- il y a 7 heures
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 6 juin, Imad El Ouargui, président de l'UNECD, Noémie Chantrel-Richard, présidente de l'ANEPF, Marianne Kermarc, présidente de l'ANEMF, et Arthur Poncin, président de l'InterSyndicale Nationale des Internes, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.
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00:05BFM Business présente Checkup Santé avec Fabien Guèze.
00:12Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Checkup Santé. Aujourd'hui,
00:16j'ai l'impression d'avoir passé mon internat vers 1850 sous Napoléon III. Je vais vraiment
00:21prendre un sacré coup de vieux car j'invite aujourd'hui avec plaisir la relève de la médecine
00:26française, à savoir les étudiants médecine, pharmacie, dentaire, représentés aujourd'hui
00:30par leurs présidents respectifs, Marianne Karmar qui est présidente de l'ANEMF, l'Association
00:35Nationale des Étudiants en Médecine de France, Noémie Chantrel-Richard, présidente de l'ANEMF,
00:39l'Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France, Ima Delwargui pour les dentistes
00:45et Arthur Ponsin pour les internes. Ils sont ceux qui vont vraiment profiter des nouvelles
00:49technologies, de l'IA, mais aussi les changements de pratiques professionnelles et probablement
00:54un profond et inévitable changement de notre système de santé. Sont-ils heureux, optimistes,
01:00prêts à l'attaque, voire perplexes ou même inquiets sur l'avenir ? On va le savoir tout
01:04de suite. Check-up santé, quatre jeunes et un dinosaure, c'est parti.
01:09Check-up santé, au cœur de l'innovation santé.
01:13Marianne Karmar, bonjour.
01:15Bonjour.
01:16Ima Delwargui, vous êtes en retard, mais c'est pas grave.
01:18Bonjour.
01:20Noémie Chanterelle-Richard, bonjour.
01:22Bonjour.
01:23Et Arthur Ponsin, bonjour, de l'ISNI.
01:25Voilà, donc, tous les quatre sur le plateau, je suis vraiment ravi.
01:30Ces études de médecine, elles commencent évidemment, les médecines de santé, elles
01:33commencent par une première année. Il y a eu pas mal de changements ces derniers
01:37temps. Est-ce que vous pouvez m'expliquer en quelques phrases ce qui change et ce qui
01:41va changer surtout ?
01:43Tout à fait. On a une évolution de la réforme d'entrée dans les études qui nous
01:46attendent pour la rentrée 2027. On dit au revoir au double parcours, donc Passe-Lasse
01:51et on vient vers une année...
01:53Parcours, c'est-à-dire qu'on pouvait passer par une...
01:55On pouvait passer à la fois par le parcours Passe et par le parcours Lasse. Et là, en
01:59fait, on vient réunifier avec une voie unique et commune qui donne accès aux cinq filières
02:04MMOPK.
02:05On passe plus par deux années de droit ou de... Non, c'est fini ou pas ? Il y a
02:09encore des ponts ?
02:10C'est un parcours qui se fait en plusieurs années, dans l'idée d'avoir cette continuité
02:14de ne pas ressembler dans les écueils de la PACES qui engendrait ce gâchis humain
02:18où on redoublait sans poursuite d'études possibles, en fait, s'il y avait un échec à l'entrée
02:22dans les filières de santé. Donc là, on a quand même cette poursuite avec une première
02:26année, puis ensuite une deuxième année, éventuellement, s'il y a un échec à l'accès
02:30aux filières de santé. Et donc, qui nous permet de ne pas redoubler sans cesse, sans
02:34pour autant recommencer à zéro le parcours, en fait.
02:36D'accord. C'était donc une première année, mais commune ?
02:38Tout à fait.
02:38Tous les étudiants, médecine, pharmacie, maïotique, dentaire...
02:42Et qui n'est en plus.
02:43Et qui sont pleinement intégrés, du coup, à ce nouveau parcours.
02:47D'accord. Donc, Ima Alerwargui, vous, vous êtes président de l'UneCD ?
02:53Oui, l'UneCD, c'est ça, oui.
02:54C'est des étudiants en chirurgie dentaire. Il y a combien d'étudiants ?
02:58En France, actuellement, on est aux alentours de 8000 étudiants, mais ça augmente toutes
03:03les années.
03:04Ah, donc ça augmente, oui.
03:05En ce moment, on est environ 8000 étudiants, oui.
03:07D'accord. Donc, toujours plus d'étudiants.
03:09Toujours plus d'étudiants, toujours plus de facs. On a eu six nouveaux sites de formation
03:14qui ont ouvert il y a quatre ans. Donc, oui, c'est en pleine expansion.
03:18Noémie Chantrin, combien d'étudiants en pharmacie ?
03:20Environ 30 000.
03:2130 000 ?
03:22Et on vient aussi d'avoir une nouvelle faculté qui a ouvert cette année à Nice.
03:25Il y a eu à un moment donné un petit manque d'attractivité, non, sur les études de pharmacie ?
03:30Alors, attractivité, je n'irai pas jusque-là.
03:32On a eu effectivement une problématique de places vacantes avec un peu plus de 1000 places
03:36vacantes juste au moment de la réforme PASELAS, justement, mais qui est aussi en même temps
03:42qu'une augmentation des capacités de formation en pharmacie. Donc, maintenant, ça va mieux.
03:47On s'est stabilisé. On a réussi à compléter nos effectifs. Donc, maintenant, on compte
03:51quelques places vacantes qui sont similaires avant la réforme.
03:55Nous, ce qu'on plaide, surtout, c'est une méconnaissance de la filière, un manque de visibilité
04:01sur une filière qui souffre de beaucoup de clichés. Et on ne connaît peu, en fait, la diversité
04:05des métiers qu'elle nous offre.
04:07Oui, on rappelle que ce n'est pas seulement officine, les études, ce n'est pas pour l'officine,
04:11mais il y a aussi l'industrie pharma, il y a la biologie, il y a l'hospitalier, etc.
04:14Exactement, c'est ça. C'est très riche.
04:17Marianne Kermarck, donc vous, c'est les étudiants en médecine.
04:19Oui.
04:20Combien d'étudiants en médecine ?
04:21Là, on est entre 50 000 et 55 000 étudiantes et étudiants entre la deuxième et sixième
04:27année.
04:28D'accord.
04:28Donc, ça augmente aussi un petit peu au fur et à mesure.
04:30Oui, ça augmente aussi. Donc, l'espèce de numerus clausus, l'équivalent, augmente
04:35un peu avec le temps ou pas ?
04:36Oui, oui, oui. Le numerus est devenu apertus en 2020 à peu près. Donc là, il y a eu une
04:41grosse augmentation d'un coup et tous les ans, ça augmente un petit peu par-ci, par-là.
04:44Oui.
04:44Donc là, on va aussi tendre vers une augmentation.
04:47Oui. Certains disent que ce n'est pas génial d'avoir augmenté le nombre d'étudiants
04:51puisqu'on va être tellement aidé bientôt par l'intelligence artificielle qu'on a peut-être
04:56besoin de moins de médecins. Donc, vous trouvez ça bien d'avoir augmenté, d'avoir
05:01élargi le…
05:02Oui, oui. On a des grosses problématiques d'accès aux soins. On voit qu'on a besoin
05:06de médecins. Il n'y en a pas assez sur le territoire. Après, c'est vrai qu'il faut
05:09prendre en compte différents facteurs, mais l'augmentation, elle est nécessaire quand
05:13elle se fait dans de bonnes conditions aussi d'accueil pour les étudiantes et étudiants
05:16dans les facultés.
05:18D'accord. Donc, après la sixième année, c'est le troisième cycle ?
05:20Exactement.
05:20Voilà, c'est l'internat. Donc, Arthur Poncin, combien d'internes en médecine ?
05:27Au moment, plus de 39 000. Et puis, il y a la quatrième année du DOS de médecine générale,
05:31d'internat de médecine générale qui se met en place à la rentrée en novembre
05:342026. Donc, on sera quasiment à 44 000, 45 000 internes au total.
05:39D'accord. Et vous êtes content de cette quatrième année supplémentaire pour les
05:41internes en médecine générale ?
05:43Nous, on a toujours été content de cette quatrième année parce qu'on s'est dit
05:45qu'elle allait être mal mise en place. On attendait du paiement à l'acte pour
05:49que les internes puissent vraiment découvrir ce que c'est que de gérer un cabinet de
05:52médecine générale. Ce n'est pas ce qu'on a eu. Nous, on n'est pas satisfaits, mais
05:56on l'accompagne au maximum pour que les internes soient quand même dans des conditions
05:59qui soient au minimum acceptables, si ce n'est même de mieux en mieux au fur et à
06:04mesure qu'on la fera évoluer.
06:05Oui, parce qu'il faut qu'il y ait les formations qui suivent. Il faut qu'il y ait plus
06:10de
06:10formateurs, plus d'enseignants, etc. C'est le cas ?
06:13Oui. Alors, on commence à avoir de plus en plus de maîtres de stage universitaires,
06:17mais voilà, s'il faut pouvoir les former, que des médecins puissent nous accueillir
06:20en stage et savoir comment nous accueillir. Et aussi qu'on puisse trouver d'autres
06:24endroits pour faire des stages. Les CHU commencent à être un petit peu surchargés.
06:28Donc, qu'on puisse élargir nos possibilités de stage et qu'on puisse avoir un encadrement
06:33qui aille avec.
06:34Alors, quand on a passé l'internat, en fonction de notre classement, on va choisir sa spécialité.
06:39Je parlais tout à l'heure, juste avant, des nouvelles technologies, de l'IA, les progrès
06:45en imagerie. Le choix des internes, le top 5, ça a changé ces dernières années ?
06:51Ça varie régulièrement. Pour l'instant, il n'y a pas de changement spécifiquement
06:54étonnant. Il y a quand même un peu le ton de tête qui reste toujours un peu le même
06:58avec certaines spécialités qui plaisent beaucoup. Par exemple, la chirurgie esthétique,
07:02l'ophtalmologie, ça part souvent. La radiologie, c'est variable sur les années.
07:06La cardio, rassurez-moi.
07:07La cardio, la cardiologie, ça part plutôt pas mal. C'est variable sur les années.
07:11On dit que le choix de la radiologie est un petit peu éloigné. On a l'impression que
07:17les gens ont peur de...
07:18Ça varie. Ça pose des questions sur quel va être le futur exercice des radiologues,
07:23mais finalement des médecins de manière générale. Comment est-ce qu'on met le numérique
07:26et l'intelligence artificielle dans nos pratiques ?
07:28Le métier de médecin et de radiologue ne va pas disparaître, mais il va falloir s'y
07:32adapter. Et pour l'instant, on n'est pas encore complètement préparé à ça pendant
07:35notre formation.
07:36On dit que les études en santé sont gratuites, mais ce n'est pas tout à fait le cas.
07:41Ça coûte cher, les études ?
07:43Oui, on est toujours confronté à des étudiants qui sont en grande situation de précarité,
07:47avec des stages qui sont aussi peu valorisés et peu valorisants pour les étudiants.
07:53Et je pense parler au nom de tous ici, notamment l'externa qui est un passage obligatoire
07:58et qui est rémunéré juste histoire de dire qu'il est rémunéré.
08:02Mais il y a toujours ces grandes difficultés avec des étudiants qui, des fois, doivent
08:06travailler à côté, alors que des études qui sont déjà surchargées et très stressantes.
08:10Et puis le coût de la vie n'est pas le même à Paris qu'en province aussi ?
08:13Exactement. On a des territoires où c'est un peu particulier. Typiquement, les étudiants
08:17qui sont issus des territoires ultramarins. Nous, en pharmacie, on n'a pas de faculté
08:20de pharmacie sur les territoires ultramarins. Et donc le coût de la vie est très élevé
08:24puisque rien que payer le billet d'avion pour accéder aux études, en fait, c'est
08:28déjà extrêmement cher. Et donc des populations étudiantes qui sont parfois beaucoup plus
08:33précaires que d'autres. Et donc ça met en difficulté dans l'accès aux études, justement.
08:38Ima Delwargui, en dentaire, on a besoin de plus de matériel. Donc j'imagine que c'est
08:42encore plus cher ou pas ?
08:45Exactement. C'est un peu une spécificité qu'on a dans les études de chirurgie dentaire.
08:48C'est que ça commence directement par du manuel de la deuxième année, du fait de la pratique
08:53après du chirurgien dentiste. Et pour faire ce travail manuel, les étudiants sont obligés
08:57ensuite, dès la deuxième année, de se procurer ce matériel-là, souvent grâce aux associations
09:01locales qui bénévolement distribuent et vendent ce matériel-là aux étudiants. Et oui,
09:06on est en moyenne à 800 euros pour la rentrée de deuxième année, sans compter tout ce qui
09:10est consommable, à acheter tout au long de l'année. Et on a jusqu'à quand même
09:142000 euros à Nice pour le set de rentrée, en tout cas en deuxième année.
09:18On parle du coût d'une année autour de 5000 euros, c'est ça, pour un étudiant ?
09:23Ça dépend des filières. Je suppose qu'en chirurgie dentaire, ça va être un peu plus
09:27élevé que nous, on a un peu moins de besoins.
09:31Oui, il y en met signe.
09:32Oui, nous, ça peut augmenter assez vite aussi. On a des référentiels, donc les supports
09:35sur lesquels on travaille pour le concours de spécialité de sixième année. Ils sont
09:40assez chers, il faut en acheter beaucoup pour chaque spécialité. Et en plus, on voit
09:43de plus en plus d'organismes de préparation privée qui proposent un accompagnement
09:47pour préparer ce concours. Et pareil, ça représente un coût assez important pour
09:51les étudiants et étudiants.
09:52Bon, heureusement, les étudiants sont grassement rémunérés, c'est connu.
09:55C'est entre 4000 et 5000 euros par mois, bien sûr, par jour, je ne sais plus.
09:59Oh là là !
10:01Justement, ces études que vous faites, est-ce que vous trouvez qu'on vous fait profiter
10:07dans votre formation de ce qui arrive, de l'IA, de nouvelles technologies, des applications,
10:12etc. ? Est-ce que vous trouvez qu'on vous fait participer à ces formations ou pas ?
10:18Alors, de plus en plus, c'est vrai qu'on nous parle de plus en plus d'IA. Après, en
10:22tout cas, en deuxième cycle des études de médecine, on a déjà un programme qui est
10:25très surchargé. Donc, c'est toujours dur de rajouter des formations en plus sur
10:28d'autres sujets. On essaye de les intégrer dans des matières qui existent déjà.
10:33Mais c'est vrai que c'est des enjeux dont il faut se saisir. On essaye de sensibiliser
10:36aussi à l'ANEM sur les enjeux. Mais on n'est pas encore formé sur tous les sujets,
10:41par exemple, tous les différents modes d'exercice. Ensuite, à l'internat, c'est des sujets
10:45qu'on n'aborde pas au cours du deuxième cycle.
10:48Il n'y a pas de formation spécifique sur le numérique, par exemple ?
10:52Imad ?
10:53Si, si. Chez nous, on a des formations spécifiques sur le numérique, en premier et deuxième cycle.
10:58Après, pour tout ce qui est intégration de l'intelligence artificielle, elle se fait
11:04difficilement, très, très, très dépendant des sites de formation et des villes.
11:07Donc, oui, elle se fait difficilement. Mais on sent qu'il y a quand même une volonté
11:11des UFR de dentologie de s'y mettre.
11:13En pharmacie ?
11:14Nous aussi, on a un référentiel de compétences à acquérir sur le numérique.
11:19Ça évolue petit à petit. Mais malheureusement, le monde évolue trop vite par rapport à nos
11:23formations. Et donc, on est toujours en demande, justement, d'aller un peu plus loin.
11:27On suit notamment sur l'IA qui, nous, est très importante et notamment dans le secteur
11:31industriel. L'IA, c'est une grande opportunité pour la recherche et pour l'accès aux médicaments.
11:37Et donc, on est toujours dans la recherche d'avoir des enseignements un peu plus concrets
11:40sur les outils qu'on peut concrètement utiliser en tant que futur pharmacien dans le numérique.
11:45Arthur, vous qui avez une plus grande expérience, puisque vous êtes déjà en internat, vous
11:50êtes en oncologie.
11:51Exactement.
11:52D'accord.
11:52En oncologie à Lyon.
11:52J'ai d'ailleurs oublié de vous poser la question. Vous êtes tous en année de césure,
11:57évidemment, une année blanche. Vous, vous êtes en quelle année de... Marianne, vous
12:03êtes en quelle année de médecine ?
12:04Je suis entre la troisième et la quatrième, donc je recommence ma quatrième année l'an
12:08prochain, après ma césure.
12:09D'accord. Parce que votre présidence, c'est une année, c'est ça ?
12:12Oui.
12:12Histoire de ne pas avoir deux années blanches, quand même.
12:14Oui, ça commence à faire long, les études.
12:15Imad, vous êtes en quelle année ?
12:17Alors moi, je suis entre la cinquième et la sixième année.
12:19Ah oui, d'accord. Vous allez loin. Et Noémie ?
12:22Et moi, entre ma quatrième et ma cinquième année.
12:23D'accord. Donc vous êtes plus jeune. Bon, je ne vous demande pas.
12:26Neuvième année. Pardon ?
12:27On est encore là, neuvième année, ça continue.
12:29Ouais, neuvième année. Justement, pour parler de cette durée d'études, vous ne trouvez
12:35pas que c'est un peu trop long ou pas ? Non ?
12:38Je pense que la durée, ce n'est peut-être pas forcément le problème. Quand on rentre
12:41en médecine, on s'y attend. C'est la qualité, c'est la formation, c'est ce qu'il
12:45y a à l'intérieur. Mais c'est vrai qu'en tout cas, quand on se lance dans
12:47médecine, on sait qu'on est là pour au moins dix ans. Donc ça nous fait un
12:51petit peu moins peur. C'est comment organiser notre formation. Je pense qu'il y a des choses
12:54à changer.
12:55Et donc, ces études se féminisent, j'imagine, beaucoup ?
12:59Oui.
12:59En médecine, quel est le pourcentage de femmes à fac de médecine ?
13:02On est passé à environ 60-65% de femmes en médecine.
13:06D'accord. Je n'ai pas de chance. Moi, c'est des 80% hommes et 20% de femmes.
13:09Et Imad ?
13:11Alors, on n'a pas vraiment de données concrètes sur le sujet, mais on est environ entre
13:1765-70% en plus.
13:19Pharmacie, c'est la même chose aussi ?
13:20C'est sensiblement pareil. Plus de deux tiers de femmes.
13:23D'accord. Oui. Donc, c'est une filière qui se féminise. Ça change les choses ou pas ? Ça
13:28change la donne ou pas ? Vous voyez un changement pour l'avenir. Donc, est-ce que les choses
13:33vont changer ou pas ?
13:34Ça va probablement faire sortir un peu de réflexion un peu patriarcale qu'on voyait dans
13:40certaines chefs-free services et puis sur la projection qu'ont certains du système
13:43de santé ? Ça ne règle pas tous les problèmes qui sont souvent quand même structurels,
13:48mais ça permet de faire changer les choses avec l'enjeu d'accompagner aussi ces jeunes
13:52médecins, qu'ils soient femmes ou hommes, sur les positions managériales qu'ils tiennent
13:57souvent. Il n'y a pas de formation à ces enjeux-là. S'occuper d'un étudiant, s'occuper
14:02d'une équipe, c'est des compétences spécifiques et il faut les apprendre aussi à un moment.
14:06On dit que les femmes prennent plus de temps pendant les consultations, c'est assez factuel.
14:12Alors oui, je crois que c'était ressorti d'une étude. Je pense qu'aussi, pour les femmes,
14:16il y a l'éducation thérapeutique qui est aussi très importante, qui peut-être prennent
14:19plus le temps d'expliquer aux patients leur pathologie, ce qu'il faut faire, mais on n'a
14:25pas beaucoup plus de chiffres, en tout cas nous, de notre côté de changements particuliers.
14:30Alors, pour essayer de contrer un petit peu cette pénurie, on sait très bien que nos
14:35politiques ont des politiques à courte vue, c'est souvent des petites rustines qui sont
14:39appliquées à la va-vite, pour justement, pour parler de la régulation d'installation
14:47pharmacie, donc on n'en parle pas puisque c'est déjà fait, pour les étudiants, pour
14:53la chirurgie, pour l'installation en chirurgie dentaire, il y a une régulation déjà ou pas ?
14:57Alors, il y a une sorte de régulation qui est apparue justement en janvier 2025, pour
15:03certaines zones non prioritaires et très surdotées en chirurgien dentiste, qui permettent
15:09à ces chirurgiens dentistes, en tout cas, qui sont installés, s'ils veulent se faire
15:13remplacer, de se faire remplacer par un chirurgien dentiste.
15:16Donc il y a un nombre de chirurgiens dentistes par région, par département, et ensuite par
15:22secteur dans le département.
15:23Il y a une vraie régulation, pour les zones seulement non prioritaires.
15:31Par exemple, certains quartiers à Paris, si moi, futur chirurgien dentiste, je veux
15:34m'installer, il faut que j'ai un autre chirurgien dentiste qui part et qui me laisse la place
15:38pour que je sois conventionné avec l'assurance maladie.
15:40D'accord, et en médecine, il n'y a pas de régulation pour l'instant ?
15:44Et nous, on lutte complètement contre, on sait que ça ne marche pas, on sait que ça
15:47ne va pas régler le problème parce qu'il y a une pénurie médicale.
15:50Et donc, quand il n'y a pas assez de médecins, on ne peut plus s'étaler la confiture, il
15:53n'y en aura pas plus au total.
15:55Et on sait qu'est-ce qui fonctionne.
15:56On connaît les deux facteurs notamment qui fonctionnent, c'est aller chercher les
15:59étudiants pendant le collège, pendant le lycée pour les emmener faire des facultés
16:03de médecine.
16:04C'est compliqué quand on vient du fin fond de l'Inde d'avoir accès aux facultés
16:07de médecine et aux facultés de santé de manière générale.
16:10Et ça, c'est un grand enjeu.
16:11Et le deuxième enjeu, c'est pendant la formation, nous accompagner pour qu'on ait des stages
16:15dans les territoires.
16:16Dans les zones de finance.
16:18Et cet accompagnement, il passe par l'hébergement, il passe par les transports, il passe par la
16:23capacité, quand on est à une heure et demie de la fac, de continuer à avoir nos cours.
16:26Ces enjeux-là, en fait, c'est ça qui permet in fine que les étudiants aient s'installer
16:29dans ces territoires qu'ils ont découverts et qu'ils aiment.
16:32Oui, donc on espère que cette loi ne passe pas.
16:35Exactement.
16:35Et on fait tout ce qu'on peut pour convaincre les sénateurs qui sont de plus en plus convaincus.
16:39Parce qu'en fait, quand on explique les choses, ils se rendent compte que ça n'a pas marché.
16:41On a l'impression que tout est figé jusqu'à la prochaine présidentielle.
16:43On a l'impression que tout est figé jusqu'à la prochaine présidentielle.
16:44Ça va probablement jouer.
16:45Alors, une actualité aussi importante, un élément important, c'est évidemment la santé mentale
16:52chez les étudiants.
16:53On a l'impression que c'est la même chose, que ce soit en médecine, pharmacie, dentaire.
16:57C'est la même chose.
16:58C'est ces étudiants qui sont plus déprimés qu'avant.
17:03J'ai lu un baromètre, c'était avec les pharmaciens ou les médecins ?
17:08C'est nous, on a sorti un baromètre très récemment.
17:1020% des étudiants ont eu des idées suicidaires.
17:13Oui, on a une prévalence des idées suicidaires qui est très importante, plus que la population générale.
17:19Après, je pense que dans les autres études de santé, c'est aussi difficile.
17:21Je n'ai pas exactement les chiffres, mais c'est vrai que nous, on voit dans les études de médecine
17:25que les étudiants ne vont pas bien.
17:28Il y a différents facteurs qui contribuent à ça.
17:30Donc nous, notre but, c'est aussi...
17:31Alors, on a tout ce qui est précarité financière.
17:33Nos salaires, ils vont entre 219 et 320 euros par mois, entre la quatrième et sixième année.
17:39On a aussi tout ce qui est violences sexistes et sexuelles.
17:41C'est une personne sur dix qui a été agressée durant un de ses stages ou dans sa vie universitaire.
17:46On a la sédentarité.
17:47On a plein de facteurs qui rentrent en compte, c'est les discriminations.
17:50Et en fait, c'est ça qui...
17:51Discriminations, oui ?
17:52Oui.
17:53Beaucoup sur le sexe de la personne, notamment pendant les stages.
17:57Donc voilà, c'est ces facteurs.
17:58Et aussi la surcharge de travail.
18:00On a encore des programmes qui sont trop lourds.
18:02C'est beaucoup trop de travail.
18:03C'est des étudiants qui passent entre 45 heures et 60 heures à réviser par semaine.
18:08Donc, facteurs qu'il faut qu'on en change.
18:10J'aurais adoré avoir les chiffres quand j'étais, moi, étudiant.
18:13Et hélas, il n'y en avait pas.
18:16IMA, c'est la même chose chez les étudiants dentaires ?
18:19C'est la même chose.
18:20Je pense que même tous les étudiants en santé,
18:22et même tous les étudiants en général,
18:23on a ces problèmes de santé mentale.
18:25Je pense qu'il va différer entre les différents cursus.
18:27Ça va être les déterminants qui font que ces chiffres sont élevés.
18:30Pour les étudiants en chirurgie dentaire,
18:32on n'a pas les mêmes cursus, donc pas les mêmes enjeux.
18:35Donc, pour rejoindre les médecines,
18:38pareil, on a les barrières financières,
18:40notamment pour accéder aux travaux pratiques qu'on doit payer.
18:44On a aussi, nous, pendant l'externat,
18:47cette pression des quotas de faire un certain nombre de soins
18:50pendant l'externat pour pouvoir valider.
18:52Pareil, nous, à l'UNECD, on est totalement contre cette méthode
18:56qui engendre plein de dérives,
18:58notamment pour les patients et pour les étudiants.
19:01Et voilà, ces déterminants ne sont pas les mêmes.
19:02Les chiffres restent sensiblement les mêmes.
19:04Mais je pense qu'il faut surtout regarder les déterminants
19:07et ce qui permettra ensuite d'améliorer la qualité de vie des étudiantes.
19:10Et au niveau de, après, à l'internat, alors, c'est la même chose ?
19:14L'internat, c'est tout aussi catastrophique.
19:16On travaille 59 heures en moyenne par semaine,
19:19malgré les 48 heures maximales théoriques dans le droit français et européen.
19:23On a la pression de la prise en charge des patients
19:25qui se rajoute encore un peu plus sur nos épaules
19:27qu'on a déjà pendant le début des études en santé,
19:30mais que là, on a encore plus.
19:32On fait tourner l'hôpital, on a 40% des effectifs.
19:35Mais quand même sous la responsabilité du chef de clinique,
19:37de l'assistant, du chef de service, oui ?
19:38Toujours sous cette responsabilité-là, mais avec les limites de l'encadrement,
19:42les postes d'hospitalo-universitaires,
19:44ceux qui nous encadrent, n'augmentent pas
19:45avec la quantité d'étudiants et d'internes qui augmente.
19:48Donc, il y a forcément aussi des limites sur cette partie-là.
19:52On est encadré, on peut toujours aller chercher l'aide
19:55dans des situations très compliquées,
19:56mais ça arrive régulièrement que les décisions soient prises,
19:59au moins partiellement, si ce n'est complètement par les internes.
20:02Donc, cette pression, elle existe en plus.
20:05C'est ce qui fait qu'on devient un médecin et que c'est important.
20:07Mais elle participe aussi à dégrader la santé mentale des internes.
20:11Mais il y a quand même des numéros qu'on peut appeler
20:14quand on se sent harcelé, quand on se sent mis sous pression, etc.
20:19Oui, on arrive de plus en plus à...
20:21On essaye en tout cas de communiquer de plus en plus
20:23ces numéros qui sont disponibles,
20:25que ce soit des ressources nationales,
20:28des ressources à l'échelle des UFR, des facultés,
20:30ou aussi côté étudiant.
20:33On les relaie au maximum,
20:35mais en fait, on manque encore énormément de visibilité
20:36sur ces ressources-là.
20:37Et ça se ressent énormément chez les étudiants
20:39qui manquent encore de ressources,
20:41qui pensent qu'il n'y a pas de ressources qui existent,
20:43en fait, concrètement.
20:44Alors qu'on essaie de pousser, de pousser.
20:46Mais il faut continuer d'en parler pour déstigmatiser aussi
20:48qu'on libère la parole à ce sujet
20:50et qu'ils puissent enfin faire appel à ces ressources-là.
20:54Oui.
20:55Rassurément, il y a une majorité quand même d'étudiants
20:57qui prennent plaisir à poursuivre leurs études.
21:00On est toujours motivés, en tout cas.
21:02On a ces motivations qui sont là dès le départ,
21:05qui nous poussent à entrer dans ces études-là.
21:08Et le but, c'est justement de se pousser à cette passion,
21:11en fait, et cet amour de la santé.
21:13Nous, on l'a montré aussi,
21:15c'est pour ça que les étudiants en pharmacie
21:16se lancent dans ces études-là,
21:17c'est qu'ils ont envie de participer aux soins
21:20et d'aider les populations.
21:22Et donc ça, ça nous pousse aussi à continuer.
21:24Arthur, évidemment, il y a le droit de ses plans sexuels aussi.
21:26On n'en parle pas, il existe.
21:28Il y a un problème aussi, à partir peut-être de l'internat,
21:31un problème de hiérarchie, non ?
21:32De pression de la hiérarchie, du N plus 1, du N plus 2 ?
21:35Il y a une double pression, à la fois hiérarchique,
21:38dans le service, éventuellement,
21:41selon comment se passe l'organisation du service,
21:43qui est en charge,
21:44quel médecin s'occupe du planning des internes,
21:47vérifie que les internes ont le droit à leur droit,
21:50ce qui n'est pas toujours le cas.
21:51Il y a aussi une pression institutionnelle.
21:53Dans la santé, on le voit beaucoup,
21:55avec les histoires de déficit et de problématiques de financement.
21:58Il y a une pression par les hôpitaux,
22:00directement les établissements,
22:01pour que les soins soient rentables.
22:04C'est compliqué d'envisager ça sous cet angle.
22:07Donc oui, il y a une pression,
22:08à la fois institutionnelle et hiérarchique,
22:10et on la ressent,
22:11plus ou moins selon les terrains de stage.
22:13Il y a des choses qui permettent d'améliorer ça
22:15et de faire qu'on ne ressente pas cette hiérarchie.
22:18C'est possible.
22:19Encore une fois, c'est la formation,
22:20notamment au management.
22:22On le voit avec beaucoup de bonheur dans certains services,
22:25ça peut se passer super bien.
22:27Alors, il y a un autre problème qui est sûrement très difficile à gérer,
22:31c'est le problème des facs privées hors France.
22:36Des facs privées en Portugal,
22:38des facs privées...
22:39On a l'impression qu'elles se développent.
22:41Oui, alors c'est vrai qu'il y a beaucoup d'étudiants français...
22:43Ce n'est pas de la concurrence déloyale, non ?
22:46Non, on arrive quand même à remplir nos filières,
22:48mais c'est vrai qu'il y a aussi des questions de...
22:51Il y a une loi qui est passée pour rapatrier les étudiants français
22:54partis dans les universités européennes,
22:56dans le cursus médecine.
22:58On attend de voir la mise en application,
23:00mais nous, on alerte encore une fois sur les capacités d'accueil
23:02des universités, des facultés de médecine,
23:05où là, on pousse déjà les murs du CHU, de la faculté.
23:08On a la qualité de la formation qui se dégrade.
23:13Donc, nous, on veut bien accueillir plus de monde,
23:16mais à condition que les conditions de stage
23:18et de formation suivent.
23:21Imane, c'est la même chose en Nanterre, je crois ?
23:23Il y a pas mal de facs privées de Nanterre qui...
23:26Oui, c'est ça, exactement.
23:28Il y a énormément de facs privées qui ouvrent un peu partout.
23:31Historiquement, on a l'Espagne, la Roumanie et le Portugal.
23:33Et puis là, on voit, en tout cas,
23:34pour les études de chirurgie d'Anterre,
23:36qu'on a maintenant Chypre, la Hongrie,
23:38la Grèce, et qui sont en fait
23:40créés pour attirer ces étudiants français.
23:43Nous, on s'est posé...
23:44C'est la concurrence déloyale ou pas, pour vous ?
23:47Oui et non. Ça dépend sous quel aspect
23:48on le regarde. Ça pose question sur
23:50l'accès aux études.
23:52Qui peut se payer ce genre de facs privées ?
23:54Qui peut, dès la fin du lycée,
23:56même sans échec, suite à la première année,
23:58aller dans ces facs privées ?
23:59Ça pose aussi une question, ensuite, sur
24:02l'harmonisation des cursus dans l'Union Européenne.
24:05Officiellement, on a tous les mêmes cursus.
24:06Après, à voir dans la pratique si telle ou telle fac
24:09a le même taux de médicalisation de la profession,
24:12fait le même taux d'heures de clinique, etc.,
24:15que nous, en France.
24:16Donc voilà, ça pose ce genre de questions.
24:18En dentaire, maintenant, on a plus de prix moins inscrits à l'ordre
24:20qui viennent de l'étranger
24:22que qui sortent des facs françaises.
24:24Donc voilà, c'est un enjeu, en tout cas,
24:25qui, à l'avenir, nous prendra...
24:28D'accord, j'ai compris que vous, les étudiants,
24:30vous aviez des choses à dire.
24:31D'ailleurs, j'ai très envie de faire une chronique régulière
24:34en vous invitant régulièrement.
24:35Je pense que vous avez pas mal de choses à dire.
24:38Donc, content d'être étudiant quand même ?
24:40Oui, oui, oui, quand même.
24:41Sinon, on ne serait pas là.
24:42Mais on se bat quand même pour changer les choses.
24:45Voilà, on essaie de se donner rendez-vous dans 3-4 ans ?
24:48Avec grand plaisir.
24:49D'accord, vous, vos représentants,
24:50pour voir un petit peu comment les choses ont avancé.
24:52Merci beaucoup.
24:53Merci beaucoup.
24:54Alors, je redis vos noms.
24:55Noémie Chantrel,
24:59Marianne Kermarque,
25:00Ima Del Wargui
25:01et Arthur Ponsat.
25:03Voilà, c'est la fin de cette émission.
25:04On se retrouve la semaine prochaine.
25:06Check-up santé sur BFM Business.
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