- il y a 27 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:03Générique
00:10De retour sur le plateau de BFM Grand Soir avec les suites de l'affaire Liana au lendemain des obsèques
00:15de la fillette.
00:16Le sentiment de colère est loin d'être retombée. La justice doit-elle rendre des comptes ?
00:21La tragédie en tout cas ces dernières heures a pris une tournure très politique.
00:25Et on va partir tout de suite à Florence. Vous retrouvez Adélaïde Malaveau. Depuis le drame, aucun politique n'a
00:30mis les pieds dans la commune.
00:31Il faut dire qu'ils ne sont pas les bienvenus des ministres au président. Les habitants réclament des comptes Adélaïde.
00:39Oui effectivement, il y a remarqué le dernier hommage adressé à Liana au lendemain des obsèques ici à Florence.
00:45De nombreuses questions restent encore en suspens, notamment autour des causes de la mort de la jeune fille.
00:49Et une question, comment Liana a-t-elle été tuée ?
00:52Pour rappel, après une première autopsie, des analyses complémentaires ont été ordonnées la semaine dernière.
00:57Des résultats qui ne devraient pas arriver avant 15 jours.
01:00Hier, le corps de la jeune fille a été rendu à sa famille.
01:03Cela veut dire que tous les prélèvements a priori nécessaires en amont ont été réalisés.
01:07Ils sont maintenant mis sous scellés. Cela va permettre aux enquêteurs de continuer à travailler, même en l'absence de
01:13corps.
01:13En attendant, forcément, les habitants de la commune exigent notamment des réponses, mais également des axes, pour être sûr que
01:19cela ne réarrive pas.
01:21Merci beaucoup Adélaïde Malavaux. Avec nous, Bruno Jeudy. Bonsoir, directeur délégué de la Tribune Dimanche.
01:27Votre journal qui publie demain plusieurs sondages très intéressants, puisqu'il s'agit des premières études faites depuis cette affaire
01:35Liana.
01:35Je vais vous laisser commenter les résultats. Ils sont assez parlants pour l'exécutif.
01:39Oui, d'abord, c'est le baromètre politique que nous publions chaque mois, baromètre pour la Tribune Dimanche,
01:44qui mesure la confiance dans l'action du gouvernement, de l'exécutif.
01:49Et évidemment, avec l'affaire Liana, le scandale Liana, depuis maintenant 10 jours, qui occupe et préoccupe et scandalise l
01:58'opinion,
01:59on voit que l'exécutif paye cash. D'abord, l'action du président de la République, Emmanuel Macron, baisse de
02:072 points,
02:08mais il retombe sous la barre des 20%, 19%. Donc on sent là que les derniers mois...
02:13Là, ce sont les opinions favorables.
02:14Ces opinions favorables, 19%, et il en perd 2. Donc on voit bien que là, il avait commencé à remonter
02:20un petit peu.
02:21Ça n'était pas arrivé depuis combien de temps, Bruno ?
02:22Comment ?
02:23Les 20%, ça n'était pas passé en dessous la barre des 20%.
02:25Il était déjà passé sous les 20% il y a quelques mois, surtout après la dissolution et tout ça.
02:29Et là, patatras, ça repart sous les 20%.
02:32Et puis Sébastien Lecornu, alors lui, pour le coup, le gadin est plus prononcé, moins 4 points,
02:37il tombe sous les 25%, à peine un quart des Français qui lui font confiance.
02:43On voit que pour les deux têtes de l'exécutif, c'est très difficile, et ce dossier leur coûte très
02:48cher.
02:48Alors pour Gérald Darmanin également, évidemment, il est au centre de l'attention depuis le début de cette affaire.
02:54Et lui aussi, il paye cash.
02:55Alors lui, il perd 5 points.
02:57Ce qui est important pour Gérald Darmanin, qui est le ministre le plus populaire du gouvernement depuis maintenant plusieurs mois,
03:05il est à 39%, donc on voit que c'est celui, dans l'exécutif, qui a le niveau de popularité
03:08le plus élevé.
03:09Mais là, en première ligne, sur cette affaire depuis 8 jours, et c'est vrai qu'il ne se cache
03:14pas,
03:14qu'il a enchaîné à peu près tous les médias, il dit en prédé qu'il a parlé à tous
03:18les Français,
03:19et bien il perd 4 points, alors c'est peut-être 5 points.
03:23Il a peut-être amoindri la chute, tant la déflagration est très importante, mais quand même moins 5 points.
03:28Et c'est intéressant de voir que c'est différent pour Laurent Nunez,
03:31qui lui aussi a beaucoup parlé, a tenté de s'expliquer.
03:34Lui, il gagne 3 points.
03:35Alors oui, il gagne 3 points.
03:37Alors Laurent Nunez, c'est dans une situation un peu différente.
03:39D'abord, ces mises intérieures, on voit bien que là, c'est la justice, c'est beaucoup le focus sur
03:42la justice,
03:43même si la gendarmerie est largement aussi pas exempte de faute,
03:48et le général, le patron de la gendarmerie nationale est venu s'excuser sur les ondes.
03:53Mais Laurent Nunez, on va dire, peut-être, il apparaît comme en deuxième ligne sur cette affaire.
03:58Pour les Français, en tous les cas, il sanctionne davantage et très largement Gérald Darmanin,
04:02plutôt que Laurent Nunez.
04:05Les Français qui sont très sévères envers, justement, la justice, dans cette perception de l'affaire Liana-Brunot.
04:11Oui, alors pour les Français, très très largement, 86% d'entre eux estiment qu'il s'agit d'abord
04:18d'un problème récurrent dans le fonctionnement des institutions,
04:21et pas du tout, ils n'achètent pas du tout la thèse du dysfonctionnement exceptionnel.
04:25Ça, ils n'achètent pas, et là, c'est massif.
04:27On l'a entendu tout au long de la semaine.
04:28Oui, tout au long de la semaine.
04:30C'est sûr que c'est la défense qui est faite, à la fois par les politiques qui sont aux
04:34affaires,
04:34par les juges et tous ceux qui sont venus sur les plateaux jusqu'au plus haut sommet,
04:39même si là aussi, il y a eu de la contrition.
04:41Le procureur général près de la cour de cassation est quand même venu à la télévision
04:44pour lui aussi s'excuser, ce qui est quand même assez rarissime.
04:49Mais le désaveu est très très net et massif.
04:528% estiment que c'est un dysfonctionnement exceptionnel, pour vous dire que c'est très très peu.
04:586% ne se prononcent pas.
05:01Donc, l'addition est très lourde pour le gouvernement qui a essayé de mettre en place des mesures,
05:10qui a essayé d'apporter des explications, mais rien ne convainc les Français.
05:13Ça montre l'ampleur de la déflagration.
05:16Liana et Gérald Darmanin dans la tempête Liana, si je peux m'exprimer ainsi.
05:21Laurence, il y a une colère qui s'exprime très clairement, on le voit dans ce sondage
05:25et dans le pays sur cette affaire, qui semble presque renforcer ce sentiment de déconnexion
05:31vis-à-vis de ce que certains peuvent appeler les élites.
05:34Est-ce que Emmanuel Macron, est-ce que l'entourage, est-ce que l'exécutif a conscience
05:38de l'impact de cette tragédie que le pays est en train de vivre ?
05:41J'espère. Je ne peux pas vous dire que oui, mais je l'espère.
05:45De toute façon, ils sont attendus au tournant, c'est-à-dire que là, il y a une énorme colère
05:48et tant mieux, puisque la colère, elle doit amener justement l'exécutif
05:52à mettre tout en œuvre pour avancer.
05:55Vous savez, cette affaire a révélé un tas d'autres affaires.
05:58On l'a vu, il y a eu énormément de témoignages dans les émissions
06:02qui ont été faites ici aussi, où vous avez eu le témoignage lundi
06:06d'un invité qui racontait que sa fille avait aussi été touchée.
06:10Et on a entendu comme ça toutes ces histoires, en fait, qui ressemblent énormément, justement,
06:16à ce qui s'est passé pour la petite Liana, et donc il y a une colère.
06:20Mais nous sommes en état d'urgence. C'est ça, j'espère qu'ils l'ont compris.
06:24Il y a une urgence. Tout le monde peut faire un tas de propositions législatives,
06:28mais ce qu'il faut là, c'est agir. Nous allons arriver aux vacances scolaires.
06:32Il faut passer au crible tous les gens qui vont accompagner les enfants.
06:36C'est ça qu'on demande à l'exécutif. C'est essentiel.
06:40Nous allons avoir aussi les 70 000 plaintes qui vont être regardées pour en savoir l'État.
06:46Mais voyons aussi maintenant, et ça sera le troisième point qui me semble essentiel,
06:51où en sont tous ceux qui ont été déjà mis en pause après des classements sans suite
06:56et qui sont dans la nature.
06:57Tout le problème, c'est que ces personnes perverses, pédophiles, sont dans la nature,
07:03parfois sont condamnées, parfois non, mais se retrouvent au contact de nos enfants.
07:09Et c'est ça absolument qu'il faut traquer.
07:11Nous sommes en état d'urgence.
07:13Ces trois points-là, au moins, il faut agir.
07:16Donc j'espère que l'exécutif a compris qu'il fallait maintenant dérouler très sérieusement
07:20une méthode efficace pour protéger les enfants en urgence,
07:23avant même de passer par le législatif.
07:25Maître Méchain, est-ce que vous êtes favorable à la loi intégrale
07:27demandée par de nombreux collectifs, des associations ?
07:29Je vous pose la question, je vous fais juste réagir à ce que dit Sébastien Lecornu,
07:33justement, à ce sujet dans Le Parisien.
07:34Il dit que la réponse doit être effectivement intégrale,
07:37mais il dit que cette réponse dépasse nécessairement le cadre d'une unique loi,
07:40aussi utile soit-elle, qui pourrait tout facilement régler.
07:42Personne ne le croit.
07:43Et il ajoute, ce drame n'est pas un fait divers, un fait de société.
07:45Ce débat est un débat au long cours.
07:47Cette loi intégrale, elle est demandée, donc je le disais, par les collectifs,
07:49qui appellent à manifester tous les lundis, jusqu'à ce temps qu'elle soit adoptée.
07:53Est-ce que vous y seriez favorable, ou vous dites comme le ministre ?
07:56Alors, tout dépend de ce que comporte la loi.
07:58En réalité, on ne peut pas répondre...
07:59La loi, c'est les 140 mesures, par exemple, de la civise.
08:01Oui, je sais.
08:02Mais, en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on ne peut pas répondre
08:06à une actualité nécessairement par une loi immédiate.
08:10Vous êtes d'accord avec lui ?
08:10Et ce qui est certain...
08:12Alors, sur ce point-là, oui, très spécifiquement.
08:14Maintenant, ce qui est certain, c'est qu'il ne s'agit pas
08:17d'un dysfonctionnement exceptionnel.
08:19Et je ne crois pas, mais peut-être que j'ai mal compris Bruno Jeudy,
08:21mais je ne crois pas que les magistrats soient venus dire
08:24qu'il s'agissait de dysfonctionnement exceptionnel.
08:26Au contraire, l'essentiel des professionnels qui ont pu s'exprimer,
08:30ont dit que cela correspondait à des difficultés
08:33qui sont signalées depuis très longtemps,
08:34qui existent depuis très longtemps,
08:36qui sont des difficultés de moyens, mais pas seulement,
08:38qui sont des difficultés, qui sont des problèmes de priorité,
08:41qui sont des problèmes de politique pénale.
08:43et je suis navré pour Gérald Darmanin.
08:46Mais la réalité, c'est que depuis des mois,
08:48depuis des mois, Gérald Darmanin ne s'intéresse qu'au narcotrafic.
08:52C'était narcotrafic le matin, narcotrafic le midi,
08:56narcotrafic le soir.
08:57Évidemment que si on met...
08:58– Vous vous dites qu'il a délaissé tout ce monde de l'enfance ?
08:59– Évidemment qu'il a délaissé tout le reste, il a délaissé...
09:02– Vous abusez peut-être ?
09:02– Non, non, je n'abuse pas, il a délaissé tout le reste.
09:05Et on ne peut pas, après plusieurs mois de...
09:08– Lui se défend en maître en disant que c'était dans sa circulaire
09:11– Non, non, oui, alors si on reprend la circulaire...
09:13– C'était inscrit parmi ces trois...
09:15– Oui, bien sûr, dans la circulaire qui comporte je ne sais plus combien de pages,
09:18la majorité s'est consacrée au narcotrafic.
09:21On a quelques lignes sur ces éléments-là.
09:23Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que les parquets,
09:26et notamment le parquet d'Auge comme les autres en réalité,
09:29répondent à une politique pénale.
09:31Et donc, à un moment donné,
09:33si les parquets qui ne sont pas indépendants, je le rappelle,
09:36si les parquets qui ne sont pas indépendants
09:38ne se consacrent pas à ce problème suffisamment,
09:42eh bien c'est peut-être parce que les instructions ne sont pas données...
09:45– Ce que vous nous dites, c'est quoi ?
09:45C'est qu'il essaye de se défausser, Gérald Darmanin ?
09:47– Complètement, il essaye, mais c'est tout à fait normal à sa place.
09:50– En fait, vous enlouvez que c'est la sienne.
09:52– C'est tout à fait normal à la place qui est la sienne.
09:53Il est miné de la justice, il veut le rester, il se défausse,
09:56et de manière, à mon avis, relativement maladroite.
09:59– Il aurait dû démissionner, selon vous ?
10:00– Non, mais ce n'est pas une question de démission,
10:01parce que que ce soit Darmanin ou un autre, sincèrement,
10:03ce n'est pas une question de personne en réalité.
10:06Encore une fois, c'est une question de politique pénale.
10:07– Maître, à vous écouter, on a l'impression que vous parlez
10:09des magistrats comme des machines
10:11qui seraient sur commande.
10:13– Les procureurs, oui, tout à fait.
10:15– Alors un procureur, selon votre explication,
10:17moi je vais vous me choquer, il a un dossier
10:19très grave d'un enfant
10:22qui vient d'être violé
10:23avec des expertises médicales,
10:25et il se dit, ce n'est pas grave,
10:27le ministre a dit qu'on devait faire autre chose.
10:29– Alors, ce n'est pas ce que j'ai dit, parce que d'abord,
10:31non, ce n'est pas ce que j'ai dit,
10:32et la procureure d'Auge avait ordonné
10:35en réalité, dès qu'elle a eu le dossier entre les mains,
10:37alors où ça substitue, je ne sais pas, l'un de ses substituts
10:39avait ordonné, dès qu'ils ont reçu
10:41le dossier et lu le dossier et pris connaissance
10:43du dossier, aux gendarmes
10:45de faire une garde à vue.
10:47– Ils ont quand même mis un certain temps d'entendre
10:49et d'ailleurs, ils ne l'ont pas entendu.
10:50– Mais c'est parce que les gendarmes n'ont pas respecté
10:52les instructions qui leur ont été données,
10:53ben si, c'est la réalité.
10:55– Oui, mais l'instruction leur a été donnée en février,
10:57alors que la petite Rosa dépose plainte avec sa mère
11:00en août 2025, on leur donnera l'instruction
11:02en février, parce qu'il y a eu un dessaisissement
11:04entre le parquet de Toulouse et le parquet d'Auge.
11:06– Ça, tout à fait, vous avez raison d'insister là-dessus.
11:08– La discussion a quand même été donnée tardivement.
11:10– Non, non, mais parce qu'il y a eu un dessaisissement
11:12et ça, ça fait partie du problème
11:14que, quand je vous dis qu'il ne s'agit pas
11:16d'un dysfonctionnement particulier
11:18et spécifique, ça fait partie
11:21effectivement d'un problème plus global
11:22où il y a un problème de communication
11:24entre juridictions, il y a un problème
11:26de communication entre parquets,
11:28il y a un problème de communication des informations
11:30et il y a un problème de priorisation
11:32des informations.
11:33Et évidemment que c'est regrettable,
11:36mais le mot est évidemment trop faible.
11:38– On verra ce que l'enquête dit quand même.
11:40– On verra ce que l'enquête dit.
11:42Mais ce qui est certain,
11:43c'est que ce dessaisissement
11:44qui met plusieurs mois,
11:45ça n'est pas normal, ça c'est sûr.
11:47Et ce qui n'est pas normal non plus,
11:49c'est que lorsque la procureure d'Auge,
11:50je crois, de mémoire, en février,
11:51demande aux gendarmes d'auditionner Jérôme Barrella,
11:54les gendarmes ne le font pas.
11:55Alors qu'eux, ils avaient le temps de le faire,
11:56il ne faut pas exagérer.
11:56– Elle a mis six mois à le demander.
11:58– Bon, sur le...
11:59Maître, pardonnez-moi,
12:00mais il y a quelque chose dans...
12:02Cette fameuse circulaire de Gérald Darmanin, 2025,
12:05bon, elle fait peut-être plusieurs pages,
12:06j'ose espérer que les dessinataires
12:07de ce courrier de Gérald Darmanin
12:08savent lire plusieurs pages,
12:09notamment sur des affaires grandissimes.
12:11– Elle n'est pas très longue.
12:11– Et elle n'est pas si longue que ça.
12:13Et ça va arriver.
12:13– J'ai les deux circulaires ici.
12:14– C'est un court passage qui concerne
12:16la violence fatale mineure.
12:17– Mais ce court passage dit, texto,
12:20« Lorsque la victime est mineure,
12:22les violences physiques ou sexuelles
12:23doivent faire l'objet d'une vigilance particulière
12:25et d'un traitement prioritaire. »
12:27Je veux dire, on ne peut pas être plus clair que ça,
12:28il n'y a pas besoin d'écrire six pages
12:30pour expliquer ce que cela veut dire.
12:31L'enquête administrative déterminera
12:33si, oui ou non, les consignes de cette circulaire
12:35n'ont pas été appliquées.
12:36Mais si les consignes n'ont pas été appliquées,
12:38je ne vois pas en quoi c'est de la responsabilité
12:40de Gérald Darmanin
12:41qui est lui pris par une séparation des pouvoirs
12:44et qui ne peut pas faire autre chose
12:45que d'édicter cette règle générale, certes,
12:47mais il ne peut pas faire autre chose.
12:48– Il s'en plaint d'ailleurs.
12:49– Il s'en plaint, il aimerait faire évoluer les choses.
12:53– Ou n'importe quel ministre de la Justice,
12:54le ministre de la Justice en France
12:55ne peut pas faire plus que d'écrire ça.
12:57– Si, si, mais évidemment qu'il peut faire plus.
13:01Vous donnez la lecture d'un paragraphe
13:04qui concerne les violences faites aux mineurs.
13:06Heureusement que ça existe
13:07et c'est la moindre des choses.
13:08Maintenant, quand ce paragraphe consacré aux mineurs
13:10est noyé au milieu,
13:12personne ne pourra contester que depuis des mois
13:14on ne parle que du narcotrafic quand même.
13:16Ce n'est pas moi qui viens vous affirmer ça.
13:18– Mais c'est un problème qui est réel
13:20qui est que, à mon sens,
13:21chaque affaire en chasse une autre
13:22et l'affaire Liana sera chassée
13:23par une prochaine affaire
13:24d'une gravité égale ou inférieure
13:26mais d'une gravité quand même
13:27qui chassera le problème de la fédophilie
13:29et de la pénocriminalité.
13:30– C'est exactement pour ça que je dis
13:31que la réponse n'est pas forcément
13:33une loi immédiatement.
13:34La réponse, c'est une question
13:36aussi de politique pénale.
13:37– D'accord avec ça avec toi.
13:39– D'autant plus que la loi intégrale,
13:41en l'occurrence,
13:42n'aurait absolument rien changé au dossier.
13:44En réalité, là, ce qu'on fait,
13:45c'est qu'on exhume une loi
13:46qui a été proposée en novembre
13:47et qui n'a rien à voir avec l'affaire
13:49et parmi toutes les mesures,
13:50je ne conteste pas le fond de cette loi,
13:51je ne l'ai pas étudiée en entier,
13:53il y a certainement plein de bons points
13:54dans cette loi, c'est à débattre
13:55– Et notamment les 140 points
13:56qui avaient été suivis par la civise
13:57au moment d'un rapport
13:58qui lui a été recommandé en roche.
14:00– Cette loi est très soutenue
14:01par les associations,
14:02donc j'ai quand même bon espoir
14:03qu'il y ait des choses intéressantes dedans.
14:05– Il y a évidemment des choses intéressantes.
14:07– Mais ça, c'est une évidence.
14:08– Cette loi qu'on exhume
14:09comme si c'était la solution miracle
14:10qu'on avait déposée en novembre
14:11n'aurait rien réglé dans cette affaire-là.
14:14Il n'y a aucune des mesures de cette loi
14:16qui n'aurait empêché le drame de l'IANA.
14:18Les dysfonctionnements qui ont mené à ce drame
14:19ne seraient jamais réglés par cette loi.
14:22– La loi actuelle permet déjà aujourd'hui
14:24d'aller traquer ces personnes
14:27qui menacent nos enfants.
14:28Excusez-moi pour mon vocabulaire,
14:29mais je pense que c'est ce que les Français pensent.
14:32– Tout ça est une question probablement aussi de priorité.
14:36– Il y en a un, Bruno Jeudy, qui n'est pas très bavard,
14:38c'est Emmanuel Macron sur le sujet.
14:40On se souvient que certains de ses prédécesseurs
14:42étaient plutôt promptes à commenter, lui, moins.
14:45On ne répond pas, regardez ce qu'il dit,
14:47on ne répond pas à un drame par des cris.
14:50La précipitation et la démagogie
14:51sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur
14:53et qui ne sont pas respectueuses.
14:54C'est de la démagogie que de réclamer plus de sévérité ?
14:57C'est de la précipitation que de réclamer plus de sévérité ?
15:00– Je trouve que c'est ambigu et maladroit,
15:04cette formulation, ça tombe dans tous les cas pas très bien.
15:06J'avais préféré, lorsqu'il a réagi depuis le Monténégro,
15:12lorsque le Premier ministre convoquant ses ministres
15:15au lendemain de la découverte du corps.
15:19– Il parle de dysfonctionnement d'emblée ?
15:20– Là, il parle de dysfonctionnement,
15:22il récuse la question des moyens.
15:26– Ce qui lui a été reproché, ça, c'est question.
15:28– Ce qui lui a été reproché, en tous les cas,
15:29il est net, il est carré dans sa parole,
15:31ce qui est très rare, en plus il s'exprime depuis l'étranger,
15:33sur un fait divers, ce qui n'est pas du tout l'habitude d'Emmanuel Macron,
15:36contrairement, c'est vrai, à certains de ses palestinaires.
15:38– Il est très net dans sa parole quand il se permet de dire
15:40« je ne veux pas entendre parler de moyens »,
15:41enfin pardon, on n'a pas le droit de parler des moyens,
15:44et c'est quand même pas…
15:45– Bien sûr qu'on a le droit de parler des moyens, vous avez raison,
15:46mais dans cette affaire-là, je ne suis pas sûr que ce soit une affaire de moyens.
15:49– C'est aussi pas que, mais aussi…
15:50– Non, mais dans cette affaire-là, je ne suis pas certain du tout que ce soit une affaire de
15:53moyens.
15:53– La vérité est au milieu.
15:55– En revanche, juste pour terminer sur ce que dit Dominique,
15:58depuis c'est vrai que son entourage, parce que évidemment la question s'est posée,
16:02est-ce qu'il était envisageable que le président y aille,
16:05compte tenu de l'émotion que ça a rendu dans le pays ?
16:07– Pour l'instant, il n'y a pas un ministre qui s'est rendu sur place,
16:09on aurait pu penser la première dame aussi éventuellement,
16:11on sait qu'elle est très engagée dans ces combats.
16:12– Je pense que c'est trop compliqué,
16:15les collaborateurs du président, un collaborateur du président s'est rapproché,
16:18et du maire de Florence et de la famille.
16:23Il y a eu des contacts qui ont été pris, qui sont réguliers,
16:25mais évidemment, pour l'instant, la décision qui a été prise,
16:27ce n'est pas de personnalité présente sur place,
16:30et surtout pas à la marchange, de toute façon, la famille ne le souhaitait pas.
16:34– Elle l'avait bien dit par ses avocats.
16:35– Et d'ailleurs, les déclarations de l'avocat de la famille de Liana
16:39sont assez dévastatrices, il me semble, pour Gérald Darmanin,
16:42particulièrement, pour le pouvoir exécutif,
16:44et pas du tout par rapport aux gendarmes,
16:46et pas du tout par rapport au pouvoir judiciaire.
16:48– Laissez penser que ça ne tient qu'à un homme,
16:50c'est quand même, je pense…
16:51– Non, ça tient à une politique pénale.
16:52– Non, vous voyez, autant je ne suis pas d'accord totalement
16:55avec les propos du président,
16:56et vous, vous êtes totalement allé le poser
16:58en expliquant qu'il n'y aurait aucune faute individuelle.
17:01– Mais je n'ai pas dit ça ?
17:02– Vraiment, je n'ai pas dit ça.
17:03– Mais il y a aussi des moyens, il y a aussi une question de moyens.
17:06– Non, en fait, c'est une multiplication de facteurs.
17:09C'est une multiplication de facteurs.
17:11Évidemment qu'il y a des fautes,
17:14certainement, mais ça, on verra ce que les rapports nous disent,
17:15mais je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas de faute personnelle.
17:17J'ai simplement dit que ça n'était pas d'abord
17:19un dysfonctionnement exceptionnel,
17:21et qu'on a un dysfonctionnement global
17:23qui, par ailleurs, est aggravé, peut-être,
17:27et ça on verra ce que les rapports nous disent,
17:28par des manquements personnels.
17:29– Victor Hérault, est-ce que cette affaire Liana
17:31peut marquer au fer rouge la prochaine campagne présidentielle ?
17:34– Vous vous souvenez, en 2002, il y avait eu Papy Voix,
17:36c'était 2-3 jours avant, ce retraité passait à tabac.
17:38Là, il y a Liana, est-ce que ça va peser, ça, sur sa campagne ?
17:41– Je pense, c'est peut-être contradictoire
17:43avec ce que je viens de dire avant,
17:44quand je dis une affaire en chasse toujours une autre,
17:46et c'est vrai que dans ce pays, on a l'impression
17:47que tous les mois, une nouvelle affaire en chasse une autre,
17:49et pointe un nouveau dysfonctionnement
17:50et un nouveau besoin de moyens.
17:51Cela dit, cette affaire-là, à mon avis,
17:53va rester dans les mémoires.
17:54Il faut en revanche espérer qu'elle reste dans les mémoires
17:55pour de bonnes raisons,
17:56c'est-à-dire pour que les politiques mettent de côté
17:59les querelles, cette fois-ci, politiciennes,
18:00cessent de chercher le bouc émissaire, etc.,
18:02et se mettent d'accord pour constituer,
18:04que ce soit une loi, que ce soit un projet,
18:05qu'importe, ou en tous les cas,
18:07pour des propositions pour la présidentielle,
18:08mais des choses qui soient concrètes
18:10et qui parviennent à enrayer ce problème
18:12de la pédophilie, de la pédocriminalité
18:13et des dysfonctionnements de la justice en France.
18:15Tout le reste, ce sont des leurs,
18:16et c'est de la démagogie, c'est de la politique basse,
18:19il faut en finir avec ça.
18:19– Et on se terminera sur ce petit mot
18:21qui avait été déposé,
18:22notamment par les proches de l'IANA,
18:23« Ta vie fut courte, mais ton impact sera éternel »,
18:27espérons-le en tout cas.
18:27Merci beaucoup.
18:28– Merci beaucoup.
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