00:00On va revenir maintenant à la guerre au Moyen-Orient avec des échanges de frappes qui ont lieu entre les
00:05armées américaines et iraniennes.
00:06Quant à Donald Trump, il le dit, c'est ce soir qu'il va frapper fort, très fort l'Iran.
00:13Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y aura davantage de bombardements cette nuit.
00:18Ils seront plus importants et plus puissants.
00:22Nous avons abattu tout leur système anti-aérien.
00:25Globalement, ils n'ont plus aucune défense.
00:30Et on va retrouver Antoine Ellard en direct de Washington pour BFM TV.
00:35Antoine, parce que ça y est, la guerre est repartie et d'après le président Trump, ce sera de manière
00:41intense.
00:45Oui, en fait, ça fait déjà deux soirs de suite que les États-Unis mènent des frappes contre l'Iran.
00:49Ce soir, il s'annonce donc, Trump a annoncé une troisième série de frappes.
00:54Jusqu'ici, ce sont des installations militaires qui ont été visées par les États-Unis.
00:58Mais Donald Trump, aujourd'hui, laisse entendre que bientôt, les Américains pourraient aller plus loin et s'en prendre à
01:04des infrastructures civiles.
01:05Trump dit notamment que les États-Unis pourraient saisir l'île de Cargue.
01:10Vous savez, cette île ultra-stratégique par laquelle transite 90% du pétrole iranien.
01:15Alors, ça fait longtemps qu'on parle de cette île.
01:16Jusqu'ici, Donald Trump a toujours écarté la possibilité de lancer un assaut contre ce site ultra-stratégique parce que
01:23ça voudrait dire de déployer des troupes au sol,
01:26c'est-à-dire donc une opération risquée avec la possibilité de perdre de nombreux soldats dans cette opération.
01:31Et donc, jusqu'ici, Donald Trump n'avait pas voulu passer à l'action.
01:35Est-ce que cette fois, il va y aller ?
01:36Ça n'est pas sûr. Tout à l'heure, sur Fox News, il s'est montré un peu plus prudent.
01:40Mais ce qu'on voit, en tout cas, c'est que Donald Trump est à bout de patience.
01:43Hier, il a accusé les Iraniens de faire traîner volontairement les négociations, de le prendre pour un idiot.
01:49Et pour Trump, ça suffit désormais.
01:51Et c'est pour cette raison qu'il a relancé ses frappes.
01:54Alors, les officiels américains assurent que ça n'est pas une reprise des hostilités.
01:58Ça n'est pas un retour de la guerre à grande échelle.
02:00Le CENCOM, le commandement militaire, parle de frappes ciblées, de frappes de défense.
02:05Et l'objectif, en tout cas, aux yeux de Donald Trump, c'est, par cette nouvelle commande de bombardement,
02:10de mettre une pression sur le régime iranien pour le forcer à conclure un accord aux conditions des États-Unis.
02:16D'ailleurs, en coulisses, les discussions se poursuivent entre Iraniens et Américains.
02:23Merci Antoine Ellard, en direct des États-Unis pour BFM TV.
02:25Et l'Iran, Ulysse Gosset, bonsoir, qui menace bien évidemment de faire connaître l'enfer aux Américains,
02:30qui a envoyé des missiles sur la Jordanie qui ont été interceptés.
02:34Et finalement, on a l'impression de revivre quelque chose que l'on connaît déjà.
02:38Un film, malheureusement, pas de très bonne qualité.
02:41Oui, on a l'impression effectivement que la patience de Donald Trump s'épuise
02:44et qu'il a envie de frapper fort pour envoyer un nouveau message,
02:48un nouveau coup de pression à l'Iran à quelques jours de son anniversaire,
02:51à quelques jours de son départ pour l'Europe, pour le G7 qui a lieu en France, à Evian,
02:55où il sera lundi soir prochain.
02:57Donc, il y a quelques jours, il y a vraiment une période très critique de quelques jours
03:02qui peut encore permettre à Trump de bombarder l'Iran,
03:06avec, je pense, un calibrage assez précis.
03:09C'est-à-dire qu'il veut à la fois vraiment infliger des dégâts à l'Iran
03:12pour bien faire comprendre aux Iraniens qu'il faut accepter un accord.
03:16Donc des sites pétroliers notamment ?
03:18Alors, attendez, d'abord, la stratégie, c'est de taper fort,
03:22mais plus qu'une simple riposte à une frappe iranienne,
03:26et pas trop fort pour que ça ne soit pas non plus une reprise de la guerre.
03:30Imaginez quand même, en pleine Coupe du Monde de football,
03:32qui démarre aujourd'hui, en plein sommet du G7,
03:35en plein anniversaire avec un grand spectacle, un grand show à la Maison Blanche,
03:38une opération de guerre massive américaine et israélienne en Iran,
03:42ça paraît peu probable.
03:43Donc, si vous voulez, l'idée, c'est effectivement de bien calibrer.
03:46Faire mal, mais pas trop quand même.
03:50Exactement.
03:50Et là, on vient dans le détail, que dit Trump publiquement ?
03:53Et c'est assez étonnant d'entendre le président des États-Unis,
03:56le commandant en chef, dire, je veux prendre l'île de Cargue,
04:01je veux prendre tous les sites pétroliers
04:03et le contrôle du trafic pétrolier et gazier de l'Iran,
04:08et puis frapper les ponts et les infrastructures.
04:11Alors, hier, il a dit, je veux qu'on frappe les ponts et les infrastructures,
04:14c'est-à-dire toucher les Iraniens, les civils, pas simplement les militaires.
04:17Et aujourd'hui, il dit, je préférerais ne pas le faire
04:20parce que ça a des conséquences pour les civils.
04:21Donc, on a toujours, si vous voulez, cette situation un peu ambiguë de la part de Trump,
04:24mais on est clairement dans une nouvelle montée de la tension.
04:28Et côté Téhéran, ce qui est étonnant, c'est que ce matin encore, jusqu'à l'aube,
04:33il y avait des négociateurs qataris qui se trouvaient à Téhéran
04:36pour négocier et partir vers le Qatar ou peut-être vers les États-Unis, on verra.
04:41Pour dire, voilà le plan qui est possible si on veut absolument aboutir à un accord.
04:46– Téhéran qui juge désormais pratiquement dénué de sens,
04:48le cessez-le-feu théoriquement toujours en vigueur.
04:51Est-ce que le régime iranien a de la capacité militaire d'empêcher ces frappes annoncées du côté des États
04:59-Unis ?
04:59– Alors, les empêcher, non.
05:01Il manque notamment de défenses solaires conséquentes pour pouvoir intercepter,
05:06mais par contre, il a des capacités pour répondre, pour répliquer.
05:11– Par exemple, l'île de Cargue, si Trump dit qu'il faut détruire l'île de Cargue,
05:16les Iraniens ne peuvent pas l'empêcher ?
05:17– En fait, il n'a pas dit détruire, il a dit qu'il faut prendre l'île,
05:22ce n'est pas la même chose parce que l'île de Cargue, c'est le poumon, je dirais, pétrolier.
05:25– Imaginez que l'île de Cargue soit complètement détruite,
05:29c'est une crise pétrolière majeure qui est déclenchée.
05:31– Donc, prendre au sol avec des troupes ?
05:33– Oui, mais ça veut dire une opération aéroportée importante,
05:38et avec forcément des pertes.
05:41Parce que les Iraniens ne vont quand même pas se laisser faire.
05:44– Les Américains vont se faire tirer dessus.
05:45– Voilà, donc la prise de risque est extrêmement élevée,
05:49donc effectivement, il n'y a pas de très bonne option sur Cargue,
05:51parce que la détruire, comme le dit Ulysse, c'est l'impact…
05:53– Reprenons les mots de Trump,
05:54nous prendrons l'île de Cargue.
05:56– Et pensez que les Iraniens vont dire,
05:59venez, faites comme chez vous ?
06:01– Ce qui se dit sur l'île de Cargue,
06:03c'est que les Iraniens ont profité du cessez-le-feu
06:05pour reconstituer leur défense,
06:07pour renforcer les troupes sur place,
06:09et je rappelle une chose quand même, c'est importante,
06:11c'est que l'Iran continue quand même à exporter un peu de pétrole,
06:14donc tout n'est pas complètement bloqué.
06:16– Et le détroit d'Ormuz dans tout ça ?
06:18– Les Américains ont dit, vous savez…
06:19– Les Iraniens ont dit, allez on le reprend, on referme, on verrouille.
06:22– Oui, mais l'information qui est la plus stupéfiante
06:24des derniers jours, c'est que Donald Trump lui-même
06:26a annoncé qu'il avait fait passer 100 millions de barils,
06:31je ne dirais pas clandestinement,
06:32mais secrètement, malgré le blocus iranien.
06:35– Il nous a annoncé 25 fois que le détroit d'Ormuz était réouvert,
06:38comme il a menacé 38 fois l'Iran d'être détruit,
06:41et aussi une trentaine de fois le fait qu'il parvenait d'un accord.
06:44Donc si vous voulez, le discours de Donald Trump,
06:47il est assez variable en fait en fonction de la conjoncture.
06:50– Donc il faut être prudent sur ce qu'il raconte,
06:51mais on voit quand même une chose,
06:53c'est que le régime iranien joue avec les nerfs du président américain,
06:56et pour l'instant ce régime iranien est toujours là,
07:00tarde à répondre aux exigences américaines,
07:04les Iraniens prennent leur temps.
07:05– Oui, mais ça fait 47 ans.
07:07– Et ça fait 47 ans, et donc ça continue.
07:09– Qu'ils ont un savoir-faire pour faire traîner en longueur les négociations,
07:15et ça…
07:16– J'ai envie de dire, c'est quand même les rois de l'embrouille.
07:18– Tout comme ça fait 25 ans qu'ils ont un programme clandestin nucléaire,
07:22qu'ils continuent quand même en fait d'enrichir l'uranium.
07:24Non, non, il y a un certain génie iranien à faire durer les choses,
07:28à laisser finalement faire le temps, faire pourrir une situation
07:31pour parvenir finalement à un avantage à la suite.
07:33– Est-ce qu'on peut imaginer que ça marche cette fois pour Donald Trump ?
07:36C'est-à-dire qu'en frappant fort, de manière précise,
07:39peut-être des intérêts stratégiques et vitaux,
07:41que ça puisse cette fois-ci faire plier le régime iranien et les faire signer.
07:45– Non, je ne pense pas dans le sens où le peuple iranien sera un peu à l'image du
07:48peuple pakistanais.
07:50S'il faut qu'il soit contraint à manger de l'air pour avoir l'arme nucléaire,
07:53ils le font quand même.
07:54Dans le sens où c'est un régime, on l'a dit en fait, de 47 ans de résilience économique.
07:59Donc même si vous bombardez au risque d'un choc pétrolier, l'île de Kark,
08:04qui est 90% finalement du pétrole iranien et exporté,
08:08il n'empêche que le programme nucléaire sera quand même maintenu,
08:11et le régime des Mola également.
08:13– Alors il faut préciser une chose, c'est qu'il est annoncé là,
08:16tout à l'heure, une réunion à la Maison-Blanche, dans la Security Room,
08:20pour faire justement le point avec les services de renseignement,
08:24le patron de la CIA, le vice-président,
08:27et donc c'est une réunion qui va permettre à Trump d'évaluer les options
08:30et de voir quels sont les risques,
08:31parce que comme le disait le général Pellistrandi,
08:33prendre l'île de Kark, ça veut dire des hommes au sol, des troupes au sol,
08:37ce que Trump a toujours refusé de faire compte tenu des risques.
08:39– Oui mais Ulysse, il y a le calendrier,
08:41aujourd'hui c'est le coup d'envoi de la Coupe du Monde aux Etats-Unis.
08:44Donc au même moment, la Coupe du Monde va démarrer,
08:47il pourrait y avoir une opération militaire d'ampleur.
08:49– C'est bien ça le problème !
08:50– Et Donald Trump serait…
08:51– J'ai posé la question à quelqu'un qui est plutôt proche de Trump,
08:54il m'a dit mais Trump, ça ne l'ennuie pas, ça ne le gêne pas,
08:56c'est au contraire une façon de dire,
08:58le monde continue de tourner, la Coupe du Monde démarre,
09:01et moi je veux faire plier l'Iran.
09:02Alors est-ce que dans ses propos depuis 48 heures,
09:05il s'agit encore une fois d'un coup de pression du président,
09:08de faire plier l'Iran,
09:10ou est-ce que véritablement il va frapper ce soir à nouveau ?
09:13Il faut dire qu'hier, il avait annoncé les frappes et elles ont eu lieu.
09:16Aujourd'hui il dit je veux prendre l'huile de cargue,
09:18on verra ce qui se passe cette nuit,
09:19mais c'est vrai que le choc des images,
09:22c'est-à-dire une Amérique en guerre,
09:23qui frappe, qui mène une guerre au Frontier-Orient,
09:26et une Amérique qui est en train de se préparer à la Coupe du Monde.
09:28Alors c'est vrai que les premiers matchs ont lieu plutôt au Mexique,
09:31et que c'est simplement samedi que les compétitions arriveront aux Etats-Unis même,
09:36sur la côte ouest et sur la côte est,
09:38mais néanmoins, si vous voulez, on a un peu le vertige en se disant
09:40est-ce que le commandant-chef va aller appuyer sur le bouton
09:45au moment où on essaie de célébrer le football ?
09:48Et rappelons que l'équipe d'Iran est qualifiée,
09:50et elle est sur place aux Etats-Unis,
09:52et d'ailleurs elle n'est pas très bien traitée.
09:53Alors, elle n'est pas très bien traitée,
09:55alors son camp de base est donc à Tijuana,
09:57c'est-à-dire juste de l'autre côté de la frontière du Texas,
10:00bon, les joueurs ont eu leur visa,
10:03mais une partie de l'encadrement n'a pas obtenu le visa.
10:06La seule chose, c'est que c'est sa septième qualification
10:09pour la Coupe du Monde,
10:10donc c'est une équipe qui a du mordant
10:13et qui peut jouer un rôle, en tout cas, pour le premier tour.
10:18Donc on va voir comment ça va se passer,
10:22sachant que je crois qu'il y a un match de l'équipe d'Iran à Los Angeles,
10:25où il y a...
10:26– Parce qu'il y a la plus forte communauté iranienne.
10:27– Voilà, donc qu'est-ce qui va se passer derrière ?
10:29Une communauté iranienne très anti-régime.
10:32– Très anti-régime des Molas, oui.
10:33– Mais voilà, qu'est-ce qui va se passer ?
10:35Donc une incertitude supplémentaire qui n'est pas seulement que sportive.
10:39– Et puis il ne faut pas oublier l'autre front,
10:40qui est le front entre Israël et le Liban.
10:43Alors là, pour le moment, les frappes ont cessé,
10:46mais on craint, si jamais Trump reprend lui-même le conflit contre l'Iran,
10:52que ça reparte aussi entre Israël et le Liban,
10:55que le Liban se trouve frappé, la capitale Beyrouth.
10:58Et alors, Beyrouth, où l'on tente de vivre normalement,
11:00Dominique Marie, vous êtes sur place pour BFM TV,
11:02Salman se dit, si ça repart, et c'est sérieux,
11:05la population demande l'annulation du baccalauréat pour les écoliers
11:08parce qu'ils passent leur bac en ce moment.
11:12– Oui, c'est vrai que la population libanaise, en fait,
11:15pour tout vous dire, est tiraillée.
11:17Il y a d'abord la population du sud du pays
11:18qui a fui, évidemment, le sud, les combats,
11:21les tirs de l'armée israélienne.
11:22Et avec ces familles, il y a forcément des lycéens très nombreux,
11:25plusieurs milliers de lycéens qui devaient passer le bac
11:27dans les jours prochains.
11:28Et eux, évidemment, c'est très compliqué de réviser,
11:31vous l'imaginez bien, ou d'avoir révisé les dernières semaines.
11:33On a rencontré l'un d'eux, un jeune étudiant de 17 ans
11:36qui doit passer le bac, Jamal, qui nous expliquait
11:38avoir récupéré ses cours il y a seulement 2-3 jours
11:41dans sa maison, à Tire, dans le sud du pays,
11:44qui avait été complètement détruite par une frappe israélienne.
11:46Comment réviser dans ces conditions ?
11:47Et puis, à contrario, on a fait la connaissance
11:50d'une jeune élève particulièrement brillante.
11:52Elle est la première de sa classe, et elle,
11:54dans son lycée, elle a pu réviser, avoir accès à des professeurs
11:57pour continuer à bachoter, travailler encore et encore,
12:00et qui, évidemment, souhaitent passer le baccalauréat.
12:02Pas simplement par égo, mais parce que le bac,
12:04comme pour beaucoup de Libanais, de jeunes Libanais,
12:07s'éteint ses âmes pour avoir une bourse,
12:09pour payer la suite des études.
12:11Donc, vous imaginez bien à quel point c'est important pour eux.
12:14Dans tout ça, évidemment, le gouvernement est particulièrement tiraillé.
12:17La ministre de l'Éducation, pour l'instant, n'a pas tranché.
12:19Elle essaie de trouver un compromis,
12:20mais il ne plaira pas forcément à tout le monde.
12:22Mais ce qui me frappe, surtout, c'est la résignation
12:24de tous les jeunes qu'on a rencontrés, à la fois ceux
12:27qui veulent absolument passer le bac,
12:28d'autres qui veulent qu'ils soient tout simplement reportés
12:31parce qu'ils n'ont pas pu réviser.
12:32L'un d'eux m'expliquait, mais vous savez, au fond, au Liban,
12:35tout n'est jamais facile.
12:37La situation est systématiquement précaire
12:39et il faut toujours s'adapter.
12:41L'un d'eux me disait d'ailleurs, au fond,
12:43il faudrait peut-être mieux annuler complètement le baccalauréat
12:46plutôt que, sur le chemin, subir une frappe israélienne.
12:49Et ce n'est pas qu'une vue de l'esprit, ce que je vous raconte,
12:51parce qu'il y a quelques jours en arrière,
12:52il y a une famille, famille chrétienne,
12:54si je vous précise ça, c'est pour vous dire
12:55que ce ne sont pas des membres du Hezbollah,
12:57une famille chrétienne qui emmenait à l'université
13:00une étudiante passer un examen,
13:02sa voiture a été touchée, ils sont morts tous les 3.
13:05Dominique Marais avec Nicolas Bagioni en direct de Beyrouth.
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