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  • il y a 9 mois
Mercredi 7 janvier 2026, retrouvez Yann Sougey (Directeur de la Transformation, Actual group) dans INTROSPECTION, une émission présentée par Nina Urman.

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue dans l'émission Introspection.
00:12Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir Yann Sojé,
00:15qui est le directeur de la transformation du groupe Actual,
00:19un groupe français engagé pour remettre le main au cœur du travail.
00:24Bonjour Yann Sojé, merci d'être ici.
00:28Merci, bienvenue à l'émission Introspection. Comment allez-vous ?
00:31Très bien, ravie d'être là. Merci pour l'invitation Lina.
00:34Oui, je suis ravie de découvrir votre parcours, votre introspection.
00:39Et donc la première question que je pose, qui est la question existentielle, c'est qui est Yann Sojé ?
00:46Eh bien, j'ai 48 ans, je suis le papa des deux plus belles filles du monde.
00:50J'ai, après deux vies professionnelles, j'ai dirigé et développé pendant près de dix ans un cabinet de recrutement
00:55qui était spécialisé en France sur le recrutement des commerciaux.
00:58Et ensuite, on a décidé avec mes associés de l'adosser au cinquième acteur en France du marché de l'emploi,
01:03qui s'appelle Actual.
01:05Et j'ai fait un choix qui est un choix pas très classique pour un entrepreneur,
01:07c'est que j'ai décidé de me mettre au service de quelqu'un d'autre,
01:09en devenant directeur de la transformation de Samuel Thuel,
01:12qui est le président du groupe Actual et vice-président du MEDEF,
01:15pour sa vision et puis pour son engagement militant qu'il porte au service du leitmotiv du groupe
01:21« Faire du travail une chance ».
01:23Waouh, magnifique !
01:24« Faire du travail une chance », c'est effectivement une chance.
01:28Et j'aimerais bien quand même, avant qu'on parle un petit peu du travail
01:31et de ce que vous faites au quotidien, revenir à votre enfance,
01:35peut-être votre parcours, de comment vous êtes arrivés ici.
01:40Parlez-nous un petit peu du Petit Yann.
01:41Petit Yann, c'est un enfant de l'école de la République, c'est un enfant de l'école gratuite.
01:45Mes parents n'avaient pas beaucoup de moyens, ils ne savaient pas de réseau,
01:49ils ne savaient pas ce que c'était que le monde de l'entreprise.
01:51Et j'ai très vite compris que si je voulais avoir une destinée, en tout cas faire quelque chose,
01:56l'école allait être un vrai moyen de m'en sortir.
02:00Et donc j'ai bossé, d'autant plus que je n'avais pas de facilité à l'école.
02:02Donc j'ai en même temps que découvrir ce que l'école pouvait apporter,
02:06j'ai découvert aussi ce que pouvait apporter le sens de l'effort et de travailler.
02:09C'est quelque chose qui m'a vraiment structuré, qui m'a vraiment permis de grandir.
02:12Et puis j'ai suivi une scolarité, une scolarité qui m'a permis ensuite de passer un bac plus 4,
02:17puis ensuite un bac plus 5, de faire des études et ensuite de faire le parcours qui a été le mien par la suite.
02:23Wow, magnifique ! Quelles sortes d'études vous avez faites ?
02:27J'ai fait des études de droit, avec aussi quelque chose d'intéressant à ce niveau-là,
02:31puisque c'était une évidence pour moi de vouloir faire du droit.
02:34Je ne me suis jamais trop posé de questions ensuite à partir du 6e, 5e, je crois que ce projet a émergé.
02:39Et en fait, comme quoi, c'est important de ne pas avoir toujours de croyances vocationnelles absolument rigides,
02:43puisque première année de fac, il fallait que je finance mes études et je faisais un job étudiant.
02:48Et j'ai découvert le monde de l'entreprise, j'ai découvert le monde de la vente.
02:51Et ça a été une révolution, un coup de cœur, où je me suis dit,
02:53mais jamais de la vie, je ne vais bosser dans un bureau à gérer des dossiers juridiques.
02:57Ce qui me plaît, c'est le monde de l'entreprise.
02:58Et puis, j'avais découvert ce job étudiant où les meilleurs vendeurs devenaient ensuite des managers,
03:02qui devenaient ensuite des responsables d'équipe.
03:04Et puis, comme ça fonctionnait bien, sur ces années d'études, j'ai pu réussir.
03:09J'ai terminé quand même ma maîtrise de droit, que j'ai complété plus tard par une école de commerce en formation continue.
03:14Mais finalement, je suis tombé dans ce monde de l'entreprise un peu par hasard, et ça a été un vrai coup de cœur.
03:18Oui, j'imagine.
03:20Et donc, du coup, quelles sont les émotions que vous avez vécues pendant ce période-là ?
03:25Parce que voilà, l'effort, j'entends toujours cette sophie rouge de l'effort, de continuité, de résilience.
03:33Quelles étaient les émotions qui vous ont suivi pendant ce parcours ?
03:37C'est un sujet qui est très intéressant chez les émotions, parce que pendant tout ce parcours, il n'y a pas eu beaucoup d'émotions, en fait.
03:42Il y a eu beaucoup, beaucoup d'efforts, il y a eu beaucoup de soie forte, il y a eu beaucoup de soie parfaite, il y a eu beaucoup d'abnégation.
03:48Il y a eu cette fameuse phrase qu'on entend parfois à l'envie, là où il y a une volonté, il y a un chemin.
03:54Et puis, j'ai construit une partie de ma carrière professionnelle sur tout ça, jusqu'à ce que l'édifice se fissure et que je comprenne que tout ça, c'était super.
04:03Mais qu'il y avait un prix à payer aussi, que je l'avais payé prix, c'était le prix de l'éloignement des émotions.
04:07Et puis, pour finalement comprendre que c'était important de faire le chemin inverse et de revenir sur la connexion à l'intelligence du cœur,
04:14parce que l'intelligence cérébrale ne sert pas à tout, et la vie du quotidien, on la vit avec l'intelligence du cœur.
04:19C'est ça. En fait, il y a le cerveau et le cœur qui sont liés, mais un des plus longs chemins, c'est du cerveau, enfin du mental, du logique, etc. vers le cœur.
04:30Donc, comment il s'est fait ce chemin chez vous ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
04:33Il s'est fait de manière un peu introspective et il s'est fait de manière, j'allais dire, un peu itérative.
04:38C'est les événements de la vie qui amènent à se poser un certain nombre de questions.
04:40J'ai trouvé une sensibilité à des sujets de spiritualité qui étaient sous-jacents.
04:44Et puis, passé 40 ans, il y a des questions qui se posent.
04:47On commence à les creuser, on commence à s'interroger sur soi, et puis on commence à avoir des portes de développement personnel.
04:52On commence à aller chercher ces sujets-là.
04:54Et puis, il y a des choses qu'on comprend d'abord en lisant beaucoup, beaucoup de bouquins de développement personnel.
04:57Et puis, on comprend à un moment donné que c'est bien de les avoir compris, mais c'est mieux de faire ces fameux 30 centimètres qui sont les plus compliqués à parcourir.
05:04C'est les 30 centimètres qu'il y a entre le cerveau et le cœur.
05:07Alors, on cherche, on cherche, on cherche longtemps.
05:10Et puis, à un moment donné, on trouve ce chemin.
05:13Et quand on a trouvé ce chemin, il se passe des choses magiques.
05:16On comprend que la vie se vit effectivement à travers les émotions du cœur.
05:19Alors, j'aimerais bien quand même apprendre un petit peu plus, et surtout les hauts et les bas.
05:24Alors, quels sont peut-être les trois hauts et les trois bas qui ont vraiment fait de Yann cette personne qu'il est aujourd'hui ?
05:35Voilà, et ce chemin, ces 30 centimètres, j'aimerais bien en avoir un petit peu plus de détails et justement du vécu.
05:42Oui, alors, trois bas peut-être.
05:43Un premier qui remonte il y a quand même quelques années, c'était, j'ai eu la chance d'avoir été à plusieurs reprises
05:47dans ma carrière professionnelle accompagnée par des coachs.
05:49Et j'ai eu la chance un jour de faire un assessment center, une mise en situation réelle de cadre dirigeant.
05:55Et le résultat de cet assessment center a été à l'opposé de ce que je pensais de moi.
06:00On m'a dit, en gros, vous n'êtes pas un bon manager.
06:02Alors, ce que ça voulait dire, c'est que j'étais un manager sur une gamme assez restreinte
06:06et que je n'utilisais pas toutes les touches qu'il fallait que j'utilise.
06:09Et qu'à l'inverse, j'étais un créatif qui se cherchait.
06:12Et je suis sorti de cette séquence très en colère en expliquant que l'assesseur n'avait absolument rien compris.
06:19Qu'en fait, j'étais un excellent manager.
06:20Évidemment, je ne pouvais pas être autrement qu'un bon manager.
06:23Et puis, je n'étais absolument pas un créatif et que je ne l'avais jamais été.
06:25Il m'a fallu 6 mois d'accompagnement pour me rendre compte qu'en réalité,
06:28il y avait quelque chose d'intéressant à creuser pour ouvrir, pour fendre ces certitudes,
06:33pour accepter qu'effectivement, j'avais une posture managériale qui fonctionnait très bien
06:37avec un certain nombre de personnes.
06:38Mais pas avec tout le monde.
06:39Pas avec tout le monde, exactement.
06:41Et qu'à l'inverse, par contre, j'avais effectivement cette peur d'aller soulever ce voile de la créativité
06:45dans lequel j'avais beaucoup de choses à aller chercher.
06:48Et c'est ce que j'ai ensuite travaillé sur une grande partie de ma carrière par la suite.
06:54Un deuxième moment, peut-être avant justement de rejoindre la vie entrepreneuriale
06:58et de développer ce cabinet dont je parlais tout à l'heure.
07:00J'ai eu une grande phase de questionnement puisque j'étais cadre super dans un grand groupe RH en France.
07:06Ça se passait très bien, j'avais des évolutions, j'avais de très belles perspectives.
07:11Mais je me cherchais et je savais que ce n'était pas ça que j'avais envie de faire.
07:15Et puis, à un moment donné, le projet entrepreneurial s'est présenté.
07:20Toujours pareil, dans cette position où on se pense au départ, pas forcément capable d'y aller.
07:24Et puis, les opportunités se présentent.
07:25Et puis, on se jette dans le grand bain et puis on y va.
07:27Et je cite ce moment-là comme étant un moment de bas parce que, paradoxalement,
07:32ce n'était pas un moment dans lequel j'étais vraiment au fond du trou.
07:34C'était un moment dans lequel, c'est un moment dans lequel tout va bien dans sa vie.
07:38On gagne bien sa vie, on a une belle maison, on a une belle femme, on a de beaux enfants, tout va bien.
07:42Mais on se dit, il manque quelque chose pour venir sublimer tout ça.
07:46Et puis, on peut mettre un mouchoir sur ça.
07:47Et puis, on peut aussi aller ouvrir la porte et se dire, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose à aller creuser derrière ?
07:51Est-ce qu'il n'y a pas une connexion qui manque ?
07:53Et je l'ai fait et avec le bonheur d'avoir vécu ensuite cette expérience.
07:56Parce que, quelle était l'émotion là-dedans ?
07:58Est-ce que c'était un petit peu l'émotion de vie, d'enfin, il y a un manque de quelque chose ?
08:04Exactement, c'est exactement ça.
08:06Il manquait quelque chose.
08:07Il manquait quelque chose avec...
08:09Ce n'est pas toujours évident dans cette situation parce qu'on a un peu même la culpabilité de se dire,
08:14mais finalement, on ne sera jamais content parce qu'on a tout.
08:17Et il faut passer cette étape en se disant, ce n'est pas une question de jamais être content,
08:21c'est une question d'aller chercher l'essence même.
08:23La raison pour laquelle on se lève tous les matins, c'est vivre l'expérience,
08:26ce qu'on vit au quotidien, c'est la vivre à travers le cœur.
08:29Et c'est ce chemin-là que j'ai attaqué à ce moment-là.
08:31Wow, wow, super.
08:33Et du coup, les hauts, les grands hauts ?
08:36Alors, les grands hauts, ça a été...
08:38Alors, j'ai un grand haut dans ma vie, évidemment, qui est la naissance de mes enfants.
08:42La naissance de mes enfants, c'est un grand haut, mais c'est un grand haut pour une raison émotionnelle très forte.
08:46C'est qu'à ce moment-là, j'ai compris le sens de ce qu'était la vie, en fait.
08:50On donne la vie à quelqu'un, on accompagne la vie au quotidien, on accompagne la vie de ses collaborateurs,
08:55on accompagne la vie de ses clients, on accompagne la vie...
08:57Dans notre cas, on travaille sur des sujets RH, sur la vie de nos candidats.
09:00Et prendre conscience de ce qu'est vraiment la vie, de ce qu'est vraiment cette dimension.
09:04Au sein du groupe pour lequel je travaille, on a une valeur forte, c'est le passionnément humain.
09:08Et la naissance des enfants, elle a été fondatrice pour ça,
09:12parce qu'on se rend compte qu'au-delà de tous les projets, les rêves qu'on peut parfois avoir,
09:16les efforts qu'on fait au quotidien, il y a un fil sous-jacent, extrêmement sensible, mais présent,
09:23qui est là, qui est le sens de la vie.
09:26Et ça, c'était vraiment un élément très très fort qui m'habite au quotidien.
09:30Alors, quel est le sens de la vie pour vous ?
09:33Le sens de la vie, c'est de vivre les expériences de la vie terrestre.
09:35C'est de vivre finalement, d'accepter ce qui arrive dans des bons moments, des mauvais moments,
09:42mais tous viennent générer des émotions, ce sont ces émotions qui nous font nous sentir vivants.
09:46On peut aller les chercher parfois dans les excès, on peut aller les chercher parfois dans des artifices,
09:50mais au final, la vie en elle-même, quand on est connecté à ce qui se passe au quotidien,
09:54génère en elle-même des choses absolument exceptionnelles.
09:57Et je pense que c'est ça le sens de la vie du quotidien, c'est vivre les expériences de la vie terrestre.
10:00Être dans le moment présent, et en même temps se projeter dans le futur,
10:04et en même temps prendre toutes les choses qui sont dans le passé.
10:07Mais le moment, on en a parlé tout à l'heure, vraiment, le vrai qui existe, c'est le présent.
10:14C'est l'ici et maintenant, exactement.
10:16Oui, l'ici et maintenant.
10:17Alors, ici et maintenant, du coup, tout ce parcours, les hauts et les bas,
10:21qui vous a amené ici aujourd'hui.
10:24Donc, qu'est-ce que vous faites aujourd'hui au quotidien ?
10:26Et comment ce fil rouge de l'effort, mais aussi de ce voyage entre cœur et cerveau,
10:34est présent ici et maintenant ?
10:36Alors, ce que je fais au quotidien dans mon activité,
10:38donc je suis directeur de la transformation du groupe actuel,
10:41ce qui consiste en fait à venir promouvoir la vision que porte notre président,
10:45c'est une vision résolument positive du marché du travail.
10:49On accuse parfois le travail de tous les maux,
10:51et en même temps, ce qui est paradoxal, c'est qu'on lui demande de donner un sens à nos vies.
10:55Alors, nous, on essaie de porter une vision positive en se disant que le travail,
10:58finalement, a une dimension extrêmement épanouissante,
11:02qu'à travers ce travail-là, on peut chercher un travail choisi,
11:05un travail évolutif qui rend digne,
11:07que le travail, ce n'est pas une punition,
11:08c'est quelque chose qui permet d'apprendre, de comprendre, de se réaliser,
11:11de trouver sa place dans la société, d'apporter sa contribution à un collectif.
11:14Au fond, c'est un levier d'émancipation, c'est un levier de dignité.
11:17Et quand on dit faire du travail une chance,
11:20on ne dit pas qu'on croit en la chance,
11:22on dit qu'on croit qu'on peut transformer le travail et se transformer avec lui.
11:26C'est ce que j'essaie de faire dans le cadre du groupe,
11:29et puis c'est ce que j'essaie de faire aussi à l'extérieur,
11:31parce qu'on vient expliquer qu'elle est notre vision prospective
11:33des évolutions du marché de l'emploi,
11:35et comment faire en sorte que chacune et chacun puisse s'y préparer.
11:37Bien sûr. Et vous êtes 4100 collaborateurs, alors qu'est-ce que ça veut dire ?
11:414100 collaborateurs qui sont structurés autour de 4 grands métiers,
11:44en interne sur les métiers de l'intérim, sur les métiers du recrutement,
11:48sur les métiers de l'accompagnement professionnel,
11:49et sur les métiers de la formation.
11:52Notre particularité, c'est qu'on est l'un des derniers grands groupes patrimoniales
11:55et familiales de notre secteur d'activité en France,
11:57ce qui permet d'inscrire notre impact sur du temps long.
12:00Et notre président visualise et nous projette sur des plans de transformation à 10 ans.
12:05Et des plans de transformation à 10 ans, ça dit quelque chose de la façon dont on appréhende le temps,
12:10justement. Il y a effectivement tout un certain nombre d'aléas qui arrivent au quotidien,
12:15des choses parfois sympas, des choses moins sympas.
12:17Mais quand on a une vision de long terme, on s'efforce de faire en sorte que ce qui arrive
12:21soit des opportunités pour justement nous aider à apporter notre contribution au service du bien commun.
12:28Très bien.
12:31Donc du coup, parlons peut-être un petit peu du futur.
12:35Donc là, on est à la fin d'année 2025.
12:37C'est la dernière émission de l'année.
12:40Et là, on se projette en 2026.
12:43Quelles sont les idées, les démarches ?
12:45Ça peut être personnel, familial et aussi professionnel, qui vous anime aujourd'hui ?
12:51On est dans un monde qui change beaucoup, qui est parfois anxiogène,
12:55pour ne pas dire souvent anxiogène,
12:56qui est caractérisé par un élément important, c'est l'imprévisibilité.
13:01On ne sait pas ce qui va arriver demain matin.
13:03L'incertitude complète.
13:04L'incertitude permanente.
13:06Et c'est un élément qui est important à titre personnel pour moi,
13:08travailler sur l'acceptation, l'acceptation inconditionnelle, ce qui est et.
13:12Donc comment est-ce qu'on fait pour accepter ce qui est, pour accueillir ce qui est.
13:16Et puis c'est important aussi au quotidien de notre activité,
13:19de préparer les managers de notre groupe,
13:21de préparer aussi les candidats au marché de l'emploi de demain,
13:24à comment est-ce qu'on peut être prêt à gérer ces sujets d'imprévisibilité.
13:28Et on parlait tout à l'heure des émotions.
13:30Oui.
13:30Et pour le coup, je pense que c'est un élément qui est important.
13:33Comment est-ce qu'on fait en sorte d'aller chercher, de s'ouvrir à ces sujets-là ?
13:37On parle beaucoup de compétences, et nous l'est promis,
13:39c'est des éléments clés dans notre métier au quotidien.
13:41On parle des hard skills, des compétences techniques,
13:43on parle des soft skills, des compétences comportementales.
13:45On parle maintenant aussi des mad skills, des compétences atypiques.
13:48Mais il y a un élément dont on ne parle pas assez,
13:50c'est le sujet des appétences.
13:51Les appétences, c'est les envies.
13:53Les appétences, c'est ce qui met...
13:55Les désirs, les rêves.
13:57Les rêves, c'est ce qui met envie, les appétences.
14:00Et les appétences, c'est ce qu'on a à l'intérieur de soi.
14:02On va aller chercher ces appétences en se connectant au canal du cœur,
14:05en se connectant aux émotions, en allant à la rencontre de ces émotions,
14:08à la rencontre de soi-même.
14:10Alors c'est vrai que ce n'est pas évident, ce n'est pas facile.
14:12Alors comment on trouve ces appétences ?
14:14Comment on va chercher si...
14:16Il y a des gens qui nous regardent, ils se disent
14:18« Mais en fait, je ne sais même pas ce dont j'ai envie,
14:22parce que je ne me suis jamais posé la question,
14:24parce qu'on m'a dit qu'il faut vivre comme ça,
14:26il faut faire toutes ces choses-là,
14:28le goal line, un petit peu la stratégie humaine,
14:31il faut travailler, puis faire les enfants,
14:34puis faire toutes ces étapes. »
14:35Alors comme c'est un canal qui n'est pas facile à trouver,
14:37je pense que déjà il faut partir du principe
14:38qu'on ne va pas le trouver simplement comme ça,
14:40en se disant « Je prends rendez-vous 5 minutes avec moi,
14:43et puis ça va être une évidence. »
14:44Donc c'est quelque chose qui est parfois itératif,
14:46ça prend du temps, on y revient, on repart,
14:49et puis les expériences, les échanges,
14:50vont permettre d'évoluer et de les trouver.
14:53C'est la première chose.
14:54Et la seconde, c'est que pour trouver ce sujet des appétents,
14:56c'est de faire en sorte de faire confiance à ces émotions.
14:58Les émotions ne se trompent jamais.
15:00Les émotions, elles disent quelque chose de nous
15:02qui est intemporel, qui ne connaît ni le temps ni l'espace.
15:04Et aller appréhender ces émotions,
15:06c'est réussir à comprendre ce qui se passe
15:08à l'intérieur de soi,
15:09ce qui se passe,
15:11les éléments qui nous mettent en vie finalement,
15:13ces sujets.
15:15Et pourquoi c'est important ?
15:16Parce qu'il y a une dimension un peu effectivement
15:18de développement personnel derrière tout ça,
15:19mais il y a une dimension très pragmatique.
15:22On parlait tout à l'heure d'imprévisibilité.
15:24Quand on doit gérer un contexte imprévisible,
15:26penser et bien penser ne suffit pas
15:29à être présent pour accueillir ce qui est.
15:32Et donc, la première chose qui arrive
15:34quand un événement imprévisible arrive,
15:37que je sois un collaborateur,
15:38que je sois un manager,
15:39si je me dis que je vais pouvoir traiter le sujet
15:41en partant tout de suite dans la dimension cérébrale,
15:44en imaginant un plan d'action,
15:45ça va produire effectivement un certain nombre d'effets.
15:47« Mais si je ne suis pas déjà à l'écoute
15:48de ce qui se passe à l'intérieur de moi,
15:50est-ce que ça m'a généré de la peur ?
15:51Est-ce que ça m'a généré de l'envie ?
15:52Est-ce que ça m'a généré de l'angoisse ?
15:53Est-ce que ça m'a généré du stress ?
15:55Pourquoi ?
15:55Qu'est-ce que ça dit de moi ?
15:57Qu'est-ce qui se passe à l'intérieur de moi ?
15:58Comment est-ce que je suis d'abord OK avec ça ?
16:00Si je ne suis pas OK avec ça,
16:01si je n'ai pas créé l'espace pour accueillir ça,
16:03il y a une partie de l'action que je vais avoir
16:05qui de toute façon ne sera pas parfaitement efficace
16:07parce que je ne serai pas en congruence
16:08entre ce que je pense.
16:10Pas en alignement, pas en congruence.
16:12Je ne serai pas en congruence
16:12entre ce que je pense et ce que je ressens.
16:16Oui, oui, oui.
16:18Je vois très bien, je vois très bien
16:19parce que moi, en tant que professionnelle de haut niveau,
16:23moi j'ai joué au tennis,
16:24je sais que vous avez fait aussi un sport à haut niveau,
16:29souvent, justement, c'était cette case
16:32de je fais parce qu'il faut
16:33et pas parce que je le ressens.
16:36Et donc de l'extérieur, même si tout était parfait,
16:38dans l'intérieur, il n'y avait pas cette congruence
16:41dont vous parlez ou pas cet alignement.
16:44Oui.
16:45C'est intéressant quand vous parlez du « il faut »
16:47parce qu'effectivement, c'est parfois un chaustrap
16:49en se disant « le « il faut » c'est mon ego
16:51qui prend le dessus et quelque part,
16:54il ne faut pas l'écouter.
16:56C'est le chemin qui vise à réussir
16:58à vivre en colocation avec son ego
17:00est un chemin qui est important.
17:02L'ego, il faut effectivement savoir lui faire une place
17:03et dans le « il faut »,
17:05il y a effectivement parfois la toute puissance de l'ego
17:06et dans le « il faut », il y a aussi parfois
17:08effectivement l'émotion primaire qui se cache derrière
17:10et qu'il faut aller écouter.
17:12Très bien.
17:13Alors comment vous, au quotidien,
17:15vous pratiquez cette congruence,
17:18cet alignement ?
17:18Parce que j'imagine,
17:21comme partout,
17:23on a des désalignements en permanence.
17:26Donc comment on revient à se recentrer ?
17:29C'est une question qui est très intéressante
17:30parce qu'on a beau faire tout le travail
17:31de développement personnel du monde qu'on veut,
17:33il arrive parfois qu'on vive des moments
17:34totalement suspendus,
17:36on est parfaitement alignés
17:37et puis des moments où on est un peu moins.
17:39Je pense que ça passe par deux choses.
17:40La première, c'est d'accepter le fait
17:42qu'on ait notre propre limite.
17:43La limite, elle fait partie de nous-mêmes
17:44et parfois, je ne suis pas aligné
17:46et c'est OK en fait.
17:48Commencer par se dire
17:49« oui, je ne peux pas toujours être aligné,
17:50je suis un être humain qui vit d'émotions,
17:52qui vit de sensations,
17:53qui parfois vit de fatigue aussi
17:54et je ne suis pas aligné à ce moment-là
17:57et c'est OK. »
17:57Donc déjà, l'accueillir, c'est déjà…
17:59L'acceptation de ce qui est.
18:00Et ce qui est.
18:01Du moment présent.
18:02Et puis, il y a une deuxième chose,
18:03c'est une question qui me paraît fondamentale
18:05et qui en elle-même porte
18:06beaucoup, beaucoup de réponses.
18:07C'est la fameuse question de
18:08« qu'est-ce que ça dit de moi ? »
18:11Quand il se passe quelque chose,
18:12quand il se passe quelque chose
18:13que je ressens à l'intérieur de moi,
18:15qui peut parfois être provoqué
18:17ou généré par une interaction
18:18avec un groupe, une personne,
18:20on peut avoir tendance rapidement
18:22à se dire « je vais essayer
18:23de changer la situation,
18:25agir sur l'autre,
18:27influencer l'autre. »
18:28Évidemment, si j'ai changé
18:29le stimuli qui m'a généré une émotion,
18:31peut-être que je vais changer
18:32l'émotion qui se passe en moi.
18:34C'est un chemin.
18:35C'est changer l'extérieur
18:36pour se changer à l'intérieur.
18:38Exactement.
18:39Mais ce n'est pas le chemin de la liberté.
18:40Le chemin de la liberté,
18:41c'est celui de s'interroger
18:42en se disant
18:42« il vient de se passer une émotion en moi. »
18:45Peu importe que la personne
18:46les générer de manière
18:47volontaire ou pas volontaire,
18:49peu importe que je lui envoie
18:49ou que je ne lui envoie pas,
18:51cette émotion,
18:52elle ne me regarde que moi,
18:53elle ne concerne que moi,
18:54elle dit quelque chose de moi,
18:56elle dit quelque chose
18:56peut-être de mes peurs,
18:58elle dit quelque chose
18:59de ce qui se passe à cet instant T.
19:00C'est un cadeau qui vient de se passer.
19:02Et ouvrir cette porte-là,
19:03aller creuser, aller regarder,
19:04qu'est-ce que ça dit de moi ?
19:05Et se mettre OK avec ça,
19:07c'est ça l'une des clés
19:09qui m'aide à me réaligner,
19:10en allant chercher
19:11ce qui se passe à l'intérieur
19:12pour faire en sorte
19:13d'apporter l'élément
19:15que moi, je peux m'apporter
19:17à moi-même
19:17et pour lequel je n'ai finalement
19:19pas à avoir d'attente de l'autre.
19:20Oui, c'est sûr,
19:21parce que du coup,
19:22tout est à l'intérieur,
19:23il y en est à l'extérieur.
19:25Rien de l'extérieur
19:25peut nous faire ressentir
19:27quelque chose
19:27sans notre permission,
19:29en vrai.
19:30Et donc,
19:30dans le monde du travail,
19:31j'imagine que c'est quelque chose,
19:33enfin, c'est un cadeau
19:34d'apprendre ça aux jeunes,
19:35en fait.
19:36Parce que moi,
19:37je fais beaucoup,
19:38je parle beaucoup de ça aussi
19:39dans les classes
19:39de mes enfants
19:40pour justement leur apprendre
19:42à gérer les émotions.
19:43Je trouve que le leadership
19:44dans les familles
19:45et dans les écoles,
19:46c'est ça qui est primordial
19:48dès le début
19:49de faire ce travail-là.
19:50Qu'est-ce que vous en pensez ?
19:51C'est absolument primordial
19:52et c'est primordial
19:53effectivement dans un monde
19:54très cérébralisé
19:55d'expliquer
19:56aux futurs jeunes diplômés
19:59qu'effectivement
20:00au niveau des compétences
20:01c'est important
20:01apprendre dans une école,
20:03c'est important
20:03avoir des savoirs,
20:04c'est important,
20:05mais qu'effectivement
20:06accepter d'ouvrir la porte
20:07de la vulnérabilité,
20:10accepter d'aller
20:10à la rencontre
20:11de sa sensibilité,
20:12accepter,
20:13on parlait tout à l'heure
20:13des émotions,
20:14accepter d'aller
20:15à la rencontre
20:15de ses émotions,
20:16c'est quelque chose
20:16qui est fondamental
20:16parce que c'est là
20:18que se touchent,
20:18c'est là que se trouvent
20:19nos intuitions,
20:21c'est là que se trouve
20:22notre créativité
20:23et puis c'est là
20:24que se trouve
20:24la singularité de chacun
20:25et ça c'est un élément
20:26qui est important,
20:27je fais pas mal
20:28d'intervention dans des écoles
20:29où j'explique effectivement
20:30aux futurs jeunes diplômés
20:32qu'ils vont apprendre
20:33plein de choses
20:33et ils vont tous
20:34apprendre la même chose.
20:35En revanche,
20:36la singularité
20:36qui est la leur
20:37et leur appartient
20:38et en leur expliquant
20:39que depuis la nuit
20:41des temps
20:41jusqu'à la fin des temps,
20:43il n'y a eu,
20:44il n'y a,
20:44il n'y aura
20:45qu'une seule
20:46et unique personne
20:46comme eux.
20:47C'est sûr.
20:48Et donc ça amène
20:48à une responsabilité,
20:49la responsabilité
20:50de se révéler à soi-même.
20:52C'est quoi ma singularité
20:53à moi ?
20:53Qu'est-ce que j'apporte ?
20:54Et quelle est
20:55à ma appartenance
20:56mon désir,
20:57mon rêve
20:58de comment moi
20:59je peux m'aimer
21:00dans ce monde-là ?
21:01Exactement.
21:02Et puis dans votre groupe
21:03vous les accompagnez
21:05à s'exprimer
21:06en fait c'est ça,
21:07c'est ça,
21:07c'est s'exprimer
21:08dans le travail
21:09de faire une chance,
21:11c'est vraiment une chance
21:12maintenant qu'on en parle,
21:13c'est...
21:14Mais c'est tout
21:14effectivement cette philosophie
21:16qui adhère faire du travail
21:16une chance.
21:17Faire du travail une chance
21:17c'est aussi faire en sorte
21:18que le travail
21:19est un facteur d'épanouissement
21:20et permet à chacun
21:21de créer les conditions
21:22pour aller révéler
21:23sa singularité.
21:24Une fois qu'on l'a trouvé,
21:25peu importe le travail
21:26qu'on fait,
21:26peu importe que ce soit
21:27un travail qui puisse être
21:29un travail manuel,
21:30un travail intellectuel,
21:32si on est aligné
21:33et si ça correspond
21:34à la singularité
21:34qui est la sienne,
21:36alors ça nous permet
21:36de nous réaliser.
21:38Très bien.
21:38Quelles sont les personnes
21:39et Anne
21:40qui vous ont influencé
21:41le plus ?
21:42Ça peut être des auteurs,
21:43ça peut être des parents,
21:45ça peut être des professeurs
21:48à l'école.
21:49Il y a beaucoup de personnes
21:50qui m'ont influencé,
21:51de ces professeurs
21:52qui à un moment donné
21:53ont un regard bienveillant
21:54et poussent des commentaires
21:57qui permettent d'avancer
21:58sur une jeune voie.
22:00Il y a les personnes
22:00de la famille
22:01qui parfois,
22:02sans forcément le savoir,
22:03on les admire.
22:04Il y a ses patrons,
22:06il y a ses coachs.
22:07Alors, évidemment,
22:08je ne vais pas rentrer
22:10dans le jeu de les citer
22:10parce qu'évidemment,
22:11c'est compliqué comme exercice
22:12parce que dès qu'on n'en a pas cité un,
22:14c'est compliqué.
22:14Par contre,
22:15il y a une catégorie de population
22:16à qui je veux rendre hommage.
22:18C'est les gens
22:18qui m'ont influencé
22:19et qui influencent parfois
22:21tout un chacun
22:21dans le silence,
22:24dans l'anonymat parfois.
22:25C'est gens qui simplement parfois
22:26avec un merci,
22:28avec un sourire,
22:30avec un bravo,
22:31sans forcément se rendre compte
22:32de la dimension encourageante
22:33qu'il peut y avoir,
22:35apportent beaucoup de choses.
22:37Et c'est quelque chose
22:38qui me paraît important
22:39et je cultive au quotidien
22:40ce sujet de la gratitude,
22:42de savoir dire merci,
22:44savoir dire bravo,
22:45savoir faire un feedback
22:45à quelqu'un.
22:47On ne mesure pas
22:48la puissance
22:48que ça peut représenter
22:49quand quelqu'un parfois
22:50est en doute.
22:51Parce que d'abord,
22:51on ne sait pas toujours
22:52quand quelqu'un est en doute.
22:53Bien sûr.
22:53et pratiquer cette démarche positive
22:55de dire bravo,
22:57de dire merci,
22:58ces encouragements,
22:59tous ces anonymes
23:00qui parfois m'ont dit bravo,
23:01m'ont dit merci,
23:02m'ont donné ce petit coup
23:03de pouce d'encouragement
23:04là où parfois j'avais des doutes
23:05et où ça ne se voyait pas.
23:06Ça, ça m'a aussi
23:07beaucoup, beaucoup aidé
23:08dans mon parcours.
23:09Et de temps en temps,
23:09c'est juste un regard,
23:10en fait.
23:11C'est le regard,
23:12le silence,
23:12comme vous le dites,
23:14mais une croyance.
23:15Il suffit une personne
23:16qui croit en nous,
23:18qui nous fait propulser
23:19et justement d'aller
23:20vers le chemin
23:22qui nous appartient.
23:23C'est vraiment beau.
23:25Alors,
23:26peut-être une dernière question
23:27autour de,
23:29peut-être,
23:30des conseils
23:31ou des,
23:32qu'est-ce que vous voulez partager
23:33avec le monde des messages ?
23:35On en a déjà eu
23:35beaucoup, beaucoup
23:36pendant cette conversation,
23:37mais peut-être quelque chose
23:38que vous voulez communiquer.
23:42Et aussi,
23:44souvent,
23:45je pose cette question
23:46autour d'un livre de vie.
23:47Je pense que
23:48ces deux questions-là,
23:49ça peut être,
23:50dans cette conversation,
23:51j'ai l'impression
23:51que ça peut être lié
23:52à quelque chose
23:53que vous voulez donner
23:54aux autres,
23:55mais en même temps
23:56qui vous appartient
23:57dans votre livre de vie.
24:00Pour répondre déjà
24:01à votre première question,
24:02peut-être deux choses.
24:03La première,
24:04c'est que c'est important
24:04d'avoir une vision.
24:05D'avoir une vision,
24:06ça peut paraître pompeux.
24:07On peut se dire,
24:08tiens,
24:08il faut effectivement
24:08être dirigeant entreprise,
24:09pour avoir une vision.
24:10Non,
24:10on peut aussi avoir
24:11une vision de sa vie.
24:11On peut avoir un sens,
24:13en fait.
24:14Et je crois que le sens,
24:16en fait,
24:16il est évidemment important
24:17parce que c'est ce qui sous-tend
24:18la raison pour laquelle
24:19on se lève le matin.
24:21Et en même temps,
24:21il ne faut pas qu'on tombe
24:22dans le piège
24:22de considérer que le sens
24:23est le préalable à tout.
24:27Le sens se construit
24:29avec l'action.
24:30Il ne préexiste pas à l'action.
24:32C'est qu'on avance,
24:34il y a des choses
24:34qu'on va comprendre
24:35et on va trouver parfois du sens
24:37parce qu'on s'est mis en mouvement,
24:38parce qu'on avance,
24:38parce qu'on rencontre quelqu'un,
24:39parce qu'on avance
24:40de manière itérative.
24:42Et chercher le sens,
24:43ce n'est pas simplement
24:44attendre le sens.
24:46Chercher le sens,
24:47c'est se dire,
24:47j'avance et puis il y a
24:48des sujets de sens
24:49que je vais trouver
24:49au fur et à mesure
24:50de mon chemin.
24:51Et puis peut-être
24:52une deuxième chose,
24:52c'est la bienveillance.
24:54Oui.
24:54Alors la bienveillance,
24:55c'est un sujet bateau,
24:57on en parle à toutes les sauces
24:58et des fois,
24:58c'est un sujet
24:59dans lequel on ne met pas
25:01toujours à mon sens
25:01ce qu'il faut mettre derrière.
25:03La bienveillance,
25:03ça n'exclut pas l'exigence.
25:05La bienveillance,
25:05ce n'est pas la complaisance.
25:07La bienveillance,
25:08c'est vouloir comprendre
25:09plutôt que croire comprendre.
25:11C'est faire en sorte
25:12de se dire,
25:13je ne peux pas naturellement
25:15avoir compris l'autre.
25:16Ce n'est pas vrai.
25:16J'ai mon filtre.
25:18Vous avez votre filtre.
25:18Chacun a son filtre.
25:19Il y a plein de jugements.
25:20Il y en a nos jugements
25:21qui sont liés d'ailleurs
25:22à des choses
25:23qui sont conscientes,
25:23qui sont parfois inconscientes,
25:24qui sont parfois des bagages
25:25qui ne nous appartiennent pas
25:26et se dire que
25:28comprendre l'autre,
25:29c'est faire un effort
25:30pour comprendre l'autre.
25:31C'est sortir de son cadre
25:32et essayer de comprendre
25:34la position de l'autre.
25:35Je crois que la bienveillance,
25:36c'est un élément
25:37qui est important.
25:37J'ai une petite anecdote
25:38là-dessus qui est intéressante.
25:39Quand je travaillais
25:40avec mes deux associés,
25:41on avait une règle de gouvernance
25:42qui était importante.
25:43C'était qu'à chaque fois
25:44qu'on prenait une décision importante,
25:45il fallait que les trois
25:45soient d'accord.
25:47Alors, on va se dire
25:48que c'est important
25:49quand on travaille à trois.
25:51Mais il y avait une dimension
25:52qui était très importante
25:53derrière ça,
25:53c'était de se dire
25:55que le troisième n'est pas d'accord.
25:57Ce n'est pas qu'il n'a pas compris.
25:58C'est peut-être qu'il a vu
26:00quelque chose
26:00que les deux autres n'ont pas vu.
26:01Il y a peut-être
26:02un angle mort quelque part.
26:03Et vous savez quoi ?
26:04Ça s'est révélé toujours juste.
26:06À chaque fois
26:06qu'on a eu à prendre une décision
26:07et qu'on n'était pas aligné,
26:09le simple fait
26:10de parfois temporiser,
26:11c'était se rendre compte
26:12que les deux autres
26:14n'avaient pas vu quelque chose.
26:15La bienveillance,
26:15c'est exactement ça.
26:16C'est se dire
26:17je fais un effort
26:18pour comprendre l'autre.
26:20Et c'est un élément
26:21qui me paraît important
26:21parce que ça contribue
26:23à créer les conditions
26:25du travail ensemble.
26:26Ça contribue
26:27à créer les conditions
26:28pour créer la confiance
26:30qui permet à chacune et chacun
26:31d'aller révéler
26:32sa singularité.
26:34Magnifique.
26:35Et puis peut-être
26:35que vous avez une question
26:36sur le livre.
26:38Alors sur le livre,
26:40il y en a deux
26:40qui me venaient spontanément.
26:42Il y en a un
26:42auquel je crois beaucoup,
26:43c'est, j'aurais pu dire
26:44faire du travail une chance
26:45parce que c'est effectivement
26:46ce leitmotiv du groupe
26:48pour lequel je travaille
26:49et qui me parle beaucoup.
26:51Mais je dirais
26:52qu'en fil conducteur,
26:53il y en a un autre
26:54qui me parle peut-être
26:54encore plus à titre personnel,
26:56c'est le pire n'est jamais certain.
26:59Le pire n'est jamais certain.
27:00Des fois,
27:01on se construit
27:01tout un univers
27:03de fantasmagorique
27:04en pensant que
27:06ça va être dur,
27:07ça va être compliqué,
27:08qu'on ne sait pas
27:10ce qui va se passer demain.
27:11Et puis,
27:11on peut aussi prendre
27:12exactement la même version
27:13de cette situation
27:14et la regarder dans un autre sens
27:15en se disant
27:16en fait,
27:17ce qui va se passer demain,
27:18peut-être que sinon,
27:18ça va être sympa.
27:20Peut-être que finalement,
27:21les choses sont à leur bonne place
27:22et peut-être que
27:23je vais pouvoir faire
27:24une opportunité
27:25de ce qui arrive.
27:25Ça ne va peut-être pas être sympa
27:26ce qui va arriver,
27:27mais comment est-ce que
27:28je peux en faire une opportunité
27:29et où est le cadeau ?
27:30Avec un regard bienveillant,
27:32tout va bien.
27:33Avec un regard bienveillant,
27:35tout va bien,
27:35exactement.
27:36Merci beaucoup.
27:37Merci beaucoup Yann
27:37d'être venue.
27:38Merci pour vos partages.
27:40Je suis ravi.
27:41Merci Nila.
27:42Merci beaucoup.
27:42Merci.
27:43Merci.
27:44Merci.

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