera le deuxième
23:05grand poumon vert de Lille
23:06et dans une semaine,
23:08la Nouvelle-France
23:09rentre au beffroi.
23:11Voilà, Gabrielle.
23:13Oui,
23:13et vous voyez,
23:14cette ambiguïté de vocabulaire
23:15sur le beffroi,
23:16elle est très particulière.
23:17Nous parlions aussi
23:18tout à l'heure
23:18du roi d'Agobert.
23:19Jean-Luc Mélenchon
23:20en juin dernier
23:22disait que pendant
23:23que les Arabes
23:23inventaient les maths,
23:24le roi d'Agobert,
23:26cet idiot,
23:26cet abruti fini,
23:27mettait sa culotte
23:28à l'envers.
23:29Vraiment,
23:29mais quel pauvre type.
23:30Il y a quelques jours
23:32a bondi aussi
23:33Jean-Luc Mélenchon
23:33affirmé parlant de Notre-Dame
23:35contre toute espèce
23:36de vérité historique.
23:37Qu'est-ce qu'il disait ?
23:39Les penseurs de cette époque
23:40ont profité du savoir
23:41qu'ils avaient rapporté
23:43des musulmans
23:43et des croisades
23:44pour faire de la physique
23:45parce qu'ils n'étaient pas
23:45au courant des maths
23:46car ils n'y connaissaient rien
23:48et de la chimie
23:48car pour faire des vitraux,
23:50il faut faire de la chimie
23:51et ils n'y connaissaient rien
23:53non plus.
23:53Donc on assiste
23:54à une espèce de croisadisation,
23:56si vous me permettez,
23:57ce néologisme,
23:57du discours.
23:58Avant, on remonta
23:59à la colonisation.
24:00Là, on remonte
24:01aux croisades
24:02peut-être parce qu'on se rend compte
24:03que les racines sont
24:05profondes et anciennes
24:06et qu'il faut donc creuser
24:07très loin
24:07pour les extirper.
24:09On parle souvent
24:09d'un climat décolonial,
24:11de mouvement décolonial
24:12mais il y a un mouvement
24:13des chrétiens.
24:15Et on va flatter
24:16des populations immigrées
24:18ou en tout cas
24:19on prétend le faire
24:19en disant que la France,
24:21même très ancienne,
24:22leur doit tout.
24:24Et on se souvient enfin
24:25qu'en mars 2018,
24:27quelques 80 personnes
24:29en soutien aux migrants
24:30et sans-papiers
24:30avaient envahi la basilique
24:32soutenue par la France Insoumise
24:33pour dénoncer à l'époque
24:35le projet de loi
24:36Asile-Immigration.
24:37Donc vous voyez,
24:37cette basilique les obsède
24:39et ce lien à la France
24:40très haussienne aussi.
24:42Mais le plus cocasse,
24:44c'est que ce peuple historique
24:45qui constitue
24:46les nouveaux soutiens,
24:47si j'essaie de comprendre
24:48ce que dit le maire,
24:49ces nouveaux soutiens
24:50se sent tellement
24:50enracinés à Saint-Denis
24:52que tout ce qu'ils ont trouvé
24:53à Scandé hier,
24:54ce n'est pas
24:55nous sommes tous
24:56des enfants de Saint-Denis
24:57mais nous sommes tous
24:58des enfants de Gaza.
25:00Donc quel rapport ?
25:01Je ne sais pas.
25:02Saint-Denis marchait
25:03en portant sa tête.
25:04La ville de Saint-Denis,
25:05elle marche sur la tête.
25:06Merci beaucoup,
25:07Gabrielle Cluzel.
25:08On va marquer une courte pause.
25:11Dans un instant,
25:12votre chronique
25:13à vous aussi, Marc.
25:14Maintenant,
25:14là, vous avez retenu
25:15les insolites,
25:16les petites anecdotes,
25:17tout ce qui vous a marqué
25:18en ce dimanche.
25:18Et puis bien sûr,
25:19Charlotte Dornelas
25:19nous parlera des tractations.
25:21L'heure est aux tractations.
25:22On reste ensemble sur CNews.
25:23Il est 19h25.
25:24A tout de suite.
25:28À 19h31 sur CNews,
25:30dans Face 1,
25:30l'info qui va reprendre
25:31en quelques instants,
25:32le flash.
25:33Isabelle Piboulot,
25:34bonjour.
25:34Bonsoir,
25:35Madame Isabelle.
25:35Bonsoir, Clélie.
25:36Bonsoir à tous.
25:37Mojtabar Amenei est-il
25:39toujours en vie ?
25:40Donald Trump
25:41affirme ne pas le savoir.
25:42Le guide suprême iranien
25:44franchement nommé
25:45a été blessé
25:46dans des frappes
25:47et n'est pas apparu
25:48en public.
25:48Les spéculations
25:49sur son état de santé
25:50vont bon train.
25:52Certaines rumeurs
25:52avancent que
25:53Mojtabar Amenei
25:54seraient défigurées,
25:55souligne le président
25:56américain.
25:57Dans la course
25:58à la mairie de Paris,
25:59Pierre-Yves Bournazel
26:00annonce une fusion
26:01de listes
26:02avec Rachida Dati.
26:03Le candidat
26:04Horizon Renaissance
26:05avait posé
26:06ses conditions
26:07avant de confirmer
26:08une alliance
26:09et espérer voir
26:10la fin du règne
26:11socialiste
26:12dans la capitale.
26:12Sofia Chiquiru
26:14quant à elle
26:14se maintient
26:15au second tour
26:16Emmanuel Grégoire
26:17ayant écarté
26:18toute alliance
26:19avec la candidate
26:20insoumise.
26:21Enfin à Strasbourg,
26:23la maire écologiste
26:24sortante
26:24Jeanne Barcelian
26:25arrivée
26:26troisième hier
26:27va s'allier
26:28avec la France
26:29insoumise
26:30dimanche.
26:31L'objectif
26:31est de l'emporter
26:32face à la candidate
26:33socialiste.
26:34Catherine Trottmann
26:35est arrivée
26:36en tête du premier tour
26:37avec 25,93%
26:39des suffrages.
26:41Merci beaucoup Isabelle
26:42et à tout à l'heure.
26:43Allez, on reprend
26:43nos éditos.
26:45Marc.
26:46Oui, je suis là.
26:47Oui, c'est tombé.
26:48On continue
26:48par les municipales
26:49sous un autre angle
26:50loin des tambouilles.
26:52Quels sont les faits
26:52et anecdotes
26:53qui ont su vous séduire ?
26:55Moi, c'est la vraie vie.
26:56Oui, parce que
26:57les autres,
26:57c'est la fausse vie.
26:58On a ces agitateurs
26:59déjà agités.
27:01On a l'impression
27:02qu'ils représentent
27:03le monde.
27:04Eh bien,
27:04que nenni, mon ami.
27:05Car la véritable France,
27:08celle qui est là,
27:09qui est au quotidien,
27:10se lève,
27:11celle qui a des espoirs,
27:13celle qui ne veut pas décrocher,
27:15celle qui s'engage,
27:16eh bien,
27:17elle n'est pas avec
27:19ces grands partis
27:20qui sont de plus en plus
27:21riquiquis,
27:21parce que n'oublions pas,
27:22on a pratiquement
27:2360% d'abstention.
27:25Et dans la réalité,
27:27que s'est-il passé
27:28durant ce premier tour ?
27:30Eh bien,
27:317 communes sur 10,
27:337 sur 10,
27:34c'est énorme,
27:36ont été élus,
27:37soit 23 679 communes,
27:42dès le premier tour,
27:44et alors,
27:44magique,
27:45ils n'avaient qu'une seule liste.
27:47C'est-à-dire qu'on se retrouve
27:49et on est devant l'électeur,
27:51l'électeur n'a qu'un choix,
27:54c'est où de voter pour vous,
27:55alors d'être un gros salopard,
27:57il vous met un bulletin blanc,
27:59mais ça ne sera pas compté.
28:00Donc,
28:01à la fin,
28:02vous êtes certains
28:03de l'emporter.
28:05Néanmoins,
28:05avec la parité totale,
28:08telle qu'elle était exigée
28:09cette année,
28:10ce n'était pas si facile que ça,
28:11d'avoir des listes cohérentes
28:14et répondant
28:15à cette nouvelle exigence.
28:18Alors,
28:19nous avons donc
28:20un maire sur cinq,
28:22et ça aussi,
28:23c'est intéressant,
28:24qui sont des femmes.
28:25Un maire sur cinq.
28:27Alors là,
28:28en fouillant,
28:28j'ai découvert quoi ?
28:29Parce qu'on dit toujours,
28:30c'est vrai,
28:30les gros gaillards,
28:32et puis il y a quelques femmes,
28:33bon,
28:34Madame Trottmann,
28:35qui se représente à Strasbourg,
28:37elle avait pris un petit congé,
28:38elle se dit,
28:38tiens,
28:38dans le fond,
28:39j'ai un petit moment,
28:40je reviens à la mairie.
28:41Eh bien,
28:41les femmes qui sont mères,
28:44non,
28:45mais...
28:45Façon de parler.
28:46Voilà,
28:46c'est pour dire que
28:47les femmes sont quand même présentes,
28:4925% sont à la tête des mairies,
28:53il y en avait
28:567372
28:56à la dernière élection,
28:58eh bien,
28:59tenez-vous,
28:59dès la première élection,
29:01dès le premier tour,
29:02là,
29:02il y en a déjà
29:047510.
29:05Donc,
29:05on a 300 maires
29:07ou maires,
29:08comme vous voulez,
29:09qui ont,
29:10aujourd'hui,
29:11pignon sur commune
29:12et qui vont pouvoir
29:14diriger leur petit monde.
29:15Et alors,
29:16il y a une petite commune
29:18qui s'appelle
29:18Saint-Quintin.
29:20Et à Saint-Quintin,
29:21il y avait
29:21cinq listes
29:22et sur les cinq listes,
29:24les cinq étaient menées
29:25par des femmes.
29:26En revanche,
29:26à Saint-Brieuc,
29:27il y avait cinq listes,
29:28c'était que des gars
29:30et les femmes
29:31étaient au second rang.
29:34Alors,
29:34après,
29:35quand on regarde,
29:36ce qui est intéressant aussi,
29:37c'est de savoir
29:38que le plus jeune maire,
29:40celui qui a été élu,
29:41a 21 ans.
29:42C'est à Château-Gaillard,
29:44il s'appelle
29:45Clément Turpin-Lyonnet.
29:46Lyonnais.
29:47Et il y en a un autre
29:48qui l'avait battu,
29:50si je puis dire,
29:51à la dernière élection.
29:53Il se nomme, lui,
29:55Hugo Biolet.
29:56Il avait 18 ans,
29:57il venait juste
29:58de passer son bac
29:59et hop,
30:00il avait pris la mairie.
30:01Mais ce qui est très intéressant,
30:02là,
30:03à nouveau,
30:04il l'a emporté,
30:05mais c'était un village mort,
30:07le petit village
30:07de 20 yeux.
30:09Il n'y avait même
30:09plus un bistrot,
30:10il n'y avait plus rien,
30:11il n'y avait plus d'école.
30:12Ça faisait 25 ans
30:14que les gamins,
30:15ils étaient obligés
30:16de prendre
30:16les autobus scolaires
30:18le matin.
30:19Eh bien,
30:19ça montre, là.
30:20Vous voyez que,
30:21simplement,
30:22sur la détermination,
30:23c'est un tout petit village.
30:24Eh bien,
30:25dans ce village,
30:26il a réussi
30:27à faire réouvrir
30:29une école.
30:30Il a également
30:31ouvert un commerce.
30:33On n'y pensait
30:34même plus.
30:35On disait,
30:36bon,
30:36ben voilà,
30:36c'est une ville morte,
30:38il n'y a plus rien.
30:38Eh bien,
30:38non.
30:39À nouveau,
30:40il y a ce dynamisme
30:42qui est en train
30:43d'émerger
30:44et avec de nouvelles personnes
30:46qui,
30:46tentées par l'aventure,
30:48viennent s'installer.
30:50Puis après,
30:52il y a ceux qui,
30:53comme moi,
30:53ne veulent pas décrocher.
30:54Ils sont là,
30:55ils disent,
30:55je reviens jusqu'au bout,
30:57pas de retraite,
30:58pas de retraite.
30:59Alors,
30:59il y en a une,
31:00quand on la voit,
31:01qui plus est,
31:01vous n'avez pas l'impression
31:02du tout
31:02qu'elle a 91 ans.
31:0594,
31:06c'est Yvette Vigier.
31:08On est à Nabira.
31:10Nabira,
31:10c'est un village,
31:12elle en est à son septième mandat
31:15et elle a gagné par trois voix
31:17sur son adversaire,
31:19Gary Fraisse.
31:21C'est-à-dire qu'elle a fait
31:2250,61% des voix.
31:25Alors,
31:25j'adore,
31:26parce que c'était insipide,
31:27je ne sais pas si vous avez écouté,
31:28hier j'ai écouté
31:29Laurence,
31:30Ferrari,
31:30bon,
31:31quand vous avez
31:32tous ces gens,
31:34soi-disant,
31:35professionnels
31:35de la politique
31:37qui prennent la parole,
31:38qui sont obligés
31:40de lire
31:41des textes creux,
31:43on se dit,
31:43mais bon sang,
31:44il y a maintenant
31:45l'intelligence artificielle,
31:46faites un effort les gars,
31:47tellement il n'y a rien dedans.
31:49Et alors là,
31:50elle,
31:50elle dit,
31:50ben voilà.
31:51D'abord,
31:52au départ,
31:53j'avais dit que j'arrêtais,
31:54mais la façon dont certains
31:55m'ont critiqué,
31:56j'ai dit que ce n'était pas normal
31:58et que par conséquent,
31:59j'allais défendre mon bilan.
32:01Eh bien,
32:01elle l'a emporté,
32:03donc,
32:03deux,
32:04trois voix
32:04et après,
32:05ce qui est encore plus amusant,
32:06elle dit,
32:07mais quand vous la voyez,
32:08je vous assure,
32:09on lui donne quoi ?
32:1015 ans de moins,
32:11elle a 75 ans,
32:12physiquement.
32:13Et elle dit,
32:14je ne pense quand même pas
32:16aller jusqu'au bout,
32:17ça serait 101 ans
32:18à la fin du mandat.
32:20Non,
32:20non,
32:20non,
32:20bon,
32:20on ne sait jamais.
32:22La vie décidera
32:24et puis quoi qu'il arrive,
32:26sur la liste,
32:26il y a des gens
32:27qui sont capables
32:28de prendre ma place.
32:29Vous voyez,
32:30ça,
32:31c'est une vraie France.
32:32Ça montre qu'il y a des gens
32:33qui ne veulent pas traîner les pieds,
32:35qui sont simplement
32:36dans cette potentialité
32:40de montrer
32:41qu'un pays n'est jamais mort
32:43dès lors
32:44que l'on a l'enthousiasme
32:45pour vous porter.
32:46Alors,
32:47chez les hommes,
32:48il y en a aussi quelques-uns
32:49comme ça,
32:49qui ne sont pas tout jeunes.
32:50il y a Guy Delattre.
32:52On est à Gorges.
32:53Alors,
32:53Guy Delattre,
32:54il y a 43 habitants.
32:57Vous faites la peine,
32:58on pourrait presque voter
32:59à main levée.
33:01Alors,
33:02il a un sacré bilan,
33:03Guy Delattre.
33:04C'était son dixième mandat.
33:06Grâce à lui,
33:06alors ça,
33:07il a pour fan Gabriel,
33:09je ne sais pas si vous avez été
33:10le soutenir
33:11pour le premier tour,
33:12il a rénové l'église.
33:17C'est extraordinaire
33:18parce que
33:19combien de fois vous dites
33:20oui,
33:21ici et là ?
33:21Eh bien là,
33:22sur un homme
33:24qui décide
33:25que son village
33:26ne peut pas être
33:27dans les volets fermés,
33:29il réussit
33:30à rouvrir l'église.
33:32Après,
33:32il a enfoui
33:33les câbles,
33:34etc.
33:34Et là maintenant,
33:35dans son programme,
33:36ça ne rigole pas,
33:37on va damer
33:38les trottoirs,
33:40on ne sera plus
33:40qu'utéreux
33:41jusqu'au bout.
33:42Alors,
33:43il a 80,
33:44à 14 ans,
33:45il a un concurrent
33:46qui s'appelle
33:47Yves Bahut.
33:49Alors là,
33:49ça n'a rien à voir
33:50avec l'église,
33:51mais il habite à prier.
33:53Et c'est à prier
33:56qu'il a été élu
33:58il y a 60 habitants,
33:59ça ne rigole pas.
34:00Il est agriculteur
34:01et c'est un mandat
34:04qui n'arrête pas
34:04de se prolonger
34:06depuis 1959,
34:09depuis que le général
34:10de Gaulle
34:11s'était tissé
34:12à la tête
34:12de la République,
34:13eh bien,
34:13on a Yves Bahut
34:15qui dans son village
34:16de prier
34:17est là
34:18et il fait en sorte
34:20qu'il y ait encore
34:21un certain dynamisme.
34:22S'il passe
34:24jusqu'au bout
34:25son mandat,
34:27il battra
34:28le record
34:28d'André Cornu.
34:29André Cornu,
34:30il est de Basol,
34:31ça ne vous dit rien à Basol.
34:32Mais Basol,
34:33c'est dans la Nièvre
34:34et il a été maire
34:35pendant 72 ans.
34:37Vous vous rendez compte ?
34:38Il y a des gens
34:39qui tiennent
34:40à cette fonction.
34:41Ce ne sont pas
34:41des petits oeufs
34:42boraux,
34:43ce sont simplement
34:44des personnages
34:45qui ont ce sens,
34:48je dirais,
34:49de la communauté
34:50dans le sens
34:51le plus noble.
34:52Il y en a un autre
34:53qui est intéressant,
34:54il habite à quoi ?
34:55À 3 kilomètres
34:56de chez nous ici,
34:57c'est ici,
34:58les Moulinots.
34:59André Santini,
35:00là c'est une ville
35:01de 70 000 habitants.
35:0285 ans, André.
35:04Alors,
35:05il était à l'hôpital
35:06depuis le mois d'octobre,
35:07il a fait une campagne incroyable,
35:09c'est-à-dire qu'on ne l'a pas vu,
35:10il était à l'hôpital.
35:12Il a fait simplement
35:13un petit tract
35:14et une fois,
35:15il est apparu.
35:16Il a aujourd'hui
35:18la position
35:20en tête
35:2443,92%.
35:24Ce qui montre
35:25que là aussi,
35:27quand on est
35:27dans un certain dynamisme,
35:29eh bien,
35:30la population
35:31derrière vous
35:32est là,
35:34vous suit
35:34parce qu'on a besoin
35:36de sentir
35:37que ce n'est pas l'ego
35:39qui l'emporte.
35:40Qu'est-ce qui doit
35:41motiver un maire ?
35:43C'est ce désir,
35:44cet enthousiasme
35:45de pouvoir
35:46donc conduire
35:48sa commune
35:49vers une sorte
35:50de prospérité
35:51qu'elle ne s'éteigne pas.
35:52Et parfois,
35:53ça tourne mal,
35:53c'est la dernière nouvelle.
35:56À Viodos
35:57Alveux
35:59de Baie,
36:01c'est dans les Pyrénées,
36:02les Orientales,
36:03on a le maire,
36:05Christian Berset.
36:06Lui,
36:07il avait 61 ans.
36:08Alors,
36:09il avait succédé
36:10à un maire
36:11qui s'était suicidé.
36:13Et hier,
36:14au moment des résultats,
36:1744,5%.
36:19Il était battu
36:20par Hervé
36:22Mourousse,
36:2355,6%.
36:26il est retourné chez lui,
36:29a pris la carabine
36:30et on l'a retrouvé
36:32ce matin
36:33dans un bois,
36:35une balle
36:36dans le corps.
36:37Voilà,
36:37comme quoi,
36:38eh bien,
36:39on peut être
36:39jusqu'au bout
36:40simplement porté
36:42par ce désir
36:44de servir
36:44la société.
36:46Et il a vécu cela
36:47comme un déshonneur.
36:48Il a préféré
36:49se retirer.
36:50On termine
36:51sur une note
36:51bien triste,
36:52cher Marc,
36:53après toutes ces anecdotes.
36:55Et on va en poursuivre
36:57sans aucune transition
36:59parce que là,
36:59je n'y arriverai pas
37:00avec vous,
37:01Charlotte Dornela,
37:02la tâche est rude.
37:03Oui,
37:04je sais après.
37:06Allez,
37:06on en revient
37:07justement à la politique
37:08politicienne.
37:09Depuis hier soir,
37:10les tractations vont
37:11bon train partout
37:11dans France
37:12sur des possibles
37:13d'alliances,
37:14des refus d'alliances,
37:14des commentaires
37:15sur les comportements
37:15des uns et des autres.
37:17Qu'est-ce qu'on retient,
37:18Charlotte ?
37:18D'abord,
37:19qu'il s'agit,
37:20je fais la suite
37:20directe de la chronique
37:21de Marc,
37:22mais sans surprise
37:22évidemment d'un commentaire
37:23qui est largement national,
37:25métropolitain,
37:26voire grand métropolitain,
37:28on va dire,
37:28et partisan
37:29qui ne reflète pas
37:30une large part
37:31de ces municipales
37:32qui est totalement
37:33invisibilisée.
37:33Ça n'existe pas
37:34tout ce que vient
37:35de nous raconter Marc,
37:36mais plus largement.
37:37D'abord,
37:38hier,
37:38alors Marc parlait
37:39des communes
37:40dans lesquelles
37:40il y a une seule liste,
37:41mais de manière générale,
37:4393% des communes françaises
37:45ont élu leur maire hier.
37:4693% des communes françaises
37:49qui n'existent pas
37:50dans le commentaire
37:50depuis hier,
37:51vous avez remarqué.
37:52Ce n'est quand même pas rien.
37:53Alors,
37:53c'est la moitié
37:54de la population française,
37:55un peu plus,
37:55c'est quand même
37:56la moitié
37:56de la population française
37:57qui n'existe pas,
37:59dont on ne se soucie même pas
38:00dans ce sujet.
38:01Alors,
38:02la plupart du temps,
38:03sans étiquette,
38:04ce sont des maires
38:04sans étiquette,
38:05mais dans les petites,
38:07dans les villes moyennes
38:08ou petites villes,
38:08il y a un penchant
38:09de la droite républicaine,
38:11on va dire,
38:11qui parle souvent
38:12de son ancrage,
38:12c'est là qu'il se situe,
38:14évidemment.
38:15Alors,
38:15il y a beaucoup de communes,
38:16en effet,
38:16dans lesquelles il y avait
38:17une seule liste
38:18qui explique probablement
38:19aussi dans ces endroits-là
38:19les taux d'abstention
38:20quand il y a une seule liste
38:22et qui fait beau,
38:23bon ben,
38:23vous vous sentez
38:24un peu moins concerné.
38:27En revanche,
38:27il y a beaucoup
38:28de reconduites de maires,
38:29pas forcément des équipes,
38:30mais de maires
38:31qui sont reconduits,
38:32des personnes qui gèrent
38:33les affaires de leur commune
38:34au jour le jour
38:35et qui confient régulièrement
38:36leur sentiment d'abandon
38:38et celui de leurs administrés.
38:39Cette idée de ne pas compter,
38:41vous savez,
38:41c'est un sujet
38:41qui revient assez régulièrement,
38:43bon ben,
38:43depuis hier soir,
38:44on les comprend quand même
38:45assez aisément.
38:45De fait,
38:46ils n'existent pas,
38:47c'est très clair.
38:48Mais ce n'est pas
38:48la seule réalité occultée
38:50dans la valse
38:51de la lutte des accords
38:52et de la lutte
38:53contre les extrêmes
38:54qu'on entend depuis hier.
38:55À l'échelle nationale,
38:56il y a un chiffre
38:57qui m'a vraiment marqué,
38:59qui a encore plus retenu
39:00mon attention.
39:01Cette fois-ci,
39:02on parle de pourcentage
39:02de Français
39:03et non plus de communes.
39:0457% des Français
39:06vivent dans une commune
39:07où au moins
39:07une liste de gauche
39:08était présente.
39:10Ça veut dire,
39:1157%,
39:11ce n'est pas tant que ça.
39:12Le reste des Français
39:13n'avaient pas
39:14une liste de gauche
39:15dans leur commune.
39:1648% des Français
39:17vivent dans une commune
39:18où il y avait
39:19une liste de droite,
39:2032% où il y avait
39:21une liste centriste.
39:23Mais vous avez
39:2330% des Français seulement
39:25qui vivent dans une commune
39:26avec une liste
39:27d'extrême droite
39:28au sens des étiquettes
39:29du ministère de l'Intérieur
39:30et 32% des Français
39:32avec une liste
39:32d'extrême gauche.
39:34Donc les débats
39:34pour savoir
39:35si ces alliances
39:36vont exister,
39:37vont conditionner
39:39ou non la vie politique
39:40et donc les conséquences
39:41de la vie politique
39:42sur la vie quotidienne
39:43des Français demain
39:44concernent donc
39:45pour les municipales
39:46un tiers de la population
39:47dans un cas
39:48comme dans l'autre.
39:49Un tiers de la population
39:50française est concernée
39:51par tous les débats
39:52sur les alliances
39:52ici ou là
39:53que l'on a depuis hier
39:54et qui ont évincé
39:55tous les autres sujets.
39:56Et enfin,
39:57évidemment,
39:57la question de l'abstention
39:59qui est une banalité
40:00de soir d'élection.
40:01Vous savez,
40:01jusqu'à 20h,
40:01quand on n'a pas le droit
40:02de parler d'autre chose,
40:03on parle de l'abstention.
40:04Et à 20h pile
40:05et pour le reste du temps
40:06jusqu'à la prochaine élection,
40:09il y a pourtant une importance
40:10considérable de cette abstention
40:11et surtout
40:12de son augmentation
40:14continue depuis
40:15à peu près 40 ans
40:16sur la question
40:17des municipales.
40:18Notamment dans les grandes villes,
40:19il y a une abstention
40:20extrêmement forte
40:21et c'est pourtant
40:22dans ces grandes villes
40:23que l'on dessine
40:23tout l'avenir
40:24de la vie politique française.
40:26Il y a pourtant là
40:27une preuve
40:27de désaffection politique
40:29partisane
40:29que le spectacle
40:30d'entre-deux-tours
40:31que vous évoquiez tout à l'heure
40:32ne risque pas d'amoindrir,
40:33c'est le moins qu'on puisse dire.
40:34Mais malgré ce que vous nous avez rappelé,
40:36c'est réalité, Charlotte,
40:37il existe de forts enjeux politiques
40:38dans certaines villes,
40:39dans certaines grandes villes notamment,
40:41qu'il n'est pas possible
40:42d'occulter non plus.
40:43Est-ce que ce n'est pas normal
40:45de s'y attarder ?
40:46En effet,
40:47il existe de forts enjeux politiques
40:48et beaucoup de Français
40:49aimeraient sans doute
40:49qu'on s'attarde
40:50sur ces enjeux politiques
40:51et non pas,
40:52et notamment municipaux
40:53en ce qui concerne
40:53des élections municipales
40:55et non pas sur l'avenir
40:56ou les calculs des partis.
40:58Les enjeux politiques
40:59sont des sujets différents,
41:01des enjeux partisans
41:02dans la vie politique
41:03et on ne le voit pas forcément
41:04non plus depuis hier.
41:05Ils sont largement absents
41:06de débats
41:06qui se focalisent.
41:07Donc sur ces enjeux partisans
41:09et même au-delà de ça
41:10sur des étiquettes
41:10qui sont distribuées
41:12au niveau national
41:12et qui ne représentent pas
41:14la réalité locale.
41:16Et d'ailleurs,
41:16même quand certains
41:17viennent évoquer
41:18les sujets locaux,
41:19les sujets politiques locaux
41:21sur lesquels ils s'entendent
41:22ou ne s'entendent pas,
41:23ils sont immédiatement
41:24ramenés par le commentaire
41:25à leurs alliances.
41:26Alors les alliances
41:27que l'on juge nécessaires,
41:28les alliances que l'on juge
41:28honteuses,
41:29peu importe,
41:30tout est réduit
41:31à la question des alliances
41:32et non pas aux raisons
41:33pour lesquelles
41:33les alliances parfois
41:35se font.
41:36Tout simplement.
41:37Alors il y a une discipline
41:38nationale des partis,
41:40on l'a vu,
41:40donc là on peut comprendre
41:41en raison de différentes raisons
41:44et il y a des déclinaisons municipales.
41:47Alors pour faire très simple,
41:48on a le Parti socialiste
41:49et LFI
41:50qui depuis hier
41:50nous offrent le spectacle
41:51d'un examen local
41:53de leur chance
41:54de battre la droite
41:55et ce qu'ils appellent
41:56l'extrême droite
41:57et même parfois du centre.
41:59J'ai assisté à une scène,
42:00franchement j'aurais voulu
42:01l'enregistrer
42:02tellement j'ai trouvé ça exceptionnel.
42:03C'était sur une autre chaîne
42:04mais vous aviez un candidat LFI
42:05ou du PS,
42:06je ne sais plus
42:07parce que c'était en l'occurrence
42:07dans une ville
42:08où il y avait un accord
42:09entre les deux
42:10et le journaliste dit
42:11mais pourquoi vous faites
42:11cet accord ?
42:12C'est quand même dingue
42:12en face de vous,
42:13ce n'est pas l'extrême droite,
42:14c'est la droite
42:15et c'était quelqu'un de LFI
42:17et celui de LFI
42:18dire bah nous notre métier
42:19c'est vraiment de battre
42:20la droite et l'extrême droite.
42:21Il dit bah oui
42:21mais la droite
42:22c'est quand même pas
42:22comme l'extrême droite.
42:23Il dit oui d'accord
42:23mais moi en fait mon métier
42:25à gauche c'est de battre
42:26la droite et l'extrême droite.
42:27Ça ne veut pas dire
42:28qu'ils sont pareils,
42:29ça veut simplement dire
42:30que ce sont des adversaires politiques.
42:31J'ai trouvé ça exceptionnel
42:32parce que dans la tête
42:33de tout le monde
42:33il y a les extrêmes
42:34et après des gens
42:34qui globalement
42:35peuvent s'entendre
42:35sur à peu près tout.
42:37Bah non, en fait
42:37si les électeurs
42:38choisissent l'un ou l'autre
42:39c'est peut-être
42:39qu'il y a en effet
42:40des différences.
42:41Donc le PS et LFI
42:42depuis hier
42:43nous expliquent
42:43qu'ils examinent d'abord
42:45ce qu'ils ont en commun
42:46localement
42:47en rejetant le reste
42:48de manière conjoncturelle
42:49afin de l'emporter.
42:51Et c'est le sens
42:52de ce qu'ils appellent
42:52depuis hier
42:53les accords techniques.
42:54J'entendais ça partout
42:54je me suis demandé
42:55ce qu'était un accord technique
42:56je confesse.
42:57On connaît le contrôle.
42:58Voilà on connaît
42:59le contrôle technique
42:59ça on le connaît bien
43:00mais les accords techniques
43:01je ne connaissais pas.
43:02Alors les accords techniques
43:03c'est très simple
43:03on s'allie pour l'emporter
43:05sur l'adversaire
43:07identifié en commun
43:08et ensuite
43:08dans le conseil municipal
43:09on redevient nous-mêmes.
43:11Donc vous avez par exemple
43:12si LFI est derrière
43:13par rapport au PS
43:14et bien ceux qui seront élus
43:16avec l'étiquette LFI
43:17reviendront potentiellement
43:19dans l'opposition au PS
43:20avec lequel ils auront été élus.
43:22C'est donc un accord
43:22de circonstance
43:23pour battre celui
43:24qui est identifié
43:25comme un adversaire commun.
43:27A l'inverse
43:27la droite
43:28elle reste massivement
43:29sur une position de principe
43:30quelle que soit
43:31la situation locale.
43:33Vous avez dans certaines villes
43:34le PS et LFI
43:35ont expliqué
43:35bah écoutez
43:35on a discuté toute la nuit
43:36on s'est entendu
43:37sur la gratuité à la cantine
43:39sur la gratuité
43:40dans les transports
43:41sur l'ouverture
43:42d'une école primaire ici
43:43sur la gestion
43:44de la crèche ici
43:45et ça nous suffit
43:46sur le reste
43:47on s'engueulera
43:48mais ça nous suffit.
43:49A droite
43:50ces discussions n'existent pas
43:51puisque ce sont
43:51des positions de principe
43:52qui sont aujourd'hui discutées
43:55mais en revanche
43:55la droite
43:56passe beaucoup de temps
43:57ces derniers temps
43:58à reprocher à la gauche
43:59de ne pas faire
43:59la même chose qu'elle.
44:00Mathieu le disait tout à l'heure
44:01mais c'est assez original
44:03de voir des gens de droite
44:04reprocher à la gauche
44:05de s'allier
44:06en l'occurrence
44:07et ce qui provoque
44:08parfois des situations
44:09cocasses.
44:10Alors
44:10à Toulouse
44:11où en effet
44:12certains sont
44:13extrêmement choqués
44:14que le PS préfère
44:15LFI
44:15au centre droit
44:16il y a beaucoup de gens
44:18qui ont dit
44:18mais enfin quand même
44:18le PS
44:19vous êtes quand même
44:20plus proche du centre droit
44:21que de LFI
44:22et le PS localement
44:23n'expliquait que pas du tout
44:24et à Nice
44:25c'est encore plus beau
44:26à Nice
44:26on a Christian Estrosi
44:27qui appelle
44:28à un front républicain
44:29contre l'extrême droite
44:30à savoir Eric Ciotti
44:31tandis que la gauche
44:32se maintient
44:33en expliquant
44:33qu'elle veut se maintenir
44:35pour faire face
44:36au risque des droites
44:37en l'occurrence
44:38renvoyant Estrosi et Ciotti
44:39exactement dans le même camp
44:40j'ai trouvé ça
44:41également assez cocasse
44:43et au centre enfin
44:44alors les candidats
44:44se veulent garants
44:45parce qu'au centre
44:46ils ont des éléments
44:46de langage
44:47assez identifiables
44:47de manière générale
44:48donc toute la soirée
44:49ils ont défilé
44:50en disant qu'ils voulaient
44:51être garants
44:51de listes garanties
44:52sans extrêmes
44:53sans que l'on sache
44:54exactement
44:55j'ai vraiment passé du temps
44:56j'ai changé de chaîne
44:57pour voir si par hasard
44:58ça changeait
44:59sans que l'on sache
45:00exactement à la fin
45:01de la soirée
45:01ce qui définit
45:02selon les villes
45:03un programme extrême
45:04parce qu'on peut s'entendre
45:05sans s'entendre
45:07au national
45:08on peut s'entendre
45:08pour le projet
45:09sur une ville
45:09mais alors le
45:11comment dire
45:11le balancier
45:12par rapport à ça
45:13c'était de dire
45:14en revanche
45:14on veut pas des extrêmes
45:15mais on veut
45:16une volonté
45:17on a une volonté
45:18pardon
45:18d'alternance
45:19alors l'alternance
45:20est voulue pour elle-même
45:21pendant toute la soirée
45:22sans que l'on sache
45:23exactement
45:23pour quelles raisons
45:24précises
45:24on veut l'alternance
45:26et je donne un conseil
45:28avisé
45:29chacun fera ce qu'il veut
45:29mais si on essaye
45:30de définir
45:31pour quelles raisons
45:31on veut l'alternance
45:32on aura peut-être
45:33le début d'une piste
45:34des accords nécessaires
45:36pour vouloir cette alternance
45:37et les raisons
45:38pour lesquelles on la veut
45:38ça peut définir
45:40éventuellement
45:42des alliances
45:42qui ne seraient pas
45:43idéologiques
45:44ni partisanes
45:45mais concrètes
45:45de circonstances
45:46pour l'avenir
45:47de la ville
45:48dont on brigait
45:51la gestion
45:52Que déduire de tout cela
45:53qui n'est pas nouveau
45:54qui ne risque pas
45:55non plus de se tarir ?
45:56Il faut déjà observer
45:57que peu d'électeurs
45:58assistent à des discussions
45:59circonstanciées
46:00sur les questions
46:01d'accès au logement
46:01de sécurité
46:02de centres de soins
46:03de HLM
46:04de taxes foncières
46:04tous ces sujets
46:05qui normalement
46:06font une élection municipale
46:08et la place des électeurs
46:09de manière générale
46:10est par ailleurs
46:10assez originale
46:11dans ces tractations
46:12parce qu'alors
46:13soit il y a des alliances
46:14et on part du principe
46:15que les électeurs
46:17feront exactement
46:17ce qu'ils veulent
46:18de ces alliances
46:19très bien
46:20ils sont devant des alliances
46:21ils se comporteront
46:22comme ils veulent
46:22la semaine prochaine
46:23soit on refuse l'alliance
46:25on explique donc
46:26que l'alliance
46:27est impossible
46:27parce que le choix
46:28qu'ont fait les électeurs
46:29est honteux
46:30puisqu'on ne veut pas
46:32discuter même
46:32avec la personne
46:33pour laquelle ils ont voté
46:34mais eux non
46:35ils n'ont rien à voir
46:36c'est un peu comme
46:36s'ils étaient complètement idiots
46:37ces électeurs
46:38et qu'on leur disait
46:39non vous
46:39on compte sur vous
46:40parce que vous
46:41on a besoin de vous
46:41mais la personne
46:42pour laquelle vous avez voté
46:43vous n'aviez pas dû bien comprendre
46:44à force quand
46:45d'un côté
46:47comme de l'autre
46:47d'ailleurs du côté LFI
46:48ou du côté RN
46:49UDR reconquête
46:50il y a des électeurs
46:52de plus en plus nombreux
46:52peut-être faudrait-il
46:53partir du principe
46:54qu'ils ont quelque chose
46:55à dire de manière générale
46:56et quoi qu'on en pense
46:57et plus largement
46:58je pense que
47:00pour revenir
47:01sur la question
47:02de la désaffection
47:03on va dire
47:03la disparition
47:04des enjeux politiques
47:05devient quand même
47:06excessivement récurrente
47:07dans tous les débats
47:09et dans toutes les campagnes
47:10que ce soit
47:11aux municipales
47:11aux législatives
47:13aux présidentielles
47:14même le débat
47:15est confisqué
47:15par une moralisation
47:16du discours
47:17sur des affaires judiciaires
47:18on l'a vu
47:19sur des enjeux géopolitiques
47:20même au moment
47:21de la guerre en Ukraine
47:22on n'a pas eu un débat
47:23pour savoir
47:24ce que les candidats
47:25voulaient pour la France
47:25dans le monde
47:26on a eu un débat
47:27moralisant
47:27pour savoir
47:28qui avait dit quoi
47:29sur la Russie
47:30sur Poutine
47:30avant-hier
47:31oui mais aujourd'hui
47:32oui mais est-ce que
47:32vous avez bien changé
47:33est-ce qu'il faut croire
47:33que vous avez changé
47:34est-ce que vous êtes
47:35vraiment d'accord
47:36c'est un discours
47:36extrêmement moralisant
47:37sur un conflit
47:38qui aurait pu
47:39éventuellement intéresser
47:40les français
47:40étant donné les conséquences
47:41qu'il a eues
47:42sur l'Europe
47:43de manière générale
47:44et évidemment
47:45la fabrication
47:46de rubicons extrémistes
47:47largement commentées
47:48sans jamais être définies
47:50alors impossible
47:51de ne pas y déceler
47:52une des raisons
47:52de l'abstention
47:53et de la fatigue
47:54on parle beaucoup
47:54de la fatigue électorale
47:56je ne sais pas si elle est électorale
47:57mais la fatigue
47:58en tout cas
47:58elle est très claire
47:59chez beaucoup de gens
48:00je ne donnerai pas de nom
48:02il y a évidemment
48:03un déracinement local
48:04qui peut l'expliquer
48:05dans des élections municipales
48:07je vous disais
48:08l'existence massive
48:09de communes
48:10avec une seule liste
48:11peut expliquer
48:12évidemment cette abstention
48:13une mutation
48:14anthropologique individualiste
48:15qui nourrit évidemment
48:16aussi cette abstention
48:17mais il y a quand même
48:18une déconnexion stupéfiante
48:19entre la réalité du terrain
48:21et la grande politique
48:22entre guillemets
48:23qui ne concerne pas
48:24la majorité des français
48:25dans des élections municipales
48:26j'insiste
48:27c'est certainement pas
48:27des enjeux à balayer
48:29simplement
48:29il y a beaucoup de français
48:30qui s'en sentent loin
48:31dans leurs résultats électoraux
48:32et qui ne répondent pas
48:33à leurs attentes quotidiennes
48:34qui sont pourtant normalement
48:35l'enjeu d'élections municipales
48:37merci beaucoup Charlotte
48:38vous parliez d'accords
48:39de fusion
48:40et bien à l'instant
48:41à Grenoble
48:41un accord technique
48:42donc on est un lien
48:45entre la candidate
48:46de la gauche
48:47Laurence Ruffin
48:48et LFI
48:49la surprise continue
48:52Mathieu Bocaté
48:53on l'a dit
48:54il y a deux Frances
48:55qui semblent s'affronter
48:56au terme de ces municipales
48:57alors autant
48:58le Rassemblement National
48:59est absent des grandes villes
49:00sauf Marseille
49:02et Nice
49:02autant ils perdent
49:03dans ce que
49:04Christophe Lully
49:05appelait la France
49:06périphérique
49:07alors est-ce que le RN
49:08a réussi ou non
49:10son enracinement ?
49:11alors à tous ceux
49:12qui annonçaient
49:13une forme de vague
49:14possible RN
49:15vous savez
49:15avant chaque élection
49:17on annonce toujours
49:17que le RN
49:18va avoir des scores
49:18comme jamais
49:19va faire une vague
49:20finalement il y a toujours
49:21un écart entre
49:21les prophéties des uns
49:23et le constat électoral
49:24mais le RN a réussi
49:26cela dit
49:26son implantation
49:27sur le territoire
49:28donc on est désormais
49:29avec un parti
49:30qui a un véritable
49:30ancrage territorial
49:31cela dit
49:32il faut distinguer
49:33les catégories
49:34de l'ancrage territorial
49:35dans les grandes villes
49:36vous l'avez dit
49:37le RN est à peu près
49:38absent
49:38il ne réussit pas
49:39à franchir
49:40le cap du 10%
49:41la sociologie
49:42des grandes villes
49:42est fondamentalement
49:44réfractaire
49:44à l'électorat
49:45du camp national
49:46et dès lors
49:47il ne peut pas
49:47s'y retrouver
49:49il y a des conséquences
49:50soit dit
49:50en passant
49:50pratique à cela
49:51c'est que dans les grandes villes
49:52ça veut donc dire
49:52qu'on rencontre très rarement
49:53au quotidien
49:54dans nos interactions
49:55quotidiennes
49:56des gens qui
49:57quand on va de la partie
49:58au bloc central
49:59à la gauche
49:59des gens qui ne pensent
50:00pas comme nous
50:00c'est à dire que
50:01dans les grandes villes
50:02vous avez de bonnes chances
50:03de ne jamais croiser
50:04dans vos interactions
50:05sociales et mondaines
50:06et sociales
50:07un électeur RN
50:08un électeur reconquête
50:09reconquête peut-être
50:10un peu plus
50:10selon les villes
50:11mais donc point de départ
50:13deuxième élément
50:14là où la droite nationale
50:15perce dans les villes
50:16c'est moins dans sa version RN
50:18que dans sa version droite
50:20on va dire bourgeoise
50:21ou droite identitaire
50:23décomplexée
50:24donc deux exemples
50:25à Nice
50:26on l'a dit
50:27avec Eric Ciotti
50:28et à Paris
50:29quoi qu'on en dise
50:29avec le score
50:30de Sarah Knafo
50:31qui fait plus de 10%
50:32le RN n'atteignait pas
50:34de tels objectifs ici
50:35donc peu importe
50:35les attentes
50:36que peut avoir
50:36Mme Cnafo
50:37en haut de 10%
50:39c'est un succès
50:40pour elle
50:40mais ce n'est pas le RN
50:41c'est la branche
50:42identitaire conservatrice
50:44libérale de la droite
50:45qui réussit à percer
50:46dans les grandes villes
50:46alors où perce le RN
50:48cela dit
50:48on le sait
50:49c'est deux zones
50:50d'implantation historiques
50:51les deux fronts
50:52le RN du Nord
50:53avec le fond
50:54le fond Vrier
50:55le RN du Sud
50:56donc il y a
50:57une véritable implantation
50:58et des villes
50:58sont désormais
51:00basculées durablement
51:01d'autres basculent
51:01aussi ailleurs
51:02sur le territoire
51:03et on note
51:03parce que tout le monde
51:04l'a dit
51:04que là où le RN
51:06a réussi à gagner
51:07les municipalités
51:07il réussit généralement
51:08à les conserver
51:09donc ça, ça ne veut pas dire
51:10qu'ils ont une gestion
51:11exemplaire, remarquable, géniale
51:12ça veut juste dire
51:13qu'on n'est pas devant
51:13des fascistes ou des nazis
51:15manifestement
51:15on n'était pas devant
51:16des fascistes
51:16Louis Alliot
51:17quoi qu'on en pense
51:18n'est pas le début
51:18d'un quart de huitième
51:19de fasciste
51:20c'est comme ça
51:20on peut ne pas l'aimer
51:21mais on peut exclure
51:22l'argument fasciste
51:23pour parler de Louis Alliot
51:24une fois que c'est dit
51:26la droite classique
51:26donc j'ai parlé du RN
51:27la droite classique
51:29elle espérait en fait
51:30parce que la droite classique
51:31vous savez
51:31elle s'autonome
51:32droite de gouvernement
51:33elle gouverne plus grand chose
51:34depuis longtemps
51:34mais elle préfère se dire
51:36droite de gouvernement
51:36c'est une forme de titre prestigieux
51:38les gens qui s'inventent
51:38des titres de noblesse
51:39ça existait autrefois
51:40mais droite de gouvernement
51:41c'est une forme de titre
51:42de noblesse venue d'hier
51:43qui ne veut plus rien dire
51:44dans le monde d'aujourd'hui
51:45elle espérait gagner Paris
51:46on constate
51:47je pense durablement
51:48on peut constater
51:48que Paris va être
51:49une ville de gauche
51:50je ne sais pas ce qu'il va en être
51:51dans 50 ans
51:52mais Paris est désormais à gauche
51:54et la candidature d'Atti
51:56était probablement
51:57le dernier spasme
51:58de la droite classique
51:59à Paris
51:59Lyon aussi
52:00par ailleurs
52:02alors qu'on pensait
52:03que ça serait un triomphe
52:04pour le candidat Ola
52:06c'est finalement
52:06bon
52:06ça se passe autrement
52:08là où la droite classique
52:09réussit à se maintenir
52:11c'est dans les villes moyennes
52:12comme on dit
52:12les villes moyennes
52:13pourquoi
52:13on pourrait presque dire
52:14qu'il y a un contraste
52:15des attentes par rapport
52:16à la politique
52:16entre la gauche et la droite
52:17la gauche
52:18je le disais
52:19traite la politique municipale
52:20sur le mode de la politique
52:22laboratoire aujourd'hui
52:23c'est le lieu
52:24où on pense
52:24le nouveau projet de société
52:25c'est le lieu
52:26où on applique concrètement
52:27l'écologisme
52:28le néo-féminisme
52:30le multiculturalisme
52:31le vivre-ensemble
52:32tout ça ensemble
52:33la ville est transformée
52:34en laboratoire politique
52:36et idéologique
52:37aujourd'hui
52:38mais avec les résultats
52:39les conséquences
52:39qui ne sont pas toujours heureuses
52:40ce qui fait d'ailleurs
52:41que bien des gens
52:42je le disais les familles
52:43mais pas que
52:44les gens qui sont soucieux
52:45de sécurité
52:46quittent les villes
52:47de plus en plus
52:47donc la droite
52:48elle pense le municipal
52:49non pas sur le mode
52:50du laboratoire
52:51elle le pense
52:52sur le mode du quotidien
52:53donc les attentes à droite
52:55en matière de politique municipale
52:56sont beaucoup plus faibles
52:57c'est généralement
52:59la propreté
52:59c'est la sécurité
53:00c'est la possibilité
53:01de circuler librement
53:02avec sa bagnole
53:03sans avoir l'impression
53:04de défier les chevaliers
53:05de l'armée verte
53:05c'est avoir la possibilité
53:07finalement d'avoir
53:07une existence quotidienne
53:10relativement tranquille
53:11on pourrait dire
53:11que la France
53:12qui est aujourd'hui
53:13dans
53:13il y a des gens
53:14qui ont toujours habité
53:15dans les petites villes
53:16les villes moyennes
53:16mais une partie
53:17de cette France
53:17est une France
53:18en exil aujourd'hui
53:19une France qui en quelque sorte
53:20a quitté l'expérience
53:21des grandes villes
53:22où ils étaient
53:22les cobayes
53:23d'un projet idéologique
53:24bizarre
53:24et ils se retrouvent
53:25dans ces petites villes
53:26et généralement
53:26ils ont tendance
53:27à voter à droite
53:28dans ces petites villes
53:29vous avez dans votre premier édito
53:31Mathieu
53:31parlé des déterminants
53:32identitaires de la politique
53:33quels sont les déterminants
53:34identitaires
53:35qui expliquent aujourd'hui
53:36le vote RN
53:37et plus largement
53:39le vote de la droite
53:39ou municipale
53:40alors on fait
53:41le flash info avant
53:43allez vous avez 40 secondes
53:45vous pouvez commencer
53:45formidable j'adore ça
53:46alors je vais commencer
53:47en disant simplement
53:48la chose suivante
53:50il faut cesser
53:51cette grille de lecture
53:52souvent des sondages
53:53d'une certaine sociologie politique
53:55dit qu'il n'y a que
53:56les déterminants sociaux
53:57qui comptent
53:57dans l'analyse du vote
53:58en déterminants sociaux
53:59économiques
54:00il faut rappeler
54:00que partout en Occident
54:01et la France
54:02ne fait pas exception aussi
54:03il y a des déterminants
54:03religieux, ethniques
54:05linguistiques
54:06sociaux aussi
54:07économiques
54:07donc tous ces déterminants
54:08identitaires
54:09rendent compte
54:10dans l'analyse du vote
54:11et c'est ce que nous allons voir
54:12après le JT
54:13merci beaucoup
54:14dans la transition
54:15Isabelle Piboulot
54:16on vous retrouve
54:17il est 20h pile
54:18sur CNews
54:20Jean-Michel Olaski
54:21Brigue la mairie de Lyon
54:23dénonce un accord
54:24honteux
54:25en vue du second tour
54:26les insoumis
54:27ont rejoint
54:28les listes de Grégory
54:29et Doucet
54:29une alliance indispensable
54:31pour le maire écologiste
54:32sortant
54:33arrivée d'une courte tête
54:34devant l'ancien patron
54:36de l'OL
54:36avec 37,36%
54:38des suffrages
54:39contre 36,78
54:41le Hezbollah a lancé
54:43une salve de roquettes
54:44et de drones
54:44sur la ville de Naharia
54:46dans le nord d'Israël
54:47un homme a été blessé
54:48par une explosion
54:49affirment
54:50les secouristes israéliens
54:52plus tôt
54:52Tsaal a annoncé
54:53avoir engagé
54:54des opérations
54:55terrestres limitées
54:57contre le mouvement
54:58pro-iranien
54:59dans le sud du Liban
55:00une erreur
55:01dénonce le chancelier
55:02allemand
55:03enfin Donald Trump
55:04toujours préoccupé
55:05par la sécurisation
55:06du détroit d'Ormuz
55:07le président des Etats-Unis
55:09continue de faire pression
55:10sur la France
55:11et le Royaume-Uni
55:13pour obtenir l'aide
55:14qu'il demande
55:15depuis samedi
55:15le dirigeant
55:17veut des navires
55:17supplémentaires
55:18pour protéger
55:19le passage stratégique
55:20et s'attend
55:21à ce que les deux pays
55:22répondent favorablement
55:23Donald Trump
55:24s'est entretenu
55:25à ce sujet hier
55:26avec Emmanuel Macron
55:27Merci Isabelle
55:29Alors Mathieu
55:30on termine
55:30Les déterminants
55:31identitaires du vote
55:32Alors par exemple
55:33aux Etats-Unis
55:34on pense
55:35la sociologie électorale
55:37s'intéresse à l'ethnicité
55:38et à la religion
55:39pour comprendre
55:40de quelle manière
55:40tel groupe
55:41a de bonnes chances
55:42de voter ou non
55:42Même chose
55:44au Royaume-Uni
55:44au Canada
55:45c'est l'ethnicité
55:46et la langue
55:47alors on me dira
55:48oui c'est un autre monde
55:49le fait que c'est partout
55:49en Occident
55:50c'est comme ça
55:50c'est simplement
55:51qu'on considère
55:52que ces catégories
55:53d'analyse sociologique
55:55utiles
55:55sur le plan descriptif
55:56je ne suis pas
55:56sur le plan moral
55:58je ne veux pas
55:58qu'il faut faire des politiques
55:59à partir de ça
55:59mais sur le plan de l'analyse
56:00on considère souvent
56:02une partie de la sociologie électorale
56:03en France
56:03considère que ce sont
56:04des catégories
56:05illégitimes d'analyse
56:06dans les faits
56:07qu'est-ce qu'on voit
56:07partout dans le monde occidental
56:09avec les mouvements migratoires
56:10que nous connaissons aujourd'hui
56:11les populations
56:12et ceux de l'immigration
56:13ont tendance à voter
56:14pour le parti de gauche
56:15qui a généralement
56:16opéré le tournant multiculturaliste
56:18quelquefois par ailleurs
56:19des partis directement
56:20issus de l'immigration
56:21donc on le voit
56:21au Royaume-Uni notamment
56:22avec des partis
56:23qui sont sur le mode islamiste
56:25et les populations
56:27dites de souche
56:27je ne sais pas
56:28comment les nommer autrement
56:29mais vous voyez à peu près
56:29ce à quoi je ferais
56:30est plus assimilé
56:31les deux souches
56:32de souche
56:33dis-je et assimilé
56:34ont tendance à voter
56:35pour les partis nationaux
56:36soit conservateurs
56:37soit populistes
56:38mais ont tendance
56:39à voter pour eux
56:40et je dirais que même
56:41nos amis
56:41tendance printemps républicains
56:42qui parlent non non non
56:43on croit au vote universaliste
56:44on croit au vote universaliste
56:45le vote universaliste
56:47est un vote identitaire
56:48comme un autre
56:48c'est le vote
56:49d'une certaine bourgeoisie
56:50qui a les moyens
56:50de se dérober
56:51des conséquences
56:52des modèles de société
56:53qu'ils imposent aux autres
56:54donc finalement
56:55je dirais que
56:55tous les votes aujourd'hui
56:57sont identitaires
56:58quels qu'ils soient
56:58en bien ou en mal
56:59tous les votes
57:00sont communautaristes
57:01en quelque sorte
57:02sauf qu'il y a quelquefois
57:03il y a des communautaristes
57:03qui sont l'expression
57:04le sentiment de détresse
57:05d'un peuple dépossédé
57:06qui est chez lui
57:06depuis toujours
57:07et quelquefois
57:08il y a des communautarismes
57:09conquérants
57:10qui existent aussi
57:11aujourd'hui
57:12j'en ai parlé
57:12en premier édito
57:13et par ailleurs
57:14je dirais que
57:14ces élections
57:15auront une portée historique
57:16je crois
57:16ce sont des élections
57:17où on aura enregistré
57:18pour la première fois
57:19très clairement
57:19de manière très visible
57:21très lisible
57:23justement
57:24la partition ethno-culturelle
57:26dont s'inquiétait
57:26François Hollande
57:27avec raison
57:27et bien cette partition
57:29ethno-culturelle
57:29qui a des conséquences
57:30politiques visibles
57:31dans la composition
57:32de la carte électorale
57:33dans la composition
57:34demain de l'élection
57:34de 2027
57:35il y a un tournant
57:36aujourd'hui
57:36elle s'est rendue visible
57:38sur le plan
57:39des résultats électoraux
57:40des uns et des autres
57:41et je ne crois pas
57:42si la tendance
57:42se maintient
57:43je ne crois pas
57:44que cela va aller
57:45en sens inverse
57:45Merci beaucoup
57:46Mathieu Bocoté
57:47merci à tous les quatre
57:48d'avoir décrypté
57:49ce premier tour
57:49des élections municipales
57:50Face à l'info
57:51c'est terminé
57:52mais tout de suite
57:52vous avez rendez-vous
57:53avec Pascal Praud
57:55et ses invités
57:55pour l'heure des pros 2
57:57très bonne soirée
57:57à vous tous
57:58sur CNews
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