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  • il y a 4 minutes
Florent Menegaux, président du groupe Michelin, était l'invité de Nathan Cocquempot dans Good Morning Business, ce jeudi 11 juin. Ils ont évoqué les principaux axes stratégiques du groupe, son expansion dans divers secteurs et la concurrence chinoise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:007h42 sur BFM Business et sur AMC Live, le grand entretien aujourd'hui c'est avec Florent Ménégaud qui répond
00:05aux questions de Nathan Cocampo depuis l'Andalousie.
00:09Bonjour Florent Ménégaud, président du groupe Michelin, merci de cette interview aujourd'hui.
00:14Alors d'abord parlons un petit peu du lieu, le SEMA, c'est un endroit où vous testez les pneus
00:18de spécialité,
00:19donc ça peut être les immenses pneus utilisés dans les mines ou alors les pneus des avions.
00:2417% de votre chiffre d'affaires, c'est un domaine ultra stratégique pour le groupe Michelin ?
00:29Tout à fait, parce que ce sont des produits dans lesquels l'excellence de l'innovation, l'excellence de la
00:34performance se trouve résumée dans nos produits.
00:38Ce sont des conditions extrêmes soit d'usage, soit de type d'engin.
00:43Donc ce sont des engins hors normes, un avion c'est pas courant, mais les engins de génie civil ce
00:50sont des camions qui portent 600 tonnes de charge,
00:53ce sont des matériels agricoles qui permettent d'aller exploiter des champs sans impacter le sol.
01:01On a plusieurs types de technologies qui permettent de s'exprimer dans ces pneus et dans des conditions extrêmes.
01:09Des secteurs en croissance, à peu près 2-3% pour chaque à peu près ?
01:12Oui, ce sont des secteurs parce que les sous-jacents, l'extraction minière va continuer à monter parce que le
01:18développement humain nécessite d'avoir plus de matériaux.
01:21L'agriculture va continuer à se développer parce que la population continue de grandir.
01:26On aura plus besoin de matériaux agricoles dans le futur et nous n'aurons qu'une faible croissance d'états
01:34arables.
01:35Et donc il faut augmenter la productivité. Sur l'aviation, le besoin de se déplacer, le mouvement c'est la
01:41vie pour les êtres humains.
01:43Donc l'aviation va continuer de se développer. Et puis on a aussi nos activités de compétition qui vont aussi,
01:48elles, continuer de se développer
01:51parce que ça nous permet de comprendre les usages extrêmes et de tester très rapidement des nouvelles technologies.
01:57Par rapport au secteur de la défense, vous testez aussi des pneus qui seront utilisés sur le champ de bataille.
02:02Et puis concrètement, est-ce que vous voyez un bond des commandes ? On voit par exemple aussi Renault qui
02:06va commencer à développer un drone dans son usine, un drone terrestre.
02:09Est-ce que vous allez équiper ce drone de pneus Michelin ? Et puis surtout, est-ce que vous pourriez
02:13passer, le cas échéant, en économie de guerre et produire massivement pour l'armée française ?
02:18Alors Michelin a déjà eu dans son passé le besoin de participer à l'économie des guerres.
02:24Donc nous l'avons fait et nous le referons si c'est nécessaire.
02:27Maintenant, dans les activités de défense, Michelin a toujours été aux côtés des armées qui défendent.
02:33Et donc nous sommes toujours présents et nous serons à Eurosatorie dès la semaine prochaine.
02:38Michelin sera présent dans beaucoup de stands parce que nos pneumatiques sont très utiles pour permettre à nos armées et
02:46à nos soldats d'aller sur le champ de bataille et d'en revenir en sécurité.
02:51Il y a plein de crises en ce moment, mais on a plutôt l'impression que le groupe se porte
02:54assez bien par rapport à d'autres.
02:56Vous annoncez en France un plan de départ volontaire jusqu'à 1500 personnes, quand même assez conséquent.
03:01Comment vous expliquez cette décision ?
03:03Alors en fait, ce plan de départ volontaire, il est sur trois ans. Il concerne effectivement 1500 postes.
03:08Mais c'est, je dirais, de l'activité classique d'adaptation d'une entreprise à différentes circonstances.
03:17Les technologies évoluent, les métiers changent.
03:20Et à certains moments, on a aussi des personnes qui, finalement, aspirent à faire d'autres choses dans leur vie
03:26professionnelle.
03:27Et donc, la conjonction de tout ça fait qu'on souhaite proposer aux personnes qui souhaiteraient développer un autre futur
03:36professionnel de pouvoir le faire dans des conditions bonnes.
03:39C'est pour ça qu'on a fait un plan de départ volontaire. Il n'y a aucun départ contraint.
03:43Effectivement, il y a un certain nombre de postes qui évoluent dans le temps.
03:47La comptabilité d'il y a 50 ans n'est plus du tout la même comptabilité qu'aujourd'hui.
03:52Vous avez l'intelligence artificielle, vous avez les nouvelles technologies qui arrivent.
03:56Et donc, il faut anticiper tout ça et permettre aux personnes de ne pas être coincées dans un développement professionnel.
04:02À quel point, justement, l'intelligence artificielle vous pousse à peut-être réévaluer un petit peu vos effectifs très nombreux
04:08en France, 17 000 salariés ?
04:09Alors, chez nous, l'intelligence artificielle est utilisée pour augmenter la capacité des individus, pas pour supprimer des postes.
04:17Alors maintenant, l'évolution des métiers, elle n'est pas uniquement liée à cette technologie d'intelligence artificielle.
04:25C'est un processus continu qui existe, c'est le progrès technologique, c'est le progrès humain.
04:30Ça existe depuis des siècles, depuis que les entreprises existent.
04:34Donc, il ne faut pas avoir peur du fait que les métiers changent et bougent.
04:38Et nous, ce qu'on fait, c'est qu'on accompagne toutes les personnes avec des formations pour les aider
04:44à transformer,
04:45à accompagner les transformations et les mutations des marchés.
04:47Il y a quelques mois, vous avez annoncé quand même la fermeture de Vannes et Cholet, deux sites, 1250 employés.
04:54On a l'impression quand même que c'est de plus en plus compliqué pour vous de garder l'industrie
04:58en France.
04:58Donc, cette question, quelle est selon vous la place de la France dans les prochaines années pour le groupe Michelin
05:04?
05:04Est-ce que ça reste une priorité ?
05:05Alors, ce que j'ai dit, c'est qu'au moment de la fermeture des usines de Vannes et de
05:10Cholet,
05:10c'est que nous n'étions plus en condition d'exporter de France.
05:15Mais nous sommes toujours en condition de produire en France pour servir le marché français ou le marché européen.
05:20Et c'est ce que nous continuons à faire.
05:22Nous continuons d'investir.
05:24Michelin aura investi 4,5 milliards d'euros en France sur les dix dernières années.
05:30La France, c'est plusieurs milliers d'emplois.
05:32Nous avons près de 17 000 personnes employées en France.
05:35La France, c'est le cœur de notre recherche et de développement.
05:38La France, c'est aussi le siège mondial.
05:40C'est là où beaucoup d'activités naissent et créent d'autres activités.
05:45Nous avons ouvert l'année dernière une nouvelle usine qui fabrique une nouvelle génération de matériaux.
05:50Donc, on est loin du schéma un peu simple d'imaginer que Michelin est en train de quitter la France.
05:55Ce n'est pas du tout à l'agenda et ça ne sera pas avant de nombreuses années, si jamais
06:01ça devait l'être.
06:02Concernant le replacement des salariés de ces deux sites, est-ce que vous pouvez me dire à peu près où
06:06on en est ?
06:06Oui, aujourd'hui, il y avait 1246 postes supprimés.
06:10Sur ces 1246, il y en a plus de 60% qui ont trouvé un poste stable.
06:14Ce qui vous pénalise fortement aujourd'hui, c'est la concurrence chinoise qui monte en qualité dans les pneus.
06:20Est-ce que ça vous inquiète vraiment pour les prochaines années ?
06:22C'est ça le gros enjeu pour vous ?
06:24Est-ce que vous demandez des règles européennes pour bloquer avec des taxes, des droits de douane ?
06:30Je sais qu'il y a une enquête anti-dumping sur le sujet en ce moment.
06:33Qu'est-ce que vous attendez de tout ça ?
06:35En fait, d'abord, Michelin aime la concurrence.
06:38Donc, Michelin, on pense que la concurrence, elle est indispensable pour la vitalité d'un tissu économique
06:44et pour le développement d'une entreprise, pour favoriser l'innovation.
06:47Donc, nous, on est favorable à la concurrence.
06:49Là où ça ne va pas, c'est quand les conditions, les règles du jeu de cette concurrence ne sont
06:53pas équitables.
06:55Et or, aujourd'hui, en Europe notamment, on est un peu naïf dans notre façon d'administrer notre marché européen.
07:03On est totalement ouvert aux importations, alors que d'autres pays n'appliquent pas les mêmes règles du jeu
07:11en matière fiscale, sociale, environnementale et d'autres natures.
07:17Donc, ce qu'on dit simplement, nous, on a besoin pour que le jeu de la concurrence se fasse sainement,
07:22et il faut de la concurrence, il faut simplement qu'on ait ensemble des règles du jeu équitables.
07:27On a beaucoup de constructeurs automobiles qui décident de s'allier avec des constructeurs chinois
07:31pour essayer d'être plus forts dans la bataille.
07:33Est-ce que vous pourriez vous allier avec un fabricant chinois de pneumatiques ?
07:37Alors, on l'a fait dans le passé.
07:40On a eu des... Quand on est arrivé sur le marché chinois,
07:44on a commencé en faisant une entreprise commune, avec une entreprise chinoise.
07:48Puis, progressivement, on est sortis de cette entreprise commune pour être 100% entre nous, en Chine.
07:55Et on a essayé une autre fois de faire une activité commune pour faire des pneus d'entrée de gamme
08:01en prix.
08:02Et on s'est rendu compte que l'objectif de notre partenaire, c'était de prendre nos technologies
08:07et finalement ne donner pas grand-chose.
08:09Donc, on est sortis de ça aussi.
08:11Maintenant, la Chine, il y a des tas de choses qui se développent en ce moment en Chine,
08:15qui peuvent être intéressantes.
08:16Et là-dessus, on souhaite préserver notre autonomie en matière de recherche et de développement,
08:23préserver nos savoir-faire et en même temps, d'être ouvert à tout le champ d'innovation possible
08:30en faisant des partenariats, mais pas uniquement avec la Chine, en fait.
08:33Cette démarche-là, on l'a aussi avec le Brésil, les États-Unis, le Canada et plein d'autres pays
08:38dans le monde.
08:38On a parlé des droits de douane qu'on pourrait mettre en place face à la Chine.
08:42Vous subissez aussi les droits de douane américains.
08:44Ça a été très compliqué pour vous, cette période aux États-Unis ?
08:47Ce qui a été compliqué, c'est l'instabilité qui a été créée à l'occasion de ces droits de
08:52douane,
08:53parce que derrière, c'était extrêmement instable et c'est toujours pas encore stabilisé.
08:57C'est-à-dire qu'on ne sait pas encore exactement quel droit de douane doit être appliqué,
09:01sur quel domaine, à quel moment.
09:03L'impact net pour le groupe en matière d'argent, c'est 400 millions d'euros.
09:09C'est assez conséquent sur notre compte de résultats.
09:13Et donc, oui, on est impacté.
09:15Maintenant, Michelin est solide, vous l'avez très bien dit au départ.
09:17Donc, on saura gérer ça.
09:20Ce dont on a besoin, c'est d'avoir un système stabilisé.
09:24Quand vous avez des règles, ce qu'il faut, c'est qu'elles ne changent pas toutes les trois minutes.
09:27Or, c'est ce qui s'est un peu passé en 2025.
09:29Concernant la guerre en Iran, à quel point vous êtes impacté ?
09:31Est-ce que vous avez des pénuries de matériaux ?
09:33Alors, pour l'instant, nous n'avons rien jusqu'à fin juin, début juillet.
09:39Ensuite, on ne sait pas.
09:41Il est certain qu'il y a un certain nombre de capacités de transformation du pétrole,
09:47enfin, ce qu'on appelle les produits dérivés du pétrole,
09:51qui devraient se retrouver en pénurie dans quelques temps.
09:55Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de...
09:57La consommation peut continuer de fonctionner normalement parce qu'on consomme des stocks.
10:02Mais une fois que ces stocks seront consommés, là, on aura des pénuries.
10:07Donc, les pénuries, nous, on n'aura pas trop de problèmes pour trouver des approvisionnements.
10:12Mais quand il y a moins d'offres que de demandes,
10:16ce qui se passe, c'est qu'en général, les prix montent.
10:18Et donc, on risque d'avoir de l'inflation qui arrive du fait de ces pénuries.
10:22Mais sans qu'on soit aujourd'hui capable de dire précisément là où elles vont intervenir.
10:27On arrive au bout de cet entretien.
10:29Une question quand même sur la présidentielle qui approche dans moins d'un an maintenant.
10:32Quelle est votre position ?
10:33Est-ce que vous redoutez cette échéance ?
10:35Le résultat de ces élections ?
10:37Et une deuxième petite question.
10:39Est-ce que vous rencontrez les candidats ?
10:40Vous discutez avec eux ?
10:42Peu importe le parti.
10:43Pour voir un peu la suite du contexte économique politique de la France.
10:48Alors, par rapport à votre première question, moi, j'ai une foi dans la démocratie.
10:54Et donc, je fais confiance à l'intelligence collective d'une nation.
10:58Et donc, je dis simplement à toutes les personnes que je côtoie,
11:02y compris tous les salariats de Michelin, je leur dis, allez voter.
11:06Quand vous avez la possibilité de le faire, le droit de vote, c'est un acquis incroyable.
11:12C'est un acquis social incroyable.
11:14Donc, exprimez votre droit de vote.
11:16Et ensuite, le résultat des élections, il sera ce qu'il sera.
11:18Et on verra, on s'adaptera.
11:21La deuxième partie de votre question, c'est vis-à-vis des candidats.
11:26Donc, je ne vais pas, Michelin ne va pas, à la rencontre directe d'un candidat.
11:31Par contre, nous faisons partie de la société.
11:35Et donc, si des personnalités veulent comprendre quels sont les sujets de Michelin
11:42et qu'elles souhaitent nous voir, on les recevra, quelle que soit leur partie.
11:47Merci beaucoup, Florent Ménégaux, le président du groupe Michelin.
11:50Merci à vous.
11:50Merci à vous.
11:51Merci.
11:51Merci.
11:51Merci.
11:51Merci.
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