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  • il y a 5 jours
Tout pour Investir, la masterclass. Entretien exclusif, signaux faibles sur les marchés, décryptage géopolitique et toutes vos questions. Une émission qui démystifie l’économie. Un regard expert avec Christopher Dembik.

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00:00BFM Business, tout pour investir, la masterclass Christopher Dembic.
00:08Bonjour à tous, bienvenue dans cette nouvelle masterclass, je suis Christopher Dembic,
00:12je vais vous aider à gérer votre épargne.
00:14Cette semaine, une semaine qui a été extrêmement compliquée sur les marchés financiers,
00:17beaucoup de volatilité, beaucoup d'anxiété, de nervosité.
00:20On le voit sur une myriade de compartiments de marché,
00:22on pensera notamment au niveau des logiciels, on en parle avec Etienne Braque ce matin.
00:26Il y a d'autres segments de marché qui sont dans la même situation.
00:29On va essayer de comprendre un peu ce qui se passe, d'où vient cette nervosité,
00:32quel est le rôle notamment de certains acteurs, on pensera notamment au fonds spéculatifs.
00:36On va en parler en première partie avec MonAzivité,
00:38et ensuite on fera un peu un panorama des différents risques en termes de géopolitique cette année.
00:42Sans doute ça va revenir sur la table.
00:44Tout pour investir, c'est parti !
00:48Tout pour investir, la masterclass, les signaux faibles.
00:52On l'a vu, on a une situation sur les marchés qui reste très compliquée avec énormément d'anxiété.
00:56On a des volatilités qui sont extrêmement élevées, ça concerne d'ailleurs toutes les classes d'actifs,
01:02ça concerne aussi bien les crypto-monnaies, on pensera bien sûr aux bitcoins.
01:06Les matières premières, on va en parler dans un instant.
01:09Les devises, c'est un peu plus calme, mais malgré tout, on voit qu'il y a quand même des grandes tendances aussi qui se dessinent.
01:13Et bien sûr, les actions, on y reviendra en seconde partie de l'émission,
01:16lorsqu'on parlera notamment des résultats d'entreprises.
01:18Je suis ravi de vous accueillir, vous êtes un régulier de nos plateaux sur BFM Business, Olivier Lechevalier.
01:24Vous êtes fondateur et dirigeant de Deft Edge.
01:27Oui.
01:28Vous êtes spécialiste sur les matières premières, sur les devises.
01:31Et on l'a vu, on a eu une séance qui a été un peu compliquée, par exemple le 30 janvier dernier.
01:35C'était donc sur l'argent, où il y a eu un effondrement complet de l'argent.
01:40Il y a eu un phénomène de contamination à d'autres marchés.
01:42C'est peut-être ça qui est vraiment important, de voir que l'or a été touché, mais également les actions.
01:47Et il y a quand même des acteurs qui sont en partie responsables de ce sujet.
01:51C'est les fonds spéculatifs.
01:52Je voulais justement avoir votre avis.
01:54Comment on appréhende les sortes de ces fonds spéculatifs qu'on voit d'ailleurs sur tous les marchés financiers ?
01:58Exactement.
01:58Je pense que c'était très important de revenir un peu sur la définition du fonds spéculatif.
02:02C'est-à-dire qu'on a les fonds qu'on retrouve conventionnels, qui vont être des fonds mutuels, des OPCVM.
02:09Quelque chose qui est plutôt classique, un peu plutôt sur des stocks publics, donc facile.
02:14Et puis après, on va avoir tout ce qui est le hedge fund.
02:16Le hedge fund, en fait, cache beaucoup de choses derrière.
02:18Et en fait, ce qu'on oublie, c'est qu'ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent, aller sur tous les marchés.
02:23Et leur seul lettre motive, c'est qu'ils doivent se retrouver dans une zone à plus 20% de résultats.
02:29Donc c'est vraiment leur particularité.
02:32Et ça, c'est vraiment oublié parce qu'à chaque fois, on en parle comme une légende.
02:35Tiens, le hedge fund, où il se trouve ?
02:37On ne sait pas.
02:38En général, il est dans le Delaware.
02:40Ils ont plusieurs sociétés.
02:41Ils sont aussi dans des îles un peu particulières, type Caïman, etc.
02:45Et donc, c'est vrai que c'est...
02:47Je voulais un peu démystifier aussi cette partie-là pour que les gens comprennent bien
02:50qu'eux, ils ont le droit de faire tout.
02:52Et leur seul lettre motive, c'est le rendement.
02:54Et ils embauchent les meilleurs financiers de la place
02:57pour aller chercher ces stratégies et gagner du terrain.
03:01Donc forcément, on parle de hedge fund, ils sont dans tous les secteurs.
03:05En fait, on peut les retrouver dans le soft.
03:06Quand c'était la guerre en Ukraine, on disait qu'ils étaient dedans.
03:09Quand on est là, on les retrouve dans l'or, où on fait aussi le lettre motive.
03:12Et après, au sein des fonds, on retrouve encore deux types.
03:15On retrouve le type fonds quantitatif qui va investir en masse.
03:19Et puis après, on a la partie plutôt macro-discriminationnaire
03:22qui, eux, veulent travailler sur la volatilité du fonds.
03:24Et qui, effectivement, bénéficient de cette volatilité.
03:27Ils utilisent des effets de levier qui sont très importants.
03:30Exactement.
03:30Pour le rappeler, juste pour ceux qui ne connaissent pas,
03:32sur l'effet de levier, c'est que vous investissez avec un capital
03:35que vous n'avez pas.
03:35En général, pour du particulier, notamment via des ETF,
03:38vous avez des effets de levier x2, x3.
03:40Mais pour un fonds spéculatif, il n'y a pas de limite.
03:42Je crois que les fonds macro, c'est du x9, par exemple.
03:44Ah oui, effectivement, il y a du x9.
03:46Et là, forcément, même plus.
03:48Parce que là, j'ai envie de dire qu'il y avait des indices sur l'argent, notamment.
03:51Bon, c'est vrai que ce qui s'est passé, c'est qu'en fait,
03:54il y a Kevin Warsh qui est nommé par Trump et par la Fed.
03:59Et donc, pas totalement validé, mais pour remplacer M. Powell par la suite.
04:03Et du coup, il arrive et lui, son leitmotiv, c'est vraiment de réduire la dette,
04:08lutter contre l'inflation.
04:09Donc, un peu l'antidiscours Trump où je veux l'argent facile,
04:14je veux aller beaucoup de liquidité.
04:15Et la liquidité, ça va bien.
04:17Pour les marchés, il faut de la liquidité.
04:18Exactement.
04:19Voilà.
04:19Et en fait, là, un peu, la fête est finie.
04:21Donc, je pense prise de conscience.
04:22Et puis là, on le voyait sur l'argent.
04:24Notamment, ça a hyper dévissé 30 %,
04:25mais parce qu'il y avait aussi un ratio où il existe une barre d'argent
04:29qui a été, avec un effet de levier des investisseurs, fois 375.
04:33Donc là, du coup, vraiment explosion.
04:36Là, vraiment les effets de levier.
04:37Donc, du coup, quand on travaille sur le dollar ou des monnaies,
04:42en fait, on connaît une profondeur de marché.
04:44On peut s'échanger.
04:45Donc, il y a moins de mouvements drastiques.
04:47Là, on est sur des marchés qui sont contraints.
04:50L'or, l'argent, après toutes les matières,
04:53le nickel, le platine, palladium, etc.
04:55Tout le monde a dévissé durant cette journée.
04:57Et donc, on se retrouve, en fait, effectivement,
04:59avec ces effets de levier qui sont soit générés par ces hedge funds
05:03et qui, ces hedge funds, utilisent aussi des algorithmes
05:05pour aller beaucoup plus vite sur les marchés.
05:07Donc, ce qui se passe, c'est qu'il y a un effet inverse.
05:09C'est qu'on voit un mouvement de marché.
05:12En fait, il y a quelqu'un qui a retiré une position de 18 millions,
05:14ce qu'ils appelaient la position baleine, directement.
05:17Du coup, le marché s'affole, déclenche des appels de marge.
05:20L'appel de marge est tellement élevé sur les effets de levier
05:23que, du coup, les investisseurs ne peuvent pas payer l'appel de marge,
05:27qui est un prix du contrat qu'ils doivent s'ils veulent rester dans le marché.
05:31Et en fait, ils se retirent aussi.
05:33Donc, ainsi de suite et ainsi de suite,
05:34tout le monde s'est retiré jusqu'à une baisse de 30 %.
05:36Donc, un phénomène de panique complet.
05:38Exactement.
05:39Est-ce que, justement, la question que j'ai envie de me poser,
05:41si on a vu ça sur l'argent, que vous l'avez rappelé à juste titre,
05:43un marché étroit, est-ce qu'on peut avoir ce phénomène-là similaire,
05:47notamment sur l'or ?
05:48Parce qu'on voit qu'il y a un engouement pour l'or qui est incroyable,
05:50y compris de la part des particuliers.
05:52Oui.
05:52Alors, là, effectivement, il en a pâti directement,
05:54puisqu'il a perdu aussi 10 %.
05:55Après, tous les métaux ont pris l'étain, le nickel, le palladium, le platine.
06:00Tous ceux qui étaient un peu...
06:02Je vais aller jusqu'au bout.
06:03C'est-à-dire que tous ceux où les hedge funds sont investis,
06:05café, jus d'orange, sucre, ont aussi pris.
06:08C'est-à-dire, bon, dans des moins grandes mesures,
06:10ils ont perdu 6 %, 3 % et 1 %.
06:11Donc, ça va vraiment au-delà des métaux industriels typiquement.
06:14Exactement.
06:15Et si on rappelle aussi la genèse,
06:16c'est qu'on a Kevin Warch qui arrive,
06:18qui dit stop l'inflation, stop la dette.
06:20Et maintenant, on va resserrer la vis.
06:23Et voilà, ce n'est pas possible que tout parte comme ça,
06:26peut-être à volo, en faisant croire qu'il y a de la liquidité partout,
06:30sans fond, et ça ira très bien.
06:32Donc là, lui, il arrive et dit non, moi, je vais corriger.
06:36Et donc, ce qui se passe, c'est que le marché, il entend à correction.
06:39Donc là, on revient des fondamentaux.
06:41Avant, on était vraiment dans un stress politique, géopolitique,
06:44où on ne savait plus sur quoi se retourner.
06:46Donc, valeur refuge, or, qui a fait beaucoup parler.
06:51Et donc, forcément, là, on revient aux fondamentaux.
06:53Le dollar qui se renforce, qu'est-ce qui se passe ?
06:56La logique qu'ils le souhaitent, si le dollar se renforce,
07:00l'or baisse, le pétrole baisse, etc.
07:02Et donc là, en fait, on revenait à des fondamentaux de marché,
07:05où on se dit, tiens, on va reprendre confiance dans les taux d'intérêt,
07:08qu'on va revenir sur une normale.
07:11Donc, effectivement, il y a eu cette anticipation.
07:12Et puis, je pense que l'effet appel de marge a en plus mis encore plus d'animosité,
07:16parce que sur les matières premières, les appels de marge peuvent être très conséquents,
07:19notamment quand vous avez des effets de levier.
07:20Quand l'électricité avait augmenté.
07:23Ou la guerre en Ukraine.
07:23Oui, voilà, exactement.
07:25Ou on était hyper inquiet pour EDF,
07:27qu'il y avait des énormes appels de marge,
07:29ou les gros faiseurs, donc, effectivement.
07:32Donc, vigilance vraiment, notamment sur les matières premières.
07:34On a beaucoup de téléspectateurs, d'auditeurs,
07:36qui s'intéressent bien sûr à l'or, du fait de l'envoler des prix.
07:38Oui.
07:39Il faut être habitué de la volatilité.
07:41Donc, c'est un peu le conseil en conclusion.
07:44Exactement.
07:44Il y a ce conseil.
07:45Et puis aussi, moi qui travaille pour des entreprises qui manipulent de l'or,
07:50en fait, le prix qui est papier n'est pas le prix du physique qu'on va vous racheter,
07:54en général, et racheter deux fois moins.
07:56Donc, ce qui permet aussi d'équilibrer les bilans de ces entreprises,
07:58d'avoir une progression moins rapide sur l'effet d'achat des matières.
08:02Oui, parce que je le rappelle,
08:03en continu, vous accompagnez des entreprises, en l'occurrence,
08:06pour leur gestion de l'ouverture.
08:08Exactement.
08:08Mais voilà, là, c'était la profondeur.
08:10C'est qu'est-ce qui se passe du côté de l'entreprise.
08:12Et du coup, forcément, quand on est investisseur normal,
08:17bon, effectivement, on s'intéresse aussi au bilan de ces sociétés.
08:21Merci beaucoup, Olivier.
08:23Vous êtes dirigeant et fondateur de DevTage.
08:25On se retrouve dans une minute sur le vrai-faux,
08:27sur un sujet d'ailleurs qui vous intéresse certainement,
08:29la dédollarisation.
08:32Tout pour investir.
08:33La masterclass.
08:35Vrai ou faux ?
08:38On en entend parler systématiquement depuis de nombreuses années.
08:41Concrètement, la dédollarisation,
08:43si vous auriez un monde aujourd'hui qui est dominé par le dollar,
08:45ce qui est vrai, effectivement,
08:46mais à un certain stade, vous avez d'autres acteurs
08:48qui vont plutôt mettre en avant d'autres devises.
08:50Alors, si on regarde historiquement,
08:51la première fois qu'on a parlé des dollarisations,
08:54c'était en 1973.
08:55C'était un pays, la péninsule arabique,
08:58exportateur de pétrole,
08:59qui avait dit, d'ici quelques années,
09:01finalement, le pétrole va être libellé dans une autre monnaie que le dollar.
09:04Bon, vous l'avez compris, aujourd'hui, on est en 2026,
09:07le pétrole est toujours très majoritairement libellé en dollars,
09:10même s'il y a quelques années de cela,
09:11on a eu des contrats en yuan qui ont été mis en avant,
09:13mais ça reste très minoritaire.
09:15Cette dédollarisation, on en parle,
09:16parce qu'il y a bien sûr Trump,
09:17le phénomène Trump qui inquiète bien évidemment les marchés financiers,
09:20mais quand on regarde en termes de chiffres,
09:22est-ce qu'on efface réellement une dédollarisation ?
09:24Pas du tout.
09:24Je vous donne juste quelques chiffres très rapidement
09:26qui permettent de prendre l'intégralité du sujet à corps des bras,
09:30dans les réserves de change des banques centrales,
09:32ce qui est un élément effectivement qui est crucial.
09:34Vous êtes aujourd'hui à un niveau de 57% de proportion de dollars.
09:39Alors certes, c'est un tout petit peu plus faible qu'en 2001,
09:42on était autour de 70% à l'époque,
09:45mais force est de constater que très clairement,
09:47vous avez une domination qui reste extrêmement importante du dollar.
09:50Si on regarde dans les échanges commerciaux,
09:52là c'est encore plus net,
09:53le dollar reste dominant à 70% dans les échanges.
09:56On en a parlé parfois dans cette émission,
09:58notamment lorsqu'on s'intéressait au marché émergent
10:00et au marché frontière avec Michel Audeban,
10:02qui va être d'ailleurs notre invité aujourd'hui dans le question-réponse
10:05pour répondre à certains éléments sur les marchés émergents.
10:07La réalité, c'est que vous avez des zones,
10:08notamment en Asie,
10:09où on voit qu'il y a un phénomène de dédollarisation,
10:12on va plutôt passer par des échanges,
10:13éventuellement plutôt en yuan,
10:15mais ça reste encore une nouvelle fois,
10:16et c'est le point qui est important,
10:17très minoritaire.
10:18Aujourd'hui, les échanges restent largement dominés par le dollar,
10:2170% dans les principales régions,
10:23or bien sûr la zone euro.
10:24Et si on regarde même dans le secteur bancaire,
10:26vous êtes à 55% des créances internationales et en devise
10:29qui sont aujourd'hui libellées en dollars.
10:32Le point qui est important,
10:33c'est, vous le savez très bien,
10:34sur les marchés financiers,
10:35vous avez toujours un peu des serpents de mer qui reviennent.
10:38La dédollarisation, ça fait partie de ces serpents de mer.
10:40C'est un peu comme les bulles de l'IA,
10:41on en parlait l'année dernière.
10:42La réalité, c'est que ça se matérialise assez peu.
10:45Si on regarde d'un point de vue historique,
10:46pour conclure,
10:47lorsque vous avez eu des transitions monétaires,
10:50puisque c'est bien le cas,
10:51il faut déjà, un, avoir une devise
10:53qui puisse remplacer le dollar.
10:54Alors, aujourd'hui, vous n'en avez pas.
10:56Ce n'est très clairement pas le yuan
10:58et encore moins, bien sûr, les cryptoactifs.
11:00Il suffit de voir la volatilité intrinsèque.
11:02Et le deuxième point,
11:03c'est que systématiquement,
11:04toutes les transitions de devises
11:06qu'on a connues par le passé,
11:07s'étaient liées soit à une perte de confiance
11:09due à de l'inflation
11:10et ou souvent à un phénomène de guerre.
11:12Et surtout, ça prenait plusieurs décennies,
11:15voire plusieurs centaines d'années
11:16afin d'avoir cette transition.
11:17Donc, très loin d'être sur ce sujet.
11:19On n'est pas sur de la dédollarisation.
11:21On est aujourd'hui sur du débasement trade,
11:23ce qui est un tout petit peu différent.
11:25Le débasement trade, c'est quoi ?
11:26C'est que je réduis un peu mon exposition
11:27aux actifs américains
11:29pour rééquilibrer dans mon portefeuille
11:31avoir des actifs, par exemple,
11:32en devise émergente,
11:33puisqu'on voit des opportunités à cet égard.
11:36On va discuter justement un peu aussi
11:37du phénomène de risque géopolitique
11:39dans un instant avec mon invité.
11:41Le point qui va être crucial,
11:42c'est qu'on va regarder un peu les grands risques
11:44auxquels on va être confronté cette année.
11:46On sait que la géopolitique
11:47est un sujet récurrent sur les marchés.
11:49On va voir ce qui peut faire bouger
11:50un peu les actions
11:51et les autres segments de marché.
11:59Ravie de vous retrouver.
12:00La géopolitique est systématiquement
12:02un événement de marché
12:03qui est extrêmement important.
12:05On le voit, il suffit de penser
12:06à la guerre en Ukraine.
12:07Vous avez eu les éléments
12:07l'année dernière sur l'Iran.
12:09Est-ce qu'on va essayer
12:10d'aller un peu au fond des choses ?
12:12Avec mon invité aujourd'hui,
12:13vous êtes Franck K. Kremmuller.
12:15Vous êtes partenaire chez EY.
12:17Vous vous occupez de la géostratégie.
12:18Et ça tombe bien,
12:19vous avez publié un descriptif
12:21des dix principaux risques géopolitiques
12:22à prendre en considération cette année.
12:24Je vais aller directement
12:25dans le cœur du sujet.
12:26Le premier risque que vous mentionnez,
12:27c'est l'interventionnisme étatique.
12:30Pourquoi j'aimerais qu'on en parle ?
12:31Parce que je vous rejoins assez.
12:32Moi, je vois cette vision
12:33de capitalisme étatique
12:34qui se met en place.
12:35En quoi c'est un risque finalement aujourd'hui ?
12:38Alors déjà, merci beaucoup.
12:40Alors c'est surtout un risque,
12:42à mon avis,
12:42parce que c'est un grand changement
12:44par rapport à ce qu'on a observé
12:45sur les dernières dix, vingt années.
12:49Et puis évidemment,
12:50il y a des États
12:50où on est plus habitué à ça.
12:52Par exemple, la Chine
12:53qui est un interventionniste
12:55assez établi.
12:57Mais au sein de l'Union européenne,
12:59comme surtout dans des pays
13:00comme aux États-Unis,
13:01Canada, Australie,
13:02ça veut dire le fait
13:04que l'État intervient
13:05beaucoup plus dans l'économie.
13:06C'est un grand changement
13:07par rapport à ce qu'on est habitué,
13:10ce qu'on a vu avant.
13:11Et il faut vraiment commencer
13:13à y réfléchir différemment.
13:13Est-ce qu'on doit le voir
13:15de manière...
13:16Alors tout dépend,
13:16on va se placer dans les chaussures
13:19d'un investisseur,
13:19parce que tout dépend effectivement
13:20dans les chaussures
13:21des clients se placent.
13:22En tant qu'investisseur,
13:23est-ce qu'on doit le voir
13:23de manière positive ?
13:25Parce que assez intuitivement,
13:26je me dirais,
13:27l'interventionnisme étatique américain,
13:30disons, si c'est positionné
13:31pour essayer de conserver
13:32une avance dans l'innovation,
13:34je vois ça assez positif.
13:35Est-ce que vous voyez
13:36un risque malgré tout à cela ?
13:38Et est-ce que l'Europe
13:38est aussi préparée ?
13:39Parce que l'Europe commence
13:40et est un peu plus en retard,
13:41on va dire,
13:41sur cette thématique-là.
13:43En fait, c'est plus ou moins
13:44un symptôme d'un thème
13:46qui est plus large,
13:48c'est cette idée
13:48de sécurité économique
13:51et de concurrence,
13:53compétitivité géostratégique
13:55entre les grands blocs.
13:56Donc, comme vous le dites,
13:58ça peut créer des opportunités,
13:59certainement dans certains secteurs.
14:01Si on regarde
14:02les secteurs stratégiques
14:03dans les pays
14:04duquel le gouvernement intervient,
14:06ça peut créer des opportunités
14:08parce qu'il y a plus de fonds
14:09et de certains qui y vont.
14:09mais,
14:11et c'est le revers
14:12de la même médaille,
14:13ça peut créer des risques
14:14parce que, justement,
14:15ça va créer des discriminations
14:17envers les acteurs
14:18d'autres pays
14:18dans ces géographies-là.
14:19Donc, ce que je conseille,
14:21c'est surtout regarder
14:22les secteurs stratégiques,
14:23donc surtout, évidemment,
14:24la technologie,
14:25mais il y en a plein d'autres
14:25qui arrivent derrière,
14:26la pharma, etc.,
14:27pour donner des exemples,
14:29et de bien réfléchir
14:30aux intérêts des États
14:31dans ce nouveau monde
14:32et de voir
14:33est-ce que ça me crée
14:34une opportunité
14:35parce qu'il y a peut-être
14:36un favoritisme
14:37plus de fonds et de ça,
14:38ou est-ce que ça crée
14:39un risque ?
14:40Parce que, mine de rien,
14:41c'est un interventionnisme
14:42d'État,
14:42et comme je le disais avant,
14:43c'est différent par rapport
14:44à ce qu'on voyait avant.
14:45Si on prend toujours
14:46aux États-Unis
14:47dans un premier temps,
14:48on voit notamment
14:48que l'administration Trump,
14:50ce qui est assez exceptionnel
14:52par rapport au passé,
14:54intervient directement
14:54dans les entreprises,
14:55non seulement en termes
14:56de management,
14:57mais aussi acquiert
14:57des parts de société,
14:59par exemple,
14:59dans les terres rares.
15:01De manière,
15:02effectivement,
15:03vous le dites,
15:03ça crée une discrimination
15:04par rapport à d'autres acteurs
15:05automatiquement,
15:05parce que si on a l'État,
15:07en plus américain actionnaire,
15:08ce n'est pas le même actionnaire
15:09que l'État français
15:10dans les sociétés.
15:11Là, on a vraiment
15:12un groupe qui intervient massivement.
15:14Est-ce que vous voyez ça
15:15de manière sain, finalement ?
15:16Et est-ce que, justement,
15:17ce phénomène est amené
15:18à s'amplifier ?
15:18Est-ce que c'est un phénomène Trump,
15:19par exemple,
15:20si on regarde aux États-Unis ?
15:21Non.
15:22Très bonne question,
15:22parce que, justement,
15:23je pense qu'il faut comprendre
15:24que c'est des changements structurels
15:26et c'est des changements
15:27qui vont rester.
15:28Donc, il y a une amplification,
15:30peut-être,
15:31par l'administration actuelle
15:32aux États-Unis,
15:33mais tout ça,
15:34c'est des symptômes
15:35de phénomènes
15:36beaucoup plus structurels.
15:38Ce qu'on cherche aux États-Unis,
15:40comme en Europe,
15:40comme en Chine,
15:41donc les grandes puissances,
15:42c'est de devenir moins dépendants
15:44d'autres parties du monde,
15:46notamment ceux
15:46à qui on fait moins confiance.
15:48Et ça veut dire que,
15:49comme on disait,
15:50l'État intervient plus,
15:51que les règles
15:52qui étaient les règles
15:53et les normes d'avant
15:54ne le sont plus dans le passé.
15:56Et que beaucoup de choses
15:57sont en train de changer.
15:58On le voit aux États-Unis.
15:59Alors, ils ont toujours été protectionnistes,
16:00mais il y a un secteur
16:01que j'aime bien
16:01qui est la transition énergétique.
16:03Donc, dans le cadre
16:04de la dernière législation
16:05qui a été signée par Trump
16:07en loi budgétaire
16:08de juillet dernier,
16:09vous avez grosso modo
16:10les acteurs
16:11de la transition énergétique
16:12qui sont étrangers,
16:13qui ont été libélés
16:14sous les entités étrangères.
16:15Donc, grosso modo,
16:16ils n'ont pas accès aux subventions
16:16et clairement,
16:17ils n'ont pas accès
16:18au marché public américain.
16:20En Europe,
16:21alors, vous m'excuserez,
16:22j'ai un biais
16:22souvent assez pessimiste
16:26en Europe.
16:26J'ai le sentiment
16:27que cet interventionnisme étatique
16:29ou ce capitalisme étatique,
16:31peu importe la terminologie
16:32qu'on utilise,
16:33on en est quand même
16:33très, très loin.
16:34Peut-être que les Allemands
16:35commencent,
16:36et encore,
16:37avec leur plan de relance.
16:38Mais j'ai l'impression
16:39qu'on reste un peu
16:40les naïfs
16:41dans la cour internationale
16:42et on applique toujours
16:43les règles de la concurrence,
16:44etc.
16:45Non, effectivement.
16:46Et je pense que,
16:47quand même,
16:48de façon générale,
16:48en moyenne,
16:49quand on regardait avant,
16:50les Européens
16:51et surtout les Français
16:52étaient plus interventionnistes
16:53que les Européens.
16:54quand même.
16:55Dans l'ADN français,
16:56ça, c'est marqué.
16:57On part d'un tout petit peu
16:58plus loin.
16:59Mais effectivement,
17:00les Européens,
17:01ça prend du temps.
17:01Alors,
17:02pour plein de raisons,
17:02ça a toujours été comme ça.
17:04Mine de rien,
17:04il y a 27 États membres,
17:05il faut se mettre d'accord.
17:07Et ce qu'essaye l'Europe,
17:09et ça reste quand même aussi
17:09source d'attractivité,
17:12c'est de rester
17:13avec les règles établies,
17:16d'essayer de continuer
17:18à défendre le commerce libre,
17:20etc.
17:21Tout en devenant moins naïf.
17:23Donc ça reste un élément
17:24d'attractivité ?
17:25Parce qu'Emmanuel Macron,
17:26je pense que
17:27la grosse l'a mentionné,
17:29et donc ça reste un élément.
17:30Je pense que dans ce monde,
17:31absolument,
17:31effectivement,
17:32donc il y a un intérêt
17:33à continuer à le défendre,
17:34évidemment,
17:34j'ai envie de le dire,
17:35mais en même temps,
17:36comme vous le dites très bien,
17:37il faut devenir moins naïf.
17:39Et moi,
17:39je pense que l'Europe
17:40commence à se bouger.
17:41Alors,
17:41ça prend du temps,
17:42mais la façon dont j'y réfléchis,
17:44c'est que c'est une grande machine
17:44qui se met en route,
17:46mais par contre,
17:46une fois qu'elle s'est mise en route,
17:47elle continue.
17:49Donc ça revient à cette idée
17:50qu'il y a des changements structurels
17:51qui vont avancer
17:52et on ne va plus revenir dessus.
17:54Et mine de rien,
17:55il y a maintenant
17:55des avancées réglementaires
17:58qui vont venir
17:58sur cette idée
17:59de « by European »,
18:01donc préférence à l'européen,
18:03etc.
18:03Donc ça arrive,
18:04ça prend plus de temps.
18:05Et effectivement,
18:06l'Europe essaye
18:07de continuer à défendre
18:09certaines valeurs de base,
18:11tout en essayant
18:12de devenir moins naïf.
18:12J'ai eu un invité
18:14il y a deux semaines,
18:15trois semaines de cela
18:16qui venait du « private equity ».
18:17On parlait de défense européenne
18:18et encore une fois,
18:19j'étais assez sceptique.
18:20Entre lui et vous,
18:20je vais commencer à être convaincu
18:22sur le réveil européen.
18:24Bien sûr,
18:24il y a la géopolitique territoriale,
18:26la géographie
18:27qui vient en termes de risques.
18:29On sait que ça,
18:30c'est souvent un point
18:31pour les marchés
18:31qui peut créer
18:32beaucoup de volatilité.
18:33Bien sûr,
18:34la guerre en Ukraine
18:34est un bon épisode,
18:35mais encore,
18:35ces dernières semaines,
18:37le Groenland a quand même
18:38un peu échaudé les marchés
18:39en se disant
18:39qu'est-ce qui veut se passer.
18:41Après,
18:41les marchés,
18:41de mon point de vue,
18:42sont souvent irrationnels.
18:43Ils ont toujours
18:43le scénario du pire.
18:45Mais il y a quand même
18:45des points chauds
18:46en termes géographiques
18:46sur lesquels vous mentionnez
18:47dans votre étude.
18:49Selon vous,
18:49quels sont ceux
18:50qu'il faut regarder en tête
18:51vraiment et avoir
18:52en considération
18:53en tant qu'investisseur
18:54cette année ?
18:55Alors,
18:55c'est compliqué
18:56parce qu'il y a ce qu'on constate
18:57de façon plus générale.
18:58Puisqu'il y a plus
18:59de concurrence géostratégique,
19:00il y a aussi plus de conflits
19:02et conflits dans le sens large.
19:03Donc,
19:03conflits physiques
19:05un peu,
19:06entre guillemets,
19:07traditionnels.
19:08On pense évidemment
19:09à la continuation
19:10de la guerre en Ukraine,
19:12les tensions
19:13autour de Taïwan,
19:14ce genre de sujet.
19:16Mais il y a aussi
19:16plus de conflits
19:17qui se propagent
19:19par des moyens
19:20hybrides,
19:21comme on dit,
19:22et qui sont
19:23un peu partout.
19:24Et donc,
19:25malheureusement,
19:26c'est une cyberattaque,
19:27j'imagine.
19:27Exactement,
19:28une cyberattaque,
19:28mais aussi sur
19:29l'infrastructure physique,
19:30les câbles,
19:31etc.
19:33Et en fait,
19:34donc,
19:34par ça,
19:35ça a créé
19:35une complexité
19:36incroyable
19:37et qu'il faut
19:37un peu regarder partout
19:39ce qui est un peu
19:39la mauvaise nouvelle
19:40parce que ça,
19:40c'est très compliqué
19:41à suivre.
19:42Et pour les entreprises,
19:43justement,
19:43vous aviez de votre étude,
19:44on va le voir à l'écran,
19:45sur l'impact des risques politiques
19:46sur les entreprises
19:47au cours des 24 derniers mois.
19:49On voit effectivement
19:50qu'il y a tout ce qui est
19:50exploitation et chaîne,
19:52réputation et conformité
19:53qui restent quand même
19:53en haut du plateau
19:55en termes de négatif.
19:57Est-ce que les entreprises,
19:58concrètement,
19:58quand on est une entreprise,
19:59comment on gère
20:00ce scénario
20:01risque géopolitique ?
20:02Alors,
20:02certes,
20:03vous en avez certaines,
20:04je pensera des armateurs
20:05qui se sont équipés
20:06parce qu'ils ont eu
20:06de très bons revenus
20:07avec la Covid,
20:08ils ont pu avoir
20:08des équipes en interne,
20:10mais bon,
20:10la plupart des entreprises
20:11quand même n'ont pas
20:11cette expertise-là
20:12que vous avez,
20:12par exemple.
20:13Donc,
20:13ils font appel à vous.
20:14Comment ils essayent
20:15de gérer ce risque-là ?
20:16Justement,
20:17beaucoup d'entreprises
20:18commencent à comprendre
20:18maintenant que ce n'est
20:19pas une crise,
20:20mais c'est un sujet récurrent
20:21et qu'il vaut mieux
20:23être équipé,
20:24avoir des équipes
20:24ou au moins une personne
20:26qui est responsable
20:26du sujet,
20:27ce qu'on appelle
20:28nous la géostratégie
20:29et qui savent gérer ça
20:30et nous on dit
20:32qu'il faut vraiment
20:33savoir qui est responsable
20:35et se préparer
20:37et l'idée,
20:38c'est de sortir
20:39du réactif,
20:40donc répondre à des crises,
20:41être proactif
20:42et ça,
20:42ça ne marche que
20:43si on a des gens
20:44qui comprennent les sujets,
20:45qui les suivent
20:46et qui après,
20:47une fois qu'ils ont
20:48identifié ça,
20:49le fassent influencer
20:51sur la stratégie
20:51de l'entreprise,
20:52sur la gestion
20:53des risques,
20:54etc.
20:54et ça,
20:55encore une fois,
20:55pour revenir
20:56sur le thème
20:56de changement,
20:57c'est très différent
20:58par rapport
20:58à ce qu'il fallait
20:59sur les dernières décennies.
21:00Oui,
21:00parce qu'on avait
21:00l'impression,
21:01enfin moi je me souviens
21:02quand j'ai commencé
21:02ma carrière,
21:03c'était dans la crise
21:04financière de 2007-2008,
21:06la géopolitique,
21:08ça venait et ça partait,
21:09il y avait un effet
21:10relativement marginal
21:11mais grosso modo,
21:12on pouvait avoir
21:13des années
21:13où c'était plutôt
21:14extrêmement calme.
21:15Là,
21:15on a l'impression
21:16qu'on a une accumulation,
21:17c'est structurel,
21:18c'est un nouveau paradigme
21:18effectivement.
21:19Est-ce que vous noteriez
21:20qu'il y a eu un réveil
21:22après Covid,
21:23parce que les chaînes
21:23d'approvisionnement
21:24ont été perturbées
21:25et bien sûr,
21:25guerre en Ukraine-Russie
21:26ou est-ce que même
21:27ça remonte à un peu avant ?
21:28Parce qu'on a un peu
21:29l'illusion,
21:30j'oserais dire
21:30et notamment nous Européens
21:31qu'entre les années 90
21:33jusqu'à assez récemment,
21:35c'est cette théorie
21:35de la fin de l'histoire
21:36où finalement,
21:37c'était le droit international
21:39qui prévalait,
21:40il y avait des crises
21:41où on savait les gérer
21:42de manière multilatérale.
21:43Est-ce qu'il y a eu
21:44ce côté un peu naïf finalement
21:45sur les 30 dernières années ?
21:47Non, je pense que c'est juste
21:48qu'il y a eu un grand changement
21:49qui s'est opéré.
21:50Moi, la façon dont j'y réfléchis,
21:51c'est la globalisation
21:52qui a avancé de façon rapide
21:54et un peu partout
21:55et donc c'est allé très loin.
21:57Et après,
21:58il y a eu plusieurs événements,
21:59notamment Covid,
22:00la guerre en Ukraine,
22:01etc.,
22:01qui ont montré
22:02les faces négatives
22:04de ces dépendances globales
22:06et ça a fait que
22:08beaucoup de gouvernements
22:09et de décideurs politiques
22:10ont commencé à se dire
22:11en fait,
22:12on est allé trop loin,
22:13il faut qu'on revienne
22:13un peu dessus.
22:14Et là,
22:15ça va un peu loin
22:16dans l'autre sens
22:17jusqu'à peut-être
22:18de façon positive,
22:19on retrouvera
22:19un juste milieu
22:20entre tout ça.
22:22Mais effectivement,
22:23il y a eu un tournant
22:23sur quel est le bon degré
22:25de dépendance globale.
22:27Et puis ça,
22:28c'est dans un monde
22:29de stress géopolitique,
22:30mais évidemment,
22:31il y a aussi
22:31les questions climatiques,
22:34de changement climatique.
22:35Oui,
22:35parce que ça fait partie
22:36effectivement des risques,
22:37l'accès bien sûr à l'eau.
22:38Vous avez plusieurs études
22:39qui montrent
22:40que c'est aussi
22:41une des racines
22:42des crises au Proche et Moyen-Orient,
22:44même si c'est bien sûr
22:44très très loin d'être la seule.
22:45Vous en avez bien sûr
22:46beaucoup en Afrique aussi.
22:47Il y a eu quelques années
22:48de cela,
22:48l'Égypte et le Soudan,
22:49en mémoire aussi
22:50sur cet accès à l'eau.
22:52On est dans un monde
22:53de plus en plus complexe,
22:55mais malgré tout,
22:55quand on discute
22:56avec des investisseurs,
22:57vous l'avez un peu évoqué,
22:58il y a toujours
22:58cette question de Taïwan
22:59qui revient.
22:59sans aller sur des plans
23:02sur la comète
23:02puisque personne ne sait
23:03vraiment ce qui va se passer.
23:05La réalité,
23:05c'est comment est-ce qu'on essaye
23:07d'appréhender cette situation,
23:09notamment en tant qu'Européens,
23:10parce qu'on a à peu près
23:11deux tiers de notre commerce
23:11international
23:12qui passe justement
23:13dans le détroit de Formos,
23:14donc qui est potentiellement exposé,
23:16sans compter certaines chaînes stratégiques,
23:17semi-conducteurs, etc.
23:19Comment on essaye de gérer cela,
23:20sachant qu'il y a un coup près
23:21qui peut-être d'ailleurs
23:22ne tombera jamais,
23:23en tout cas,
23:24via un conflit militaire ?
23:25Ça revient à ce que je disais avant,
23:28cette idée que de façon générale,
23:30et donc ce n'est pas juste
23:31une question sur cette région-là,
23:33mais sur d'autres régions du monde aussi,
23:35je pense à la mer Rouge,
23:36on voit plus de conflits,
23:38donc plus de risques de disruption.
23:40Et évidemment,
23:41après, il y a des degrés.
23:42On peut aller jusqu'une guerre totale,
23:45c'est à quoi ce qu'on pense souvent.
23:47Mais en fait,
23:47ce qu'il faut vraiment avoir une tête,
23:48c'est qu'il suffit
23:49de disruption temporaire
23:50pour que ça crée des conséquences
23:53dans les chaînes d'approvisionnement.
23:54C'est ce qu'on a déjà vu plusieurs fois.
23:56Et encore une fois,
23:57dans un monde avec plus de conflits,
23:58ça arrivera,
23:59le risque qui s'arrive augmente,
24:01ça arrivera plus souvent.
24:02Et même déjà,
24:03des disruptions temporaires
24:04peuvent créer des tensions.
24:06Donc, par exemple,
24:06en tant qu'entreprise,
24:07il faut réfléchir
24:07pendant combien de temps
24:08est-ce que je vais pouvoir tenir,
24:10être autonome,
24:11absorber,
24:12trouver des alternatives.
24:13Est-ce que ça dure une semaine,
24:15ça dure six mois, etc.
24:16Oui, c'est vraiment
24:17un peu des plans hors sec
24:18pour tous les scénarios
24:19et la durée du scénario.
24:20Exactement.
24:21Scénario, c'est ce qui est important.
24:23Le dernier point
24:23que j'aimerais évoquer avec vous,
24:25c'est un sujet
24:26qu'on aime bien sur cette antenne
24:27puisque c'est l'intelligence artificielle
24:28et vous,
24:29vous prenez sous l'angle
24:29justement de la souveraineté.
24:31Est-ce que les Européens
24:32ont une capacité
24:33à rattraper leur retard
24:34dans cette souveraineté sur l'IA ?
24:36Alors,
24:36quand on regarde
24:37certains indicateurs,
24:38je ne suis pas complètement
24:39toujours pessimiste,
24:40mais notamment
24:40sur les centres de données,
24:41finalement,
24:42en Europe,
24:42on est bien équipé
24:43de mémoire,
24:43France,
24:44Allemagne,
24:44individuellement,
24:45ils en ont à peu près
24:46300 dans les 300-400 chacun.
24:48Aux États-Unis,
24:48on en a 1200
24:49et on a plus de centres de données
24:51d'ailleurs que les Chinois.
24:52Mais sur le reste,
24:53quand même,
24:54on a certes des compétences,
24:55mais on reste dépendant,
24:57a priori,
24:57soit des Chinois,
24:58soit des Américains,
24:58on verra.
24:59Mais est-ce qu'il y a
25:00une capacité de rattrapage
25:02d'IA souveraine en Europe ?
25:03Je pense qu'effectivement,
25:05l'IA,
25:05il faut y réfléchir
25:06sous la question
25:07d'infrastructure,
25:08donc les data centers,
25:09etc.,
25:10accès aux chips,
25:12aux minéoreux critiques
25:14qui vendent
25:14dans les sémiconducteurs
25:15et ça.
25:16Et après,
25:17il y a toute une partie
25:18qui est le développement
25:19de l'IA
25:20et la législation
25:22autour de ça.
25:24Donc,
25:24pour rester dans le positif,
25:26l'Europe,
25:27là-dessus,
25:27déploie ce qu'elle sait faire
25:28le mieux,
25:29c'est qu'elle réglemente.
25:31Je dis ça en souriant.
25:32J'aime bien votre tournure.
25:33Mais c'est quand même
25:35vraiment important
25:35et on entend aussi
25:37de la part des entreprises
25:38que dans d'autres géographies
25:39comme par exemple
25:40les États-Unis
25:40où il y a beaucoup
25:41moins de réglementations
25:42et que c'est beaucoup
25:43moins clair,
25:44que ce n'est pas toujours
25:45favorable aux entreprises
25:46parce qu'elles savent moins
25:47dans quoi elles opèrent.
25:48Donc,
25:48en toute sincérité,
25:49cette réglementation européenne
25:50qui crée ce qu'on appelle
25:52de l'IA de confiance
25:54peut avoir des avantages aussi.
25:56Et mineur,
25:57c'est ça,
25:57ce que l'Europe sait bien faire.
25:59J'adorais votre conclusion.
26:01Vous avez bien tourné.
26:02Merci beaucoup,
26:03Francké,
26:03Krummuller.
26:04Vous êtes associé
26:05chez EY
26:06en charge de la géostratégie.
26:07Donc,
26:08je vous invite,
26:08je crois que votre rapport
26:09est consultable en ligne.
26:10Normalement,
26:11tout le monde peut le consulter.
26:12Donc,
26:12je vous invite,
26:12auditeurs et spectateurs
26:14à le consulter en ligne.
26:16Petite pause,
26:17on se retrouve
26:17pour les questions-réponses.
26:18On va parler
26:19marché émergent,
26:20Bitcoin aussi
26:20qui a un peu chuté.
26:21Et puis,
26:22bien sûr,
26:22la séquence
26:23quand le monde s'affole
26:24avec
26:25avec
26:26Jolivet
26:27Mathieu.
26:28Tout pour investir.
26:29La masterclass
26:30Christopher Dembic
26:31vous répond.
26:33On se retrouve
26:33pour les questions-réponses
26:34et n'hésitez pas
26:36à envoyer nous vos questions.
26:37Vous pouvez faire d'ailleurs
26:38sur mon compte Twitter
26:38à tout moment.
26:40On va déjà commencer
26:41par une première question
26:42sur les marchés émergents.
26:44C'est systématiquement
26:44un sujet qui revient
26:45puisqu'on le voit
26:46qu'il y a une très bonne performance
26:47au niveau des marchés émergents
26:48en ce début d'année.
26:50Je suis ravi
26:50d'accueillir
26:51Michel Haut-de-Band
26:52qui est DG
26:53de Gemway Asset.
26:54Vous étiez en plateau
26:55il y a quelques semaines
26:55de cela.
26:56On avait beaucoup parlé
26:57notamment de l'Asie
26:57donc c'était un plaisir
26:58d'évoquer cela avec vous.
27:00Aujourd'hui,
27:00on a une question
27:01sur les marchés émergents.
27:02Je pense que c'est assez simple
27:03comme vous êtes spécialiste
27:04du sujet pour vous.
27:05Pensez-vous que les marchés émergents
27:07vont vraiment tirer
27:08leur épingle du jeu
27:08dans les prochaines années ?
27:10Et donc là,
27:10c'est un horizon
27:10un peu plus lointain
27:11que juste cette année.
27:12Et concrètement,
27:13comment investir
27:13pour capter ce potentiel ?
27:15Est-ce qu'on va
27:15via des fonds thématiques,
27:17des ETF généralistes
27:18ou même en tant que référent
27:19tout simplement
27:20le MSCI Emerging Markets ?
27:24Bonjour,
27:25merci.
27:26Bonne question en effet.
27:27Alors c'est vrai,
27:28on a eu une très belle performance
27:29l'an dernier des émergents
27:31mais remettons en perspective,
27:33c'est la première fois
27:34que les marchés émergents
27:35font mieux que le marché américain
27:37depuis 2017.
27:38Donc il y a encore de la marge.
27:41Est-ce que cela peut perdurer ?
27:44Peut-être.
27:45Pourquoi ?
27:47Entre autres,
27:47parce que,
27:48bien quand le marché monte,
27:50c'est qu'il y a plus d'acheteurs,
27:51les acheteurs ont été domestiques.
27:53Donc ce sont les locaux
27:55qui ont fait monter le marché
27:56l'an dernier.
27:57Les Chinois,
27:58les Indiens,
27:59etc.
28:00Les internationaux,
28:01c'est-à-dire vous,
28:02les institutionnels européens,
28:03américains,
28:04etc.
28:05sont restés absents.
28:06Et globalement,
28:08sont très sous-pondérés
28:10sur cette place d'actifs
28:11et ont plutôt été vendeurs nets
28:14les deux dernières années.
28:15Alors cela s'est retourné
28:17un tout petit peu
28:18en fin d'année dernière
28:19et en début d'année,
28:20mais c'est encore très marginal
28:21par rapport à ce que ça a été.
28:23Ils retenaient qu'ils sont
28:24sous-pondérés de moitié
28:25si on se compare par un indice.
28:27Donc qu'est-ce qui pourrait se passer
28:28cette année ?
28:29Ces gens-là pourraient être amenés
28:30à revenir sur la place d'actifs
28:32et à couper un peu
28:33leur sous-pondération.
28:34Je vous dis,
28:35ils sont à peu près à 5 contre 10.
28:37Ils pourraient peut-être passer
28:38à 5, 6, 7.
28:38Donc ça, c'est un facteur
28:41qui peut être amené
28:42à faire monter le marché.
28:44Après, on a 2, 3 éléments
28:46de contexte plutôt favorables
28:49et des points qui sont encore compliqués.
28:51Des points compliqués en Chine
28:53où on a encore un chômage des jeunes
28:54qui est élevé,
28:55on a une consommation
28:57qui reste compliquée
28:58et où on a une déflation,
29:01c'est-à-dire des baisses
29:01de prix industrielles
29:02qui n'incitent pas à la consommation.
29:04Une fois que l'on a dit ça,
29:08la baisse du dollar
29:09qui a été voulue par Trump
29:11et il l'a voulue, il l'a fait,
29:13la baisse du dollar,
29:16certes, voulue par le président américain
29:18peut-être,
29:18mais surtout poussée
29:20par une dédollarisation
29:22que l'on voit progressivement
29:23dans le monde
29:23et qui est là peut-être
29:25dans la durée.
29:26On voit que beaucoup de transactions
29:28maintenant ne se font plus en dollars.
29:30Le pétrole, l'autre fois,
29:31se réglait totalement en dollars
29:32ou que ce soit dans le monde.
29:33Maintenant, ce n'est plus du tout le cas.
29:35Quand un pays asiatique
29:35achète du pétrole,
29:37il le fait très souvent en yuan,
29:38que ce soit la Chine
29:39ou que ce soit l'Inde.
29:41Donc, cette dédollarisation
29:43pourrait pousser à la baisse
29:45le pétrole, le dollar,
29:47ce qui est souvent,
29:48voire toujours favorable
29:49pour les marchés émergents.
29:51Et enfin, troisième point,
29:54on a des valorisations
29:55qui sont encore très raisonnables
29:57après cette première hausse.
29:59On a beaucoup de titres,
30:00un titre comme SKNI,
30:02qui est un des leaders
30:03de l'intelligence artificielle,
30:05on en parle tous,
30:06mais c'est grâce à lui
30:07que ça tourne.
30:07En Corée du Sud.
30:08Il tourne NVIDIA, par exemple,
30:09en Corée, en Corée du Sud.
30:12SKNX vaut au moins
30:13de neuf fois les bénéfices,
30:15alors qu'on est à plus de 30%
30:16de croissance des bénéfices
30:18pour les années à venir
30:19et que l'on a une très belle
30:21performance pour Sierra.
30:22Pourquoi ?
30:23Parce que les bénéfices explosent.
30:25Donc, tout ça est positif.
30:26Et la deuxième partie,
30:27est-ce qu'on ira plutôt,
30:28alors ça reste compliqué,
30:29ça dépend bien sûr du profil,
30:31mais vers des fonds thématiques,
30:32des ETF généralistes,
30:33par exemple,
30:34c'est ce qui est un peu posé
30:35comme question par Enzo,
30:36en deuxième partie ?
30:38Et c'est une bonne question.
30:39Après, une fois que j'ai décidé
30:40d'investir,
30:40comment j'investis ?
30:41Alors, l'ETF est un outil
30:43pratique, efficace,
30:44et qui permet d'acheter
30:45à tout moment,
30:46et qui peut être regardé
30:47dans une allocation.
30:48je dirais que sur les actions
30:51américaines,
30:51c'est une évidence
30:52parce qu'ils ont prouvé
30:53qu'ils réussissent
30:53et essaient à surperformer
30:54beaucoup de gestions actives.
30:57Dans les émergents,
30:58c'est un peu moins le cas.
30:59Ça a été le cas en 2023-2024,
31:01mais ce n'est plus du tout
31:02le cas en 2025
31:03et ce n'est pas le cas non plus
31:05depuis la création.
31:07Les ETF font plutôt moins bien
31:08que les indices, sensiblement,
31:11même si l'engagement
31:12c'est de tenir l'indice,
31:14parce qu'entre autres,
31:16deux principales raisons,
31:17les indices sont compliqués,
31:18il y a beaucoup de titres,
31:19plus de 1500 titres
31:20dans l'indice émergent,
31:21ce n'est pas les 40 titres
31:23du CAC 40,
31:24et MSCI,
31:27qui est l'indice de référence
31:29sur les actions émergentes,
31:30met beaucoup de temps
31:31avant de rentrer les titres
31:32dans les indices.
31:33C'est-à-dire qu'un titre
31:33qui arrive en bourse,
31:35il peut attendre un an,
31:36un an et demi,
31:36deux ans avant de rentrer en bourse,
31:38ça a été le cas d'Alibaba
31:39quand il s'est introduit en bourse
31:40en 2015,
31:41il a attendu 18 mois,
31:42pendant ce temps,
31:43le titre monte,
31:44parfois,
31:44pas plus tard,
31:45mais parfois beaucoup,
31:46et évidemment,
31:47les indices ne sont pas là-dessus,
31:50donc les fonds actifs
31:51peuvent surperformer.
31:53Modérément ETF,
31:54par contre,
31:55oui,
31:55fonds généralistes,
31:57global,
31:57global émergent,
31:58je pense que c'est plus simple
31:59que de faire un choix pays,
32:00et pourquoi pas rajouter
32:01un ou deux titres,
32:01si on ne veut en prendre qu'un,
32:03TSMC est un titre
32:04qui est assez facile à acheter,
32:06qui est un gros acteur,
32:07qui est la fonderie mondiale,
32:08et qui tient plus de 70%
32:10du marché mondial,
32:11c'est facile à rajouter
32:13dans son portefeuille,
32:14donc,
32:15du global émergent,
32:17peut-être un petit peu
32:18d'ETF pour jouer le tactique,
32:20parce que ça permet
32:21d'entrer et de sortir
32:22à tout moment,
32:23et si l'auditeur en a envie,
32:26pardon,
32:27un ou deux titres en plus.
32:28Merci beaucoup,
32:29Michel Louban,
32:30c'était Limpide,
32:30et je pense qu'on se rejoint
32:32justement sur ce type d'approche
32:33pour les marchés émergents,
32:34je le rappelle,
32:34vous êtes PDG de Gemway Assets,
32:37merci encore.
32:37On a une autre question
32:38qui est un peu différente,
32:40qui concerne plutôt
32:40les matières premières,
32:41elles ont été évoquées
32:42en début d'émission,
32:43justement,
32:43on parlait de l'or,
32:45la question c'est,
32:45après la récente correction
32:46de 10% du cours de l'or,
32:48pensez-vous qu'il s'agit
32:49d'une opportunité d'investissement,
32:52ou mieux-t-il rester prudent
32:54et attendre un peu plus
32:55de visibilité ?
32:55Donc cette question
32:56qui nous a été posée par Louise,
32:58de manière très nette,
32:59tendanciellement,
33:00sur le temps long,
33:02l'or est un marché haussier.
33:04Pourquoi ?
33:04Parce que vous avez
33:05très peu d'offres
33:06et une forte demande.
33:07On en parle souvent
33:08sur BFM Business,
33:09dans toutes les émissions,
33:10notamment de Tout pour investir,
33:12vous avez une demande
33:13qui est structurelle,
33:14qui est de la part
33:14des banques centrales
33:15des pays émergents,
33:16on le voit de manière très nette,
33:18encore il y a quelques jours
33:19de cela,
33:19la Pologne,
33:20donc la banque centrale polonaise,
33:21a confirmé qu'elle allait
33:22continuer à acheter
33:23même plus d'or,
33:24donc ça c'est un mouvement
33:25de fonds qui n'a pas vocation
33:27à s'atténuer
33:27et qui a démarré
33:28à peu près il y a 2-3 ans.
33:30L'autre point,
33:31et c'est peut-être
33:31un élément différenciant
33:33cette année,
33:34c'est qu'on a
33:34deux nouveaux acteurs
33:35qui se ruent un peu sur l'or,
33:37les grands fonds,
33:40les banques,
33:40les asset managers,
33:41ça on le voit très bien
33:42parce qu'ils sont sous-pondérés,
33:43ils ont peu de proportion
33:45d'or en portefeuille
33:46et se rendent compte
33:46qu'effectivement
33:47qu'il y a une belle envolée
33:48des prix.
33:48Et le deuxième point,
33:49ce sont les particuliers,
33:51quand on regarde notamment
33:51en termes de flux,
33:52ce qui est assez impressionnant
33:53sur les particuliers américains
33:54au mois de janvier,
33:56ils ont acheté 6 fois plus d'or
33:58qu'il y a exactement
33:58un an de cela.
33:59En revanche,
34:00et c'était le point
34:01qu'on avait mis en avant
34:02et déjà en début d'émission
34:03et assez régulièrement,
34:05on peut avoir
34:05de très forts éléments
34:07de volatilité.
34:08Ça, ça doit être vraiment
34:09une donnée
34:09qu'on doit garder
34:10en considération
34:10et cette volatilité,
34:12ça peut constituer
34:13bien sûr des points d'entrée,
34:14mais ça veut dire aussi
34:15que si vous êtes déjà
34:16investi sur l'or,
34:17ne pas trop paniquer,
34:18ça va être l'élément crucial
34:19à prendre en considération.
34:21Et dernière question
34:22un peu plus rapide
34:23à prendre en compte
34:25qui est sur le Bitcoin.
34:26Bien évidemment,
34:27vu la chute du Bitcoin,
34:28c'est un élément
34:28qui revient assez régulièrement.
34:30Geoffrey nous la pose,
34:31après la forte volatilité
34:32récente du Bitcoin,
34:34c'est le moins
34:34qu'on puisse dire,
34:35pensez-vous qu'il peut encore
34:36y avoir sa place
34:37dans une stratégie
34:38d'investissement diversifiée ?
34:39Alors, il faut être assez franc.
34:41Aujourd'hui,
34:42de facto,
34:42on voit que le Bitcoin
34:43rentre dans les allocations
34:44d'actifs.
34:45Le sujet,
34:46ce n'est pas
34:46est-ce qu'il doit
34:46en faire partie ou pas.
34:47On voit de plus en plus,
34:49notamment,
34:49il y a un biais générationnel
34:50qu'il faut prendre en considération.
34:52Donc, c'est très dur
34:52d'aller contre cela.
34:54En revanche,
34:54ce qui va être important,
34:55c'est la proportion.
34:56Est-ce qu'on est très lourdement
34:57ou pas investi
34:58sur les Bitcoins,
35:00les cryptoactifs
35:00en règle générale ?
35:01À mon avis,
35:02quand on considère déjà
35:03que 5% de son allocation
35:04en or,
35:06du total de son allocation,
35:07c'est bien,
35:08ça veut dire que le Bitcoin
35:09sera certainement inférieur
35:10à ces fameux 5%
35:11qu'on va allouer pour l'or.
35:13On est probablement
35:13dans les 2-3%.
35:14Pourquoi ?
35:16Il faut considérer
35:16qu'un investissement en Bitcoin,
35:18même si on a de fortes convictions
35:20haussières derrière cela,
35:21et ça, on peut en débattre,
35:22c'est une partie extrêmement volatile
35:24de votre portefeuille.
35:25Mais n'oubliez pas
35:26qu'en face de cela,
35:28vous avez aussi une volatilité
35:29qu'on retrouve un peu
35:30sur toutes les autres classes d'actifs,
35:31y compris sur les actions
35:32et les actions technologiques américaines,
35:34de facto,
35:34sont très volatiles
35:35ces dernières années.
35:36C'est lié aux effets de levier,
35:37c'est lié aux fonds spéculatifs,
35:39on en parlait en début d'émission.
35:40Donc, vraiment,
35:41prendre en considération cela,
35:42être peu exposé
35:43et se dire
35:44que c'est une partie du portefeuille
35:46et de très fortes pertes
35:48parce que ça arrive également
35:49sur le Bitcoin.
35:50Merci à tous.
35:51Donc, n'hésitez pas,
35:52vous pouvez poser vos questions
35:54sur mon compte Twitter,
35:55directement sur les plateformes
35:56de BFM Business,
35:57on y répond chaque semaine.
35:59Et bien sûr,
35:59on se retrouve pour
36:00« Quand le monde s'affole »
36:02avec Mathieu Jolivet.
36:03On va continuer
36:04sur cette thématique de géopolitique.
36:07Tout pour investir.
36:08La masterclass
36:09« Quand le monde s'affole ».
36:11Vous avez choisi aujourd'hui
36:15de traiter un sujet
36:16que j'aime bien.
36:16Vous le savez.
36:17Sur les minerais stratégiques,
36:19n'est-ce pas ?
36:20Donc, effectivement,
36:21je suis ravi de vous accueillir
36:22pour Écosla.
36:24On en a peu parlé,
36:24je crois que la presse
36:25a peu évoqué,
36:26on a eu un sommet
36:27sur les minerais critiques
36:28qui s'est tenu cette semaine
36:29à Washington.
36:29Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?
36:30En fait, c'était mercredi et jeudi,
36:32sommet sur les minerais critiques
36:34qui s'est tenu à Washington,
36:36présidé par Marco Rubio,
36:38le secrétaire d'État.
36:39Il y avait une grande délégation
36:40de pays africains à Washington.
36:43Il y avait aussi
36:43le commissaire européen,
36:45Stéphane Séjourné,
36:45qui était là.
36:47Ce qu'il faut comprendre,
36:47c'est que l'accès
36:48aux minerais critiques
36:49et aux terres rares,
36:51c'est vraiment devenu
36:52la boussole
36:53de la géopolitique
36:54de Donald Trump.
36:55Écoutez d'ailleurs
36:56le message
36:57du vice-président
36:58Gide Evans
36:59à l'ouverture de ce sommet.
37:03Donald Trump
37:03nous a expliqué
37:04à quel point
37:05il était important
37:05de garantir l'accès
37:06de l'économie mondiale
37:07au pétrole et au gaz
37:08pendant de nombreuses années.
37:10Et c'est bien sûr
37:10l'une des raisons
37:11pour lesquelles
37:12nous nous intéressons
37:13au Venezuela.
37:14Car ce pays revêt
37:15une importance cruciale
37:16pour cette ressource
37:17essentielle
37:17qu'est le pétrole.
37:19Et il n'y a rien
37:21de plus réel
37:21que le pétrole.
37:22J'ajouterais même
37:23qu'il n'y a rien
37:24de plus réel
37:24que les minerais critiques.
37:26Je pense que
37:27beaucoup d'entre nous
37:27ont appris,
37:28à leur dépens
37:29au cours de l'année dernière,
37:30à quel point
37:31nos économies
37:31dépendent
37:32de ces minerais critiques.
37:33On croit
37:36c'est au cœur
37:37vraiment
37:37de la stratégie
37:38internationale
37:39d'administration Trump.
37:40Ce qui n'était pas le cas
37:41chez Biden par exemple.
37:42C'est ça.
37:42Et en fait,
37:43pour comprendre
37:44toutes les décisions
37:44de politique étrangère
37:45de Trump,
37:46il y a juste
37:47quelques éléments
37:47à avoir en tête
37:48que vous connaissez
37:49par cœur.
37:50On va nous faire
37:50un peu le décryptage.
37:51En fait,
37:51le premier point
37:52qu'il faut avoir en tête,
37:53c'est qu'aujourd'hui,
37:55sans tech,
37:56il n'y a aucune croissance
37:57aux Etats-Unis.
37:58Et sans terre rare,
37:59il n'y a pas de tech.
38:01Le deuxième point,
38:02c'est que les Etats-Unis,
38:03c'est aujourd'hui
38:04le plus gros budget militaire
38:06au monde.
38:07Plus de 1000 milliards
38:07de dollars.
38:09Et les terres rares,
38:09en fait,
38:10elles sont au cœur
38:10de l'industrie
38:11de la défense.
38:12Et le dernier point,
38:13c'est que c'est la Chine
38:14qui a un quasi-monopole
38:16sur l'extraction
38:19et le raffinage
38:19de nombreux minerais critiques
38:21et surtout
38:22de terres rares.
38:23Donc une fois dit cela,
38:25ces trois points,
38:26vous avez une grille
38:27de lecture
38:27qui est hyper intéressante
38:29et qui nous aide
38:30à comprendre
38:30une partie,
38:32voire une grande partie
38:33des motivations
38:34de la Maison-Blanche
38:35sur tout ce qui se passe
38:36à l'étranger.
38:37Que ce soit
38:37les huit accords de paix
38:38dont se targue
38:40d'avoir impulsé
38:41Donald Trump,
38:42que ce soit
38:42tous ces accords
38:43qu'il a signés
38:44depuis un an
38:45en Afrique,
38:45tous les accords
38:46qu'il a signés
38:47en Asie,
38:48toutes ses ambitions
38:48en Ukraine,
38:49toutes ses ambitions
38:50au Groenland,
38:51partout,
38:52vous avez en toile de fond
38:53un volet qui est lié
38:54à l'accès des sous-sols
38:56riches en minerais
38:57critiques.
38:58Et pour bien comprendre,
38:59il faut voir que les États-Unis
39:00aujourd'hui,
39:01quand on parle de cette
39:01dépendance à la Chine,
39:03ils importent à peu près
39:0480% des terres rares
39:06qu'ils consomment
39:07et que la moitié
39:08de ces importations,
39:10elles viennent de Chine.
39:11Voilà.
39:11Donc,
39:12la Chine,
39:13on l'a vu d'ailleurs,
39:14en a fait un moyen
39:15de pression
39:17qui est central
39:18dans la guerre commerciale
39:19qu'il mène,
39:20que Xi Jinping mène
39:21avec Donald Trump.
39:23« Tu me lèves tes droits
39:25de douane
39:26sur mes voitures chinoises
39:28à 150% ? »
39:30Pas de problème.
39:31Moi,
39:31je te limite
39:32l'accès à mes terres rares.
39:34Et là,
39:34c'est vraiment
39:35l'argument ultime
39:36pour faire reculer
39:37Donald Trump.
39:39Donc,
39:40on voit bien
39:40que les minerais critiques
39:41et les terres rares,
39:42c'est vraiment devenu
39:43le talon d'Achille
39:44des États-Unis.
39:45Et surtout,
39:46c'est s'affranchir
39:48de la dépendance
39:49de la Chine
39:49sur ses minéraux,
39:50c'est devenu l'obsession
39:52de Donald Trump
39:54aujourd'hui.
39:55Parce qu'au-delà
39:55effectivement de l'IA,
39:56et vous le rappelez
39:57à juste titre,
39:57l'intelligence artificielle
39:58est le principal moteur
40:00en tout cas en 2025
40:01de la croissance économique
40:02et il y a besoin
40:03de ses terres rares
40:04et de ses minerais stratégiques.
40:05Moi,
40:05ça me fait penser aussi
40:06dans une situation
40:07alors que de conflits
40:08et qui n'est pas nécessairement
40:10ouvert et militaire.
40:11Mais si on repart
40:12pendant la Seconde Guerre mondiale,
40:13un des problèmes
40:14notamment des Japonais,
40:15c'est d'avoir accès
40:16tout simplement au pétrole.
40:17Et les Américains
40:18avaient bloqué à un moment
40:19cet accès au pétrole.
40:20Finalement,
40:21les Américains
40:22se rappellent
40:23de cet épisode-là.
40:24Eux,
40:24si un jour,
40:25il y a un conflit
40:25un peu plus ouvert
40:26avec la Chine,
40:27on a besoin d'avoir
40:28quand même nos terres rares
40:29pour approvisionner
40:29à cet égard.
40:30C'est quoi la stratégie
40:31aujourd'hui,
40:32outre,
40:32ils ont parlé du Venezuela
40:33et du Groenland
40:35qui va revenir,
40:35j'imagine,
40:36mais quelle est la stratégie,
40:37quelles sont les décisions
40:38qu'il y a eu
40:38à ce niveau de ce sommet ?
40:40Au niveau de ce sommet,
40:42il y a une décision
40:42qui a été prise.
40:43Vous venez de me dire
40:45que ça va faire
40:46une super chronique
40:47qu'on va faire
40:47sur l'histoire
40:48des dépendances stratégiques.
40:49Vous voyez,
40:50c'est quoi la prochaine fois ?
40:51Je suis ravi
40:52de vous avoir donné une idée.
40:55Ça m'a fait tout de suite
40:55fait clic.
40:57Vous avez vu dans mon regard,
40:58là,
40:58un truc vraiment sympa
41:00qu'on va vous concocter.
41:01Non,
41:02il y a deux choses
41:03à retenir de ce sommet.
41:04Un,
41:05premier point
41:06que j'ai trouvé
41:06hyper intéressant,
41:08c'est un fonds stratégique
41:12qui a été annoncé
41:13juste avant ce sommet,
41:15une réserve stratégique
41:16de minerais critiques.
41:17Donc là,
41:17en fait,
41:18on voit que la Maison-Blanche
41:20est en mode un peu
41:21panique ou alerte.
41:23Et l'idée,
41:23c'est d'agir sur deux plans.
41:25Un,
41:26je crée un stock
41:29le plus massif possible
41:31des minéraux critiques
41:33et des terres rares
41:34dont j'ai besoin
41:35qui sont vraiment indispensables
41:37à mon industrie de défense
41:38et à ma tech.
41:39Et pour pouvoir puiser dedans,
41:42si jamais je n'arrive pas
41:44à sécuriser ma chaîne
41:45d'approvisionnement
41:46ou si jamais
41:46la Chine ferme le robinet.
41:49Donc là,
41:49c'est une réserve
41:50pour l'instant
41:51de 12 milliards de dollars
41:52pour commencer,
41:53mais on peut imaginer
41:53que ça va augmenter.
41:54Donc ça nous montre aussi
41:55que les minerais critiques,
41:56c'est devenu un actif
41:57aussi stratégique
41:58que l'or,
41:58par exemple.
41:59Oui,
42:00ça fait la référence
42:01aux deux dernières dollars
42:01et effectivement
42:02pour notre.
42:02Donc ça,
42:03c'est le premier point
42:04à retenir.
42:05Le deuxième point
42:05que je retiens
42:06de ce sommet
42:07qui était aussi hyper intéressant,
42:08c'est juste avant
42:09que les délégations arrivent,
42:11la Maison Blanche
42:11a fait tourner
42:13auprès de toutes
42:14les délégations
42:15un accord cadre
42:16où chacun était prié
42:18de bien vouloir
42:18s'il le souhaitait
42:19signer cet accord cadre.
42:21L'idée étant
42:22de s'engager
42:24à jouer club
42:26sur ce sujet
42:28des minerais critiques.
42:30Donc les pays présents,
42:31notamment africains,
42:32s'engagent entre guillemets
42:33à être plus côté américain
42:34que côté chinois
42:35si le sujet survient ?
42:37Exactement.
42:37C'est-à-dire qu'en fait,
42:38vous avez en ce moment,
42:40depuis un an,
42:41les États-Unis
42:41qui ont mis le pied
42:43sur l'accélérateur
42:44pour essayer,
42:45donc on dit sécuriser
42:46les chaînes d'approvisionnement
42:47très concrètement.
42:48Ça veut dire
42:48j'achète des mines
42:51loin de chez moi,
42:53j'extrais les minéraux
42:55avec mes entreprises américaines,
42:57ensuite,
42:58ce que j'ai extrait,
43:00je le raffine,
43:01pourquoi pas sur place,
43:02ce que j'ai raffiné,
43:04je l'achemine
43:05via un chemin de fer
43:06qui va traverser
43:06tout le continent
43:07qui est très loin de chez moi
43:08pour l'amener jusqu'à un port.
43:10Ce chemin de fer,
43:11je veux aussi prendre
43:11des participations
43:12avec mes entreprises américaines
43:15le long de ce chemin de fer,
43:16pourquoi pas
43:16sur des entreprises ferroviaires
43:18où je vais être
43:19co-actionnaire,
43:19etc.
43:20et ensuite,
43:21je vais aussi m'installer
43:22un peu comme ils viennent
43:23de le faire
43:23sur le port du Piret,
43:24je vais aussi m'installer
43:26sur des terminaux
43:27sur le port
43:28où arrivent ces terres rares
43:29où vont attendre
43:31mes bateaux américains
43:33qui vont les amener
43:34jusqu'à ma côte est
43:35ou côte ou est américaine
43:36en traversant l'Atlantique
43:36ou le Pacifique.
43:37Donc là,
43:38on sécurise
43:38tout un trajet,
43:39toute une chaîne
43:40d'approvisionnement.
43:41C'est ce qu'ils sont
43:41en train de faire
43:42et c'est intéressant.
43:42L'an juillet dernier,
43:43par exemple,
43:44il y a eu un accord
43:45qui a été signé
43:46par un contrat
43:48qui a été remporté
43:49par une entreprise américaine
43:51qui s'appelle
43:51Ivanoe Atlantique
43:52de 2 milliards de dollars
43:54au Libéria
43:55avec un chemin de fer
43:57libérien
43:58et donc là,
44:00l'idée est de pouvoir
44:01contrôler une partie
44:02de l'extraction
44:02de manganèse
44:03au niveau d'une mine
44:04et de l'amener
44:05via un chemin de fer
44:06jusqu'à un point stratégique.
44:08C'est intelligent
44:09parce qu'il y a
44:09une vraie sécurisation
44:10de l'intégralité
44:11de la chaîne.
44:12De la chaîne,
44:12exactement.
44:13C'est ce que les États-Unis
44:16essayent de faire
44:16aussi au Gabon
44:17avec un accès aux mines
44:19avec des sous-sols
44:20très riches
44:20au Gabon
44:21en ce moment.
44:22C'est pour ça
44:23qu'ils sont en train
44:23de nouer beaucoup d'accords
44:24avec les pays africains
44:25et c'est intéressant
44:27parce que quelque part,
44:28même si on est moins
44:30sur le sujet
44:31des terres rares,
44:32c'est exactement
44:33ce que fait la Chine
44:34mais depuis beaucoup
44:34plus longtemps.
44:35Ces nouvelles routes
44:36de la soie
44:37que Xi Jinping
44:38tisse tranquillement
44:39depuis 2013,
44:41c'est la même logique
44:43c'est la même logique
44:44et aujourd'hui
44:44vous avez par exemple
44:45sur un autre sujet
44:49mais qui rejoint
44:49quand même
44:50la sécurité nationale
44:51de Donald Trump,
44:52vous avez un mégaport
44:53qui a été inauguré
44:55en 2024
44:56à 80 km
44:58du nord du Pérou,
44:59le port de Shanghai.
45:00En 2024,
45:01il a été financé
45:02par le chinois Costco
45:04et en fait,
45:05vous avez en parallèle
45:06des routes
45:07qui ont été redessinées
45:08pour aller,
45:09pour longer l'Amazonie,
45:11route amazonienne
45:12pour aller du Brésil
45:13jusqu'à ce port du Pérou
45:14pour gagner du temps
45:16pour amener
45:17le soja
45:17et toutes les matières premières
45:19dont a besoin la Chine
45:20le plus vite possible
45:21jusqu'à ce port
45:22financé par Costco.
45:24Là,
45:24on embarque sur les bateaux
45:25des transporteurs chinois,
45:27on traverse tout le Pacifique,
45:28on arrive en Chine.
45:29Ils sécurisent
45:29toutes les chaînes
45:30d'approvisionnement.
45:31Les Chinois ont fait ça aussi
45:32avec les terres rares
45:33et le nickel,
45:34pardon les minéraux critiquent
45:35que le nickel n'est pas
45:36une terre rare en Indonésie.
45:38On en avait parlé
45:38en quelques années.
45:39Vous avez fait une très bonne chronique
45:40alors il y a quelques mois de cela.
45:41C'est ça.
45:42En fait,
45:42c'est le même sujet.
45:43Les Chinois,
45:43en fait,
45:44aujourd'hui,
45:44je crois que les Chinois
45:45raffinent 90% du nickel
45:51en Indonésie,
45:52sachant que l'Indonésie
45:53a les premières réserves mondiales
45:54de nickel.
45:56Donc vraiment,
45:56ils ont fait ce maillage mondial,
45:58ils ont beaucoup plus d'avance
45:59que nous.
46:00C'est pour ça que
46:00Donald Trump
46:01essaye de rattraper
46:02ce retard aujourd'hui.
46:05Et dernier point intéressant
46:06peut-être sur
46:06cette bataille,
46:10parce que c'est toujours ça,
46:11l'histoire des minerais critiques,
46:13c'est la bataille
46:13des nouveaux empereurs
46:14entre Xi Jinping
46:15et Donald Trump.
46:16Et en fait,
46:16l'intérêt de Donald Trump,
46:18on l'a vu,
46:19c'est de faire tourner
46:21sa machine tech
46:21et sa machine défense.
46:23L'intérêt
46:24pour l'empereur Xi Jinping,
46:26lui,
46:27c'est d'arriver
46:28à son objectif
46:29d'être le leader mondial
46:31de la transition énergétique.
46:32Ça fait 20 ans
46:34qu'ils ont fait ce pari-là,
46:36le green,
46:36c'est lui.
46:37Vous le rappelez juste au titre,
46:39parce que c'est vrai
46:39que dans la mentalité européenne,
46:42on se dit juste
46:42qu'il y a la pollution en Chine,
46:44mais il y a énormément
46:45d'investissements aussi
46:46dans le vert,
46:48enfin dans la transition énergétique.
46:49C'est incroyable.
46:50Exactement.
46:51Et c'est en passe,
46:52ils mettent tout en place
46:53pour devenir
46:53les leaders mondiaux
46:54de la transition énergétique.
46:55Et là-dessus,
46:55je veux quand même
46:56vous faire entendre
46:56parce que ça nous dit tout.
46:59C'était pendant
46:59l'Assemblée générale
47:00de l'ONU,
47:01les messages sur le climat
47:02et la transition énergétique
47:04de Trump
47:04versus Xi Jinping.
47:07Écoutez-les.
47:07Le réchauffement climatique,
47:15c'est une arnaque
47:16qui a un coût extrême.
47:18La transition verte
47:19est une véritable tendance
47:21de notre époque.
47:22Certains pays décident
47:23d'aller à contre-courant,
47:24mais la communauté internationale
47:25doit tenir le cap.
47:28C'est frappant comme décalage.
47:29C'est dingue.
47:30C'est un très bon choix.
47:32On ne peut pas faire mieux.
47:33En fait, là,
47:33vous avez la fureur de Trump
47:35avec l'arnaque climatique.
47:37face à Xi Jinping
47:39qui déroule calmement
47:41son plan
47:41pour devenir leader mondial
47:42de la transition énergétique.
47:44Mais ce qui est passionnant
47:46là-dedans,
47:46c'est que derrière
47:47ce plan calme de Xi Jinping,
47:50ce n'est pas un ayatollah
47:51du climat.
47:53Derrière, c'est Xi Jinping.
47:55C'est du pragmatisme.
47:56Et c'est aussi
47:57un pari business
47:58qu'il a fait
47:58qui allie effectivement
48:00décarbonation
48:01mais aussi business.
48:03Et donc, lui,
48:03tout le maillage mondial
48:05auprès des mines,
48:07des terres rares
48:07qu'il fait
48:08pour sécuriser
48:09sa chaîne d'approvisionnement.
48:11C'est aussi
48:12pour pouvoir
48:12construire
48:14sereinement
48:15des voitures
48:17électriques
48:18qu'il exporte chez nous
48:19munies de batteries
48:20de lithium
48:21qu'il extrait
48:22en Amérique du Sud
48:23et
48:24chez lui
48:25mais aussi
48:26en Afrique
48:27ou en Indonésie.
48:28complètement.
48:29Merci beaucoup, Mathieu.
48:30Un plaisir d'avoir
48:31cette nouvelle chronique.
48:32Partagée.
48:32On se retrouve
48:32la semaine prochaine
48:34et bien sûr,
48:35c'est l'agenda
48:36qui est un peu chargé
48:36pour la semaine à venir.
48:38Tout pour investir.
48:40La masterclass
48:40à surveiller.
48:42Une semaine
48:45qui reste quand même
48:45très compliquée,
48:46il faut le rappeler,
48:47il y a énormément
48:47de nervosité,
48:49même lorsque les résultats
48:50d'entreprises,
48:50notamment sur les grandes
48:51valeurs technologiques,
48:52sont très très loin
48:53d'être mauvais.
48:53On voit qu'il y a
48:54une sanction du marché,
48:55il y a quand même
48:55énormément de nervosité.
48:57Je pense que c'est
48:58l'élément qui est crucial.
48:59Quand on est dans ce type
49:00de phase de marché,
49:01ce qu'il faut,
49:01c'est faire le dos rond,
49:03éventuellement voir des points
49:03d'entrée,
49:04ne pas paniquer.
49:05En tout cas,
49:05c'est vraiment le message
49:06qui est clé en cette période.
49:08Les résultats d'entreprises
49:09sont globalement bons.
49:11Il y a les secteurs
49:11qui sont en difficulté,
49:12ce sont des secteurs
49:13qui étaient déjà connus
49:14et souvent,
49:14il y a des sanctions
49:15de marché trop importantes.
49:16En termes macroéconomiques,
49:17on a une semaine
49:18qui va être placée
49:19notamment sur les chiffres
49:20de l'inflation aux Etats-Unis.
49:21Alors attention,
49:22ça peut être décalé
49:22à cause du shutdown,
49:24mais bon,
49:24peu d'impact.
49:25En tout cas,
49:26ça ne change pas,
49:26j'oserais dire,
49:27la donne en termes
49:27de réserve fédérale.
49:29A priori,
49:29sauf surprise de dernière minute,
49:31on aura une nouvelle
49:31baisse des taux par la Fed
49:33au mois de mars,
49:3325 points de base
49:34à priori.
49:35C'est une bonne nouvelle
49:36parce qu'on aura besoin
49:37de cette baisse de taux
49:38pour que le marché
49:38se redresse un peu plus,
49:39soit plus optimiste.
49:40On l'a rappelé
49:41pendant cette émission,
49:42liquidité égale soutien structurel
49:45haussier pour les actions
49:46et une baisse de taux,
49:47c'est justement
49:47plus de liquidité
49:48dans l'économie.
49:49En termes de résultats
49:50d'entreprises,
49:51on a encore une semaine
49:51qui va être assez chargée
49:53également avec beaucoup
49:54d'entreprises
49:55qui vont commencer
49:56à publier.
49:57Vous allez avoir Coca-Cola,
49:59AstraZeneca
50:00ou Spotify encore,
50:01Mercedes-Benz,
50:02L'Oréal Siemens,
50:03donc les grandes valeurs
50:04technologiques américaines,
50:05c'est déjà derrière nous.
50:06Globalement quand même,
50:07si on essaie d'être objectif
50:08et de sortir de cette
50:10nervosité de marché ambiante,
50:11on a quand même eu
50:12des assez bons résultats
50:13à ce niveau,
50:14donc pas d'inquiétude
50:15à cet égard.
50:16Antoine,
50:17quel est l'agenda
50:17de ton côté
50:18pour la semaine à venir ?
50:19Et d'ailleurs,
50:20j'en profite,
50:21très bonne émission
50:21sur le budget,
50:22tu nous en avais parlé,
50:23je l'ai regardé
50:23et je vous invite
50:24à la regarder
50:24si vous voulez un peu
50:25comprendre les implications.
50:26Franchement,
50:27elle était top,
50:27papier et crayon,
50:28réécoutez-la ce week-end
50:29si vous avez le temps
50:30en podcast et en replay,
50:31moi-même j'ai appris
50:31des tas de choses,
50:33enfin vraiment,
50:33ils étaient très bons,
50:34très disères,
50:35les conséquences
50:36sur vos finances personnelles
50:38de la loi budgétaire,
50:39c'était absolument passionnant.
50:41Sinon,
50:41lundi,
50:43on a quand même
50:43un léger sentiment
50:44de Patrick
50:45autour du Bitcoin.
50:47Léger.
50:47Léger.
50:48Non mais il y a eu
50:49des rumeurs,
50:49des fausses nouvelles
50:50hier soir,
50:51des nettoyages
50:54de positions longues.
50:55On va essayer
50:55de remettre tout ça
50:56dans le contexte.
50:56Déjà,
50:57saviez-vous que,
50:57oui,
50:58vous devez le savoir Christophe,
50:59je ne suis pas spécialiste
50:59des crypto-actifs,
51:00mais peut-être que vous avez
51:01une surprise.
51:01La correction à laquelle
51:02on assiste en ce moment,
51:03c'est la troisième
51:04plus forte correction
51:05en termes de pourcentage.
51:06C'est vrai que les montants
51:07sont colossaux
51:08parce que c'était monté très haut.
51:09Mais voilà,
51:10il faut remettre les choses
51:10dans leur contexte
51:11et on va faire un petit peu
51:12d'analyse comportementale.
51:13C'est intéressant ce genre
51:14de phase de marché
51:14et on sera avec
51:15Juliane Benzal,
51:16dit au reau
51:17et Dieu sait s'il
51:17en s'est un bout
51:18sur la question.
51:20Merci à tous,
51:21je vous souhaite
51:21un très bon week-end.
51:22N'hésitez pas à nous réécouter
51:23en replay
51:23sur toutes les plateformes
51:25de BFM Business.
51:26On se retrouve vendredi prochain
51:27à 11h.
51:28D'ici là,
51:29les experts de l'IMO,
51:30c'est la prise de relais.
51:31Merci encore.
51:33Tout pour investir.
51:34La masterclass
51:35sur BFM Business.
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