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  • il y a 3 mois
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On voulait revenir à l'actualité en France et ces annonces de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice,
00:07qui prend déjà des premières décisions après la remise du rapport,
00:12le rapport remis donc par les deux inspections générales de la Justice et de la Gendarmerie Nationale
00:18après la disparition de la petite Liana, déjà des premières sanctions.
00:22On écoute le ministre de la Justice.
00:24Comme l'a fait le ministre de l'Intérieur pour les gendarmes, oui,
00:26j'engage ce soir une procédure disciplinaire, une enquête administrative qui me sera rendue avant la fin de l'été
00:33pour engager des sanctions qui seront à la hauteur des défaillances graves constatées pour le substitut du parquet d'hoches
00:40qui en effet, d'après ce rapport, a démontré des défaillances extrêmement importantes.
00:45Pour en parler, Général Jacques Fonbonne, bonsoir, bienvenue Mourad Batik.
00:50Vous êtes l'avocat de Maéva et Priscilla, les victimes présumées du père de Jérôme Barrella.
00:55Bienvenue à vous sur ce plateau.
00:57Laurent Valdiguier est avec nous, Mathias Tesson du service police-justice également.
01:01D'abord, peut-être qu'on peut essayer de rembobiner un petit peu,
01:05de revenir à ce que dit concrètement ce rapport, ce rapport remis ce matin au Premier ministre Laurent Valdiguier.
01:11Quel dysfonctionnement pointe-t-il ?
01:13Alors, il met à plat, c'est une autopsie, c'est un fiasco judiciaire.
01:18Le fiasco judiciaire, il a deux dates clés.
01:21Le 18 août 2025, la maman de la petite Rosa dépose plainte.
01:27Et là, tout fonctionne bien.
01:29C'est ça, c'est même assez spectaculaire parce que justement,
01:32le rapport, il commence par expliquer qu'au départ, tout marche bien.
01:37Et d'ailleurs, c'est un adjudant-chef de la gendarmerie, de Plaisance Dutouche,
01:42qui fait un travail que tout le monde salue.
01:44Dans le rapport, même le parquet général du Gers a des mots très élogieux pour cet enquêteur.
01:50La gendarmerie, au départ, ça marche.
01:53Et puis alors, à l'arrivée, le 14 février 2026, il s'est passé donc six mois,
01:59le 14 février 2026, c'est un autre gendarme à l'autre bout de la chaîne,
02:03cette fois-ci à la brigade territoriale de Lectour, c'est un adjudant.
02:07Et là, plus rien n'a marché.
02:10Et alors, plus rien n'a marché parce qu'il a arrêté tout acte d'enquête.
02:14De façon assez inexplicable.
02:15Et quand on lit entre les lignes et rapports d'enquête, comme celui qu'on a reçu ce matin,
02:19ce sont des rapports d'enquête assez polissés, je dis.
02:22Ce sont des rapports d'enquête où chaque mot est pesé.
02:24Même quand on lit ce rapport d'enquête, on se rend compte que ça a vraiment gravement défailli à ce
02:29niveau-là.
02:30Et alors, entre les deux, entre ces deux dates,
02:33entre ce gendarme qui a bien fait son boulot et ce gendarme qui, à la fin,
02:36pour des raisons inexplicables, semble avoir plus du tout fait,
02:39il y a les lenteurs de la justice, la justice aveugle,
02:43la justice sans moyens de vérifier ce qu'elle fait,
02:50entre le parquet de Toulouse, qui envoie par la poste le dossier.
02:55Alors, on pense que quand on dit ça, moi je pensais d'ailleurs avant ce rapport,
02:59avant la lecture du rapport, que c'était une décision du parquet de Toulouse.
03:02Même pas.
03:03En réalité, c'est pire que ça.
03:05Le parquet de Toulouse est obligé d'envoyer le rapport par la poste
03:09parce qu'il contient une pièce jointe, il contient un scellé,
03:12et ce scellé, c'est l'audition en garde à vue,
03:15pas l'audition en garde à vue, l'audition comme témoin de la petite fille,
03:18de la petite Rosa, et donc là, ça ne peut pas être envoyé autrement que par la poste.
03:22Donc en fait, c'est la machine UBU qui est décrite par ce rapport,
03:27ensuite pour la substituer en charge de tout ça.
03:28Oui, mais alors il y a déjà ça, il y a l'envoi par la poste qui déjà semble un
03:32peu ubuesque,
03:32et par ailleurs, personne qui pense à prévenir les récepteurs de ce courrier
03:37qu'il y a une urgence, que les faits sont graves.
03:41Personne ne se parle.
03:42La substitue en charge des mineurs à Auche reçoit le dossier,
03:45coche la mauvaise case, l'envoie à la mauvaise gendarmerie,
03:48puisque le dossier retourne d'abord à plaisance du Touche,
03:50où là, le jeune chef du départ se rend compte qu'il récupère un dossier,
03:54donc fait nécessaire, la remet sur les rails, et là, plus rien ne va.
03:58Et c'est vrai que ce soir, Gérald Darmanin a à la fois annoncé la mutation de deux gendarmes
04:05et des sanctions, enfin la saisie du CSM pour la magistrate du parquet.
04:10Voilà, Mathias Tesson, lui, il part du principe qu'il y a des responsabilités individuelles.
04:14Il y a certes le système qui fonctionne mal,
04:16mais il y a aussi des responsabilités individuelles,
04:19et qu'il faut donc sanctionner.
04:21Les gendarmes le sont, les magistrats aussi.
04:23Oui, ce soir, Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, et Gérald Darmanin, ministre de la Justice,
04:27ont pris la parole de deux méthodes différentes.
04:30Laurent Nunez a fait parvenir un communiqué de presse.
04:32Gérald Darmanin, il était invité chez nos confrères de TF1.
04:35Laurent Nunez, lui, sa partie, eh bien, dans cette affaire, ce sont les gendarmes.
04:39Et effectivement, ce soir, il a indiqué à la fois l'ouverture d'une enquête de commandement
04:44confiée à l'IGGN, l'Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale.
04:48Il demande aussi à ce que le directeur d'enquête et le commandant de la compagnie de condom d'Angers
04:55soient mutés d'office et qu'ils n'exercent plus de métier de police judiciaire
05:00avant d'éventuelles autres mesures disciplinaires.
05:04Voilà, une mutation d'office dans l'intérêt du service, dit-il,
05:09le temps qu'éventuellement des responsabilités ou en tout cas des sanctions soient prononcées officiellement.
05:16Et puis, l'autre volet, c'est ce qui concerne les magistrats.
05:20De ce côté-là, c'est l'Inspection Générale de la Justice qui est saisie d'une enquête administrative.
05:25En l'espèce, elle concerne le substitut du parquet de Hoche.
05:31Alors là, c'est une procédure contradictoire.
05:33Bien évidemment, ce magistrat, pendant cette enquête administrative, pourra se défendre.
05:37À l'issue de ça, le garde des Sceaux proposera une sanction au Conseil supérieur de la magistrature.
05:42Le Conseil supérieur de la magistrature dira si oui ou non il suit cette sanction proposée par le garde des
05:47Sceaux.
05:47Et à l'issue, c'est Gérald Darmanin qui aura le dernier mot.
05:50Mourad Batik, là-dessus, sur la volonté des ministres de la Justice, du ministre de l'Intérieur,
05:57de dire qu'il faut des sanctions, des sanctions personnelles.
06:02Est-ce qu'ils ont raison de sanctionner ces personnes-là ?
06:05Et ils sont où les noms de Gérald Darmanin, du garde des Sceaux dans ce rapport ?
06:09Moi, je ne les ai pas vus.
06:11Depuis le premier jour, c'est cousu de fil blanc.
06:13On savait qu'ils allaient offrir à la population française des victimes expiatoires, des agneaux sacrificiels.
06:21Tenez la plèbe, sacrifions de gendarmes, sacrifions un magistrat.
06:25Mais vous avez l'impression que demain, le problème sera réglé et que la justice fonctionnera mieux ?
06:30Alors, on va faire quoi ? On va aller de sanctions en sanctions. Demain, ce sera le magistrat du siège
06:35de Lille.
06:36Et puis après-demain, ce sera le magistrat instructeur de Marseille.
06:39Et puis on va aller de sanctions individuelles en sanctions individuelles.
06:43Il faut bien des sanctions. Quand on travaille mal, dans n'importe quel domaine, on est sanctionné.
06:49Et là, les conséquences sont particulièrement graves.
06:51Si vous allez à l'hôpital, que vous arrivez aux urgences et que vous n'avez pas de brancard,
06:56que vous n'avez pas de défibrillateur, que vous n'avez pas d'outil pour opérer, pour intervenir,
07:01on va difficilement se dire que c'est de la faute du médecin qui était de garde ce jour-là.
07:05Sauf que ce que dit le rapport-là, c'est qu'aucun incident technique ou lié à un manque de
07:10personnel
07:10ne permet d'expliquer le retard qui a été pris, un retard de plusieurs mois, sur le dossier de la
07:15petite Rosa.
07:16Oui, parce que ce rapport, il était commandé pour démontrer ça, dès le départ.
07:19Si le garde des Sceaux avait eu une forme d'honnêteté intellectuelle, il aurait posé le sujet en se disant
07:27« Bon, on va rechercher les responsabilités individuelles et on va aussi rechercher les responsabilités collectives
07:33ou en tout cas structurelles et puis après, on fait le tri. »
07:35Mais dès le départ, quand vous dites « Je commande un rapport pour voir les défaillances individuelles »,
07:41nécessairement, vous allez trouver ce que vous voulez chercher.
07:42Donc, il n'aurait pas fallu prononcer de sanctions contre ces magistrats, contre ces gendarmes, ça ne sert à rien.
07:48Non seulement, il n'aurait pas fallu prononcer de sanctions, mais en plus, c'est une honte.
07:52Ça démontre la petitesse de notre garde des Sceaux.
07:55Je veux dire, on n'est pas à la hauteur de la rencontre historique que l'on a avec la
08:00justice,
08:00avec le service public de la justice.
08:02Le service public de la justice, ce n'est pas rien.
08:04C'est la promesse la plus fondamentale que fait l'État entre les citoyens pour dire
08:08« Je suis là pour protéger le faible face au fort ».
08:11Et donc, vous voyez, on a un garde des Sceaux qui vient et qui dit
08:14« Oui, bon, c'est pas moi, écran de fumée, allez, on en sacrifie deux, trois.
08:18Et puis… »
08:18C'est lui qui aurait dû démissionner, c'est ce que vous dites ?
08:20Bien évidemment, vous imaginez Badinter face à ce genre de situation
08:24qui aurait coupé trois têtes pour sauver la sienne ?
08:27Un mot pour dire que ce rapport, ce n'est qu'une première partie de l'ensemble du rapport.
08:31Il y a une seconde partie du rapport qui sera communiquée le 10 juillet prochain.
08:35Et le rapport complet, quant à lui, sera diffusé à la rentrée prochaine, début septembre.
08:39Peut-être qu'à l'intérieur de ce rapport complet,
08:41il y aura d'autres manquements, peut-être plus structurels, qui seront identifiés.
08:46– Mais donc, pardon, pardon, je m'arrête un instant sur ce que vous venez de dire.
08:49Vous, vous dites très clairement, ça ne sert à rien de sanctionner ces personnes.
08:54La personne qu'il aurait fallu sanctionner, c'est Gérald Darmanin.
08:56Il aurait dû lui-même se retirer.
08:58– Mais bien sûr. Mais pourquoi je dis ça ?
09:00Ce n'est pas juste pour essayer de faire un effet de manche sur un plateau télé.
09:04Parce que qui a priorisé les sanctions ou en tout cas la lutte contre le narcotrafic ?
09:11La lutte contre le narcotrafic, on vient avec des gros bras, ça fait très viriliste.
09:14Et puis quand les élections approchent, on dit regardez ce que je fais,
09:17c'est absolument extraordinaire.
09:19Mais ça, ça n'a qu'une visée électorale.
09:21La réalité, c'est que quand ce même garde des Sceaux sait que notre société est gangrénée
09:28par la pédocriminalité, pourquoi n'a-t-il pas été responsable
09:31et pourquoi n'a-t-il pas priorisé la lutte contre la pédocriminalité
09:35plutôt que la lutte contre le narcotrafic,
09:38plutôt que la lutte contre les supporters du Paris Saint-Germain,
09:40plutôt que la lutte contre les agriculteurs ?
09:42– Ça dépense à lui, ça dépense à lui, c'est quand même de dire
09:44qu'il a donné des directives et qu'elles n'ont pas été respectées.
09:47– Vous jetez le bébé à Claude Dubin.
09:50Le rapport y pointe une série de défaillances.
09:54Vous n'auriez pas aimé qu'un de vos clients,
09:56que l'enquête soit menée par cet adjudant de lecture.
10:00Parce que de fait, cet adjudant de lecture récupère un dossier
10:03le 23 janvier, demande des actes à sa collègue du Plaisance du Touche
10:08qui ont déjà bien fait leur boulot,
10:10qui font cet acte en urgence, parce que ça consiste à réentendre la maman,
10:13et puis ensuite il ne se passe rien.
10:15– Mais c'est extraordinaire.
10:16– Et ça, c'est une défaillance.
10:17– Mais c'est extraordinaire que vous dites, ça arrive tous les jours,
10:21mais tous les jours, vous me dites que vous n'aimeriez pas,
10:24que je n'aimerais pas que ça arrive à mes clients,
10:25mais ça arrive à mes clients tous les jours.
10:27Mais alors qu'est-ce qu'on fait ?
10:28On sanctionne le commissariat d'Île-de-France,
10:31le commissariat du Nord, le commissariat du Sud.
10:32– Mais pourquoi on parle de cette affaire ?
10:34On parle de cette affaire parce que Jérôme Barrella
10:35aurait dû être en garde à vue bien avant l'enlèvement et le meurtre.
10:39Et j'attire votre attention pour vous dire que ces défaillances
10:41arrivent tous les jours et elles ne sont pas conjoncturelles.
10:44Comme ce que le garde des Sceaux veut nous faire croire,
10:46elles sont structurelles.
10:47– Là, la défaillance, elle est énorme.
10:49– À l'arrivée, il y a la mort de Liana.
10:51– D'autant que, pardon, on apprend aussi aujourd'hui dans ce rapport
10:54que la petite Rosa, qui avait donc déposé plainte en août dernier
10:58pour de multiples viols, elle dit avoir subi une cinquantaine de viols…
11:03– Ah oui.
11:04– Par Jérôme Barrella.
11:06Cinquante viols, une cinquantaine de viols subis par cette petite fille
11:09qui avait dix ans à l'époque.
11:10– La folie.
11:10– Oui, mais alors, pour reprendre ce qu'on disait à l'instant,
11:15en étant en grande partie d'accord avec Maître Batik et avec Laurent
11:20pour ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, effectivement.
11:25Je crois, d'après ce qu'on dit, ce qu'on connaît de ce dossier,
11:28qu'il y a quand même des problèmes de dysfonctionnement
11:32qui dépassent très largement la responsabilité du pauvre adjudant
11:37qui commande la brigade.
11:39Vous savez, un adjudant, c'est Galabru dans le gendarme de Saint-Tropez,
11:43c'est-à-dire gendarme, maréchal, délégie-chef, adjudant,
11:45c'est le troisième grade dans la hiérarchie des gendarmes.
11:47– Oui, mais c'est un homme qui devrait être sensible aussi, pardon.
11:51– C'est l'adjudant, c'est l'adjudant, c'est l'adjudant.
11:52– C'est-à-dire qu'il n'est même pas commandant de brigade.
11:53Ce que je veux dire par là, c'est qu'il y a de sa part,
11:56du moins dans ce que l'on sait, une erreur qui est impardonnable.
11:59Un gendarme qui reçoit une enquête, il doit la traiter,
12:02s'il ne peut pas la traiter ou si ce n'est pas de sa compétence.
12:04– Il appelle à l'aide.
12:05– Il appelle à l'aide, il appelle son capitaine, son commandant de compagnie,
12:08en disant, il faut prévenir la brigade des recherches,
12:10moi ce n'est pas à mon travail.
12:11– Bien sûr.
12:11– Si ça n'a pas été fait, si le boulot n'a pas été fait, c'est de sa
12:14faute.
12:16Maintenant, c'est un petit lampiste
12:19qui pourrait bien cacher quelque chose de plus grave en termes de fonctionnement.
12:24Pourquoi les substituts, pourquoi les procureurs de la République
12:26sont à la tâche d'une façon qui humainement ne peut pas ne pas provoquer d'erreur ?
12:33Voilà, c'est un peu facile, c'est grave même,
12:38de faire porter la responsabilité de ce drame absolu,
12:42j'allais dire sur le petit gendarme, qui est en plus un militaire,
12:46qui donc par définition ne pourra pas se défendre aussi bien que les autres.
12:50– Donc c'est trop facile.
12:51– Ce directeur d'enquête s'est justifié en expliquant
12:53qu'il voulait constituer un dossier solide pour éventuellement un jour
12:57pouvoir renvoyer cet homme Jérôme Barrella aux assises
13:01et qu'en raison des plaintes qui, au préalable,
13:03avaient déjà été classées sans suite dans d'autres affaires,
13:06eh bien il voulait prendre son temps, entre guillemets,
13:08pour réunir un certain nombre d'éléments.
13:11Mais voilà, c'est un homme qui, évidemment, pourra aussi se défendre.
13:15– Ça n'a pas convaincu son chef de brigade.
13:17Parce que dans le rapport, il y a une phrase assassine
13:19de son propre chef de brigade, parce qu'il a expliqué aux enquêteurs
13:22qu'il était très occupé, qu'il n'avait pas le temps,
13:25qu'il avait eu des manifestations agricoles,
13:27qu'il avait eu un gros dossier de stup avec 96 heures de garde à vue.
13:31Et son chef de brigade, à l'argument du manque de temps,
13:34a dit « mais j'aurais dû le savoir, on aurait pu lui dégager du temps ».
13:36Et du temps, il en avait.
13:38Donc vous voyez, il y a aussi…
13:39– Non mais on est bien d'accord.
13:40– Et la hiérarchie fonctionne plutôt bien dans la gendarmerie.
13:43C'est-à-dire que celui qui ne sait pas faire, il appelle son chef.
13:46Et c'est au chef de trouver une solution.
13:48Et si le chef n'a pas de solution, il appelle le chef du dessus.
13:50Mais il y a à un moment donné, quelqu'un qui a la capacité structurelle,
13:54qui a la capacité en termes de moyens,
13:55et la capacité en termes d'être capable de traiter les urgences,
13:59de prendre la bonne décision.
14:01– Alors c'est vrai que le rapport pourrait être aussi plein de défaillances plus générales,
14:04notamment en matière de numérique.
14:06Puisqu'une des recommandations du rapport,
14:07alors là, il faut se pincer quand on la lit, je lis tellement on a l'impression
14:11qu'on est à la préhistoire du numérique.
14:13Une des recommandations du rapport, c'est de doter les enquêteurs
14:17d'un outil numérique capable de suivre les enquêtes
14:20pour leur permettre de gagner du temps et pour leur permettre de se coordonner.
14:23Là, il faut se pincer quand on lit ça,
14:25parce qu'on en parlait avec le général.
14:27L'outil numérique qui existe de la gendarmerie pour le suivi des enquêtes,
14:32d'ailleurs c'est écrit en toutes lettres dans le rapport, il est obsolète.
14:35Et un autre outil judiciaire qui existe pour le suivi des enquêtes,
14:38les magistrats ont dit que c'était trop chronophage,
14:40ça prenait beaucoup trop de temps pour le renseigner.
14:42Autrement dit, il y a des choses au-delà des individus,
14:45alors je suis d'accord avec ma thomatique,
14:47il y a des choses dans le système qui à l'évidence ne marchent pas.
14:50– Vous y êtes confronté vous au quotidien, dans votre métier d'avocat,
14:53à l'archaïsme du milieu judiciaire ?
14:57– Aller dans un commissariat tous les jours,
14:59quand vous accompagnez quelqu'un qui a une audition libre,
15:01qui est placée en garde à vue,
15:02ou qui vient procéder à un dépôt de plainte,
15:05et bon courage pour ressortir avec cette audition ou avec ce dépôt de plainte.
15:09L'imprimante ne fonctionne pas, l'ordinateur ne s'allume pas,
15:13le logiciel plante alors que vous êtes à 99% du récit,
15:17ça plante, on recommence à zéro.
15:19Ce que je vous dis, ce n'est pas anecdotique, c'est mon quotidien.
15:21C'est-à-dire qu'on sait quand on rentre,
15:23on ne sait jamais vraiment quand on sort.
15:25Pas d'ordinateur, pas d'imprimante, pas de logiciel,
15:28on est en 1973 en France.
15:32– Vraiment, mais ça me sidère.
15:33– Mais ça, c'est le plus terrifiant de ce rapport,
15:35et puis c'est vrai que c'est le plus terrifiant de la lenteur,
15:38puisqu'ils sont du coup tous en aveugle.
15:41D'ailleurs, une autre préconisation du rapport,
15:44c'est de faire en sorte, parce que vous savez,
15:45tout ça, Julie, c'est parce qu'il y a une frontière d'un département,
15:48puisque la petite Rosa, elle a déménagé en Haute-Garonne,
15:51pour justement s'éloigner de Barrella,
15:53elle a passé la frontière du département.
15:55Et donc tout ça, ça se passe en Haute-Garonne, secteur de Toulouse.
15:58– C'est une des raisons de la lenteur aussi du dossier,
16:00c'est-à-dire que vu qu'elle a déménagé,
16:01elle n'est plus confrontée directement à cet homme,
16:04et donc elle est moins en danger.
16:06– Donc du coup, le rapport propose
16:08que pour des questions de compétence territoriale,
16:10qui aujourd'hui veulent que le tribunal compétent,
16:13c'est celui où réside l'auteur,
16:16le rapport dit, on pourrait peut-être changer un peu la loi,
16:18et faire en sorte que le lieu de la victime,
16:21ça marche.
16:22Parce que vous savez, entre Toulouse et Hoche,
16:25il y a 100 kilomètres.
16:27Donc pourquoi la gendarmerie de présence du Touche,
16:29elle aurait pu tout à fait suivre l'enquête ?
16:32– Il y a une logique territoriale,
16:33c'est-à-dire qu'on considère que le lieu des faits
16:35doit être le lieu de la compétence,
16:37tout simplement parce que c'est plus facile pour les enquêteurs
16:40de trouver des indices, de trouver des preuves,
16:42de trouver des témoins,
16:43à l'endroit où se sont passés les faits,
16:44plutôt que 100 kilomètres à côté.
16:45– Mais c'est vrai, je suis d'accord avec vous, Laurence,
16:47c'est-à-dire qu'à un moment donné,
16:49à une époque où la transmission de la communication
16:51est beaucoup plus facile qu'au code d'instruction criminelle de 58,
16:55on doit pouvoir arriver à trouver des arrangements
16:57dans ce genre de choses qui ne bouleversent pas
17:00la légalité de la procédure.
17:02– Maître Mourad-Bassier, vous êtes l'avocat de Maëva et Précilia,
17:05alors elles, ce sont des victimes présumées du père de Jérôme Barrella,
17:08puisque quand on tire un peu les fils de cette histoire,
17:10on se rend compte que les violences sexuelles traversent cette famille,
17:16le grand-père, le frère, Jérôme Barrella également.
17:22Est-ce que vous êtes en contact avec elles là régulièrement
17:25et est-ce qu'elles ont quand même l'impression
17:27que les choses bougent enfin,
17:30elles qui, pareil, n'ont pas tellement été entendues ces dernières années ?
17:34– Écoutez, elles avaient l'impression, en tout cas pour Maëva,
17:37que ça avançait un petit peu,
17:39puisqu'il y a eu une réouverture qui avait été annoncée
17:42dès les premiers jours de son enquête qui avait été classée sans suite,
17:46souvenez-vous.
17:47Et pour Précilia, nous avions espoir que ça bouge
17:50jusqu'à il y a quelques minutes,
17:52juste avant que j'entre sur ce plateau
17:53et que je vois le communiqué du procureur
17:56qui explique qu'il ne réouvrira pas.
17:59l'enquête concernant Précilia.
18:01– Est-ce que vous pouvez m'expliquer pourquoi ?
18:03Pourquoi est-ce que pour Maëva,
18:05ils acceptent de rouvrir l'enquête ?
18:06Pourquoi est-ce que pour Précilia,
18:08ça reste la porte fermée ?
18:09– Concernant Maëva,
18:11il y avait une enquête préliminaire
18:13qui a été classée sans suite un peu rapidement.
18:15– Ça, c'est le père de Jérôme Barrella
18:17qu'on voit sur la photo.
18:18– Tout à fait.
18:19À la hâte et par conséquent,
18:22ils vont reprendre là où ils se sont arrêtés.
18:25Pour Précilia, dans le cadre d'une information judiciaire,
18:27c'est plus compliqué, c'est plus complexe.
18:29Il y a déjà eu une enquête conséquente
18:30avec un magistrat instructeur qui a été désigné
18:33et qui a conduit à un non-lieu.
18:36Le procureur, le ministère public,
18:38estime aujourd'hui qu'il n'y a pas de fait nouveau
18:40qui permette la réouverture d'une information judiciaire
18:44qui n'est pas frappée par l'autorité de la chose jugée.
18:48On pourrait théoriquement réouvrir sans difficulté
18:51l'information judiciaire à supposer qu'il y ait un fait nouveau.
18:54Ma lecture, c'est qu'il y a un fait nouveau
18:56puisqu'il y a tout ce dossier Barrella
18:58et que ça constitue un fait nouveau.
19:00Le procureur nous dit non, non, non,
19:03puisqu'il n'y a pas de lien entre Jérôme Barrella et son père.
19:07Typiquement, on ne peut pas savoir s'il y a un lien
19:09entre Jérôme Barrella et son père
19:11si vous ne réouvrez pas l'enquête.
19:13D'autant que l'autre fait nouveau,
19:15c'est aussi que la sœur dit avoir été victime aussi de la même personne.
19:20Ça ne s'est pas pris en considération non plus ?
19:22Aujourd'hui, ça n'est pas pris en considération.
19:26J'ai eu le communiqué il y a quelques minutes
19:28avant d'entrer sur votre plateau.
19:30Donc il va falloir que je me pose, que je l'étudie,
19:32que je le lise, que je le confronte
19:34et puis que je puisse avoir un entretien avec le procureur,
19:37avec le ministère public,
19:38de sorte à pouvoir échanger les arguments.
19:39Et je ne perds pas espoir que nous puissions réouvrir
19:43et que l'on puisse faire émerger la vérité de ce dossier.
19:46On ne peut pas se contenter, vous voyez,
19:49d'une espèce d'abstraction et de se dire
19:51non, non, non, on ne peut pas et puis donc on ne fait rien.
19:53Non, non, on ne peut pas et on va faire.
19:55On va trouver des solutions,
19:56on va trouver la clé qui fonctionne dans la bonne porte
19:58et on va ouvrir cette porte
19:59et on va faire en sorte que les personnes
20:01qui ont commis des choses absolument atroces
20:03soient traduites devant des juridictions de jugement
20:05et on ne va pas s'arrêter là.
20:06Jacques Fonbonne.
20:06Oui, il y a deux éléments.
20:07Au départ, on l'a évoqué plusieurs fois.
20:08dans le recueil de la parole des enfants.
20:11C'est toujours très difficile.
20:12Donc il faut avoir des enquêteurs qui soient formés
20:15et qui soient capables de faire la différence
20:17entre des réponses qui sont suggérées aux enfants
20:20parce qu'elles sont mal posées,
20:22typiquement des questions fermées
20:23auxquelles l'enfant va répondre oui
20:24face à l'autorité du policier ou du gendarme.
20:27Et puis ensuite, une fois qu'on a recueilli
20:29cette parole de façon satisfaisante,
20:33il faut se donner les moyens
20:35d'aller chercher les éléments d'enquête.
20:36C'est-à-dire qu'effectivement, la loi intégrale
20:39qui est sur la table de l'Assemblée
20:41va dans ce sens en disant
20:43qu'il doit y avoir un minimum d'actes de police judiciaire,
20:47un minimum d'actes d'investigation
20:49qui doivent être faits.
20:50Parce que si on ne fait pas l'enquête,
20:52évidemment, on a des éléments d'infraction
20:54qui ne sont pas suffisamment caractérisés.
20:56Et on a un classement 21, c'est-à-dire
20:58pour infraction insuffisamment.
21:0170% des plaintes pour viol sont classées sans suite.
21:04Donc là, l'idée, ce serait d'enquêter très rapidement
21:06après un dépôt de plainte
21:07pour essayer de conserver un maximum de preuves ?
21:10C'est-à-dire que là, le pourcentage de classement sans suite
21:13est à peu près le même sur l'ensemble du spectre
21:15des affaires judiciaires, un peu moins pour les affaires criminelles.
21:18Mais encore une fois, on l'a dit plusieurs fois sur ce plateau,
21:21il arrive un moment où il y a un engorgement au niveau judiciaire,
21:27au niveau de la magistrature.
21:28Aller un jour dans le bureau d'un juge d'instruction,
21:30je le dis souvent en plaisantant,
21:32mais s'il est assis derrière son bureau, vous ne le voyez pas.
21:35Parce que vous avez des dossiers contre les murs,
21:37vous avez des juge d'instruction en province,
21:40pas forcément dans les gros tribunaux judiciaires
21:42de la région parisienne,
21:43qui ont 100, 150 dossiers à l'instruction,
21:46avec des détenus.
21:47C'est-à-dire que pour les détenus,
21:48il faudra commencer des actes
21:49de façon à pouvoir les maintenir en détention
21:51pour ceux que le juge d'instruction considère
21:53qu'il doit y rester.
21:54C'est un travail où, je dirais,
21:56un homme ou une femme normalement constituée
21:58ne peut pas ne pas se tromper.
22:01La juge d'Auche,
22:05la substitue en charge des mineurs,
22:06elle avait, d'après le rapport aujourd'hui,
22:09il y a 72 dossiers de violences sur mineurs
22:11par an à Auche.
22:13Et sur les 72, il y en a 27 en cours.
22:17On n'est pas dans des statistiques effrayantes.
22:21– Vous voulez dire qu'ils ne sont pas submergés ?
22:23– Disons qu'ils sont moins submergés
22:25qu'à d'autres endroits.
22:26On n'est pas dans l'endroit le plus submergé de France.
22:28– Il faut voir ce qu'elle avait à côté.
22:30– Et dans le diable et dans les détails.
22:32Dans le détail, moi, qui m'a le plus bouleversé
22:34à la lecture de ce rapport,
22:35c'est que le 2 décembre,
22:37la maman de Rosa,
22:38qui pourrait être votre cliente,
22:40elle appelle le bureau d'ordre du tribunal d'Auche,
22:43parce qu'elle sait par le gendarme de Plaisance-dustouche
22:45que son dossier est à Auche,
22:46et par miracle, parce que demain,
22:48je vais bien faire l'essai d'appeler le bureau d'ordre d'Auche,
22:51en faisant combien de temps on a pour les avoir.
22:53Et par miracle, elle tombe sur un agent
22:56qui réalise que le dossier de sa fille
22:58n'est pas dans la pile, n'existe pas,
23:01et il lui promet de faire des recherches
23:03pour le retrouver.
23:04Et c'est cet agent, vous vous rendez compte
23:05à quoi ça tient ?
23:06C'est cet agent qui est allé retrouver
23:08le dossier de la petite Rosa,
23:09qui l'a remis sur la pile
23:10et qui, ce jour, l'a remis à un moment propre
23:12à la substitue dans une enveloppe rouge.
23:14Sous-entendu, ça y est, j'ai eu la maman en pleurs.
23:17C'est urgent, c'est urgent.
23:17C'est tout urgent.
23:19Donc il y a quand même des choses,
23:20même si le système est embolisé,
23:23le système ne marche pas,
23:24il y a quand même des choses
23:25qui ont mal fonctionné.
23:26Ah ben oui, bien sûr.
23:27Allez, merci beaucoup.
23:29Merci à tous.
23:31Évidemment, on continuera à suivre
23:32les conséquences de ce rapport
23:37dans les prochains jours.
23:38Merci à tous les quatre.
23:39Merci à tous.
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