- il y a 3 mois
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Plusieurs centaines de personnes sont donc venues dire adieu à Liana ce vendredi après-midi sous un grand soleil.
00:06Le Corbière Blanc a fait son entrée dans le cimetière de Florence.
00:09Le maire a de nouveau pris la parole pour saluer l'immense courage et la dignité des parents de la
00:15collégienne.
00:16Images compilés par Elsa Théobal, Valentinerie, Margot Sèvres, Agathe Pichon et Soisy-Coulier.
00:23Il ne faut plus qu'il y ait de prochaines Liana, il ne faut plus que ça arrive tout ça.
00:34Je suis en colère, je suis triste, c'est une histoire pas possible pour qu'on en arrive là, pour
00:38que les choses bougent, on va dire ça comme ça.
00:40C'est un sentiment mitigé entre la colère et la tristesse, mais effectivement il y a beaucoup de colère dans
00:46tout ça, beaucoup, beaucoup.
00:48J'ai des enfants, j'ai une fille, un garçon, c'est pas possible, ça devrait pas exister.
00:54S'il avait été interrogé par les services compétents, peut-être qu'on n'en serait pas là aujourd'hui,
00:59on serait peut-être pas là aujourd'hui.
01:00C'est ça qui est révoltant.
01:07Je trouve ça inadmissible.
01:09Il y a de la colère, de la colère parce qu'il faut que ça avance tout ça,
01:15parce qu'on vit dans un monde que la justice, il faut qu'elle soit plus sévère.
01:38Voilà pour les moments forts de cette cérémonie particulièrement émouvante.
01:41On vous retrouve sur place, Boris Carlamoff.
01:43Vous avez assisté à toute cette cérémonie.
01:46Le maire de Florence qui a également tenu à rappeler qu'avant d'être un symbole,
01:50Liana était d'abord une enfant de 11 ans.
01:55Absolument.
01:55Il y a un discours qui a été partagé par l'ensemble des maires des communes gersoises,
01:59puisqu'en parallèle de ses obsèques, il y avait cette initiative,
02:03à l'appel de cette association des maires du Gers,
02:05à tenir des rassemblements devant les très nombreux hôtels de ville de ce département.
02:12Concernant les obsèques, elles ont donc débuté par une très courte prise de parole
02:15par le maire de Florence, Grégory Beaubateau,
02:18qui a salué, je cite, le courage et la dignité de la famille de Liana
02:22au moment, je cite, d'affronter le pire.
02:25Et puis, il y a eu un discours lu par l'une des responsables des pompes funèbres,
02:31un discours qui avait été écrit à l'avance par la famille de Liana.
02:35Le plus bel hommage, dit-elle, ce n'est pas seulement de pleurer son absence,
02:39c'est aussi de continuer à faire vivre cette joie qu'elle savait partager.
02:43Des obsèques qui ont rassemblé pas moins de 400 personnes,
02:47la famille bien évidemment, mais également une foule d'anonymes.
02:51Certains n'ont pas hésité à faire plusieurs heures de route
02:53pour venir assister à cet ultime hommage.
02:55Et je vous propose d'écouter ces quelques réactions recueillies
02:58au micro de Margot Sèvres.
03:01En enfance, c'est ce qu'il y a de plus terrible,
03:03donc je pense qu'il faut essayer d'apporter le maximum de réconfort.
03:10Je crois que c'était le jour parfait,
03:13dans le sens où le soleil était là,
03:16il brillait pour elle,
03:17et je trouve que c'est une bonne idée d'avoir fait se lâcher de ballon,
03:21de colombe, ce petit frère qui était là aussi.
03:24C'est dur.
03:25C'est dur, mais c'était à l'image de Liana.
03:29Cette pureté, cette innocence, c'est...
03:36Désolée.
03:37Et une cérémonie forcément chargée en émotions
03:40qui s'est ponctuée par un lâcher de ballon
03:42ainsi qu'un lâcher de colombe.
03:45À la fin de cette cérémonie qui était publique,
03:47les obsèques se sont terminés dans la plus stricte intimité familiale
03:52au moment de l'inimation de Liana, 11 ans.
03:56Merci Boris Karlamoff.
03:57Avec Marc Gossev à Florence,
03:59la commune partagée donc ce soir entre émotions et colère,
04:02colère bien légitime face à cette tragédie
04:05qui aurait sans doute pu être évitée
04:07si seulement les signaux avaient été repérés.
04:09On en reparlera dans un instant.
04:11Vous verrez qu'ils étaient nombreux.
04:12Mais d'abord, Joseph Agostini,
04:13ce temps de recueillement,
04:14il était important de le marquer aujourd'hui.
04:17Il y a eu l'enquête, il y a la tragédie,
04:19il y a le symbole national.
04:20Mais il y a cette petite fille de 11 ans,
04:22il y avait ses copines qui étaient là aussi aujourd'hui.
04:24Oui, absolument.
04:24Et comme l'a dit le maire,
04:26ce n'est pas un symbole,
04:28c'est une petite fille.
04:29Mais malgré tout,
04:30on a besoin d'un tissu narratif.
04:31Vous savez,
04:32on a besoin de se raconter une histoire
04:34dans ces moments-là.
04:35Parce que l'histoire, le rite,
04:37c'est la seule chose qui humanise
04:38quand on vit de tels drames.
04:40Et on pense aux parents,
04:41on pense également aux proches,
04:43à tous les impliqués,
04:44à tous ceux qui se sont identifiés
04:45à l'Iyana dans ce village.
04:47Et cette déshumanisation-là
04:49n'a qu'un seul adversaire,
04:50c'est le vivre ensemble.
04:52C'est la solidarité,
04:53la fraternité.
04:54Et on voit à quel point ça opère,
04:56on voit à quel point ça apaise les âmes.
04:58Au-delà du cas de Jérôme Barrella,
05:00on découvre également depuis plusieurs jours
05:01maintenant une famille entière
05:03qui est rattrapée par la justice.
05:04Son frère Yannick,
05:06placé cette semaine en garde à vue,
05:07notamment pour viol sur mineurs
05:08de plus de 15 ans
05:08et viol par le conjoint.
05:10Et puis son frère,
05:11son père, pardon,
05:12Joël Barrella,
05:12âgé de 71 ans aujourd'hui,
05:13est accusé d'abus sexuels
05:14par les petites filles de sa compagne.
05:15Bonsoir Mourad Batik.
05:16Bonsoir.
05:17C'est vous qui les défendez.
05:18Elles s'appellent Maéva et Précilia.
05:19Elles ont aujourd'hui 20 et 26 ans.
05:21De quoi accuse-t-elles précisément,
05:23Joël Barrella ?
05:23Eh bien, pour l'une,
05:25d'agression sexuelle,
05:27alors qu'elle avait 9 ans.
05:28En tout cas,
05:29c'est les souvenirs qu'elle en a
05:30et c'est ce qu'elle a expliqué
05:31lorsqu'elle avait déposé plainte
05:33à l'âge de ses 11-12 ans,
05:35à l'entrée au collège.
05:38Et pour l'autre,
05:39de manière beaucoup plus grave
05:40et beaucoup plus irrémédiable
05:43de viol pendant 3 ans,
05:44de l'âge de 10 ans.
05:45De l'âge de ses 10 ans
05:47à l'âge de ses 13 ans.
05:48Trois années de viol,
05:49trois années d'enfer
05:51dans laquelle,
05:52non seulement,
05:53elle traversera
05:55un enfer infini et infernal,
05:56mais en plus,
05:57avec la circonstance aggravant
05:59de ne pas être cru.
06:01Pour l'une,
06:01ça finira par un classement sans suite
06:03et pour l'autre,
06:04ça finira par un non-lieu.
06:06Autrement dit,
06:06les deux ne sont pas crus.
06:08On leur disait quoi à l'époque ?
06:09Pardon,
06:09elles vous ont raconté ?
06:10Que ce n'était pas suffisamment
06:13circonstancié,
06:13qu'il n'y avait rien.
06:14Alors pour l'une,
06:15on dira que c'est une aguicheuse,
06:16que finalement,
06:17le mal vient d'elle.
06:18C'est elle qui provoque,
06:19c'est elle qui a des envies,
06:20c'est elle qui suscite l'intérêt.
06:21Vous voyez ?
06:22Ce que disait le père
06:22de Joël Barrella.
06:23Exactement,
06:24le renversement
06:27de la charge émotionnelle
06:28et pour l'autre,
06:29tout simplement,
06:30que ça n'était pas suffisant
06:31et que la description
06:32qu'elle en faisait
06:33était insuffisante
06:35pour permettre
06:36d'aller plus loin dans l'enquête
06:37et d'ouvrir,
06:38pourquoi pas,
06:38une information judiciaire
06:39ou pourquoi pas
06:40imaginer un placement
06:41de détention provisateur.
06:42Moi, je le regrette.
06:43Je le regrette énormément
06:44parce que je me dis
06:45que c'est deux jeunes femmes
06:47extraordinaires
06:48que j'ai eues au téléphone
06:49cet après-midi
06:49et dont j'ai l'honneur,
06:52j'ai l'insigne honneur
06:53de les représenter
06:54dans les procédures
06:55que j'espère pouvoir réouvrir.
06:57Eh bien,
06:57je me dis que si
06:58ce papa,
06:59à ce moment-là,
07:00il est placé
07:01en garde à vue
07:01et s'il y a eu une enquête
07:03et s'il y a
07:04des indices graves
07:05et concordants
07:06et qu'il est placé
07:07en détention provisoire,
07:08eh bien,
07:08probablement que ce plateau,
07:09aujourd'hui,
07:10il n'existe pas.
07:11C'est ça qui est le plus terrible
07:12dans cette histoire,
07:13un non-lieu
07:13et un classement sans suite
07:15alors qu'elles ont eu
07:16le courage de parler
07:17à l'époque.
07:18Déjà,
07:19elles ont eu le courage
07:19de dénoncer
07:20ce qui s'était passé
07:22et on ne les croit pas.
07:23Un courage ?
07:24Et quel courage ?
07:25Et quel courage ?
07:26En sixième,
07:28rentrer en sixième,
07:29se confier
07:30à l'institution scolaire,
07:32expliquer ce qu'il s'est passé
07:34et grâce à l'intervention
07:36de l'institution scolaire,
07:38eh bien,
07:38mettre en mouvement
07:39l'action publique,
07:40une garde à vue,
07:42une audition,
07:43une confrontation
07:44pour au final
07:45que ça fasse pchit.
07:46On avait fait
07:47le plus dur.
07:48Il restait,
07:48il restait,
07:49vous voyez,
07:50sur le marathon
07:51de 42 kilomètres,
07:52il restait
07:53la dernière ligne droite.
07:54Croire l'enfant.
07:55Et malheureusement,
07:56vraisemblablement,
07:57croire l'enfant,
07:57c'est l'Himalaya en France,
07:59c'est le cap infranchissable.
08:00On n'est pas en capacité
08:02de croire les enfants
08:03qui déposent
08:04dans notre pays.
08:05Quand elles ont vu
08:06vos clientes,
08:06ce qui s'était passé
08:07avec Liana,
08:07c'est là qu'elles ont eu
08:08le déclic.
08:09Elles se sont dit,
08:09il faut qu'on prenne
08:11de nouveau la parole,
08:12qu'on soit de nouveau entendus.
08:13Le déclic,
08:13elles l'ont déjà eu,
08:14mais elles se sont dit
08:15qu'effectivement,
08:16c'était peut-être
08:17le moment d'expliquer
08:18et de dire
08:19la genèse de ce dossier.
08:21Ça ne commence pas
08:22par le fils,
08:22ça commence par le père.
08:24Et donc,
08:24expliquer...
08:27C'est un nom
08:28qu'elles n'oublieront jamais,
08:29qu'elles connaissent.
08:30Ce monsieur,
08:31pour elles,
08:32il faut le dire,
08:33c'était le chéri
08:34de leur grand-mère.
08:35Donc,
08:35c'était un grand-père
08:37pour elles.
08:38C'était un grand-père.
08:39Et donc,
08:39plus que confiance,
08:41c'est un grand-père.
08:42C'est un grand-père,
08:43c'est-à-dire qu'on peut
08:43dormir à côté d'un grand-père,
08:45on peut faire des câlins
08:46à son grand-père,
08:47sauf que le grand-père,
08:48les câlins et dormir à côté,
08:50il n'avait pas une attitude
08:51tout à fait de grand-père.
08:52C'est des câlins
08:54qui ont mal tourné,
08:54c'est des accolades
08:55qui ont mal viré.
08:57Et ça,
08:57c'est évidemment
08:58absolument inacceptable,
08:59mais ces jeunes femmes,
09:00elles n'ont pas un déclic.
09:01Aujourd'hui,
09:02elles l'ont eu,
09:03il y a dix ans,
09:04le déclic.
09:04Mais alors,
09:05c'est important de dire
09:05qu'il peut y avoir
09:06une réouverture
09:06après un non-lieu, là.
09:07Tout à fait,
09:08c'est ce que l'on espère
09:09et on espère aujourd'hui
09:11que la justice puisse
09:12autant que faire se peut
09:13parce qu'on ne réparera jamais
09:14ce qu'on a volé
09:15à ces deux jeunes femmes,
09:17mais on espère effectivement
09:18qu'ils puissent
09:19enclencher la marche arrière,
09:20revenir et réouvrir
09:21ce dossier,
09:22ce qui me semble
09:22être le minimum
09:24que l'on doit
09:25à ces deux jeunes femmes.
09:26On est en ligne
09:26avec Martine Brousse.
09:29Bonsoir,
09:29vous êtes présidente
09:30de l'association
09:31La Voix de l'Enfance,
09:31que raconte Maître Batik,
09:33c'est-à-dire
09:33ces jeunes filles,
09:35ces fillettes finalement
09:36à l'époque
09:36qui ont le courage
09:37d'aller témoigner
09:38et qu'on ne croit pas.
09:39C'est quelque chose
09:39que vous rencontrez,
09:41j'imagine, régulièrement ?
09:43Oui,
09:44c'est quelque chose
09:44que nous rencontrons régulièrement
09:47et pour laquelle
09:48nous avons,
09:48depuis des années,
09:51réfléchi,
09:51mais avec les professionnels
09:53et que nous avons créé
09:55ces unités d'accueil pédiatrique
09:57Enfants en danger,
09:58les UAPED,
09:59où l'enfant arrive
10:00en pédiatrie,
10:02il est accueilli
10:02par une équipe
10:04pluridisciplinaire
10:05avec médecins,
10:06pédiatres,
10:07infirmières,
10:08psychologues,
10:09enquêteurs
10:10et où on va recueillir
10:13leurs paroles.
10:14Ces unités,
10:15elles existent.
10:16il ne faut pas dire
10:17que rien n'est fait.
10:19Ces jeunes filles,
10:20ces petites filles,
10:21à l'époque,
10:21n'ont pas eu cette chance-là.
10:23C'est pourquoi
10:23la voix de l'enfant
10:24et toutes les associations
10:26et tous les professionnels
10:27se mobilisent pour dire
10:29qu'il ne faut plus dire
10:31que rien n'est fait.
10:32Il faut renforcer
10:33ce qui fonctionne.
10:34Il faut reconnaître
10:35le travail
10:36de professionnels
10:37qui ont de bonnes pratiques.
10:40sans exil.
10:41Martine Brousse,
10:42il y a peut-être
10:42aussi un manque
10:43de communication.
10:44C'est vous qui nous rappeliez
10:45quand vous avez confronté
10:46à ce témoignage
10:47de professeur d'art martiaux
10:49qui disait
10:49qu'il avait un comportement,
10:51le suspect présumé,
10:53avec justement
10:54les enfants
10:54qui posaient questions
10:56qui étaient inhabituelles.
10:57Et vous,
10:58vous nous dites
10:58qu'il aurait dû faire
10:59un signalement
10:59à la cellule
11:00qu'il y a au sein
11:01du ministère des Sports
11:01puisque vous le rappelez,
11:03alors moi je ne savais pas
11:03que ça existait,
11:05signaler,
11:05ce n'est pas forcément dénoncer.
11:07Oui, je crois que c'est important
11:09de dire ce soir
11:10et il faut mobiliser
11:12l'opinion publique
11:12parce que c'est vrai
11:13qu'il y a une responsabilité
11:14de l'État,
11:15c'est vrai qu'il y a
11:16une responsabilité
11:18peut-être de la justice,
11:19de la police,
11:20mais nous sommes aussi responsables.
11:22Quand nous voyons,
11:24quand nous avons un doute,
11:27le doute doit profiter
11:28à l'enfant.
11:29Or il ne profite
11:30que rarement à l'enfant.
11:31On se dit non,
11:33on lave son linge
11:33en famille,
11:34c'est de la délation,
11:35puis ça ne me regarde pas.
11:37Enfin,
11:38quand on voit un homme
11:39qui ne fait pas,
11:41qui sur un terrain de sport
11:42n'est qu'avec des enfants
11:43alors que son équipe
11:44est une équipe d'adultes.
11:45Quand on voit un homme
11:46qui vient distribuer
11:48régulièrement le soir,
11:49à la sortie de l'école,
11:51les goûter,
11:52eh bien,
11:52interrogeons-nous.
11:53Il vaut mieux se tromper.
11:55Vraiment,
11:55il vaut mieux se tromper.
11:57Mais se tromper,
11:58c'est peut-être aussi
11:59sauver un enfant.
12:01Philippe Agostini,
12:02quand Martine Brousse
12:04et quand Maître Batik
12:05dit qu'effectivement,
12:06il y a ce côté déni.
12:08Il nous le disait,
12:08Maître Batik,
12:09tout à l'heure,
12:09quand cette jeune fille
12:11va déposer plainte,
12:12sa famille se ligue
12:13presque contre elle
12:14pour protéger le grand-père
12:15en disant que c'est
12:16une aguicheuse.
12:17Ça, c'est un déni ?
12:18Mais bien sûr,
12:19c'est ce qu'on disait
12:19avec Philippe Blankevitch
12:20à l'instant.
12:22C'est la question,
12:23si vous voulez,
12:24quand les enfants
12:26parlent,
12:26enfin,
12:27il est question
12:28de dépasser
12:29des alliances pathogènes.
12:30Pour eux,
12:31c'est dépasser
12:32l'indicible.
12:33Les familles,
12:34l'omerta familiale
12:35est l'adversaire
12:36le plus redoutable.
12:37On aura beau vouloir
12:39réformer le système judiciaire,
12:40former les éducateurs,
12:41etc.,
12:42si on ne s'attaque pas
12:42à la famille,
12:44vous savez,
12:44il y a des familles
12:45comme ça
12:45qui vivent avec la croix
12:46au-dessus du lit
12:47et qui légitiment
12:49les agressions sexuelles,
12:51qui sont vraiment
12:51dans une impunité totale
12:53et surtout
12:54dans un pacte de déni.
12:55C'est-à-dire,
12:56on protège même
12:57l'agresseur.
12:58On protège l'agresseur.
12:59Donc quand les enfants
13:01osent transgresser
13:02cette loi suprême
13:03qui est la loi familiale,
13:05il ne faut vraiment
13:06pas se rater
13:06au niveau de l'accueil
13:08de cette parole-là
13:09parce qu'elle est sacrée,
13:11elle est rare
13:11et donc il s'agit vraiment
13:13d'accueillir les enfants
13:14à leur juste valeur.
13:15Du côté de mes clientes,
13:16elles sont crues
13:17par les mamans,
13:18par leurs sœurs,
13:20mais c'est effectivement
13:20du côté de la famille
13:22de M. Barrella
13:23où on va évidemment dire
13:24que ce sont des aguicheuses,
13:26qu'elles sont en tort.
13:28Et donc là,
13:28il y a cette bascule
13:29entre le côté
13:30de la famille Barrella
13:31et la parole
13:32effectivement de mes clientes
13:33et là,
13:33ça ne fait pas le poids.
13:36Dans les années 50,
13:39les problèmes
13:39de pédophilie
13:40ou d'inceste
13:41dans les familles,
13:42ça se terminait par
13:43on n'aura plus manger
13:44chez le grand-père dimanche.
13:45Oui, c'est ça.
13:45Voilà.
13:47Ce n'est pas normal.
13:49Et c'est encore l'enfant
13:50qui pourrait aller
13:50peut-être même encore deux clés.
13:51Là, on est au début
13:52des années 2000,
13:54même 2010.
13:55Quand elle dénonce ses cas-là,
13:56on n'est plus dans les années 50.
13:58Ça n'a pas changé.
13:59Et c'est tout juste
14:01si l'enfant ne va pas être puni
14:02parce que le grand-père
14:04il s'est dit
14:04non mais
14:05ce n'est pas la vie sociale,
14:08ce n'est pas la vie familiale.
14:09Ce n'est pas possible.
14:09Dominique Rizet,
14:10l'autopsie a eu lieu
14:11à la petite sylianale
14:12il y a plusieurs jours.
14:13Son corps a été rendu
14:13à la famille.
14:14On peut imaginer
14:15que les enquêteurs
14:15ont les réponses
14:16aux questions qu'ils se posaient
14:17à savoir
14:18comment est-elle morte ?
14:19Ils ont une partie
14:20des réponses
14:21et nous,
14:22on n'a pas cette information
14:23qui ne nous a pas été communiquée.
14:25Oui, parce que le corps
14:26a été rendu à la famille
14:28et le reste de la réponse
14:30pour ce qu'on ignore encore
14:32de l'autopsie,
14:33c'est dans des laboratoires
14:35où on est en train de faire,
14:36où les enquêteurs
14:37sont en train de faire
14:38pour les scientifiques
14:39de la toxicologie.
14:41Mais ça continue encore,
14:42ce n'est pas terminé ?
14:42Oui, il y a encore
14:43des analyses qui sont en cours.
14:44On fait de la toxicologie.
14:46Est-ce que Liana a été droguée ?
14:48Est-ce que son agresseur
14:49lui a donné un produit ?
14:51Est-ce qu'on peut découvrir
14:53des choses
14:53qui vont permettre
14:55d'établir plus précisément
14:57l'heure de la mort ?
14:58C'est important
14:58parce que lui pourra dire
15:01à un moment,
15:02écoutez, non,
15:02à ce moment-là,
15:03je ne pouvais pas être là
15:03puisque j'étais ici.
15:05Donc, ça,
15:06c'est une histoire
15:06qu'on connaît par cœur.
15:09La conviction des enquêteurs
15:10existe déjà,
15:11mais c'est important
15:12de savoir
15:12si le décès se situe
15:14entre 15h05,
15:15moment où on la voit
15:16monter dans la voiture
15:17de M. Barrella,
15:19et 18h30,
15:20moment où,
15:21avec certitude,
15:22il revient à la fête
15:24à l'école de sa fille,
15:25ça laisse 3h,
15:26un peu plus de 3h,
15:27ou si le décès
15:28se situe plus tard,
15:29est-ce qu'il serait revenu
15:31ensuite dans la nuit ?
15:32On sait qu'il est interpellé
15:33le samedi à midi,
15:34ça laisse peu de temps.
15:35Mais c'est important
15:36pour la suite de l'enquête,
15:37et j'ai à côté de moi
15:38un pénaliste
15:39qui le sait
15:39ô combien,
15:41parce que ça peut faire
15:43vaciller les jurés
15:44si on leur dit
15:45écoutez, non,
15:46c'est pas possible,
15:47après 18h30,
15:48vous nous dites
15:48que le décès
15:49il était à 19h,
15:50M. Barrella,
15:51il était à la fête
15:51de l'école,
15:52vous voyez ?
15:53Ça peut être encore plus lourd ça.
15:55Bien sûr,
15:56tout ça,
15:56ça doit être affiné,
15:58alors c'est une analyse
15:59qui s'appelle
15:59l'analyse du bol alimentaire,
16:01c'est d'autres éléments encore
16:02qui permettent
16:03d'affiner
16:04donc tout ça,
16:06et puis
16:07maintenant,
16:08c'est évident
16:08qu'à l'autopsie,
16:10on sait,
16:10on connaît
16:11les causes
16:11de la mort de Liana,
16:13elles n'ont pas encore
16:14été communiquées officiellement,
16:15c'est le procureur
16:16qui le fera très certainement.
16:17Jérôme Barrella,
16:18lui,
16:18il est en détention provisoire
16:20depuis le 1er juin,
16:21il est à l'isolement.
16:22À l'isolement,
16:23à Mont-de-Marsan,
16:24pourquoi c'est important
16:25de le placer à l'isolement ?
16:26Parce qu'en prison,
16:27on s'en prend toujours
16:31aux pédocriminels
16:32et à ceux
16:32qu'on appelle
16:32les pointeurs,
16:33je ne vais pas revenir
16:34dans le détail là-dessus
16:35parce que ça a fait
16:36la semaine dernière
16:37beaucoup de bruit
16:38quand j'ai donné un détail
16:39mais qui est un détail
16:39vrai sur l'avis
16:41des pointeurs
16:43en prison
16:44et des violeurs,
16:45mais voilà,
16:46il est placé
16:46à l'isolement
16:47pour sa propre sécurité
16:48et puis à l'isolement
16:50pour qu'on ne l'agresse pas
16:51et aussi,
16:52il est surveillé
16:53de façon intense
16:54parce qu'il ne faut pas
16:55que cet homme-là
16:56se suicide.
16:57D'autres se sont suicidés
16:58et on n'a pas eu
16:59de réponse judiciaire,
17:00je vous rappelle,
17:01le grêlé,
17:02ce qui est quand même
17:03une histoire horrible
17:04pour les familles,
17:06c'était très vraisemblablement lui,
17:08c'est horrible de dire ça,
17:10mais il se suicide
17:11au moment où les policiers
17:12voient aller l'interpeller,
17:13Pierre Chanal
17:14qui se suicide
17:15au deuxième jour
17:15de son procès,
17:16l'affaire des disparus
17:17de Montmelon,
17:18Jean-Pierre Trébert
17:19qui se suicide
17:21soupçonné
17:21du mordre
17:22de Katia Lherbier
17:22et de la fille
17:23de l'acteur
17:26Bernard Giraud,
17:27Roland Giraud,
17:29pardon monsieur Giraud,
17:30Roland Giraud,
17:31voilà,
17:32donc il est surveillé
17:33et il doit rendre
17:34des comptes
17:35à la justice,
17:35il comparaîtra devant
17:37une cour d'assises.
17:37Oui.
17:38Merci.
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