- il y a 8 heures
Chaque week-end, Anne Seften vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Mais l'actualité sur BFM TV ce soir, c'est aussi la disparition de Liana et notamment cette émotion à
00:07la Marche Blanche organisée cet après-midi à Florence dans le Gers.
00:116500 personnes selon la préfecture ont assisté à ce rassemblement, un moment de recueillement extrêmement chargé en émotions.
00:17Ce qui frappe, c'est le pardon des parents de Liana, lu par sa tante.
00:21Pardon pour tout ce que tu as vécu, notre petit monde tout entier s'est effondré.
00:25Voilà pour le message, écoutons-les, qu'ils ont tenu via l'attente de Liana à faire passer.
00:32Nous tenions tout d'abord à vous adresser ces quelques mots pour vous remercier d'être là à nos côtés
00:37aujourd'hui.
00:38Il n'y a pas de mots pour décrire le soutien que vous nous apportez depuis ce vendredi 29 mai,
00:44au jour où on nous a enlevé la petite Liana.
00:47Mille merci pour tout. Je tiens personnellement à remercier monsieur le maire, son adjoint et ses collaborateurs pour tout ce
00:56qui a été mis en place ainsi que pour leur soutien.
01:02Aujourd'hui, ma fille Liana doit être tellement émue de voir tout là-haut, tout ce monde rassemblé spécialement pour
01:10elle.
01:12Les mots manquent. Personne, je pense, n'est prêt à vivre une disparition aussi brutale que celle que nous vivons
01:17depuis vendredi.
01:19Notre petit monde tout entier s'est écroulé.
01:21Une fois de plus, je nourris les mots pour décrire ce drama abominable qui touche notre famille.
01:27Nous tenir devant vous tous et vous tous aujourd'hui et parler de Liana est surréaliste.
01:34Une dernière fois, mille merci du fond du cœur et au nom de toute notre famille, merci infiniment pour elle.
01:42Liana, pardon, pardon pour ce que tu as vécu. Nous t'aimons tellement.
01:47Merci.
01:54Et pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Claire Bourdie.
01:56Vous êtes fondatrice du collectif Enfantiste.
01:58Merci à vous d'être là.
02:00Jean Sagnier, vous êtes avocat de l'association Innocence en danger.
02:03Bonjour à vous, Xavier Ruffer, vous êtes criminologue.
02:05Merci d'être avec nous.
02:07Et puis j'accueille Bruno Pommard.
02:08Bonsoir.
02:09Bonsoir, cher Bruno.
02:10Et Laurent Valdiguier.
02:11Claire Bourdie, un mot sur cette famille.
02:13Le père, la mère de Liana qui n'ont cessé de se prendre dans les bras.
02:16Impossible de prendre la parole, laissant le soin.
02:18Et on l'a vu à l'attente de Liana de le faire.
02:21Pas facile pour eux, qui doivent maintenant être confrontés au temps long.
02:25Le temps de l'enquête, bien évidemment, de ce qu'ils vont découvrir et le temps du deuil.
02:29Non, c'est impensable d'imaginer leur émotion.
02:32Quand on voit la mobilisation qui est en train de se créer partout en France au niveau de la société,
02:37on comprend bien que l'émotion, elle est à son maximum.
02:40Et que la famille proche de Liana ne peut pas comprendre l'émotion qui se joue ici et l'injustice.
02:47Parce qu'en fait, Liana, elle n'aurait pas dû mourir.
02:50Et donc ça, c'est extrêmement difficile à supporter pour une famille et même pour toute la société française.
02:56Nous, on véhicule le hashtag JeSuisLiana parce qu'en fait, on se sent tous et toutes proches de Liana
03:03et de tous ses enfants qui devraient être protégés.
03:06Et c'est ce qu'a dit très bien le maire Grégory Beaubateau, Laurent Valdiguier.
03:10Si on s'arrête sur son discours, c'est vrai qu'il a surpris en fin d'après-midi.
03:14Discours assez politique.
03:15Et on se rappelle toute la semaine qu'il a dû traverser quand il était chez Apolline de Malherbe.
03:20C'était jeudi matin.
03:21Non, vendredi matin, pardon.
03:23Et qu'il disait, toute la semaine, je me suis un peu sentie seule jusqu'à ce coup de téléphone
03:27qui est venu jeudi à 20h07 du cabinet de la présidence de l'Elysée.
03:31Et on sent, pardonnez-moi l'expression, qu'il en a gros sur le cœur ce maire.
03:35Oui, il était très, très, très, très émouvant toute la journée d'ailleurs
03:38à tenir la banderole au milieu de la famille.
03:41Parce que l'impression qu'il a donnée toute cette semaine pendant ces neuf jours,
03:45c'est de tenir la boutique.
03:47C'est ça.
03:47D'être celui qui était à lui tout seul à la barre de la République, Grégory Beaubateau.
03:53D'ailleurs, il s'est plaint à un moment donné.
03:55Il a dit mais où est le préfet ? Où sont les procureurs ?
04:00Alors, il était tout seul et il a donné l'impression d'être tout seul.
04:04Alors, c'est vrai que là, après les parents qui ont fait lire par la tente un petit texte bouleversant,
04:12il a sonné le toxin.
04:15Vous savez, comme les églises des villages, là, autrefois.
04:18Il a sonné le toxin en disant que la honte change de camp.
04:22C'est vrai qu'il a fait un discours très politique sur le thème « ça suffira pas une petite
04:27enquête ».
04:28Il a carrément dit des choses.
04:29« Ça suffira pas de désigner la brigade territoriale de Lectour ou la procureure d'Agin. »
04:36« Ça suffira pas. »
04:37« Il faudra faire autre chose. »
04:39C'est un peu comme s'il nous disait, depuis Florence, lançant une sorte d'appel de Florence.
04:44« Attention, Paris, on vous voit. »
04:46« Nous, on est là. »
04:48« Toute cette émotion qui est là, elle est là. »
04:51« Elle est là pour un moment. »
04:52« Et elle attend qu'il y ait des choses qui changent. »
04:54Oui, c'était un discours d'une grande force.
04:57Et le discours des parents, Bruno Pommard, on va faire un tour de table sur cette émotion.
05:01« Pardon pour ce que tu as vécu. Notre petit monde tout entier s'est effondré. »
05:04Là aussi, peut se poser aussi, certainement, à un moment donné, c'est ce que nous disent les psychologues,
05:09la question peut-être aussi de la culpabilité des parents quand ils demandent pardon.
05:13Et on se rappelle que cette mère, sur notre antenne, avait dit, avant qu'on retrouve le corps,
05:17bien évidemment, tout au début, quand on cherchait la jeune Liana,
05:20elle avait dit « Ma fille m'avait parlé de Guilly, à un moment donné. »
05:23Donc, cette fille, cet enfant, s'est vraiment confié à sa mère.
05:27Sa mère a dit « Moi, je l'ai éloigné de ce suspect, Jérôme Barrella. »
05:32Mais c'est vrai que la question de la culpabilité peut, à un moment donné, dans le temps, se poser.
05:36Évidemment. La famille en premier, évidemment.
05:38Et puis l'environnement, les proches qui connaissent...
05:41Vous savez, un village, moi, j'ai été maire d'un village pendant 12 ans, tout le monde se connaît.
05:45Et donc, tout le monde culpabilise, quelque part, parce que cet individu était quand même connu.
05:49Donc, effectivement, la position de la famille est très dure.
05:52Et c'est là que l'accompagnement est nécessaire.
05:55C'est ce que disait Laurent à l'instant par rapport à l'État.
05:57L'accompagnement de l'État auprès du maire, le préfet, ou tout au moins les représentants,
06:02devraient être au contact en permanence.
06:04Et vous le disiez tout à l'heure, c'est suivi sociologique pour la famille.
06:08L'accompagnement, parce que les dégâts collatéraux qu'il va y avoir dans cette petite ville de Florence
06:13est catastrophique.
06:14Vous savez, il y a ce meurtre, ce drame.
06:17Mais il y a aussi ce moment difficile qu'on va vivre pendant des années.
06:21C'est quelque chose qui nous disparaît très bien.
06:22Oui, il y a des conséquences psychologiques, même sur les proches, ceux qui ont mis leurs filles, justement, dans ces
06:25soirées-là.
06:26Absolument.
06:27Et d'ailleurs, on écoutera une plainte, puisque tout à l'heure, il y a Patrice,
06:31qui a porté plainte pour sa fille, victime, nous dit-il, d'attouchement sexuel en novembre.
06:36Et qui nous dit, c'est grâce à la cellule d'écoute, justement, du collège, que ma fille a pu
06:42se livrer à un moment donné.
06:43Et ce qui était là où on doit encore s'interroger, c'est cellule d'écoute au collège.
06:47Vous avez les salles Mélanie que les gendarmes ont mis en place.
06:49Il y en a 350 en France.
06:51Il y a plein de dispositifs qui permettent aux enfants de pouvoir se confier.
06:55Vous avez les fameuses petites boîtes aux lettres papillons.
06:59Vous savez, c'est un ami à moi qui a mis ça en place dans les collèges et les lycées.
07:02Bref, il y a tout un tas de moyens qui sont possibles pour que les gosses puissent se livrer, donner
07:08des informations.
07:09Et là, effectivement, on se dit, comment un tel drame peut arriver ?
07:12Ça, c'est une vraie question.
07:13Xavier Roffert, on parlera bien évidemment de la partie enquête avec vous.
07:16Mais un mot sur cette journée ô combien importante hier.
07:19Il y aura, selon vous, un avant et un après Liana dans l'histoire de France.
07:23Comme il y a eu, par exemple, cette première marche blanche en Belgique, au moment de l'affaire Doutroux,
07:27où il y avait 300 000 personnes dans les rues de Bruxelles, là.
07:30Et où ça a changé, ça a commencé à changer la donne.
07:34On a créé, par exemple, un centre qui s'appelait Child Focus.
07:37Est-ce qu'il y aura un avant et un après Liana ?
07:39Tout ça est absolument futile.
07:42Ça ne sert à rien, vous comprenez.
07:44On vient d'assister à quelque chose d'inouï dans l'histoire de la République française.
07:49Et je voulais vous dire ceci.
07:51Pendant 20 ans, j'ai eu des centaines d'étudiants à l'Institut de criminologie.
07:54La moitié d'entre eux sont devenus magistrats.
07:56Dans une société qui vit pour le fric, ces gens ont accepté de faire une carrière toute leur vie,
08:04où ils gagneraient moyennement leur vie, où ils seraient occupés jusqu'à 11h du soir.
08:08J'ai un des garçons qui m'a téléphoné depuis hier matin.
08:13Il est procureur dans une grande ville.
08:15Il devrait avoir 30 dossiers sur son bureau pour travailler.
08:19300.
08:19300.
08:21Il a un aéroport dans sa ville avec les problèmes que ça cause.
08:24Il a une frontière pas très loin.
08:26Il devrait être 19 procureurs.
08:28Ils sont neufs.
08:29Alors je voulais vous montrer quelque chose que les gens ne voient pas d'ordinaire.
08:32Allez-y.
08:32Quel est l'outil de travail d'un magistrat ?
08:35L'outil de travail d'un magistrat, c'est le livre dans lequel il y a toutes les inculpations.
08:40Notez.
08:41Regardez.
08:41En 10 ans, il a triplé de volume.
08:43Il a triplé de volume.
08:45Je voudrais qu'on le montre, ce livre.
08:46Là, vous voyez.
08:48Donc le livre rouge est celui qui a...
08:49Le livre rouge, c'est le choix de procédure pénale.
08:52Non, non, non, c'est le guide pénal, le guide des infractions.
08:56C'est ce que tous les magistrats ont sur leur bureau.
08:58Vous voyez, il a triplé de volume.
09:00C'est les magistrats qui se sont obligés de ça à eux-mêmes.
09:02L'échec, là, celui qu'on vit, comme tous les précédents, c'est un échec du politique.
09:08Qui fait ?
09:09Qui a décidé que le budget de l'État serait 1,74 pour la justice ?
09:16C'est les magistrats eux-mêmes.
09:18Donc, pour être parfaitement clair, il y a peut-être 20% des magistrats qui sont d'extrême-gauche.
09:23Il y en a 100% qui n'ont pas les moyens de travailler, qui n'ont pas les greffiers
09:28qu'il faudrait, qui n'ont pas l'informatique qu'il leur faudrait.
09:32Tous les avocats de France, maintenant, peuvent travailler avec l'intelligence artificielle.
09:36Elle s'est interdit aux magistrats, où il y a l'équilibre entre l'attaque et la défense.
09:40Mais à quoi servirait l'intelligence artificielle, par exemple, à trier ?
09:43Ça servirait à gagner un temps énorme, évidemment.
09:46Xavier Roffert, il y a quand même eu une augmentation depuis 2017 de quasiment plus de 50% du budget.
09:51Mais ça n'est pas vrai, parce que la population a augmenté.
09:57Le nombre de magistrats par step de français depuis 10 ans, il n'a pas avancé, il a reculé.
10:03Oui, il y a eu des reculements, mais il y a beaucoup plus de procédures.
10:07La France a moins de procureurs que la Pologne, moins de procureurs que l'Albanie, et moins de procureurs que
10:13la Moldavie par 100 000 habitants.
10:15C'est ça la réalité.
10:17Comment voulez-vous que les gens qui n'ont pas les moyens de travailler fassent attention à tous les micro
10:22-détails d'une lettre envoyée par SU, etc.
10:25C'est du secrétariat.
10:26Je voulais vous faire réagir à ce que nous dit Gérald Darmanin ce soir.
10:30Il a fait une annonce, il annonce la revue de 70 000 plaintes impliquant des enfants d'ici un peu
10:35plus d'un mois au 14 juillet.
10:36Est-ce que c'est un électrochoc qui se met en place ? Est-ce que c'est une première
10:39grosse étape ?
10:40Et est-ce que vous vous dites que ça va suffire un mois pour traiter 70 000 plaintes ?
10:44Mais une fois de plus, M. Darmanin, s'il avait un minimum d'authenticité en lui, devrait être mort de
10:50honte.
10:50Parce que ce n'est pas de la faute de sa magistrature ce qui se passe aujourd'hui.
10:53C'est de la faute de lui et des politiciens qui sont au pouvoir depuis dix ans et qui jamais
10:58n'ont donné à la magistrature les moyens de travailler.
11:01Jamais.
11:01Vous vous rendez compte ?
11:04Pardon, mais il y a neuf mille magistrats aujourd'hui, simplement pour faire le minimum de boulot.
11:10L'année dernière, vous savez, au début de l'année 2026 précisément,
11:16il y a eu les présidents des chambres qui se sont réunis pour un discours solennel de rentrée.
11:20Ils ont annoncé la catastrophe qui était en train de se produire.
11:24Celui de Marseille a annoncé qu'il allait être obligé de mettre des criminels dangereux à la porte et de
11:30les laisser sortir
11:31parce qu'il n'avait pas les moyens de faire les procédures qui leur permettraient de les garder en prison.
11:35Donc c'est un manque de moyens aussi, contrairement à ce que dit le chef de l'État en disant
11:38« je ne veux pas entendre parler de moyens », on y reviendra.
11:40– Bien entendu, bien entendu, ils n'ont pas les moyens de travailler et ça fait depuis 20 ans que
11:46c'est comme ça. Voilà.
11:48– Bonsoir Emmanuel Franck, merci d'être avec nous, vous êtes avocate pénaliste.
11:52Déjà, première question, question de réagir à ce qu'a dit Gérald Darmanin,
11:58qui nous annonce la revue de 70 000 plaintes impliquant des enfants d'ici un peu plus d'un mois,
12:03au 14 juillet.
12:05– Est-ce que ça va suffire selon vous pour un mois pour traiter ces 70 000 plaintes ?
12:10Je faisais un petit calcul aussi, ça représente à peu près 2300 plaintes par jour.
12:14Est-ce que c'est possible ça jusqu'au 14 juillet ?
12:18– Alors, je ne sais pas si c'est possible, mais c'est assez surprenant que l'on annonce qu
12:24'en un mois,
12:24on va pouvoir gérer 70 000 plaintes.
12:26On se demande ce qui se passe depuis des mois et des mois et surtout depuis le dépôt de ces
12:30plaintes.
12:30C'est un peu surprenant de dire on a 70 000 plaintes en souffrance,
12:33ce qui est en fait un problème.
12:35Et là où on aurait dû les gérer depuis plusieurs mois, en fait on va tout gérer en un mois.
12:39Je crois que cette annonce n'a pas véritablement de sens.
12:43– Une autre question, une semaine après la mort de Liana,
12:4748 heures après l'authentification de son corps, on a toute une série de révélations.
12:51Vous avez sans doute entendu sur notre antenne,
12:53toutes plus glaçantes les unes que les autres à son sujet.
12:56Depuis presque 10 ans, puisque ça fait 10 ans que des enfants ou des adolescentes
13:01libèrent justement leur parole ou tentent de le faire.
13:03Qu'est-ce qui selon vous n'a pas fonctionné ?
13:06– J'entendais à l'instant un des intervenants expliquer que c'était essentiellement un problème de moyens.
13:13Il y a certainement, et la justice, on ne va pas le contester,
13:17souffre d'un problème de moyens, de moyens humains, de moyens financiers.
13:20Mais enfin là je crois en l'occurrence, et de ce que j'ai pu en voir,
13:23que la difficulté n'est pas là.
13:25C'est une chaîne d'incompétence.
13:27C'est-à-dire qu'on se demande comment à un moment donné,
13:29on n'a pas un procureur qui va appeler son homologue,
13:32puisque je crois qu'il y a eu deux transferts de dossiers, deux délocalisations,
13:36comment à un moment donné ce dossier-là ne passe pas en priorité.
13:39Je veux dire, ce n'est pas traité, justement,
13:41j'entendais parler tout à l'heure d'intelligence artificielle,
13:43mais justement pas.
13:44La justice a ce mérite aussi d'être géré à un moment donné par des individus.
13:49Comment on peut ne pas prioriser un dossier comme celui-là ?
13:52Et j'entendais depuis plusieurs mois, nous le savons tous,
13:55que priorité est donnée notamment au narcotrafic et à la lutte contre le narcotrafic,
14:00mais je crois qu'il ne faut pas perdre de vue
14:02que la priorisation d'une catégorie de dossiers n'efface pas les autres.
14:07La priorité absolue, c'est celle qui concerne les enfants.
14:10Et quand vous avez un individu qui a fait l'objet de nombreux signalements,
14:13et qui depuis août 2025 fait a priori l'objet d'une plainte très précise,
14:17et qu'on vous explique qu'il y a deux délocalisations,
14:20et qu'en fait en quasiment un an, enfin dix mois,
14:23on n'a pas été capable de traiter cette plainte-là,
14:26c'est tout simplement scandaleux.
14:27Et je me mets à la place de la famille de cette jeune fille,
14:31c'est absolument intolérable et inaudible.
14:33Et on va lui parler d'un manque de moyens humains.
14:36Moi je pense qu'il y a un réel problème,
14:39et je dirais peut-être plus largement,
14:41il y a aussi un problème de responsabilité des magistrats.
14:45On l'évoque très souvent, vous savez, c'est un thème qui est récurrent.
14:50Les magistrats ne peuvent pas avoir leur responsabilité engagée,
14:53ce qui est assez inédit.
14:55Vous et moi, nous avons notre responsabilité engagée
14:57si nous commettons des erreurs.
14:59Et ça pose là aussi une difficulté.
15:01Et donc résumer cela en disant que c'est un manque de moyens humains,
15:05je veux dire, vous êtes procureur,
15:06vous passez un appel à votre homologue,
15:09les enquêteurs sont là aussi pour vous alerter
15:11sur la dangerosité ou la gravité des accusations qui ont été portées.
15:14Et donc c'est incompréhensible.
15:16Et malheureusement, c'est souvent, nous, notre quotidien,
15:19en tant qu'avocat pénaliste,
15:20que de dire à des clients,
15:22écoutez, votre plainte, elle porte sur des faits très graves.
15:25On ne sait pas du tout.
15:26Elle peut être traitée en 2-3 mois
15:28comme elle pourrait être traitée en 2 ans.
15:30On verra bien.
15:31Alors vous faisiez référence notamment à la plainte
15:33d'une enfant qu'on a nous baptisée, appelée Rosa.
15:37Plainte pour viol déposée en août 2025.
15:39C'est vrai qu'au début, tout fonctionne.
15:40La plainte, elle est déposée à la gendarmerie de Plaisance de Touche.
15:43C'est ce que nous rappelait Laurent Valdiguier à cet après-midi.
15:46Elle est très complète.
15:47Et puis ensuite, c'est vrai qu'entre le désistement du parquet de Toulouse
15:50qui envoie la plainte à Hoche
15:51et le moment où un magistrat demande à une brigade territoriale
15:54d'éventuellement placer le suspect en garde à vue,
15:56on arrive à la mi-février.
15:58Est-ce que vous, vous avez déjà vécu ce genre de situation ?
16:02– Mais nous l'avons vécu plein de fois.
16:05Dès qu'il y a, combien de fois nous disons à nos clients,
16:07dès qu'il y a une délocalisation du dossier,
16:09là on perd quasiment six mois, un an.
16:11C'est insupportable.
16:13Je veux dire, à l'heure de la numérisation,
16:14je crois même que le dossier a été envoyé par courrier.
16:17Alors c'est anecdotique, mais enfin, on est quand même en 2025 à l'époque.
16:22Et nous entendons ça tout le temps.
16:24Dès qu'il y a une délocalisation, ça devient compliqué
16:27parce qu'il n'y a pas de coordination entre les services
16:30et surtout, il n'y a pas de magistrats du parquet.
16:32En tout cas, je ne vais pas faire des généralités,
16:34mais en fait, c'est au bon vouloir de la compétence
16:37des magistrats du parquet et de leur travail
16:41qui vont peut-être prioriser certains dossiers.
16:43Enfin, nous, on se retrouve parfois avec des dossiers
16:46qui finissent devant le tribunal correctionnel
16:47qui ne présentent absolument aucun intérêt.
16:49et de l'autre côté, on a des plaintes sur des faits extrêmement graves
16:52qui ne sont pas traités pendant des mois et des mois.
16:54Donc c'est ça qui est incompréhensible
16:56pour les avocats que nous sommes,
16:58pour les clients que nous avons
17:00et qui ne peut pas se résumer sur la simple carence
17:03de moyens humains ou matériels ou financiers.
17:06Avant de passer la parole à Laurent Valdiguet
17:08qui aura une question, je voulais vous faire écouter
17:09la maman de Rosa qui nous a avoué cette semaine
17:12avoir appelé la gendarmerie à plusieurs reprises
17:14et voici ce qu'on lui a répondu.
17:16Voici ce qu'elle nous dit, la maman de la petite Rosa.
17:18Écoutons-la.
17:20Vu qu'on n'a pas de nouvelles,
17:23j'ai appelé les policiers,
17:26j'ai pris plusieurs fois de contact
17:28et ils m'ont dit clairement
17:30que je le saoule avec mes appels
17:33et si je n'arrête pas d'appeler,
17:36ils m'ont fait une main couronne contre un salement.
17:39Si la justice était mâche un peu plus vite,
17:43peut-être aujourd'hui, Diana n'est pas disparu.
17:46Maître Franck, ça arrive souvent ça aussi
17:48qu'on prenne des nouvelles d'une plainte qu'on a déposée
17:51et que parfois les gendarmes vous disent arrêtez
17:53puisqu'on va, si vous continuez,
17:56on va déposer plainte main courante pour harcèlement.
18:01Alors, je ne l'avais jamais entendu.
18:03C'est tout simplement scandaleux
18:05et vous voyez, ça résume parfaitement ce que je disais à l'instant.
18:08Ça, ce n'est pas un problème de manque de moyens humains.
18:12Là, c'est tout simplement des personnes qui ne sont pas à leur place.
18:15Quand vous avez une plainte pareille
18:16et que vous avez une maman qui appelle pour prendre des nouvelles,
18:19ce qui est somme toute assez légitime,
18:20et qu'on finit par la menacer de déposer une plainte
18:23pour harcèlement contre elle,
18:24c'est qu'on est tout simplement face à des personnes
18:26qui ne sont pas à leur place.
18:27Et donc là, ce n'est pas une question de moyens humains.
18:29Et je pense qu'il y a eu toute une chaîne d'incompétences
18:33et qu'on ne peut pas résumer sur, encore une fois,
18:36un simple manque de moyens humains.
18:38Je pense qu'il y a une responsabilité
18:39que doivent avoir chacun des acteurs de la justice.
18:42Et aujourd'hui, cette responsabilité, elle n'existe pas.
18:44Je vous le disais, c'est un thème récurrent.
18:46Et donc, vous avez des magistrats, vous avez des policiers
18:49qui ne sont pas responsables des choses.
18:51En tout cas, il n'y a pas de conséquences.
18:53Et donc, à partir de là, il gère les dossiers
18:56comme des tas de papiers,
18:57et certainement pas avec l'humanité qui devrait prévaloir
19:02et avec cette notion de dangerosité.
19:05Moi, je trouve, et en tout cas, c'est ce que nous constatons
19:07ces derniers temps, nous avons...
19:09Alors ça, les plaintes pour trafic de stupéfiants,
19:11en tout cas, les affaires pour trafic de stupéfiants,
19:13ça, ça va vite.
19:15Mais par contre, en fait, on a priorisé certains dossiers,
19:18les violences conjugales, et c'est une bonne chose.
19:20Le narcotrafic, et c'est très bien.
19:21Mais au détriment du reste.
19:23Et c'est ça qui n'est pas supportable,
19:25et ce que révèle aussi cette affaire.
19:27Une question de Laurent Valdiguié pour vous, Maître Franck.
19:29Bonsoir, Maître Franck.
19:30Vous êtes une pénaliste toulousaine aguerrie.
19:32Tout le monde se souvient que vous avez défendu avec énergie
19:35Cédric Jubilard.
19:36Alors, je sais bien que vous ne défendez pas Jérôme Barrella,
19:40et qu'il est présumé innocent.
19:42Il a expliqué en garde à vue qu'il était étranger à tout ça.
19:46D'ailleurs, la veille, il a participé aux recherches, etc.
19:51Six jours plus tard, les gendarmes retrouvent dans un silo
19:54où il a travaillé le corps de la petite Liana.
19:57Qu'est-ce que vous lui conseilleriez de faire aujourd'hui
20:01par rapport au juge ?
20:05Alors, je me garderai bien.
20:06Vous avez remarqué, j'imagine, que depuis le début,
20:08je ne parle pas du dossier en tant que tel,
20:10mais des dysfonctionnements que ce dossier a révélés.
20:12Moi, c'est un dossier que je ne connais pas.
20:14Je vous crois sur parole, bien sûr,
20:16dans ce que vous êtes en train de me dire.
20:17Mais je me garderai bien de tout conseil,
20:20aussi bien sur cette personne qui, pour l'instant,
20:22est mise en cause, mais qui est présumée encore innocente.
20:25Et de la même manière, je me garderai bien de tout conseil aussi
20:27à l'égard de la famille de cette petite.
20:29Moi, je n'entends pas intervenir
20:31dans des dossiers dans lesquels, justement,
20:33je n'interviens pas.
20:34Mon propos était beaucoup plus général
20:35sur le dysfonctionnement que cette affaire a révélé.
20:39Restez avec nous, Maître Franck.
20:41Qu'est-ce qu'on peut faire pour réformer la justice,
20:44Xavier Ruffeur ?
20:46Eh bien, contrairement à ce que vient de dire cette avocate,
20:48lui donner les moyens de travailler,
20:49il est évident, il tombe sous le sens,
20:51que quand on a 300 dossiers sur son bureau,
20:55au lieu d'en avoir 30,
20:56à un moment donné, quelque chose tombe dans le vide.
20:59Et cette chose, 9 fois sur 10, n'est pas grave,
21:02mais une fois sur 10, c'est le drame.
21:04Vous comprenez ?
21:05Il faut donner aux magistrats le moyen de travailler.
21:08Il n'y a pas si longtemps de ça,
21:10Mme Belloubet, visitant en province
21:12un ressort de justice,
21:14a vu une greffière lui montrer sur son bureau
21:18un ordinateur qui datait d'avant la souris.
21:21C'est-à-dire quelque chose que vous n'avez jamais vu de votre vie.
21:23Oui, voilà.
21:24Donc, à l'heure actuelle,
21:25la justice n'a pas les moyens de travailler
21:27de manière totalement scandaleuse.
21:29Quant à ce qu'elle dit, cette avocate,
21:31qui est aussi extrêmement discutable,
21:33il y a des sanctions dans la justice.
21:34Je ne sais pas, vous envoyez des sanctions ?
21:36Le Conseil supérieur de la magistrature
21:37a sanctionné plusieurs magistrats.
21:40Pas sur les décisions qu'ils prennent
21:42parce qu'il y a une indépendance de la magistrature,
21:44mais sur la lenteur,
21:45mais sur un défaut d'exécution,
21:47mais sur beaucoup de matières.
21:49Il y a des magistrats qui sont sanctionnés tous les ans.
21:51La parole est à Maitre Franck.
21:53Il y en a eu 11 en 2000.
21:54Maitre Franck, votre réaction
21:56à ce que vient de dire Xavier Roffert ?
21:59On ne va pas se bagarrer.
22:02Moi, je suis désolée.
22:03Quand vous entendez la réaction
22:05de ce gendarme ou policier
22:06qui dit à cette maman,
22:08si vous continuez,
22:08je vais déposer plainte contre vous pour harcèlement,
22:11là, on n'est pas sur un manque de moyens.
22:13On ne parle pas des gendarmes.
22:14On parle des magistrats.
22:17Oui, mais d'accord,
22:18mais en fait, vous avez toute une chaîne.
22:19Ce sont les gendarmes.
22:21Oui, mais je vais peut-être continuer ma phrase quand même.
22:24Ce sont les gendarmes.
22:25Moi, je ne vous ai pas coupé.
22:26Pourtant, je n'étais pas d'accord avec vous.
22:28On va laisser mettre Franck répondre.
22:29Je vais peut-être essayer de continuer ma phrase.
22:32C'est simplement que vous avez,
22:33et je ne pense pas qu'on puisse le résumer
22:35à un manque de moyens,
22:36vous avez une chaîne d'incompétence.
22:38C'est-à-dire que vous avez d'abord des gendarmes
22:40qui vont accueillir cette plainte
22:42à plaisance du touche,
22:43qui vont la transmettre au parquet,
22:44et qui manifestement,
22:45parce qu'on sait comment ça fonctionne,
22:47n'ont pas suffisamment alerté
22:49le parquet de Toulouse
22:50sur la gravité des faits
22:52qui avaient été dénoncés.
22:53Le parquet de Toulouse
22:54n'a pas pris connaissance manifestement
22:56du dossier, ou pas assez,
22:58va donc le transmettre
22:59à une autre juridiction
23:01sans qu'il n'y ait aucune transmission
23:02d'informations.
23:03Une fois que les gendarmes de là-bas
23:05vont recueillir,
23:06ils ne vont manifestement pas lire
23:07beaucoup plus le contenu de la plainte,
23:10et puis ça va être à nouveau délocalisé.
23:12Personne ne lit la plainte.
23:13Alors vous allez me dire,
23:14c'est parce qu'ils n'ont pas le temps,
23:15et moi je vais vous dire,
23:16oui mais c'est leur travail.
23:17Et quand au moins cette maman
23:19vient dire,
23:20mais je veux savoir
23:20où ça en est au moins
23:21à ce moment-là,
23:22on peut avoir un policier
23:23ou un gendarme
23:24qui regarde la plainte
23:25de cette maman
23:25qui ne fait que
23:26qu'appeler
23:28et qui est harcelante.
23:28Et là aussi,
23:29rien ne se passe.
23:30Donc à un moment donné,
23:31on ne peut pas résumer les choses.
23:33J'entends que ça arrive
23:34une fois sur dix,
23:35tant mieux.
23:36Moi j'ai des quantités
23:37de dossiers
23:38où effectivement,
23:38heureusement que ça n'arrive
23:39qu'une fois sur dix,
23:40parce que ça aurait pu arriver
23:41bien plus souvent
23:42compte tenu
23:42des lenteurs de la justice.
23:44C'est incompréhensible
23:45et c'est inacceptable.
23:46Et pour être,
23:47et on va peut-être
23:48non pas tomber d'accord,
23:49mais en tout cas se rejoindre,
23:51c'est évidemment multifactoriel.
23:53Je ne vous dis pas
23:53que le défaut
23:55de moyens humains
23:56et de moyens
23:57mis à la disposition
23:58des magistrats
23:58et des services enquêteurs
24:00n'y est pour rien.
24:01C'est un élément,
24:02mais je suis juste
24:03en train de vous dire
24:03que ça n'est pas le seul
24:04et que derrière,
24:05il y a aussi quand même
24:06un problème d'incompétence.
24:08Merci Maître Franck.
24:09Merci d'avoir été avec nous.
24:10Je remercie également
24:11Laura Dubois
24:11qui a permis la réalisation
24:13de ce duplex.
24:14Jean Sagné,
24:15je vous soumets
24:15l'une des propositions
24:16de Dominique de Villepin
24:17sur notre antenne aujourd'hui.
24:18Il propose la création
24:19d'un parquet spécialisé
24:20pour traiter les violences
24:21envers les femmes
24:22et les enfants.
24:22C'est une bonne idée ou pas ?
24:23Excellent.
24:25On voit ce que l'Espagne
24:26a su faire.
24:27Il nous faut suivre cet exemple.
24:29L'Espagne a su faire
24:30pour la famille.
24:31Nous sommes aujourd'hui
24:32incapables en France
24:33de traiter correctement
24:34ces affaires.
24:35Tout à fait.
24:35On a déjà un parquet mineur.
24:37Ça existe.
24:38Mais pour autant,
24:40on voit dans ce type de dossier
24:42que ça n'est pas traité
24:42par le parquet mineur.
24:44Si l'idée est effectivement
24:45d'avoir un parquet
24:47qui va regrouper
24:47les mineurs en tant que victimes
24:49et les mineurs en tant qu'auteurs,
24:50c'est une excellente idée.
24:51On cite l'exemple de l'Espagne,
24:53de l'Angleterre,
24:53avec le système MAPA,
24:55nous dit-on,
24:55avec plusieurs services
24:57qui communiquent entre eux.
24:58Quand vous voyez ces dysfonctionnements-là,
24:59vous vous dites qu'en fait,
25:01il y a des murs
25:02entre différents services
25:03et les gens ne communiquent pas du tout.
25:04Qu'est-ce qui explique
25:05tous ces dysfonctionnements
25:06dont on a parlé là
25:07depuis quasiment une semaine ?
25:09Je vais d'abord dire
25:09à quel point je souscris
25:11à ce qu'a dit ma consoeur,
25:13mais également
25:14ce qu'a dit mon voisin.
25:17On voit dans ce dossier
25:19que ça n'est pas
25:20un manque de moyens.
25:22On peut dire ce que l'on veut,
25:23manque de moyens,
25:24manque d'hommes,
25:25manque de personnel,
25:26Ce n'est pas un manque de moyens
25:27ou ce n'est pas uniquement
25:28un manque de moyens ?
25:28Ce n'est pas uniquement
25:29un manque de moyens.
25:30C'est d'abord
25:30un manque de volonté.
25:32Parce que vous avez quand même
25:34une jeune fille,
25:35une enfant
25:36qui parle d'une infraction
25:38extrêmement grave.
25:38On parle quand même
25:39de viol d'un enfant.
25:41Répétez.
25:41Vous avez raison.
25:42Répétez.
25:43Et ça s'arrête là.
25:44Quel est le moyen
25:46qu'il faudrait ajouter
25:47pour que des hommes
25:48qui entendent
25:49ce genre d'infraction
25:51aient la capacité
25:52de prendre un téléphone
25:53et de dire au procureur
25:55qu'il a au bout du téléphone
25:56on ne peut pas
25:57s'en tenir là ?
25:58Est-ce qu'il faut ajouter
25:59des moyens ?
26:00La réponse est claire.
26:01C'est non.
26:01Il faut des gens
26:02qui sont compétents.
26:03Et oui,
26:04les magistrats
26:05ne sont pas responsables.
26:07Non,
26:08ils ne sont responsables
26:09de rien.
26:10Oui,
26:10il y a un conseil supérieur
26:11de la magistrature
26:12devant lequel ils vont répondre
26:14d'éventuelles sanctions
26:16disciplinaires.
26:16Mais lorsque vous avez
26:17un magistrat
26:18qui a commis une erreur
26:19ce que nous
26:19nous constatons
26:20assez régulièrement
26:21pour tout vous dire
26:22c'est à peu près
26:23une fois tous les 15 jours
26:24dans mon cabinet
26:25nous attaquons qui ?
26:26Une fois tous les 15 jours
26:27vous dites quoi ?
26:28Le dysfonctionnement
26:29le déni de justice
26:31c'est-à-dire l'incapacité
26:32pour la justice
26:33de traiter dans un délai
26:34raisonnable
26:35article 6
26:36de la Convention européenne
26:37et des droits d'hommes
26:37une affaire
26:38c'est un déni de justice
26:39et bien vous avez à Paris
26:41une cellule
26:42qui est spécialisée
26:42et qui condamne
26:43à tour de bras
26:44à tour de bras
26:45mais qui condamne qui ?
26:46L'agent de l'État
26:47l'AGE
26:48ce qu'on appelle
26:48l'agent judiciaire de l'État
26:49nous,
26:50nos impôts.
26:51Ah oui,
26:51d'accord.
26:52Oui,
26:53je voulais aussi
26:54qu'on va réentendre
26:56des témoignages
26:56dans un instant
26:57mais on parlait hier soir
26:59sur ce plateau
26:59de la responsabilité collective
27:01on faisait découvrir
27:01aux téléspectateurs
27:02notamment le témoignage
27:03d'un professeur d'armatio
27:05qui disait avoir relevé
27:06un comportement anormal
27:07avec les enfants
27:07de la part de Jérôme Barrella
27:09dans le sens où
27:09il était toujours avec eux
27:10toujours très proche
27:11est-ce qu'il n'aurait pas fallu
27:12déjà faire un signalement ?
27:13C'est ce que disait
27:14la présidente de la Voix de l'Enfant
27:15ce matin, Martine Brousse
27:16et elle dit au moindre signe
27:17moi ce que je ne savais pas
27:18il y a une cellule
27:19au sein du ministère des Sports
27:20et elle dit
27:21un signalement
27:22ce n'est pas une dénonciation
27:22même pour un comportement
27:24comme ça
27:24il faut faire un signalement
27:25même si la personne
27:27finalement n'a rien de se reprocher
27:28Bien sûr
27:29en fait au moindre doute
27:30quand on a un doute
27:31on signale
27:32peu importe l'endroit
27:34même si c'est dans la famille
27:35il faut signaler
27:37pour au moins
27:38qu'il y ait une enquête
27:39et qu'on protège les enfants
27:40mais moi je trouve
27:42que dans le traitement
27:44de cette affaire
27:45on parle beaucoup
27:46des adultes
27:47mais on ne parle pas
27:48des enfants
27:48tout à l'heure
27:49par exemple
27:49on parlait des émotions
27:50des parents
27:51et c'est légitime
27:52mais il y a aussi
27:52le petit frère
27:53moi je ne savais pas
27:54qu'elle avait un petit frère
27:56et je l'ai vu
27:56à la marche blanche
27:57ça m'a beaucoup touchée
27:58je me suis dit
27:59ce petit frère
28:00qu'est-ce qu'il ressent
28:01comment il vit
28:02qu'est-ce qu'il comprend
28:03et on parle beaucoup
28:04de justice
28:04mais il y a aussi
28:06beaucoup de victimes
28:08et il y a
28:09énormément d'agresseurs
28:10en France
28:11et il y a une vraie question
28:13à se poser
28:13c'est pourquoi aujourd'hui
28:14on en est là
28:15c'est pas qu'une question
28:16de justice
28:17pourquoi il y a autant d'agresseurs
28:18on le sait
28:19ça vient pour beaucoup
28:20de l'enfance
28:22des violences qui sont faites
28:23dans l'enfance
28:23des négligences
28:24des nombreuses négligences
28:25que les enfants subissent
28:26et je pense que
28:28c'est toute une société
28:29qui doit revoir
28:29sa manière
28:30de consommer
28:31on va s'intéresser
28:34à l'enquête
28:35à présent
28:35puisqu'on a
28:36des nouveaux témoignages
28:37à vous faire entendre
28:38voici notamment
28:39celui qui a été recueilli
28:41aujourd'hui
28:41par nos reporters
28:42celui de Patrice
28:43c'est le père
28:43d'une jeune fille
28:44qui a subi des attouchements
28:45je vous en parlais
28:46il y a quelques minutes
28:46en novembre dernier
28:47par Jérôme Barrella
28:48lors d'une soirée pyjama
28:49il a porté plainte
28:50avant-hier
28:51après avoir été alerté
28:52par les assistantes scolaires
28:54sa fille s'est livrée
28:55à ces dernières
28:56lors de la cellule d'écoute
28:57c'est un témoignage
28:58qui est recueilli
28:58par Maëlle Janton
28:59et nos équipes Ligne Rouge
29:02Alors vendredi
29:02j'ai été convoqué
29:03par deux assistantes sociales
29:04qui avaient
29:05la cellule de crise
29:06qui a été
29:07ouverte pour les enfants
29:08pour qu'ils puissent
29:08se libérer en classe
29:10du coup
29:11tous les enfants
29:11dans la classe
29:12avaient droit à la parole
29:14et ma fille
29:14a commencé à prendre
29:15la parole
29:16et du coup
29:18ça a commencé
29:19à aller un peu trop loin
29:20sur l'histoire
29:21qu'elle racontait
29:22donc du coup
29:23les deux assistantes sociales
29:24l'ont pris
29:24de côté à part
29:26elles ont déposé
29:27elle a raconté
29:28tout ce qui s'était passé
29:29sur la soirée pyjama
29:30qui a été invitée
29:30au mois de novembre
29:31ça s'est passé le mardi
29:33si je ne me trompe pas
29:34nous avons été évoqués
29:35par ces deux dames
29:36pour qu'elles nous disent
29:37le récit
29:38de ce que ma fille a dit
29:39à ces deux dames là
29:41ces deux personnes là
29:42donc c'était le vendredi midi
29:43après notre travail
29:45du coup
29:45elles nous ont lu
29:46tout ce que ma fille
29:48avait dit
29:48sur cette soirée pyjama là
29:50et ces deux dames là
29:51nous ont dit
29:51que ce récit là
29:52était parti au procureur
29:54à Hoche
29:55et que nous devions déposer plainte
29:57à la gendarmerie à Florence
29:59elle a subi des attouchements
30:01au cours de ce récit
30:02je ne peux pas rentrer
30:04un peu plus dans les détails
30:05parce que c'est
30:07ce que j'ai entendu moi
30:08c'est très dur
30:08donc je ne rentrerai pas plus
30:09il y a eu attouchement
30:10et peut-être qu'il y a eu
30:12peut-être plus
30:13elle va être auditionnée
30:14tout ça
30:15ce serait que moi
30:16je ferais justice moi-même
30:17mais bon après
30:17il y a une justice
30:18donc il faut laisser faire
30:20leur travail
30:21je pense
30:22à la soirée midi
30:23je vais faire la marche blanche
30:24comme prévu
30:27en demande de ma fille
30:28ma fille
30:29qui était amie avec Yana
30:32qui était en 6ème
30:33mais elles n'étaient pas
30:33dans la même classe
30:34du coup
30:34oui je vais faire une marche blanche
30:36et en tant que papa
30:37vite
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