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  • il y a 5 jours
Ce vendredi 5 juin, Christopher Dembik et Maud Reinalter, directrice des investissements chez Belfius Asset Management, parlent des risques de la forte concentration dans la tech, dans l'émission Tout pour investir, la masterclass, sur BFM Business. Retrouvez l'émission tous les vendredis à 11h.

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Transcription
00:00Tout pour investir, la masterclass, les signaux faibles.
00:04T'accueillir en plateau Maud Rénalter, vous êtes directrice des investissements chez Belfus Asset Management.
00:10Bonjour.
00:10Bonjour.
00:11On a effectivement une thématique qui est assez centrale, bien évidemment, et on en parlait avant de commencer cette émission.
00:17Vous me disiez, il y a énormément de demandes aujourd'hui pour SpaceX.
00:20Avant d'aller dans le détail sur SpaceX, j'aimerais revenir quand même sur un sujet qui est essentiel et
00:24qui revient assez régulièrement.
00:26J'ai eu encore ces questions de la part de clients aussi.
00:28On a une forte concentration tout de même dans la tech, dans l'IT.
00:32On le voit de manière très nette.
00:33Par exemple, sans parler uniquement des États-Unis, en Corée du Sud, vous avez deux, trois valeurs tech semi-conducteurs
00:39qui ont tiré l'essentiel de la performance des entreprises cotées en Corée du Sud.
00:43Est-ce que c'est un risque ?
00:45Alors, je dirais que c'est un risque, mais aussi une opportunité.
00:49Premièrement, vous avez raison, la performance des marchés émergents a été soutenue par la tech, une grosse partie par la
00:55tech cette année.
00:55Pourquoi ? Parce que les investisseurs qui avaient marre d'être concentrés sur les US tech, qui étaient assez chers,
01:02se sont mis sur l'émerging tech, qui est devenu aussi un petit peu plus cher.
01:07Donc, dans les deux cas, on est investi sur la tech, une fois sur les US, une fois sur les
01:11émergents.
01:12Alors, vous parliez de concentration, de risque de concentration.
01:16Certes, la tech, c'est un secteur, mais il y a aussi des industries dans le secteur.
01:21Donc, quand on regarde les MSCI, il y a plusieurs niveaux de classification.
01:25Et le premier niveau, c'est le secteur.
01:28Et puis ensuite, on trouve les industries.
01:29Et moi, je me dis toujours, quand je vois les clients, mais essayons de trouver une analogie simple pour classer
01:36ces industries.
01:36D'ailleurs, je vous propose aujourd'hui, Christopher, d'utiliser l'analogie de la ville pour la technologie.
01:42Alors, si on regarde, finalement, le monde technologique et on regarde la ville,
01:48la ville, c'est quoi vis-à-vis des industries de la technologie ?
01:52Par exemple, les semi-conducteurs, c'est la matière première pour construire la ville.
01:56On a besoin partout des semi-conducteurs, dans l'intelligence artificielle, dans votre téléphone,
02:02mais aussi dans des choses aussi basiques que votre four à micro-ondes et ou, pas si basique que ça
02:07au final, la voiture.
02:09Donc ça, on en a besoin partout, c'est la matière première.
02:11Et même dans les semi-conducteurs, on a plusieurs sous-industries.
02:15On a les grosses machines à SML, par exemple, qui vont créer les semi-conducteurs.
02:23On a ce qu'on appelle les fonderies.
02:25TSMC est une grosse fonderie.
02:26On a ceux qui les designent, donc les NVIDIA de ce monde, etc.
02:30Donc, ce n'est pas une petite industrie, celle des semi-conducteurs, et elle est assez cyclique, on va dire.
02:38On va dire qu'elle est assez cyclique parce qu'elle sert des métiers qui sont cycliques, comme par exemple
02:42les téléphones.
02:43Quand tout va bien, tout le monde achète des téléphones.
02:45Quand l'économie ralentit, généralement, on achète moins de téléphones.
02:49On l'a vu, c'est vrai que sur les semi-conducteurs, c'était un peu compliqué les deux dernières
02:53années.
02:53Là, il y a en revanche un retour ahurissant.
02:55Un retour très, très fort.
02:57Et d'ailleurs, à l'inverse, les logiciels qui ont été plutôt un secteur ou une industrie, surtout,
03:04qui a bien performé sur les dernières années,
03:07et bien là, cette année, c'est un peu plus challengé par l'EI.
03:10Donc, on a ces semi-conducteurs qui sont en début de chaîne.
03:14Ensuite, on a notamment les promoteurs immobiliers qui construisent plutôt, je dirais, les logiciels,
03:24qui vont s'appuyer sur les semi-conducteurs.
03:27Donc là, on a les logiciels, on a les Microsoft, les SAP.
03:30Après, on a les plus discrets, Christopher.
03:34C'est ceux qui construisent finalement le cloud de l'infrastructure.
03:36C'est le réseau électrique de la ville.
03:38Donc, ils sont assez discrets, mais sans eux, on ne fait pas grand-chose.
03:41Donc, eux, finalement, ils doivent avoir une très longue vue sur les infrastructures.
03:47Ils ont une vision très longue du cycle, alors que les semi-conducteurs,
03:51ils ont une vision très courte du cycle.
03:53Vous le rappelez, c'est cyclique.
03:54Voilà, donc, des industries sont vraiment très différentes.
03:59Et puis, d'ailleurs, au fait, les logiciels, eux, ils payent des loyers.
04:03Ils payent des loyers à l'infrastructure pour donner du service à un client.
04:07Donc, ça, c'est le bon payeur, normalement, avec des marges stables.
04:10Vous voyez, les semi-conducteurs très volatiles, l'infrastructure très long,
04:16les softwares ou les logiciels, plutôt les bons élèves qui payent des loyers.
04:20Justement, à ce sujet, est-ce que vous avez eu les craintes en début d'année ?
04:24Il y avait ces craintes que l'IA perturbe, justement, ces bons payeurs qu'étaient les softwares.
04:28Est-ce que vous trouvez que c'était exagéré ?
04:29On voit que les flux reviennent sur les softwares.
04:31On voit que les flux reviennent.
04:33D'ailleurs, techniquement, certaines de ces stocks sont très beaux.
04:37Je vous invite à regarder.
04:39Je suis d'accord avec vous.
04:39Exactement, il y a un rebond très franc.
04:42Pourquoi ? Parce que ce qu'on appelle les hyperscalers, certains d'entre eux.
04:46Eh bien, ceux-ci, ces grandes sociétés de logiciels qui ont très, très bien performé pendant des années,
04:53par exemple, les Microsoft de ce monde, se sont dit, moi, je vais m'intégrer, finalement.
04:59Je vais vendre du logiciel, je vais avoir de l'infrastructure.
05:02Puis, je vais peut-être même faire mes semi-conducteurs.
05:05Comme ça, au moins, j'ai toute la chaîne.
05:08Donc là, oui, il y a la concentration, parce qu'il y a la concentration sur toute la chaîne.
05:13Ensuite, vous avez le paiement, parce que finalement, le paiement, maintenant, ça devient la technologie.
05:18Et donc, ce n'est pas les semi-conducteurs, ce n'est pas les logiciels.
05:21Et d'ailleurs, là aussi, il y a un changement, parce que ces grandes entreprises de paiement,
05:25comme les Mastercard et les Visa, eux, se retrouvent à faire de la compétition avec les cryptocurrencies.
05:30Oui, on avait reçu, alors je crois, il y a deux semaines de cela, un invité qui nous parlait notamment
05:35des stable coins,
05:35puisque le secteur des paiements s'intéresse à ce sujet-là.
05:39Après, sur les paiements, c'est mon sentiment, vous me direz ce que vous pensez.
05:42Je trouve que c'est toujours très compliqué d'investir sur le temps long, sur les paiements.
05:46C'est-à-dire qu'en théorie, ces sociétés, elles sont belles, en règle générale,
05:50mais c'est vrai qu'elles peuvent être assez chaotiques.
05:52Alors, on n'est pas dans le cas de Worldline, qui a eu un parcours difficile,
05:55mais vous évoquiez, par exemple, du Mastercard, Visa.
05:57Je trouve que c'est toujours un peu difficile d'avoir de la visibilité.
05:59Aujourd'hui, ce qui pourrait remplacer les paiements, c'est encore, comme on dit dans notre jargon,
06:06early stage de savoir ce qui va se faire ou pas.
06:09Mais le stable coins, c'est quelque chose quand même qui avance assez rapidement.
06:14La tokenisation des fonds et le paiement des entreprises à entreprises très rapide,
06:20tout ça va se faire assez rapidement, je pense aussi.
06:24Donc oui, il y a quand même un changement d'échelle pour ces Mastercard, ces Revolut, etc.
06:30Maintenant, peut-être qu'elles vont aussi en profiter,
06:33parce que je suppose qu'elles n'attendent pas et qu'elles vont en profiter.
06:37Après, il y a les publicitaires.
06:38Quand vous vous promenez dans la ville, vous voyez les publicités qu'il y a sur Amazon, etc.
06:44Donc, eux sont aussi très sensibles à la conjoncture et à l'investissement.
06:49Est-ce qu'on fait des publicités quand l'économie va moins bien ? Un peu moins.
06:54Et puis, un peu le dernier en date, vous le disiez tout à l'heure,
06:59c'est la technologie dans l'espace qui va entrer en bourse la semaine prochaine.
07:06Donc, tout ce qui est autour des satellites, finalement, c'est d'infrastructures,
07:10du data center peut-être pas sur notre planète.
07:14Donc, tout ça aussi est un nouvel arrivé, bien qu'il existait déjà avant.
07:18J'ai envie de vous interroger, justement, sur ça, sur cette introduction de SpaceX,
07:21parce que c'est le gros phénomène.
07:23On sait qu'il y aura des aspects techniques, bien évidemment, en termes d'évolution du marché.
07:27Un, sur SpaceX, est-ce que vous vous sentez à l'aise avec non seulement le fait
07:31que le processus a été expédié quand même par le Nasdaq pour justement avoir cette cotation de SpaceX,
07:36et sur la société, parce que c'est quand même un problème de rentabilité ?
07:39Je regardais même sur les business futurs qui sont évoqués,
07:42par exemple l'extraction minière dans l'espace, etc.
07:45Alors, ça fait rêver, mais encore une fois, ce sont des business futurs
07:48qui nécessitent des investissements qui sont énormes.
07:51Moi, je me sens assez mal à l'aise à titre personnel avec cette introduction.
07:56Alors, effectivement, il y a peu aujourd'hui de la marquette capitalisation qui est rentable,
08:01soyons bien honnêtes.
08:02Après, c'est un pari sur l'avenir.
08:04Il y a pour nous deux séquences dans cette IPO.
08:08Il y a l'aspect séquence 1, technique de l'inclusion des indices,
08:12où je pense que, j'allais dire l'administration Musk,
08:16mais monsieur Musk et son organisation a tout bien organisé
08:22pour rentrer dans de bonnes conditions sur le marché,
08:25c'est-à-dire l'inclusion des indices, il s'est fait de quelques banques, etc.
08:31Donc, vous disiez sur le S&P 500, je trouvais que c'était intéressant.
08:33Oui, ce matin, effectivement.
08:35Donc, le S&P 500 va attendre un an avant de l'inclure.
08:38Au début, ils étaient encore en étude.
08:41Le Nasdaq va faire ce qu'il appelle un fast track.
08:43Donc, il va, après 15 jours, l'inclure.
08:45Et puis après, il faudra voir, parce qu'il y a quand même
08:47beaucoup, beaucoup d'investisseurs qui ont été déjà dans SpaceX.
08:51Alors, il y aura des flux entrants,
08:53mais il y aura sûrement aussi des flux sortants.
08:55Personnes qui veulent sortir parce qu'elles ont investi dans du private equity, etc.
08:59Donc, il faudra voir quels sont ce qu'on appelle les lock-up périodes,
09:02à quel moment chacun va pouvoir sortir.
09:04Donc, nous, effectivement, le caractère technique nous plaît bien.
09:08Ensuite, on verra les insiders, les investisseurs d'avant l'IPO
09:13qui pourraient vouloir sortir.
09:15Il y en a techniquement qui doivent sortir,
09:17les fonds de private equity.
09:19Et enfin, on va voir aussi la recherche que les analystes vont sortir,
09:25parce que pour l'instant, Christopher, il n'y a pas beaucoup de recherche.
09:30Et donc, pour nous, on est quand même positif sur le développement de l'entreprise,
09:34mais quand même, la valo, à moyen terme, elle est un peu questionnable.
09:38Oui, et je pense que c'est vraiment le sujet sur la valorisation.
09:41Moi, j'adore le business model.
09:42Je trouve que c'est passionnant.
09:43On avait reçu, il y a quelques semaines de cela,
09:46alors, c'était la financière Léchiquier qui a un fonds Space.
09:49On les a invitées exprès à cause de SpaceX, je ne vous cache pas,
09:52mais la thématique est intéressante.
09:53Mais c'est vrai que le niveau de valorisation est un peu compliqué.
09:55C'est un peu cher, effectivement, mais en même temps, les croissances vont vite.
10:02Nvidia, tout le monde me dit, Nvidia, c'est très cher.
10:05Oui, mais quand on a des grands taux de croissance,
10:07et la croissance est exponentielle,
10:09de facto, mécaniquement, la valorisation baisse.
10:13Sur, dernière question, vous avez fait un panorama très intéressant,
10:17finalement, montrant que la concentration, elle n'est pas si présente que cela,
10:20parce qu'il y a plein de segments.
10:22J'ai compris que sur les softwares, vous étiez positif, c'est aussi mon opinion.
10:25Quels sont les autres segments qu'un investisseur peut regarder en ce moment ?
10:29En effet, il y a une chose que je ne vous ai pas précisé.
10:32Dans la ville, il y a également un élément que je n'ai pas mis en exergue,
10:37c'est qu'on a toujours besoin d'ordre chez soi et d'être protégé.
10:41C'est bien de dire ça.
10:42Et donc, la cybersécurité, c'est une des thématiques qu'on a en portefeuille aujourd'hui.
10:49Et elle est composée, finalement, de dépenses, la cybersécurité.
10:54On sait qu'il y a beaucoup, aujourd'hui, de volatilité dans le monde actuel,
10:59qu'il faut protéger ces datas.
11:00Donc, il y a une lame d'investissement qui va être faite.
11:02Donc, on a beaucoup de cybersécurité en portefeuille.
11:07Et du coup, c'est moins corrélé au reste de la technologie.
11:12Juste dernier élément, sur les semi-conducteurs, ça a beaucoup, beaucoup augmenté.
11:17Même l'indice global, etc.
11:18On parlait de Corée du Sud.
11:20Est-ce que c'est le moment de prendre éventuellement des bénéfices ?
11:22Si on a bénéfices, bien sûr, on est rentrés à un petit moment.
11:24À un bon moment, on est en train de trimer un peu nos positions sur les semi-conducteurs.
11:32Même si, sur le long terme, on reste positif.
11:35Il y a eu des très, très belles performances.
11:37Et un tout petit peu de volatilité à très court terme, là, sur les deux derniers jours.
11:40Donc, oui, on avait, en règle générale, on était resté investi.
11:44On avait pris des protections.
11:45Ah oui, ce qui est important, effectivement.
11:47Vous terminez bien sur le mot de la fin, qui est extrêmement important.
11:50Merci, Maudre Renalter.
11:51Vous êtes directrice d'investissement chez Belfius Asset Management.
11:54C'est toujours un plaisir de vous recevoir.
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