00:00Tout pour investir, la masterclass, les signaux faibles.
00:04T'accueillir en plateau Maud Rénalter, vous êtes directrice des investissements chez Belfus Asset Management.
00:10Bonjour.
00:10Bonjour.
00:11On a effectivement une thématique qui est assez centrale, bien évidemment, et on en parlait avant de commencer cette émission.
00:17Vous me disiez, il y a énormément de demandes aujourd'hui pour SpaceX.
00:20Avant d'aller dans le détail sur SpaceX, j'aimerais revenir quand même sur un sujet qui est essentiel et
00:24qui revient assez régulièrement.
00:26J'ai eu encore ces questions de la part de clients aussi.
00:28On a une forte concentration tout de même dans la tech, dans l'IT.
00:32On le voit de manière très nette.
00:33Par exemple, sans parler uniquement des États-Unis, en Corée du Sud, vous avez deux, trois valeurs tech semi-conducteurs
00:39qui ont tiré l'essentiel de la performance des entreprises cotées en Corée du Sud.
00:43Est-ce que c'est un risque ?
00:45Alors, je dirais que c'est un risque, mais aussi une opportunité.
00:49Premièrement, vous avez raison, la performance des marchés émergents a été soutenue par la tech, une grosse partie par la
00:55tech cette année.
00:55Pourquoi ? Parce que les investisseurs qui avaient marre d'être concentrés sur les US tech, qui étaient assez chers,
01:02se sont mis sur l'émerging tech, qui est devenu aussi un petit peu plus cher.
01:07Donc, dans les deux cas, on est investi sur la tech, une fois sur les US, une fois sur les
01:11émergents.
01:12Alors, vous parliez de concentration, de risque de concentration.
01:16Certes, la tech, c'est un secteur, mais il y a aussi des industries dans le secteur.
01:21Donc, quand on regarde les MSCI, il y a plusieurs niveaux de classification.
01:25Et le premier niveau, c'est le secteur.
01:28Et puis ensuite, on trouve les industries.
01:29Et moi, je me dis toujours, quand je vois les clients, mais essayons de trouver une analogie simple pour classer
01:36ces industries.
01:36D'ailleurs, je vous propose aujourd'hui, Christopher, d'utiliser l'analogie de la ville pour la technologie.
01:42Alors, si on regarde, finalement, le monde technologique et on regarde la ville,
01:48la ville, c'est quoi vis-à-vis des industries de la technologie ?
01:52Par exemple, les semi-conducteurs, c'est la matière première pour construire la ville.
01:56On a besoin partout des semi-conducteurs, dans l'intelligence artificielle, dans votre téléphone,
02:02mais aussi dans des choses aussi basiques que votre four à micro-ondes et ou, pas si basique que ça
02:07au final, la voiture.
02:09Donc ça, on en a besoin partout, c'est la matière première.
02:11Et même dans les semi-conducteurs, on a plusieurs sous-industries.
02:15On a les grosses machines à SML, par exemple, qui vont créer les semi-conducteurs.
02:23On a ce qu'on appelle les fonderies.
02:25TSMC est une grosse fonderie.
02:26On a ceux qui les designent, donc les NVIDIA de ce monde, etc.
02:30Donc, ce n'est pas une petite industrie, celle des semi-conducteurs, et elle est assez cyclique, on va dire.
02:38On va dire qu'elle est assez cyclique parce qu'elle sert des métiers qui sont cycliques, comme par exemple
02:42les téléphones.
02:43Quand tout va bien, tout le monde achète des téléphones.
02:45Quand l'économie ralentit, généralement, on achète moins de téléphones.
02:49On l'a vu, c'est vrai que sur les semi-conducteurs, c'était un peu compliqué les deux dernières
02:53années.
02:53Là, il y a en revanche un retour ahurissant.
02:55Un retour très, très fort.
02:57Et d'ailleurs, à l'inverse, les logiciels qui ont été plutôt un secteur ou une industrie, surtout,
03:04qui a bien performé sur les dernières années,
03:07et bien là, cette année, c'est un peu plus challengé par l'EI.
03:10Donc, on a ces semi-conducteurs qui sont en début de chaîne.
03:14Ensuite, on a notamment les promoteurs immobiliers qui construisent plutôt, je dirais, les logiciels,
03:24qui vont s'appuyer sur les semi-conducteurs.
03:27Donc là, on a les logiciels, on a les Microsoft, les SAP.
03:30Après, on a les plus discrets, Christopher.
03:34C'est ceux qui construisent finalement le cloud de l'infrastructure.
03:36C'est le réseau électrique de la ville.
03:38Donc, ils sont assez discrets, mais sans eux, on ne fait pas grand-chose.
03:41Donc, eux, finalement, ils doivent avoir une très longue vue sur les infrastructures.
03:47Ils ont une vision très longue du cycle, alors que les semi-conducteurs,
03:51ils ont une vision très courte du cycle.
03:53Vous le rappelez, c'est cyclique.
03:54Voilà, donc, des industries sont vraiment très différentes.
03:59Et puis, d'ailleurs, au fait, les logiciels, eux, ils payent des loyers.
04:03Ils payent des loyers à l'infrastructure pour donner du service à un client.
04:07Donc, ça, c'est le bon payeur, normalement, avec des marges stables.
04:10Vous voyez, les semi-conducteurs très volatiles, l'infrastructure très long,
04:16les softwares ou les logiciels, plutôt les bons élèves qui payent des loyers.
04:20Justement, à ce sujet, est-ce que vous avez eu les craintes en début d'année ?
04:24Il y avait ces craintes que l'IA perturbe, justement, ces bons payeurs qu'étaient les softwares.
04:28Est-ce que vous trouvez que c'était exagéré ?
04:29On voit que les flux reviennent sur les softwares.
04:31On voit que les flux reviennent.
04:33D'ailleurs, techniquement, certaines de ces stocks sont très beaux.
04:37Je vous invite à regarder.
04:39Je suis d'accord avec vous.
04:39Exactement, il y a un rebond très franc.
04:42Pourquoi ? Parce que ce qu'on appelle les hyperscalers, certains d'entre eux.
04:46Eh bien, ceux-ci, ces grandes sociétés de logiciels qui ont très, très bien performé pendant des années,
04:53par exemple, les Microsoft de ce monde, se sont dit, moi, je vais m'intégrer, finalement.
04:59Je vais vendre du logiciel, je vais avoir de l'infrastructure.
05:02Puis, je vais peut-être même faire mes semi-conducteurs.
05:05Comme ça, au moins, j'ai toute la chaîne.
05:08Donc là, oui, il y a la concentration, parce qu'il y a la concentration sur toute la chaîne.
05:13Ensuite, vous avez le paiement, parce que finalement, le paiement, maintenant, ça devient la technologie.
05:18Et donc, ce n'est pas les semi-conducteurs, ce n'est pas les logiciels.
05:21Et d'ailleurs, là aussi, il y a un changement, parce que ces grandes entreprises de paiement,
05:25comme les Mastercard et les Visa, eux, se retrouvent à faire de la compétition avec les cryptocurrencies.
05:30Oui, on avait reçu, alors je crois, il y a deux semaines de cela, un invité qui nous parlait notamment
05:35des stable coins,
05:35puisque le secteur des paiements s'intéresse à ce sujet-là.
05:39Après, sur les paiements, c'est mon sentiment, vous me direz ce que vous pensez.
05:42Je trouve que c'est toujours très compliqué d'investir sur le temps long, sur les paiements.
05:46C'est-à-dire qu'en théorie, ces sociétés, elles sont belles, en règle générale,
05:50mais c'est vrai qu'elles peuvent être assez chaotiques.
05:52Alors, on n'est pas dans le cas de Worldline, qui a eu un parcours difficile,
05:55mais vous évoquiez, par exemple, du Mastercard, Visa.
05:57Je trouve que c'est toujours un peu difficile d'avoir de la visibilité.
05:59Aujourd'hui, ce qui pourrait remplacer les paiements, c'est encore, comme on dit dans notre jargon,
06:06early stage de savoir ce qui va se faire ou pas.
06:09Mais le stable coins, c'est quelque chose quand même qui avance assez rapidement.
06:14La tokenisation des fonds et le paiement des entreprises à entreprises très rapide,
06:20tout ça va se faire assez rapidement, je pense aussi.
06:24Donc oui, il y a quand même un changement d'échelle pour ces Mastercard, ces Revolut, etc.
06:30Maintenant, peut-être qu'elles vont aussi en profiter,
06:33parce que je suppose qu'elles n'attendent pas et qu'elles vont en profiter.
06:37Après, il y a les publicitaires.
06:38Quand vous vous promenez dans la ville, vous voyez les publicités qu'il y a sur Amazon, etc.
06:44Donc, eux sont aussi très sensibles à la conjoncture et à l'investissement.
06:49Est-ce qu'on fait des publicités quand l'économie va moins bien ? Un peu moins.
06:54Et puis, un peu le dernier en date, vous le disiez tout à l'heure,
06:59c'est la technologie dans l'espace qui va entrer en bourse la semaine prochaine.
07:06Donc, tout ce qui est autour des satellites, finalement, c'est d'infrastructures,
07:10du data center peut-être pas sur notre planète.
07:14Donc, tout ça aussi est un nouvel arrivé, bien qu'il existait déjà avant.
07:18J'ai envie de vous interroger, justement, sur ça, sur cette introduction de SpaceX,
07:21parce que c'est le gros phénomène.
07:23On sait qu'il y aura des aspects techniques, bien évidemment, en termes d'évolution du marché.
07:27Un, sur SpaceX, est-ce que vous vous sentez à l'aise avec non seulement le fait
07:31que le processus a été expédié quand même par le Nasdaq pour justement avoir cette cotation de SpaceX,
07:36et sur la société, parce que c'est quand même un problème de rentabilité ?
07:39Je regardais même sur les business futurs qui sont évoqués,
07:42par exemple l'extraction minière dans l'espace, etc.
07:45Alors, ça fait rêver, mais encore une fois, ce sont des business futurs
07:48qui nécessitent des investissements qui sont énormes.
07:51Moi, je me sens assez mal à l'aise à titre personnel avec cette introduction.
07:56Alors, effectivement, il y a peu aujourd'hui de la marquette capitalisation qui est rentable,
08:01soyons bien honnêtes.
08:02Après, c'est un pari sur l'avenir.
08:04Il y a pour nous deux séquences dans cette IPO.
08:08Il y a l'aspect séquence 1, technique de l'inclusion des indices,
08:12où je pense que, j'allais dire l'administration Musk,
08:16mais monsieur Musk et son organisation a tout bien organisé
08:22pour rentrer dans de bonnes conditions sur le marché,
08:25c'est-à-dire l'inclusion des indices, il s'est fait de quelques banques, etc.
08:31Donc, vous disiez sur le S&P 500, je trouvais que c'était intéressant.
08:33Oui, ce matin, effectivement.
08:35Donc, le S&P 500 va attendre un an avant de l'inclure.
08:38Au début, ils étaient encore en étude.
08:41Le Nasdaq va faire ce qu'il appelle un fast track.
08:43Donc, il va, après 15 jours, l'inclure.
08:45Et puis après, il faudra voir, parce qu'il y a quand même
08:47beaucoup, beaucoup d'investisseurs qui ont été déjà dans SpaceX.
08:51Alors, il y aura des flux entrants,
08:53mais il y aura sûrement aussi des flux sortants.
08:55Personnes qui veulent sortir parce qu'elles ont investi dans du private equity, etc.
08:59Donc, il faudra voir quels sont ce qu'on appelle les lock-up périodes,
09:02à quel moment chacun va pouvoir sortir.
09:04Donc, nous, effectivement, le caractère technique nous plaît bien.
09:08Ensuite, on verra les insiders, les investisseurs d'avant l'IPO
09:13qui pourraient vouloir sortir.
09:15Il y en a techniquement qui doivent sortir,
09:17les fonds de private equity.
09:19Et enfin, on va voir aussi la recherche que les analystes vont sortir,
09:25parce que pour l'instant, Christopher, il n'y a pas beaucoup de recherche.
09:30Et donc, pour nous, on est quand même positif sur le développement de l'entreprise,
09:34mais quand même, la valo, à moyen terme, elle est un peu questionnable.
09:38Oui, et je pense que c'est vraiment le sujet sur la valorisation.
09:41Moi, j'adore le business model.
09:42Je trouve que c'est passionnant.
09:43On avait reçu, il y a quelques semaines de cela,
09:46alors, c'était la financière Léchiquier qui a un fonds Space.
09:49On les a invitées exprès à cause de SpaceX, je ne vous cache pas,
09:52mais la thématique est intéressante.
09:53Mais c'est vrai que le niveau de valorisation est un peu compliqué.
09:55C'est un peu cher, effectivement, mais en même temps, les croissances vont vite.
10:02Nvidia, tout le monde me dit, Nvidia, c'est très cher.
10:05Oui, mais quand on a des grands taux de croissance,
10:07et la croissance est exponentielle,
10:09de facto, mécaniquement, la valorisation baisse.
10:13Sur, dernière question, vous avez fait un panorama très intéressant,
10:17finalement, montrant que la concentration, elle n'est pas si présente que cela,
10:20parce qu'il y a plein de segments.
10:22J'ai compris que sur les softwares, vous étiez positif, c'est aussi mon opinion.
10:25Quels sont les autres segments qu'un investisseur peut regarder en ce moment ?
10:29En effet, il y a une chose que je ne vous ai pas précisé.
10:32Dans la ville, il y a également un élément que je n'ai pas mis en exergue,
10:37c'est qu'on a toujours besoin d'ordre chez soi et d'être protégé.
10:41C'est bien de dire ça.
10:42Et donc, la cybersécurité, c'est une des thématiques qu'on a en portefeuille aujourd'hui.
10:49Et elle est composée, finalement, de dépenses, la cybersécurité.
10:54On sait qu'il y a beaucoup, aujourd'hui, de volatilité dans le monde actuel,
10:59qu'il faut protéger ces datas.
11:00Donc, il y a une lame d'investissement qui va être faite.
11:02Donc, on a beaucoup de cybersécurité en portefeuille.
11:07Et du coup, c'est moins corrélé au reste de la technologie.
11:12Juste dernier élément, sur les semi-conducteurs, ça a beaucoup, beaucoup augmenté.
11:17Même l'indice global, etc.
11:18On parlait de Corée du Sud.
11:20Est-ce que c'est le moment de prendre éventuellement des bénéfices ?
11:22Si on a bénéfices, bien sûr, on est rentrés à un petit moment.
11:24À un bon moment, on est en train de trimer un peu nos positions sur les semi-conducteurs.
11:32Même si, sur le long terme, on reste positif.
11:35Il y a eu des très, très belles performances.
11:37Et un tout petit peu de volatilité à très court terme, là, sur les deux derniers jours.
11:40Donc, oui, on avait, en règle générale, on était resté investi.
11:44On avait pris des protections.
11:45Ah oui, ce qui est important, effectivement.
11:47Vous terminez bien sur le mot de la fin, qui est extrêmement important.
11:50Merci, Maudre Renalter.
11:51Vous êtes directrice d'investissement chez Belfius Asset Management.
11:54C'est toujours un plaisir de vous recevoir.
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