00:00Notre invité ce matin, c'est Frédéric Braque. Bonjour, vous êtes le fondateur et directeur général de Médian Technologies.
00:04Vous travaillez sur le cancer, d'une part sur le dépistage avec une plateforme qui permet de diagnostiquer au plus
00:10tôt l'évolution des tumeurs
00:11et puis d'autre part sur l'efficacité des traitements. Vous venez de lever 50 millions d'euros vers votre
00:17déploiement commercial.
00:18Expliquez-nous exactement sur quoi vous travaillez. Je crois que c'est d'abord le cancer du poumon.
00:22Oui, toute l'idée en fait c'est d'essayer de trouver des patients avant qu'ils soient symptomatiques.
00:26En fait, probablement la seule chose qu'on connaît réellement sur le cancer, c'est qu'il y a une
00:30corrélation directe entre le stade d'évolution de la maladie et la capacité de sauver la vie du patient.
00:35Aujourd'hui, malheureusement, la plupart des cancers, il n'y a pas de symptômes.
00:38Le jour où on a des symptômes, c'est que la maladie est en train de se véhiculer, c'est
00:42des métastases et là c'est une lutte contre le temps malheureusement.
00:45Alors que la quasi-totalité des cancers, si on les trouve en stade 1, c'est curatif. On sauve la
00:51vie des patients.
00:51D'où l'importance de la prévention et d'arriver très tôt.
00:53Oui, mais si on prend l'exemple, par exemple, le cancer du poumon, c'est le cancer qui tue le
00:57plus.
00:58Il tue plus que les trois autres suivants quasiment ensemble.
01:03100% des patients détectés en stade 1 peuvent survivre. On leur donne une chance de survie.
01:08Alors qu'aujourd'hui, malheureusement, pour les patients symptomatiques, et malheureusement il y en a beaucoup, c'est 94%
01:14de mortalité à 40 ans.
01:15Donc on peut presque dire, si on exagère un peu les traits, on peut passer de 100% de mortalité
01:19à 100% de survie.
01:22Le grand problème pendant longtemps, ça a été comment on met en place un système de dépistage sans que ça
01:28soit un coût pour la santé qui soit faramineuse.
01:31Donc comment on est capable de faire ça ?
01:32Donc c'est ça que vous avez fait ?
01:33Exactement. L'idée, c'est de faire ça sur de l'imagerie qu'on trouve partout, du scanner, qu'on
01:39trouve partout, et qu'on est capable de...
01:42Sur des personnes à risque, on commence sur des personnes à risque, il faut avoir plus de 50 ans et
01:46avoir un historique de tabagisme.
01:48Ça, c'est les premiers critères qui sont mis en place aux États-Unis, sur lesquels la France va s
01:52'adapter aussi.
01:53Et c'est quoi la différence avec les dépistages aujourd'hui ?
01:57C'est pas des scanners... Qu'est-ce qu'on utilise en fait comme imagerie médicale ?
01:59C'est pas des dépistages aujourd'hui, sauf pour le cancer du sein.
02:02Ah, il faut déjà arriver chez le médecin et avoir des...
02:04Voilà. Aujourd'hui, malheureusement, c'est surtout des patients symptomatiques.
02:07C'est pour ça que le cancer du poumon en France, malheureusement, c'est une horreur absolue, quoi.
02:11Et donc là, du coup, votre IA, elle va se greffer sur n'importe quel scanner, en gros,
02:15et qu'est-ce qu'elle va voir ou détecter qu'un médecin humain ne pourrait pas détecter ?
02:21On est la première société au monde qui a un dispositif médical,
02:25donc qui est passé au travers de toutes les validations cliniques,
02:28au même titre que les laboratoires pharma vont faire, etc.
02:31Et on a réussi à démontrer qu'on était capable de trouver, avec une précision phénoménale,
02:36quand je dis ça, c'est les chiffres qui parlent d'eux-mêmes,
02:39on est capable de détecter, avec une très grande précision, des cancers dans les scanners.
02:43Il faut comprendre, un scanner, c'est qu'une information anatomique.
02:46On n'a pas d'informations ni génétiques, ni biologiques.
02:48Quand on regarde un scanner, on est les premiers à avoir corrélé l'image à une information biologique.
02:53On est capable de dire, chaque fois que je retrouve ce signal, ça correspond au cancer du poumon,
02:58chaque fois que je trouve ce signal, ça correspond au cancer du foie, etc.
03:01Et ça, le médecin humain, il ne peut pas le voir,
03:04ou est-ce que c'est juste de l'automatisation de ce que pourrait faire un humain ?
03:07Alors, l'humain peut essayer d'analyser ces images,
03:12et avec son expérience, il va avoir une certaine interprétation de l'image.
03:16Mais nous, on ne regarde pas ce que l'humain regarde.
03:18Donc nous, on va vraiment corréler le signal à une information biologique.
03:22Et à chaque fois qu'on retrouve ce signal, on sait ce que c'est.
03:25Et il faut comprendre, le stade 1, c'est des toutes petites lésions.
03:29Et on ne sait pas, on regarde cette lésion, c'est même si on la trouve.
03:32Et si on la trouve, on ne sait pas ce que c'est.
03:34Et ça, c'est le grand problème.
03:36C'est le grand problème des dépistages, c'est que du coup, on trouve beaucoup de faux positifs.
03:40C'est des gens qui ont des lésions, mais qui ne sont pas des cancers.
03:43Mais ils ont exactement la forme d'un cancer.
03:45Là, votre technologie, elle est au point, elle est mature.
03:49Désormais, place au déploiement commercial.
03:50C'est à ça que sert la levée de fonds.
03:52Voilà, exactement.
03:53C'est qu'aujourd'hui, on a reçu l'homologation d'autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis.
03:58On attend l'autorisation pour l'Europe d'ici fin juin.
04:00Donc c'est demain.
04:03Et il y a déjà l'Allemagne, en Europe, qui a commencé à lancer son propre programme de dépistage.
04:08La France a annoncé qu'ils allaient...
04:10Maintenant, ils lancent un pilote sur lequel nous, on va participer.
04:12Et avec des gens formidables, comme le professeur Revelle à Cochin, qui va gérer ça aussi.
04:18Mais là, il faut que vous alliez voir chaque propriétaire de scanner et lui vendre votre techno.
04:22C'est-à-dire que c'est un travail de porte-à-porte que vous allez faire ?
04:25Non, parce qu'aux Etats-Unis, maintenant, c'est pris en charge par le système de soins.
04:30Donc au même titre que nous, on est alertés pour faire différents types de dépistage.
04:35Là, c'est pareil aux Etats-Unis.
04:36Ils sont tous alertés.
04:37Ils peuvent aller faire un scanner pour le dépistage du cancer du poumon.
04:42Si on remplit les critères d'éligibilité, il y a 15 millions de personnes aujourd'hui
04:46qui sont éligibles au dépistage du cancer du poumon aux Etats-Unis.
04:49Et comment je saurais, moi, en tant que patient, que le centre d'imagerie médicale auquel je me rends
04:55est équipé d'outils augmentés par l'intelligence artificielle ?
04:58Du point de vue du patient, je trouve que c'est intéressant à savoir comme élément.
05:01Absolument.
05:02Et en fait, c'est la beauté de toute l'évolution de la technologie.
05:05Notre solution, c'est un algorithme qui tourne dans le cloud.
05:07On récupère une image où qu'elle soit.
05:09On fait un post-traitement et on renvoie l'information au clinicien.
05:12Donc nous, on peut se déployer dans n'importe quel hôpital demain.
05:16Donc d'un point de vue technologique aujourd'hui et logistique, c'est très simple.
05:20Merci beaucoup d'être venu ce matin, Frédéric Bragg pour Médian Technologies.
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