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  • il y a 3 mois
Mardi 16 juin 2026, retrouvez Philippe Rio (Maire de Grigny) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.

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Transcription
00:07Musique
00:12Et dans Smartimo, on va parler renouvellement urbain avec notre invité, c'est tout simplement le meilleur maire du monde,
00:18en tout cas c'est une association londonienne qui l'a décidé, Philippe Riau, bonjour.
00:23Bonjour.
00:23Vous êtes le maire de Grigny, renouvellement urbain, acte 3, puisqu'on rentre dans le nouveau programme décidé par le
00:31gouvernement.
00:31On est arrivé au terme de l'ANRU 2 fin 2026.
00:36Avant d'en parler, qu'est-ce qui a changé avec ce plan, ces plans successifs, ANRU 1 et ANRU
00:422 ?
00:43D'abord, depuis 2004, notre pays a décidé de faire une politique publique qui vise à réduire les inégalités territoriales
00:51et les ségrégations spatiales.
00:53Et moi je note que depuis 2004, 4 présidents de la République, je ne compte plus les gouvernements et les
00:58ministres de la ville et du logement qui se sont succédés sans changer.
01:03Et donc, heureusement, dans notre pays, il y a un peu de continuité et de l'aménagement du territoire.
01:07Et donc ça permet de changer la ville en fait, tout simplement.
01:10La rénovation urbaine, le renouvellement urbain, ce sont des aventures humaines extraordinaires, de transformation de la ville et d'adaptation
01:18de la ville aux enjeux d'aujourd'hui et même de demain.
01:21J'ai une première remarque, c'est vrai que transformer une ville, ça prend du temps.
01:25Surtout une commune comme la vôtre, un Grigny, on est à 25 km de Paris, c'est assez populaire, il
01:33faut le dire.
01:34Il y a bien sûr toutes les difficultés qui se concentrent.
01:37Et vous avez eu ce temps long puisque vous avez été à nouveau élu, félicitations.
01:42C'est votre quatrième mandat, il faut ce temps long pour la ville ?
01:46Oui, bien évidemment, il y a des échelles qui sont différentes.
01:49Grigny, c'est 90% du territoire concerné par le renouvellement urbain.
01:53C'est 10 000 logements concernés.
01:55Nous sommes un laboratoire national de la rénovation urbaine et du traitement des copropriétés dégradées.
02:01Et donc oui, évidemment, il faut énormément de temps.
02:04Et donc nous avons démarré l'an rue 1, nous sommes en pleine mise en œuvre de l'an rue
02:092.
02:09Et nous travaillons déjà sur le troisième programme de la rénovation urbaine, enfin qui arrive et qui est à l
02:17'ordre du jour gouvernemental.
02:18Bon, ça fait plus de 20 ans donc, si on calcule bien que la transformation est en cours et c
02:22'est tant mieux.
02:23On va aborder l'aspect financier dans un instant.
02:26Déjà, qu'est-ce qui a changé pour les habitants ?
02:28Est-ce qu'on est dans une phase toujours de réparation, de transformation ?
02:33Logement, espace public, sécurité, école, commerce, mobilité ?
02:36Il y a énormément de sujets dans une ville, mais qu'est-ce qui a changé, qu'est-ce qui
02:39est le plus spectaculaire depuis ces 20 ans, ces 20 dernières années ?
02:42Le retour de la dignité pour les habitants, la confiance dans l'avenir.
02:47Transformer la ville, c'est transformer pas uniquement son cadre de vie, c'est projeter la ville dans son avenir.
02:54C'est construire un autre récit, un avenir désirable, en fait, avec les habitantes et les habitants.
02:59Et moi, j'ai plein d'anecdotes où la réfection d'un espace public, d'un équipement public, d'une
03:03école, rendez-vous une école pour des enfants, pour des parents d'élèves, une rue, simplement une rue.
03:09Quelqu'un qui me dit, ben maintenant, je lève la tête quand je marche.
03:12Quelqu'un me disant, monsieur Philippe, puisqu'il me connaît depuis très longtemps, je suis un enfant de la Grande
03:17-Borne.
03:17Avec ce quartier populaire de près de 3500 logements, qui me dit, Philippe, maintenant, nous habitons dans une résidence.
03:24Et donc, il y a une confiance qui est retrouvée dans un avenir à partir de l'endroit dans lequel
03:30on vit, ça c'est la plus belle des réussites.
03:32Mais sinon, c'est un tramway qui arrive, ce sont des commerces qui s'installent, ce sont des écoles rénovées,
03:37parce que nous avons un défi éducatif à gagner, à côté du défi de la transformation urbaine.
03:43C'est des espaces publics qui répondent aux enjeux d'adaptation au réchauffement climatique.
03:47Donc, c'est tout ça, en même temps, dans une même temporalité, avec des acteurs très différents, et donc une
03:56diplomatie à mettre en œuvre.
03:57Donc, un changement d'image, finalement, aussi.
04:00Demain, avant, c'était un peu des villes qu'on évitait, ou qu'on essayait de fuir des comprouvées.
04:06Aujourd'hui, on peut habiter, on peut se dire, tiens, je vais être un habitant de Grigny.
04:11Oui, je...
04:12L'y projeter.
04:13On s'y projette, et j'ai là aussi une anecdote, mais qui caractérise, je crois, ce que nous pouvons
04:18ressentir.
04:20Pendant la campagne électorale, puisque nous sortons de ce temps démocratique merveilleux,
04:24une jeune qui dit, moi, aujourd'hui, je veux réussir dans ma vie, mais je veux rester dans ma ville.
04:32Il y a encore dix ans, réussir, c'était quitter sa ville.
04:36Et donc, aujourd'hui, je sens, dans cette jeunesse, de voir cette transformation,
04:40ce champ du possible et du nécessaire, donner des envies de rester dans la ville,
04:45et en même temps de réussir.
04:46Et ça, c'est nouveau.
04:47On va quand même parler de cette, en rue 3, acte 3,
04:52les enveloppes étaient assez généreuses pour les deux premières, et ça se réduit.
04:56L'État, on le sait, est un peu, c'est en train de compter ses sous.
05:01Je crois qu'on est sur une enveloppe de 5 milliards ou de 10 milliards auparavant.
05:04Qu'est-ce que vous en dites ?
05:05Est-ce que ça va suffire pour les transformations de la ville qui sont nécessaires ?
05:08Non, ça ne va pas suffire.
05:09Mais d'abord, il faut qu'on se dise les choses sur l'argent.
05:13L'en rue, ce n'est pas une dépense, c'est un investissement.
05:16Quand l'en rue met un euro sur la table,
05:20il y a 15 centimes qui proviennent des impôts, et donc de l'État.
05:25Le reste de l'argent provient des partenaires sociaux.
05:29Le 1% logement, en clair, les salariés.
05:32Et deux, les bailleurs sociaux, en clair, les locataires.
05:36Et donc, ce sont les salariés locataires qui se financent l'en rue.
05:39Et donc, il faut qu'on arrive à déconstruire quelque chose
05:42qui laisserait à penser qu'il y a un pognon dingue là-dedans.
05:46Non, non.
05:4715 centimes sur un euro d'investi proviennent de l'État.
05:52Deuxième élément,
05:531 euro investi par l'en rue,
05:55c'est 5 millions d'euros sur la table.
05:57Il y a un effet levier extraordinaire de l'en rue,
06:01un effet multiplicateur,
06:02qui a des répercussions,
06:04y compris pour les finances de l'État.
06:08Puisque l'en rue,
06:09c'est de la TVA.
06:11Dans le cadre du NPRU,
06:13l'en rue 2,
06:14c'est 4 milliards d'euros de TVA,
06:16récupérés.
06:17C'est 6 milliards d'euros de cotisations sociales,
06:21récupérés.
06:21Et c'est 400 000 emplois.
06:23Rendez-vous compte de cette belle machine.
06:25Donc, c'est un investissement, l'en rue.
06:27Ce n'est pas une dépense à fond perdue.
06:30Et donc, il faut gagner ce combat-là du récit
06:32sur combien ça coûte,
06:34d'où ça vient.
06:35Et si on pose des choses objectivement,
06:37écoutez, c'est une belle machine.
06:39Et heureusement qu'on a inventé cette belle machine en 2004.
06:41Philippe Riau, vous dites des emplois.
06:43Ça veut dire que, finalement,
06:44cet effet multiplicateur,
06:46on va avoir des emplois locaux,
06:47des commerces,
06:48de l'attractivité,
06:50un parcours résidentiel modifié.
06:51Bien sûr.
06:52Aujourd'hui, on diversifie l'offre de logement.
06:55On crée du commerce
06:57parce qu'on a besoin de renouveler
06:58nos cellules commerciales.
07:00On peut créer aussi du développement économique.
07:02Vous savez, Grigny, par exemple,
07:04ces trois dernières années,
07:05300 emplois ont été créés ces trois dernières années.
07:08On a remis une offre de soins
07:11à travers une pharmacie
07:12dans le quartier de la Grande-Borne.
07:14Donc, tout ça,
07:15ce sont des réalités très concrètes.
07:16Le transport qui arrive,
07:18c'est la mobilité
07:18pour les travailleurs et les travailleuses.
07:20Le tramway ?
07:20Le tramway,
07:21mais aussi on a un bus à haut niveau de service,
07:23le TZN, 100% électrique.
07:26Et donc, on a une offre de transport
07:28qui nous permet aussi d'irriguer,
07:29de se dire,
07:29on peut rester ici
07:30puisque l'offre de transport est suffisante
07:32pour aller sur les points de développement économique.
07:34Mais localement, on peut aussi.
07:3624% des salariés
07:38grinois
07:39travaillent sur la ville de Grigny.
07:40D'accord.
07:40Quelles sont les industries
07:42ou les grandes entreprises ?
07:43Écoutez, on a d'abord,
07:45bien évidemment,
07:45les artisans.
07:46Une très forte dynamique de PME, PMI
07:48parce que nous,
07:49on a acté sur le développement
07:51sur les PME, PMI.
07:52Et puis, on a des grandes multinationales
07:54de type Coca-Cola
07:56qui a réinvesti 140 millions
07:58sur le territoire
07:58pour verdir son activité d'embouteillage.
08:00Et donc, on a ce panel
08:02qu'il faut tenir.
08:02Mais à côté de ça,
08:04si on n'a pas des outils de formation
08:05pour permettre de faire ce lien
08:07entre la demande d'emploi
08:09et l'offre d'emploi,
08:11nous avons créé,
08:12nous, l'Université de la Seconde Chance,
08:13avec trois centres de formation
08:14qui permettent de diplômer,
08:16qualifier,
08:17recréer des parcours
08:18pour les gens qui ne sont peu pas diplômés.
08:22Parce que le diplôme,
08:23on le sait tous,
08:24c'est un savoir-faire
08:25et un savoir-être.
08:26C'est un passeport pour l'emploi.
08:27Donc, on travaille beaucoup
08:28sur ces questions de formation
08:30parallèlement à la question
08:31de l'implantation
08:32d'activités économiques
08:34et à la pérennisation
08:35d'activités économiques
08:36sur le territoire.
08:37Voilà, en tout cas,
08:37on peut dire que Grigny
08:38est en train de devenir
08:39un véritable laboratoire
08:40du renouvellement urbain
08:42en banlieue.
08:43Oui, c'est un laboratoire XXL.
08:45C'est plus qu'un laboratoire,
08:47c'est grandeur nature.
08:48Nous sommes le plus grand projet
08:49de rénovation urbaine de France.
08:5115% des logements
08:54vont être démolis et reconstruits.
08:5640% des logements
08:57vont être réhabilités.
09:00C'est massif.
09:01C'est d'ailleurs reconnu
09:03d'intérêt national.
09:04Et donc, si notre nation
09:06réussit Grigny,
09:09notre République aura gagné.
09:12Et nous sommes en train
09:13de gagner ce défi
09:14qui est majeur
09:15avec un enjeu sur l'ANRU,
09:17pour moi, j'en vois trois.
09:20D'abord, l'ANRU
09:21devra toujours être
09:22un outil de réparation.
09:23Je le disais tout à l'heure,
09:25ségrégation spatiale
09:26et inégalité territoriale
09:28existent toujours
09:29dans notre pays.
09:31Et il faut lutter contre ça.
09:33Deuxièmement,
09:33ce sera l'ANRU des transitions.
09:35L'ANRU des transitions écologiques,
09:37lutte contre le réchauffement,
09:38verdissement des réseaux de chaleur,
09:39par exemple,
09:40mais aussi adaptation
09:41au réchauffement climatique.
09:42Et dans cette ANRU des transitions,
09:44il y a aussi
09:45une transition démographique.
09:46Pour la première fois,
09:48les quartiers populaires
09:49vont être confrontés
09:51au vieillissement de la population.
09:54À Grigny,
09:54c'est 35% des bailleurs
09:55dans le logement social,
09:56des locataires dans le logement social
09:58qui ont plus de 65 ans.
10:00C'est 25% des logements
10:02qui sont sous-occupés
10:03parce que la taille du ménage
10:05a réduit.
10:06Donc, on a un enjeu
10:07sur les transitions écologiques,
10:10démographiques.
10:10Et puis, un troisième enjeu,
10:12celui des coalitions
10:14à créer nouvelles
10:15entre l'ensemble des acteurs,
10:17qu'ils soient privés,
10:19publics,
10:20et dans le public,
10:21je pense notamment
10:22à d'autres agences de l'État,
10:24à l'Agence nationale
10:25d'amélioration de l'habitat,
10:26puisqu'aujourd'hui,
10:28la question des copropriétés dégradées,
10:30c'est vrai pour Grigny,
10:31la plus grande copropriété dégradée
10:33en opération d'intérêt national,
10:35copro dégradée,
10:36c'est Marseille demain.
10:37Mais malheureusement,
10:38notre pays va être confronté
10:39massivement au mal-logement
10:41dans les copropriétés dégradées.
10:42Donc, l'ANRU, l'ANA
10:44et d'autres outils
10:45vont devoir encore un peu plus
10:47se travailler ensemble
10:48pour répondre à ce lourd défi
10:50pour notre beau pays.
10:51Voilà, en route
10:52pour le troisième acte
10:53de ce renouvellement urbain.
10:55Merci à Philippe Rioux,
10:56maire de Grigny,
10:57et à très bientôt
10:58sur Smartymo.
10:59Merci.
10:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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