00:00Merci Sarah Forestier, merci une scène colère comme on dit de l'actrice et réalisatrice
00:06Sarah Forestier qui partait à la manifestation devant le palais de justice à Lyon
00:10avec ces images là de la place Vendôme
00:12où finalement un arrêté préfectoral a empêché le rassemblement
00:16et ce sont quelques-unes des manifestantes qui sont quand même restées.
00:21On va justement continuer de discuter, continuer d'en débattre maintenant dans le signer qu'on signe avec Charles Consigny.
00:26Bonsoir.
00:26Bonsoir.
00:27Avec Raquel Garrido, bonsoir Raquel Garrido.
00:30On a posé la question aussi de savoir s'il a incombé au ministre de la Justice de démissionner.
00:35Gérald Darmanin, Charles Consigny, qu'est-ce que vous en dites ?
00:39Honnêtement je ne suis pas sûr parce que peut-être ça crèverait l'abcès si vous voulez
00:46mais on n'aurait jamais été autant proche de la notion de fusible pour quelqu'un qui n'est pas
00:54directement responsable
00:56de cette bévue d'un parquet et d'une gendarmerie et d'une antenne de gendarmerie.
01:06Donc moi je trouve que honnêtement j'ai l'impression que Gérald Darmanin a quand même plutôt la bonne réaction
01:10en remobilisant tout l'appareil judiciaire, en convoquant les procureurs, en demandant que les plaintes soient vérifiées avant le 14
01:20juillet, etc.
01:21On peut quand même lui reprocher et leur reprocher collectivement à la famille politique à laquelle il appartient d'être
01:29au pouvoir depuis maintenant fort longtemps.
01:30Il a été ministre de l'Intérieur très longtemps et il me semble que la situation des victimes de crimes
01:38sur les mineurs ne s'est pas améliorée pendant cette longue période.
01:42Mais sur l'instant présent je trouve que sa réaction n'est pas mauvaise et donc...
01:48On n'a pas besoin de fusible.
01:49En fait si vous voulez, je vais vous dire, je termine par là, je pense que si on le démissionnait,
01:54on réglerait commodément une crise alors que ça ne résoudrait rien sur le fond.
02:01La démission de Gérald Darmanin en elle seule évidemment n'apporterait pas toutes les solutions qui sont requises,
02:08notamment cette loi intégrale dont vient de nous parler Sarah Forestier avec 2,6 milliards d'euros qui seraient nécessaires
02:14tout azimut.
02:15C'est-à-dire pas seulement sur les aspects justice police mais aussi éducation, santé.
02:21Donc évidemment cela dit, cela dit, c'est absolument insupportable cette culture de l'impunité.
02:29C'est la faute à personne, les responsables politiques qui se dédouanent sur les fonctionnaires,
02:34qui se dédouanent sur l'appareil d'État.
02:37Ce n'est pas Darmanin qui a recueilli la plainte.
02:40D'accord mais c'est eux qui se font élire.
02:42Et quand ils se font élire, ils disent aux Français qu'ils vont solutionner leurs problèmes.
02:47Et il a été ministre de l'Intérieur, vous l'avez rappelé, pendant 4 ans, il est garde des sceaux.
02:51Et j'ai envie de dire, quand on gouverne, soit on y arrive, soit on n'y arrive pas.
02:56Mais si on n'arrive pas, il faut laisser les autres gouverner à sa place.
02:58Il n'y a aucune raison de se maintenir au gouvernement quand les tâches qu'on exécute en tant que
03:04gouvernant
03:05aboutissent à ce genre de fiasco.
03:07Les procureurs sont indépendants maintenant.
03:09Depuis la loi Taubira, il faut savoir ce qu'on veut.
03:11C'est-à-dire qu'on a voulu que ces juges, que ces magistrats soient indépendants.
03:15Il faut aussi, quand on est indépendant, assumer sa propre responsabilité.
03:18Sinon c'est trop facile.
03:19Je ne crois pas du tout que ce soit l'indépendance du parquet qui soit là en débat.
03:23Non, parce qu'on dit que c'est Darmanin qui devrait démissionner, il est responsable.
03:27C'est avant tout les procureurs du parquet de Toulouse.
03:31Ce que je rappelle, c'est quelque chose de simple en fait.
03:32C'est en démocratie, c'est un principe de responsabilité des gouvernants.
03:35C'est ça que je veux dire.
03:36Et que tous les Français peuvent comprendre qu'il n'est pas normal que des gouvernants
03:40ne se rendent pas responsables de ce qu'ils exécutent ou pas.
03:43Oui, mais honnêtement, pour quand même connaître, comme vous, un petit peu la justice de l'intérieur,
03:49ce n'est pas les hommes et les femmes politiques qui sont responsables d'une culture de l'impunité
03:54et de l'irresponsabilité qui existe effectivement, mais qui existe au sein de la magistrature,
04:00qui n'existe pas au sein de la classe politique.
04:03La classe politique, en réalité, elle n'en finit pas de rendre des comptes.
04:07Des comptes médiatiques, des comptes judiciaires, des comptes électoraux.
04:10En fait, un homme politique passe son temps à rendre des comptes.
04:15Jamais ?
04:16Jamais, mais jamais.
04:18C'est-à-dire que très souvent, le recours est un recours bidon.
04:23Très souvent.
04:24Très souvent, par exemple, en matière d'instruction,
04:28l'appel des actes d'instruction, qui quand même sont importants,
04:32c'est la détention provisoire, c'est des actes d'enquête,
04:36c'est beaucoup de choses comme ça,
04:39est gérée par ce qu'on appelle la chambre de l'instruction,
04:41qui est surnommée parmi les praticiens du droit,
04:44la chambre de la confirmation.
04:46Parce qu'en fait, avant qu'elle renverse un acte qu'on lui soumet,
04:51il faut s'armer, ça arrive parfois heureusement,
04:54mais enfin, c'est pas la majorité de l'espèce.
04:56Donc, regardez, quand il y a eu l'histoire du mur des cons,
04:58pas de sanctions.
05:00Finalement, une sanction symbolique pour une personne, à la fin.
05:04Quand il y a eu ce magistrat qui prêtait sa fille
05:08pour des orgies pédophiles,
05:11une sanction, oui, il a été sanctionné au pénal, fort heureusement,
05:14mais enfin, ça restait, il n'a pas pris 20 ans de prison.
05:20Mais de quoi vous parlez, là ? Vous mélangez tout ?
05:22Non, ce que je dis...
05:24Vous parlez d'une affaire où quelqu'un a pris 20 ans de prison,
05:26et vous êtes en train d'expliquer...
05:27Non, il n'a pas pris 20 ans de prison, justement.
05:29Quelqu'un pour lequel a été condamné ?
05:30Symbolique, symbolique.
05:31Mais attendez...
05:32Parce qu'il était juge.
05:33Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il y a une culture de l'impunité.
05:33Moi, je ne suis pas d'accord avec cette façon que les politiques ont
05:36de se dédouaner en accusant les autres, justement.
05:39Il y a une culture de l'impunité, de la magistratur,
05:41et une manière de se couvrir les uns les autres qui est énorme.
05:43Mais ceux qui se couvrent d'abord, ce sont les politiques.
05:45Il n'empêche que les salariés de ce pays,
05:48qu'ils soient fonctionnaires ou qu'ils travaillent dans le privé,
05:50d'une façon générale, sont responsables de leurs actes.
05:52Mais pas le procureur.
05:52Les fonctionnaires sont responsables de leurs actes.
05:55Mais bien entendu...
05:56Et je trouve particulièrement indigne de la part de gens
06:02qui sont au pouvoir depuis neuf ans,
06:04qui savent très bien que dans notre pays,
06:07on n'a que trois procureurs pour 100 000 habitants,
06:10qu'il faudrait, on le dit, à corps et à cri.
06:13C'est quatre fois plus à l'échelle européenne.
06:17Alors justement, moi, si je devais gouverner,
06:18quand on est gouvernant, la question qu'il faut se poser,
06:20quand il y a une tâche à faire,
06:21on se dit, est-ce qu'il faut mettre quelqu'un pour faire cette tâche ?
06:24Est-ce qu'on a la personne pour faire cette tâche ?
06:26S'il n'y a pas la personne, il faut l'embaucher.
06:28Il y a une question, la première question à laquelle il faut répondre,
06:30c'est...
06:30Exactement.
06:31Alors pourquoi on n'a pas le budget ?
06:32Et la question, quand on dit...
06:35La première décision à prendre, c'est est-ce qu'on embauche, oui ou non ?
06:38Ce gouvernement, il répond non.
06:40Pourquoi ? Parce qu'il dit, on n'a pas l'argent.
06:41Il a fait des postes de fonctionnaires.
06:43Mais pas assez, puisqu'il faudrait passer.
06:45Le budget de la justice est plus important sous Macron que sous la gauche.
06:49Pourquoi il n'y a pas d'argent ?
06:49Vous pouvez dire tout ce que vous voulez.
06:51Il n'en demeure pas moins que vous êtes face à une situation
06:54où il faut mettre des êtres humains, des fonctionnaires, devant une tâche.
06:58Et quand le moment arrive qu'on décide d'embaucher ou pas ces personnes
07:02pour faire le travail, il y a une classe politique qui dit
07:05non, on ne va pas le faire.
07:07Donc ça a des conséquences.
07:08Quand on a tous ces débats ici entre nous, notamment sur la question fiscale,
07:13quand je dis sur tous les temps, par exemple,
07:15qu'il faudrait que les ultra-possédants de ce pays contribuent davantage
07:19pour pouvoir embaucher, ça a des conséquences.
07:22Quand vous vous dites non, il ne faut pas embaucher
07:25parce qu'on ne peut pas plus de fonctionnaires,
07:28ça a des conséquences.
07:29C'est combien le budget de la justice, à peu près ?
07:32Je ne sais pas par cœur, Charles Consigny, pourquoi ?
07:34C'est 10 milliards d'euros.
07:3510 milliards d'euros par an.
07:37Le budget de la justice, c'est 10 milliards d'euros en 2025.
07:40À combien s'élève le budget de la protection sociale en France,
07:44dans son ensemble ?
07:45Retraite, santé, assurance, chômage ?
07:48300 milliards.
07:49650 milliards.
07:50Pour la retraite ?
07:50650 milliards.
07:52Et alors ?
07:52Quand vous consacrez 650 milliards d'euros à votre protection sociale,
08:00et que vous n'en consacrez que 10 à la justice,
08:06moi j'ai une suggestion, M. Garrido,
08:08c'est peut-être qu'on va prendre 10 milliards sur les 650
08:10et qu'on va les mettre sur la justice.
08:13On doublera le budget de la justice.
08:14Mais pour ça, vous voyez, il ne faut pas être démago
08:17et proposer la retraite à 60 ans,
08:20l'assistanat à toutes les sauces,
08:22des allocations pour tout et n'importe quoi,
08:24et ce genre de choses.
08:25Il faut être un peu courageux.
08:27Et là, vous avez le résultat, en réalité,
08:30de décennies de manque de courage politique.
08:32Vous êtes parfaitement démago,
08:33parce que cette proposition que vous venez de sortir sur un coin de table,
08:37il n'y a aucun nombre d'hommes politiques qui l'a faite.
08:41Bruno Le Maire l'a faite ce matin même à la radio.
08:45Il est ancien ministre de l'économie.
08:47Oui, mais alors, justement, ces gens ont été au pouvoir.
08:49Moi, c'est ça qui me fatigue.
08:50C'est des gens qui ont gouverné et qui se retrouvent face à une situation.
08:56C'est l'État dans lequel ils laissent la France.
08:59De toute façon, c'est évident que...
09:01C'est vrai que c'est bizarre de leur demander à eux de faire mieux,
09:04vu que c'est eux qui ont mis la France dans cet État.
09:07Mais ce que je dis, c'est que la vérité, qu'il faut la dire,
09:11c'est qu'on ne s'en sortira pas tant qu'il y aura des défenseurs mordicuses
09:16du fait que les ultra-possédants de ce pays ne peuvent pas contribuer davantage.
09:20À chaque fois que vous dites non...
09:21Mais non, mais ça, c'est votre réponse à ça.
09:22C'est la taxe Zuckman qui va tout financer.
09:24Pas tout.
09:25Vous le sortez pour tout, à gauche, la taxe sur les ultra-possédants.
09:28Pas pour tout, pour des procureurs.
09:29Ça finance tous les problèmes.
09:30Pas pour tout, pour des gendarmes.
09:32Là, c'est pour les procureurs et les gendarmes.
09:34La semaine dernière, c'était pour les retraites.
09:37La fois d'avance, c'est pour la défense.
09:39Mais non, mais moi, je m'en fous des ultra-possédants.
09:41Mais pourquoi pas ?
09:41S'il y a des choses à faire, quand on vous dit qu'il faut une loi intégrale,
09:45c'est une loi intégrale, la santé.
09:46Vous voulez enlever de l'argent à la Sécurité sociale ?
09:48Et comment vous allez faire pour financer la santé des femmes ?
09:53Je dérembourse le psychologue.
09:55Je dérembourse l'ostéopathe.
09:56Donc, vous ne prenez pas encore des préconisations de la civile, par exemple.
10:01Je dérembourse les cures thermales.
10:03Je dérembourse plein d'arrêt maladie.
10:06Donc, ne vous étonnez pas qu'il n'y ait pas ensuite assez de...
10:10Et il y aura du monde pour traiter la plainte de Liana.
10:12Vous allez voir.
10:13Mais il n'y aura pas assez de gens, il n'y aura pas assez de psy,
10:15il n'y aura pas assez de psychiatres dans les écoles
10:17pour identifier les enfants qui sont en train de manifester des signes de souffrance
10:23qui peut-être doivent être relevés.
10:25C'est en remboursant les séances de psychologues aux gens qui sont en arrêt maladie
10:32parce qu'ils sont fatigués de bosser, qu'on va identifier les enfants victimes de pédocriminalité.
10:37Il ne faut pas plus de psychiatres scolaires ?
10:38Non, moi, je ne suis pas forcément pour la psychiatrisation des enfants.
10:41Vous ne suivez pas la préconisation, une des préconisations de la civile ?
10:48Dites-vous bien que c'est aussi à cause de gens comme ça,
10:51c'est à cause de ce genre de débats tellement rades et pas crêtes.
10:54Tellement rades et pas crêtes.
10:55C'est-à-dire qu'en fait, on parle de questions de vie ou de mort,
10:58d'intégrité physique et psychique des enfants.
11:01Il faudrait juste mettre des gens pour s'en occuper.
11:04Et pour ça, il ne faut pas payer vos retraités qui prennent leur retraite à 60 ans.
11:09Mais qu'est-ce que vous racontez pour...
11:10Alors, Raquel Garrido et Charles Consigny, simplement, puisqu'on parlait de Gérald Darmanin,
11:12ce que les Français ont entendu, alors, il y a le drame.
11:14Terrible, le meurtre de Liana.
11:16Mais ce que les Français ont entendu depuis deux jours, c'est...
11:19Allez, s'il vous plaît, vous avez jusqu'au 14 juillet pour me régler les 70 000 plaintes,
11:24les 70 000 dossiers en souffrance, qui sont des plaintes pour viol, pour agression,
11:28concernant des enfants, on va dire des mineurs.
11:30Là, on est quoi ? On est dans la démagogie pure de la part de Gérald Darmanin ?
11:33Déjà, on prend la mesure des chiffres.
11:36C'est-à-dire, il nous dit, le garde des Sceaux, qu'il y a en tout,
11:39donc toutes les affaires confondues, 3 millions,
11:423 millions de plaintes qui sont aujourd'hui actives,
11:45qui sont aujourd'hui déposées, 3 millions.
11:47Et que sur ces 3 millions, il y en a 70 000
11:50qui concernent des infractions sexuelles, délictuelles ou criminelles.
11:54Mais c'est astronomique, en fait.
11:56C'est assez intéressant de savoir depuis quand on remonte ces plaintes.
11:59Parce que tout à l'heure, une avocate nous disait que quand elle appelle pour faire avancer un dossier,
12:03on dit, attendez, on est en train de gérer les plaintes de 2024.
12:05On est en 2026.
12:06Mais bien sûr.
12:07Donc aujourd'hui, le ministre dit à ses procureurs,
12:13grouillez-vous, c'est même plus...
12:15Parce qu'au début, on a pu penser hier ou avant-hier
12:18qu'il exigeait que des réponses soient données.
12:21C'est-à-dire qu'il y a des mises en examen, des renvois devant les tribunaux, des mesures prises.
12:27Là, j'entends aujourd'hui que ce qu'on demande, c'est une photographie.
12:30Oui.
12:31Il n'y a pas une en arrière.
12:32Ce n'est pas sérieux.
12:34Et il le sait lui-même, il le sait lui-même,
12:37qu'avec la quantité, la faible, on n'a pas la puissance d'homme, en fait.
12:41On n'a pas la puissance d'homme et de page pour le traiter correctement.
12:46On est une démocratie.
12:47Ça sera le dernier mot.
12:47Non, mais on est une démocratie, il faut parfois de l'impulsion politique.
12:52Donc si ce drame terrible et ce raté terrible
12:57crée une impulsion politique à réexaminer,
13:01peut-être pas les 70 000, mais un maximum de ces plaintes...
13:04C'est ce coup un peu le cocoté, si je comprends.
13:06Et ce coup, les procureurs et les policiers et gendarmes de ce pays
13:09pour aller débusquer les auteurs d'agressions sexuelles sur les mineurs,
13:15moi, je trouve que c'est quand même bien de le faire.
13:18Quand bien même, ce serait sans doute un peu illusoire.
13:20Et peut-être que Darmanin aurait je ne sais quelle arrière-pensée se faisant.
13:25Mais moi, il donne l'impulsion et je suis sûr que quand même,
13:29ça va se réveiller dans le fil.
13:31Moi, à sa place, ce que je dirais, c'est que je demanderais quand même
13:33à Emmanuel Macron de sursoir au gel des budgets,
13:37parce qu'ils sont quand même en train de préparer un décret qui gèle
13:413,2 milliards d'euros de budget, d'accord ?
13:44C'est gravissime, dont 400 millions, dont 400 millions.
13:47Ben voilà, quand vous dites qu'il n'y a plus d'argent,
13:49il ne faut pas vous étonner derrière que les plaintes ne sont pas traitées correctement.
13:53Merci, ça explique cela.
13:55Merci, Raquel Garrido. Merci, Charles Consigny.
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