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  • il y a 12 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00J'en viens ce soir au mystère et à l'angoisse à Florence dans le Gers, c'est là que
00:05la petite Liana, 11 ans, est portée disparue depuis vendredi, introuvable,
00:08depuis que le père d'une de ses amies l'a prise en voiture à la sortie du collège.
00:12Cet homme de 41 ans fait figure ce soir de principal suspect, à tel point, et on va en parler
00:17tout de suite avec vous Mathieu Rillière en vous retrouvant en direct,
00:19à tel point que cet homme donc de 41 ans vient d'être mis en examen.
00:27Absolument, le père de famille de 41 ans a donc été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineurs
00:34de 15 ans.
00:35A l'heure où je vous parle, le débat avec le juge des libertés et de la détention est en
00:41cours,
00:41mais c'est un profil du mise en cause qui se dessine, puisque selon des informations que nous sommes en
00:47mesure de vous confirmer,
00:48l'homme de 41 ans a longtemps été un agent polyvalent d'entretien discret, mais à l'automne 2020,
00:55un premier signalement serait remonté en interne après que la direction d'un établissement scolaire se soit inquiétée d'échanges
01:03sur le réseau social Snapchat
01:05entre l'homme de 41 ans et une mineure, une élève mineure, qui au départ semblait relever d'échanges tout
01:11simplement courtois,
01:12mais qui progressivement aurait pris une tournure jugée ambiguë et c'est à ce moment-là que ces comportements auraient
01:19été jugés inappropriés
01:21dans le cadre scolaire des comportements qui ont donc entraîné une procédure disciplinaire
01:26et la fin de la collaboration entre l'homme de 41 ans et les établissements scolaires à la demande de
01:32la région.
01:33En tout cas, à l'heure où je vous parle, il y a une chose qui est importante à préciser,
01:37c'est que le suspect n'a pas souhaité s'exprimer face au juge d'instruction ce soir du tribunal
01:42d'Agen.
01:44Mathéo Rivière avec Elio de Francombe en direct de Florence dans le Gers où donc Liana a disparu depuis maintenant
01:49plus de 72 heures.
01:50On est resté avec Dylan Slama et avec Laurent Valdiguier. Merci à tous les deux d'être restés avec moi.
01:54Et on accueille le général Fonbonne. Bonsoir mon général.
01:57Merci d'être là, général de gendarmerie, ancien commandant de la section de recherche d'Orléans.
02:00On a une urgence ce soir. On va parler évidemment de la mise en examen.
02:03On va parler du suspect qui ce soir est mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineurs.
02:09On va y revenir. Mais on a une urgence.
02:12Les enquêteurs ont une urgence. C'est qu'ils n'ont toujours pas retrouvé Liana.
02:15C'est de savoir où est la petite, effectivement.
02:16Absolument.
02:17Et alors on voit, il y a des fouilles qui sont organisées sur le terrain avec un renfort de gendarmes
02:23mobiles.
02:24Je dirais dans la pire des hypothèses. Parce que ça veut dire que si on la retrouve dans un lieu
02:29isolé, dans les bois, dans un étang, ça veut dire qu'elle est effectivement décédée.
02:34Après la deuxième hypothèse, dans l'hypothèse effectivement où la personne qui a été mise en garde à vue et
02:40en examen est bien l'auteur, ça veut dire qu'elle pourrait être séquestrée quelque part.
02:44Alors, manifestement, vous connaissez la règle, mise en garde à vue sur des éléments plausibles, mise en examen.
02:51À ce moment-là, c'est le juge d'instruction qui en décide quand il considère qu'il y a
02:54des charges.
02:55Donc, on est évidemment toujours juridiquement dans la présomption d'innocence.
02:59Mais ça veut dire que les révélations ou les éléments qui ont été apportés par les enquêteurs crédibilisent l'hypothèse
03:07de départ.
03:07Mise en examen pour enlèvement et séquestration de mineurs de 15 ans.
03:11Laurent Valiguel, il y a le saba.
03:12Qu'est-ce que ça veut dire ce soir ? Que la justice retienne cela ce soir ?
03:15Ça veut dire qu'il est pris un innocent, bien entendu, mais c'est la justice qui le soupçonne, puisque
03:20c'est le dernier à l'avoir vu.
03:23Et d'ailleurs, il a reconnu en garde à vue, dans un premier temps, qu'il l'avait prise dans
03:29sa voiture pour la conduire du collège Hubert Reeves de Florence jusqu'à la piscine, un kilomètre.
03:36Après, il dit qu'il l'a laissée là.
03:37C'est vrai que ce qui est hautement suspect ce soir, c'est que, enfin, Maître Slama va me contredire,
03:44mais c'est que devant le juge, il est choisi de rien dire.
03:48Il se taise.
03:49Alors, il y a un débat maintenant devant le juge des libertés de la détention, parce que manifestement, le parquet
03:54demande son incarcération ce soir.
03:57Ce qui serait la logique, ou l'habitude, je ne sais pas comment dire ça, qu'il soit mis en
04:02place en détention provisoire ce soir ?
04:03C'est la logique, vu l'incrimination qui pèse sur lui, et l'ampleur de soupçons qui pèsent sur lui.
04:08Mais indépendamment de l'enquête, indépendamment de ce qui s'est passé, on voit bien qu'il y a une
04:13course contre la montre pour retrouver Liana.
04:17Puisqu'il y a un trou de deux heures dans son emploi du temps, entre 15h et 17h, vendredi, puisqu
04:25'il l'apprend, dit-il, au bord de sa voiture à 15h,
04:28et il revient au collège, lui, il a deux enfants de 11 et 7 ans, il revient au collège à
04:3517h, il est à une fête du collège pendant une heure ou deux,
04:39et puis ensuite, il y a la nuit, et puis ensuite, il est arrêté le lendemain, quand les enquêteurs se
04:44rendent compte qu'il a été vu par une caméra de vidéosurveillance
04:48devant le collège la veille à 15h, et puis que depuis, plus rien.
04:52Donc c'est vrai que se taire à ce stade, si on n'a absolument rien à se reprocher, si
05:00on n'a absolument rien à se reprocher,
05:02et si on veut jouer le jeu de retrouver cette petite fille, c'est...
05:07Maître Stamart fait le nom de la tête.
05:08Non seulement c'est un droit, mais bon, on pourrait dire que c'est un droit qui pourrait être mal
05:12utilisé,
05:13mais surtout, encore une fois, il faut savoir comment se passe une mise en examen.
05:16Le principe de la justice, c'est le contradictoire, on sait ce qui vous est reproché, et on sait quels
05:21sont les éléments.
05:22L'avocat, dans le cadre de ce type de journée, il a accès au dossier une heure, deux heures, voire
05:27parfois maximum trois heures,
05:29pour lire parfois des centaines et des centaines de PV.
05:31Il faut dire les choses comme elles sont, il n'a pas le temps de les lire, il n'a
05:34pas le temps de s'entretenir avec son client,
05:35il le voit une demi-heure, parfois 45 minutes, après quoi la greffière appelle et dit,
05:39maître, maître, on est pressé, il faut que vous passiez voir le juge.
05:42Donc, vous, votre conseil, c'est dire, laissez-vous ?
05:44En général, si on dit au client de parler et de répondre aux questions, avec le stress, avec l'urgence,
05:50avec la confusion,
05:51pour peu qu'il se trompe et qu'il dise que la voiture qu'il a vue était jaune et
05:53pas rouge,
05:54on va lui reprocher pendant trois ans en disant, mais attendez, c'est quand même bizarre que vous soyez trompé
05:57sur la couleur,
05:57alors qu'en vrai, il est dans un état de stress pas croyable.
06:00Je parle de la couleur de la voiture, ça peut être mille choses et il y a mille occasions de
06:03se tromper de bonne foi
06:05et donc les erreurs de bonne foi qui seraient prononcées aujourd'hui dans l'urgence devant le magistrat,
06:09croyez-moi que devant une cour d'assises dans quatre ans, on ira encore lui reprocher cette erreur.
06:12Donc moi, effectivement, je trouve qu'il est beaucoup plus prudent de garder le silence
06:16quand on n'a pas pu s'entretenir correctement avec son avocat
06:18et que l'avocat lui-même n'a pas pu voir le dossier dans l'audition.
06:21Très bien sur une chose, au moment des premières interrogatoires, des premières auditions,
06:24il parle puisque la procureure de Hoche nous dit qu'il a des premières déclarations
06:28qui sont incohérentes et imprécises,
06:30qui justement justifient que la garde à vue se mette en place,
06:33la garde à vue soit prolongée, etc.
06:34Il y a raison de plus pour garder le silence.
06:35Lorsque justement on est imprécis, ça ne donne pas envie, si vous voulez,
06:39de s'exprimer encore plus parce que oui...
06:41Vous retenez l'imprécis, la procureure dise aussi incohérent.
06:46Oui, mais alors si vous voulez, je ne connais pas le dossier, je ne suis pas son avocat,
06:49mais on va chercher un individu peut-être à 6h du matin.
06:51Est-ce qu'on est toujours cohérent lorsqu'on est soumis à un jeu de questions
06:54roulant, parfois avec des pièges, des enquêteurs,
06:57qu'on ne sait pas quelle question va être posée ?
06:58On n'est pas toujours cohérent dans notre quotidien.
07:00Lorsqu'on est placé en garde à vue, y compris lorsqu'on est innocent,
07:03on ne l'est pas toujours.
07:03Je précise une chose d'une phrase,
07:05il est parfois plus difficile de se défendre quand on est innocent
07:07que lorsqu'on est coupable.
07:09Général.
07:10Je suis à moitié d'accord.
07:11C'est-à-dire qu'effectivement...
07:12J'ai une bonne moitié.
07:13Oui, oui.
07:13Non, mais une bonne moitié.
07:14Devant le juge d'instruction, effectivement.
07:17Lorsque l'avocat n'a pas pris connaissance du dossier,
07:20il vaut mieux se taire plutôt que de dire une bêtise.
07:22Et puis encore une fois, c'est une bêtise qui peut être irréversible
07:25indépendamment de la culpabilité ou de l'innocence de la personne qui est présentée.
07:29Maintenant, en garde à vue, c'est beaucoup plus long.
07:31Ça dure 48 heures.
07:32C'est-à-dire que l'on va...
07:34Et c'est la logique de ce que dit la procureure de la République,
07:36c'est-à-dire des réponses qui sont parcellaires
07:38et qui sont incohérentes.
07:40Parce qu'effectivement, dans ce genre d'affaires,
07:43dont la qualification pénale est abominable,
07:45on parle évidemment d'enlèvement et séquestration
07:47parce que ce sont les seuls éléments matériels
07:49dont disposent les gendarmes.
07:51Ça veut dire qu'aujourd'hui, pardon,
07:53pour traduire un peu les choses,
07:55pour celles et ceux qui nous regardent ce soir,
07:56ça veut dire qu'en l'état actuel des choses,
07:58les enquêteurs n'ont aucun élément
08:01leur laissant penser...
08:02Oui, qu'il y a autre chose.
08:03Qu'il y a autre chose.
08:04Qu'il y a autre chose.
08:04Le plus grave.
08:05Qu'il y a effectivement un homicide.
08:08D'où l'intérêt des recherches.
08:09Mais la qualification pénale,
08:10à la limite, elle n'a pas d'importance
08:12parce qu'elle peut changer
08:13jusqu'en appel de cour d'assises,
08:16jusque devant la cour de cassation.
08:18Non, ce qui est intéressant
08:18dans ce que dit la procureure
08:19et ce que vous dites, maître,
08:20c'est-à-dire qu'avec des faits aussi abominables,
08:24moi, je n'ai jamais vu un suspect
08:26se mettre en garde à vue,
08:28garder le silence
08:29et à un moment donné, tout lâcher.
08:31C'est toujours, au fur et à mesure
08:33que les gendarmes avancent, les pions...
08:34C'est très progressif.
08:35C'est très progressif.
08:36Et la difficulté étant justement
08:37de ne pas casser cette progressivité.
08:39C'est-à-dire qu'on parle normalement
08:41comme si on ne se met pas en colère,
08:43on n'insulte pas la personne, évidemment.
08:45On parle normalement
08:46et on essaye d'entretenir ce lien.
08:47Et à ce moment-là,
08:48ça se construit comme un escalier.
08:50C'est-à-dire,
08:50vous connaissez la petite fille ?
08:52Non.
08:53Vous êtes sûr parce qu'elle a fait déjà une soirée ?
08:55Ah oui.
08:56Vous étiez sur place ce jour-là ?
08:58Ah non, je n'étais pas sur place ce jour-là.
09:00Pourtant, on vous a vu...
09:02Oui, c'est vrai.
09:03Mais 10 minutes avant.
09:04Elle est montée dans votre voiture ?
09:05Oui, elle est montée dans ma voiture.
09:06Mais je l'ai emmenée à la piscine.
09:07Et au bout d'un moment,
09:10si on a un peu de chance,
09:11si les gendarmes savent bien faire,
09:12si la personne est, je dirais,
09:14réceptive à ce qu'on lui dit,
09:16on peut avoir, en fin de garde à vue
09:18ou plus rapidement,
09:20des aveux.
09:20Alors des aveux,
09:21c'est des aveux circonstanciels.
09:22C'est-à-dire que la personne donne aux enquêteurs
09:25typiquement...
09:26L'endroit où se trouve où il y en a.
09:27C'est-à-dire un élément
09:29que matériellement ils ignorent
09:30et qu'ils n'ont pas pu inventer
09:31et qu'ils n'ont pas pu lui souffler
09:34sous la pression.
09:35Mais là, on a le sentiment
09:37que les enquêteurs ont été face à un mur.
09:38Au moins une bonne partie
09:39de l'audition, de la garde à vue
09:42et encore plus dans le bureau du juge derrière.
09:44Alors c'est-à-dire qu'ils sont confrontés
09:46à quelqu'un qui,
09:47je dirais pour reprendre la métaphore de l'Escali,
09:49au fur et à mesure qu'il avance,
09:51donne quand même,
09:51parce que ce n'est pas préparé,
09:53parce que c'est de l'impro,
09:54donne des réponses
09:55qui, celles de midi,
09:56ne sont plus les mêmes que celles de 16h,
09:58qui ne sont plus les mêmes
09:59que celles de 2h du matin.
10:00Si on est face à un mensonge
10:01et qu'il n'y a pas d'éléments tangibles,
10:04forcément, à un moment donné,
10:05la personne va dire quelque chose,
10:06se rend compte qu'il va tomber
10:08dans un piège
10:09ou qu'il va tomber dans une impasse.
10:10Donc c'est,
10:11ah non, je vous ai dit ça tout à l'heure,
10:12mais finalement, c'est plutôt ça.
10:15Vous savez, c'est comme,
10:16on prend souvent cette idée,
10:19c'est comme quelqu'un
10:19qui bouche les trous,
10:20si vous voulez,
10:21avec des fuites dans un toit.
10:22Au bout d'un moment,
10:23il y a tellement de fuites
10:24que l'appartement,
10:26le toit s'écroule
10:27et que vous êtes obligés
10:28de vous rendre à l'évidence.
10:30On parlera évidemment
10:31du profil de ce suspect
10:33dans une seconde,
10:35mais je reste,
10:36d'une certaine manière,
10:37en garde à vue avec vous,
10:38général.
10:39Est-ce qu'on peut aller
10:40jusqu'au fait de jouer l'empathie ?
10:43Ah mais c'est la règle.
10:44Qui est un des enquêteurs
10:45qui surjoue l'empathie,
10:47qui surjoue la proximité avec lui
10:48pour essayer justement
10:49de le faire craquer ?
10:49Absolument.
10:50C'est assez difficile,
10:51mais c'est ce qu'on apprend
10:53dans les écoles
10:54de police judiciaire
10:56de la gendarmerie.
10:57La violence,
10:58l'énervement,
10:59la colère,
11:00le jugement,
11:01ça ne marche jamais.
11:02En revanche,
11:03moi je disais à mes enquêteurs,
11:05plus l'affaire est abominable,
11:06plus on prend de temps
11:08pour rentrer dans le vif du sujet.
11:09D'abord parce qu'on déstabilise
11:11la personne gardée à vue.
11:12Ensuite,
11:13parce qu'en parlant avec lui,
11:14on comprend
11:15ce qu'il comprend.
11:17S'il a 20 mots de vocabulaire
11:18ou s'il en a 20 000,
11:20on voit quelles sont ses réactions,
11:21on voit ce qu'il aime,
11:22quelles sont ses valeurs.
11:24Et à un moment donné,
11:25on va commencer à rentrer dans les faits.
11:26Mais peut-être une heure,
11:27deux heures,
11:27trois heures.
11:29La personne ne comprend pas
11:30pourquoi on ne rentre pas
11:31plus vite dans le sujet.
11:32Mais surtout,
11:33vous allez pouvoir ensuite,
11:34à l'aune de l'observation
11:35que vous avez faite de lui
11:36pendant quelques dizaines de minutes,
11:38pendant quelques heures,
11:39voir comment il réagit.
11:41Et ensuite,
11:41on va,
11:42je dirais,
11:42appuyer là où ça fait mal.
11:44Mais là où ça fait mal,
11:45c'est ce qui pour lui
11:47a de l'importance.
11:48Vous avez une maman,
11:50vous avez une petite fille,
11:51qu'est-ce qu'elle penserait de vous
11:52si elle vous trouvait
11:53dans cette situation ?
11:54Qu'est-ce qu'il faut imaginer ?
11:56Qu'est-ce que vous penseriez
11:57de quelqu'un qui serait accusé
11:58de faire ça ?
11:59Et à un moment donné,
12:00ou pas,
12:01mais à un moment donné,
12:01vous avez une chance de,
12:02j'allais dire,
12:03de trouver le défaut de l'armure.
12:05Alors, oui,
12:05il est technique
12:06parce qu'on a une contradiction
12:07sur la téléphonie,
12:08sur les horaires, etc.
12:09Et là,
12:09je dirais qu'on ne discute pas
12:10de la même façon.
12:11Mais de toute façon,
12:15il y a quelques minutes,
12:17ça va apporter la coloration,
12:18ça va apporter le mobile
12:19et ça va apporter
12:20la compréhension du dossier.
12:22Laurent,
12:22il faut parler de ce suspect,
12:23du profil de ce suspect
12:24parce qu'on a des éléments
12:25et on entendra la maman de Liana
12:26dans un instant
12:27qui s'est confiée à BFM TV.
12:28C'est absolument,
12:29enfin voilà,
12:29c'est terrible
12:32ce qu'elle raconte
12:34et ce qu'elle vit
12:34et ce que vit cette famille.
12:36On a donc un père de famille
12:37de 41 ans,
12:38père de famille
12:39qui connaît la petite Liana
12:40parce que Liana
12:41est déjà venue dormir,
12:42soirée pyjama,
12:43lui a une fille, etc.
12:44du même âge.
12:45qui sont amis.
12:47Qu'est-ce qu'on sait de plus
12:48sur cet homme ?
12:49On sait que Liana
12:51s'était plaint à ses parents
12:52de chatouilles
12:53de cet homme
12:54quand elle était allée dormir
12:56lors d'une soirée pyjama
12:58avec son amie.
13:00On sait ce soir
13:02que c'était une info
13:03de BFM TV
13:04de l'équipe tout à l'heure
13:05disant qu'il y avait déjà
13:06eu des incidents
13:07sur Snapchat.
13:09La messagerie entre lui
13:11et une autre,
13:12apparemment une autre
13:15jeune collégienne.
13:16Autrement dit,
13:17qui a un profil.
13:18On sait surtout
13:19qu'il n'avait aucune raison
13:21d'après les parents
13:22de Liana
13:24puisqu'elle a été avertie
13:26par ses parents
13:26de couper les ponts
13:27avec lui
13:28ou en tout cas
13:28de rester à distance,
13:30qu'il n'avait aucune raison
13:31de la transporter
13:33en voiture
13:33vendredi à 15h.
13:34C'est d'ailleurs pour ça
13:35que les parents
13:36ont été alertés
13:38par les gendarmes
13:38et que dès que les gendarmes
13:40ont su
13:40par la vidéosurveillance,
13:42c'est pour ça
13:43que c'est une course
13:43contre la montre,
13:44pas seulement
13:45dans la face-à-face
13:47des enquêteurs
13:47et du suspect,
13:49mais dans la recherche
13:50des enquêteurs
13:51de tous indices
13:52qui pourront leur permettre
13:54d'avancer.
13:55Le téléphone du suspect,
13:57évidemment,
13:57vous savez,
13:57le Landais,
13:58il a une spécialité,
13:59c'est que tout d'un coup,
14:01il éteignait son téléphone
14:02ou il mettait son téléphone
14:03en mode avion.
14:04Alors là,
14:04c'était hautement suspect
14:05ces moments-là
14:06puisque par définition,
14:07ils ont toujours correspondu
14:08à des moments
14:09où il avait quelqu'un d'autre
14:10dans la voiture que lui.
14:13Les enquêteurs
14:13n'ont pas dit à ce stade
14:14qu'elle était le modèle
14:15de la voiture.
14:16Ils ont juste dit
14:17que c'était une voiture moderne.
14:19Alors une voiture moderne,
14:20ça veut dire
14:20qu'elle est pleine
14:20de mouchards électroniques
14:23qui sont absolument
14:26indéverrouillables
14:27par le commun des mortels.
14:28Et on sait
14:29qu'ils ont saisi la voiture.
14:30Ils ont saisi la voiture.
14:31Alors on a l'internalisé.
14:32La voiture,
14:33ils l'ont mise sous cloche,
14:35ils l'ont mise
14:35sur une remorque
14:36et ils l'ont conduite
14:38dans le hangar
14:40de l'IRCGN
14:41à Pontoise
14:41où ils avaient fait parler
14:43la voiture de le landais.
14:44Alors pardon,
14:44on va revenir là-dessus
14:45sur ces analyses
14:45qui sont en cours
14:46et qui pourraient permettre
14:46de débloquer l'enquête
14:47et de retrouver Liana.
14:49D'abord,
14:49je voudrais qu'on l'entende
14:50la mère de Liana
14:51qui vous le disait,
14:51s'est confiée hier
14:52aux équipes de BFM TV
14:54et voici ce qu'elle disait
14:55sur cet homme
14:56mis en examen ce soir.
14:58Oui,
14:59elle le connaissait.
15:00Elle a fait une soirée pyjama
15:01en début d'année scolaire
15:03chez Sophia
15:04qui est sa meilleure amie.
15:05Elle nous avait dit
15:05qu'il s'était amusé
15:07à lui faire des chatouilles,
15:08qu'il avait,
15:08en gros,
15:09qu'il avait pas mal joué
15:10avec elle.
15:11Donc forcément,
15:11on a demandé
15:12si ça avait été plus loin.
15:14Elle nous a regardé
15:15un peu choquées
15:15sans trop comprendre
15:16de quoi on parlait.
15:18donc elle m'a dit
15:18qu'il avait juste joué
15:20avec elle
15:21comme un papa
15:22jouer avec sa fille.
15:23Liana,
15:23qui descend du bus
15:25pour aller dans le collège,
15:26le voyait tous les matins.
15:28Il amenait des goûters
15:30à Liana
15:30tous les jours.
15:32Tous ces éléments-là,
15:33général,
15:34ce que raconte
15:35la mère de Liana
15:36ce soir,
15:36évidemment,
15:37on pense à la famille
15:38ce soir.
15:39C'est les éléments
15:39que les enquêteurs
15:40cherchent à avoir aussi
15:41et vont apporter
15:41en garde à vue ?
15:42Oui, évidemment.
15:43Qu'est-ce qui s'est passé
15:44au moment où il y a
15:44cette soirée pyjama ?
15:45Vous savez,
15:46c'est ce que vous disiez
15:47tout à l'heure,
15:48c'est-à-dire qu'on va poser
15:49une question anodine,
15:50on va avoir une réponse
15:51et à partir de cette réponse,
15:52on va construire
15:53une autre question.
15:54Vous n'avez aucune attirance
15:55pour les jeunes enfants,
15:57pour les petites filles ?
15:58Ah ben non.
15:59Comment vous expliquer
16:00que...
16:00Ah ben non,
16:01mais c'est pas vrai.
16:01Si, regardez,
16:02on a une déposition,
16:02petit à petit,
16:03on va arriver dans quelque chose.
16:04Mais alors,
16:05évidemment,
16:06maintenant,
16:06c'est des arguments,
16:07je dirais,
16:07qui ont leur poids
16:08dans l'enquête
16:09et dans le fléchage
16:10du suspect.
16:11Mais c'est ce qu'on disait
16:13précédemment,
16:14c'est-à-dire que
16:15vous avez une enfant
16:16qui rentre à la maison
16:17et qui n'a pas de traces
16:19médico-légales,
16:20qui n'a pas été abusée
16:22sexuellement
16:22et qui vous dit simplement
16:24on a joué aux chatouilles.
16:25Il y avait une pièce de théâtre
16:26d'ailleurs qui avait
16:27ce titre-là
16:28et qui disait très exactement
16:29la même chose.
16:30Mais vous avez
16:32trois solutions.
16:33Dire à la petite fille
16:34allez,
16:35tu vas te coucher,
16:35tu inventes.
16:36La deuxième,
16:37c'est celle
16:37qu'ils ont prise,
16:39c'est-à-dire
16:40on n'emmène plus
16:41notre petite fille là-bas.
16:42Et la troisième,
16:43je dirais la seule
16:43qui soit vraiment efficace
16:44en termes d'ordre public,
16:45c'est de décrocher son téléphone
16:46et d'appeler la police
16:47ou les gendarmes.
16:48Mais les conséquences
16:49sont terribles
16:50pour celui qui est mis en cause.
16:51Vous voyez ce que dit
16:51la maman de Liana.
16:52On lui a posé la question
16:53et la petite fille
16:55ne savait pas
16:55qu'on lui parlait.
16:56C'est une toute petite ville
16:59même s'il y est pour rien.
17:01La personne qui est désignée,
17:02même pas comme suspect
17:03mais simplement
17:04comme étant susceptible
17:06d'avoir fait les...
17:06Il ne vit plus.
17:07Il peut déménager.
17:10Il est perdu.
17:10Donc je pense
17:11qu'on ne le fait pas.
17:12En plus,
17:13c'est un milieu d'amis.
17:14On se connaît.
17:14Et vous savez,
17:15toujours la même remarque.
17:17On n'aurait jamais pensé
17:18qu'il aurait pu faire ça.
17:19On le connaît
17:20depuis des années.
17:21Bien sûr.
17:21Même si là, ce soir,
17:22évidemment,
17:23à la faveur de l'enquête,
17:25on découvre un certain nombre
17:26d'éléments,
17:26de plus en plus d'éléments.
17:29Laurent, on le disait,
17:31l'une des manières,
17:31on voit bien que ce soir,
17:32l'enquête, d'une certaine manière,
17:33est bloquée pour l'instant
17:35parce que Liana n'a toujours
17:35pas été retrouvée.
17:36Je le disais,
17:37il est disparu depuis vendredi.
17:38Ça avait plus de 72 heures
17:39maintenant que ses parents
17:41la cherchent,
17:42que les gendarmes la cherchent.
17:43Il y aura un gros dispositif
17:43encore demain.
17:44Plus de 150 gendarmes,
17:45semble-t-il,
17:46présents sur le terrain.
17:47L'une des manières
17:47de les bloquer,
17:48c'est la technique.
17:49C'est la téléphonie,
17:51c'est la voiture.
17:52Vous le disiez,
17:53ça s'est déjà fait,
17:53notamment dans l'enquête
17:55Maëlys lelandais.
17:55La voiture,
17:56elle va dire deux choses
17:57aux gendarmes.
17:57Elle va dire son trajet
17:58où elle s'est déplacée
18:00pendant ses deux heures,
18:02ses deux heures au cœur
18:03de l'enquête,
18:04entre 15h et 17h,
18:05et puis éventuellement
18:05dans la nuit suivante.
18:07Parce qu'il n'est arrêté
18:08que le lendemain midi.
18:09Donc il peut s'être passé
18:11une infinité de choses
18:12dans la nuit suivante.
18:13On sait qu'il est revenu
18:14au collège Hubert-Reeves
18:16vers 17h,
18:17qu'il y ait resté
18:18une heure ou deux.
18:19Mais en réalité,
18:20toute la nuit suivante,
18:21c'est une énigme.
18:22Et puis la voiture,
18:23elle va essayer
18:23de leur dire deux choses.
18:25Elle va essayer
18:25de leur dire
18:26s'il y a des traces
18:27de Liana
18:28à un autre endroit
18:29que l'endroit
18:30où il est normal
18:30qu'elle ait été,
18:31c'est-à-dire sur le siège
18:32où il l'a transporté,
18:34dit-il,
18:34pour faire un kilomètre
18:35de la piscine.
18:37Lelandais,
18:37ils avaient désaussé
18:38entièrement la voiture.
18:40Mais la course
18:40contre la monte,
18:41lelandais avait eu le temps
18:42de la karcheriser.
18:43Il n'y a pas d'autre mot.
18:44Il avait passé
18:45au karcher
18:46pendant 45 minutes,
18:47pendant près d'une heure.
18:48Tout le coffre,
18:49tout le siège passager,
18:51ils avaient dans un premier temps
18:52à rien trouver
18:54sauf un ADN mélangé
18:56sur le bouton du phare.
18:58Parce que ça,
18:59lelandais,
19:00quand il l'avait transporté
19:01la petite fille
19:01dans la forêt,
19:02en revenant à sa voiture,
19:04il avait allumé
19:04les phares de la voiture.
19:06Et le bouton du phare,
19:08il n'avait jamais pensé
19:09lelandais
19:10qu'il fallait mettre
19:10un coup de karcher
19:11à cet endroit-là
19:12parce que par définition,
19:13Maëlys ne l'avait jamais touché
19:15ce bouton-là.
19:15Mais il y avait un ADN mélangé
19:17qui a conduit
19:18à le mettre en détention.
19:20Mais il aurait plaidé
19:22jusqu'à la fin de ses jours,
19:23lelandais,
19:23que c'était un ADN de contact.
19:25Vous savez,
19:26si je serre la main du général
19:27et si je touche le micro ensuite,
19:29je vais mettre de l'ADN du général
19:30sur le micro.
19:31C'est l'ADN de contact.
19:32Et dans un second temps,
19:34c'est grâce à la juge d'instruction.
19:35En février,
19:36rendez-vous compte,
19:38Maëlys,
19:38elle est enlevée en août.
19:40En février,
19:40la juge d'instruction,
19:41elle appelle le général
19:42Family de la gendarmerie
19:45et elle lui dit,
19:46mon général,
19:47je viens de regarder
19:48le karcher.
19:50Faites l'arrière-gauche
19:51du coffre,
19:52il y passe trop de temps.
19:54Et le général lui dit,
19:56mais madame la juge,
19:57on l'a déjà fait plein de fois,
19:58on n'a plus rien,
20:00on a défait la moquette,
20:01il n'y a rien.
20:02Elle lui dit,
20:03je vous en supplie,
20:04mon général,
20:04je sens quelque chose.
20:06Alors là,
20:07le général,
20:08dans le hangar,
20:09exactement le hangar
20:10où est la voiture
20:10aujourd'hui de ce suspect,
20:12ils ont décidé,
20:14ils l'ont d'abord fait
20:15sur un autre modèle,
20:16ils sont allés voir
20:16une autre Audi
20:17dans un garage,
20:17ils ont dit,
20:18comment on arrive à la tôle
20:19à cet endroit-là ?
20:19Ils avaient peur,
20:20les gendarmes,
20:21de détruire tous les indices.
20:22Ils l'ont quand même fait,
20:23mais dans une ambiance
20:24de chirurgie.
20:25Il y avait un plateau
20:26comme les plateaux
20:26de chirurgiens,
20:27ils ont désaussé le truc
20:29et ils ont vu,
20:31parce qu'eux,
20:32ils ont l'habitude,
20:33ils ont vu sur la tôle
20:34une micro-goutte de sang.
20:38Alors là,
20:38ils se sont regardés,
20:39ils étaient trois ou quatre,
20:40parce que pour eux,
20:40c'est des experts de ça,
20:41ils ont compris
20:42qu'ils tenaient quelque chose,
20:43ils ne savaient pas.
20:44Ils ont dû attendre deux heures
20:46parce que la machine,
20:47le séquence sur ADN,
20:48il met deux heures.
20:49Ils ont tout arrêté,
20:50ils ont mis cette micro-goutte
20:52dans l'âme,
20:53et là,
20:53c'était le sang
20:54de la petite Maëlys.
20:56Et pour les gendarmes,
20:57pour la juge,
20:58c'était,
20:59et pour le Landais d'ailleurs,
21:00qui n'a reconnu
21:01qu'à ce moment-là.
21:02En février,
21:03il l'a reconnu.
21:04Et là,
21:05devant l'évidence,
21:05son avocat lui a dit
21:06mais on n'a pas d'autre solution,
21:08rendez le corps.
21:08Et là encore,
21:09ils l'ont amené dans la forêt,
21:10ils ne se souvenaient plus le Landais.
21:11Ce sont les chiens
21:12qui ont retrouvé le corps.
21:13Rendez-vous compte
21:14le bras de fer
21:15qu'il y a dû avoir
21:16entre ces enquêteurs
21:17de la gendarmerie,
21:18entre la famille
21:19de cette petite fille
21:20qui a attendu six mois
21:21et la technique.
21:22Parce que là,
21:23les gendarmes sont...
21:24Pour le coup,
21:25on dit police scientifique,
21:26on devrait dire
21:27gendarmerie scientifique,
21:28parce que les gendarmes
21:28soient les meilleurs là-dedans.
21:30Donc là,
21:30cette voiture,
21:31la voiture de Florence,
21:32elle est dans cette configuration-là
21:34où elle va parler aux gendarmes.
21:35Il faut qu'elle parle
21:36et qu'elle aide les gendarmes.
21:38On verra ce qui peut se passer
21:39dans la suite de l'enquête.
21:39Maître Slama dans ces cas-là
21:40et on voyait tout à l'heure
21:41qu'il était l'invité de BFM TV,
21:43l'avocat de la famille.
21:44Comment on accompagne
21:46une famille ?
21:47Je disais tout à l'heure
21:47mystère et angoisse.
21:49C'est-à-dire que
21:50c'est un...
21:52Comment dire ?
21:53C'est un...
21:54Je ne trouve plus le mot,
21:56mais c'est un moment
21:58absolument terrible
21:59à vivre pour cette famille.
22:00C'est très difficile.
22:01On essaie de déployer
22:02des trésors de pédagogie
22:04comme Laurent Valdiguet
22:05à l'instant
22:05ou d'empathie
22:06pour expliquer
22:07comment vont se passer
22:07les choses.
22:08Parce que le langage judiciaire
22:09est technique.
22:09Une mise en examen,
22:11qu'est-ce que c'est ?
22:11Un JLD,
22:12un IPC,
22:12vous voyez,
22:13je ne parle pas à l'initial.
22:14Mais expliquer comment
22:15va se passer
22:15l'information judiciaire.
22:17Bien sûr qu'on ne donne pas
22:18les réponses souhaitées.
22:19Bien sûr qu'on n'a pas
22:20les réponses à toutes les questions.
22:21Mais déjà,
22:22d'essayer de rendre
22:23cette justice
22:24qui est un peu froide parfois,
22:25qui est distance,
22:26qui n'est pas toujours compréhensible,
22:27essayer de la rendre compréhensible
22:28pour les familles,
22:29pour les victimes,
22:30c'est déjà beaucoup
22:31et c'est ce qu'on essaye de faire
22:32lorsqu'on accompagne
22:33des départs civils
22:34et leur expliquer malheureusement
22:35que le chemin
22:36sera un petit peu long.
22:37C'est le toboggan
22:38du malheur et de l'espoir.
22:40Parce que dans la situation
22:40dans laquelle se trouvent ces gens,
22:43ils sont...
22:44ils sont noués
22:46d'inquiétudes.
22:48Mais ils espèrent encore.
22:50Et c'est vrai que le silence
22:52d'un suspect
22:52après 48 heures de garde à vue,
22:54le silence d'un suspect
22:56devant la juge,
22:57même si juridiquement
22:59il a intérêt,
23:00tout ce qu'on veut,
23:01pour cette famille,
23:03ça doit quand même
23:03être douloureux ce soir.
23:04Je précise une chose
23:05sur le silence
23:06devant le juge d'instruction.
23:07Lorsqu'on a répondu
23:08aux questions
23:09durant toute la garde à vue
23:10et qu'on arrive
23:11devant le juge d'instruction,
23:12il est assez rare tout de même
23:13que la juge d'instruction
23:14sorte de son chapeau
23:15des questions
23:15qui n'auraient pas été posées
23:16lors de la garde à vue.
23:17En général,
23:18même lorsque l'on fait le choix
23:19de répondre aux questions
23:20devant le juge d'instruction,
23:21surtout lorsque la garde à vue
23:22a été complète,
23:23la juge d'instruction pose
23:244 à 5 questions
23:25un peu complémentaires
23:26ou confirmez-vous
23:27vos déclarations de garde à vue.
23:29En général,
23:29ça a du sens
23:30si jamais l'individu
23:31a gardé le silence,
23:32qu'il continue à garder le silence
23:33lors de la mise en examen
23:34de l'IPC,
23:35on peut éventuellement
23:37trouver que cet argument
23:37soit recevable.
23:38Maintenant,
23:38si l'individu a répondu
23:39aux questions
23:40pendant toute la garde à vue,
23:41il est rare
23:42qu'il y ait des nouvelles choses
23:43à ajouter
23:43lorsqu'on arrive éreinté,
23:46fatigué,
23:46sans arriver avec ce dossier
23:47et en ayant vu son avocat
23:48peut-être une demi-heure
23:49au maximum
23:50devant le juge d'instruction.
23:50On va réentendre
23:51la mère de Liana
23:53justement
23:53l'interroger hier,
23:55jour de la fête des maires.
23:56Voici ce qu'elle disait.
23:57Bien sûr que je suis inquiète.
24:00Elle a disparu quand même.
24:02Ça fait deux nuits
24:02qu'elle n'est pas là.
24:03C'est la fête des maires
24:04aujourd'hui.
24:05Bien sûr que
24:08c'est horrible, horrible
24:09ce qui se passe.
24:10Et qu'est-ce que vous voulez ?
24:12Bien sûr.
24:14Je rêve que d'une chose,
24:15c'est qu'on la retrouve
24:16et que
24:18que j'ai le droit
24:19à mon câlin de fête des maires
24:20comme tous les ans
24:21et
24:23et voilà.
24:24Encore une fois,
24:25moment terrible,
24:26généralement,
24:26comment est-ce que les gendarmes,
24:27eux,
24:28font précisément
24:29parce qu'il y a le doute,
24:31il y a l'espoir,
24:32il y a la crainte,
24:33évidemment.
24:33Comment est-ce que les gendarmes
24:34se positionnent par rapport à ça
24:35et par rapport à la famille ?
24:36Ah, c'est très, très difficile.
24:38Je dirais qu'on se protège
24:40même en essayant
24:41de ne pas avoir
24:42de contact avec la famille,
24:43sauf si elle peut donner
24:45des éléments d'enquête,
24:46sauf si elle peut,
24:46évidemment,
24:47comme témoin,
24:49faire avancer l'affaire.
24:50Mais, je veux dire,
24:51dans une carrière
24:53d'enquêteur,
24:54on arrive à résister,
24:56on arrive à s'habituer,
24:57je dirais,
24:57quasiment à tout,
24:58à des découvertes de cadavres,
24:59à des choses
25:00qui sont abominables,
25:02à des faits abominables,
25:03mais affronter la douleur
25:04de la famille,
25:05c'est qu'on n'est pas formé
25:06pour ça,
25:06on n'est pas...
25:07Moi, ça m'est arrivé une fois,
25:09annoncer la mort
25:10d'un jeune homme
25:12qui était un trafiquant de drogue,
25:13qui était une personne
25:14assez peu recommandable,
25:16vous arrivez face aux parents,
25:18et il y a cette chose terrible,
25:19c'est-à-dire que,
25:20déjà,
25:20quand vous arrivez,
25:21que vous sonnez,
25:22vous sortez la carte tricolore
25:23en gendarmerie nationale,
25:25évidemment,
25:25il y a un choc tout de suite,
25:26et puis vous retrouvez,
25:28là, c'était la maman,
25:29en face de quelqu'un
25:30dont vous comprenez
25:32qu'elle a compris,
25:32mais le déni fait que
25:35elle recule pas à pas,
25:37mais très lentement,
25:39vous n'osez pas dire
25:40votre fils est mort
25:41parce que ça doit être un trafiquant,
25:43c'est son fils,
25:44et elle ne veut pas poser la question
25:45parce qu'elle ne veut pas,
25:47en quelque sorte,
25:48être l'artisan
25:48de son propre malheur.
25:50Donc il y a une espèce de,
25:51je dirais,
25:52de dialogue sans parole
25:54qui s'installe
25:55avec des questions
25:56« il rentrera pas ? »
25:58Non, il rentrera pas.
26:00Il est blessé ?
26:01Il est plus que blessé.
26:03Et on n'arrive pas,
26:04ni le gendarme,
26:05et je pense que c'est pareil
26:06pour toutes les personnes
26:07qui n'ont pas été forcément
26:08formées à ça,
26:10ni évidemment pour la maman
26:12ou pour le papa
26:12à qui on annonce
26:13cette nouvelle
26:14parce que c'est son fils,
26:16on n'arrive pas,
26:17on arrive très difficilement
26:19à franchir cette barrière émotionnelle
26:21qui est très violente.
26:21Je redonne l'information importante.
26:23Ce soir,
26:24le suspect a été mis en examen.
26:25Le suspect,
26:25c'est donc ce père de famille
26:26de 41 ans,
26:28père d'une amie de Liana
26:29qui a reconnu visiblement
26:31avoir pris Liana
26:32à la sortie du collège
26:33vendredi
26:34et l'avoir emmenée,
26:35c'est ce qu'il dit,
26:36à la piscine
26:36à kilomètres plus loin.
26:38Il était 15h vendredi
26:39et depuis,
26:40la petite fille de 11 ans
26:41est introuvable.
26:42Mise en examen,
26:43je le dis à nouveau,
26:45général,
26:45pour enlèvement
26:46et séquestration
26:46de mineurs.
26:47Alors, ça veut dire
26:48que les enquêteurs,
26:50pour parler clairement ce soir,
26:51n'ont aucun élément
26:51permettant d'établir
26:53que Liana est décédée
26:54et que cet homme
26:55aurait une quelconque responsabilité
26:57dans le décès de Liana,
26:58à fortior.
26:58Oui, c'est une très très bonne analyse.
27:00Elle a disparu,
27:02donc,
27:03elle a été séquestrée,
27:04elle a été enlevée,
27:05puisqu'il y a un témoin
27:06qui dit qu'il l'a vue
27:07dans la voiture de quelqu'un.
27:09Après,
27:09les éléments de preuve
27:10s'arrêtent.
27:11Il n'a rien dit
27:12pendant la garde à vue,
27:13au moins sur cette qualification pénale.
27:15Et puis,
27:16on le voit sur la photo
27:17qui est derrière vous,
27:18Maxime,
27:18avec les recherches.
27:19Ça veut dire que les recherches,
27:20jusqu'à présent,
27:21sont infructueuses.
27:22Et vous imaginez bien pourtant
27:23que, comme d'habitude,
27:25tous les moyens sont mis en œuvre.
27:26des gendarmes mobiles
27:27pour faire le ratissage.
27:28Il y a eu des battues citoyennes,
27:30les drones,
27:30un hélicoptère,
27:32les chiens,
27:32évidemment,
27:33des plongeurs éventuellement.
27:34C'est-à-dire,
27:35tous les...
27:36Et puis,
27:36encore une fois,
27:37c'est la course contre la montre
27:38avec le temps qui passe
27:40et qui est l'ennemi des enquêteurs
27:41et qui est l'ennemi,
27:42évidemment,
27:42de la santé de la personne.
27:44Évidemment.
27:44Laurent ?
27:44Oui,
27:45quand ils vont dépiauter la voiture,
27:46notamment l'informatique
27:47embarquée dans la voiture,
27:48on dit tout le temps le GPS,
27:50mais il y en a d'autres,
27:51des points,
27:51des mouchards
27:52dans une voiture moderne,
27:56circuler pendant cette période,
27:58pendant les deux heures
27:59et puis pendant la nuit suivante,
28:01ils verront si la voiture
28:02va bouger la nuit suivante,
28:04couplée à son téléphone,
28:05sauf que souvent,
28:06les suspects coupent leur téléphone
28:07ou mettent leur téléphone.
28:09Maintenant,
28:09ça,
28:09c'est extrêmement connu.
28:10Ce qui l'est beaucoup moins,
28:11c'est la voiture.
28:12Et en réalité,
28:13cette voiture,
28:14elle va indiquer aux enquêteurs
28:15s'il y a eu des stops
28:16à des endroits.
28:18Et alors là,
28:18ils vont orienter les fouilles
28:21dès qu'ils le seront.
28:23Donc,
28:23dans les heures
28:23ou dans les jours qui viennent,
28:24il y aura des fouilles
28:25plus ciblées qu'aujourd'hui.
28:26On continue évidemment
28:27à guetter tous les éléments
28:28qui nous arrivent de Florence
28:29dans le Gers ce soir.
28:30Vous l'avez vu,
28:31après la disparition,
28:32il y en a le suspect
28:33qui a été mis en examen ce soir.
28:34C'est l'une des informations
28:35de la soirée.
28:36Restez avec moi,
28:36on va se retrouver dans un instant.
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