00:00 Je ne pense pas que la revendication principale de mes collègues agriculteurs a été "cofito", c'était la thune, il faut arrêter.
00:06 Même si l'État ne nous aide pas, nous on est bio.
00:10 Pour la santé de nos enfants, on protège l'environnement, on veut juste en vivre dignement.
00:17 Un rendez-vous manqué.
00:18 Voici le constat de ces agriculteurs bio au sujet de la récente fronte du monde paysan.
00:22 Devant l'Assemblée nationale, ils manifestent leur désarroi face aux récentes annonces du gouvernement
00:27 qui n'ont été ni en face avec leurs besoins, ni avec leur vision de l'agriculture.
00:31 Est-ce qu'on doit prendre en otage la santé de nos concitoyens, la qualité de l'eau et de la biodiversité ?
00:37 Certaines filières ont réussi à susciter une belle générosité de la part du gouvernement,
00:42 tant mieux pour elles, qu'en est-il de l'agriculture biologique ?
00:45 Alors les annonces, il y a un peu d'enfumage sur le fond, on sent bien qu'il fallait désaborcer la crise.
00:52 C'est un retour 20 ans en arrière.
00:54 Là, grosso modo, le message c'est qu'on veut plus de pesticides dans nos légumes,
00:58 et nous on défend le contraire.
00:59 C'est vraiment ce sentiment d'insatisfaction d'un modèle dominant
01:03 qui est pris comme le modèle agricole dans son ensemble, alors que ce n'est pas le cas.
01:08 Le gouvernement a décidé de mettre en pause le plan Eco-FITO
01:11 qui visait à réduire progressivement l'utilisation de pesticides en France.
01:15 Une hérésie pour les écologistes et pour plusieurs agriculteurs
01:18 qui ne partagent pas l'avis des syndicats agricoles majoritaires sur ce sujet.
01:21 On peut nourrir tous les Français aujourd'hui sans pesticides ?
01:25 Alors en fait, personne le sait.
01:26 Tout ce qu'on sait, c'est que les 60 000 fermes bio, elles prouvent des choses tous les jours,
01:30 et que s'il y avait plus de moyens, il y a de fortes chances qu'on arrive à prouver beaucoup plus.
01:33 On pourrait nourrir tous les Français sans pesticides, bien sûr.
01:35 Il y a des pratiques agroécologiques qui se mettent en place.
01:37 On est dans la recherche permanente et dans l'amélioration permanente de nos pratiques.
01:41 Alors certes, on produira peut-être un peu moins que l'agriculture conventionnelle,
01:44 mais c'est un projet de société.
01:45 Ça veut dire qu'on gaspille moins aussi, qu'on mange différemment.
01:48 L'agriculteur qui traite, ce n'est pas une grosse volonté de sa part,
01:52 c'est parce que c'est tout un système qui le force.
01:54 Si demain, les efforts sont faits pour convertir les terres en France en bio,
01:58 tous les agriculteurs sont prêts à se lancer dans cette agriculture qui est meilleure pour leur santé.
02:04 On a besoin de changer de modèle, et on sait faire en fait.
02:07 Les producteurs globalement dans l'agriculture ont déjà fait plein d'investissements.
02:11 Souvent, ils sont endettés, voire sur-endettés.
02:13 Donc effectivement, quand on est pris à la gorge, qu'on n'a pas de revenus, qu'on est sur-endetté,
02:18 qu'on a besoin de s'adapter aux questions climatiques, aux questions économiques,
02:21 aux questions environnementales, ben ça demande un vrai soutien politique.
02:25 ... à la baire de Paris sur les questions d'agriculture et d'alimentation durable.
02:29 Et je sais pas s'il y a ici des gens...
02:32 Je pense pas que la... la revendication principale de mes collègues agriculteurs
02:35 ait été « cofito », c'était la thune, hein. Faut arrêter...
02:38 Les gens veulent vivre de leur travail, c'est normal.
02:39 Y a un agriculteur qui se suicide quasiment tous les jours.
02:42 On meurt au travail d'accidents, de maladies graves,
02:45 et personne ne le prend en compte, vous voyez.
02:46 Nous, on a un travail qui nous tue, et quand il nous tue pas, il nous ruine.
02:49 50 millions d'euros annoncés par rapport aux 271 millions
02:53 qui ont été adoptés ici, à l'Assemblée nationale, dans le projet de loi de finances.
02:59 Qu'est-ce qu'on fait de cette différence ? Qui est-ce qui va la mettre ?
03:02 Aujourd'hui, on est si proche de l'Assemblée nationale
03:04 pour sensibiliser tous nos parlementaires.
03:06 [Musique]