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Avec 165 000 créations d'emplois au mois d'octobre, un taux de chômage inférieur aux attentes à 4,1 % de la population active, l'activité de l'emploi est résiliente aux États-Unis. Les chiffres des deux mois précédents ont été revus à la hausse de 84 000 créations. Du côté des salaires, ils progressent de 0,4 % sur un mois et de 3,1 % sur un an.
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00:03Générique
00:10Deux invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:14Vincent Chéniaud, directeur de la recherche chez Generali Investments.
00:17Bonsoir Vincent.
00:18Bonsoir Pauline.
00:18Et Mike O'Sullivan, chef économiste de Moonfair.
00:21Bonsoir Mike.
00:23Commençons peut-être avec ce rapport sur l'emploi.
00:26Voilà Vincent, je rappelais un petit peu les chiffres qui sont ressortis en nette hausse par rapport à ce qui
00:31était attendu,
00:31par rapport au mois précédent également, un taux de chômage qui est en léger repli,
00:37des salaires horaires qui remontent un petit peu, que ce soit en mensuel ou en annuel.
00:42Vos commentaires sur cette publication Vincent ?
00:46Oui, des chiffres vraiment assez forts en effet.
00:49Non seulement sur le mois, mais on a des révisions à la hausse également pour les deux mois précédents.
00:5484 000.
00:55Voilà, on a un taux de chômage à 4,1%, donc qui est très bas.
00:58Et d'ailleurs, on s'approche du record en termes de période avec un taux de chômage inférieur à 5%,
01:04ça fait maintenant très longtemps.
01:05Et donc ça traduit à un marché de l'emploi qui est solide.
01:09Les salaires, comme vous le dites, qui accélèrent également un petit peu,
01:13ce qui ne va pas forcément plaire à la Fed, même si la productivité est forte,
01:18donc ça maintient le coût unitaire du travail quand même sous contrôle.
01:22Mais je dirais que dans l'ensemble, c'est un rapport qui est solide et qui vient, je dirais,
01:27confirmer les dernières données qu'on a sur l'économie américaine.
01:30Par exemple, si on regarde les chiffres du PMI, globalement c'était solide.
01:34On a eu un peu plus tôt cette semaine également le rapport trimestrier de la Fed sur les conditions de
01:40crédit,
01:40qui sont également solides.
01:42Donc dans l'ensemble, l'économie américaine se comporte bien et continue de résister de façon assez admirable
01:50au choc qu'on a eu cette année, notamment le choc d'offres venant d'Iran, avec les prix d
01:56'énergie,
01:56mais également la forte hausse des taux d'intérêt, des taux longs.
02:00Malgré tout ça, l'économie américaine reste vigoureuse.
02:04Oui, et puis on a pris connaissance, donc vous le disiez, de plusieurs chiffres récemment.
02:07On a eu aussi ce chiffre d'une croissance ultra solide pour le troisième trimestre en première estimation,
02:14plus 3,4% Vincent, donc ça peut être révisé évidemment.
02:18Mais voilà, c'est vrai que tous ces chiffres vont dans le sens d'une économie solide.
02:23Et vous rappeliez donc sur les salaires des hausses, Mike, qui ne vont pas forcément plaire à la réserve fédérale.
02:29Alors qu'est-ce que ça veut dire une hausse le 9 décembre ?
02:32Une hausse des taux est largement pricée par le marché, 80% de chance.
02:36C'est ce que Kevin Warch avait d'ailleurs laissé un petit peu sous-entendre.
02:39Voilà, dans quel cadre ce rapport sur l'emploi vient confirmer, ou infirmé, mais plutôt confirmer du coup cette hausse
02:46en descendant ?
02:46Oui, comme a remarqué Vincent, ça fait 62 mois que le taux de chômage reste inférieur à 5%.
02:54Donc c'est une économie très très difficile à basculer.
02:57À mon avis, le FED ne va rien faire jusqu'à peut-être janvier, février, parce que les marchés sont
03:06en train d'être choqués.
03:10Et aussi les investisseurs dans l'IA vont, à mon avis, prendre une pause.
03:17Et ça va peut-être diminuer le taux de l'inflation.
03:22Il y a aussi une diminution des risques géopolitiques.
03:26Et le président Trump, il est très pragmatique et un peu cynique aussi.
03:31il va profiter des résultats des mi-mandats pour mettre fin à la guerre en Iran.
03:39Et ça va aussi diminuer le prix de gazole, de pétrole.
03:45Donc à mon avis, il ne faut pas compter sur la hausse de Donald Trump.
03:50Du 9 décembre ?
03:50Oui, c'est ça.
03:51Ah ! Donc vous, vous pariez plutôt sur des hausses de taux, mais plutôt en 2027.
03:56Laissez encore un peu de temps avant la prochaine hausse.
04:00Vous rappeliez justement sur ces prix du pétrole, Mike.
04:04Je rebondis du coup là-dessus, parce qu'il est intéressant de noter que sur 5 jours,
04:09le baril de Brent, par exemple, cède quand même 15%, autour de 100 dollars globalement.
04:14Encore en repli aujourd'hui, c'est quand même un mouvement assez conséquent.
04:19Qu'est-ce qu'on peut dire de ce repris des prix du pétrole ?
04:23Comme les actions d'IA, le prix du pétrole était vraiment très haut.
04:30et provoqué par les risques géopolitiques, les blocages dans Hormuz.
04:37Et à mon avis, les investisseurs maintenant vont considérer la possibilité de fin de guerre,
04:45soit en Ukraine, soit en Iran aussi.
04:50Et en fait, le niveau de l'inflation aux États-Unis est très sensible à prix de gazole.
04:57Donc pour les trois mois à venir, moi je pense qu'on va avoir un assouplissement de prix du pétrole
05:04et aussi de l'inflation.
05:05Oui, en fait c'est ça, les investisseurs ont déjà pricé presque la fin du conflit,
05:12que ce soit en Ukraine ou au Moyen-Orient.
05:15Vincent, vos commentaires sur ces prix du pétrole.
05:18Alors ce qu'on regarde aussi beaucoup, c'est les produits raffinés.
05:21Parce qu'on ne met pas par exemple du pétrole dans sa voiture, on met du diesel.
05:25C'est ça les produits raffinés qui ont beaucoup monté, surtout aux États-Unis, des prix.
05:29Et par exemple, en Europe, on pourrait aussi parler du gaz, qui est quand même sur des niveaux assez élevés.
05:35Oui. Non, alors nous, de l'autre côté, on pense toujours qu'une hausse des taux de la Fed en
05:41décembre est possible.
05:41D'accord.
05:42Et d'ailleurs, comme vous le disiez, elle est plutôt assez bien pricée.
05:45Je crois qu'il y a 19 points de base dans les prix.
05:50Évidemment, ça va dépendre de ce qui se passe sur les marchés d'action d'ici là.
05:55Si effectivement, on était dans une sorte de tempête financière, évidemment, les conditions ne seraient pas réunies pour une hausse
06:02des taux.
06:04À voir si on a une accalmie et si on revient sur le scénario qu'on a traditionnellement, et je
06:10dirais quasiment systématiquement, après les élections de mi-mandat.
06:13On a plutôt une hausse du marché des actions et un rallye d'ici la fin de l'année.
06:20Mais là, effectivement, le choc a été rude.
06:23Et donc, il faut voir si les choses se stabilisent.
06:25Je pense qu'on aura quand même une hausse des taux de la Fed du fait de la vigueur de
06:28l'économie et d'une inflation qui reste trop élevée.
06:32Mais voilà, ça dépend également de ce qui se passe en Iran.
06:35Et là, je dirais que c'est très difficile à prévoir.
06:38Il y avait des craintes qu'en cas de vague bleue, effectivement, le président Trump pourrait accélérer les actions militaires
06:47en Iran avant que le congrès ne siège au mois de janvier.
06:51Là, il a eu des déclarations cette semaine qui étaient plutôt rassurantes en la matière.
06:55Voilà, pour tempérer un peu ces inquiétudes.
06:58Et ça contribue, effectivement, à ce déconflement du prix de l'énergie.
07:02Si on regarde, il y a une relation vraiment assez étroite entre les stocks de pétrole et le prix du
07:07pétrole.
07:07À 118, clairement, il y avait une prime de marché et les investisseurs craignaient une escalade.
07:13Là, autour de 100, pour le Brent, on est revenu sur des niveaux qui sont plus en ligne avec l
07:18'affaire Value.
07:20Maintenant, il faut voir ce qui se passe en Iran.
07:23Oui, c'est sûr.
07:24J'ai des choses à ajouter.
07:25En fait, on n'est pas d'accord sur la stratégie de Trump.
07:30Le vice-président J.D. Vance, il a lancé une tweet hier.
07:36Donc, il a blâmé la guerre en Iran.
07:39Oui, il a dit que c'était à cause de ça qu'il allait perdre l'élection.
07:42Ça montre que dans le White House, ils sont en train de changer la stratégie.
07:49Et aussi pour le fait, je crois que Kevin Walsh est très sensible au fait de commettre une erreur.
07:56Et vu que les marchés sont très sensibles en ce moment, je pense que lui, il pense mieux attendre quelques
08:05mois avant de faire quelque chose.
08:10Justement, Vincent, nous parlait un petit peu des mouvements sur ces marchés actions.
08:14C'est évidemment le sujet du moment, le sujet surtout d'hier, avec des réactions, Mike, très violentes sur le
08:21Nasdaq.
08:22Je rappelais en intro, mais voilà, sur l'ensemble des marchés mondiaux, puisqu'on a vu des réactions sur le
08:27Nikkei, sur le Kospi.
08:28Donc, en Asie, nous, en Europe, ça va, on a été assez épargnés.
08:33En même temps, on a beaucoup moins de valeur technologique qu'aux États-Unis.
08:36Mais voilà, qu'est-ce qui se passe sur ce secteur de la tech pour que le Nasdaq cède près
08:41de 6% en clôture ?
08:42C'est-à-dire qu'en Europe, c'est calme parce qu'on n'a pas d'action de technologie.
08:47Non, moi, en fait, je pense que le contexte est très important parce que la valeur de toutes ces actions
08:55de tech était vraiment très élevée.
08:58Les attentes de leur rentabilité étaient aussi très élevées.
09:03Et les investisseurs détenaient un surpoids des actions de Samy.
09:09Et moi, je pense, je constate qu'il y a quelques fonds spéculatifs en difficulté.
09:14Donc, il faut tous, il faut, il se débarrasse de toutes les…
09:17Ventes massives.
09:18Ventes massives et le comportement de la bourse hier était comme ça, très, très violent.
09:27Donc, il n'y avait pas d'acheteurs.
09:30Et je pense qu'il y a deux, trois jours encore de vente devant nous.
09:36Et ça va, en fait, stabiliser.
09:40Parce que maintenant, il y a pas mal d'actions qui sont vraiment très intéressantes dans plusieurs secteurs.
09:46Les banques, en fait, les technologies, tout ça.
09:50Donc, pour moi, c'est plutôt une question de positionnement des investisseurs que de la politique sur les sortes de
10:00données.
10:00Ah oui, d'accord.
10:02C'est sûr que c'est des mouvements qui ont quand même été violents.
10:07On voit que ça rebondit un peu aujourd'hui.
10:10Mais franchement, Vincent, c'est assez léger.
10:11Le Nasdaq, 1,5%.
10:13Bon, loin quand même de rattraper les 5,5% perdus hier.
10:18Votre analyse un petit peu sur cette séquence.
10:20Donc, on surveille la tech liable.
10:22Mais voilà, les semi-conducteurs, c'est des valeurs quand même qui ont été durement touchées hier également.
10:27Oui, absolument.
10:28Et d'ailleurs, on a une rotation de point de feuille entre secteurs, clairement, qui a favorisé les secteurs défensifs.
10:34Mais également, au sein de la poche tech.
10:37Et ce qui a vraiment sous-performé, ce sont les semi-conducteurs également.
10:41Ah oui, bien sûr.
10:41En effet, qui étaient clairement les stars cette année en termes de performance.
10:46Et là, ça a corrigé très fortement.
10:48Alors que les services tech, IT par exemple, ont beaucoup mieux résisté.
10:55On avait dit, effectivement, en cas de victoire démocrate, surtout de larges victoires,
11:01le marché pourrait s'inquiéter de ce qui se passera en 2028.
11:04Et effectivement, avec les élections présidentielles.
11:06Bien sûr.
11:06Parce qu'aujourd'hui, si les démocrates veulent resserrer la réglementation autour de l'IA,
11:12ce sera compliqué parce qu'il y aura un veto du président Trump.
11:16Ils peuvent quand même faire des actions au niveau des États.
11:21Et il y a pas mal de gouverneurs qui sont opposés, effectivement, aux data centers.
11:25Par exemple, comme au Texas.
11:26Voilà.
11:26Donc ça, c'est clairement une inquiétude, je pense, qui a accéléré cette correction sur les semi-conducteurs.
11:33Après, je pense qu'il y a eu un nettoyage, effectivement, très, très violent.
11:37Si on regarde l'indice stocks, par exemple, en termes de valorisation, il y a encore peu.
11:42Ils se traitaient à 25 fois les profits les 12 prochains mois.
11:45Là, on traite à 13 fois les profits les 12 prochains mois.
11:49Donc là, la correction est quand même massive.
11:52Et sur ces niveaux de valorisation, on est plutôt en bas de range historique.
11:56Donc j'ai plutôt tendance à penser, moi, que la correction, effectivement, a été très violente, très soudaine.
12:02Mais qu'on pourrait se stabiliser, voire rebondir.
12:06Alors évidemment, c'est l'histoire du couteau qui tombe.
12:09Donc c'est très difficile de l'attraper et acheter maintenant.
12:11Il faut quand même avoir un certain courage.
12:14Mais effectivement, on arrive sur des niveaux qui nous semblent quand même assez attractifs.
12:20Et je pense que les boucs ont été pas mal nettoyés.
12:23Donc de bons points d'entrée, c'est ça, en fait, Vincent ?
12:27Potentiellement ?
12:28Potentiellement, oui.
12:29C'est toujours difficile de bien entrer sur ces niveaux après une correction aussi forte.
12:32Mais effectivement, les niveaux de valorisation, quand même, commencent à...
12:37Ça nécessite de se poser la question à ce moment-là.
12:40Un autre sujet que je mentionnais, parce que le temps file, en introduction, c'est le sujet français.
12:47Mike, Roger Unanime, de la version amendée du budget.
12:51Vous avez rédigé une note, justement, sur le cas français assez récemment, Mike.
12:56Vos commentaires sur la France, sur la politique française, sur le budget, sur les taux souverains aussi.
13:02On a vu un 10 ans français au-delà de 5%.
13:05Voilà, donc là, ça s'est détendu.
13:07Mais toute cette séquence un peu politique, on attend l'élection présidentielle,
13:12les élections certainement législatives qui suivront ensuite.
13:15Là, voilà, quel état des lieux on peut dresser de ce cas français aujourd'hui ?
13:19Bon, la bonne nouvelle, c'est que les obligations sont assez performantes.
13:24En ce moment, les taux d'entrée tombent.
13:27Donc, on oublie la crise de la semaine dernière.
13:32Mais moi, étant que j'ai vécu la crise de l'euro en Irlande,
13:38et je connais très, très bien la Grèce aussi,
13:41je regarde la France avec un grand intérêt,
13:44parce que c'est un des pays les plus endettés du monde.
13:48Et pour moi, la chose qui me trouble, c'est le déni.
13:52Donc, on parle de l'endettement, on parle de bouger,
13:55on parle des efforts du gouvernement de passer une bougie.
13:59Mais en réalité, il n'y a pas de grand changement de situation.
14:05Et je crains que ce déni va mener à une crise,
14:10soit en 2027, soit en 2028.
14:14Et je crains aussi qu'il y ait d'autres économies
14:17qui sont aussi endettées que la France.
14:19L'Angleterre, en fait, le Japon, la Chine,
14:22les États-Unis sont beaucoup plus endettés que la France.
14:25Et d'avoir une économie mondiale
14:29où la dette commence à péser lourdement,
14:33en fait, ça va peut-être provoquer une grande récession,
14:38peut-être en 2028.
14:40Donc, le plus tôt qu'on réduit le déficit en France,
14:47le mieux.
14:48Oui, c'est sûr, mais c'est vrai qu'on va suivre
14:52toute cette séquence politique en France, en tout cas,
14:55et puis à travers le monde.
14:57Justement, vous parliez d'autres économies.
15:00J'ai une question, Vincent, sur ça.
15:02Est-ce qu'il y a un risque, selon vous,
15:04de contagion à d'autres pays de la zone euro,
15:07à ce stade, du cas français,
15:09qui est quand même assez...
15:10Enfin, c'est un cas vraiment franco-français.
15:12Mais on n'est pas les seuls qui ont des élections à venir,
15:15je pense, à l'Espagne le 29 novembre,
15:17à l'Italie, à l'Allemagne avec l'AFD,
15:21et puis à cet euro qui a quand même baissé
15:22il y a quelques semaines pour atteindre
15:24des plus bas niveaux de 17 mois,
15:26avec un euro-dollar à 1,11, à 1,50.
15:28Donc là, on peut se poser la question quand même
15:30du risque de contagion ou pas, selon vous ?
15:33Oui.
15:33Alors, d'abord, un mot sur la France.
15:36Je pense qu'on n'aura pas de clarté politique
15:38avant juin 2027.
15:40Donc législative.
15:41Voilà, comme vous dites, il y aura des législatives.
15:42C'est sûr.
15:43Ce qu'il faut pour que les marchés français,
15:45aussi bien les OAT que le CAC,
15:47en tout cas en relatif, se reprennent,
15:50il faut une majorité parlementaire, petit 1,
15:53et petit 2, une majorité qui est prête
15:55à s'attaquer au déficit chronique en France.
15:58On a déficit autour ou au-dessus de 5% depuis 2020.
16:03Ce n'est pas tenable.
16:04D'accord.
16:04Ce n'est pas soutenable.
16:06Vous savez, quand on parle de soutenabilité de la tête,
16:08on parle de R moins G,
16:09c'est-à-dire le taux d'intérêt moins la croissance.
16:12Et ça, malheureusement, ça se dégrade.
16:13Le taux monte par rapport à la croissance.
16:15D'accord.
16:15Donc la dette n'est pas soutenable.
16:17Il faut s'attaquer à ces déficits chroniques.
16:20Ceci dit, la France n'est pas la Grèce.
16:23Je suis très clair là-dessus.
16:24En Grèce, avant la crise de la zone euro,
16:26on avait des déficits courants,
16:28donc des équilibres extérieurs de plus de 10% du PIB.
16:31En France, les déficits extérieurs sont très faibles.
16:34D'accord.
16:34Et donc, ça veut dire qu'on n'a pas le même manque d'épargne domestique
16:37par rapport à l'investissement.
16:39On a des déséquilibres internes.
16:41On a des déficits publics qui sont trop grands.
16:43On a une épargne des ménages qui est très forte.
16:45Donc il faut rééquilibrer.
16:46Mais le coût de ce rééquilibrage est probablement moins fort
16:49que ce qu'on a connu dans les pays périphériques
16:51et notamment la Grèce.
16:53Mais encore une fois, il faut s'attaquer à la question du budget,
16:57des déficits publics qui ne sont pas soutenables,
17:00contrairement à ce qu'on peut parfois entendre.
17:02Pour ce qui est du risque de contagion,
17:04alors, on a nos cousins belges
17:06qui sont dans une situation un peu périlleuse
17:08en termes de déficits, de besoins, de réformes structurelles.
17:12Donc je dirais que c'est un peu les deux mauvais élèves
17:14de la zone en termes budgétaires.
17:16D'accord.
17:17Après, l'Italie est très endettée,
17:20mais performe beaucoup mieux au niveau du déficit budgétaire.
17:22Ils ont un déficit autour de 3% du PIB,
17:24alors que nous, on est à 5-6%.
17:26Et puis la BCE a des outils,
17:27et notamment le fameux TPI.
17:29Qu'elle n'a jamais utilisé pour l'instant.
17:30Qu'elle n'a jamais utilisé,
17:31mais qu'elle pourrait utiliser en cas de contagion,
17:34comme vous dites,
17:34qui ne serait pas justifié par les fondamentaux.
17:37Il y a d'autres outils qui existent avant le TPI.
17:39Par exemple, je pense à ce qu'elle avait utilisé en 2022
17:41avec justement l'Italie.
17:43Peut-être qu'on peut y aller aussi graduellement
17:45pour aider ces...
17:46Oui, alors là, la situation est, je dirais,
17:49un peu plus délicate pour la BCE
17:50que dans un passé pas si lointain,
17:54parce que l'inflation est plus élevée.
17:55Donc elle ne peut pas, par exemple,
17:56faire de l'assouplissement quantitatif,
18:00comme elle l'a fait par le passé.
18:01Mais elle pourrait arrêter le resserrement quantitatif,
18:03ce qui déjà serait une bouée de sauvetage,
18:07ce qui aiderait.
18:08Je pense qu'elle a des outils pour limiter la contagion.
18:11Mais pour ce qui est de la France,
18:13elle peut intervenir également,
18:14mais ça serait sous condition.
18:16Et ça veut dire que la France perdrait
18:19sa souveraineté budgétaire.
18:20Il faudrait mettre en place les actions recommandées
18:22par la BCE, par la Commission européenne.
18:24et ce serait sévère.
18:26Donc espérons qu'on n'en arrive pas là.
18:28Il faut que des mesures responsables soient prises
18:31pour réduire le déficit.
18:33L'effort est considérable.
18:35Pour qu'on ait une dette soutenable,
18:37il y a un effort à faire sur le déficit primaire
18:39qui est proche de 3 points de PIB.
18:40Donc on parle quand même de 90-100 milliards.
18:43C'est un effort assez considérable.
18:45Plus on attend, plus cet effort sera douloureux.
18:47Oui, parce que plus ça...
18:49Oui, non, je suis d'accord.
18:51Mais je vous demande, Vincent,
18:52est-ce qu'il faut une crise, une vraie crise économique
18:55pour avoir la solution politique à l'endettement ?
19:00Espérons que, encore une fois,
19:02voyons la situation parlementaire
19:04à l'issue des élections.
19:06Est-ce qu'on aura une majorité
19:07qui peut et qui veut s'attaquer à ce problème ?
19:12Je pense que ça reste possible.
19:15Mais évidemment, il y a une institute politique
19:17qui est très grande.
19:18Et dans tous les cas, on aura évidemment,
19:19comme vous le disiez, Vincent,
19:20pas de réponse, pas de réponse concrète
19:23avant juin prochain.
19:24Donc là, on est quand même dans une période
19:26d'incertitude de plusieurs mois
19:27qui s'ouvre à nous
19:28avec ces questions budgétaires, etc.
19:31La dette, les élections présidentielles
19:32et probablement législatives.
19:35Il nous reste 5 minutes, messieurs.
19:36Un mot sur cette saison des résultats,
19:38Mike, qui touche à sa fin.
19:40On a eu de bons résultats globalement.
19:44Beaucoup ont surperformé les attentes des analystes.
19:47Qu'est-ce que vous retenez de cette saison
19:49de publication du 30 ans ?
19:50Vous avez mentionné Google, Amazon,
19:55où les attentats étaient encore très, très élevés.
20:00Je marque aussi sur Apple,
20:04largement très, très positive,
20:07très impressionnant, sauf la Chine.
20:09Et à mon avis, il faut qu'on garde un oeil sur la Chine.
20:13C'est une économie endettée
20:17où la politique n'est pas transparente.
20:23Et c'est aussi une économie qui ralentissait.
20:27Donc pour moi, les résultats d'Apple,
20:30il y a un petit avertissement sur la Chine.
20:33Mais largement, pour les S&P 500,
20:38les bénéfices étaient encore impressionnants.
20:41Oui, des attentes, vous le disiez,
20:43stratosphériques des investisseurs.
20:44Vincent, vos commentaires.
20:45Alors, on peut parler des États-Unis.
20:47On peut aussi parler de l'Europe, par exemple,
20:49en termes de croissance des bénéfices.
20:51On n'est pas si mal, finalement, en Europe.
20:54On a là les derniers résultats européens.
20:56J'ai en tête Le Grand, Novo Nordisk aussi,
20:59par exemple.
21:00Et puis ASML qui avait débuté
21:02cette saison de publication
21:04en disant que la demande était tellement forte
21:06qu'ils n'arriveraient pas à y répondre.
21:10Mais voilà, vos commentaires, soit sur les États-Unis
21:12ou soit sur le reste du monde, sur ces résultats.
21:14Non, non, mais effectivement,
21:15le marché n'a pas traversé cette saison des résultats
21:18aussi bien que la saison précédente.
21:23Effectivement, les résultats, pourtant, sont bons.
21:25Si on regarde en Europe,
21:25les bénéfices sont en hausse, je crois, de 28%.
21:27C'est exceptionnel.
21:28Oui, presque 30%.
21:28Voilà.
21:29Aux États-Unis, 24%.
21:30Alors, tout ça est quand même gonflé
21:32très largement par le secteur de l'énergie.
21:34Mais même si on regarde la compagnie médiane,
21:37on est autour de 12-13%,
21:38aussi bien aux États-Unis qu'en Europe.
21:40Et donc, c'est une croissance des résultats
21:42qui est plutôt solide.
21:43Mais effectivement,
21:45le marché a vraiment sanctionné
21:47les boîtes qui étaient un peu décevantes.
21:50Des grosses sanctions.
21:51On pense à Intel,
21:5230% de chute, par exemple.
21:54Alphabet aussi.
21:55Voilà.
21:55Donc, une forme d'asymétrie
21:57et le marché qui demandait beaucoup
22:01de la part des entreprises.
22:02Mais les résultats, globalement,
22:05restent bons,
22:07restent encourageants.
22:09Et je dirais que c'est en ligne
22:10avec ce qu'on disait au départ,
22:12une économie globale
22:13qui est très résistante,
22:16très solide.
22:17Donc, voilà.
22:19Là, on est dans une phase de correction.
22:22Mais c'est sûr qu'il y a un focus
22:25très important sur ce dont on parlait,
22:27la technologie et tout ce qui est
22:29data center, intelligence artificielle.
22:31C'est vrai que cette vague d'investissement
22:33a vraiment soulevé, je dirais,
22:35tous les bateaux
22:35et a permis à l'économie mondiale
22:38de résister.
22:38Donc, si on avait un fort ralentissement
22:40sur ces investissements,
22:42ça pourrait être un problème
22:43pour la croissance.
22:44Est-ce qu'on en est là ?
22:45Je n'en suis pas persuadé.
22:45C'est sûr que dans certains États américains,
22:47il y aura des contraintes.
22:49Mais il faut quand même garder en tête,
22:51je pense,
22:52qu'on est dans une compétition
22:53États-Unis-Chine
22:54et que les Américains
22:56ne peuvent pas se permettre
22:56de débrancher
22:58tout ce qui est investissement
23:00sur l'intelligence artificielle.
23:02Donc,
23:03pas trop de pessimisme non plus
23:05à ce niveau-là.
23:06Oui, c'est sûr,
23:07on va suivre.
23:08Peut-être un mot rapide,
23:09il nous reste une minute,
23:11Mike,
23:11sur ce qu'on peut attendre
23:13soit sur les résultats du T4
23:15à la fin d'année,
23:16soit ce que vous regardez
23:17un peu de manière plus globale
23:18aussi chez Moonfer
23:19pour la fin d'année
23:21et pour 2027.
23:22pour parler un peu
23:22de demande
23:23des investissements privés,
23:26je pense que cette petite correction
23:27dans les actions d'IA
23:29va peut-être rendre
23:31l'investissement plus durable
23:33et ça sera une bonne chose.
23:35Et pour accentuer aussi
23:37le côté positif,
23:38nous aurions une diminution
23:40de risque géopolitique
23:43et aussi peut-être
23:44le risque politique
23:45de M. Trump
23:47dans le White House.
23:49Merci beaucoup messieurs.
23:50Michael Sullivan,
23:51chef économiste de Moonfer
23:52et Vincent Chéniot,
23:54directeur de la recherche
23:55chez Generali Investments.
23:57Merci à tous les deux
23:58d'avoir été sur ce plateau.
24:00Merci à vous
24:01de nous avoir suivis
24:03et on se retrouve lundi
24:05à midi et demi
24:05en direct
24:06sur Bsmart.
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