- il y a 2 jours
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Générique
00:11De retour sur le plateau de BFM, grand soir.
00:13Soyez les bienvenus si vous nous rejoignez.
00:14L'actualité judiciaire en France dominée outre l'affaire Liana par l'affaire Patrick Bruel.
00:19Avec deux nouvelles plaintes qui ont été déposées vendredi contre le chanteur au tribunal judiciaire de Nanterre.
00:24C'est le parquet de Nanterre qui regroupe toutes les plaintes dans cette affaire XXL de Patrick Bruel.
00:28Pour en parler avec nous ce soir, deux avocats à Maître de la Morandière.
00:32Bonsoir, avocat pénaliste au barreau de Paris ainsi que Maître Vial, Fanny Vial.
00:36Bonsoir, merci d'être avec nous et Laurent Valdiguier.
00:40Bonsoir, cher Laurent.
00:41Que pouvez-vous nous dire pour démarrer sur ces deux plaintes,
00:45donc deux dernières plaintes déposées vendredi au parquet de Nanterre ?
00:48Oui, alors elles viennent s'ajouter au stock.
00:50C'est vrai qu'il y a un stock d'affaires qui sont centralisés par le parquet de Nanterre.
00:53Il y a déjà eu un premier tri entre les affaires jugées non prescrites pour lesquelles il a été mis
00:59en examen
01:00et d'autres pour lesquelles il est témoin assisté.
01:01Alors là, c'est une avocate, Jade Doucelin, qui en a déposé deux nouvelles auprès du parquet de Nanterre.
01:07Deux témoignages de deux femmes.
01:09L'une qui vise des faits de 2007 à La Réunion.
01:13Elle a connu Patrick Bruel dans les années 2000.
01:15Elle se prénomme Amandine.
01:17Elle a 45 ans, elle est psychothérapeute.
01:20Et elle l'a connue en disant qu'il y avait toujours un passage obligé avec lui dans son lit.
01:24Jusqu'en 2007, où là, elle va le voir, il est nu sous son peignoir
01:28et elle décrit une scène où elle est obligée de le repousser, de se débattre et de s'enfuir.
01:34Ça, c'est pour l'une des deux ?
01:35Ça, c'est pour l'une des deux.
01:36La deuxième ?
01:36Et la deuxième, ça s'est qualifiée par l'avocate comme tentative de viol à l'agression sexuelle.
01:41Et la deuxième, c'est un viol et une agression sexuelle commise en 2012.
01:44Mais alors là, l'avocate et la femme en question ont pris le parti de ne pas donner le moindre
01:51détail.
01:51Donc ça, Patrick Bruel le verra via ses avocats qui iront consulter sa plainte au tribunal.
01:58Maître Vial, Patrick Bruel est officiellement accusé par 26 femmes pour des faits de viol,
02:01tentatives de viol, harcèlement sexuel et agression sexuelle.
02:03Il y a 13 femmes parmi ces 26 qui ont dénoncé des faits visiblement, je dis bien visiblement, prescrits.
02:08On aura l'occasion de revenir sur la prescription.
02:09Il semblerait qu'il y ait une vraie sérialité dans cette affaire, voire un effet tsunami.
02:14Maître Jadousselin, dont on a parlé, elle déclare à l'AFP que les témoignages affluent en nombre.
02:19Ce que disent aussi beaucoup d'autres avocates.
02:21On parlera de Maître Myriam Gedge Benayoun qui défend trois femmes, dont Félif Achfer et Karine Wieser.
02:26Et il y a aussi Marine Turki qui dit « je n'ai jamais vu ça depuis que j'enquête
02:30sur les violences sexuelles ».
02:31Et elle enquête depuis sept ans.
02:33Est-ce que cette sérialité et le caractère un peu de tsunami vous a surpris ?
02:38Alors, ça me surprend qu'on puisse aujourd'hui parler de sérialité parce qu'il faut vraiment prendre des précautions.
02:46Et c'est vrai qu'on a entendu son avocate sur votre plateau indiquer qu'il fallait être prudent,
02:55que chaque plainte allait pouvoir être regardée, mais dans son individualité.
03:01Et donc, aujourd'hui, parler de sérialité, à mon sens, c'est un peu trop fort.
03:05Et il faut faire attention, ce seront les experts.
03:06Ces résulteurs, oui.
03:07Oui, et je pense que c'est surtout les experts qui vont permettre de dire s'il y a ou
03:11non modus operandi,
03:13s'il y a ou non sérialité avec, effectivement, de la part de Patrick Bruel,
03:17éventuellement un modus operandi à chaque fois qui se confirme en fonction des plaintes déposées.
03:22Donc, prudence avec ce terme.
03:24On a dans les témoignages qui se succèdent et les nombreuses plaintes, justement,
03:28ce mode opératoire qui semble être toujours le même.
03:30On ne peut pas parler d'agresseurs sexuels en série dans ces cas-là ?
03:34La sérialité, pour vous, pareil, maître, elle est à prendre avec des pincettes ?
03:37Alors, le mode opératoire, ça présuppose, quand vous utilisez ce mot-là,
03:41ça présuppose déjà qu'il y a une infraction.
03:44Donc, il faut déjà être prudent.
03:45Et je suis d'accord avec ma consoeur Fanny Vial en disant,
03:48quand vous parlez de sérialité ou quand vous parlez de mode opératoire,
03:51attention parce que...
03:52Ça apporte ce que l'on dit.
03:54Ce n'est pas moi qui me parlait de mettre la sérialité sur le...
03:56Mais si vous voulez, il ne faut pas que le débat sur la preuve,
04:00la caractérisation de chaque cas,
04:02de chaque infraction éventuelle pour des victimes,
04:07et peut-être pas pour d'autres,
04:08soit substituée par juste une addition de nombre de personnes qui déposent plainte.
04:12Et on substitue un débat sur la preuve à simplement en disant,
04:16en fait, le problème, ce n'est pas le fond, c'est le nombre.
04:18C'est-à-dire que ce n'est pas le nombre de plaintes déposées,
04:20ce n'est pas le nombre de plaignantes, en l'occurrence,
04:22qui font le caractère de sérialité.
04:25Enfin, si on peut être tenté de penser comme ça,
04:28bien sûr.
04:29Et en fait, il faut être prudent.
04:31C'est-à-dire qu'il faut d'abord voir s'il y a des infractions qui sont caractérisées.
04:33Et si elles sont caractérisées, si elles sont établies, prouvées,
04:37alors on pourra dire qu'il y a éventuellement un mode opératoire commun
04:41ou alors un caractère sériel.
04:43Mais il ne faut pas que ce...
04:44On dit que c'est parce qu'il y a eu X plaintes.
04:47Les faits sont établis.
04:48Il faut le vérifier pour chacune.
04:50En tout cas, Laurent, avant qu'on écoute Maître Myriam Gage-Bendayoun,
04:54ces trentaines de femmes, peut-être même plus,
04:56ne se connaissent pas et décrivent toutes,
04:59ce qui serait en mode opératoire.
05:01Alors je vous donne un exemple de sérialité
05:03qui n'a rien à voir avec l'affaire Bruel.
05:05Dominique Pellicot, il est mis en examen pour deux affaires.
05:08Une en 1997, pour tentative de viol sur un agent immobilier avec de l'éther.
05:14Il y a son ADN qui est retrouvé.
05:16Il finit par avouer, enfin il ne voulait pas la violer,
05:18mais il finit par avouer.
05:19Il est quand même mis en examen pour le meurtre
05:22et le viol d'un agent immobilier en 1991,
05:25pour lequel il n'y a aucun élément matériel qui mène à lui.
05:28Mais la justice estime que la sérialité,
05:32il y a de l'éther, il y a des similitudes dans le mode opératoire,
05:36il y a un couteau, un cutter, etc.
05:38La justice estime que les faits étant tellement similaires
05:41qu'on peut les lui imputer à ce stade.
05:43Alors il n'est pas encore envoyé dans une cour d'assises.
05:45Donc c'est vrai que cette notion de sérialité,
05:48elle pourrait, elle l'a en tout cas déjà dans l'affaire PPDA,
05:52elle a permis d'enjamber la prescription dans un premier temps.
05:54C'est-à-dire de dire des affaires qui étaient prescrites au nom de...
05:58C'est la Chambre d'instruction de Versailles qui a dit ça,
06:00mais c'est un peu un terrain nouveau du droit.
06:03Elle a dit, si c'est des faits à peu près identiques,
06:06un mode opératoire identique, un auteur identique,
06:09dans des circonstances identiques,
06:10vous pouvez considérer que ce n'est pas prescrit.
06:12C'est vrai que pour Patrick Brouet,
06:14il y a un énorme enjeu avec cette notion juridique,
06:16puisque cette notion juridique,
06:18si les juges d'instruction, les quatre,
06:19tout ça ne fait que démarrer.
06:21Patrick Brouet, il faut se dire que l'affaire judiciaire
06:24a démarré mercredi.
06:25Mais si ces quatre juges d'instruction,
06:27à l'issue de leur examen,
06:29de leurs auditions qui démarrent,
06:33estiment à la fin qu'on peut lui imputer une sérialité
06:37dans ce mode opératoire auprès de certaines femmes,
06:39ils pourraient remonter...
06:41Vous savez, le stock de dossiers,
06:42il y en a 13 dans le communiqué du parquet de Nanterre,
06:45il y a 13 dossiers qui sont, au cas par cas, prescrits,
06:49mais ils pourraient essayer de remonter
06:51au nom de la sérialité.
06:52C'est un enjeu, pour Patrick Brouet, considérable.
06:55Les faits de viols, c'est 15 à 20 ans de prison pour un.
06:58Donc le mode opératoire, si je comprends bien,
07:00le mode opératoire ne suffit pas à montrer
07:02qu'il y a un caractère de sérialité,
07:06mais...
07:06Il faut qu'il y ait des éléments dans le communiqué.
07:07Des éléments de preuve.
07:08Mais là, on parle de certaines plaintes déposées
07:09il y a plusieurs années, plusieurs dizaines d'années.
07:11Comment trouver les preuves dans ces cas-là ?
07:13Le mode opératoire, en général, ça ne suffit pas.
07:14Il faut qu'il y ait un mode opératoire
07:16dans le...
07:17En tout cas, dans l'affaire Pellicot,
07:19qui est bien avancée, bien plus avancée.
07:21Il faut qu'il y ait eu un mode opératoire trépessique
07:23qui a été identifié par les enquêteurs dans les deux cas.
07:26Dans les deux cas, il y avait de l'éther.
07:27Dans les deux cas, il y avait des cordelettes.
07:29Dans les deux cas...
07:29Là, vous nous parlez d'éléments matériels.
07:31L'éther, matériel, là...
07:32C'est des éléments complètement matériels sur les scènes.
07:37L'auteur, dans les deux cas,
07:38range ses affaires méticuleusement.
07:40Vous voyez, il y a une série de similitudes
07:43dans ces deux agressions
07:44qui ont fait tenir la sérialité.
07:46C'est ça, la sérialité.
07:47Alors, ce qui est important de rappeler,
07:48c'est qu'une plainte classée sans suite
07:49peut être rouverte.
07:50Écoutons un sujet.
07:51Maître Myriam Gage-Benayoun.
07:52Elle était l'invité du live
07:54présenté par François Gapian.
07:55Elle parle des difficultés qu'elle a rencontrées
07:57et surtout du travail qu'elle est en train de faire
07:59avec l'une de ses plaignantes.
08:00Elle s'appelle Ophélie Fachefer.
08:01Elle accuse Patrick Bruel
08:02de l'avoir agressée sexuellement
08:04et violée dans sa propriété de l'île-sur-la-Sorgue.
08:06C'était en 2020, nous, dit-elle.
08:09Pour une de mes clientes, Ophélie,
08:11dont on connaît bien le cas,
08:13le procureur de la République
08:14avait réouvert son enquête.
08:16Malheureusement ou heureusement,
08:17je ne sais pas,
08:18il n'a pas eu le temps de faire des actes
08:21pour travailler sur ce dossier-là.
08:23Donc, le dossier qui a été remis
08:25au juge d'instruction,
08:26c'est le dossier d'enquête
08:27où extrêmement peu d'actes ont été faits.
08:30Et c'est pour ça qu'il n'est pas mis en examen,
08:32mais simplement témoins assistés dans cette affaire.
08:35Mais je pense que si le juge d'instruction
08:38a gardé cette affaire,
08:39c'est qu'elle sait,
08:40ou qu'ils savent, pardon,
08:41puisqu'ils sont quatre,
08:43que des éléments avaient arrivé.
08:44Et c'est exactement ce que je suis en train de faire.
08:46C'est-à-dire que je fais avec Ophélie
08:48le travail qui aurait dû être fait en 2021
08:50par les enquêteurs.
08:51Et je vais apporter ces éléments-là à la justice
08:53pour qu'ils changent de statut sur ce dossier
08:56et qu'ils passent de témoins assistés
08:58à mise en examen.
08:59En tout cas, c'est ce qu'on est expert.
09:00Maître, on rappelle peut-être
09:01la notion de témoins assistés ?
09:03Alors, effectivement,
09:04c'est quand votre nom est donné dans une enquête,
09:07apparaît comme un suspect potentiel,
09:09si vous voulez.
09:10En fait, il y a deux statuts possibles.
09:13Soit vous vous êtes mis en examen,
09:14c'est statistiquement 95% à peu près.
09:17Je crois que c'est 93% des cas.
09:20C'est-à-dire qu'on considère
09:21qu'il y a des indices graves ou concordants
09:23que vous n'allez plus commettre ces faits-là.
09:25Donc c'est vraiment la base.
09:26Et vous devenez une partie,
09:27vous avez certains droits,
09:29vous pouvez faire une requête en unité,
09:30vous pouvez demander des actes.
09:32Donc ça, c'est le cas pour quatre faits
09:34dans l'affaire Patrick Bruel.
09:36Exactement.
09:36C'est-à-dire que les magistrats
09:37ont considéré qu'il y avait des éléments suffisants.
09:41Et puis, quand il n'y a pas
09:42soit d'indice grave
09:44ou qu'il n'y a pas
09:45soit d'indice concordant,
09:47si vous voulez,
09:48dans ce cas-là,
09:49on ne peut pas accéder à ce statut-là.
09:50Donc en fait,
09:51il n'est pas officiellement mis en cause.
09:54Mais c'est provisoire.
09:55C'est-à-dire que ce n'est pas une décision
09:56qui est définitive.
09:57Ça peut changer
09:58si au cours de l'instruction,
10:00des éléments nouveaux apparaissent.
10:02Laurent Valguidegué,
10:03il n'y a pas aussi
10:03un petit dysfonctionnement
10:05quand elle nous dit
10:05c'est moi et Ophélie Fachfer
10:08qui devons apporter
10:08ce qui aurait dû être fait
10:09par les enquêteurs
10:10en 2021.
10:13Les avocats de Patrick Bruel,
10:15ils ont passé deux jours
10:16à torpiller ces plaintes
10:17les unes après les autres.
10:18Il était prévenu,
10:19Patrick Bruel,
10:19puisqu'il avait déjà été entendu
10:21dans ce dossier-là
10:22qui avait été,
10:23dans un premier temps,
10:24classé sans suite
10:25par le parquet de Nanterre.
10:26Donc, il connaissait
10:27ces éléments-là.
10:29Il est arrivé
10:30à sa garde à vue
10:31avec des textos,
10:33avec des échanges de messages,
10:34avec des...
10:35Il a pu argumenter.
10:37Et alors, c'est vrai
10:38que ça s'est soldé
10:40par un tri
10:40par les juges d'instruction
10:41qui ont dans quatre...
10:43Il y a un des neuf cas
10:44demandé par le parquet
10:45qui a été classé
10:46aux causes de prescription.
10:47Et puis, il y a
10:48une ligne de partage des eaux,
10:50quatre dossiers
10:51pour lesquels
10:51il a été mis en examen
10:52et quatre dossiers
10:53pour lesquels
10:53les témoins assistés.
10:54Les témoins assistés,
10:55ça veut dire qu'à l'issue
10:56de l'instruction,
10:57si vous restez témoins assistés
10:58sans fait nouveau,
10:59vous n'êtes pas renvoyé
11:00en correction...
11:01Enfin, en l'occurrence,
11:02aux assises.
11:04Mais si vous pouvez,
11:06en cours d'instruction,
11:07s'il y a des éléments nouveaux,
11:08c'est ce qu'explique l'avocate.
11:09L'avocate dit
11:10qu'on va apporter
11:11plus ou davantage
11:11d'éléments
11:13pour convaincre les juges
11:14que ma cliente
11:15a bien été violée.
11:16C'est ça, l'enjeu.
11:18On rappelle
11:18que Patrick Bruel
11:19est placé sous contrôle judiciaire.
11:21Il a interdiction,
11:21notamment,
11:22de quitter le territoire national,
11:24de ne pas entrer en contact
11:25avec les victimes
11:26ou avec leurs proches.
11:27Il ne va non plus
11:28fréquenter
11:29de salons de massage.
11:30Maître Vial,
11:31vous avez notamment
11:32été l'avocate
11:33des partis civils
11:34dans l'affaire
11:35de ce qu'on a appelé
11:35le violeur de Tinder.
11:37Il n'est pas question,
11:37ce soir,
11:38de faire un parallèle
11:39entre les deux affaires,
11:40mais on a entendu
11:41certains s'émouvoir
11:43du fait que Patrick Bruel
11:44ne soit pas placé
11:44en détention provisoire
11:45après sa garde à vue.
11:48Est-ce qu'il aurait dû,
11:49selon vous,
11:49être placé
11:50en détention provisoire ?
11:52Cette décision
11:53déjà de placement
11:54sous contrôle judiciaire,
11:56elle a été prise,
11:56il faut le savoir,
11:57par un juge
11:57des libertés
11:58et de la détention.
11:58C'est-à-dire que
11:59vous avez un magistrat
12:01indépendant
12:02qui a décidé,
12:03au regard des garanties
12:05et du dossier,
12:06de le placer
12:07sous contrôle judiciaire.
12:08Il faut aussi savoir
12:09que le parquet
12:10peut faire appel.
12:12À ce jour,
12:12moi,
12:12je n'ai pas l'information
12:14selon laquelle
12:14le parquet aurait fait appel.
12:16Et donc,
12:16il semblerait,
12:17en tout cas,
12:17que le contrôle judiciaire
12:19soit acté
12:19de Patrick Bruel.
12:21Sans faire de parallèle,
12:22parce qu'évidemment,
12:23il n'en est pas question,
12:24mais dans le dossier,
12:26effectivement,
12:26Berada,
12:27dit du violeur
12:28de Tinder,
12:29je veux rebondir
12:31sur ce qui a été dit
12:31parce qu'il avait été
12:33retenu la sérialité
12:34des faits
12:36et notamment
12:36au regard
12:37d'un document
12:38qui avait été retrouvé
12:39dans son ordinateur portable
12:40où il détaillait
12:43exactement
12:44la façon
12:44dont il allait
12:45aborder les filles,
12:46ce qu'il allait
12:47leur répondre.
12:48Là,
12:48il y a un véritable
12:49mode opératoire.
12:50Il y a un véritable
12:50mode opératoire
12:51et je crois
12:52qu'il faut,
12:53et c'est pour ça
12:53qu'on prend
12:54toutes les précautions
12:55d'usage
12:55avec mon confrère,
12:56c'est parce que vraiment,
12:57quand on parle
12:57de sérialité,
12:59il doit y avoir
13:00des éléments
13:02importants,
13:02matériels,
13:03qui nous permettent
13:03de retenir ce terme-là
13:05et c'est confirmé
13:06après par les experts.
13:07C'est uniquement matériel,
13:07il y a un terme
13:10qui revient souvent,
13:10c'est la pulsion
13:11incontrôlable.
13:12Ça,
13:13ce n'est pas une notion
13:14qui permet de caractériser
13:15la sérialité,
13:16c'est plutôt quelque chose
13:17qui serait écrit
13:18ou des preuves matérielles.
13:19Exactement,
13:19c'est un scénario.
13:20C'est un scénario
13:21qui est mis en place
13:23par l'agresseur
13:25et qui va préparer
13:27en amont
13:27la façon
13:29dont les choses
13:29vont se dérouler
13:30pour qu'ils puissent
13:30arriver à ses fins.
13:32Donc là,
13:33on n'y est pas encore
13:34à ce stade
13:35et c'est vrai
13:36que dans le dossier
13:37du violeur de Tinder,
13:37on y était,
13:38il y avait suffisamment
13:39d'éléments
13:39pour le retenir.
13:40Un mot, Laurent,
13:41peut-être sur l'état
13:42d'esprit aujourd'hui
13:43de Patrick Bruel.
13:44Comment vit-il ça ?
13:46Il a dit qu'il allait
13:47se défendre
13:48et qu'il est prêt,
13:48son avocat dit
13:49qu'il est prêt
13:49à répondre éventuellement
13:50aux nouvelles plaintes.
13:51Patrick Bruel,
13:52il a passé 48 heures
13:53de garde à vue
13:54puis il a été amené
13:55après sa deuxième nuit
13:57dans les locaux
13:58de la police,
13:58il a été amené
13:59à Nanterre
14:00et là,
14:00il a appris
14:01de la bouche apparemment
14:02d'un policier
14:03ou de quelqu'un
14:04de l'escorte
14:05que le parquet
14:06demandait sa détention.
14:08Alors là,
14:09il a passé
14:10la pire journée
14:11de sa vie probablement.
14:11À partir de ce moment-là,
14:12on l'a dit abattu.
14:13Ah ben là,
14:14à partir de ce moment-là,
14:15rendez-vous compte,
14:16il avait eu le sentiment
14:17de s'expliquer
14:18pendant deux jours,
14:19il arrive,
14:19le parquet demande
14:20sa mise en détention
14:21et sa mise en examen
14:22dans neuf dossiers,
14:23donc là,
14:24ils se sont battus.
14:25Vous savez,
14:25l'audition de Patrick Bruel,
14:26elle était prévue
14:27devant les juges
14:28à 14 heures,
14:29les avocats
14:30ont eu accès au dossier
14:30à 9 heures le matin,
14:31elle a été repoussée
14:33d'heure en heure
14:33jusqu'à 18 heures
14:34parce que les avocats
14:35avaient le sentiment
14:35qu'ils n'étaient pas prêts
14:36à affronter
14:38l'audition
14:39de première comparution
14:40devant les quatre juges.
14:42Alors,
14:43ils ont bien étudié
14:43le dossier,
14:44ils ont fait leur boulot,
14:45les avocats,
14:46et ils se sont battus
14:48pied à pied.
14:49Patrick Bruel
14:49a accepté de répondre
14:50et il savait
14:51que dos au mur,
14:52au bout de la nuit,
14:54enfin de sa soirée,
14:55à minuit et demi,
14:56ça s'est terminé
14:57à minuit et demi,
14:58au bout de la soirée,
15:00il allait avoir
15:01la décision
15:02d'un juge des libertés
15:03de le placer
15:04en prison
15:07ou sous contrôle judiciaire.
15:09Et puis là,
15:09en plus,
15:10le calendrier
15:10n'était pas favorable
15:11à Patrick Bruel
15:12parce qu'être en prison
15:13à mi-juin,
15:15ça veut dire
15:15vous pouvez faire appel,
15:16vous avez 10 jours,
15:17ça va venir juste
15:18fin juin,
15:19début juillet,
15:20et puis ensuite,
15:20c'est les vacances judiciaires,
15:21vous n'êtes pas entendus
15:22avant septembre,
15:23donc là,
15:23c'était la perspective.
15:24En octobre,
15:24il y a cette tournée
15:25des Zéniths pour l'instant
15:26qui est maintenue.
15:27Alors là,
15:27elle aurait été annulée
15:28dans l'est déjà.
15:29Mais là,
15:30c'était la perspective
15:31de passer un été
15:33vraisemblablement
15:33à la prison de la santé.
15:34Merci,
15:35merci à tous les trois
15:35d'être venus
15:36pour évoquer cette affaire.
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