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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jean-Paul Chapel revient sur les questions qui font l’actualité avec François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, en direct de Davos.

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Transcription
00:01Bonjour Maya. Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue à Davos. Bonjour François Villebrois de Gallo, gouverneur de la Banque de France.
00:10Bonjour Jean-Paul Chapelle.
00:11Merci beaucoup d'être avec nous. Journée capitale ici au Forum économique mondial puisque Donald Trump arrive et il a dit, il veut annexer le Groenland.
00:22Que peut faire l'Europe ? Que peuvent faire les Européens ?
00:25L'Europe doit tenir ferme et se défendre et l'Europe doit aussi se réveiller et jouer ses propres cartes.
00:31Vous savez Jean-Paul Chapelle, l'intervention qui a marqué hier à Davos, ça n'est pas un Européen mais c'est un ami de l'Europe, c'est Marc Carnet, le Premier ministre du Canada.
00:40D'abord il a fait tout un discours sans citer le nom du président américain. Nous devons être un peu moins obsédés par lui et un peu plus nous occuper de nous-mêmes.
00:49Et puis il a dit que les puissances moyennes comme la France, ses alliés européens, le Canada, la Grande-Bretagne devaient mobiliser leurs propres ressources et nous en avons.
01:00Et puis faire alliance dans nos ressources. Alors bien sûr il faut nous défendre sur les droits de douane, il faut défendre le droit sur le Groenland.
01:07Mais nous avons beaucoup de ressources. Nous pouvons faire entre Européens et avec nos alliés de l'intelligence artificielle, de l'énergie décarbonée, bien sûr notre effort de défense.
01:19Je crois qu'il est temps que l'Europe se réveille. On oublie un peu nos atouts et on oublie la feuille de route qui est dans le domaine économique, le rapport de M. Draghi.
01:27Oui, mais on ne peut pas ignorer Donald Trump. Ceux qui soutiennent le Danemark sont menacés de droits de douane supplémentaires de 25%. C'est pas rien.
01:38Alors il y a une crise politique et il appartient aux leaders politiques de négocier et j'espère de la résoudre.
01:45Et donc avoir une mesure de rétorsion ?
01:47Alors sur la question des droits de douane, c'est très intéressant de voir que jusqu'à présent, ils pénalisent non pas les autres pays mais l'Amérique elle-même.
01:56Il y a un rapport très sérieux qui a été publié lundi par un économiste allemand qui dit que c'est un but contre son camp pour l'économie américaine
02:04parce que plus de 90% des droits de douane sont payés non pas par les exportateurs comme la France et l'Europe mais par les Américains eux-mêmes.
02:13Donc on ne fait pas de mesure de rétorsion ?
02:15Si, si, on peut tout à fait en faire. Je n'ai pas dit ça. Mais c'est perdant pour tout le monde. Cette histoire des droits de douane a commencé par l'Amérique elle-même.
02:23Il y a un autre signe de but contre son camp. C'est ce qui s'est passé hier sur les marchés financiers.
02:28En Amérique, les menaces, les bruits autour du Groenland ont entraîné une baisse du dollar, une baisse des actions américaines et une baisse des emprunts américains.
02:37C'est-à-dire que les Américains aujourd'hui doivent emprunter plus cher.
02:40Donc ça n'est l'intérêt de personne. Il faut résoudre cette crise politique. Mais surtout, il faut mobiliser nos atouts autour d'un grand projet européen.
02:50Le marché unique est une de nos forces. Nous avons aussi beaucoup d'épargne. Je voyais hier à Davos Yann Lequin qui est un des Français de l'intelligence artificielle.
02:59Ils viennent créer à Paris une start-up sur l'intelligence artificielle, AMI Lab. Voilà. Parlons aussi de nos réussites.
03:07Oui, il y a des réussites. Mais des droits de douane, le risque d'une escalade commerciale, c'est de l'incertitude et donc de la croissance en moins.
03:17Alors c'est de la croissance en moins partout. Et encore une fois, c'est perdant.
03:22En ce qui concerne l'inflation, qui est souvent une autre question qu'on pose, les effets, je crois, peuvent être au total très limités sur l'Europe.
03:30Je l'avais dit il y a un an à propos de cette première vague de droits de douane. Nous verrons exactement ce qui est décidé.
03:37Mais on a dans le même temps une appréciation de l'euro qui, elle, freine l'inflation. C'est un signe de confiance dans l'Europe d'ailleurs.
03:45Tout ça ne viendra pas tout seul. Il faut évidemment nous défendre, faire alliance entre puissances moyennes.
03:52La France n'est pas seule. Elle a ses alliés européens. L'Europe n'est pas seule. Il faut être réaliste, regarder ce monde nouveau qui est beaucoup plus dangereux,
04:01fait de beaucoup plus de confrontations malheureusement, mais jouons nos cartes en alliance avec les puissances qui partagent nos valeurs.
04:10Oui. Alors justement, à propos d'alliances, demain, ici même, Donald Trump va inaugurer son fameux Conseil de la paix avec la première charte
04:18qui prétend d'une certaine manière remplacer les Nations Unies, selon le président américain. Est-ce que les Européens, est-ce que Ursula von der Leyen doit accepter l'invitation ?
04:29Vous savez, la Banque de France n'est pas en charge de décider de la diplomatie française et européenne. Je crois que les Européens doivent jouer leur jeu.
04:38Nous sommes très attendus de par le monde. Plus de 80% du commerce mondial, on oublie de le dire, se fait en dehors des États-Unis d'Amérique.
04:50Donc, il faut être réaliste. Le monde change. C'est un monde nouveau. Mais nous avons aussi des cartes à y jouer.
04:58Moi, je vais vous citer un exemple de vraie réussite européenne. C'est la transition énergétique. La France a l'atout du nucléaire. Il y a le renouvelable.
05:07Vous savez, le changement climatique, il ne va pas disparaître parce que M. Trump a décidé qu'il n'existait pas.
05:13Donc, continuons ce réalisme et à montrer, je crois, un certain nombre d'aspirations, un type de société aussi auquel nous aspirons, moins inégalitaire en Europe et qui est partagée par beaucoup de puissances moyennes.
05:28Vous avez dit que vous n'étiez pas très inquiet sur l'inflation. Ça veut dire que les taux d'intérêt vont continuer à baisser ou rester stables en Europe ?
05:37Alors, ils ont déjà beaucoup baissé. Si vous prenez les taux d'intérêt de la BCE, nous étions à 4%. Nous sommes descendus à 2%.
05:44Au passage, ils sont beaucoup plus bas qu'aux Etats-Unis ou qu'en Angleterre. Sur le crédit immobilier, ils sont descendus à 3,1%.
05:52Ça fait plusieurs mois que la baisse s'est arrêtée sur le crédit immobilier. Donc, je redis que c'est un bon moment pour emprunter.
05:59Mais globalement, les conditions de financement sont favorables en France et en Europe.
06:04Il faut aussi que nous continuions à réduire nos déficits parce qu'aujourd'hui, ce que l'État emprunte et la dette pèsent évidemment sur l'économie française.
06:12Oui. L'épargne en France est à des niveaux très élevés. Plus de 18% des revenus des Français sont épargnés chaque année.
06:22C'est quelque chose qui freine aussi la consommation et donc la croissance.
06:27Oui. Alors ça, ça renvoie à l'incertitude qui existe sur la situation.
06:30Les Français, comme d'ailleurs les autres Européens, sont inquiets et donc épargne plus.
06:36Il y a une part de l'incertitude qui est internationale, on en a parlé, mais il y a une part aussi qui est nationale.
06:41C'est toutes nos querelles. C'est le fait qu'on a du mal à adopter un budget. On va peut-être enfin y arriver.
06:47Ça, nous estimons que ça coûte au moins 0,2 points de croissance.
06:50Je crois qu'avec la gravité de ce qui se passe dans le monde, c'est aussi une invitation à mettre de côté certaines de nos querelles franco-françaises,
06:57de nos disputes, de nos postures et à trouver des compromis.
07:01Merci beaucoup François Villeroy de Gallo. Très bonne journée à vous tous.
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