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  • il y a 12 heures
Les clefs d'une vie - François Sarkozy

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-06-10##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Vous avez fait de l'éternelle jeunesse votre combat pour la vie.
00:09Vous démontrez dans un livre que l'on peut renouveler ses cellules sans vivre comme un moine.
00:14Entre le début de notre conversation et la fin, nous aurons vieilli d'une heure,
00:17mais je suis convaincu qu'on ne va pas le ressentir, bien au contraire.
00:20Bonjour François Sarkozy.
00:22Merci pour votre invitation.
00:23C'est une joie de vous accueillir pour ce livre,
00:25Ne vieillissez pas, vivez.
00:27Un message d'espoir chez le Duc, on va en parler.
00:30Mais également parler de votre parcours, puisque c'est le principe des clés d'une vie,
00:33à travers des dates clés.
00:34Alors je précise que vous êtes le frère cadet de Nicolas,
00:36mais ce n'est pas notre sujet, puisque dans les clés d'une vie,
00:38on ne parle jamais politique, même si on parle vrai.
00:40Voilà, c'est dit, on n'en parle plus.
00:42Je suis très fier d'être le frère de Nicolas, et de ma soeur, et de mes autres frères.
00:47Exactement, il faut avoir l'esprit de famille, comme Sud Radio est une famille à sa façon.
00:51Alors, la première date que j'ai trouvée, François Sarkozy, c'est le 25 août 1969.
00:57C'est la télévision, défuse pour la première fois ce feuilleton.
01:03Premier des 89 épisodes de 58 d'Aktari.
01:07Un feuilleton qui vous a marqué à vie, je crois.
01:09Oui, tout à fait.
01:10Ça me faisait rêver.
01:12Je sortais du quotidien, ça montrait l'Afrique, Clarence, Tchita.
01:19C'était mon rêve d'enfant, était de devenir vétérinaire dans une réserve africaine.
01:23Il se trouve que ce feuilleton a une particularité,
01:25c'est la première fois qu'on a vendu autant de posters du lion Clarence,
01:30autant que les Beatles cette année-là.
01:32Il avait une particularité, il louchait.
01:35Voilà.
01:35Et vraiment, vous étiez fasciné, vous aviez envie de vivre en Afrique.
01:39J'avais envie d'aventure.
01:41En fait, il me semblait à l'époque que nous avions une vie assez conventionnelle.
01:46Nous vivions avec mon grand-père, ma mère, mes deux frères aînés, ma tante.
01:51En fait, c'était une famille tout sauf conventionnelle.
01:53On avait l'impression qu'elle était conventionnelle,
01:55donc j'avais l'impression de m'évader, de partir.
01:58Ça sentait l'été, la brousse et les animaux.
02:01Et les animaux, je les ai toujours adorés.
02:04La preuve, il y a un autre feuilleton qui est passé juste avant,
02:07dont vous étiez également fan François Sarkozy.
02:15Là aussi, pas question de manoeuvre qu'un épisode flipper le Zofin.
02:18Exactement, ça passait le jeudi après-midi.
02:20À l'époque, nous n'avions pas classe le jeudi.
02:24Et je ne loupais pas un épisode.
02:26Je pense que j'avais déjà envie de réparer.
02:29Donc j'aimais, peut-être parce que je n'étais pas si confortable que ça
02:32avec les autres enfants du même âge.
02:36Les animaux devenaient ma vie et mon envie.
02:40Il y avait Flipper le Zofin et Zorro qui passaient déjà avec Pierre Charnier.
02:44Que je ne manquais pas non plus.
02:46Exactement.
02:46Il y a eu 88 épisodes de 25 minutes.
02:49Et ce qu'on ne sait pas, c'est que ce dauphin était une fille en réalité
02:51qui s'appelait Suzy, qui a reçu un Oscar
02:54et qui a fait trois films et des shows télévisés.
02:57Un animal très intelligent, très attachant.
03:02Et là, vous aviez vraiment envie de devenir vétérinaire ?
03:05Oui.
03:06Pourquoi ?
03:08Je vous dis, l'amour des animaux, l'envie d'aventure,
03:14peut-être de m'échapper d'un quotidien qui me semblait trop carré.
03:19Et en plus, il y avait un autre film qui vous a marqué,
03:22c'est Out of Africa.
03:24Sublime.
03:25Sublime performance d'acteurs Robert Redford et Meryl Streep.
03:29Même chose, mais j'ai aimé le livre de Karen Blixen.
03:32I had a farm in Africa.
03:35Et en fait, ce livre est de 1937, même si le film est de 85.
03:38Et vous vous imaginez François Sarkozy en sauveur d'éléphants ?
03:43Un peu.
03:43Je vous ai dit, l'envie de réparer,
03:45et ça me semblait peut-être plus facile avec les animaux.
03:50Je ne sais pas.
03:51Ce n'était pas très réfléchi, c'était très instinctif.
03:54Et d'ailleurs, vous avez grandi auprès d'un lion,
03:57d'un véritable lion, car votre grand-père Bénédicte avait un caractère très fort.
04:01Oui, il était le personnage clé de mon enfance.
04:05Pas seulement pour moi, je pense aussi pour mon frère juste au-dessus, pour Nicolas.
04:09Il était la finition de la force tranquille.
04:11Il ne disait pas grand-chose, mais il était là, il était présent,
04:15il était solide, il était un modèle, il était un chêne.
04:19Et puis je crois qu'il était originaire de Salonique,
04:22au temps où la Grèce était devenue indépendante.
04:24Exactement.
04:26Juste après la fin de l'Empire ottoman,
04:28il est arrivé à l'âge de 14 ans en France,
04:32au lycée Lacanade.
04:33Il était l'aîné d'une famille de 7 enfants.
04:37Il était merveilleux, je pense que vous allez y arriver,
04:40mais c'était lui qui était médecin.
04:42Il m'emmenait, enfant, à la clinique Saint-Jean-de-Dieu.
04:45Il était urologue.
04:47Il n'y avait pas de message oral.
04:51Il n'y avait pas d'injonction du tout.
04:53Mais sans doute, c'était en subjection.
04:55Et quand il est mort, finalement, j'ai quitté ce désir d'enfant d'être vétérinaire.
05:00Je suis devenu médecin, sans doute pour lui, sans doute par héritage.
05:05Et finalement, je suis devenu pédiatre.
05:06Si vous me permettez ce raccourci, c'est un peu peut-être la synthèse
05:09entre le médecin et le vétérinaire.
05:12Parce qu'il y a quelque chose de très instinctif et de merveilleux avec les enfants.
05:16Alors, une chose très particulière.
05:18Comme beaucoup de gens de sa génération,
05:20votre grand-père ne parlait jamais des épreuves passées, François Sarkozy.
05:23Non.
05:24C'est comme ça que j'ai compris que mon grand-père était juif.
05:27Il ne nous en a jamais parlé.
05:28Vous me faites dire des choses que je n'ai jamais dites.
05:30C'est ce qui est très intéressant avec votre émission.
05:33Et c'est vrai que vous avez un souvenir très particulier.
05:36Les 14 juillet, sur les Champs-Elysées,
05:39au temps où le général de Gaulle était président de la République.
05:42Oui, et puis les défilés du 11 novembre aussi.
05:43On partait avec lui voir défiler le général de Gaulle.
05:48Et vous étiez dans la foule comme ça.
05:50Il y avait une foule immense.
05:51Il n'y avait pas encore direct à la télévision.
05:53Il y avait cinq minutes de reportage à la télévision.
05:56Oui, ce sont vraiment nos souvenirs d'enfants.
06:01Il nous emmenait, encore une fois, on ne parlait pas beaucoup avec lui.
06:05Oui, mais tout était en non-dit, en sentiment, en chaleur, en présence, en force.
06:12Et puis, vous avez appris beaucoup plus tard qu'il avait été recherché par la Gestapo.
06:17Oui, ma mère nous a raconté ça.
06:19Effectivement, la Gestapo l'a recherché pendant qu'il était en Corrèze avec sa femme et ses deux filles.
06:25Donc, ma mère était cherchée pour deux raisons.
06:28Il était juif et il était médecin de la Résistance.
06:32Alors, il s'était converti en 1917 pour épouser ma grand-mère française, la seule de mes grands-parents françaises
06:40et catholiques.
06:40Il s'était converti en 1917 pour épouser ma grand-mère.
06:43Et il y a échappé miraculeusement parce qu'il aurait très bien pu être pris par la Gestapo.
06:47Oui, ma mère racontait ce souvenir.
06:50Il avait été prévenu que la Gestapo arrivait.
06:53Donc, il a filé.
06:54La maison était dans une cuvette.
06:56Ils ont vu la Gestapo arriver.
06:58C'est ma mère, jeune fille, qui a ouvert la porte à la Gestapo.
07:04Un souvenir émouvant pour elle, évidemment.
07:09Un souvenir plus joyeux, ce sont les soirées devant le feu de bois avec l'odeur qui est restée dans
07:14votre mémoire, François Sarkozy.
07:16Je vous remercie pour cette lecture si attentive parce que c'est tout à fait juste que l'odeur, le
07:23parfum que je préfère et l'odeur du feu de bois,
07:26puisque tous les soirs, il faisait un feu dans sa cheminée, dans sa chambre.
07:30Et nous restions à écouter son tour de disque, Juliette Gréco, avec cette odeur.
07:38Et c'était la chaleur du feu et la chaleur familiale, déjà.
07:42Oui, et les vacances à la campagne qui étaient les plus bouvants de l'enfance.
07:46Oui, alors des moments familiaux qu'on aimait beaucoup, on faisait des cabanes, et puis parfois aussi on s'ennuyait.
07:54Je pense que c'est intéressant d'apprendre l'ennui lorsqu'on est enfant.
07:58Parce que c'est à partir de l'ennui aussi qu'on fait travailler son imagination.
08:02Et puis il y avait ceux qui vous tenaient compagnie, c'est-à-dire un chat et puis un jour
08:06une poule, je crois.
08:07Oui, alors nous avions gagné avec mon frère à la carmès du village, une poule.
08:13Et c'est là que je vous dis que ma famille paraissait conventionnelle, mais elle ne l'était absolument pas.
08:19Et nous avons demandé est-ce que la poule revienne avec nous à Paris.
08:22Et donc nous partions en week-end.
08:24Mon grand-père venait nous chercher avec sa traction avant.
08:26Même à l'époque, c'était une vieille, vieille, vieille voiture.
08:30Tout le monde entassait la traction avant avec la poule sur le toit et les chats à l'intérieur.
08:34C'est assez particulier en effet.
08:36Alors il y avait une caractéristique de votre grand-père qui est rare aujourd'hui.
08:40C'était ce qu'on appelle un médecin à l'ancienne.
08:43Oui, il aimait profondément son métier.
08:49Il ne faisait pas payer, bien sûr, les patients ou les patientes qui n'avaient pas les moyens.
08:55Mais je me souviens aussi, puisqu'on habitait au-dessus de chez lui,
08:59de l'arrivée de Joséphine Becker qui bloquait la rue.
09:03Donc vous voyez, c'était beaucoup d'extrêmes et c'était très enrichissant.
09:10Il se trouve en plus que j'ai un autre exemple qui est Michel Fugin, son père Pierre Fugin.
09:15Au-dessus de Grenoble, à la Varep, était médecin de campagne.
09:18Et lui aussi, même principe, un médecin à l'ancienne, comme on n'en trouve plus,
09:22qui était toujours disponible pour ses patients.
09:24Alors il y a encore beaucoup de médecins très disponibles.
09:27Il faut le rappeler, la vie de médecin n'est pas facile.
09:30En plus, on a beaucoup alourdi leur quotidien avec des tâches administratives qu'ils n'avaient pas avant.
09:36Mais bien sûr, ils étaient très disponibles.
09:39Il se trouve que vous êtes devenu médecin alors que votre père pensait que vous deviendriez ingénieur.
09:44Oui, parce que mon frère aîné était un matheux, avait fait des études d'ingénieur.
09:50Et ma mère aussi souhaitait que je suive les traces de mon frère aîné,
09:55parce que je n'étais pas trop mauvais en maths et en sciences.
09:58Et quand j'ai dit à mon père que je voulais devenir médecin, ça ne lui a pas plu.
10:04Raison de plus pour que je continue à cette voie-là.
10:07De toute façon, il n'était pas là souvent ?
10:08Non, il était absent.
10:10Il était absent.
10:11En fait, je pense qu'il nous aimait à sa manière, mais il était complètement absent de notre quotidien.
10:17En même temps, votre mère aussi était très présente.
10:20Votre mère aussi était un personnage qui aimait paraître.
10:23C'était des bons vivants.
10:24Oui, bien sûr.
10:25Alors, ma mère était un personnage assez formidable, qui était très présente dans la maison,
10:31puisqu'on habitait avec elle, et très présente dans nos esprits.
10:36Mais elle travaillait beaucoup, puisqu'elle a repris ses études d'avocat quand je suis née.
10:41En fait, mes parents ont divorcé quand j'avais six mois.
10:43Donc, elle a fini ses études de droit et est devenue avocate.
10:46Donc, elle n'était pas très présente physiquement, mais très présente mentalement, moralement, affectivement.
10:54Et effectivement, elle aimait la vie.
10:57Elle aimait le beurre, la crème fraîche, le sucre.
11:01Et elle aimait organiser des dîners de copains.
11:03Donc, ça nous reste.
11:04Et je crois que votre père l'admirait parce qu'elle était une excellente cuisinière.
11:07Excellente cuisinière.
11:08Elle était capable d'organiser un dîner de 20 personnes à 19h30.
11:12Et bien, on va continuer à évoquer votre recette, mais celle du succès, avec une autre date, le 8 octobre
11:172015.
11:18A tout de suite sur Sud Radio avec François Sarkozy.
11:21Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:24Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité, François Sarkozy, le docteur François Sarkozy.
11:30Nous parlerons tout à l'heure de ne vieillissez pas, vivez chez le Duc.
11:33Un message d'espoir dont on a bien besoin en ce moment.
11:36Alors, on en revient à votre parcours.
11:37Le 8 octobre 2015, on peut vous appeler M. le Président, car vous présidez le comité d'organisation des entretiens
11:44de Bichat.
11:45Bravo.
11:46Oui.
11:47Il se trouve que je travaillais avec une société d'organisation d'événements, Repas Organisation.
11:53Et en regardant leur portefeuille d'événements, j'ai dit, ah, il y a vraiment un événement qui me semble
11:58intéressant.
11:59Les entretiens de Bichat, on pourrait le reformater, l'ouvrir à d'autres métiers.
12:04C'est ce qu'on a fait.
12:05Voilà. En fait, les entretiens de Bichat, on le sait peu, date de 1947, c'est deux professeurs de médecine
12:10qui les ont créés.
12:11Je crois qu'ils s'appelaient Guy Laroche et Louis-Justin Besançon.
12:15Exactement. C'était un événement très prestigieux, réservé aux médecins pour partager le meilleur de la science dans de très
12:22nombreux domaines de la médecine.
12:24Mais c'est particulier parce qu'en fait, jusqu'à cette date, et on ne le sait pas, François Sarkozy,
12:29les médecins, ils n'avaient pas de référence sur ce qui se préparait à côté.
12:31Alors, les médecins sont depuis déjà un moment très sensibilisés à l'évolution de la science, s'abonnent aux revues,
12:40à la littérature, appartiennent à certaines sociétés savantes qui partagent, par exemple pour l'urologie, par exemple pour la cancérologie,
12:47par exemple pour la pédiatrie, pour l'infectiologie, etc.
12:50Mais ce qui est vrai, ce qui est intéressant avec les entretiens de Bichat, c'est que c'était assez
12:53généraliste et on pouvait parler de pas mal de choses.
12:58Et il fallait les renouveler, il fallait les moderniser.
13:01C'est ce que j'ai essayé de proposer et de faire et de surcroît, il me semblait deux choses.
13:07Mais c'était assez précurseur, si vous me permettez de le dire, parce que l'ouvrir aux pharmaciens, aux infirmiers,
13:12aux kinésithérapeutes, ce n'était pas l'ambiance du moment.
13:15Maintenant, ça paraît évident depuis le Covid, mais ce n'était pas ça.
13:21Et la deuxième chose, j'avais envie qu'on parle de prévention, qui est la mal aimée un peu du
13:25système de santé français.
13:27Et donc, on a monté ces premières éditions des entretiens de Bichat revisités autour de la prévention.
13:36Et après, ça a eu plutôt le vent en poupe.
13:38Il se trouve que c'est au palais des congrès, pendant trois jours, palais des congrès qui jadis, je ne
13:43sais pas si vous le savez, était le ministère de l'Intérieur.
13:45Jusqu'aux années 60, c'était le bâtiment.
13:47Je ne savais pas du tout.
13:49Alors, il se trouve que ce nouveau souffle, vous l'avez donné, parce que finalement, les médecins, ils ont un
13:55tas de traitements autour d'eux,
13:56mais il y en a tellement que certains ne savent plus où ils en sont.
13:58Moi, je me souviens d'un livre, Cloche Merle, de Gabriel Chevalier, où l'auteur disait, en médecine, il y
14:04a l'aspirine et rien d'autre.
14:05Ah oui, Dieu merci, beaucoup changé.
14:08Je parlais de cela il n'y a pas très longtemps.
14:10Quand j'ai commencé mes études de médecine, il y a fort longtemps, j'avais 17 ans, donc c'était
14:15en 76,
14:16la médecine était basée sur, évidemment, la science, mais aussi sur l'intuition de chacun.
14:23Donc, par exemple, il y avait autant de protocoles de chimiothérapie que d'oncologues.
14:28Dieu merci, la médecine a beaucoup évolué.
14:29Maintenant, c'est la médecine par l'époque, ce qu'on appelle l'évidence-based médecine,
14:33ce qui a permis de définir des recommandations de prise en charge.
14:37Et les médecins essayent de les mettre en œuvre le mieux possible, même si, bien évidemment, on traite un patient.
14:46On prend en charge un patient, on ne traite pas une pathologie, donc on doit adapter à qui le patient
14:51est.
14:52Et vous avez une particularité qui était assez rare à l'époque, c'est que vous apprenez votre métier,
14:56et bien sûr sur les bancs de l'université, mais aussi dans les hôpitaux.
15:00Beaucoup pas à l'hôpital, où j'ai assez vite séché les cours pour être à l'hôpital.
15:03J'aimais le contact avec la clinique, j'aimais le contact avec les patients, j'aimais l'esprit d'équipe
15:08à l'hôpital.
15:09Même s'il y avait un stress important, sous que je n'étais pas très vieux.
15:12Mais en même temps, il fallait, quand on est étudiant, aller à l'état, être admis, ce n'était pas
15:16évident.
15:17Alors après, j'ai passé le concours de l'internat des hôpitaux de Paris, que j'ai réussi.
15:23Oui, c'est une très belle formation parce qu'on apprend en pratiquant.
15:28Et j'aimais assez ça.
15:29Je préfère ça plutôt que les études uniquement intellectuelles et superficielles.
15:35J'aime le contact avec le concret.
15:37On apprend concrètement et finalement sur le terrain.
15:40Il y a quelqu'un à l'époque qui a compté pour vous un de vos maîtres.
15:43Écoutez cette voix.
15:44Eh bien, il y a eu trois éléments dans ma vie, trois étapes, n'est-ce pas ?
15:49Le professeur Jean-Bernard, médecin et académicien français.
15:53Alors, il se trouve que j'étais l'externe de Jean-Bernard.
15:57Donc, j'étais un des étudiants dans son sillage.
16:00Et c'est effectivement, en étant externe chez Jean-Bernard, de mémoire, ça devait être en 1981,
16:08que j'ai participé au traitement, à la prise en charge d'une petite patiente, Nathalie.
16:14Et c'était le déclic pour devenir pédiatre.
16:18Voilà, parce qu'effectivement, ces maladies du sang étaient très répandues.
16:21On ne les soignait pas.
16:22Jean-Bernard a été précurseur pour soigner ces maladies.
16:25Mais ce qu'on ne sait pas toujours, c'est qu'il a commencé comme comédien.
16:28Je ne sais pas si vous le savez.
16:29A 17 ans, il a joué dans une pièce de Victor Hugo, qui s'appelle Mangeront-il.
16:32Et ses partenaires étaient Claude Lévi-Strauss et Pierre Dreyfus, futur PDG de Renault.
16:37Pas mal. Vous savez que ça aurait été un de mes rêves d'être comédien.
16:41Ah bon ?
16:42J'aurais beaucoup aimé ça.
16:43Et à tel point qu'à un moment, plutôt que de rentrer dans ce canal difficile de préparation de l
16:50'internat,
16:51qui était un peu un enfer pendant trois ans, un enfer de travail,
16:54je m'étais dit pourquoi pas prendre des cours de théâtre au cours Florent
16:59et en même temps essayer de passer sans ce beau.
17:01Je me suis dit non. J'ai choisi la médecine. Je vais essayer d'aller jusqu'au bout.
17:05L'internat.
17:05Et je crois que l'un des plus beaux jours de votre vie, François Sarkozy,
17:08c'est justement le jour où vous avez été reçu à l'internat.
17:11Ah oui, bien sûr. Oui, c'est une reconnaissance.
17:15C'était formidable.
17:16Et puis je vous ai dit qu'on était dans un goulot, dans une tranchée pendant trois ans à ne
17:23faire que ça.
17:23Et puis vous êtes sorti majeur des hôpitaux de Rouen.
17:27Oui, je n'ai pas été trop mal nommé.
17:28J'étais 15e à Paris et majeur à Rouen, oui.
17:32C'est quand même une belle réussite.
17:34Oui, c'était pas mal.
17:35C'est une récompense.
17:36Vous devenez pédiatre et je crois que l'un des maîtres aussi de ce genre, c'est Robert Debré.
17:40Bien évidemment.
17:41Bien évidemment, il a inventé la pédiatrie moderne.
17:46Et d'ailleurs, je devais être assistant à l'hôpital Robert Debré avec mon ami et maître,
17:52le professeur Antoine Bourillon.
17:54Et puis finalement, la vie en a décidé autrement.
17:56Il se trouve que Robert Debré, lui aussi, ne voulait pas être médecin au départ.
18:00Il voulait être écrivain.
18:01Et son copain d'enfant, c'était Charles Péguy, qui lui a dit reste avec nous.
18:05Et finalement, il est allé vers la médecine.
18:07Comme quoi.
18:08Heureusement pour la médecine.
18:09Alors, il se trouve qu'à partir de ce moment-là, François Sarkozy, vous êtes vraiment dévoué pour l'hôpital
18:15complètement.
18:16Oui, c'est ma passion.
18:18La santé est ma passion.
18:20Alors, j'ai une de mes nombreuses passions, mais à l'évidence, ma passion professionnelle.
18:25J'ai eu la chance de regarder la médecine de différents angles.
18:30J'adore ça.
18:32J'adore la science.
18:33J'aime la clinique.
18:34J'aime voir les patients.
18:35J'aime l'esprit d'équipe.
18:36J'aime la recherche.
18:38J'aime essayer de faire la synthèse entre les différentes expertises et travailler sur la partie communication.
18:44Oui, c'est ma voix.
18:44Oui, et avec un mot qui revient régulièrement, c'est bienveillance.
18:49Je crois que ça, c'est une jolie qualité, la bienveillance.
18:53On a besoin de bienveillance partout.
18:54On en manque un peu en ce moment.
18:56Je crois.
18:56Et puis, alors, curieusement, après, vous décidez de vous tourner vers l'industrie pharmaceutique,
19:01ce qui est tout à fait notre parcours.
19:03Alors, en fait, à l'hôpital, je travaille déjà sur les essais cliniques en tant qu'investisseur.
19:09Donc, je travaillais à l'hôpital, mais je m'intéressais à la recherche clinique.
19:13Et puis, pour être honnête, je venais de me marier.
19:17J'avais besoin de mieux gagner ma vie.
19:18Donc, j'ai commencé à travailler dans l'industrie en plus, le soir, la nuit, le week-end.
19:23Et puis, on m'a proposé un projet qui me semblait intéressant.
19:28Et donc, j'ai pris la décision de quitter l'hôpital et de rentrer dans l'industrie pharmaceutique.
19:32Ce n'était pas parce que je n'aimais pas la clinique.
19:34J'adorais la clinique.
19:35J'adorais l'hôpital.
19:36Mais j'avais envie de voir autre chose.
19:38Et puis, pour être honnête aussi, j'avais envie de mieux maîtriser mon destin.
19:43Et en même temps, c'était un univers tout à fait nouveau.
19:46Le développement des médicaments, on n'en parlait pas beaucoup à l'époque, François Sarkozy.
19:51Non, c'est vrai, ça s'est beaucoup professionnalisé.
19:53Et d'ailleurs, j'ai commencé à travailler sur le développement d'un médicament
19:56qui avait eu un problème dans un essai clinique, un arrêt mondial d'essai clinique.
20:01Il a fallu, six mois après, que j'aille devant la Food and Drug Administration pour plaider la cause du
20:07médicament.
20:07Et on a réussi.
20:09Et puis, il y a la recherche et il y a la connaissance.
20:12Là aussi, c'est un phénomène nouveau et vous en êtes un des pionniers, faire connaître les médicaments parfois au
20:17grand public.
20:18Oui, je crois que c'est important.
20:19Surtout, ce qu'on devrait mieux faire, c'est expliquer qu'un médicament ne se développe pas comme ça.
20:25Enfin, il y a bien sûr un processus de recherche, un processus de développement qui prend plusieurs années,
20:32parfois jusqu'à dix ans, qui coûte extrêmement cher et un sur dix passe la ligne d'arrivée.
20:38Donc, il y a un risque économique qui est important et il y a beaucoup de chercheurs, de développeurs extrêmement
20:44sérieux qui le font.
20:45Je regrette qu'on n'en parle pas plus parce que les Français, les patients comprendraient mieux comment les médicaments
20:53arrivent sur le marché.
20:54D'où l'importance de la stratégie dont vous avez été un des vecteurs au départ.
21:00Alors, oui, j'ai essayé. J'étais patron du développement, puis j'ai fait un MBA.
21:05Je me suis occupé de gestion de portefeuille, de produits, de gestion des projets. J'ai fait pas mal de
21:11choses.
21:11Oui, mais la stratégie justement pour faire connaître un médicament, il y a quelques dizaines d'années, on n'en
21:16parlait pas, François Sarkozy.
21:17Alors, un médicament, il ne faut pas lui faire dire plus que ce qu'il ne peut faire.
21:24Et on doit dire ce que le médicament peut faire à une seule condition, c'est que cela ait été
21:30démontré.
21:31Si tout ça est fait, oui, à ce moment-là, on peut communiquer.
21:35Il faut des bons produits et des bonnes preuves.
21:38Mais ce n'est pas suffisant comme condition. Après, il faut savoir en parler.
21:41Exactement. Et en parler avec bien, comme vous le faites.
21:44Et une autre date importante dans votre parcours, le 22 avril 2008.
21:48A tout de suite sur Sud Radio avec François Sarkozy.
21:51Sud Radio, les clés d'une vie. Jacques Pessis.
21:54Sud Radio, les clés d'une vie. Le docteur François Sarkozy est mon invité.
21:58Nous parlerons tout à l'heure de ce livre « Ne vieillissez pas, vivez » aux éditions Le Duc.
22:02On en revient à votre parcours. On a vu vos débuts dans la médecine, les entretiens de Bichat.
22:07Et le 22 avril 2008, c'est le jour où vous lancez officiellement Longuevie TV, une chaîne de télévision web.
22:14Là aussi, c'est tout à fait nouveau, car le web, à l'époque, on n'en parle pas tellement.
22:19C'était bien avant YouTube, en fait.
22:21On m'avait demandé, et je travaille avec un de mes grands amis, François de Labrosse,
22:25on nous avait demandé d'aider à monter les états généraux du Vieux Jeunes à l'UNESCO,
22:31en partenariat la première année avec Sabine de Labrosse, de Paris Match,
22:36la grande journaliste santé de Paris Match, puis après avec Le Figaro.
22:40Et nous avons pensé avec François de Labrosse que c'était bien d'organiser trois jours d'événements,
22:44mais que c'était mieux de doubler d'une web TV, Longuevie TV, qu'on a lancée à ce moment
22:51-là.
22:51Effectivement, vous avez raison, je crois que c'était un peu précurseur.
22:54Il n'y en avait pas beaucoup à l'époque.
22:55Il y avait eu la bulle Internet de 2000, et beaucoup de gens s'étaient cassé la figure
22:59parce que ça n'avait pas marché autant.
23:01Et il n'y avait pas beaucoup de spectateurs à l'époque.
23:04Non, il fallait aller les chercher.
23:08Et on a eu la chance de demander aux meilleurs experts de participer à ces tables rondes,
23:13et on en a tiré des vidéos.
23:16Ça, vraiment, c'était tout le savoir-faire de François de Labrosse.
23:20Oui, parce que vous avez aussi demandé des spécialités de venir parler de ce genre de sujet.
23:24Oui, par exemple, nous avions fait à l'époque une table ronde sur la mémoire.
23:27Donc, j'avais demandé à mon vieux copain d'enfance, le professeur Bruno Dubois,
23:30qui a inventé les critères diagnostiques de la maladie d'Alzheimer.
23:34Donc, c'est pas mal dans l'an 7 de venir parler de mémoire.
23:37Et j'avais demandé à Simone Veil d'être le grand témoin.
23:40Donc, c'était un moment d'émotion intense et formidable.
23:46J'avais demandé aussi qu'on parle d'activité chez les gens plus âgés.
23:50J'avais demandé à Philippe Bouvard et Brigitte Lahaye de venir,
23:53parce qu'il me semblait que l'activité sexuelle était importante pour stimuler l'énergie de vie.
23:58Vous voyez ? Mais ça remonte à pas mal de temps.
24:00Mais c'est toujours l'actualité.
24:01Il se trouve aussi que c'est la première fois qu'on parlait de capital santé et d'anti-vieillissement,
24:06parce que c'est aussi un phénomène qui date du début du XXIe siècle.
24:10Oui, c'est vrai. Vous avez tout à fait raison.
24:15On considérait que le vieillissement était, bien sûr, obligatoire et que c'était une déchéance.
24:22Eh bien, non.
24:23Et la bonne nouvelle, c'est que la science a beaucoup évolué dans les dernières années.
24:27Maintenant, on sait comment ça marche.
24:29Ça, c'est le prix Nobel de médecine de 2009 avec l'oppresseur Blackburn.
24:33On sait que ce qui fait que l'on vieillit, c'est le raccourcissement de nos extrémités de chromosomes,
24:39les fameux télomères.
24:41Mais la bonne nouvelle, c'est qu'on peut diminuer cette vitesse.
24:44On peut réduire la vitesse.
24:46On peut ralentir cette réduction.
24:49Et comment ? En modifiant nos modes de vie.
24:52Autrement dit, oui, bien sûr, c'est un processus inéluctable,
24:57le raccourcissement des télomères et le vieillissement.
25:00Mais on peut accélérer la pente du vieillissement avec certains comportements.
25:04Si on est sédentaire, si on est en surpoids.
25:06À l'inverse, on peut changer la courbe de la pente et la rendre plus plate.
25:12En même temps, ce qui est étonnant, c'est que vous avez commencé à ce moment-là
25:15à comprendre ce qui est votre sujet aujourd'hui, le vieillir jeune.
25:20Oui, en tout cas, je ne dis plus vieillir jeune.
25:22Vous voyez, maintenant, on avait appelé ça les états géants de vieillir jeune.
25:26Moi, je pense que pour vieillir longtemps et en bonne santé,
25:32il faut avoir des moments de bonheur et que le bonheur s'apprend.
25:34Je pense que l'idée n'est pas de lutter contre le temps.
25:37L'idée est d'apprivoiser le temps et d'être bien.
25:41Je pense que chaque âge a ses contraintes, mais il a aussi ses atouts et ses bonheurs.
25:45C'est ça ce que j'essaie de dire.
25:46Et d'ailleurs, dans vos interviews de cette première Web TV,
25:49il y avait Marcel Hamon qui restait jeune jusqu'au bout
25:51et Robert Rossen qui a eu des projets aussi jusqu'au bout.
25:54Il voulait remonter Notre-Dame après l'incendie de Notre-Dame.
25:57Il avait créé un grand spectacle sur le sujet.
25:59Bien sûr.
26:00J'avais fait aussi une émission qui était le lien entre les jeunes talents et les experts.
26:06Et j'avais demandé à Elsa Sieberstein d'interviewer Jeanne Moreau
26:12pour son 60e anniversaire, je crois, de cinéma.
26:15au Festival de Cannes.
26:17Parce que je pensais que le jeune pouvait stimuler la référence
26:21et la référence coachée le plus jeune.
26:23Je pense que c'est toujours comme ça.
26:25Je regrette cet agisme ambiant où on écarte les personnes plus âgées.
26:30Vous avez remarqué ?
26:31Je ne supporte pas ça.
26:33En même temps, à cette époque-là, il y a cette Web TV.
26:37Mais finalement, vous êtes tellement discret
26:38que votre première télé, je l'ai repérée,
26:41c'est le 29 novembre 2009, je me rappelle le 13h,
26:43pour les premiers états généraux du bien vieillir à l'UNESCO.
26:47Oui, bravo.
26:48Oui, j'avais eu pas mal d'interviews à ce moment-là.
26:53J'ai été grisé.
26:54En plus, l'UNESCO, ce n'était pas n'importe quoi.
26:58Non, non, tout ça était très sérieux.
26:59Non, non.
27:00Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est la science.
27:02Ce n'est pas de dire n'importe quoi.
27:03Non, mais du temps, ces états généraux,
27:04ça n'existait pas là aussi.
27:06C'est la première fois qu'on en parlait.
27:07On l'a organisé pendant trois années successives.
27:092008, 2009, 2010.
27:11Vous vous rappelez qu'à ce moment-là,
27:12il y a déjà une crise économique.
27:14On a pu trouver les budgets et le support,
27:19mais c'était une merveilleuse aventure.
27:21Et vous évoquez aussi, à cette époque-là,
27:23Jean-Dormeçon, qui est l'exemple à suivre.
27:25Oui, parce que vous savez,
27:27on m'a parfois demandé à quel âge devient-on vieux.
27:29La question n'a aucun sens.
27:31D'ailleurs, j'en parle dans ce livre.
27:32Ça n'a pas de sens.
27:33L'âge chronologique n'a pas de sens.
27:34Il y a l'âge biologique, l'âge du corps,
27:37et puis il y a l'âge intérieur, l'état d'esprit.
27:39Jean-Dormeçon est la parfaite illustration.
27:41Il est mort jeune.
27:42Il pétillait de vie jusqu'à la fin.
27:45À l'inverse, il y a des gens beaucoup plus jeunes
27:47qui m'ennuient et qui ont 30 ans,
27:49qui sont comme des vieillards
27:51et qui n'ont pas cette curiosité.
27:53Les neurobiologistes ont montré que les gens curieux,
27:55les gens qui ont envie d'apprendre,
27:56les gens qui ont envie de partager,
27:58les gens qui ont envie d'aimer,
27:59vivent plus longtemps et mieux,
28:01ils vont développer des néo-neurones
28:04et ils vont vieillir mieux.
28:06Et il y a un autre exemple qui est René de Baldia,
28:08l'écrivain, qui nous a quittés à 103 ans.
28:11D'ailleurs, quand il avait 97,
28:13il disait « j'ai 105 ans »
28:14et jusqu'au bout, il a écrit, il a marché,
28:16on a fêté ses 100 ans dans les clés d'une vie.
28:18Là aussi, c'est un exemple de jeûne et c'est éternel.
28:20Mais bien évidemment, il y a Charlie Bancarel,
28:22dont je parle,
28:23qui est ce non-ingénaire
28:25qui a fini le marathon de Paris
28:27en 7 heures en 2023.
28:29C'est formidable.
28:30Alors, votre activité aussi est multiple,
28:32puisqu'il y a eu la médecine,
28:34il y a ce côté vieillir jeune,
28:36même si on n'emploie plus ce mot,
28:37et puis il y a ceci.
28:45« The Aspen Peppers ».
28:48Car vous avez aussi eu des aventures dans le cinéma,
28:52et « The Aspen Peppers »,
28:53qui est un film inspiré du roman d'Henri James,
28:56ça aussi, c'est une aventure tout à fait différente
28:58de la médecine, François Sarkozy.
29:00Oui, vous savez, parfois je fais des choses
29:02sans réfléchir instinctivement.
29:05C'était un de mes amis, Julien Landais,
29:07qui avait eu cette idée d'adapter ce livre,
29:12et puis j'y ai cru,
29:13et donc je l'ai aidé à le produire.
29:15Mais après, James Havory nous a rejoint,
29:17Vanessa Redgrave faisait partie du film,
29:20Jonathan Wismayers,
29:21et on l'a même présenté en ouverture
29:23à la Mostra de Venise.
29:24Vous voyez, c'était pas mal en 2018.
29:25Et Vanessa Redgrave,
29:26voilà un exemple de jeunesse éternelle.
29:28Extraordinaire.
29:29À 89 ans, elle vient de tourner dans Cold Storage,
29:31je ne sais pas si vous le savez.
29:32C'est un film qui raconte
29:34la menace d'un champignon
29:36qui aurait pu détruire le monde
29:37parce qu'il s'est échappé
29:39d'une capsule spatiale.
29:42Donc c'est un exemple à suivre.
29:44Et le metteur en scène,
29:47donc Julien Landais,
29:48ce qu'on ne sait pas,
29:49c'est qu'au début,
29:49il avait commencé comme mannequin
29:51chez Jean-Paul Gaultier.
29:54Vous avez raison, oui,
29:55j'avoue que je ne me souvenais plus
29:57de cela,
29:57mais il a beaucoup de talent.
29:59C'était un joli film,
29:59tourné à Venise, bien évidemment.
30:01Et je me demande,
30:02parce que vos connaissances médicales
30:04vous auraient permis d'écrire des séries
30:05comme Urgence ou comme Doctor House,
30:08François Sarkozy ?
30:10C'est intéressant.
30:12À un moment,
30:13j'ai lancé une petite émission de télévision
30:14sur les réseaux sociaux
30:15qui s'appelle Tous pour la Santé.
30:18J'ai eu la chance de travailler
30:19avec une de mes grandes amies
30:20qui s'appelle Péricochin,
30:22qui faisait la partie
30:23de la bande de ruquets
30:23et on avait des envies
30:25de séries communes.
30:27Finalement, ça ne s'est pas fait.
30:30Mais je vous ai dit,
30:31c'était un de mes rêves
30:32d'être d'un acteur.
30:34Je n'ai pas dit mon dernier mot.
30:35Et l'écriture,
30:37finalement,
30:38j'écris beaucoup d'articles scientifiques,
30:40beaucoup de tribunes
30:41sur des sujets scientifiques
30:42en essayant de les simplifier.
30:44J'ai écrit un premier livre
30:45grand public il y a deux ans,
30:48Vieillir heureux, c'est possible.
30:49Mais c'était facile
30:51parce qu'il y avait un substratum,
30:52la science.
30:53Donc, je savais de quoi
30:54j'allais parler.
30:55Celui-là, l'éditeur,
30:57le Duc,
30:57qui fait partie du groupe
30:58Alpin Michel,
30:59m'a demandé un livre
31:00très personnel.
31:01Je suis arrivé au déjeuner
31:03pour leur dire
31:04non, ce n'est pas possible.
31:04Je suis sorti,
31:05j'avais dit oui,
31:05je n'avais pas la moitié
31:06d'être comment le prendre.
31:07Et celui-là,
31:09j'ai bien aimé
31:10parce que finalement,
31:10j'avais une page blanche.
31:12Donc, c'est vraiment là
31:14où j'ai trouvé
31:15le plaisir d'écrire.
31:16On va en parler justement
31:17dans quelques instants,
31:18mais j'en reviens
31:19aux émissions médicales.
31:20Il ne faut pas oublier
31:21que les émissions médicales
31:22à la télévision,
31:23c'est Igor Barrère,
31:24Etienne Lallou
31:25qui les ont créées.
31:26Ça s'appelait
31:27Les Médicales.
31:28Et il y a eu quand même,
31:29en noir et blanc,
31:29heureusement,
31:30une opération à cœur ouvert
31:32à la télévision en 56.
31:33C'est absolument formidable.
31:35C'était les opérations
31:36de Bernard, sans doute.
31:38Les premières opérations
31:39de Bernard.
31:39Bien avant, oui.
31:41C'est formidable.
31:43Non, mais moi,
31:43je rêvais devant ça.
31:44J'aime la technologie.
31:45Je trouve que
31:47les progrès
31:48de la médecine
31:49et de la science
31:50sont hallucinants.
31:52Et ça ne vous empêche pas,
31:54François Sarkozy,
31:55d'aimer l'ancien
31:56et d'aimer l'art contemporain
31:57car vous aimez l'art
31:58sous toutes ses formes.
31:59Ça aussi,
31:59c'est une autre caractéristique.
32:00Vous avez raison,
32:01oui, je suis passionné
32:02de pas mal de choses
32:03mais notamment d'art, oui.
32:05Et c'est venu comme ça
32:06parce que vous n'avez pas
32:06fait l'école du Louvre ?
32:07Non, non,
32:08j'aurais beaucoup aimé
32:09si j'avais le temps.
32:10J'aimerais suivre
32:10les cours de l'école du Louvre
32:11et des cours de théologie.
32:13Ça, c'est autre chose.
32:14En fait, mon grand-père
32:15dont vous parliez tout à l'heure
32:17aimait l'art moderne
32:19et donc il osait afficher
32:21dans son cabinet
32:23des peintures
32:25extrêmement abstraites
32:26pour l'époque.
32:27Et mon père,
32:29Pâle,
32:29dont vous avez aussi
32:30brièvement parlé,
32:31était un collectionneur
32:32compulsif.
32:32Je suis un collectionneur
32:33compulsif.
32:34C'est quasiment pathologique.
32:35C'est-à-dire que vous voyez
32:36une toile d'art moderne
32:38particulièrement
32:38et vous êtes prêt
32:39à l'acheter
32:40et à la défendre.
32:41Ou d'art contemporain.
32:42On ne sait pas pourquoi.
32:43C'est un peu décevant.
32:44Je préférerais être
32:45un pur esprit
32:45qui n'a pas besoin de cela.
32:47Mais c'est une espèce
32:48de coup de foudre,
32:50d'amour.
32:50Alors, je n'ai pas
32:51les moyens
32:51pour avoir l'art moderne.
32:55Mais parfois,
32:56un objet,
32:57un tableau
32:58vous parle.
32:59Il raconte
33:00une histoire.
33:01Il raconte
33:02une vie.
33:03Et ça m'émeut.
33:05En fait,
33:05c'est une émotion.
33:06Et en même temps,
33:07vous avez créé
33:08avec des copains
33:09une sorte de collection
33:10commune
33:10pour aider
33:11les jeunes artistes
33:12ou les anciens artistes
33:13méconnus
33:14à exister.
33:17Tout à fait.
33:17Encore une fois,
33:18bravo pour votre lecture.
33:19Ça s'appelle
33:20CMS Collection.
33:23Nos initiales
33:24avec
33:24Johanna Chevalier
33:25et Hervé Mikhailov.
33:27Effectivement,
33:28nous sommes
33:28trois collectionneurs.
33:30Hervé Mikhailov
33:31est un des grands
33:31experts d'art contemporain.
33:33Nous avons décidé
33:33de monter
33:34cette collection commune
33:35avec deux règles.
33:36Penser que
33:37les artistes
33:38peuvent
33:39grandir,
33:40croître.
33:41Et deuxième chose,
33:41que nous aimions
33:42les œuvres tous les trois.
33:43Et in fine,
33:44nous sommes devenus
33:45une plateforme de soutien
33:46à certains artistes
33:47pour les faire connaître.
33:48Nous avons
33:49de certains
33:50très beaux exemples.
33:53Une artiste,
33:54une peinte merveilleuse
33:54qui s'appelle
33:55Wong Do-Din,
33:58extraordinaire,
33:59méditatif,
33:59minimaliste,
34:00qui travaillait
34:00dans son studio,
34:02son atelier,
34:02toute seule
34:03pendant 55 ans.
34:04On l'a découvert.
34:04On l'a convaincu
34:05qu'il fallait montrer
34:05son œuvre.
34:07On a organisé
34:07des expositions
34:08au musée Guimet,
34:09au musée Corère
34:10pour la Biennale
34:11de Venise de 2022.
34:12Et maintenant,
34:12on est dans une très
34:13grande galerie internationale.
34:16Elle est maintenant
34:17une rock star.
34:18On a la chance
34:18de l'a découvert.
34:19Maintenant,
34:20elle a 80 ans,
34:21elle est reconnue,
34:22mais elle continue
34:23son travail.
34:24Elle est un travail
34:26merveilleux.
34:26Ça,
34:27c'est la magie
34:28de l'art.
34:28Et puis,
34:29je vais vous dire
34:29quelque chose.
34:30Je pense que l'art
34:31et la beauté
34:31peuvent améliorer
34:32le monde.
34:33Il en a besoin.
34:33Je pense aussi.
34:34Et puis,
34:35elle ne vieillit pas,
34:35elle reste jeune
34:36grâce à vous.
34:37Il y a un exemple
34:37qui m'a toujours frappé,
34:38c'est Chang,
34:39le copain d'Hergé
34:40dans le Lotus Bleu.
34:41Il est venu en France
34:42quand il a quitté la Chine.
34:43Il s'est installé
34:44à Nogent-sur-Marne
34:45et il a fini sa vie
34:46en étant un sculpteur
34:47reconnu.
34:49Tout est possible.
34:51Encore une fois,
34:52ça n'a rien à voir
34:53avec l'âge chronologique.
34:54L'âge chronologique,
34:55c'est l'âge du passeport.
34:56C'est ce qu'on a
34:56dans la tête.
34:57Les artistes
34:58ont une énergie merveilleuse,
35:00ont quelque chose
35:01à raconter.
35:02Ils peuvent l'écrire
35:03dans une phrase.
35:06Camus,
35:06je cite Camus,
35:08j'ai trouvé
35:08à la fin de mon livre,
35:09j'ai trouvé cette phrase
35:10de Camus
35:11qui m'a renversé.
35:12C'est au milieu
35:13de l'hiver
35:14que j'apprenais
35:14enfin qu'il y avait
35:15en moi
35:16un été invincible.
35:18Je me suis reconnu
35:19tellement là-dedans.
35:20C'est tellement
35:22extraordinaire.
35:22On imagine
35:23plein de choses.
35:24C'est la magie de l'art.
35:25Pierre Dac disait
35:26qu'il vaut mieux avoir
35:26l'âge de César Terre
35:27que l'âge de César Franck.
35:28C'est aussi une autre façon
35:30de voir la jeunesse.
35:31Ce livre,
35:32on va en parler
35:32à travers la date
35:33de sa sortie,
35:34le 23 avril 2026.
35:36A tout de suite
35:36sur Sud Radio
35:37avec François Sarkozy.
35:39Sud Radio,
35:40les clés d'une vie,
35:41Jacques Pessis.
35:42Sud Radio,
35:42les clés d'une vie,
35:44mon invité François Sarkozy,
35:45le docteur François Sarkozy
35:46puisqu'on a évoqué
35:47vos activités multiples.
35:49Et puis,
35:49le 23 avril 2026
35:52est sorti
35:52Ne vieillissez pas,
35:54vivez chez le Duc.
35:55Un livre très important
35:57car c'est
35:57la révolution
35:58de longétimité
36:00et le capital santé.
36:01Et ce livre,
36:02comme vous l'avez dit,
36:02vous avez décidé
36:03de le faire
36:03parce qu'on vous l'a demandé
36:04et que ça n'a rien à voir
36:05avec votre premier livre
36:07qui était beaucoup plus général
36:08et vous évoquez
36:10l'évolution de la science
36:11et vos réflexions
36:12par rapport à tout ça.
36:14Oui,
36:15en fait,
36:16j'allais dire,
36:17ce dernier livre
36:18est le miroir du premier.
36:19Le miroir était
36:20une synthèse de la science
36:22avec quelques illustrations personnelles.
36:24Là,
36:24l'éditeur m'a demandé
36:25un livre très personnel
36:27illustré par la science.
36:28Donc,
36:29j'avais carte blanche.
36:30La deuxième chose,
36:31comme vous l'avez dit,
36:32il y a eu très nombreuses innovations
36:35des médicaments,
36:36des dispositifs implantables
36:38dans le cerveau,
36:39les horloges épigénétiques.
36:40Maintenant,
36:41on peut mesurer
36:43l'âge biologique des humains,
36:44ce qui n'est pas le cas.
36:45Avant,
36:45on pouvait le faire
36:46il y a trois ans,
36:47on pouvait le faire
36:47pour les animaux,
36:48pas pour le reste.
36:49Et puis,
36:50en fait,
36:50ce que j'ai trouvé passionnant
36:52dans ce travail,
36:53où j'étais un peu
36:54le sujet de ma propre analyse,
36:55de ma propre expérimentation,
36:57c'est une espèce
36:57de travail
36:58un peu introspectif,
36:59je me suis poussé
37:00un peu dans mes retranchements
37:01et ce à quoi je crois,
37:03c'est l'équilibre
37:04entre le corps et l'esprit,
37:06l'harmonie
37:06entre le corps et l'esprit.
37:08Je ne suis ni hédoniste,
37:09c'est-à-dire que je ne fais pas partie
37:10de ceux
37:10qui ne pensent
37:11qu'au corps,
37:13qu'à l'exercice physique,
37:14qu'à la beauté physique,
37:15etc.
37:16L'exercice est très important
37:18pour le corps,
37:19mais il est aussi très important
37:20pour le mental
37:20et pour l'esprit.
37:21Je pense qu'il faut aussi
37:23parler de la contribution sociale,
37:25de l'altérité,
37:27de la quête de sens.
37:28C'est essentiel.
37:29Et figurez-vous
37:30qu'il y a eu
37:31de très nombreuses études
37:32qui arrivent
37:33à mesurer ça maintenant ?
37:34Oui, et puis ce qui est important,
37:35c'est qu'il n'est jamais
37:36trop tard
37:37pour commencer
37:37à s'occuper de son corps.
37:38Vous avez tout à fait raison.
37:40Il vaut mieux tôt que tard,
37:41mais il n'est jamais
37:42trop tard.
37:43Une étude passionnante,
37:44les Américains
37:45avec des vétérans,
37:46c'est-à-dire les anciens combattants,
37:47ils ne rentrent pas
37:48des différentes guerres
37:49en grande forme.
37:51Cette étude a montré
37:52qu'un changement
37:53de comportement,
37:54c'est-à-dire
37:55se remettre
37:56à l'exercice physique,
37:57arrêter de fumer,
37:58faire attention
37:58à sa alimentation,
37:59tout ce qu'on connaît,
38:00le sommeil, etc.,
38:01permettait non seulement
38:02d'éviter la survenue
38:04d'événements
38:05cardiovasculaires,
38:06un infarctus du mieux-part,
38:07un accident vasculaire
38:08cérébral,
38:09mais permettait
38:09d'allonger la vie
38:10de 10 à 15 ans,
38:12même à 50 ans
38:13ou 60 ans.
38:14Donc,
38:14il n'est jamais
38:15trop tard.
38:16Et puis,
38:17en même temps,
38:17il y a le corps,
38:18mais il y a l'esprit
38:18et le mélange des deux
38:19est indispensable.
38:21Indispensable.
38:21C'est cet équilibre
38:22auquel je faisais référence.
38:23Je ne pense pas,
38:24je ne suis pas
38:25comme Brian Johnson,
38:27vous savez,
38:27ce milliardaire américain
38:30qui ne pense
38:31qu'à faire reculer
38:32son âge biologique,
38:33sûrement,
38:33évidemment intéressant,
38:35mais je n'ai pas
38:36du tout envie
38:37d'avoir la même vie
38:38que lui.
38:38Il se lève à 5h du matin,
38:39il mange des graines,
38:40il est couvert d'électrodes,
38:41il prend le plasma
38:42de son fils.
38:43Est-ce que je veux ça ?
38:44Non.
38:44Moi, j'ai envie
38:45de profiter de la vie.
38:47Alors,
38:47la discipline
38:48que je m'impose
38:49à faire de l'exercice physique
38:50tous les jours
38:51est un alibi
38:53pour me permettre
38:54le plaisir
38:54et le plaisir,
38:56une justification
38:57pour la discipline.
38:58C'est un équilibre
38:59entre les deux
38:59que chacun doit trouver.
39:00Et puis,
39:00il y a la méditation
39:01et la spiritualité.
39:03Oui,
39:03ça,
39:03je pense que c'est clé.
39:05Certaines études,
39:06je vais commencer
39:07par la partie plus facile,
39:08moins personnelle.
39:09Certaines études
39:10ont montré
39:10que les gens
39:11qui font de la méditation
39:12en pleine conscience
39:13vont non seulement
39:16ralentir
39:17la réduction
39:18de la taille
39:19des télomères
39:19dont je parlais tout à l'heure,
39:20mais vont même
39:21les rallonger.
39:22Et on a montré
39:23maintenant
39:23par des études
39:24très scientifiques
39:25que les gens
39:25qui pratiquent
39:26cette méditation
39:27ont un meilleur
39:28équilibre psychologique,
39:29un meilleur
39:30équilibre émotionnel.
39:32C'est démontré.
39:34Il y a d'autres études
39:35qui ont montré
39:35que la spiritualité
39:36sans doute
39:37était source
39:38d'une vie
39:40plus longue.
39:41Pour moi,
39:41c'est essentiel.
39:43Et puis,
39:43il y a le sommeil.
39:44Et moi,
39:45je me souviens
39:45de Jean-Pierre Cassel,
39:46comédien,
39:47qui s'endormait
39:48trois minutes
39:48sur un champ de course
39:49au milieu
39:49de l'épreuve
39:51sans problème
39:52et qui dormait
39:53trois minutes.
39:54L'important,
39:55c'est de récupérer.
39:56Le sommeil
39:57est essentiel
39:57pour récupérer.
39:59Essentiel.
39:59C'est là
39:59où on remet
40:00toutes les horloges
40:01biologiques
40:02à zéro.
40:03On a besoin
40:04de ça.
40:04Alors,
40:05les profils
40:06de dormeurs
40:06ne sont pas
40:07les mêmes.
40:07Il y a des gros
40:08dormeurs,
40:09des petits dormeurs,
40:10dormeurs,
40:10et puis,
40:11bien évidemment,
40:11le type de sommeil
40:12est un peu différent
40:13selon les âges
40:14de la vie.
40:14Mais c'est un point
40:16absolument essentiel.
40:17Et justement,
40:19Vieillir,
40:19c'est une chanson
40:20de Jacques Brel,
40:21qui est curieusement
40:21la dernière chanson
40:22qu'il a enregistrée.
40:24Mourir en rougissant
40:28Suivant la guerre
40:29qu'il fait
40:31Du fait des Allemands
40:32À cause des sangs
40:33Il avait décidé de mourir
40:35en bonne santé.
40:35Malheureusement,
40:36il n'a pas tenu le choc.
40:37Mais là aussi,
40:38il y avait une énergie
40:39hors du commun.
40:39Et l'énergie,
40:40elle compte aussi.
40:41L'énergie est essentielle.
40:42Vous savez que
40:44Joséphine Becker disait
40:46La vie,
40:46c'est la danse.
40:47Je veux mourir
40:49épuisé
40:49à la fin d'une danse
40:51ou d'un refrain.
40:51Je trouve que c'est magnifique.
40:53Je pense que
40:54l'énergie de vie
40:55est essentielle
40:55à tel point
40:56qu'il me semble,
40:58c'est mon point de vue,
40:58on a le droit
40:59de ne pas être d'accord,
41:00que l'inéquité
41:01et l'inégalité
41:02entre les humains,
41:03ce n'est pas la beauté,
41:04ce n'est pas la richesse,
41:06ce n'est même pas
41:06l'intelligence.
41:07C'est l'énergie de vie.
41:09Et l'énergie de vie,
41:11ça se travaille.
41:11Mais Joséphine Becker,
41:13je me souviens
41:13de son dernier concert,
41:14sa dernière première
41:15avec vraiment
41:16le tout Paris
41:17à Bobineau,
41:18il y avait un dîner
41:19ensuite au Bristol
41:20jusqu'à 3h du matin
41:21et elle était
41:22en pleine forme.
41:23Elle a eu un AVC
41:24deux jours plus tard
41:24mais elle avait
41:25cette énergie.
41:27Oui,
41:27alors il y a
41:28des aides
41:29mais il y a aussi
41:29des patients,
41:31des malades
41:32qui ont une énergie de vie,
41:33des porteurs de handicap
41:34qui ont une énergie de vie.
41:36Je pense que c'est là
41:37où est la différence
41:40entre les humains.
41:42Et encore une fois,
41:43l'énergie se travaille.
41:44Alors on a parlé
41:44d'exercice physique,
41:46on peut parler
41:46de méditation,
41:47on peut parler
41:48de respiration,
41:49on peut parler
41:49de marche.
41:50On a parlé évidemment
41:51d'interactions sociales.
41:52Maintenant,
41:52on a clairement montré
41:53que les interactions sociales
41:54ont un impact majeur
41:57sur la durée de vie.
41:58Et puis,
41:59les salles de sport,
42:00c'est bien
42:00mais attention,
42:01vous dites combien
42:02il faut se méfier,
42:03il ne faut pas aller trop loin,
42:04François Sarkozy.
42:06Alors moi,
42:07j'aime bien
42:08me challenger
42:08et toujours essayer
42:10de faire un petit peu plus.
42:11Oui,
42:12il faut,
42:12quand on se met au sport,
42:15il ne faut pas être trop brutal,
42:16il faut le faire
42:16de façon progressive,
42:17il faut le bon équipement,
42:19éventuellement,
42:20au départ,
42:20avoir un conseil
42:21pour faire
42:22les bons mouvements.
42:23Mais après,
42:24ça devient une espèce
42:25de drogue en fait.
42:26Je vais vous dire,
42:27je me lève tous les matins
42:28entre 6h30 et 7h
42:29pour faire
42:30une longue séance
42:33d'activité physique,
42:35de gymnastique
42:36ou pour aller courir.
42:37Franchement,
42:38je préférerais dormir,
42:39lire ou regarder un film.
42:41Pourquoi je le fais ?
42:41Je me sens mieux dans mon corps
42:43mais surtout,
42:43je me sens mieux dans ma tête.
42:44Et je pense que c'est ça
42:46qui me permet
42:47d'avoir pas mal
42:48d'activités en parallèle.
42:49Et vous évoquez aussi
42:51dans ce livre,
42:52François Sarkozy,
42:53Winston Churchill,
42:54No Sport,
42:55qui était une légende en fait.
42:56Oui,
42:56parce que quand il était jeune,
42:57il était joueur de polo.
42:59C'est extraordinaire,
42:59on a l'impression
43:00qu'il n'a jamais fait
43:01de sport de sa vie.
43:01En même temps,
43:02c'était un dévoreur.
43:04C'est un passionné.
43:05Il mangeait un rose-bif entier
43:07pendant le déjeuner.
43:08C'était une sorte...
43:09Alors,
43:09ce n'est pas un exemple
43:12nécessairement à suivre.
43:13Oui,
43:13il y a aussi
43:13toujours les exceptions
43:15qui confirment la règle.
43:16Oui,
43:16parce que dans ce livre,
43:16vous parlez de l'alimentation aussi
43:18et ça,
43:18c'est essentiel,
43:19François Sarkozy.
43:20Essentiel.
43:20Essentiel.
43:21Alors,
43:21on parle beaucoup du quoi ?
43:24Quel régime avoir ?
43:25Alors,
43:25on sait que ce qui est mieux,
43:26c'est bien sûr
43:26le régime méditerranéen
43:28de limiter les graisses,
43:30le sucre,
43:32le sel.
43:33Ce qu'on sait peut-être moins,
43:35c'est le combien.
43:36Effectivement,
43:37on a montré
43:37dans les études scientifiques
43:38qu'une restriction calorique
43:40à condition d'avoir
43:41un régime très équilibré
43:42permet de vivre plus longtemps.
43:43C'était confirmé
43:44par une étude récente
43:45en montrant
43:47sur les horloges épigénétiques
43:49pour faire reculer
43:50l'âge biologique.
43:51J'ai bien dit
43:52reculer l'âge biologique
43:53dont on ne parle pas
43:54ou trop rarement
43:56c'est le camp.
43:57Et là,
43:57ce n'est pas inintéressant
43:59éventuellement de pratiquer
44:00de temps en temps
44:01le jeûne intermittent.
44:02Oui,
44:02en même temps,
44:02je me souviens d'Aznavour
44:03qui disait
44:04pour être en forme,
44:05il faut boire un verre de vin
44:06à chaque repas.
44:08Il a vécu 94 ans.
44:10Oui,
44:11très bien.
44:11Si ce n'est qu'un verre,
44:13c'est faisable.
44:14Vous savez que je parle aussi
44:15des soi-disant
44:17recettes miracles
44:18ou élixirs de jouvence.
44:21On parle beaucoup du vin.
44:23J'en parle dans le livre.
44:25Il faudrait une quantité de vin
44:26où nos foies seraient morts
44:28bien avant.
44:29Donc,
44:30l'alcool,
44:31évidemment,
44:31avec modération
44:33et surtout pas tous les jours.
44:35mais moi,
44:36j'avoue que
44:36quand je suis en Provence
44:37avec mes copains,
44:38avec mes enfants,
44:39oui,
44:39je prends un verre de rosé.
44:41Maintenant,
44:41j'ai quelques conduites
44:42pour essayer de limiter les choses.
44:44Je rajoute des glaçons.
44:46Mais en même temps,
44:48il y a un souvenir de jeunesse
44:49qui vous a marqué.
44:49Votre mère ne finissait jamais
44:51un repas sans dessert
44:52avec la Dame Blanche
44:53et ça vous est resté ?
44:55Oui,
44:56mes parents
44:56étaient des bons vivants
44:59et aimaient les desserts.
45:01Ma mère adorait ça.
45:02Ma mère aimait,
45:03je vous dis,
45:03le beurre,
45:04la crème fraîche
45:05et les desserts.
45:06Mais elle avait
45:06une telle énergie de vie,
45:08une telle hygiène
45:08par ailleurs.
45:09Elle marchait,
45:10elle aimait le sport,
45:11elle promenait son chien,
45:12elle jouait au bridge,
45:14elle avait des copains.
45:16Elle était
45:16d'un personnage
45:18et puis elle était
45:20dans l'altérité
45:22extrêmement généreuse.
45:23Et ça,
45:23je pense que c'est essentiel.
45:25Vous êtes généreux,
45:26vous,
45:26quand vous mangez du chocolat ?
45:28Généreux avec moi.
45:29Oui,
45:29je me lâche parfois gravement.
45:32Mais j'ai des conduites
45:33d'évitement aussi.
45:34Parce qu'en plus,
45:34j'aime le chocolat
45:35mais qui n'est pas
45:36le meilleur pour la santé.
45:37J'aime le chocolat au lait
45:38et aux pralinés.
45:39J'essaie de ne plus acheter
45:40de plaques de chocolat
45:41mais parfois,
45:43je sais où elles sont
45:44et hier soir,
45:45par exemple,
45:46j'étais fatigué.
45:48C'est aussi pour ça
45:50que je fais beaucoup de sport.
45:51Le professeur
45:51Rappelbaum a un jour
45:52expliqué qu'en fait,
45:53dans le chocolat,
45:54il y avait des corps
45:55qui régénéraient le cerveau.
45:56c'est une espèce
45:57d'aliment émotionnel
45:59un petit peu.
45:59Et puis,
46:00je crois que le vrai secret
46:01de l'éternelle jeunesse
46:02et que vous l'évoquez
46:03dans ce livre,
46:03c'est celui-ci.
46:04Le travail,
46:06c'est la santé.
46:09Rien ne fait rien.
46:10C'est fou parce que
46:10Henri Salvador
46:12qui était tout sauf
46:13un paresseux,
46:14il a énormément travaillé
46:15dans sa vie en riant.
46:17Le travail,
46:17c'est la santé,
46:18ça pourrait être
46:18votre devise.
46:20Oui,
46:20alors,
46:20je ne suis pas le seul
46:21à dire ça.
46:22Ce sont des études scientifiques
46:23qui ont montré
46:24que les gens
46:24qui travaillent plus longtemps
46:25vivent plus longtemps.
46:26Bien évidemment,
46:27il faut adapter
46:28les conditions de travail
46:29à la pénibilité.
46:31Évidemment,
46:31si on travaille
46:31dans une mine de sel,
46:32c'est pas la même chose.
46:33Quand je parle de travail,
46:34je parle aussi
46:34d'activité,
46:36d'activité cérébrale.
46:37On a noté
46:38que 18 mois,
46:40deux ans après
46:40un départ en retraite
46:42non préparé,
46:42il y avait une morbidité,
46:44une mortalité
46:44plus importante.
46:45Pourquoi ?
46:46Alors,
46:46au départ,
46:47on va être grisé
46:47en se disant
46:48j'ai du temps pour moi
46:49mais après,
46:49il faut savoir
46:49occuper son temps.
46:51Et puis,
46:51quand on travaille,
46:52on fait partie
46:53d'une équipe,
46:54on fait partie
46:54d'une chaîne humaine,
46:55on a une utilité.
46:58Quand on est à la retraite
46:59qu'on n'a pas préparé,
47:00qu'on n'a pas d'autres passions,
47:01pas d'autres occupations,
47:02c'est pas forcément
47:03des occupations salariées
47:06ou rémunérées,
47:07eh bien,
47:08on perd ce sentiment
47:08d'utilité sociale
47:09et ça entraîne
47:11une dépréciation de soi
47:12et nous avons en France
47:13un triste record
47:14des dépressions
47:15chez les personnes âgées
47:16avec un nombre
47:16de suicides
47:18chez les personnes âgées
47:19assez important
47:19puisqu'on parle
47:20en moyenne
47:20de 2700 morts par an
47:22peu ou prou
47:23le nombre de morts
47:23sur la route.
47:24C'est énorme.
47:25C'est énorme
47:26et ce qui est étonnant aussi,
47:27c'est un jour,
47:27je rencontre un PDG
47:28qui venait de perdre
47:29son travail,
47:30il me dit
47:30j'ai plus de voiture,
47:32je suis perdu dans Paris,
47:32je ne sais pas comment faire.
47:34Il y a des choses
47:35hallucinantes.
47:36Oui,
47:37alors c'est peut-être aussi
47:37des personnalités monomorphes
47:40qui n'ont qu'un seul
47:40sujet à l'intérêt.
47:42Je crois que nous partageons
47:43cette curiosité
47:44pour plein de domaines
47:45différents
47:47mais je comprends,
47:48moi j'ai besoin
47:48de travailler
47:48parce que d'abord
47:49j'ai besoin de travailler,
47:50j'ai encore des enfants
47:50pas trop vieux
47:52donc il faut
47:54qu'ils finissent
47:55leurs études
47:56et puis j'ai besoin
47:56de ça
47:57pour ma stabilité psychique
47:58et puis parce que
47:59j'adore mon travail,
48:00j'adore ce que je fais
48:01quand je parle
48:01de prévention,
48:02d'immunisation,
48:03de vaccination,
48:06j'ai la chance
48:07de travailler
48:08avec des associations
48:09de patients
48:09sur l'obésité,
48:10c'est passionnant
48:12de faire évoluer
48:13les choses
48:13ou sur un plan
48:14cardiovasculaire
48:15avec la fondation
48:15Coeur recherche,
48:16je suis passionné,
48:18j'adore ça.
48:18Et dans ce livre
48:19vous évoquez aussi
48:20un film célèbre
48:21avec Michel Morgan
48:22et Bourville,
48:23Le miroir à deux faces,
48:24le seul film dramatique
48:25de Bourville
48:25et c'est vrai
48:26que ce film
48:26vous a marqué.
48:28Oui c'est vrai,
48:29l'histoire j'avais trouvé
48:30était magnifique.
48:32Bourville est marié
48:33avec Michel Morgan,
48:35Michel Morgan
48:35au début du film
48:36a un nez
48:38qui ne lui plaît pas.
48:39Elle décide
48:40de se faire opérer,
48:41de faire changer son nez,
48:42une rhinoplastie,
48:43mais donc,
48:43vous l'avez noté,
48:44il y a 50 ans,
48:46lui n'en a pas envie.
48:48Elle y va quand même,
48:50il ne la reconnaît pas,
48:52il ne la reconnaît plus,
48:53peut-être parce qu'il se met
48:55trop en doute,
48:57il doute trop de lui,
48:58elle le quitte,
48:59c'est une histoire triste.
49:01Mais oui,
49:01je pense que ça m'a marqué
49:04parce que j'ai trouvé
49:04que c'était des sentiments
49:06humains.
49:07Le visage,
49:08votre visage vous appartient,
49:10évidemment,
49:11mais pas qu'à vous.
49:13Surtout quand on a
49:14une relation,
49:15j'ai trouvé que c'était
49:15un film de Kayat,
49:17si ma mort est bonne,
49:18magnifique.
49:18Et ce film pour la promotion,
49:20comme on ne devait pas voir
49:22le visage de Michel Morgan
49:23avant le début,
49:24elle se déplaçait
49:24avec un voile noir
49:25pour qu'on ne voit pas
49:26la transformation physique.
49:28Alors,
49:28vous,
49:29je crois que
49:30écrire,
49:31c'est aussi une de vos thérapies
49:32et puis surtout,
49:34le bonheur
49:34d'être heureux
49:35quoi qu'il arrive
49:36et d'avancer
49:37de cette façon.
49:39Alors,
49:39je le disais tout à l'heure,
49:41je suis beaucoup plus serein
49:42et heureux maintenant
49:43que je ne l'étais
49:44à 20 ans.
49:45Je crois que ça fait partie
49:46aussi des âges de la vie.
49:48Quand on est jeune,
49:48on veut tout,
49:49on veut le développement,
49:50il n'y a pas de raison
49:50de choisir.
49:51Quand on gagne
49:53en maturité,
49:54pour ne pas parler de viesse,
49:55quand on gagne en maturité,
49:56on sait mieux
49:57et hiérarchiser les choses
49:58et surtout,
49:59j'ai appris quelque chose.
50:00Je ne laisse plus
50:01le négatif.
50:02Nous avons tous
50:03des emmerdements,
50:04des épreuves,
50:05des difficultés,
50:06mais je ne laisse plus
50:07ce négatif contaminer
50:08ce qui est positif.
50:09Je suis avec vous,
50:10je suis content,
50:11j'en profite,
50:11ça me plaît.
50:12Je suis avec mes enfants,
50:13ça me plaît.
50:14Pourquoi avoir la double peine
50:15de ressasser ?
50:16Avant,
50:16je ressassais.
50:17Je suis tellement perfectionniste
50:18que je ne supportais pas
50:19que quelque chose
50:20ne soit pas réglé.
50:21Et je pense que
50:22j'en devenais impossible
50:23pour mon entourage
50:24et impossible pour moi.
50:25Donc finalement,
50:26c'est plus simple
50:26de vivre avec moi
50:27maintenant qu'avant.
50:28En tout cas,
50:29c'est très simple
50:29de vivre avec ce livre
50:31que je conseille
50:33à celles et ceux
50:33qui nous écoutent
50:34parce que
50:34Ne vieillissez pas,
50:35vivez.
50:36C'est un message d'espoir
50:37dont on a vraiment besoin
50:38en ce moment,
50:38vous l'avez dit.
50:39Et je le partage
50:40et je suis certain
50:41qu'on n'est pas les seuls
50:41à le partager.
50:43François Sarkozy.
50:44Merci mille fois
50:44pour votre invitation
50:46et pour votre lecture
50:47si précise et pertinente.
50:49C'est la moindre des choses
50:50car vous le méritez largement.
50:52Le livre est en édition Le Duc.
50:53Merci François Sarkozy
50:54et à bientôt
50:55pour d'autres livres.
50:56Avec plaisir.
50:57Les Clés d'une vie
50:58c'est terminé pour aujourd'hui.
50:59On se retrouve bientôt.
51:00Restez fidèles
51:00à l'écoute de Sud Radio.
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