00:01BFM Bourses, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:05C'était la semaine dernière, Tchuss France 2026, je l'avais vécu aussi sur BFM Business.
00:1093 milliards d'euros d'annonces d'investissement dans l'IA et l'énergie en France ont été réalisées.
00:14Marie Lasseigneur vient nous rejoindre pour en parler pour Crédit Mutuel AM.
00:17Bonjour Marie, bienvenue.
00:18Bonjour.
00:19Ça fait beaucoup d'argent pour investir dans l'IA, dans la thématique de l'énergie aussi en France,
00:23et donc beaucoup de besoins de l'électricité, si possible décarbonée.
00:26Vous sentez que ça monte aussi les besoins de l'électricité décarbonée et les projets en France ?
00:30On a vu que les annonces sortaient clairement sur l'attractivité de la France,
00:34c'est-à-dire qu'on a à la fois des investissements dans les data centers,
00:36surtout, mais aussi dans l'expansion électrique, dans le stockage et dans l'investissement dans le réseau.
00:41Ça vient de manière concomitante avec ce que la Commission européenne nous a accordé à l'État français,
00:46une enveloppe de 400 millions d'euros vers des acteurs français qui vont déployer des projets
00:51pour l'énergie propre, autour des chaînes d'approvisionnement en matériaux critiques.
00:57Donc très concrètement, on est sur des projets éoliens, solaires,
01:00mais aussi pompe à chaleur, stockage d'énergie par batterie et résilience du réseau.
01:06Ce qu'on voit depuis le début de 2026, c'est qu'on a une accélération,
01:10une croissance forte à deux chiffres des investissements vers la résistance du réseau
01:15et vers le stockage d'énergie qui semble devenir en fait une nouvelle clé de sécurité énergétique.
01:21On se souvient de l'incident qu'il y avait eu sur le réseau espagnol,
01:25qui avait aussi été à l'origine de cette prise de conscience.
01:28Malgré tout, on sent que toute la géopolitique autour de l'Iran
01:33a justifié ce retour quand même vers les investissements concernant les énergies vertes.
01:37Cela dit, on nous avait fait le même coup au début de la guerre en Ukraine.
01:42Il ne s'était pas passé grand-chose derrière.
01:45Donc, est-ce que finalement c'est un argument suffisant
01:48ou est-ce qu'il y a plus des raisons de fond qu'il faut mettre en avant ?
01:51Ce qu'on observe, et pour le coup la tendance,
01:54je pense qu'elle prend plutôt ses racines depuis la guerre en Ukraine
01:57sur la partie attractivité relative du renouvelable par rapport au gaz.
02:01Mais ce qu'on observe là depuis 2026, c'est clairement électrification des usages
02:07pour sécuriser tout simplement à la fois le transport notamment.
02:12Cela se matérialise dans les ventes de voitures électriques.
02:14On voit une baisse au global des ventes de voitures depuis le début de l'année.
02:17Mais ce qu'on voit en France entre janvier et mai 2026,
02:20c'est une hausse de 48% des ventes de véhicules électriques.
02:22Quand vous le regardez au premier trimestre, c'est de manière plus large que la France.
02:25On est à 30% de croissance en Europe, 80% en Asie-Pacifique hors Chine, 75% au Latam.
02:31C'est plutôt incontestable et on peut le voir en réaction directe.
02:34En revanche, sur la dynamique d'attractivité relative du renouvelable,
02:36ça prend sa racine depuis 2020-2021.
02:40Il y a une étude scientifique qui est assez complexe à décrypter,
02:44mais qui a été récemment publiée aussi,
02:46qui modélise et qui intègre tous les co-bénéfices à accélérer les renouvelables aujourd'hui
02:51et qui nous montrent que l'instabilité géopolitique qu'on connaît
02:55accélère clairement l'attractivité.
02:57Je vais vous donner des exemples un peu chiffrés ensuite,
03:00mais ce qu'on peut voir, et pour moi le fait notable,
03:02c'est qu'en avril 2026, on a eu plus de production électrique de l'éolien et du solaire
03:05que du gaz, pour la première fois dans l'histoire.
03:08Ça suit une année 2025, on a eu plus de production électrique des renouvelables que du charbon.
03:12Où ça ?
03:13Dans le monde, en avril.
03:15Avec des circonstances météo qui sont favorables, bien évidemment.
03:18C'est la première fois qu'on a franchi ce cap.
03:19Avec la Chine, a priori aussi, qui a pesé lourd dans ces chiffres, non ?
03:23Bien sûr, et qui pèsera lourd dans les prévisions à 2030
03:26de 50% de notre production qui viendra du renouvelable nucléaire.
03:29Vous le disiez, vous avez introduit comme ça,
03:31il va falloir augmenter nos capacités de stockage et la résilience du réseau.
03:35Quel impact ça aura sur la rentabilité des renouvelables ?
03:39Je pense que c'est une des questions cruciales des personnes
03:41qui regardent ce marché, cette chaîne de valeur cette année,
03:44puisqu'on voit une capacité qui a déjà cru de 11 fois sur les 5 dernières années
03:49en capacité de stockage d'énergie.
03:50C'est-à-dire qu'il y a 5 ans, 1% seulement des besoins du réseau
03:54en ajustement heure par heure étaient remplis par des systèmes de stockage d'énergie.
03:58Aujourd'hui, on est à 60% au premier trimestre de l'année.
04:01Pourquoi ? 90% de chute sur le prix de la batterie stationnaire.
04:04Et ça, ça veut dire que c'est beaucoup plus économique
04:06d'installer une batterie temporaire à 4 heures
04:09qui va vous permettre de décaler le pic de demande fort de l'après-midi vers le soir
04:13plutôt que d'allumer une centrale thermique d'appoint.
04:16Et la tendance qu'on voit et qui, elle, en fait,
04:19c'est là où on illustre un petit peu la rentabilité du projet,
04:22c'est un parc qui est aujourd'hui fait de batteries autonomes
04:25et qui de plus en plus se développe vers la colocalisation.
04:27C'est-à-dire qu'on déploie du solaire.
04:29La colocalisation, alors ça, voilà.
04:30Oui.
04:32En gros, c'est la co-installation d'un parc solaire grande échelle
04:35avec des systèmes de stockage d'énergie temporaire,
04:38donc à 4 heures, combinés.
04:39Pour vous donner des chiffres, des ordres de grandeur,
04:42même si, bien sûr, attention, entre guillemets,
04:44ça dépend de où on est dans le monde, l'ensoleillement, etc.
04:47Mais on voit que le coût moyen d'une capacité solaire
04:51avec un système de stockage 4 heures
04:53qui permet d'avoir 60% environ de la production qui est récupérée,
04:56c'est entre 80 et 120 euros du mégawatt-heure.
04:59Vous le comparez à entre 115 et 140 euros du mégawatt-heure pour du gaz en Europe.
05:04Alors du coup, comment on traduit tout ça en idée d'investissement ?
05:06On est dans BFM Bourse, on est ensemble,
05:07il y a des sociétés dans lesquelles vous choisissez d'investir.
05:09Quelles sont les mieux positionnées là aujourd'hui ?
05:11Dans cette chaîne de valeur, il y a beaucoup d'acteurs asiatiques,
05:15voire chinois, sur la fabrication de cellules dans les batteries.
05:17Donc nous, les Européens, on est un peu mieux positionnés
05:21sur la partie équipement de réseau, intégration des systèmes de batteries
05:25ou développement de projets.
05:26Développement de projets, premier exemple, Solaria.
05:29Donc c'est une petite société espagnole,
05:303 milliards d'euros de market cap.
05:32Ils opèrent en Espagne et en Amérique latine.
05:36Et justement, ils ont des projets d'expansion de capacités assez importants.
05:41Ils veulent tripler leur capacité entre 2025 et 2028.
05:44Et ils ont construit une offre, je trouve, assez intéressante
05:46pour illustrer ce besoin de résilience énergétique derrière les data centers.
05:49Une offre intégrée qui vient, dans des endroits où il y a des pénuries énergétiques,
05:54offrir aux data centers le terrain, le raccordement réseau
05:57et l'approvisionnement électrique.
05:58Ils parlent eux-mêmes de la rentabilité accrue de leur projet de développement solaire
06:03augmenté, on va dire, de 30% environ,
06:05avec une batterie associée sur la moyenne de leur projet.
06:07On a d'autres équipes, après, dans la chaîne des équipementiers,
06:10là, on a beaucoup de leaders européens de taille quand même plus mature.
06:16Schneider Electric, en France, Iman's Energy,
06:19ABB, Spief, vous les connaissez.
06:20Donc là, ils vont fournir des systèmes de gestion de l'énergie,
06:24des onduleurs, de la conversion de puissance pour le réseau.
06:27Et puis, il faut des câbles, mine de rien.
06:29C'est Mabrouk Chetouane, il y a quelques jours,
06:30qui nous disait que pour raccorder au réseau électrique
06:33un data center à 10 km,
06:35un data center distant de 10 km d'un réseau électrique,
06:38il faut 2000 tonnes de câbles, juste pour 10 km.
06:41Il y a de l'avenir aussi dans ces thématiques-là, bien sûr.
06:43Merci de nous avoir accompagnés, Marie.
06:45La senior pour Crédit Mutuel Asset Management.
06:48Merci.
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